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Mardi 07 février 2012 : Hey Du ^o^ 27/05/2010

Pops, tu es un amouuuuuuuuuur ! Depuis le temps que je devais te remercier pour t'être tapé tout le sale boulot de tout remettre en service, et pour avoir pris de ton temps pour toujours me soutenir et m'aider TU ES LA MEILLEURE !!!! Et vous aussi, MERCI de ne m'avoir jamais oubliée, pour tous les comms que je n'ai jamais cessé de recevoir, vos encouragements, votre amour, bref : VOUS ETES DES CHEFS !!! 


Vous aurez remarqué que j'ai remis en ligne ADULTERE, et pour ceux qui connaissent, qui s'en rappellent, et qui attendent (peut-être encore ?) la suite, sachez que maintenant que j'ai de nouveau internet et l'inspiration (oui, après 1 an, il était peut-être temps ...), je fais le maximum pour la continuer et la finir, la suite n'a jamais cessé d'être dans mon imagination, j'avais juste besoin d'un bon coup pied au ... euh ... derrière pour me remettre moi aussi en service !


Je vous aime ... Tout ça, ça a toujours été pour vous d'abord, pour moi ensuite. Et Laloumine, c'est vous qui l'avez faite, ce "mini-talent" que vous me trouvez, c'est à vous que je le dois !


Bisouuuuuuuuuuuuuuuuuuus
$)
Bien le bonjour tout le monde, ici Pops.

Suite à un commentaire sur mon blog qui me demandait où il était possible de retrouver les écrits de Laloumine, je me suis souvenue que Lalou m'avait promis de remettre tous ses écris en ligne incessamment sous peu.

Or, ça n'a pas été fait, puisque Lalou est overbookée en ce moment (entre les enfants, la santé, les tâches ménagères, & son ex-mari à terroriser, entre tout autres choses).

J'ai donc proposé à Lalou de tout remettre en ligne pour elle, ce qu'elle a acceptait, & ce qui explique ma présence ici. Je vais donc m'y mettre d'ici quelques minutes, mais avant toutes choses, je me dois de vous remercier de tout son c½ur au nom de Laloumine! Pour tous vos encouragements, & votre soutient infaillible.

Et elle vous présente aussi toutes ses excuses pour cette absence prolongée, & annonce qu'elle est en train de reprendre du poil de la bête.

La suite d'Adultère devrait donc prochainement être en ligne, mais tout est relatif, ne l'oublions pas ^o^*

Xoxo.

Pops.

NB: N'oubliez pas que votre soutient, vos commentaires, vos messages d'encouragement & le reste, sont le meilleur moyen de montrer votre présence à Lalou, et de la pousser à écrire plus vite ;)






De nouveau en ligne...

Les OS...

- Dévorante Passion
- Trace de pas
- Santa Klaus is coming to town (1/2) / (2/2)
- In die Nacht
- Boomerang



Les TS...

- Attraction : Partie 1 : (1/4) / (2/4) / (3/4) / (4/4) - Partie 2 : (1/5) / (2/5) / (3/5) / (4/5) / (5/5)

- Je ne me laisserai plus faire... Partie 1 - Partie 2 - Partie 3

- Fantasme (Première partie écrite par Yaniti)

- Mon Délicieux Fantasme: Partie 1 - Partie 2 - Partie 3 - Partie 4 - Partie 5



Les fictions...

- Protection Rapprochée: Intro - Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4 - Chapitre 5 - Chapitre 6 - Chapitre 7 (1/2) / - Chapitre 8 (1/3) / (2/3) / (3/3) - Chapitre 9 (1/3) / (2/3) / (3/3) - Chapitre 10 (1/2) / (2/2) - Chapitre 11(1/2) / (2/2)- Chapitre 12 (1/2) / (2/2) - Chapitre 13 (1/2) / (2/2) - Chapitre 14 (1/2) / (2/2) - Chapitre 15 (1/2) / (2/2) - Chapitre 16 (1/2) / (2/2) - Epilogue - Bonus 1 (1/2) / (2/2) - Bonus 2 (1/3) / (2/3) / (3/3) - Bonus 3 (1/4) / (2/4) / (3/4) / (4/4) - Bonus 4 (1/4) / (2/4) / (3/4) / (4/4) - Bonus 5 (1/2) / (2/2) - Bonus 6 (1/4) / (2/4) / (3/4) / (4/4)

- Passion Destructrice: Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4 (1/2) / (2/2) - Chapitre 5 - Chapitre 6 - Chapitre 7 (1/2) / (2/2) - Chapitre 8 - Chapitre 9 - Chapitre 10 - Chapitre 11 - Chapitre 12 - Chapitre 13 - Chapitre 14 - Chapitre 15 - Chapitre 16 (1/2) / (2/2) - Fin alternative (1/3) / (2/3) / (3/3)

- La croisière : Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4 - Chapitre 5 - Chapitre 6 - Chapitre 7 - Chapitre 8 - Chapitre 9 - Chapitre 10 (1/2) / (2/2) - Epilogue (1/2) / (2/2)

- Reviens-moi!!! (Collaboration avec £illou): Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4 - Chapitre 5 - Chapitre 6 - Epilogue

J'essaie de vous poster le reste demain...

Bienvenue dans le monde imaginaire et yaoi de Bill et Tom Kaulitz ! 17/09/2008

Vous me connaissez sûrement plus sous le pseudo de laloumine ?!

Quand Bill et Tom Kaulitz alimentent mon imagination...

Quand on ne sait plus où finit la réalité et où commence la fiction...





Table des matières
(certains OS et fictions ne sont pas encore postés, ceux qui sont déjà finis le seront très bientôt et ceux en cours d'écriture seront postés au fur et à mesure)


OS

- Dévorante passion
- Traces de pas
- Os de Noël : Santa Klaus is coming to town

- OS Vendeur de charme
- OS In die Nacht
- OS Boomerang


TS

- Attraction - Partie 2
- Mon délicieux Fantasme - Suite postée ! - Avant-dernière partie - Petite suite intermédiaire... - Fin
- Kaulitz vs Trümper
- Je ne me laisserai plus faire... - Partie 2 - Fin postée !
- FANTASME [Défi - Collaboration avec Yaniti] *Nouveau, en ligne*



Fictions

Protection rapprochée


Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Epilogue

Série des Bonus


Bonus 1
Bonus 2
Bonus 3
Bonus 3 Partie 2
Bonus 4
Bonus 5
Bonus 6

Passion destructrice


Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 16 Deuxième fin


La Croisière


Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Epilogue


Reviens-moi ! Collaboration avec £illou


Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Epilogue

Adultère
*chapitres en ligne*

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9 *Partie 1 en ligne !!!* + Remerciements
Chapitre 10

Dors bien mon bel ange
*bientôt en ligne*

- Dévorante Passion 17/09/2008

Tom montait lentement les marches qui menaient à l'étage supérieur de la maison de leurs parents, à lui et à son jumeau Bill. Ils avaient eu quelques jours pour se reposer auprès des leurs et passaient donc cette journée (comme les précédentes d'ailleurs) à glander joyeusement. Tom venait de déposer leur mère à la galerie d'art dont elle était la gérante et avait dans l'idée d'aller proposer à son jumeau une sortie au lac proche de chez eux avec lui, mais tout en grimpant les escaliers il entendait de longs et forts soupirs d'éxaspération et des commentaires faits à voix basse, sans qu'il ne puisse distinguer réellement ce que son frère pouvait bien marmonner. Il sourit doucement, devinant à l'avance ce qui pouvait bien irriter son jumeau.

- Bon sang Bill, éteinds moi cette merde si c'est pour que ça te mettes dans un état pareil ! dit-il en entrant dans la chambre.

- T'as vraiment aucune idée de ce que ça peut me faire de lire des trucs pareil ! Se plaignait Bill
On me fait coucher sans aucun scrupules avec Gustav, Georg, David et oh, tiens, même Andréas, gémit-il en pointant de son doigt accusateur l'écran de l'ordinateur. Et même avec Saki et comble du comble, avec Bushido aussi ! Finit-il désespéré

Tom poussa un long soupir, mais eût malgré tout un petit sourire amusé et moqueur devant le ton théatral de son petit frère. Oui, Bill avait un don certain pour tout monter en épingle, tout éxagérer au possible et s'il n'avait pas été chanteur, Tom aurait pu jurer qu'il aurait pu faire carrière dans la comédie !

- Bin quoi, te plains pas trop, il est pas mal Bushido non ? On aurait pu te trouver pire, ricana Tom tout en passant une main affectueuse dans la chevelure soyeuse et lissée de Bill

- Y a dès fois où tu peux être vraiment con toi, je te signale que toi aussi tu y passes régulièrement, ris pas trop, hein ! Se moqua le brun.

- Mais MOI, cher frère, je m'en tape complètement ! Tu sais que ce genre de...comment ça s'appelle déjà ? Ouais, fan fics, ça existe depuis longtemps, on est tous au courant, t'as cas pas les lire et puis c'est tout, on en a parlé depuis des lustres déjà ! A chaque fois tu vas sur le web pour en lire et regarde dans quel état ça te met !

- Oui bin désolé mais j'ai du mal à m'y faire, je te parle même pas des dessins que j'ai pu voir sur nous deux ! Et les montages ? T'as vu les montages de photos ? Protesta Bill

- Oui monsieur, merci j'en ai vu des tonnes et crois moi ça m'empêche pas de dormir !

Tom était pressé d'écourter la discussion, il savait que quand Bill était lancé ça allait vite devenir infernal. Déjà qu'en temps normal Bill était un véritable moulin à paroles, discutant sur tout et n'importe quoi sans savoir s'arrêter, mais sur CE sujet précis c'était incroyable comment il pouvait manier la parlotte avec véhémence, alternant grincements de dents, gémissements, protestations, mêlant même quelques (fausses) larmes pour faire bonne mesure, juste pour être sûr que Tom comprenait son malaise. Et il faut dire que ça rendait son grand frère de 10 petites minutes complètement fou d'agacement !

Mais en bon grand frère qu'il était, il posa ses mains sur les épaules de Bill et commença un doux massage pour essayer de l'apaiser au mieux. Ca eut l'air de marcher parce que Bill ferma les yeux en penchant légèrement la tête en avant pour mieux apprécier le traitement et poussa de petits soupirs satisfaits.

- N'empêche...dit doucement le blond en parcourant maintenant les omoplates du brun de ses doigts fins de guitariste

- Ouais ? N'empêche quoi ? Demanda Bill

- N'empêche, nos fans seraient bien surprises, non, plutôt ravies de savoir que le seul point sur lequel elles ont raison c'est toutes ces choses trèèèèès vilaines et trèèèèès audacieuses qu'on peut faire ensemble toi et moi...et que je suis le seul et serais toujours le seul que tu aimes, et qui t'aime autant !

A ces mots Bill tourna la tête vers son frère avec un petit sourire et lui lanca un regard coquin.

- Hum...pas faux... mais dis moi, ça a l'air aussi évident, Tomi ? Je veux dire, ça se voit tant que ça que je t'aime ? Enfin, que c'est bien plus que ça ? Rajouta t-il en baissant la tête soudainement timide.

- Bin faut dire que t'as jamais été discret, rien que dans la façon que tu as de me regarder... murmura Tom en déposant un léger baiser dans les cheveux de son frère.

Bill rebaissa la tête, continuant de savourer les mains de son frère qui étaient remontées sur ses épaules.

- J'y peux rien, je suis complètement amoureux de toi...

Tom sentit son coeur s'emballer à ces mots, Bill n'avait jamais besoin de dire grand chose, c'était juste de simples mots comme cela qui faisaient accélerer son coeur à tel point qu'il pouvait presque sentir le sang dévaler dans ses veines et frapper violemment dans ses tempes.

Oui, c'était vrai, ils étaient amants. Ils s'aimaient depuis toujours, comme des frères bien-sûr mais aussi et surtout comme des amants. Ca leur avait semblé tellement naturel, tellement évident ! Ils avaient toujours été plus proches que la plupart des frères et soeurs ''normaux'', ils s'aimaient juste plus fort que ça. Et ça avait semblé normal de découvrir les joies de la sexualité ensemble. Ca avait commencé par des petits baisers, des caresses mutuelles jusqu'à ce qu'avec l'âge l'envie les conduise vers des gestes plus intimes, plus osés, plus poussés, jusqu'à se faire l'amour passionnément, profitant du corps de l'un et l'autre sans aucune gêne et honte. Non, cela ne leur semblait ni sale, ni dégoûtant, ni condamnable, ils s'aimaient c'est tout...non, c'était plus que ça, ils étaient dépendants l'un de l'autre, totalement et inconditionnellement soumis l'un à l'autre. Ils s'appartenaient l'un l'autre et c'était comme ça, c'est tout.

Bon bien-sûr, ils avaient vite compris que ça devait rester leur secret, alors ils restaient discrets, ne laissant jamais rien paraître devant quiconque, même si comme l'avait si justement fait remarquer Tom, d'eux deux c'était Bill qui avait le plus de mal à cacher tous les sentiments que lui inspirait son frère.

- Ouais...c'est vrai...je t'aime tellement que j'en ai mal là, dit le brun en prenant la main gauche du dreadé pour la poser doucement au niveau de son coeur. Puis il fit remonter sa main pour en embrasser la paume, glissant lentement ses lèvres jusqu'à la fine peau du poignet de Tom.

Cela eut pour effet de faire déglutir bruyamment le blond qui s'étonnait à chaque fois de la vitesse avec laquelle son petit frère pouvait l'exciter.

- Putain Bill...je t'aime tellement , souffla le blond en levant son frère de la chaise pour le mettre face à lui. Ses yeux sur Bill étaient fiévreux, et intenses. Les pupilles étaient déjà dilatées et sa réspiration déjà difficile.

Bill ne disait rien, ne souriait même pas. Il avait conscience d'avoir à cet instant précis le même regard que son frère, la même expression, la même envie. Il leva juste une main tremblante de désir et d'emotion pour aller caresser la joue de Tom, tout doucement, essayant de calmer à travers cette tendresse la violence des émotions qui lui tordaient les tripes.

Tom se pencha vers lui, lui mordilla la lèvre et gémit. Puis, il n'y tint plus (il ne tenait d'ailleurs jamais longtemps) et approfondit de suite le baiser. Bill avait un goût exquis, qui lui fit l'effet d'une drogue puissante, la tête de Tom lui tournait.

Le chanteur laissa ses longs doigts fins descendre sur le torse de son vis-à-vis et remonta un peu le large tee-shirt pour caresser la peau qui se couvrit automatiquement de chair de poule.

Tom laissa échapper une plainte sourde et le pressa contre lui en continuant le baiser, oubliant complètement de respirer tellement la sensation était grisante. Sa langue allait caresser celle de Bill, lécher l'intérieur de sa bouche pour venir retacer le contour de ses lèvres.

Bill gémit dans sa bouche et bon sang, il crût perdre totament la raison, c'était une des choses qui l'excitait le plus ! Le guitariste pressa un peu plus fort son jumeau contre lui, palpa ses reins et pétrit ses fesses à travers le jean. Il sentait son sexe tendu au possible et s'émerveillait des petits gémissements que Bill continuait de pousser dans sa bouche.

Après s'être totalement laissé aller contre le torse de Tom et dans leur baiser, ce fût le chanteur qui arrêta pour prendre son frère par la main et l'emmena vers le lit, un peu plus reculé dans la pièce.

- Viens Tomi, chuchota t-il, on sera mieux là, je peux à peine tenir debout quand j'ai tes mains sur moi...

Il s'allongea en travers du lit et tendit une main à son frère pour qu'il le rejoigne. Celui ne se fit pas prier plus longtemps bien-sûr, Bill avait toujours su (inconsciemment ou pas) comment le rendre fou, fou de désir, fou d'amour. Avant de s'allonger sur le brun, Tom enleva son tee-shirt et l'envoya valser au travers de la piece.

Il se mit à califourchon sur Bill et passa ses mains sous le tee-shirt étroit du brun qui ferma les yeux sous cette délicieuse caresse.

- Enlève...enlève moi tout, haleta Bill, j'aime quand tu me déshabilles...ooooh s'il te plait dépêche toi... Il leva les bras pour que Tom puisse aisément lui retirer son haut. Il respira un peu plus fort quand il sentit l'humidité de la bouche de Tom dans son cou, lui mordiller la peau sensible et lécher la gorge par endroits.

L'aîné s'attaquait déjà à la ceinture et à la braguette pour repousser le pantalon sur ses cuisses, et lorsque le vêtement fut jeté à terre, Tom se laissa tomber à côté de son jumeau pour recommencer à l'embrasser en le tenant fort contre lui tout en laissant une de ses mains vagabonder sur le corps frémissant de désir de Bill. Celui-ci, complètement ardent passait et repassait sa main sur le torse de son frère, frottait de son pouce le téton durci par le plaisir, faisant naître des frissons partout où se posaient ses mains. Soudain, n'y tenant plus, le cadet descendit la main sur l'entre-jambe de Tom et commença de lentes caresses à travers le baggy. Sous ses doigts il pouvait sentir combien le membre était dur et comme toujours, il était encore plus excité de sentir à quel point il faisait de l'effet à ce blond d'ordinaire si maître de lui.

Bill enleva avec empressement le pantalon de son frère et continua ses attouchements à travers le sous-vêtement cette fois. Tous deux haletaient, s'embrassaient à perdre haleine et se caressaient à s'écorcher la peau, vêtus que de leurs seuls boxer, qu'ils se dépêchèrent d'oter d'un geste impatient.

A présent nus tous les deux, Bill attira son jumeau sur lui, il aimait sentir ce poids chaud sur son corps, et commenca à onduler doucement sous Tom. Leurs langues jouaient entre elles, se taquinaient, se cherchaient, se caressaient sans pour autant se lâcher. Les mains de Bill enserraient la nuque et le dos de Tom pendant que celui ci tenaient fermement les hanches de son frère pour commencer à donner quelques coups de bassins. Bon sang c'était tellement bon pour tous les deux ! Leurs yeux étaient fermés pour mieux savourer, leurs coeurs battaient si furieusement qu'ils étaient sûrs qu'on aurait pu entendre ces battements à des kilomètres à la ronde. Leurs corps étaient rendus moites par la sueur, ils avaient l'impression de se consummer lentement mais sûrement juste avec ces quelques frottements. Par moment, Tom allait suçoter le cou de son frère et glissait une main coquine le long du membre de Bill qui gémissait alors un peu plus fort et se cambrait encore plus pour avoir plus de contact.

Mais alors que Tom se disait que ce contact était une pure merveille, il se sentit basculer à son tour sur le dos, Bill commença de suite à léchouiller son torse, mordillant parfois la peau, léchant, embrassant jusqu'à descendre jusque son nombril dans lequel il fit entrer sa langue. Il embrassa ensuite l'intérieur des cuisses de Tom, jouant parfois de la langue avec les bourses qui se contractaient tellement le plaisir était grand. Bill était tellement près de son sexe que Tom pouvait sentir sa respiration chaude sur son membre dressé fièrement. Il posa une main sur la tête de son jumeau éspèrant que celui-ci comprendrait le message, alors sans plus attendre, et sans jouer cette fois, Bill le prit totalement et profondément en bouche, s'aidant d'une de ses mains pour resserer les doigts à la base du sexe et enchaîna directement un affolant va-et-vient sur le pénis tendu.

- Bon sang Bill...tu me fais perdre complètement la tête...y a pas d'autres mots...

Bill était si fier de procurer un tel plaisir à son aîné !

- Un peu...un peu plus...han...vite...hummm...Bill...

Il remontait un peu la tête parfois pour suçoter le gland rougi, appuyant sur la fente avec son piercing, pour mieux redescendre en raclant très légèrement le membre avec les dents. Il ne cessait d'embrasser le sexe, lécher, alternant vitesse et lenteur jusqu'à ce qu'il entende la voix saccadée de Tom :

- Assez...assez...putain c'est tellement bon que je risque de jouir sans qu'on y comprenne quoi que ce soit !

Alors, Tom se positionna sur le côté, entraînant son jumeau avec lui et remonta sa jambe contre sa hanche. Puis, plongeant son regard dans celui de Bill il présenta deux doigts à la bouche du brun qui s'empressa de les lecher avidement. Tout en enfonçant sa langue dans la bouche de Bill il le pénétra de son index et sentit son jumeau couper instinctivement sa respiration. Il faisait de lents va-et-vient avec son doigt, l'entrant profondément pendant que sa langue reproduisait le même geste dans la bouche de Bill.

Et quand il inséra le majeur, Bill laissa aller légèrement sa tête en arrière.

- Haaaaan....Tooooom....tu es tellement....je.... Haletait-il.

Soudain le blond plia les doigts à l'intérieur de lui et il eût l'impression qu'un violent frisson parcouru son échine et éléctrifia sa colonne vertable. Un éclair de pur plaisir lui fit voir blanc l'espace d'un instant.

- HAAAAAA....encore Tomi...encore....s'il te plait n'arrête pas maintenant...c'est tellement bon ce que tu me fais... Supplia t-il.

Tom refit encore quelques fois le même geste et sentit la main de son frère s'enrouler automatiquement autour de son membre douloureux pour le pomper doucement. Cela le fit gémir bruyamment et décida qu'ils avaient assez joué. Ca devenait trop douloureux pour lui, il n'en pouvait plus, il avait besoin de prendre son frère maintenant, tout de suite, avant de perdre complètement la raison et le peu de contrôle qui lui restait sur lui-même.

Mais malgré tout l'amour, toute la passion et toute l'envie qu'il pouvait ressentir pour le plus jeune, il était hors de question de lui faire mal, il s'arrêta donc pour récupérer un petit tube de lubrifiant placé sous l'oreiller. Maintenant à genoux entre les cuisses outrageusement écartées de son frère il avala difficilement sa salive quand le brun se releva pour lui arracher le tube des mains et enduire son sexe du gel par des caresses langoureuses. Tom tremblait de tous ses membres, il fermait les yeux sous les gestes sensuels et amoureux mais écarta un peu subitement les mains baladeuses sous peine « d'exploser » selon lui. Bill se rallongea sur le dos et ouvrit grand les cuisses.

- Viens Tom...j'en peux plus maintenant...viens en moi...prends moi...

Tom regardait, fasciné, le spectacle de son frère si érotique sous lui. Il ne pouvait détacher son regard de cet être rempli de luxure et de décadence à ce moment là. Bill était là, sous lui, le corps frissonnant, les lèvres gonflées et rougies, le membre dressé contre son ventre. Son coeur lui fit encore plus mal, mal d'amour, mal de passion, ça le rongeait tellement cet amour violent qu'il ressentait pour son frère et il savait qu'il en était de même pour l'autre. Mais pour rien au monde ils n'auraient changé cela, ils aimaient tellement ressentir cette douleur qui mesurait l'étendue de leur passion mutuelle !

- Oh Bill...tu es tellement beau...je t'aime tellement...je t'aime tellement, répéta t-il plus bas en caressant d'une main légère le torse du brun, je pourrais pas supporter de ne plus être avec toi...ne plus être en toi....comme ça... Dit-il en pénétrant Bill lentement, doucement. Celui-ci rejetta la tête en arrière en ouvrant grand la bouche. Chaque fois qu'ils se connectaient de cette façon, il leur semblait à la fois perdre la raison et comprendre l'Infini et l'Absolu à la fois. C'était comme résoudre tous les mystères et affronter la confusion la plus totale. Ca les dévorait, tout simplement. Mais qu'est-ce-qu'ils pouvaient adorer cela !

Une fois totalement en Bill jusqu'à la garde, Tom s'immobilisa un instant, le temps que son jumeau s'habitue à sa présence amoureuse en lui. Bill avait enroulé les jambes autour de sa taille, une de ses main accrochée à son épaule pendant que de l'autre main il caressait et redessinait les contours de son visage. Le chanteur posa une main dans sa nuque et l'attira à lui pour un long baiser et commença à bouger doucement sous son frère. Tom amorça le premier coup de rein, sans ressortir complètement et replongea dans le corps de frère, avide de ressentir son humidité et sa chaleur autour de son sexe. Les sensations étaient incroyables, ils se connaissaient tellement par coeur, avaient fait l'amour tellement de fois mais s'émerveillaient d'aller chaque fois plus haut dans le plaisir, ensemble.

Alors que les chairs de Bill se détendaient, Tom pût aller plus profondément, plus facilement, les mains serrant ses hanches. Bill avait les siennes posées sur les fesses de Tom et appuyait fortement pour le prendre plus fort et plus loin en lui. Ils glissaient l'un contre l'autre, l'un dans l'autre. Les gémissements résonnaient dans la petite chambre :

- Haaaan....Tom...ouiiiii....encore....encore...

- Hmmm...Biiiiiill...han...

Tom déplaça ses mains, les posant dans le creux des reins de Bill et le remonta vers lui et le maintenant dans cette position, collé à lui à chaque pénétrations, les à-coups étaient devenus maintenant brutaux et profonds. Le brun cria aussitôt, la prostate délicieusement malmenée à chaque coups de bassin de Tom.

- OH....OH....OH....Oui......Tooooooom....HAAAAN....Prends moi plus fort Tom...prends moi plus vite...

Ce qui fit redoubler d'ardeur le blond, il donnait de plus en plus de coups de reins rapides et puissants, atteignant sans relâche le point de plaisir de son frère qui était passé des gémissements continus aux cris rendus aigus par le plaisir. Tom sentait autour de son sexe des petites contractions indiquant que son amant n'allait pas tarder à jouir.

Lui même était proche de l'orgasme, il aurait voulu pouvoir prendre Bill comme ça encore pendant des heures, il se sentait tellement complet tellement entier dans la chaleur de son frère, mais il avait aussi envie de laisser éclater l'orgasme dévastateur qu'il sentait arriver à grands pas. Bill, lui, était complètement perdu dans son plaisir, il ne contrôlait plus rien, il bougeait aussi fort que Tom allait vite, la tête roulant sur l'oreiller dans tous les sens. Il gémissait des paroles incohérentes et la seule chose qu'on pouvait distinguer était le nom de son frère. Il serrait Tom farouchement contre lui, resserait encore plus les cuisses sur ses hanches et venait parfois embrasser violemment la jolie bouche si semblable à la sienne.

Tom descendit une main entre leur deux corps pour caresser le sexe de Bill qui se tortilla encore plus, assailli de toutes parts par ces chaudes sensations.

S'appuyant de son avant-bras à côté de la tête de Bill, il dégagea le front suant où étaient collées quelques mêches de cheveux noirs, passa une main dans sa nuque pour relever un peu sa tête et dit :

- Ouvre les yeux Bill...regarde moi...

- Nooon, soufflait l'autre, je peux pas...tu me fais tellement de bien...c'est...c'est tellement bon...c'est trop fort...

Mais Bill ouvrit quand même les yeux pour planter son regard dans celui de son frère pendant que celui-ci l'acheva avec des paroles ô combien excitantes :

- Allez...regarde...moi...je veux voir ton visage quand tu vas jouir...viens Bill...donne moi ta jouissance...

Le regard toujours ancré dans celui de Tom il lui dit alors :

- Alors donne moi la tienne...

Et ce fût assez pour qu'ils se sentent exploser et envoyer vers cet endroit qu'ils aimaient atteindre grâce à l'autre et avec l'autre, cet endroit où tous les sons et toutes les couleurs se mélangaient dans leurs tête et derrière leurs paupières closes, cet endroit où ils n'étaient que tous les deux sans aucun obstacle, aucune morale, aucun interdit. Avec juste de l'amour en fond sonore, une extase presque palpable qui leur éclatait le corps et le cerveau, qui comprimait leurs poumons et serraient leurs coeurs.

Bill relâcha lentement son corps et Tom se laissa tomber lourdement dans son cou. Ils étaient tous deux trempés et essouflés mais tellement comblés !

- Je t'aime Bill...murmura le blond, encore enfoui dans sa chaleur

- Je t'aime aussi Tomi...tellement ! Lui répondit Bill aussi tendrement en passant une main câline dans ses dreads.

Ils restèrent encore un moment comme ça avant de se délier, encore étourdis par cette passion dévorante qu'ils ressentiraient toujours et qu'ils venaient de laisser s'exprimer, restant silencieux, se parlant juste avec le regard.

Parce que les yeux sont le reflet de l'âme, et que l'âme est silencieuse.




Fin

- Traces de pas 17/09/2008

Bill et Tom Kaulitz arrivent ce jour dans le Paradis. Tout y est doux, blanc, calme. Ils sont tous deux assis dans une pièce claire et chaude. Ils attendent. Ils ne savent pas trop quoi, mais ils attendent.

- Bonjours mes enfants, c'est avec grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue, leur dit un vieil homme vêtu d'une longue roble blanche immaculée. Cet homme a une longue barbe blanche, un visage doux et aimant, un regard éclairé et chaleureux

- Bonjour, répondent timidement les jumeaux clairement impressionnés par le personnage lumineux

- Hé bien, parlons un peu de votre séjour sur Terre. Vous vous y êtes plûs ? Avez-vous mis à profit le temps qui vous a été impartit pour faire le bien autour de vous ?

- Heu...Bill pas spécialement mais moi j'ai fais ce que j'ai pu ! S'exclama Tom, qui n'avait pas peur de laisser parler son humour...spécial, même en cet endroit plutôt solennel.

- Rhooooo Tom...c'est bien le moment ! S'indigna son jumeau. Excusez-le, j'ai pourtant bien essayer de lui apprendre à vivre en lui montrant les bonnes manières mais voilà...certains miracles ne se produisent jamais ! Sourit encore Bill

- Hum...c'est ce que nous avons toujours apprécié chez vous, les garçons, cette complicité et cet humour...Mais passons plutôt aux choses sérieuses, je ne me suis pas présenté, je suis comme vous avez dû vous en douter St Pierre, Gardien de la Porte du Paradis et vous voilà dans l'antichambre de la Salle Céleste. Je sais que ça doit être un peu déstabilisant pour vous de nous retrouver si tôt, mais sachez que nous sommes tous heureux de vous accueillir parmi nous, vous voilà de retour à la maison, ajouta le vieil homme les serrant dans ses bras.

- C'est drôle, dit Tom, c'est comme si je n'avais jamais quitté cet endroit, j'ai une telle impression de déjà vu !

- Oui, le temps qu'il y a sur la Terre n'est pas le même qui passe ici. Mille ans terrestres équivalent à 1 jour pour les Cieux. Vous voyez les garçons, vous ne nous avez pas quittés depuis si longtemps finalement ! Pour nous, votre temps d'absence se compterait plus en heures plutôt qu'en années ! Mais laissons cela pour le moment, si vous êtes dans l'antichambre c'est parce que je dois vous conduire dans la Salle du Film de votre Vie.

- La Salle du Film de notre Vie ? Demanda Bill, il avait toujours été un garçon curieux et avide de tout

- Oh non, gémit alors son frère dréadé, je suis pas sûr que j'ai envie de voir ça !

- Ah non ? S'amusa St Pierre, tu sais, de toute façon nous savons déjà TOUT de ce que tu as pu accomplir ou pas pendant ta vie en bas. C'est juste intéressant et obligatoire pour chacun de passer par cette salle, observer si cette vie a été menée comme il fallait et le mieux possible.

- Ah bin pour toi Tom, c'est mort ! Euh...sans mauvais jeu de mots, hein ?! Ricana le brun, tout en se rattrapant précipitamment.

- Bien, suivez-moi les garçons, leur lança St Pierre en les faisant entrer dans une petite pièce au fond du long couloir blanc.

Il y avait juste deux confortables fauteuils et un grand écran mural en face d'eux. Bill, prévoyant une mauvaise blague de la part de son jumeau, tourna la tête vers lui en s'installant dans un des fauteuils et gronda tout bas :

- Tom, s'il te plaît, ne demande pas le pop corn, c'est pas vraiment l'endroit !

- Comment tu...? S'étonna Tom, parfois il oubliait à quel point son jumeau pouvait lire dans ses pensées.

- Tu es mon jumeau, répondit Bill en haussant les épaules. Et je voyais venir la blague là. En plus, ajouta t-il plus bas malicieusement, j'ai eu la même idée !

Ils rirent doucement tous deux, leurs yeux rieurs plongés dans ceux de l'autre. Mais ils ne pouvaient s'empêcher d'être nerveux. Qui ne le serait pas devant le film de sa propre vie ?

Mais ils étaient ensemble, comme ils l'avaient toujours été, depuis leur conception, non depuis la vie prémortelle. Tom tendit sa main à Bill, paume tournée vers le haut, pour lui faire comprendre qu'une fois encore il était à ses côtés. Tom était toujours comme cela, il offrait toujours systématiquement et inconditionnellement son soutien à son petit frère. Il était son rempart contre tout malheur, il était son roc dans la tempête, il avait toujours pris soin de lui et pourtant ils avaient le même âge. C'était sûrement dû au fait que Tom était né 10 minutes avant Bill. C'était aussi sûrement le fait que Bill avait le caractère plus sensible et plus fragile. Bien que Tom pouvait parfois se montrer aussi doux et affectueux que son jumeaux. SURTOUT envers son jumeau.

St Pierre avait quitté la pièce et les jeunes hommes s'enfoncèrent dans leurs fauteuils toujours un peu tendus. Les lumières baissèrent automatiquement et l'écran se brouilla pour laisser place au film de la vie de nos charmants jumeaux. Tout fût passé au crible, tout leur fût détaillé. Ils regardèrent certaines scènes avec plaisir, d'autres avec colère ou tristesse et quelques-unes même avec gêne. Ils rirent souvent, firent la moue quelques fois, se fâchèrent un peu mais ne lâchèrent jamais la main de leur frère.

Puis le film se termina, ils restèrent silencieux en attendant que St Pierre revienne. Quand le vieil homme entra dans la pièce il remarqua le silence qui pesait. Cela ne l'étonnait pas, il avait l'habitude de retrouver les personnes bouleversées par la vision du film de leur vie. C'était toujours un choc de se voir évoluer, devenir telle ou telle personne, accomplir des actions dont on pouvait se sentir fier ou au contraire honteux.

- Alors les garçons, avez-vous apprécié ce que vous avez vu ?

- Ca fait bizarre de se voir tels qu'on était...vivants...faire toute ces choses...on a revu nos amis, notre famille. Ils vont nous manquer, murmura pensivement Tom.

- Vous leur manquerez aussi beaucoup mais c'est le lot de tout être humain. Vous nous avez quitté un jour pour rejoindre une famille terrestre, acquérir des dons et des qualités, développer la partie divine quiest en vous et revenir en notre présence pour goûter la gloire Eternelle selon vos mérites.

- Oui, et à ce propos, commença Bill s'adressant à St Pierre, il y a quand même certaines choses que j'ai eu du mal à voir.

- Je t'écoute ?

- J'ai toujours été très proche de Tom, toujours, il est mon frère jumeau, mon meilleur ami, mon âme soeur, mon double, mon tout même. Il n'y a pas un moment de ma vie, heureux ou malheureux qu'il n'a pas partagé pas avec moi. Et je sais que je représente exactement la même chose pour lui, hein ? Fit-il en se tournant vers son frère

- Bien-sûr, gronda sourdement celui-ci en lui serrant la main un peu trop fort

- On s'est toujours promis d'être là l'un pour l'autre, de se soutenir, bref de ne jamais perdre la complicité et l'amour spécial qui sont les nôtres.

- Bin c'est ce qu'on a fait, dit Tom

Cependant, il savait où son jumeau voulait en venir. Il avait senti le même trouble s'insinuer en lui pendant qu'ils regardaient le film. Bien sûr, à aucun moment sur Terre ils ne s'étaient souvenus de leur existence prémortelle, juste avant de venir rejoindre leur destin dans leur futur famille terrestre.

Dans le film, ils avaient vu Dieu s'adressant à leurs corps d'esprit de cette manière :

- Mes enfants, mes chers enfants, vous allez quitter mon royaume et aller sur Terre acquérir un corps de chair et d'os et les qualités et vertues nécessaires pour revenir vivre auprès de moi. Vous allez recevoir des épreuves parfois petites, parfois grandes et tout ceci dans le but de vous forger et vous polir comme on polit un diamant pour en faire un bijou somptueux. Mais vous allez aussi connaître de grandes joies, et l'une de ces grandes joies c'est la présence continue d'une âme soeur à vos côtés. Je vous donne l'un à l'autre pour traverser ce chemin et retrouver ma maison où vous serez accueillis en Rois que vous serez alors. Quand les épreuves se feront fortes, que vos coeurs saigneront, chaque fois que vous vous sentirez déprimés, incompris, malheureux, rejettés, tournez-vous l'un vers l'autre et appréciez l'aide et la compréhension chez cette autre partie de vous qu'est votre frère jumeau. Je vous promet que vous pourrez toujours compter sur ce merveilleux soutien.

Dieu prit Tom par la main et la mit dans celle de Bill. Tous deux se regardaient en souriant, heureux de savoir qu'ils auraient toujours un inconditionnel soutien et amour l'un pour l'autre. Ils avaient été des frères d'esprit qui s'étaient plutôt bien entendus jusque là, ils seraient sur Terre des frères jumeaux ! Ca dépassait tout ce qu'ils auraient pû espérer !

Et ça avait été une vie extraordinaire !

Cependant, ce que les deux garçons avaient pu remarquer, c'est que chaque événement spécial était représenté par des traces de pas dans le sable de leur vie. Une paire pour Tom, une paire pour Bill. Leurs pas étaient côte à côte, tout le long, très souvent. Chaque anniversaires, chaque décisions prises, chaque tournants qu'avaient pris leur vie, leurs traces de pas se cotoyaient. En fait, il était rare qu'il n'y ait que la trace d'un des deux frères, seule.

Bill continua de s'adresser à St Pierre de plus en plus troublé :

- On a été donné l'un à l'autre pour se soutenir, mais je remarque qu'à chaque moments douloureux, à chaque épreuves de ma vie, il n'y a que MES traces de pas. Et c'est la même chose pour lui...!

- Pourtant j'ai toujours été là pour Bill, continua le blond, je ne me rappelle d'aucun moment difficile pour lui où je n'aurais pas été là ! Enfin..je croyais que c'est ce que j'avais fait...!

- Ouais, on comprend pas ? On a mal fait quelque chose ? Dieu avait promis qu'on aurait ce soutien là pourtant ! Il avait promis !

- Mes fils, mes chers fils, dit St Pierre en souriant tendrement, c'est vrai, dans le film de votre vie vos pas se chevauchent presque tellement vous étiez liés et ensemble.

- Alors pourquoi ? S'exclama Bill la gorge serrée

- A chaque tempête qui a bouleversé ta vie Bill, expliqua l'homme en s'adressant au plus jeune, sache que les traces de pas que tu peux voir sont celles de ton frère et c'est la même chose pour Tom.

- Mais...je ne comprend pas, pourquoi aux pires moments de vie j'ai l'air d'avoir été seul, abandonné ? dit Bill en fronçant les sourcils

- Les traces de pas appartiennent à Tom tout simplement parce qu'il te portait...


FIN

[OS DE NOËL] - Santa klaus is coming to town... (1/2) 25/02/2009

SANTA KLAUS IS COMING TO TOWN

...Croire en la magie de Noël...


Prologue



Un paysage blanc. Quelques flocons qui commencent à tomber, d'ailleurs. Parmi ce paysage virginal, une maisonnette en bois munie d'une cheminée qui fume. Et tout autour, rien. Rien, à part de longs et larges arbres. Des sapins. Au-dehors, un attelage de rênes semble attendre. Et à l'intérieur, assis à une table, une pipe à la bouche et une très longue liste à la main, un homme semblant n'avoir aucun âge précis, fronce les sourcils et soupire bruyamment. Sa femme, qui arrive dans la pièce avec un plateau où se trouvent deux tasses fumantes, sourit et demande :

-Tu ne t'en sors pas ?

Un autre soupir lui répond. Elle arrive à sa hauteur et pose la tasse qu'elle a remplie sur un coin de table, parmi toutes les affaires qui s'y trouvent et dit affectueusement :

-Arrêtes-toi donc deux secondes, Nicolas, je t'ai fait un chocolat chaud. Ça va te faire du bien.

L'homme sourit à sa compagne et tendit la main pour saisir la tasse. Il ferma les yeux de plaisir quand il sentit le breuvage lui brûler délicieusement le palais et la gorge, se laissant détendre enfin. La femme reprit :

-Dis-moi ce qui te tracasse. Encore quelqu'un à qui tu ne sais pas quoi donner ?

L'homme ouvrit les yeux et hocha la tête, l'air désolé. Il reprit la liste en main et geint, comme un enfant :

-C'est lui. Il...il est tellement spécial, depuis des années. Je ne sais vraiment plus quoi faire avec lui. Depuis toutes ces années, il ne croit plus en rien, et je le vois, il en tellement malheureux ! J'aimerais faire quelque chose qui changera tout, cette année !

Sa femme se pencha au-dessus de son épaule et demanda :

-Qui est-ce ?

Il lui désigna le nom sur sa liste et elle haussa un sourcil :

-Oh ! Je vois ! Chaque année, Nicolas, chaque année tu te tritures les méninges, sans pouvoir y changer quoi que soit.

L'homme finit sa tasse et la lui rendit. Il regarda encore pensivement sa liste et plus particulièrement le nom de cette personne qui le préoccupait autant. Il frottait sa longue barbe blanche en même temps, comme s'il pouvait en tirer plus d'aide et de concentration. Sa femme se redressa et repris le plateau, mais avant, elle gratifia le haut de son crâne dégarni d'une doux baiser en disant :
-Je vais voir si ton manteau et tes bottes sont prêtes. Je ne m'inquiète pas pour toi. Je sais que tu trouveras. Tu trouves toujours...

Il se retourna légèrement et eut un sourire pour celle qui partageait sa vie. Il répondit tout aussi affectueusement :

-Merci de ta confiance ma chérie !

Elle sortit de la pièce et il reprit sa réflexion. Son regard glissa un peu sur la liste et il tomba sur un autre nom. Il lut les quelques renseignements mis à côté et son visage s'éclaira soudain. Les yeux brillants, il s'exclama :

-J'ai trouvé ! J'ai trouvé le meilleur cadeau pour toi ! Cette année, tu vas y croire, oui, tu te souviendras de ce Noël, mon petit Tom...!


________________________________________________________________________________

-« Joyeux Noël ! Joyeux Noël ! »

Un père Noël ventripotent, barbu, parfaitement bien costumé déambulait joyeusement le long du trottoir en agitant une cloche tintinnabulante et criant à tue-tête. Il fût frôlé par un jeune homme vêtu d'une grosse doudoune. Le père Noël eut le temps de croiser son regard et lui lança un retentissant « Joyeux Noël » alors que celui-ci se dépêcha d'avancer plus vite en bougonnant quelque chose que personne ne comprit.

On n'était pas tout à fait Noël. Pas encore. On était bien le 24 décembre mais il était encore relativement tôt. Il était 18h et les passants se pressaient un peu partout, à la recherche des derniers cadeaux qui combleraient leurs proches. Les éternels retardataires se bousculaient gentiment dans les rues, la plupart très joyeux, malgré le monde, malgré le froid, ils avaient les yeux brillants, un grand sourire aux lèvres, et se souhaitaient mutuellement un bon Noël d'une voix ravie, emportant avec eux les paquets multicolores et leurs derniers achats.

Bref, l'ambiance était bonne, chaleureuse malgré le temps, les gens étaient heureux, plus détendus et sympathiques. Seul un jeune homme ne participait pas à toute cette animation. C'était celui qui avait heurté le père Noël, justement. Ah non, celui-là ne participait pas du tout même, au contraire, il essayait de fuir tout ça. Il détestait Noël. De toutes ses forces. De toute son âme. Et là, encore plus, il aurait dû être normalement chez lui, dans son appartement, tranquille devant un bon verre et un programme télé, mais il avait fallu qu'il sorte faire cette course pour la voisine. Et il n'avait pas pu refuser. Sa voisine était paraplégique suite à un accident de la route qu'elle avait eu il y a cinq ans de cela. Elle avait deux petites filles et il était très impressionné de la manière dont cette famille évoluait, toujours gentille, généreuse, de bonne humeur, serviable. Il en était très étonné, son mari l'avait quitté à cause de son handicap et elle élevait seule ses deux petites filles, sans jamais se plaindre. Il était en admiration. Et ce soir, Laura et Mindy, les deux petites, étaient venues chez lui, les yeux suppliants et larmoyants pour lui demander avec une moue boudeuse de ressortir chercher un cadeau pour leur maman. Elles avaient économisé depuis des mois, mais n'avaient pu acheter le cadeau elles-mêmes, étant trop jeunes encore, et elles avaient fini par convaincre le jeune homme, le soûlant de paroles, de bisous et de câlins, pour qu'il ressorte et aille à la recherche d'une belle surprise pour leur jolie maman si courageuse. Il ne put refuser, donc, enfila doudoune, bonnet, écharpe, gants et sortit.

Ce jeune homme dont nous parlons, regardez, celui-qui s'avance toujours en maugréant au coin de la rue, là-bas...Oui, approchons-nous un peu...Oui, lui-même...Voilà...Ce jeune homme, c'est Tom. Tom Kaulitz. Oh je vous vois sourire, je sais, il est mignon, hein ? Attendez qu'il retire doudoune, bonnet, écharpe et gants...

Pour la énième fois, Tom poussa un long soupir. Les petites filles n'avaient pas dit ce qu'elles voulaient qu'il achète, elles avaient simplement précisé « un bijou ». Il bougonna encore un peu pour lui-même :

-Ouais, un bijou...Je sais pas trop ce que je peux avoir avec ce fric mais bon...

Éternel râleur...

En fait, il détestait Noël et tout ce qui s'en approchait parce qu'il avait perdu sa mère un soir comme celui-ci. Il avait 8 ans et croyait très fort en ce père Noël qui le gâtait chaque année. Il avait commandé pour le Noël de ses 8 ans, le dernier jeu vidéo à la mode, un circuit géant avec un train lancé dessus, et une guitare à sa taille. Il aimait beaucoup la musique, il avait commencé un an auparavant et était immensément doué. Pour ce Noël-là, ses parents et lui avaient invités toute leur famille et quelques voisins qui étaient seuls. Oui, on ne laisse personne seul le soir de Noël. Tout un gentil monde était réuni chez Tom et les enfants courraient un peu partout, tout le monde mangeait et buvait, bref c'était une soirée encore réussie. Bien-sûr, les enfants commencèrent à fatiguer vers 22h, épuisés, gavés mais contents. La mère de Tom, Simone, l'emmena dans sa chambre, l'aida à enfiler son pyjama et le coucha. Elle s'assit au bord du lit et couva son enfant d'un regard débordant d'amour et de tendresse. Elle caressa ses cheveux blonds, fins et l'enfant lui sourit en disant :

-Dis maman, tu es sûre qu'il va venir, hein ?

Elle sourit un peu plus, elle savait de qui il parlait, elle répondit affectueusement :

-Bien-sûr qu'il va venir, Tomi. Il vient toujours, tu le sais bien.

Elle ajouta, un brin malicieuse :

-Enfin, sauf si tu n'as pas été sage !

Il protesta immédiatement :

-Ah si ! J'ai été sage ! C'est toi-même qui me l'a dit !

Puis il regarda sa mère et reconnut cet éclat lumineux qu'elle avait quand elle voulait s'empêcher de rire, il éclata de rire, suivit de près par Simone :

-Oui, je sais mon grand ! Tu as été sage. Bon, allez, endors-toi, mon chéri. Il ne faut pas que tu sois réveillé quand le père Noël va passer...Et demain, tu verras tout ce qu'il t'a apporté, d'accord ?

Tom bailla, frotta son petit nez et hocha la tête en se plaçant sur le côté et fermant déjà les yeux. Il sentit sa mère caresser tendrement son front, repoussant encore sa frange de ses yeux et sentit bientôt ses lèvres le frôler dans un baiser maternel rassurant suivit d'un « Joyeux Noël, mon Tomi, je t'aime » soufflé avec douceur. Elle quitta la pièce et ce fut la dernière fois qu'il entendit la voix de sa mère.

Le lendemain, il avait trouvé du monde dans son salon, le visage triste, décomposé, accablés. Son père était assis, les yeux rouges et larmoyants. Quand il vit son fils arriver au salon, il le prit sur ses genoux et lui expliqua que dans la nuit, maman était « partie », mais face à l'incompréhension de son petit garçon et surtout au regard qu'il lui lança, Gordon ne pût continuer. Les grands-parents paternels étant là, ils avaient pris le garçon sur leurs genoux et avaient expliqué que « maman avait été malade, très malade, elle s'était endormie pour ne plus se réveiller ». Crise cardiaque. Comme ça. D'un coup. Sans prévenir. Simone s'était interrompue en pleine phrase, crispant son bras gauche sur son estomac, les doigts recroquevillés, et malgré toutes les prières et la rapidité des secours dépêchés sur place, personne ne put rien.

Voilà comment, à 8 ans, Tom Kaulitz, petit ange blond se retrouva orphelin. Orphelin parce que depuis qu'il eut perdu sa mère, il perdit par la même occasion son père qui devint alcoolique à force de chagrin. Les parents de Gordon prirent donc la relève et élevèrent Tom, avec tout l'amour et le dévouement dont ils pouvaient faire preuve à leur âge. Enfance relativement normale.

Ce Noël-là, Tom avait eu tout ce qu'il avait marqué sur sa liste. Son train, son jeu vidéo, sa guitare et même un beau ballon tout neuf. Accrochée à la cheminée, la grande chaussette rouge et dorée, décorée de motifs de Noël par les mains de sa maman, était remplie de bonbons et chocolats de toute sorte. Mais quelque chose en lui se brisa définitivement. Le père Noël lui avait donné tout ce qu'il voulait, mais le père Noël lui avait pris sa maman. Jamais il ne pourrait pardonner.

Son enfance fut tout de même heureuse, si l'on considère bien la situation, il ne manqua ni d'amour, ni de soutien, ses grands-parents étaient des gens formidables. Et ils étaient suffisamment fortunés pour lui avoir offert cet appartement dans lequel il vivait afin de suivre ses études de médecine. Oui, il avait voulu, depuis petit, être médecin. Spécialisé en cardiologie. Comme beaucoup, le décès d'un être cher dirige et inspire votre orientation. Faire avancer la médecine, voilà son intérêt. Là aussi il était doué. Ses professeurs disaient de lui qu'un jour il serait un grand médecin. A l'université où il allait, il travaillait aussi au laboratoire et était très efficace. Oui, un jour il serait un grand médecin.

Pour le moment, il était un jeune homme bien embêté. Il fallait trouver ce fichu bijou ! Les petites allaient être déçues s'il revenait les mains vides mais le problème, c'est qu'il n'y avait pas non plus de quoi acheter un bijou magnifique, malgré les économies la somme était restée relativement modeste. Il était passé dans trois bijouteries déjà et en était ressorti, horrifié à la vue du prix qu'ils affichaient. Bon, il allait falloir acheter quelque chose en toc, tant pis, ce qui compte c'est l'attention.

Tom arriva dans une rue où la devanture clignotante attira son attention. Il s'approcha et remarqua que le magasin vendait tout un tas d'objets décoratifs de Noël, il put même voir un présentoir avec quelques colliers et quelques boucles d'oreilles. Il soupira de soulagement et se décida à entrer. La boutique était déserte. Mais la clochette qui teinta quand il poussa la porte attira quelqu'un qui vint se poster derrière le comptoir. Tom regarda un instant la jeune fille qui lui sourit et ne put s'empêcher de la trouver jolie. Elle ouvrit la bouche pour lancer un « Bonsoir, joyeux Noël ! » et il se rembrunit aussitôt. La jeune fille était plutôt...un jeune homme.

-Putain ! C'est un mec !

C'est tout ce que Tom réussit à se dire à ce moment-là.

En effet, la personne qui se tenait derrière son comptoir était bien un jeune homme. Il semblait avoir l'âge de Tom, donc à peu près 20 ans. Ce qui avait trompé Tom, c'était les longs cheveux noirs tombant sur des épaules frêles et de magnifiques yeux noisette étirés en amande. Surtout qu'autour de ces yeux, du khôl noir avait été minutieusement appliqué, rendant le regard plus...intense. C'était plutôt joli, décida Tom. Le jeune homme derrière son comptoir dût remarquer l'observation dont il faisait preuve et fit un éblouissant sourire, qui atteint Tom comme un gros choc en plein estomac. Il cligna même des yeux et fit un minuscule pas vers l'arrière. Le jeune homme prit alors la parole, d'une voix enjouée :

-Je peux vous aider ? Un dernier cadeau à acheter, hein ?

Tom hocha la tête simplement. Il sentit soudain qu'il avait chaud. Il retira son bonnet et tenez-vous bien, c'est là que vous aussi découvrez la particularité de Tom, il avait de lourdes, longues dreads blondes. Le bonnet une fois retiré, elle tombèrent librement dans son dos, certaines venant se loger devant et encadrer son visage. Le jeune homme avait quitté son comptoir et vint se poster devant lui. Il avança la main et toucha doucement le bout d'une dread :

-Oh ! Vous avez des dreads ! C'est joli...

Tom ne sut pas quoi répondre, à part un petit « merci » soufflé à voix basse. Une jeune fille entra dans la salle et lança :

-Bill ! Bill, où est-ce que tu as mis mon écharpe rouge, tu sais, celle qui...oh !

La jeune fille s'interrompit quand elle aperçut Tom. Alors comme ça, le jeune homme aux cheveux longs s'appelait Bill...Il tourna la tête vers la nouvelle arrivée et répondit :

-Ton écharpe est dans le troisième tiroir de ma commode. Regardes bien, tu la trouveras.

Elle hocha la tête et ressortit tout aussi vite qu'elle était entrée. Bill se retourna de nouveau vers Tom et demanda, la voix toujours joyeuse :

-Alors, est-ce que vous avez une idée précise de ce que vous voulez acheter ?

Le dreadé prit une expression ennuyée et se gratta la nuque, sous ses dreads :

-Non, pas trop. En fait, je dois acheter un bijou. C'est pour une femme. Mais je n'ai pas beaucoup d'argent, alors...

Bill sourit et taquina :

-Oh, une femme ! Et bien, peut-être qu'une bague fantaisie serait bien, non ? Nous en avons de très jolies et de très originales. Elles font pas vraiment « bague d'amoureux » mais je vais vous montrer...

Tom comprit la méprise et rectifia aussitôt :

-Non, en fait, c'est pour une voisine paraplégique. Ses deux petites filles veulent lui faire un cadeau et elles m'ont demandé de lui acheter un bijou. Ce sera le cadeau de noël pour leur maman.

Il avait rajouté cette phrase avec une grimace involontaire. Si Bill fut étonné, il n'en montra rien. Il désigna le rayon où se trouvait différents bijoux fantaisie et l'invita à le suivre :

-Venez avec moi, je vais vous montrer ce que nous avons.

Tom le suivit jusqu'au rayon où scintillaient différents bracelets, bagues, colliers, il y avait même des pinces à cheveux serties de petits faux diamants. Tout était vraiment très joli. Bill remarqua que les mains du blond étaient pleines avec le bonnet et les gants qu'il tenait. Il tendit la main et dit :

-Donnez moi donc cela, je vais le poser sur le comptoir, comme ça, vous aurez les mains libres pour choisir ce qui vous intéresse, non ?

Tom lui tendit ses affaires et murmura :

-Merci.

Il regarda s'éloigner le garçon brun, et ne put s'empêcher d'admirer les mouvements fluides que celui-ci faisait en marchant, ses cheveux noirs légèrement bouclés à la pointe virevoltant un peu. Bill avait un style totalement à l'opposé de Tom. Il portait des vêtements plus moulants, un jean noir et un tee-shirt rouge très près du corps et une veste en cuir noire et rouge. Et des santiags noires pour compléter le tout. Il avait beaucoup de classe et un charisme indéniable. Son personnage dégageait le mystère et une certaine bonté. Quand il s'était mis devant Tom, ce dernier avait senti une odeur légèrement musquée et un peu sucrée aussi. Inexplicablement, cela l'avait troublé. Il eut un peu plus chaud, le magasin est bien chauffé, se dit-il, alors il ouvrit sa doudoune, laissant voir son style particulier à lui aussi. Lui, c'était plutôt un large baggy qu'il portait, agrémenté de deux tee-shirts, oui, vous avez bien entendu, deux tee-shirts. Et d'habitude, vous l'auriez vu avec une casquette assortie à ses vêtements qui serait posée sur son front recouvert d'un large bandeau. Mais il avait remplacé cela par son bonnet. Il faisait trop froid pour sortir uniquement avec cela.

Bill se retourna et tiqua un peu quand il vit que le blond retirait sa doudoune. Ce Tom était...très beau...très...spécial. Il dégageait quelque chose de sécurisant et aussi une certaine force. Mais c'était son regard qui avait frappé le brun. C'était un regard à la fois, doux et triste. Dur et mélancolique. Fascinant...Pendant que le blond cherchait dans le rayon ce qui pourrait lui plaire, Bill détailla de loin son profil. Un profil parfait. Un nez pointu, une mâchoire carrée, bien dessinée, une bouche pleine dont il mordillait la lèvre inférieure sous la concentration, là où se trouvait son piercing, un cou gracieux, une silhouette finement musclée. De là où il est, il voit aussi une main. Une grande main fine, avec de longs doigts terminés par des ongles courts et bien entretenus. Et il eut une brève vision, celle où cette main et ces ongles raclaient très légèrement sa peau. Frissons...

Puis, Bill le vit secouer la tête en fronçant les sourcils. Il fit lui aussi le même geste et retourna vers le blond de nouveau plongé dans la contemplation du rayon. Pour éviter un silence lourd, le brun interrogea gentiment :

-Alors, il y a quelque chose qui vous plait ? Vous connaissez un peu les goûts de votre voisine ?

-Non, pas trop. Je trouve tout ça bien sympa mais en fait, je sais juste pas quoi prendre.

Bill regarda longuement l'étalage, tapotant ses lèvres de son index et réfléchissant à voix haute :

-Alors, alors...Vous dites que c'est une voisine plutôt jeune, et que le cadeau doit plaire à ses deux petites filles. Un cadeau de Noël pour leur maman...Un truc sentimental, quoi, qui montrerait leur affection...Bon, bon, bon...Attendez...Oh ! Jetez un ½il là-dessus !

Bill avait saisit un objet entre ses doigts pour le tendre à Tom :

C'était une chaîne en argent ornée d'un pendentif en forme de c½ur. Un gros c½ur plat. Simple mais certainement touchant pour la maman. Tom fronça un peu le nez et regarda le collier d'un peu plus près :

-Ouais, c'est joli. Mais j'aurais voulu quelque chose de plus...qui fasse plus personnalisé, quoi.

-Eh bien je peux vous proposer quelque chose : on fait aussi les gravures, vous me donnez les prénoms des fillettes et je vous grave ça de suite ! En plus ça tombe bien, elles sont deux. On pourrait par exemple, mettre un prénom devant et un prénom derrière. Comme ça, la maman pourrait le retourner à sa guise, non ?

Le visage du blond s'éclaira :

-Ah c'est une super idée ! Oui, on va faire comme ça ! Combien ça va me coûter ?

A l'annonce du prix, son visage se referma. Il savait de combien il disposait mais n'avait pas assez d'argent. Et ça l'embêtait franchement, le cadeau lui plaisait bien, il était sûr que les fillettes en seraient ravies, et du coup, il n'avait plus envie d'autre chose. Bill le considéra quelques secondes et dit :

-Ça fait rien. Donnez-moi ce que vous avez. Le reste, c'est cadeau.

Tom bégaya, surpris :

-Mais...mais...vous pouvez pas, enfin, je veux dire, ce serait pas...Non !

-Si, si ! C'est pour une maman qui m'a l'air bien courageuse on dirait et il faut pas décevoir ses deux petites. Il est déjà bien tard pour continuer de chercher et je suis sûre qu'elles aimeront toutes les trois.

Il ajouta dans un clin d'½il :

-Et puis, c'est Noël, hein ?

Tom fut malgré lui très touché. Il ne put que bafouiller, encore un peu gêné :

-Merci...C'est...super sympa...

Ils avancèrent jusqu'au comptoir pour que Bill puisse encaisser l'argent. Il eut l'air de se souvenir de quelque chose et releva la tête vers Tom qui sursauta un peu :

-Mince ! Je vous ai pas dit ! Par contre, pour la gravure, ça risque de prendre un petit peu de temps. Vous pouvez attendre ? Ça ne me prendra qu'une heure à peu près.

Là, tous les espoirs du blond s'effondrèrent :

-Aïe, mince ! Je peux pas attendre tout ce temps, les petites m'attendent depuis un moment déjà, elles vont s'inquiéter ! Mince !

Une nouvelle fois, le brun réfléchit rapidement :

-Ok, alors voilà ce que je vous propose : je garde tout ça, je fais la gravure de suite et dès que c'est fait je vous le livre chez vous. Vous aurez le temps de rentrer, d'expliquer tout ça aux petites et je serais là, le cadeau tout prêt ! Ça vous va ?

Tom se sentit immédiatement soulagé. Décidément, ce jeune garçon était d'une efficacité et d'une rapidité à réagir impressionnante ! Il soupira de soulagement :

-Oh super ! Ouais, vraiment super ! Oui, faisons cela. Je vais vous laisser mon adresse. Vous êtes sûr que cela ne vous dérange pas ? Vous devez peut-être être attendu quelque part pour réveillonner et je ne veux pas vous retarder !

Le regard du brun s'assombrit et il répondit en baissant la tête, feignant de s'intéresser au plus haut point à la caisse enregistreuse :

-Non, non. Je réveillonne nulle part. Ça me dérange pas, au contraire. Et puis, c'est pour cette famille, n'est-ce pas ? Donc c'est bien comme ça.

Tom n'ajouta rien. Il avait noté le bref changement d'humeur et ça excita sa curiosité. Pourquoi un jeune si enjoué, si gentil, ne réveillonnait nulle part ? Il n'avait pas de famille ? Pas d'amis ? La fille qui était entrée en coup de vent tout à l'heure pour demander son écharpe, c'était qui ? Sa petite amie ? Il ne pouvait tout de même pas lui poser toutes ces questions ! Hors de question ! Bill lui répondrait alors avec raison « Mais de quoi je me mêle ? ». N'empêche, il était intrigué. Lui si indifférent à tout et à tous en cette période, était intrigué par quelqu'un. Un jeune homme. Bill.

Il prit la note et le stylo que le brun lui tendit et écrivit dessus son adresse complète. Il s'assura que Bill avait bien saisi où se trouvait son quartier ainsi que son immeuble et lui tendit le morceau de papier. Et quand Bill le saisit, leurs doigts se frôlèrent et l'un comme l'autre frissonna. Violemment. Inexplicablement. Tom leva le regard et resta littéralement bloqué par celui de son vis-à-vis. Regard noisette. Profond. Intense. Sans savoir pourquoi, il eut l'impression de manquer d'air. Il entrouvrit les lèvres pour respirer un peu mieux et mordilla l'anneau qu'il avait au labret. Autre de ses particularités. Il vit les yeux de Bill descendre sur cet endroit-là et une fois encore, le brun eut son tic nerveux. Il passa le bout de sa langue sur ses lèvres. Tom était tellement perdu qu'il ne savait s'il fallait s'en offusquer ou bien en rire. La seule chose qu'il savait, c'est que cela ne le laissait pas indifférent. Il ne savait pas quoi, mais il ressentait. Plusieurs sentiments, la peur, l'anxiété, l'amusement, l'envie. L'envie ? L'envie ! Oh là ! C'est à ce moment qu'il paniqua et décida qu'il était temps de partir, et vite. Il bafouilla un vague « Merci, à tout à l'heure, merci beaucoup, hein, bon je dois y aller. Ok, j'y vais, là... » tout en enfilant de nouveau ses habits et sortit rapidement, en courant presque, sous le regard médusé du brun.

***


Il était bientôt 20h. La neige avait commencé à tomber et dans les rues, les passants s'étaient faits déserts. D'ailleurs, tout le monde devait être en train de réveillonner à l'heure qu'il est. En famille. Tom avait changé de vêtements, enfilé un large pantalon de toile noire, ainsi qu'un débardeur de même couleur. Ses longues dreads étaient retenues en lourds chignons sur sa tête. Il faisait bien chaud chez lui, il avait allumé le chauffage. C'était vraiment très agréable. De plus, tout le sol de son appartement était recouvert d'une épaisse moquette couleur chocolat. Encore plus agréable. Il avait fait du vin chaud et la télé ronronnait doucement. Quand il était rentré, il était passé voir sa voisine et avait pu expliquer vite fait aux petites ce qu'il avait trouvé et que bientôt il leur donnerait le cadeau tout prêt. Elles étaient toutes contentes et étaient retournées aider leur maman à préparer le repas de leur réveillon. Elles allaient le passer ensemble toutes les trois, apparemment plus aucune famille n'était dans leur entourage, Tom n'avait jamais su pourquoi. Même le père avait déserté leur vie, malgré le divorce, il n'avait pas tenue sa promesse de venir les voir souvent et s'était exilé on ne sait où, avec une nouvelle femme. Une ordure de plus...

Sa voisine, qui s'appelait en fait Martina, avait insisté pour qu'il reste dîner avec elles, mais il avait catégoriquement refusé. Il les aimait beaucoup, ne voulait pas leur faire de peine, mais noël, ce n'était pas sa tasse de thé, pas du tout. Il allait boire son vin chaud, manger les « trucs biens » qu'il avait choisi et s'affaler devant la télé. Certainement il boirait un peu d'alcool aussi. Et il savait que plus que tout, il allait ressortir son vieil album. Celui que ses grands-parents avaient fait pour lui. Un album avec des photos de lui depuis sa naissance jusqu'à ce qu'il parte de chez eux. Avec tous les moments, tous les événements. Beaucoup d'instants de sa vie avaient été immortalisés, il y en avait beaucoup de ses parents. Son père, sa mère et lui. Avant que...Avant ça...Il ne regardait cet album qu'une fois par an, et c'était toujours le soir de Noël, comme pour se faire mal un peu plus. Comme pour bien appuyer le fait qu'il n'avait plus droit à ce bonheur qu'il voyait photographié. Surtout pour revoir le sourire et les yeux de sa mère. Chaque fois, il regardait la dernière photo d'elle, elle avait posé avec lui debout à côté d'elle, sa taille entourée du bras de sa maman, un immense sourire aux lèvres. Il fixait l'objectif, radieux et elle avait le visage tourné vers lui. On pouvait sentir l'amour dans son regard. C'était toujours la dernière photo qu'il regardait parce que c'était celle qui le faisait pleurer. Il fermait les yeux et sanglotait. Et la voix de sa mère lui revenait, comme un douloureux poignard dans le c½ur « Joyeux noël, mon Tomi, je t'aime... ». Il s'endormait à force de larmes, seul, toujours seul. Il avait refusé de partager son Noël avec ses grands-parents depuis longtemps, d'ailleurs, ceux-ci allaient chaque année le passer chez une de ses tantes. Ils auraient bien voulu le fêter avec lui, mais la décision de Tom était sans appel. Pas de Noël, pas de réveillon, pas de fête, rien. Juste des larmes et des souvenirs ressassés. Son moment à lui, son chagrin à lui, sa torture à lui.

Le blond jeta un ½il sur l'horloge accrochée au mur et se dit que Bill ne devait normalement plus tarder et fut étonné de ressentir de l'empressement. Il s'assit à même le sol, le dos collé au canapé et posa son verre de vin sur la table basse. Il grogna quand il vit à la télé des petits oursons animés entonner des chants de noël en se dandinant :

-Oh putain, y a pas autre chose ?

Il eut beau zapper, tout le monde était contre lui. Toutes les chaînes étaient d'humeur « Noëlienne », cantiques, histoires, tout tournait autour de ça. Normal, quoi. Il se résolut donc à remettre les oursons. Au moins ça avait le mérite d'être moins ridicule et moyennement rigolo et il n'était pas d'humeur à écouter une histoire où « le petit garçon qui se réveille le lendemain, saute dans les bras de ses parents en souriant et en les embrassant parce qu'il voit tous les joujoux que Petit Papa Noël a apporté ». Oh que non, il ne mettra pas ça. Manquerait plus que ça...Et puis quoi encore ? Enfiler un bonnet et distribuer du lait de poule dans la rue déguisé en lutin ? N'importe quoi...

Voilà tout ce qui lui passait par la tête en ce moment. Soudain, on sonna à la porte. Tom se leva d'un bond et se calma quand il se rendit compte qu'il se précipitait plus qu'il ne marchait vers la porte. Et quand il ouvrit, il manqua tomber à la renverse, de surprise. C'était bien Bill, mais cette fois, il était déguisé en...Père Noël ! Costume rouge et blanc, bonnet, bottes, même la barbe blanche y était. Seuls détails remarquables, ses longs cheveux noirs bien lissés, tombant sur ses épaules, et ses yeux. Ses yeux noisette, brillants, pétillants, souriants. Il fit un grand sourire à Tom et prit une grosse voix grave, contrastant avec sa silhouette :

-Oh oh oh ! Quelqu'un ici a commandé quelque chose ! Je suis en avance, mais c'est pour la bonne cause !

Tom le regarda un instant interloqué et sembla réaliser que son silence était un peu...malpoli. Il ouvrit un peu plus la porte et s'effaça pour le laisser entrer. Son visage s'était un peu refermé et Bill en fut gêné. Il entra donc et attendit, au milieu du salon, que le blond referma la porte et le rejoigne. Il dit alors, d'un ton qui semblait s'excuser :

-Je...je me suis dit que...c'était de circonstance...

Le blond fit un geste de la main, semblant dire « c'est pas grave » mais fut lui-même étonné de s'entendre répondre :

-C'est rien. Excusez mon manque d'enthousiasme, mais...j'aime pas Noël.

-Oh !

Pendant de longues secondes embarrassantes, ils ne dirent plus rien. Le brun était affreusement gêné et se sentait stupide et Tom se sentait rustre. Après tout, Bill n'était pas censé savoir qu'il détestait cet évènement, il se fit donc plus détendu :

-Mais...j'apprécie l'attention. En fait, le costume vous va plutôt bien !

Pourquoi disait-il ça ? Il n'en savait fichtre rien, en tout cas ça eut le mérite de détendre l'atmosphère puisque Bill reprit son sourire resplendissant, la pièce sembla en être éclairée davantage. Il avait emmené un sac qui avait l'air d'être plein, d'où il sortit le petit paquet qu'il avait emballé d'un papier rouge et doré. Il le tendit à Tom :

-Je l'ai emballé, hein, vous n'allez pas pouvoir voir la gravure jusqu'à ce qu'elle le déballe. J'ai hésité, mais bon, sinon il aurait fallu que j'emmène tout le matériel. Pas que ça prenne beaucoup de temps de faire l'emballage, mais je crois que les petites ont assez attendu, non ?

-Oh, y a pas de problème pour ça, de toute façon, une gravure c'est une gravure, du moment que ça plait à leur maman. Et je suis sûr que vous avez fait ça très bien !

Le sourire s'accentua. Décidément, c'était bien quand il souriait. Et Tom eut envie de le voir sourire encore. Il eut soudain une idée :

-Dites, ça me fait penser à un truc ! Pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi chez ma voisine, vous livreriez directement le cadeau déguisé comme cela, ça ferait une chouette surprise ! Je suis sûr que les petites en seraient ravies !

Le brun opina de la tête et lança joyeusement :

-Super idée ! Enfin, si vous êtes sûr que ça ne va pas les déranger, faisons cela alors !

Ils allèrent donc chez la voisine, sonnèrent et attendirent. Tom était très étonné de se sentir quelque peu...excité de voir la surprise et le contentement dans les yeux des deux fillettes. Mindy, la plus petite, celle qui avait 6 ans, ouvrit la porte et resta sans rien dire, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte. Tom sourit et Bill reprit sa grosse voix :

-Oh oh oh ! J'ai des cadeaux à livrer ici ! C'est bien chez Laura, Mindy et Martina Bauer ?

Tom en fut étonné. Il avait bien donné les prénoms mais comment Bill avait pu deviner leur nom de famille ? Il demandera plus tard. Pour l'instant, il regarda la petite hocher vigoureusement la tête et entendit la maman demander du fond :

[OS DE NOËL] - Santa klaus is coming to town... (2/2) 25/02/2009

-Mindy ! Mindy, qui est-ce ?

La petite s'écria, semblant enfin sortir de sa surprise :

-C'est Tom, maman ! Tom est là, avec le Père Noël ! Viens voir Laura ! Viens, maman, viens !

Une autre petite fille accourut aussitôt et battit des mains quand elle vit Tom accompagné du personnage historiquement célèbre. La maman arriva peu après, poussant les roues d'un imposant fauteuil, le faisant rouler jusque la porte. Elle fit un grand sourire et les invita à entrer. Pendant que Bill répondait du mieux qu'il pouvait à la petite Mindy, la plus grande ne croyant déjà plus au Père Noël, Tom expliqua vite fait qu'il s'agissait là d'une surprise. Une surprise venant de ses filles. La mère se mordit un peu la lèvre et ses yeux s'emburent. Ils se réunirent tous autour du Père Noël qui tira de son sac le petit paquet rouge et doré qu'il tendit à la maman :

-Joyeux noël, madame Bauer ! Vous avez été sage cette année, on dirait !

Elle prit le petit paquet d'une main tremblante et l'ouvrit sous le regard anxieux et excité de ses deux filles. Elle leva la chaîne à hauteur de son visage et lut les inscriptions qu'il y avait. Les quelques minutes suivantes passèrent dans un concert de câlins et d'embrassades. Et contre toute attente, Bill dit alors :

-Mais il n'y a pas que votre maman qui a été sage, j'ai là quelque chose pour une certaine Mindy et une certaine Laura !

Tom eut un sursaut de surprise et ce fut son tour d'ouvrir grand les yeux. Qu'est-ce que Bill avait prévu ? Les deux fillettes se rapprochèrent de lui et se virent remettre deux boîtes multicolores. Une fois débouchées, le contenu se trouva être une jolie poupée pour Mindy avec quelques accessoires, et un jeu de perles pour Laura. Autre tournée de câlins et d'embrassades. Tom était très étonné, il n'avait rien demandé, comment Bill avait eu cette idée ? En tout cas, ça plaisait fortement à toute la petite famille, et pour la première fois depuis très longtemps, Tom ressentit une espèce de gratitude pour ce brun si gentil et...de la joie pour les trois heureuses. Oui, elles le méritaient vraiment. Martina offrit aux deux jeunes hommes un verre de vin chaud dans des verres dont le bord avait recouvert de sucre et de sirop, donnant l'impression qu'un peu de glace colorée s'était déposée tout autour et après avoir bu et discuté un peu, ils se séparèrent et reprirent le chemin de l'appartement du blond. Quand ils entrèrent, Tom nota immédiatement la différence. Son appartement, bien qu'il l'aimait tel quel, paraissait triste, sans vie et sans chaleur par rapport à celui de Martina. Il n'y avait aucune décoration de noël, aucune lumière clignotante, aucun fumet s'échappant de la cuisine, annonciateur d'un repas festif. Et pour la toute première fois, Tom en fut un peu attristé. Il entendit le brun prendre la parole :

-Je pense que la maman a dû prévoir des cadeaux pour ses filles, mais j'avais envie que ça soit un peu plus...spécial. Parce que c'est spécial, noël, non ?

Oh oui, pour Tom, c'était plus que spécial, mais certainement pas de la façon que Bill imaginait. Il se contenta néanmoins d'hocher la tête et remercia le brun pour sa délicate attention. Quand il parla de remboursement, Bill protesta vigoureusement :

-Non, Tom, non ! C'était mon idée ! Et puis, ça me fait plaisir ! Nous avons des tas de choses à la boutique, ça ne manquera pas ! Ne vous en faites pas, c'est rien, c'est rien du tout ! Elles ont été contentes, c'est tout ce qui compte.

Quel énergumène ce Bill ! Gentil, prévenant, adorable...et beau...oui, vraiment beau. A cette pensée, le c½ur de Tom battit un peu plus fort. Depuis quand est-ce qu'il trouvait un garçon beau ? Beau comme...beau au point que ça soit troublant ? Qu'est-ce que c'était que cette soirée ? Qu'est-ce que c'était que cette rencontre ? Il n'en savait rien, il savait juste qu'il ne voulait pas que le brun ne parte déjà. Il regarda Bill dans les yeux et dit doucement :

-J'ai fait du vin chaud aussi. Vous en prenez un verre avec moi ? A moins que vous ne soyez attendu...

Bill fit cette fois un tout petit sourire et dit simplement :

-J'en prendrai volontiers un peu. Je ne suis attendu nulle part...

Tom fit un large sourire, chose improbable en cette période et prit la direction de la cuisine en lançant :

-Ok, je vais chercher tout ça. Mettez-vous à l'aise, Bill !

Et là, ce fut le brun qui fut étonné, c'était la première fois qu'il entendait le blond prononcer son prénom, il ne le lui avait pas donné, à aucun moment, il avait oublié que Tom avait pu entendre son prénom quand la jeune fille, qui était en fait sa cousine, était entrée dans la boutique, à la recherche de son écharpe. Il ne put poser aucune question, Tom avait déjà disparu dans la cuisine. Bill se débarrassa enfin de son bonnet, de sa barbe qui commençait à le gratter un peu et entreprit de déboutonner l'épaisse veste. Il faisait vraiment très bon dans l'appartement de Tom. Ce dernier revint, deux verres à la main :

-Voilà, j'espère qu'il est bon, vous savez, je suis pas très doué en cuisine, hein, mais au moins ça continuera de nous réchauffer.

Et remarquant que Bill s'était un peu dévêtu il ajouta :

-Oh, vous avez enlevé votre barbe et votre veste ? Vous avez bien fait !

Bill prit le verre en le remerciant et dit alors :

-Écoute, je crois qu'on doit avoir le même âge, non ? Et si on se tutoyait ?

Le blond fut enthousiaste :

-Ok, t'as bien raison ! Moi ça me gêne pas. Alors...on trinque ?

-On trinque ! A quoi ?

Tom réfléchit quelques secondes. C'est vrai, à quoi ? Il dit la première chose qui lui passa à l'esprit, surpris une fois de plus de s'entendre répondre :

-Bin...à Noël, alors !

Bill cogna doucement son verre contre celui de son nouvel ami et dit :

-A Noël ! A Noël et ...à notre rencontre !

Ils burent en silence pendant un instant. Tom le regardait et sentait dans son ventre une espèce de chaleur. Il ne chercha même pas à savoir ce que c'était, il avait arrêté de se poser la question sur ce que lui inspirait le brun depuis qu'il était entré chez lui, la première fois. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il se sentait bien en sa compagnie et il aurait voulu que ça dure. Ils étaient assis dans le canapé de Tom et appréciaient le breuvage chaud que le blond avait finalement réussi. Ce dernier prit alors la parole :

-Tu...fêtes pas le réveillon ?

Le brun eut de nouveau son regard un peu triste. Il secoua lentement la tête :

-Non. Et toi ?

-Moi non plus. Donc, tu es attendu nulle part ?

-Non plus, non.

Tom hésita un instant et se lança :

-Tu...tu veux rester ?

Ça aurait pu être une question qu'il aurait pu se poser...Pourquoi invitait-il un jeune homme encore totalement inconnu à « réveillonner » chez lui, avec lui ? Lui qui détestait tant ce soir-là, cette fête-là ? Mais il avait décidé qu'il ferait les choses une par une, au feeling, sur l'instant. Leb die sekunde...

A sa question, Bill leva la tête pour le regarder en souriant et répondit simplement :

-Si je te dérange pas, je veux bien rester.

-Tu me déranges pas. C'est cool que tu restes...

Super dialogue, très recherché, très profond ! Mais largement suffisant pour eux. Le brun rompit le silence pour demander :

-Dis, ça t'embête si j'enlève mes bottes, fait vraiment chaud chez toi, c'est bien !

-Non, vas-y, je te l'ai dit, mets-toi à l'aise !

Bill alla déposer ses bottes devant la porte d'entrée et se retourna en rigolant un peu :

-Si t'avais une cheminée, je les aurai déposées devant, j'aurai peut-être eu un cadeau...

Il regretta immédiatement sa parole, le visage du blond s'était rembrunit. Il l'entendit marmonner :

-J'en ai pas. Et tant mieux. De toute façon, le Père Noël n'existe pas, alors...

Bill revint s'assoir à côté et se mordit l'intérieur de la joue, hésitant à dire ce qu'il demanda finalement, mettant le plus de douceur dans sa voix, sachant déjà que le sujet devait être douloureux pour provoquer une réaction comme ça chaque fois qu'ils abordaient le sujet :

-Et...pourquoi tu n'aimes pas Noël ?

Sans le regarder et sans se rendre compte qu'il en parlait pour la première fois à quelqu'un qui n'était pas de sa famille, Tom s'entendit répondre :

-Parce que j'ai perdu ma mère ce soir-là. J'avais 8 ans...

Bill eut un sursaut étonné et posa sa main sur la cuisse de Tom. Il dit doucement :

-Je...je suis désolé...Vraiment. Je voulais pas réveiller...

-Tu pouvais pas savoir. Ça va maintenant. Enfin, je crois.

-Sauf que tu t'es mis à haïr Noël depuis...

Tom leva la tête et le regarda droit dans les yeux. Un éclair passa dans son regard, faisant frémir le brun. Il leva un peu la voix pour répondre :

-Comment ne le pourrais-je pas ? Comment, dis-moi ? Putain, oui je déteste ça !

Il se leva et commença à marcher de longs en larges, faisant de grands gestes avec les bras, parlant plus pour lui-même que pour Bill, qui le regardait, un peu apeuré par cette colère qui grandissait et le c½ur serré de le voir si...malheureux :

-Putain, oui, je déteste Noël et tout ce qui va avec ! Les gens sont...heureux ? Tant mieux pour eux ! Ils offrent et reçoivent des cadeaux ? Cool, super ! Moi, à 8 ans, j'ai eu les deux ! J'ai reçu les cadeaux que j'avais « commandé », j'ai offert ceux que je pouvais pour mon âge et par-dessus tout, j'ai eu un bonus ! Un putain de cadeau de ce putain de Père Noël : la mort de ma mère ! Voilà ! Alors pourquoi je foutrais des décos dans mon apparte, hein ? Pourquoi je sourirais bêtement toute la soirée avec un chapeau pointu sur la tête en beuglant à tue-tête « joyeux noël, tout le monde » ? Pourquoi, dis-moi ? Noël a pris ma mère...Noël a pris ma mère et ne me l'a jamais rendue...

Il ne vit pas le brun se lever et se diriger vers lui à grands pas pour stopper ses gestes et...l'attirer contre lui, le serrant fort, le berçant doucement en lui murmurant des paroles de réconfort. Il ne s'aperçût pas qu'il s'était mis à pleurer...Il pleurait, la tête enfouie dans le cou de ce jeune homme qu'il venait de connaître, il laissait s'écouler des années de douleur, de rancune et de questions sans réponses. Et Bill, le sentant trembler, resserra son étreinte :

-Je sais pas Tom, je sais pas...Je sais pas pourquoi ça arrive à certains plutôt qu'à d'autres. Je sais juste que les épreuves sont là pour nous rendre plus forts...

Il s'interrompit un instant, continuant de le serrer et reprit plus bas :

-Vas-y, laisses sortir tout ça...

Et Tom pleurait encore plus et s'accrochait désespérément à Bill, une main passé dans son dos, l'autre crispé sur le devant de son tee-shirt. L'odeur du brun lui arrivait aux narines, emplissant tout son être, le bouleversant un peu plus. Il sentait dans son dos des caresses circulaires, comme on console un enfant d'un trop plein de chagrin. Et c'est exactement comme cela que Tom se sentait en ce moment, un enfant. L'enfant de 8 ans qu'il avait été avait refait surface pour enfin laisser éclater la douleur trop longtemps refusée au profit d'une ranc½ur destructrice et fatigante. Parce que oui, Tom aujourd'hui, fatiguait. Il était fatigué d'haïr, haïr qui, hein ? Et pourquoi ? Le « putain de Père Noël » ? C'est cela, oui...L'enfant qu'il était s'était évertué, et on peut le comprendre, à détester le bonheur des gens parce que lui l'avait perdu justement ce soir-là. L'homme qu'il est devenu à tout simplement continué de le faire. Par habitude, parce que c'était plus facile comme ça, parce qu'il n'avait jamais eu personne dans son entourage de suffisamment persuasif pour lui dire que « la vie continue », il n'avait pas encore eu de Bill...Le même qui était, sans le savoir, en train de le sauver. Le sauver d'un passé trop lourd, trop encombrant, trop douloureux...Le sauver de lui-même...

Ils restèrent enlacés un bon moment, Bill laissait Tom déverser des années de chagrin. Il lui murmurait toujours des mots pleins de réconfort et de gentillesse, des mots de compassion et de soutien. Et peu à peu, avec tous ces mots et la main qui cajolait son dos, ses larmes se calmèrent jusqu'à devenir longs soupirs et reniflements. Il se détacha enfin et s'essuya les yeux en disant, d'une voix enrouée :

-Désolé. Je...je voulais pas t'embêter avec ça.

Et c'est seulement là qu'il remarqua que le noir du brun avait coulé, sillonnant ses joues en deux traînées noirâtres. Bill aussi avait pleuré. Il répondit quand même, espérant que Tom n'avait pas remarqué :

-Tu ne m'embêtes pas. Je comprends très bien.

Tom s'essuyait les yeux, passant le bas de sa manche pour mieux éponger et dit :

-Merci, Bill. Mais je ne crois pas, non...Tu ne peux pas comprendre...

Ils se jaugèrent un instant et Bill reprit la parole :

-Si je le peux.

Tom insista, un air buté sur le visage :

-Non, je suis sûr que non. Parce qu'en plus, il n'y a pas eu que ça. Ce fut le début de la fin pour moi. Une fois morte, mon père est devenu alcoolique, il était tellement malheureux. J'ai donc été élevé par mes grands-parents paternels, les parents de ma mère étaient déjà morts. Alors au final, ce soir-là, c'est comme si j'ai perdu mes deux parents. Ma mère en premier, et mon père par déduction. Tu peux imaginer peut-être, mais comprendre sûrement pas.

Il finit son monologue et se tourna vers Bill. Il s'affola un peu quand il le vit blêmir :

-Bill ? Bill ! Ça va ?

Le brun hocha lentement la tête et prit à son tour la parole d'une voix serrée :

-Je...oui, ça va...mais...Tom, je...si, je t'assure, je peux te comprendre...Parce que...parce que, Tom...j'ai...j'ai la même histoire que toi !

Tom eut réellement l'impression d'entendre sa mâchoire se décrocher et tomber plusieurs étages plus bas. Bill ? La même histoire que lui ? C'était une blague ou quoi ? Il s'entendit bégayer :

-Quoi ? Tu...toi...toi...aussi ?

Incapable de répondre, Bill hocha la tête vigoureusement. Tom reprit sur le même ton :

-Les...les deux ?

Nouvel hochement de tête. Et Bill précisa même :

-Ma mère est morte, le soir de noël aussi. Et mon père...comme le tien...moi j'ai été élevé par mes grands parents maternels. J'avais 8 ans aussi.

Tom attrapa le poignet du brun et l'attira brusquement contre son torse. Tout ce qu'il pût dire c'est :

-Oh !

Et pendant un long moment, plus personne ne parla. Coïncidence ? Hasard ? Destin ? Providence ?Plan Divin ? Certainement tout cela à la fois. Points communs troublants pour ces deux jeunes hommes à la même histoire.

Le dreadé recula un peu et se sentit tout bête en s'entendant parler :

-Merde alors ! Bin ça ! Tout pareil ! C'est...c'est fou !

Bill fit un petit sourire. Il inspira un grand coup et le blond demanda, intrigué :

-Mais...mais comment tu...?

Il n'osait pas finir, mais Bill semblait savoir de quoi il parlait. « Comment tu as pu t'en sortir ? » Il sourit un peu plus et répondit à la question qui avait été à peine posée :

-Ça a été dur, très dur. Pendant un bon moment. Et j'ai décidé qu'il fallait changer tout ça. Mes grands-parents m'y ont aidé aussi, ce sont des gens formidables. Un jour, ils m'ont rappelé que ma mère aimait cette période plus que tout, et ils m'ont dit que de là où elle était, elle serait très triste de me voir si malheureux en cette période qu'elle chérissait tant. Elle n'aurait pas voulu me voir passer à côté de toute cette magie qui est dans l'air pendant cette fête particulière. Et j'ai compris. J'ai compris que haïr ne la ferait pas revenir. Alors j'ai décidé de vivre, pleinement, pour elle, pour mon père aussi. C'est ce qu'elle aurait voulu, me voir heureux et souriant au lieu d'être amer, aigri et rancunier. Ça a tout changé. Tout...

Tom eut l'impression de recevoir une gifle. Un gros coup de poing en pleine poitrine, un seau d'eau glacée lancé en pleine face, un choc terrible. Ce que Bill lui disait, c'était tellement simple, tellement évident, tellement normal...Peut-être qu'il avait entendu cela auparavant, mais ça n'avait pas eu le même sens que maintenant, le même impact, la même force et la même intensité que maintenant. Là, ça avait l'air tellement...vrai ! Ça venait de quelqu'un qui comprenait parce qu'il l'avait vécu, comme lui, au même âge, de la même façon. La même peine, la même douleur, la même haine. Sauf que Bill avait agi plus intelligemment. Il avait enfourné tous ces sentiments négatifs dans un grand sac bien ficelé et l'a jeté bien loin, dans la mer, aux requins, tiens. Il s'en était débarrassé. Et c'était plutôt réussi, Bill était quelqu'un de gentil, de souriant, de serein, d'attentionné, de...resplendissant. Oui, voilà, c'était ça, il resplendissait. Un jeune homme accompli. Bien dans sa peau.

Si seulement Tom avait su faire pareil...que d'années en moins il aurait gâché ! Il eut honte, d'un coup, de là où elle était, sa mère ne devait pas être trop fier de lui ! Bill sembla deviner ses pensées parce qu'il lui prit la main et dit :

-Il est pas trop tard pour bien faire, Tom. J'ai vu un peu comment tu étais, tu es quelqu'un de bien, je suis sûr que ta mère serait fière. Juste...honore sa mémoire en profitant de cette période, comme elle le faisait, comme vous le faisiez. Elle sera encore plus fière !

Nouvelle étreinte. Encore plus resserrée. Ils étaient toujours debout au milieu du salon, enlacés dans la chaleur de l'autre, et Tom se sentit enfin apaisé. Grâce à Bill. Ce dernier sentait surtout la force de l'étreinte. Les bras passés autour de lui étaient forts et rassurants. Tom sentait bon, une odeur virile, une odeur boisée. Il avait le nez plongé dans son cou et l'odeur de sa peau l'enivrait. Et doucement, il prit conscience du c½ur qui battait contre le sien. Comme le sien, au même rythme, à la même vitesse. Était-ce possible que le blond soit au moins aussi troublé que lui ? Apparemment.

Il releva lentement la tête et plongea ses yeux dans ceux de Tom. Leurs visages étaient tout proches, leur souffle brûlait la peau de l'autre et se mélangeait. Les yeux reflétaient la même envie, se renvoyait la même intensité. Sans réfléchir davantage, Tom glissa lentement sa main vers le haut du dos de Bill, jusqu'à arriver sur sa nuque et fit pression dessus pour amener la tête brune encore plus près. Il pencha légèrement la tête, entrouvrit la bouche et ferma les yeux au moment où sa bouche rencontra celle de Bill. Moment intense. Et violents frissons.

Le baiser resta d'abord léger, en surface, les lèvres se caressant, se pinçant un peu, jouant entre elles, se goûtant, s'appréciant. Puis, il se fit un peu plus audacieux, les langues entrèrent en scène, se mêlant à la danse dans un ballet un peu fou. Danse sensuelle. Et autres violents frissons. Tom resserra ses doigts sur la nuque qu'il caressait, se délectant de la douceur du grain de peau. Et Bill colla un peu plus son corps contre celui du blond. Il avait noué ses bras autour du cou du dreadé et caressa lentement la nuque dégagée, lui aussi. Il appréciait sentir Tom passer ses doigts dans ses cheveux, massant son cuir chevelu et redescendre un peu frôler sa nuque. C'était...agréable. Non, bon. Non, enivrant. Voilà, c'était totalement et définitivement enivrant. Et pourtant, c'était si peu. Si peu et tellement pour eux, à la fois...

Les bouches se décollèrent et leurs fronts se rencontrèrent, faisant aussi se frotter leurs nez l'un contre l'autre dans un geste affectif. Tom, les yeux toujours fermés dit tout bas :

-Je...j'ai jamais...tu sais...avec un garçon...

Bill répondit sur le même ton :

-Je peux t'apprendre. Je t'apprendrai...

Il déposa un baiser léger sur la bouche dont il ne pouvait déjà plus se passer et continua :

-Parce que...

Autre baiser léger :

-J'ai un cadeau pour toi aussi, Tom...

Autre baiser un peu plus appuyé et une question posée d'une voix hésitante :

-Ah ? Et c'est ?

Énième baiser terminé par le bout d'une langue qui lèche la lèvre inférieure du blond :

-Ton cadeau c'est...

Énième arrêt, baiser profond, fougueux, passionné mais vite cassé par un murmure soufflé :

-Ton cadeau, c'est moi...Joyeux Noël, Tom...

Leurs bouches se lièrent de nouveau, faisant tourner leur tête et cogner leur coeur. Peu importait qu'ils fûssent deux garçons, peu importait que Tom n'avait jamais fait cela, peu importait l'incongruité de la situation. Ils s'étaient rencontrés il y a à peine quelques heures et ils s'embrassaient déjà. Et semblaient sur le point de faire même plus. Parce que ça allait être invétable, la suite logique et évidente. Bill et Tom. Tom et Bill. L'un étant la réponse de l'autre, l'apaisement de l'autre et l'autre étant le nouveau bonheur de l'un. Et certainement ils étaient le coup de foudre de l'un et l'autre. Parce que c'est ce que Tom comprit, quand il s'arrêta pour emmener Bill dans sa chambre, sans un mot. Il avait eu un coup de foudre puissant. Quand il avait poussé la porte de cette boutique et qu'il avait croisé le regard pétillant de la personne qu'il prit pour une fille au départ, il en était déjà amoureux. Et quand il comprit que la fille était plutôt un mec, ça n'avait rien changé. Bill était plus qu'un mec, ou une fille, non, c'était une personne. Et quand Tom croisa son sourire éblouissant, c'était foutu...et le reste prouvait que Bill avait raison, il était bel et bien son cadeau de Noël, le plus beau qu'il ait jamais eu depuis longtemps parce que c'était celui qui le réconciliait avec lui-même et avec la vie. Bill et son histoire, Bill et son passé si similaire au sien, Bill et son expérience l'aidant à se relever. Bill et ses yeux...Bill et ses mains...Bill et son corps tout entier...C'est tout ce dont il fût conscient quand il recouvrit le corps du brun encore habillé, du sien.

Ce qu'il s'est passé à partir de là ? Allons, voyons, c'est vraiment une question ? Vous ne vous en doutez pas ? Et bien, en quelques mots, hésitation, peur, désir, envie, nudité, baisers, caresses, gémissements, halètements, doux murmures, regards profonds exprimant la passion, sueur, accoups réguliers et particulièrement enivrants, cris d'extase exprimant un immense plaisir dévastateur et mutuel. Voilà, vous situez un peu mieux ? Vous comprenez maintenant ? Les détails ne nous regardent pas. On en sait déjà bien assez.

On peut juste regarder la scène d'un oeil bienveillant. Oui, regardez donc dans la chambre. Un pantalon rouge et blanc traîne par terre, jeté à la va-vite, un peu plus loin un pantalon de toile noire, sur la chaise de bureau un débardeur noir et près de la fenêtre, un tee-shirt blanc. Les chaussettes sont presque sous le lit, une pend lamentablement sur la lampe de chevet, une autre est perdue quelque part dans les draps. Et les boxers ? Ne cherchez pas celui de Bill, il n'en portait pas. Celui de Tom ? Par terre presque sous l'armoire. Maintenant voyez ces deux corps nus enlacés, endormis. Tom sur le dos, sa tête reposant sur celle de Bill posée dans le creux de son épaule, le nez dans son cou, les mains entrelacées et les jambes enchevetrées. Et notez la sérénité sur leur visage. Surtout sur celui de Tom. Oui, je vous vois encore sourire, il est encore plus beau comme ça, hein ? Je sais, je trouve aussi. C'est parce qu'il est apaisé. Apaisé et heureux. Enfin...


Epilogue


Même paysage blanc, retour à la maison. La cheminée fume toujours. Le même vieil homme, que nous connaissons s'appeler Nicolas, maintenant, descend de son traîneau et s'étire longuement. La nuit a été longue et très fatiguante. Il a fallut faire vite, être discret, rusant pour ne pas se faire attraper par ces petits garnements de plus en plus effrontés chaque année. Mais le vieil homme sourit, cette fois encore, il a réussi. Il réussira encore. Il réussit toujours.
Il prend l'attelage de rêne et appelle à voix haute :

-Anaël ! Anaël ! Obéron ! Mavigoy ! Venez prendre les rênes, s'il vous plait !

A ces mots, sortant presque de nulle part, trois petits lutins vêtus de vert et de rouge accourent, riant et se bousculant joyeusement. L'un s'empare de la corde qui retient les animaux, l'autre détache le lien qui retient le traîneau aux rênes, le dernier prend des nouvelles :

-Alors, ça s'est bien passé ? Les enfants ont été contents ? Personne n'a été oublié ? Vous avez failli vous faire surpendre ?

Le barbu leva les mains en rigolant :

-Calmes-toi Anaël, calmes-toi donc un peu ! Toutes ces questions à la fois ! Alors, oui, cette année encore ça s'est bien passé, très bien passé même. Tout le monde a eu ce qu'il méritait, les enfants seront très contents demain matin. Ils sont de plus en plus malins, j'ai bien failli me faire attraper quelques fois mais dans l'ensemble tout s'est bien déroulé.

-Tant mieux ! Nous allons rentrer les rênes, maintenant. De notre côté, rien à signaler, la fabrique est un peu plus calme maintenant. Et le mois prochain, on reprendra la fabrication des jouets. Bon, Obéron, Mavigoy, dépêchons-nous, nous sommes attendus chez maman !

Et se tournant vers le vieil homme :

-Vous la connaissez, hein, si on la fait trop attendre...Je préfère même pas me rappeler ce qu'on a subit l'année dernière...Brrr !!!

Il prit une expression horrifiée et fit semblant de frissonner violemment, ce qui fit rire le vieux barbu. Un grand éclat de rire grave, chaleureux. Il se tenait le ventre qu'il avait imposant de ses deux mains. Les autres lutins aussi éclatèrent de rire. C'était toujours comme ça entre eux.

Ils se saluèrent et chacun repartit à ses occupations. Le vieil homme passa le pas de sa porte et eut un sourire attendri pour la femme qui tricotait, assise dans un fauteuil à bascule mais qui leva le regard vers lui et se leva immédiatement pour venir à sa rencontre en souriant aussi. Il ota son manteau rouge et blanc et l'accrocha dans l'entrée, sur le rigolo porte-manteaux qui était en fait une fausse tête de cerf. Sa compagne s'approcha de lui et il prit ses mains dans les siennes, elle demanda :

-Alors ? Cela s'est bien passé ? Tu dois être fatigué !

-Un peu mais tout s'est bien passé, oui. C'est le genre de fatigue que j'aime avoir.

-J'ai fait du chocolat chaud, encore. Je t'attendais.

Il déposa un baiser sur son front :

-C'est une délicate attention...allons donc le boire !

La femme se retourna et partit en direction de la cuisine d'où elle revint avec le même petit plateau, avec les deux mêmes tasses fumantes, embaumant délicieusement la pièce d'un arôme savoureux mais elle avait posé dessus aussi une assiette de cookies au chocolat. Les préférés de Nicolas...
Ils s'assirent tous deux devant la cheminée et burent quelques instants en silence. On entendait de temps en temps le croustillant des gâteaux et le bois de la cheminée qui craquait en brûlant. La compagne du barbu avait mis une douce musique et on entendait une voix grave chanter, avec un arrière bruit de cloches dans la chanson :

« Oh, you better watch out
You better not cry
Better not pout
I'm telling you why
Santa Klaus is coming to town... »

http://fr.youtube.com/watch?v=FcJeOCSEYy4&feature=related



Le vieux barbu souriait doucement, les yeux plongés dans le feu crépitant, perdu dans ses pensées. Sa femme sembla se rappeler soudain de quelque chose, elle l'interrogea doucement :

-Oh ! Au fait ! Et pour ce fameux Tom ? Tu lui as trouvé le cadeau idéal ?

Le vieil homme hocha la tête plusieurs fois, son sourire s'accentuant :

-Hum hum...

Sa compagne reprit, intriguée :

-C'est vrai ? Cette année tu as enfin trouvé ? Alors ? Ca lui fera plaisir tu penses ? Qu'est-ce que c'est ?

Le vieil homme tourna la tête vers elle, le regard pénétrant, le sourire mystérieux et dit :

-Oh oui il va aimer. Je lui ai offert les meilleurs choses qui soient. Je lui ai offert...L'amour et la paix...


***


*Un an plus tard, un certain 24 décembre...*

Deux corps enlacés devant un sapin magnifiquement décoré. Un jeune homme blond qui tient une branche de gui sur leurs deux têtes rapprochées et le baiser passionné et interminable qui va avec. Vous les reconnaissez ? Oui, c'est bien eux, c'est bien Bill et Tom. Vous avez vu ? Ils sont toujours ensembles. Et vous avez remarqué ? L'appartement de Tom est décoré. Pleins de décorations, des boules multicolores, des guirlandes scintillantes et lumineuses, des petits objets de toutes sortes partout dans la pièce, un sapin gigantesque présidé par une étoile dorée supposée montrer le chemin. Il y a même une crêche au pied du sapin. Incroyable, hein ? Et pourtant...

Depuis Noël dernier, Bill a beaucoup revu Tom et c'est sans surprise qu'ils ont aménagés ensemble assez rapidement. Trop passionnés. Trop sûrs d'être faits l'un pour l'autre. Et ils ont eu raison, Tom n'a jamais été aussi heureux et a appris à faire disparaître son mal-être grâce à Bill. Bill et sa patience, Bill et son amour, Bill et son soutien...Et comme ils ont la même histoire, Tom est le réconfort quotidien du brun. Et aujourd'hui, consécration suprême, ils fêtent Noël !

Bill leve la tête et renifle un peu :

-Tom, tu trouves pas que ça sent bizarre ?

Le blond renifla un peu et court affolé dans la cuisine en criant :

-Merde ! La dinde ! Oh bon sang !

Le brun éclate de rire en terminant d'accrocher deux chaussettes de Noël rouges et dorées sur le bois du meuble de salon, avec des punaises. Il recule pour admirer son travail et ses yeux font le tour de la pièce. Oui, ça sent bien Noël...Tom a vraiment beaucoup changé !

Bill sent deux bras l'enlacer par-derrière, un baiser déposé dans son cou et une voix dire près de son oreille :

-C'est joli, t'as vu ? J'ai bien changé, hein ?

Le brun caresse le bras qui l'enserre et sourit doucement :

-Je me faisais exactement la même réflexion ! Oui, tu as changé, tu étais déjà bien, Tom, tu es juste devenu meilleur...Je suis impressionné par l'homme que tu es devenu, un homme encore plus merveilleux !

-Tout ça c'est grâce à toi ! Tu m'as fait et me fais toujours un tel bien ! Tu es la meilleure chose qui ait pu m'arriver depuis toujours !

Il retourne Bill et le serre contre lui avant de s'emparer fougueusement de sa bouche pour exprimer à quel point il l'aime, ce brun, et à quel point il lui est reconnaissant. Il le sera toujours.

La soirée s'annonce prometteuse, Martina et ses filles doivent bientôt les rejoindre pour le dîner. Bill a prévu de se déguiser en Père Noël, dans la soirée, moment symbolique. Les paquets cadeaux sont sous le sapin, le vin chaud et prêt, il y a même du lait de poule, plein de bonnes choses à manger et Bill, fin cordon-bleu, a même fait une bûche pour le dessert ! La musique est douce, ce sont des cantiques de Noël.

Ils terminent de se préparer et de tout vérifier, s'arrêtant souvent pour se dévorer la bouche et se caresser le corps, s'échauffant mutuellement. Ils s'aiment et se le disent souvent.

Et vous savez quoi ? Tom s'est acheté un bonnet de lutin, vert et rouge, bonnet qu'il porte en ce moment ! Oui ! Tom, Tom Kaulitz lui-même ! Assez étonnant, hein ? Je trouve aussi...D'ailleurs écoutez-les se dire entre deux baisers :

-Je t'aime, Bill Trümper...Tu es l'amour de ma vie, tu es mon Miracle de Noël...

-Tu es le mien, Tom Kaulitz. Et moi aussi je t'aime, plus que ça, même, plus que tout...pour toujours...pour l'Eternité, et même pour ce qu'il y aura après...

Tous ces changements, tous ces souvenirs, ils les chérissent. Parce que finalement ils ont eu l'occasion de goûter à la magie de Noël, celle qui a changé leur vie, celle qui l'a rendue plus belle. Parce qu'ils ont tous les deux décidé qu'il était enfin temps de fêter Noël comme leurs mamans l'auraient souhaité...

FIN

In die nacht 25/03/2009

Eh oui ! Moi aussi ! Je me suis dit "Pourquoi j'aurais pas moi aussi un truc qui s'appelle comme ça ? Tout le monde en a fait, d'OS ou de fic, qui s'appelle comme ça, moi aussi je veux le mien !" Donc voilà, je me suis fait plaisir et je me suis fait un :

IN DIE NACHT


« Vous êtes sur Classic FM, il est 23h58 ! Vous venez d'écouter le 'Vol du Bourdon' de Rimsky Korsakov et maintenant nous allons passer la 'Petite Musique de Nuit' de Mozart... »

Tom changea vivement la station radio en grognant :

-Putain, non ! Pas ça ! Je vais finir par m'endormir à force !

Pendant un instant, on entendit, dans le silence environnant de la voiture, le grésillement de la radio pendant qu'il cherchait une station potable qui passerait de quoi le tenir éveillé. Il était tard, Tom était fatigué, une migraine envahissait toute sa tête et il devait forcer sur ses yeux pour observer la route devant lui.

Tom Kaulitz était commercial, il vendait des encyclopédies. C'était un métier qui l'ennuyait fermement mais ça payait les factures et ça le nourrissait. Au début, il avait eu du mal à croire qu'un tel article puisse se vendre correctement, mais c'était un travailleur acharné et il fallait dire qu'il avait la « tchatche », il aurait même réussi à vendre une collection d'encyclopédie à un octogénaire aveugle !

Aujourd'hui il avait dû se rendre dans la campagne, il avait râlé, arguant que personne à la campagne allait acheter des foutues encyclopédies mais son patron ne lui avait pas laissé le choix. Tom avait dû donc passer la journée à aller de maisons en maisons, faire son sourire le plus charmant et son air le plus intéressé et concerné par la vie des habitants du petit village qu'il démarchait.

Ça avait été une journée horrible. Il grimaça. Oui, il avait dû sourire quand un petit garçon s'était essuyé les doigts sur son pantalon, pendant qu'il expliquait à sa mère que c'était important de savoir qui avait inventé l'éplucheur à légumes. Il avait dû sourire quand, dans une autre famille, le bébé qu'il portait, pour amadouer les braves gens, avait malencontreusement rendu son biberon sur tout le devant de sa chemise. Il avait dû sourire quand ce vieux, très vieux couple (même lui n'avait jamais vu des gens aussi vieux et pourtant, il en voyait du monde !) voulut absolument lui faire goûter une liqueur de leur fabrication, ce qui s'était révélé être un tord-boyau qui lui avait brûlé l'estomac et mit la bouche en feu. Il avait dû sourire quand ce même vieux couple insista pour lui faire visiter leur ferme et qu'il trébucha sur un porcelet qui s'était mis à courir dans sa direction et lui avait tourné autour pour finir par se glisser entre ses jambes, alors que le vieux fermier éclatait d'un rire bête et tonitruant et que lui-même couinait comme une fille, effrayé par ce petit cochon qui salissait son pantalon. Il avait dû sourire toute la journée et maintenant, il avait mal aux mâchoires. Et il faisait ouvertement la gueule, maintenant, il n'avait vendu aucune édition.

-Putain de journée !

Il bailla grandement et jeta un ½il dans son rétroviseur. Personne, la route était déserte. Il roulait depuis un moment et il n'avait croisé personne. A croire que la population allemande ne connaissait pas cet endroit, tellement ça paraissait le trou du cul du monde !

Il avait remis « Classic FM », les autres stations étant introuvables, pas étonnant, se dit-il, c'est tellement perdu qu'on capte rien ici ! Il baissa un peu la radio et s'affala dans son siège, il devait être vigilant, même si la route était libre devant lui, il était tellement fatigué qu'il avait peur de s'endormir à tout moment. Il cligna des yeux plusieurs fois et bailla de nouveau. Il claqua sa langue contre son palais, contrarié de constater qu'il était en plus affamé. Le vieux, très vieux couple (maintenant qu'il y repensait, ce vieux couple devait être plus que centenaire, c'était pas possible autrement !) avait insisté pour qu'il déjeune chez eux, il avait rassemblé toute son énergie, l'énergie du désespoir, celle qui vous fait vous débattre dans un dernier sursaut, et rassemblé tout son talent de commercial (et c'était le plus redoutable commercial de sa boîte !) pour refuser. Dépité, il se retrouva, quelques instants plus tard, assis à leur table, à essayer d'avaler une espèce de mixture que la vieille avait préparé avec amour, semblait-il, bien qu'il ne sache toujours pas ce que c'était. Il n'avait pas osé demander, trop peur de ne pas pouvoir avaler alors que les deux le regardaient avec l'air de dire « alors ? C'est délicieux, hein ! ». Il s'était contenté de rouler des yeux d'un air appréciateur, lâchant des « humm » à tout va, poussant l'héroïsme jusqu'à soupirer de plaisir et...faillit vomir quand la vieille dit, entre deux bouchées qui laissaient voir ses gencives édentées par place :

-C'est de la tripaille de veau !

Il n'avait pas su si la vieille plaisantait, il préférait croire que oui, mais le reste du déjeuner en fut entièrement compromis.

Son visage s'assombrit davantage quand il repensa à tout ça. Et dire qu'il devrait revenir le lendemain...Il eut un petit sourire en pensant qu'il pourrait peut-être éviter la corvée en se mettant dès demain matin en arrêt maladie, il appréhendait tellement ! Mais il savait qu'il reviendrait, il aimait les défis et là, c'en était un grand ! Et puis somme toute, ces gens étaient adorables, accueillants. Il avait été impressionné de voir leur façon de vivre, simple et humble.

Une douce chaleur régnait dans la voiture et la musique l'apaisait doucement. Sa tête dodelina un peu et il ouvrit les yeux avec brusquerie, il ne se souvenait pas les avoir fermé. Il faisait noir partout autour de lui et hormis sa musique, il n'y avait aucun bruit. Il cligna des yeux plusieurs fois, bailla encore et sursauta violemment. Dans la lumière de ses phares, une silhouette venait de faire son apparition, deux yeux effrayés le fixèrent à travers son pare-brise. Tom la vit au dernier moment et braqua de toutes ses forces, déportant sa voiture sur la droite et roulant dans l'herbe, s'arrêtant au dernier moment près d'un gros arbre, pour éviter la personne qui était à vélo et qui s'était arrêtée en plein milieu la route, trop surprise pour réagir.

Tom poussa un gros juron et freina brutalement, ouvrit sa portière à la volée et se précipita vers le coupable en lançant des jurons pour laisser sortir toute la peur et la surprise qu'il avait eu.

-Putain ! Bordel de merde ! Non mais...Putain ! Ça va pas de vous foutre en plein milieu comme ça ?

La personne était toujours sur son vélo et le regardait toujours effrayé. Tom s'avança, inspira un bon coup pour terminer de se remettre et demanda :

-Bon. Ça va ?

Il distinguait à peine son vis à vis, il faisait trop noir. Il pouvait juste voir que la personne portait un pantalon, avait l'air mince mais c'était tout. Une voix hésitante s'éleva, lui faisant comprendre que c'était un homme :

-Oui, moi ça va. Et vous ?

-Bin ouais, ça va aussi, mais bon sang, vous devriez faire attention ! Un peu plus et je vous roulais dessus !

-Désolé.

La voix se fit petite, honteuse. Après quelques secondes de silence, la personne dit :

-J'ai une roue percée, j'ai pas eu le temps de me mettre sur le côté et je vous ai pas entendu arriver, votre voiture fait pas de bruit et j'ai pas fait attention aux phares.

-Je sais pas comment vous avez fait pour pas faire attention à mes phares, il fait noir partout mais on voit que ça !

Tom essayait de distinguer à quoi l'homme en face de lui pouvait bien ressembler, mais il ne voyait pas grand chose. Il demanda :

-Alors comme ça, vous avez une roue foutue ?

-Oui.

Pas très éloquent cet homme, pensa t-il. Il prit rapidement sa décision :

-Bon, écoutez, j'ai bien failli vous tuer ce soir, je suis ravi que ce soit pas le cas. Vous habitez loin ?

-Non, pourquoi ?

-Venez, je vais vous ramener. On essaiera de trouver un moyen pour amener votre vélo. Mais au moins, je serai sûr que vous rentrez chez vous sain et sauf.

-D'accord.

L'homme parlait peu mais sa voix était douce. Tom lui fit signe de le suivre jusque sa voiture et voulut empoigner le vélo mais l'homme secoua la tête vivement, Tom retira sa main brusquement :

-NON ! Non, laissez. Je...On va laisser le vélo ici, je reviendrais le chercher demain matin.

-Mais...Mais c'est ridicule ! Je peux le prendre dans ma voiture, ça me gêne pas, je vous dis ! On va pas le laisser là, quelqu'un pourrait le voler !

-Non. Personne ne le volera. Je le laisse là.

Tom le regarda, encore plus étonné mais fit comme l'homme lui dit. Il alla donc vers sa voiture en invitant son passager à faire de même. Il voulut enfin découvrir le visage de cet étrange personne mais à peine fut-il installé au volant et que les portières furent refermées, la petite lumière du plafond s'éteint et il ne put qu'à peine voir son passager. Il soupira et dit :

-Bon. Vous m'indiquez comment me rendre chez vous ?

-C'est pas loin. C'est à quelques mètres.

Tom démarra et ils roulèrent silencieusement jusqu'à ce que l'homme dise :

-Arrêtez-vous. On y est.

Devant lui, dans le noir, se dressait une maison dont toutes les lumières étaient éteintes. Son passager sortit et il fit de même, le suivant jusqu'à la porte d'entrée que l'homme ouvrit. Et enfin il put voir le visage de cette autre personne dont la voix était si claire et douce à ses oreilles. C'était un jeune homme, un androgyne aux cheveux longs, d'un noir ébène. Sa beauté était lumineuse, irréelle même. Tom vit avec surprise du maquillage noir autour de ses yeux et du gloss transparent qui rendait ses lèvres brillantes. Il était vraiment magnifique et dégageait un charisme indéniable. Le jeune homme prit alors la parole en lui souriant un peu, devinant sa question muette :

-Je m'appelle Bill.

Tom hocha la tête et répondit :

-Moi c'est Tom.

Mais Tom avait la gorge serrée sans savoir pourquoi. Il sentit une forte douleur dans sa poitrine et ses jambes vacillèrent un peu. Il trébucha un peu et Bill se précipita sur lui pour l'empêcher de tomber. Il demanda d'un air inquiet :

-Ça va ? Tu devrais t'assoir, est-ce que tu as mangé ?

-Pas beaucoup.

Tom fut conduit jusqu'au salon et après l'avoir aidé à s'assoir, Bill alla lui chercher de quoi arrêter le malaise hypoglycémique qu'il faisait en expliquant d'une voix désolée :

-J'ai pas grand chose, mais du jus frais ferait certainement l'affaire. Attends-moi, je reviens de suite.

Tom observa le salon pendant que son hôte s'affairait dans la cuisine. La pièce était simple mais poussiéreuse, comme si personne ne se préoccupait pas d'y faire le ménage. Le mobilier était vétuste et restreint, une vieille télévision trônait dans un coin et c'était vraiment un très vieux poste. Bill revint avec un verre de jus et le lui tendit, disant simplement :

-Tiens, bois. C'est du jus d'orange, j'ai rien d'autre.

Tom le prit et l'avala d'un coup. Bill prit place en face de lui et l'observa attentivement, le gênant profondément sans qu'il ne sache pourquoi. Tom reposa le verre sur la table basse en verre et dit :

-Merci, ça fait du bien. Tu habites tout seul ici ?

Ils étaient passé naturellement au tutoiement, certainement ils avaient le même âge, ça s'était fait comme ça. Bill hocha simplement la tête et Tom fut un peu agacé de le voir si peu éloquent. Bill parlait peu, très peu, il se contentait de regarder Tom et son regard était troublant. Il porta une main et dégagea son front de la frange qui barrait ses yeux et coinça une mèche derrière son oreille. Tom nota aussi qu'il avait du vernis noir sur les ongles et des mains aux doigts longs et fins. Et quand Bill lui sourit doucement de nouveau, Tom comprit qu'il était en train de tomber sous son charme.

Tom était gay, tout son entourage le savait parce qu'il ne s'en cachait pas. Il sortait d'une relation difficile et s'était juré de ne plus tomber amoureux. Qu'est-ce qu'il lui prenait ce soir ? Il ne connaissait même pas ce jeune homme, il ne savait rien de lui, ils parlaient à peine ! Qu'est-ce que c'était que cette attirance qui le secouait violemment quand le brun ancrait son regard dans le sien ? Il ne se rendait pas compte qu'il détaillait depuis un long moment alors que ce dernier soutenait son regard avec insistance, sans détourner les yeux, se contentant de sourire un peu plus. Tom sursauta un peu quand Bill prit la parole :

-Tu vas mieux ?

-Oui, merci. J'ai du mal à croire qu'un jeune comme toi habite ce village, tout seul !

Bill avait froncé un peu les sourcils :

-Comment ça « comme moi » ?

-Bin...Ton style et tout, quoi ! Tu ressembles pas aux gens de ce village, t'as l'air plutôt de la ville.

-Toi non plus tu n'as pas un style très...conventionnel...

En effet, Tom portait de longues dreads blondes retenues sur le sommet de sa tête négligemment en queue de cheval. Cela contrastait bizarrement avec son costume de VRP mais ça lui allait très bien. Il avait chaud dans sa veste grise et triturait ses mains nerveusement. Bill expliqua, toujours en peu de mots :

-J'habitais la ville, c'est vrai. J'étais juste venu en vacances chez mes grands-parents.

-Et finalement tu es resté ? Ça t'a plut autant que ça ?

Bill hocha la tête. Tom demanda alors, regardant partout :

-Mais...Tes grands-parents ne sont pas là ?

-Non. Ils sont chez ma tante qui habite dans le village d'à côté. Ils y habitent depuis...depuis un moment.

C'était frustrant cette manière qu'avait le brun de répondre à demi-mots, les yeux toujours dans ceux de Tom. Ce dernier frotta un peu son menton et dit, hésitant :

-Bon je...faut que j'y aille, j'ai encore de la route à faire. Faut que j'y aille, ouais.

Bill se contenta une fois de plus d'hocher la tête mais dit :

-Tu es sûr ? Il est tard, tu es fatigué, tu as failli t'endormir au volant j'en suis sûr. Tu devrais vraiment rester, au moins pour la nuit et tu partirais demain matin, ce serait...plus prudent !

C'était la première fois qu'il prononçait une longue phrase. Sa voix envoûtait totalement le dreadé et il s'était levé en parlant pour se rapprocher de lui et Tom paniqua en sentant les battements de son c½ur s'accélérer. Il secoua la tête et dit :

-Non je...ça va aller. Je suis bien réveillé, maintenant ! Et tu m'as fait tellement peur que je risque pas de m'endormir de si tôt, pas question que j'aille écraser quelqu'un !

Bill se mit à rire doucement et ce fut comme une douce musique à ses oreilles. Tom se leva et lui tendit la main :

-Merci, Bill. Et encore désolé de t'avoir...d'avoir failli te...Bref, content qu'il se soit rien passé de plus fâcheux. Et merci pour le jus, ça m'a fait du bien, mais faut que je parte, maintenant.

Et il ajouta mentalement pour lui-même « Avant d'être incapable de le faire, surtout si tu continues à me regarder comme ça... ». Il fallait qu'il parte, rapidement, Bill le mettait dans un état qu'il n'arrivait pas à contrôler, il ne se comprenait pas. Jamais avant il ne s'était enflammé pour quelqu'un à ce point. Il n'avait pas envie de partir et c'était ce qui le paniquait. Tom se retourna et sentit Bill se rapprocher dans son dos, poser une main dans le creux de ses reins et dire :

-Je te raccompagne, si tu es sûr de vouloir partir maintenant...

La main dans le bas de son dos le brûlait et il se sentait frissonner. Il se laissa guider à la porte d'entrée mais avait de moins en moins envie de partir. Arrivés à la porte, Tom se retourna et dit, sous l'impulsion :

-Je...avant de...avant de partir, je peux utiliser tes toilettes ?

Bill hocha la tête :

-En haut, deuxième porte à gauche.

Il se mit de côté pour laisser Tom passer et le blond sentit son regard dans son dos pendant qu'il montait rapidement les escaliers. Il trouva les toilettes et se soulagea rapidement. Une fois terminé, il voulut se rendre à la salle de bains pour se laver les mains et trouva la pièce juste à côté. Il fut étonné de voir que la salle d'eau ne comportait...rien ! Ni serviettes, ni savon, ni vêtements, rien ! Il se lava les mains très vite et les essuya sur son pantalon, tant pis ! De toute façon, avec cette journée désastreuse, son costume était fichu, tout sale, alors un peu plus ou peu moins...

Il sortit dans le couloir et voulut redescendre mais en passant devant une porte entrebâillée, sa curiosité fut plus forte que tout. Il hésita quelques secondes, à quoi pensait-il donc ? Il n'allait quand même être rustre au point de fouiller, si ? Il n'allait pas oser ? Mais la curiosité fut plus forte que tout et il poussa la porte. Il s'avança timidement dans la pièce et comprit, au décor, qu'il était tombé sur la chambre de Bill. De grands posters étaient épinglés sur le mur, des posters d'un groupe de rock très connu. Mais son étonnement fut à son comble quand il remarqua le lit d'une place qui était nu de toute parure ! Il y avait juste une grande armoire et un bureau. Et rien sur les étagères ! Est-ce que Bill lui avait menti quand il disait habiter là ? A moins que ça n'était plus sa chambre ? Tout un tas de questions tournaient dans sa tête mais il n'eut plus le loisir de penser quoi que ce soit quand il sentit une présence derrière lui et une voix claquer :

-Qu'est-ce que tu fais là ?

Tom sursauta et se retourna vivement, rougissant comme un adolescent qui venait de se faire prendre en flagrant délit de « fouille impolie ». Il s'excusa en bégayant :

-Désolé...je...je voulais pas...j'ai...je...

Mais Bill s'avança lentement vers lui et dit simplement :

-C'est pas grave. Je t'attendais, Tom.

Les yeux de Tom s'ouvrirent grands comme des soucoupes. Bill n'était même pas furieux de l'avoir surpris dans sa chambre. C'était comme s'il s'y était attendu. Plus il avançait vers Tom, plus celui-ci reculait vers le lit sans même s'en rendre compte. Quand le brun fut suffisamment proche pour que son odeur l'étourdisse pleinement, il reprit un peu de lucidité et demanda :

-Tu...m'attendais ?

-Oui. Je t'attends depuis si longtemps, Tom. Depuis des mois. Je savais que tu viendrais...Et enfin tu es là...

Bill leva une main et la posa sur sa joue pour la caresser doucement. Son toucher le fit frémir, la caresse était évanescente, surréaliste. Sa main était douce comme du coton, Bill l'effleurait à peine et il devait lutter pour garder les yeux ouverts. Il se sentit poussé vers l'arrière et tomber sur le lit, à même le matelas et souffla :

-Mais...On se connait même pas ! Je te connais pas...Comment tu...

Il sursauta une nouvelle fois en sentant le brun s'assoir sur ses genoux. Il était léger comme une plume et Tom avait l'impression de rêver. Bill encadra de ses mains son visage et se pencha sur lui :

-Je le sais, c'est tout. Je savais que tu viendrais...

Son haleine chaude frappait son visage et éveillait tous ses sens, mettant ses nerfs à fleur de peau. Tom se dit un instant qu'il s'était endormi et qu'à tout moment, il allait se réveiller pour découvrir que tout cela n'était qu'un rêve. Jamais avant il n'avait connu une situation comme celle-ci. Il avait déjà eu des aventures sans lendemain, rencontrant des personnes dans un bar et couchant avec celle-ci très rapidement avant de repartir pour ne plus jamais la croiser, mais jamais il n'avait connu quelqu'un comme Bill, si fluide, si doux, si...étrange !

Mais il avait eu comme un coup de foudre et même s'il ne comprenait rien à ce qui se passait, il savait qu'il avait envie. Envie de le toucher, de se laisser toucher, envie de croire Bill quand il disait qu'il l'attendait et que c'était prévu. Envie de tout ce qui allait se produire par la suite.

Ils venaient de se rencontrer, ils avaient très peu parlé, tout était trop bizarre pour être réel mais il se laissa faire quand Bill se pencha un peu plus et vint caresser sa bouche de la sienne tout doucement. Il sentait à peine le poids du jeune homme sur lui mais sentait clairement son excitation. Bill lui parlait doucement, bougeant sensullement son bassin sur Tom et ça le rendait dingue. Il murmurait tout en lui léchant les lèvres :

-Ça fait si longtemps que je t'attends, je croyais que tu viendrais plus...Enlève ta veste...

Tom se redressa un peu et aida Bill à lui retirer sa veste. Le regard du brun était incandescent. Il était noir de désir, il respirait fort. Tom avança la tête et posa sa bouche dans son cou, lui faisant rejeter brutalement la tête en arrière en soupirant. Bill lui caressait le visage et l'embrassa profondément, collant son torse au sien. Son corps était chaud contre celui de Tom et leurs langues tournoyaient ensemble dans une danse lente et affolante. Bill s'arrêta et murmura encore :

-Déshabille-moi...

Et Tom s'exécuta, sans chercher à comprendre davantage. Le brun ordonnait et lui, il lui obéissait. C'était la suite logique, la seule suite logique qu'il arrivait à saisir dans toute l'absurdité de cette situation. Il passa une main sous le tee-shirt moulant de Bill et caressa tout son dos, l'embrassant toujours plus et décolla sa bouche au dernier moment pour faire passer le haut par dessus la tête brune. Il resta quelques secondes hors service, interloqué, fasciné par la blancheur du torse de Bill, sa peau lui paraissait douce au toucher, plus douce qu'un nuage, plus douce qu'un rêve, plus douce que de la soie. Il avança les mains et caressa lentement tout le buste qui s'offrit à lui, satisfait de sentir la chair de poule sous ses doigts. Il ne put que souffler :

-Tu es...magnifique...Tu es si doux, Bill, tu me rends dingue...

Bill se frottait toujours langoureusement contre son érection qui devenait de plus en plus douloureuse. Il sentit bientôt les mains du brun ouvrir un à un tous les boutons de sa chemise et ses mains à lui dégrafèrent le jean de Bill en tremblant. Le brun se releva et Tom abaissa d'un coup sec le pantalon jusqu'à ses cuisses et remarqua enfin que son pantalon à lui était baissé jusqu'aux chevilles, quand est-ce que cela s'était produit ? Il était tellement excité qu'il n'avait même pas remarqué que Bill l'avait habilement un peu déshabillé, lui laissant sa chemise ouverte et le pantalon baissé. C'était encore plus érotique comme ça, d'être nu sans l'être totalement. Bill ne s'embarrassa pas à retirer son jean et le laissa simplement tomber à ses chevilles. Il était debout devant Tom et enfouit sa main dans son minuscule boxer en faisant un sourire en coin.

Tom défaillait complètement, Bill était complètement indécent. La main qui bougeait dans le sous-vêtement montrait qu'il se caressait tout en regardant Tom. Il couinait doucement et son regard noircit un peu plus quand il vit Tom passer une main dans son boxer pour se toucher à son tour, grinçant entre ses dents :

-Putain...Tu m'excites tellement ! Si tu viens pas tout de suite...je te jure que je vais...

Bill l'encouragea, se touchant aussi toujours :

-Oui...Caresse-toi encore, Tom...Caresse-toi pour moi...

Tom gémit et se caressa plus fort, les yeux ancrés dans ceux du brun. Il avait envie de plus, s'il continuait comme ça, il allait venir dans sa main et il préférait largement pouvoir le faire à l'intérieur du brun. Mais Bill arrêta bientôt et le regarda retirer sa main pour abaisser d'un coup sec son boxer et le faire glisser sur ses cuisses jusqu'à tomber sur ses chevilles pour rejoindre son pantalon. Tom avança un peu sur le bord du lit et attrapa ses hanches pour l'amener un peu plus à lui. Tom avait remarqué une étoile tatouée sur son aine et voulut absolument y poser la bouche. Il retraça le contour avec le bout de sa langue et embrassa la parcelle de peau tatouée, arrachant des soupirs de plaisir et des gémissements envieurs que Bill lui donnait, la tête rejetée en arrière. Il parlait toujours et Tom se demanda un instant s'il avait conscience d'être si délicieusement obscène :

-Haaan...Ta bouche, Tom...Si chaude...Mets encore ta bouche sur moi...

Tom caressait l'arrière de ses cuisses et remontait parfois agripper ses fesses. Il sentait l'érection du brun tout contre son cou et voulut d'un coup lui faire plus de bien encore pour l'entendre gémir encore plus. Mais pendant qu'il mordillait et léchait l'aine tatouée, il entendit un ordre lancé d'une voix envoûtante :

-Suce-moi Tom...Prends-moi dans ta bouche...

Le dreadé gémit longuement et crispa les doigts dans la peau de ses cuisses en le guidant vers sa bouche. Bill posa une main sur son épaule et l'autre sur sa tête, le regardant fermer les yeux en déposant plein de petits baisers sur sa verge. Tom caressa ses fesses et passa le bout de sa langue sur toute sa longueur avant de léchouiller le gland et de retracer le contour plusieurs fois pendant que Bill gémissait plus fort et suppliait :

-Dans ta bouche, Tom...Mets la dans ta bouche...Maintenant...

Tom s'amusait à le faire languir et continuait de suçotait uniquement le gland qui perlait un peu, descendre la langue sur la verge tendue, la passer sur les bourses et les aspirer dans sa bouche. Mais Bill, à bout, liquéfié et impatient, attrapa la tête de Tom d'une main et saisit son sexe dans l'autre pour l'amener à la bouche de Tom pour pousser à l'intérieur. Le blond l'accueillit facilement et pendant quelques secondes laissa Bill tenir sa tête des deux mains, avancer ses hanches par saccades pour s'enfoncer de lui-même dans sa bouche chaude et humide. Lui-même maintenait le rythme en faisant aller et venir ses hanches un peu plus loin dans sa bouche. Il cognait parfois le fond de sa gorge qui se contractait et Bill poussait maintenant des petits cris qui l'excitaient un peu plus.

Mais ce traitement était trop pour le brun qui se sentait presque venir. Il repoussa la tête de Tom et s'agenouilla entre ses jambes pour lui infliger les mêmes tortures. Il l'engloutit sans prévenir et Tom ne put que crier quand il sentit Bill le sucer profondément, l'aspirer, creuser les joues en remontant la tête pendant qu'il pinçait ses tétons et frottait parfois la paume de sa main dessus. Tom se tordait dans tous les sens et gémissait sans relâche, Bill était vraiment trop doué. Il plaquait son piercing à la langue sous le sexe de Tom et appuyait sur la veine gorgée de sang, faisant secouer le corps du blond de soubresauts tellement les sensations étaient intenses. Bill alternait entre vitesse et lenteur et caressait ses flancs du revers de ses doigts.

Puis, il s'arrêta soudain et Tom put enfin rejeter l'air qui s'était bloqué dans sa gorge, il était proche, très proche. Le brun l'enjamba de façon à s'assoir sur lui mais avant, Tom hoqueta en le voyant tenir son sexe dans sa main, sortir le bout de la langue pour la faire tournoyer sur son gland plusieurs fois et laisser sa salive couler en abondance sur son pénis. Il l'attrapa une nouvelle fois par les hanches et l'aida à s'empaler sur lui, frissonnant violemment en sentant le corps du brun s'ouvrir pour lui. Le brun s'abaissa totalement et se mordit la lèvre inférieure, les mains posées sur le torse de Tom.

Ils enchaînèrent des mouvements amples, Bill montant et descendant sur lui pendant que lui même donnait de grands coups de bassin vers le haut, cognant durement dans la prostate du brun qui criait d'une voix enrouée son plaisir et gémissant difficilement son prénom. Tom devenait de plus en plus fou, le corps de Bill était étroit et chaud tout autour de lui, il l'enserrait fortement. C'était le meilleur coup qu'il n'avait jamais eu, la meilleure partie de baise comme jamais aucun partenaire ne lui avait donné. Pas un instant Tom ne s'inquiéta de l'absence de lubrifiant ou de préservatif, tout lui paraissait encore une fois normal, naturel, évident.

Bill se pencha et vint réclamer sa bouche, enfonça sa langue au même rythme que le sexe qui entrait en lui et sa main venait tirer les dreads de Tom, lui faisant perdre la tête un peu plus. C'est alors que le brun s'immobilisa sur lui et adoucit le baiser, bouleversant Tom par tant de douceur à travers toute cette bestialité. Le blond profita de l'instant pour caresser amoureusement son dos et sa nuque pendant que Bill entamait des petits coups de bassins circulaires, obligeant Tom à frotter contre sa prostate et le faisant gémir dans sa bouche.

Et Bill se retira, faisant grogner son partenaire de frustration et se mit à quatre pattes sur le lit en chuchotant :

-Je te veux comme ça, maintenant...Viens...Baise-moi comme ça...

Tom s'approcha de lui, attrapa ses mains pour les poser contre le mur et l'embrassa dans le cou en frottant son sexe entre ses fesses. Il écarta les fesses de Bill et poussa pour entrer en lui une nouvelle fois, faisant basculer la tête brune dans son cou. Il voulait y aller doucement mais était trop excité pour cela, la chaleur du brun l'appelait et il n'arrivait pas à se retenir, il alla de suite fort, râlant et gémissant pendant que le corps du brun partait vers l'avant à chacune de ses pénétrations. Tom posa une main dans le pli de sa cuisse, près de son aine et tenait Bill fermement contre lui. Ils haletaient tous deux, gémissaient, criaient. Leurs corps transpiraient et des bruits de peaux tous obscènes remplissaient la chambre.

Bill avait les mains posées à plat sur le mur et suffoquait littéralement. Il se pencha un peu, cambra le dos de façon à ce que Tom heurte plus vivement sa prostate. C'était très fort pour tous les deux, ils auraient voulu que jamais cela ne s'arrête et tentaient de retenir l'orgasme qu'ils sentaient venir du plus profond de leurs entrailles, inévitablement. Ils se criaient des obscénités et tout un tas de jurons qui les chauffaient encore plus et Tom avait maintenant agrippé les épaules de Bill pour le pousser plus durement sur son sexe. Il allait vite, fort et regardait le dos de l'androgyne se couvrir d'un fin voile de sueur. La chaleur l'étourdissait, ses oreilles bourdonnaient, il n'était conscient que du corps fin qui glissait autour de son sexe, qui se contractait méchamment et qui bougeait indécemment sous ses accoups désordonnés.

Tom l'attrapa par les cheveux pour l'amener à lui et ils échangèrent un baiser vulgaire et passionné pendant que le blond lui caressait le sexe rapidement. Les langues s'enroulaient dans la bouche l'un de l'autre et dérapaient parfois tellement ils étaient brutaux. Bill passa une main dans son dos et caressa la nuque de Tom, descendit pour griffer sa cuisse en recevant un coup particulièrement brutal et tint une fesse du blond en gémissant sans cesse des « encore...baise-moi plus fort... » et Tom obéissait encore, perdant toute notion et répondait par des « Bill...Putain... ».

Bill creusa un peu plus le dos et baissa la tête entre ses bras et pendant que sa prostate se faisait délicieusement malmenée, il laissa sa semence gicler entre les doigts de Tom en criant :

-Je vais...Je jouis, Tom...

Il relâcha de suite tous ses muscles, complètement affaibli et se laissa tomber souplement sur le torse, plié en deux pendant que Tom poussait encore quelques dernières fois vers le haut, buttant directement contre son point de plaisir, prolongeant son orgasme pendant qu'il fermait très fort les yeux sous l'intensité et la puissance de sa jouissance. Il sentit quelques battements distincts à l'intérieur de lui, lui indiquant que Tom jouissait violemment à son tour les doigts crispés dans ses hanches et le souffle court. Tom le tint contre lui pendant quelques secondes sans bouger et se retira doucement avant de se laisser tomber sur le côté. Il attira le brun contre lui et ce dernier, toujours dos à lui, tourna la tête pour échanger un baiser lent et tendre, contrastant avec la bestialité de la partie de baise qu'ils venaient d'avoir. Ils s'embrassèrent pendant un long moment mais Bill finit par se détacher en disant :

-Euh...Je suis tout mouillé de ton sperme, là...Attends-moi là.

Il se leva et sautilla un peu, sans remonter son boxer et son jean, jusqu'à la porte pour aller chercher de quoi se nettoyer. Tom le regarda partir en rigolant un peu en voyant sa démarche si comique. Il soupira et se releva pour remonter ses propres vêtements et s'éventa avec sa main, il était tout mouillé, tout collant, il avait eu si chaud...

Il s'avança distraitement près du bureau et, remarquant qu'il n'entendait plus Bill, appela :

-Bill ? T'as fini ? Tu fais quoi ?

Il ouvrait machinalement un des tiroirs du bureau et fronça les sourcils quand il remarqua une pochette transparentes avec, semblait-il, des articles de journal dedans. Sa curiosité fut relancée et il saisit la pochette. Une photo en noir et blanc illustrait un article. Bill y figurait, souriant grandement, toujours aussi magnifique mais l'article lui glaça le sang :

« Bill Trümper, écrivain prometteur de 24 ans, est décédé ce week-end lors de ses vacances dans le village de S...où résident ses grands-parents qui ont déménagés depuis par cause de trop de chagrin. Il aurait été victime d'un chauffard pendant qu'il rentrait à son domicile à vélo, il a été tué sur le coup. Le chauffard est activement recherché suite à son délit de fuite, toute aide et renseignements seraient grandement appréciés. »

Tom ne put lire la suite, il sentit sa bouche s'assécher, ses jambes trembler au point de défaillir et se raccrocha au bureau en trébuchant. Non...Ce n'était pas possible...Bill, ce Bill avec qui il venait de coucher était...mort ? Il sursauta en entendant :

-Oh, tu l'as trouvée...

Il se retourna et recula farouchement, effrayé :

-NON ! T'approche pas ! C'est quoi ? C'est une blague, c'est ça ? C'est une putain de blague ?

Bill s'approcha doucement et dit, le plus doucement possible :

-N'aies pas peur, Tom...C'est vrai, tout ce que dit l'article est vrai.

Tom s'écria, confus et désespéré :

-Mais...Mais je te vois ! Je...Je t'ai touché ! Je t'ai...On a...Putain c'est quoi ? On vient de...Je t'ai touché et t'es réel ! Réel !

Bill lui sourit gentiment et Tom fut encore plus effrayé. Qu'est-ce que c'était que cette plaisanterie ? Il baissa les yeux sur l'article, reconnut encore Bill sur la photo, relut rapidement les mots « décédé...victime...tué sur le coup » et paniqua encore plus. Ça ne pouvait pas être vrai, il avait touché, embrassé, caressé un corps réel et là, il avait la preuve de quoi ? Que ça n'était qu'un...fantôme ? Il était horrifié. Bill le regardait toujours en souriant et Tom comprit soudain pourquoi la maison avait l'air vide et abandonnée. Le brun expliqua brièvement :

-J'ai été tué sur la route où tu m'as trouvé, Tom. Ça fait un an, aujourd'hui, jour pour jour. On n'a jamais retrouvé le chauffard qui m'a renversé.

Tom n'arrivait à dire quoi que ce soit, ni un mot, ni un son, il pouvait à peine déglutir. Soudain, il se souvint d'une phrase qu'avait lancé Bill plus tôt, il put reprendre un peu de courage pour demander :

-Tout à l'heure, tu as dit que tu m'attendais ! Pourquoi ? On se connait même pas !

Bill lui dit simplement :

-Viens avec moi.

Tom hésita quelques secondes mais ne put s'empêcher de le suivre jusqu'au dehors de la maison. Après tout, ils venaient de coucher ensemble, Bill aurait eu tout le temps de lui faire du mal s'il en avait l'intention or il ne l'avait pas fait, il lui avait même procuré un bien-être indescriptible. Il n'arrivait de toute façon pas à commander son corps qui suivait le brun sur toute la petite route. Il faisait nuit noire mais Tom y voyait correctement. Il remarqua alors ce auquel il n'avait pas prêté attention plus tôt, les lampadaires étaient allumés et éclairaient la route d'une lumière orangée.

La gorge du blond était serrée, il se sentait comme devant un thriller horrible mais cette fois, c'était lui l'acteur principal. Il espérait encore que Bill allait éclater de rire en lui disant que c'était une blague et qu'il avait été piégé par des caméras cachées. Il espérait encore qu'il allait se réveiller mais constatait qu'il suivait le brun sur la route déserte et aperçut bientôt sa voiture au loin. Bill s'arrêta soudain, se tourna vers lui et dit :

-Tom je...je suis désolé, j'aurais voulu que tu l'apprennes autrement...Je ne veux pas que tu aies peur de moi, je ne te ferais aucun mal, fais moi confiance.

-Confiance ! Mais putain, on se connait même pas ! On...tu...T'es en train de me dire que...Je viens d'apprendre qu'en fait je viens de baiser avec un mort et tu...On fout quoi ici, d'abord ?

-Viens.

Bill lui fit de nouveau signe de le suivre et rajouta plus bas :

-Je suis désolé, Tom...Vraiment désolé...

Ils s'approchèrent enfin de la voiture et Tom sentit ses genoux fléchir. Il ne sut quelle force le retint debout mais regarda avec horreur sa voiture. Elle était encastrée dans un arbre, gros et immense, tout l'avant était entièrement enfoncé, le pare-brise éclaté, la voiture complètement réformée. Tom se sentit trembler, il s'approcha un peu plus, lentement, refusant la vérité qui s'imposait à lui. Il peina à regarder par la vitre du côté conducteur et entendit dans son brouillard de confusion la voix douce de Bill :

-Je suis désolé que tu l'apprennes comme ça, Tom. Mais je savais que tu allais venir. Je le savais et en fait...je suis venu te chercher...

Dans la voiture, un corps était penché sur le volant, le visage tourné vers la vitre, face à celui qui le regardait. Le corps à l'intérieur était inanimé, sans vie même, du sang plein le front et le visage et les yeux grands ouverts. Et il se reconnut, c'était son propre corps à l'intérieur. Il était mort...


Fin

Boomerang 14/04/2009

Je sais, je sais, pourquoi commencer un nouvel OS quand d'autres ne sont pas finis ? Tout simplement pour vous remercier de visiter mon blog, pour vous faire patienter pour les suites qui arrivent très bientôt, pour avoir aussi vos avis. Celui-là ne sera pas long mais posté en deux partie. Et oui, désolée pour ça...Mais j'ai promis que ça serait pas long, ce qui fait que certainement demain, vous allez avoir tout un tas de suite qui va arriver...



BOOMERANG


Un péché c'est un boomerang que tu lances, qui te revient infailliblement sur la figure et qui te la défonce.

Léo-Paul Desrosiers


Il est déjà tard dans la nuit quand la porte d'une chambre universitaire s'ouvre doucement et qu'un corps se glisse furtivement dans la pièce. Le jeune homme qui vient d'entrer s'arrête un instant et laisse ses yeux s'habituer à la pénombre avant d'enlever sa veste en faisant le moins de bruits possible. Puis il s'avance un peu et sans quitter le lit des yeux, il se déshabille entièrement. Il sourit un peu quand il constate qu'il n'a pas réveillé la personne qui est allongée, blottie sous la couette. Il soulève un pan et s'allonge, rapprochant immédiatement son corps pour le coller contre celui qui dort encore. Ce dernier finit par sentir le mouvement derrière lui et émerge lentement. Il sourit lui aussi quand le nouveau venu glisse une main sur sa hanche et la caresse, tout en lui embrassant la nuque. Il se retourne et noue ses bras autour de celui qui lui fait face maintenant :

-T'as vu l'heure qu'il est ? Tu sais depuis combien de temps je t'attends ? T'es tout froid...

-Ouais, je sais, ça caille dehors. Désolé, j'avais pas mal de boulot au labo, je te raconterai une prochaine fois. Oh merde !

-Quoi ?

-T'es à poil !

-Hm...Ouais...

-Tu me cherches ?

-Possible...

-Tu devrais pas.

Le jeune homme se tait et se penche sur l'autre personne pour l'embrasser le plus fougueusement possible. Celui qui dormait et qui est maintenant totalement réveillé, l'attire au-dessus de lui en enroulant ses bras autour de son cou et fait glisser une des ses mains dans le dos de l'autre en soupirant d'aise :

-Andi...

Ledit Andi ne répond pas et revient l'embrasser, occultant complètement la fatigue qui l'étreint depuis qu'il a quitté un autre lit. Pendant qu'il s'adonne à des préliminaires délicieux avec son petit ami, il classe dans un coin de sa tête un autre jeune homme qu'il vient de quitter. Parce que son véritable petit ami c'est celui qui s'abandonne sous lui, Bill, il ne doit jamais savoir la relation qu'il entretient avec un autre depuis quelques semaines. Alors même s'il est fatigué et qu'au fond, il n'en a pas très envie, il se tait et lui fait l'amour.


***

-Bill ! Bill, c'est l'heure, réveille-toi, tu vas être en retard !

-Non...Hmm...laisse-moi dormir...

Andi secoua Bill un peu plus :

-Pas question ! Debout, feignasse !

Bill ouvrit un oeil mécontent et répliqua :

-Je vais pas en cours.

Andi éclata de rire. C'était toujours difficile de réveiller Bill le matin. Chaque fois qu'on le réveillait, peu importe ce qu'on lui disait il répondait toujours, invariablement « non ». Mais une fois qu'il reprenait possession de la totalité de son cerveau, il se levait en trombe et se dépêchait de se préparer. Sauf que là, il avait une excuse, il n'avait pas cours ce jour-là, mais Andi ne le savait pas. Bill se vit donc secoué, sans ménagement :

-Bill, c'est un véritable parcours du combattant pour te réveiller, toi ! Putain, ça me stresse pour la journée ! Debout !

Bill tourna son visage vers lui et fit un petit sourire :

-Non, mais vraiment, j'ai pas cours ! Je me lève donc pas ! Vas-y, toi !

Andi fronça les sourcils :

-Comment ça t'as pas cours ?

-Bin ouais, le prof passe son agrégation aujourd'hui. Et vu qu'on avait que lui ce matin, bin il nous a libéré. Au fait, je t'ai attendu longtemps hier soir !

Andi détourna le regard et se leva, s'habilla rapidement pour éviter d'avoir à regarder Bill dans les yeux pendant qu'il lui mentirait :

-Oh...Bin...Comme je t'ai dit, j'ai bossé au labo jusqu'à tard, à un moment j'avais plus de produit et j'ai dû aller en chercher. Ca m'a pris du temps, je suis revenu pour terminer de développer les autres photos qu'il me restait et j'ai fini tard.

-Mais le stagiaire qui est avec toi, il fout rien ou quoi ? Comment il s'appelle déjà ?

Andi fut encore plus gêné, mais réussit à le masquer totalement en répondant :

-Euh...Tom. Il s'appelle Tom.

-Ouais, lui.

-Bof, tu sais, il est pas resté aussi tard que moi hier soir. J'étais tout seul.

Andréas ne se sentait même plus mal à l'aise de mentir aussi bien. Cela faisait quelques semaines qu'il mentait à Bill et à Tom. Il entretenait une liaison avec son stagiaire, le fameux Tom, sans lui dire qu'il avait déjà quelqu'un. Et à Bill, il avait bien-sûr tût le fait qu'il couchait avec Tom dès que possible. Il était très attaché à Bill malgré tout et ne se voyait pas le quitter pour personne. Quand Tom avait commencé son stage, ils avaient beaucoup parlé et il avait vite compris que le dreadé, parce que Tom portait de longues dreads blondes, était gay, tout comme lui. Il était attirant au possible et Andréas n'avait pas résisté.

Mais bien que le corps de Tom l'affolait chaque fois un peu plus, il était hors de question qu'il quitte Bill auquel il était tout de même très attaché et en quelque sorte amoureux. Après tout, ils étaient ensemble depuis un an et demi, ils projettaient de se mettre en ménage à la fin de l'année et Andi ne voulait pas tout compromettre à cause d'une aventure sans lendemain. Il avait réussi à esquiver les questions de Tom qui ne comprenait pas pourquoi ils ne se voyaient pas plus souvent et toujours au laboratoire, ou chez lui, mais jamais chez Andi. Ce dernier avait inventé qu'il avait des parents rétrogrades qui connaissaient son homosexualité, mais l'acceptait difficilement. Il ne voulait pas les mettre encore plus mal à l'aise en ramenant chez lui son petit ami. Parce que Tom croyait fermement qu'il était le petit ami d'Andi.

Et Bill n'avait jamais remarqué comment Andi se démenait pour l'empêcher de le rejoindre au labo, de toute façon Bill était toujours très pris par ses cours, ils se voyaient donc le plus souvent dans sa petite chambre universitaire ou ailleurs, mais souvent c'était Andi qui décidait de l'endroit où ils allaient se voir.

Bien-sûr, son retard de la veille n'était pas du tout ce qu'il venait d'expliquer. Oh, il était bien au labo, oui, mais pas en train de développer des photos, non. Il s'était adonné aux plaisirs de la chaire avec son stagiaire, dans des positions qui auraient fait rougir le créateur du Kamasutra. Tom était un fameux coup ! Pourtant, Bill satisfaisait pleinement son petit ami, mais Andi était de ceux qui pensaient que « plus on en a, mieux c'est » alors tant que Bill ignorait ce qui se tramait dans son dos, pourquoi pas ? Il serait bien temps d'arrêter tout ça quand le stage de Tom prendrait fin, et ce, dans deux semaines.

Il avait encore en tête les images de la veille quand il entendit Bill lui demander, un peu énervé :

-Andi ! Ca va faire trois fois que je t'appelle, tu m'as l'air bien loin, dis moi !

Andréas lui fit un grand sourire et se pencha sur lui pour l'embrasser :

-J'étais en train de penser à tout ce que je pourrais encore te faire, t'es toujours à poil là-dessous ?

Bill gloussa :

-Ouais. Mais tu dois y aller, alors ne t'échauffe pas trop ou tu vas être en retard !

Andi déposa un dernier baiser sur la bouche que lui tendait Bill et se releva, rajusta ses vêtements et dit :

-Ouais, faut que j'y aille. Dis, j'ai une idée, tu bouges pas de là, je ramène de quoi déjeuner ce midi, ok ?

Bill fit la moue :

-Oh ! Moi qui croyais que tu allais m'inviter à passer la matinée au labo avec toi !

Andréas eut des sueurs froides et se retint de crier. A la place il prit le ton le plus posé possible :

-Euh...Ouais mais...J'ai pas mal de boulot aujourd'hui ! Et t'avoir là, ça va pas m'aider à me concentrer . Mais je te rejoins ce midi, non ?

Il détourna le regard quand il remarqua la déception qui se peignait sur le visage de son petit ami qui mit quelques secondes pour répondre :

-Bon. D'accord.

Andréas chercha son portable et Bill remarqua d'un ton songeur :

-Ca fait un moment que je suis pas passé au labo d'ailleurs ! On fait plus grand chose ! A part rester là, dans ma chambre, on sort plus vraiment ! Chaque fois que je te propose de passer, t'y mets toujours un frein, qu'est-ce qu'il y a ? Tu caches une maîtresse dans les placards du labo ou quoi ?

Bill avait dit cela en rigolant un peu. C'était juste une simple remarque à laquelle il ne croyait pas lui-même, il voulait juste plaisanter et il ne remarqua pas qu'Andi avait tressaillit mais ce dernier arriva à se reprendre rapidement et se pencha de nouveau sur lui pour l'embrasser, plaisantant à son tour :

-Ouais, je cache une jolie blonde et faudrait pas que tu tombes dessus ! Tu m'en voudrais, hein ?

Bill enroula ses bras autour de son cou et ferma les yeux, frissonnant quand Andi lui suçota la gorge, il chuchota , se cambrant contre le blond :

-Putain, oui ! Oui je t'en voudrais...Mais si tu descends la bouche encore un peu, peut-être que je pourrais...

Le blond le fit taire avec un dernier baiser et se releva :

-Non, vraiment, faut que j'y aille ! Reste pas à poil comme ça, toi ! Si jamais y a quelqu'un qui vient te voir, t'imagine un peu ?

-Pfff...Comme si j'allais ouvrir tout nu !

-Ouais mais je veux pas qu'on te voit comme ça et dès fois t'as des potes qui entrent sans frapper, habille-toi !

Bill sourit, il aimait la possessivité dont le blond faisait preuve à son égard. Ce qui était totalement absurde quand on savait qu'Andi couchait avec Tom. Mais le blond n'aurait jamais supporté que Bill lui fasse un coup pareil, il était très jaloux et bien qu'il tolérait les amis de Bill, qui étaient les siens aussi dans la foulée, il gardait toujours un oeil jaloux sur son brun, qui était tout de même très convoité à son grand désespoir. Il virait le premier qui s'en approchait d'un peu trop près. Il ne supportait pas l'idée d'un autre que lui touchant Bill. Ironie...

Andi fouilla la pièce du regard, les sourcils froncés et repéra un tee-shirt et un caleçon qu'il attrapa et lança à Bill, ordonnant :

-Tiens, mets ça ! Mets le putain, au lieu de rire ! Me fais pas te le dire deux fois ou je t'habille moi-même, dépêche-toi, je pars pas tant que t'es pas habillé !

-Rhoooo ça va ! Ok, ok ! Voilà, je m'habille, t'es content ?

Andréas se détendit instantanément quand il vit que Bill avait enfilé ses vêtements. Il sourit et après l'avoir embrassé une dernière fois, il ébouriffa ses cheveux et lança en sortant :

-Voilà, t'es mignon comme ça mais j'y vais quand même ! A midi !

Bill eut juste le temps de lui crier en retour un « à midi », Andi était déjà sorti et avait claqué la porte. Bill soupira de bien-être, il avait la matinée pour glander et était déjà pressé de revoir son petit ami pour déjeuner. Avec un peu de chance, il arriverait peut-être à se faire quelques indécences avant que le blond ne reparte travailler ?

A bien y réfléchir, ça faisait aussi un moment qu'ils n'avaient pas eu de « sexe spontané », depuis quelques temps, ils couchaient moins ensemble. Et c'était toujours tard le soir, dans la chambre de Bill, dans le noir. Bill murmura, pensif :

-Comme un vieux couple...

Ils avaient des habitudes bien ancrés depuis un an et demi, mais quand même ! Ils n'étaient pas ce genre de couple qui commence à se lasser à cause de la routine, si ? Il laissa son esprit vagabonder sans se douter une seule seconde de ce qui se passait réellement. Bill faisait entièrement confiance à Andréas, ils n'avaient jamais eu de problèmes d'infidélité, d'ailleurs Bill ne songeait même pas que la tournure qu'avait prise son couple en ce moment pouvait être à cause de quelque chose comme ça. Il se disait simplement que le blond avait de plus en plus de boulot et qu'au final c'était pas plus mal, il avait eu tant de mal à faire démarrer son affaire, Andi était photographe et il développait en plus ses clichés lui-même. Ca commençait à avoir son petit succès, Andi était de moins en moins là. Et il avait même pu se permettre d'accepter un stagiaire, pour la première fois, le fameux Tom. Bill ne l'avait jamais vu mais avait entendu parler de lui quelques fois ou l'avait eu au téléphone une fois quand il avait appelé au labo. Du moins c'est ce qu'il supposa, la voix était grave, chaude. Surpris de ne pas entendre Andi comme il s'y était attendu, il demanda juste « M. Andréas Keller » et son interlocuteur le lui passa rapidement. Il ne sut jamais qu'Andi avait tancé vertement Tom pour avoir répondu au téléphone à sa place. Il avait eu peur que Bill se soit présenté comme son petit ami, il fut donc rassuré de voir que là encore, il avait eu de la chance.



***

Andi fronça le nez en regardant le ciel, il allait certainement pleuvoir aujourd'hui. Il faisait froid,il remonta le col de sa veste en soupirant, il serait bien resté au chaud avec Bill, sous la couette, finalement, mais il sourit quand il songea à ce qui l'attendait au labo. Il enfonça ses mains dans ses poches et prit le chemin du laboratoire, il en avait pour un quart d'heure de marche, ça allait. Il avança, évitant les gens, toujours pris dans ses pensées. C'était super ce qu'il partageait avec Tom, mais il devait y mettre un terme bientôt, ça commençait à être dangereux tout ça, Bill posait de plus en plus de question, faisait de plus en plus de remarques, il avait constamment peur que celui-ci ne débarque au labo et le trouve en mauvaise position. Ou même, que dirait-il à Tom en lui présentant Bill ? La tête que ferait le dreadé suffirait à tout expliquer à Bill, il serait alors dans une merde colossale ! Non, il fallait vraiment que ces deux-là se tiennent le plus loin possible l'un de l'autre, et de toute façon Tom allait bientôt finir son stage, il ne le reverrait plus après ça.

Il n'avait pas encore dit à Tom qu'il ne comptait plus le revoir après, il sera bien temps de le faire, pour l'instant chacun profitait, Tom n'avait pas l'air amoureux, il se contentait de prendre son pied. Tout à ses pensées, il sursauta quand il sentit son portable vibrer dans sa poche. Il décrocha en souriant :

-Me dit pas que t'es déjà arrivé !

C'était Tom. Celui-ci expliqua qu'il était déjà au labo qu'il avait ouvert avec les clés que lui avait laissé Andi et qu'il l'attendait depuis dix bonnes minutes, il avait même emmené deux cafés. Qu'Andi se grouille, c'est tout ce qu'il voulait, il était en train de s'emmerder fermement !

-J'arrive, j'arrive !

Il raccrocha et sourit un peu plus, la matinée allait être mouvementée...Il se rappela soudain qu'il devait passer à la librairie, prendre un ouvrage sur la photographie en noir et blanc, il adorait ce genre de chef d'oeuvre. Il hésita un instant et décida de rappeler Tom pour lui dire qu'il n'arriverait pas maintenant. Devant lui, un couple marchait. Ils étaient en train de s'engueuler à voix mi-haute quand soudain la femme s'écria, détournant l'attention d'Andi :

-Tu l'as baisée, je le sais ! Elle s'en vante partout !

-Elle raconte n'importe quoi ! Chérie...

L'homme avait un ton suppliant et posa une main sur l'épaule de la jeune femme qui l'accompagnait. Cette dernière le repoussa en reniflant et reprit ses reproches à voix plus basse. Andi ne les quittait pas des yeux, la dispute l'amusait. Il prit machinalement son portable pour faire le numéro de Tom, sans remarquer une seule seconde qu'il tapait le numéro de Bill par habitude. Trop occupé à écouter le couple qui se disputait de plus en plus devant lui, il ne remarqua même pas que c'était la voix de Bill qu'il entendait sur le répondeur. Persuadé d'appeler Tom, il ne fit attention à son appel que lorsqu'il entendit le « bip » de la messagerie. Il secoua la tête, encore amusé et laissa son message :

-Euh...Ouais, Tom, c'est moi, c'est juste pour te dire que je passe à la librairie avant, j'ai un bouquin à récupérer. Mais garde le café au chaud, ça caille, alors ça va me faire du bien. Et dans la foulée, garde-toi au chaud aussi, c'est encore mieux. Je serai partant pour que tu me refasses ce que tu m'as fait hier soir, espèce de vicieux...Bon, je file, je prends mon bouquin et je te rejoins au labo, je m'occuperai personnellement de ton petit cul pour ne pas avoir répondu et m'avoir laissé débiter tout ça sur ton répondeur. Je te dis pas «j't'embrasse» ça fait con, par contre je veux bien te rouler une pelle, c'est mieux. A toute !

Et il raccrocha, remit le portable dans sa poche, souriant encore plus quand il passa près du couple qui s'engueulait encore plus fort. Il entendait le mec se défendre minablement, il secoua la tête. C'est pas lui qui irait se faire prendre comme un bleu comme ça ! Pas un instant il se douta avoir laissé un message destiné à Tom sur le portable de Bill. Pas un instant il ne se douta qu'il venait de justement, se faire prendre comme un bleu...


***

Après s'être prélassé deux heures au lit, Bill finit par se lever. Le rangement de sa chambre lui prit à peine quinze minutes. Il avait de la chance, la résidence universitaire dans laquelle il avait eu une chambre était la seule où les étudiants avaient une petite salle de bain personnelle. Les autres immeubles avaient des douches et toilettes communes. Bill alla donc prendre une longue douche brûlante et se prépara avec soin. Il lissait ses cheveux, se maquillait les yeux de noir, s'habillait moulant. Il choisit ses vêtements et accessoires avec soin, il savait qu'Andi aimait quand il était en noir, il allait être complètement excité en le voyant.

Il revint s'assoir sur son lit, se demandant ce qu'il allait faire jusqu'à ce que son petit ami arrive, il lui restait à peu près deux heures. Il remarqua alors son portable sur la table de nuit. Il le prit et remarqua aussi qu'il était éteint, il ne se souvenait pas l'avoir éteint la veille. Il le ralluma et quelques secondes après, un bip indiqua qu'il avait reçu un message vocal. Il fit le numéro qui allait lui permettre de prendre connaissance de l'appel qu'on lui avait passé. Il reconnut de suite la voix d'Andi et sourit un peu. Andi s'était adressé à Tom, il était tellement étourdi, il s'était trompé peut-être ? Mais plus il écoutait, moins il sourit, jusqu'à blanchir complètement. Andréas avait bien dit ce qu'il avait entendu ? Vraiment ? Les mains tremblantes, Bill réécouta le message pour s'assurer qu'il avait bien compris, aucun doute, Andi avait bien une sorte de...liaison avec son stagiaire, le fameux Tom. Tom qu'il traitait de « vicieux » en plus, ce qui impliquait qu'ils devaient faire de sacrées choses tous les deux dans son dos !

Bill était complètement abattu, déboussolé et à tout cela se mêla la rage. Depuis quand cela durait ? Il avait l'impression que la terre venait de s'ouvrir sous lui, son coeur battait furieusement, il serrait les mâchoires à s'en faire mal. Il avait envie d'aller au laboratoire et faire un scandale. Andi avait encore le culot d'être jaloux en plus ! C'était n'importe quoi ! Il fallait qu'il fasse quelque chose, il n'allait pas pouvoir attendre que le blond le rejoigne pour déjeuner, il n'allait pas réussir à faire comme si de rien n'était.

Et il eut subitement envie de voir son rival, ce Tom en question. Le regarder dans les yeux et voir si la honte l'envahissait quand il verrait Bill. Parce qu'il devait forcément savoir qu'Andi était déjà en couple, non ? Voilà donc pourquoi Andréas mettait le plus de distance possible entre le labo et lui ! Tout simplement pour ne pas qu'il rencontre ce Tom ! Non, il fallait vraiment qu'il rencontre ce type, c'était absurde mais la curiosité était plus forte que tout, l'envie de blesser, d'insulter Tom, peut-être même lui envoyer un bon coup de poing...

Il prit rapidement sa décision et se leva, bien décidé à se rendre au laboratoire pour rencontrer ce Tom. Il savait que ce qu'il allait faire aller tout changer. De toute façon, quelque chose venait de mourir à l'intérieur de lui, inutile de se leurrer, lui qui croyait son couple solide et heureux, venait de découvrir que le noir se mêlait parfois au blanc et c'était plus que désagréable.

Il arriva rapidement au magasin d'Andi mais hésita à entrer. Et si son petit ami était là, enlacé avec ce fameux Tom, comment allait-il réagir ? Est-ce qu'il était vraiment prêt à voir ça ? Est-ce qu'il voulait vraiment se faire mal à ce point ? Est-ce qu'il pourrait pardonner ? Il soupira et poussa la porte. En avançant un peu dans la pièce, il remarqua Andréas qui était debout près d'un gros appareil photo qu'il tripotait, se penchant souvent pour regarder à travers le viseur. Il ressentit immédiatement la colère d'avoir été trahi et chercha comment aborder la conversation. Andi leva la tête et le remarqua enfin. Il en fut très surpris, Bill n'avait pas téléphoné avant de passer. Il essaya de calmer l'affolement qui le gagnait et demanda :

-Bill ? Mais...mais qu'est-ce que tu fais là ?

Bill prit un ton neutre et se dirigea vers lui :

-Bin quoi, je peux pas te faire une visite surprire ?

-Euh...Bin...Bin si mais...euh...

Bill savait très bien qu'Andi devait flipper de le voir là. Il était seul, où était donc le stagiaire ? Il remarqua qu'Andréas était nerveux, très nerveux. Il haussa un sourcil et se força à sourire un peu :

-Bin dis donc, cache ta joie ! Moi qui pensais te faire plaisir !

-Non, non, c'est pas ça, ça me fait plaisir, mais là tu vois, j'ai pas mal de boulot, c'est tout. Et comme d'habitude tu m'appelles avant de passer, je suis juste surpris que tu l'aies pas fait cette fois. Euh...Tu sais, j'ai pas beaucoup de temps, là.

-Je sais, tu viens de le dire. Alors, tu faisais quoi ?

Bill chercha un tabouret du regard et s'installa dessus. Pendant qu'Andi lui expliquait, d'un ton affolé et dans un débit rapide ce qu'il était en train de faire, Bill nota que le blond regardait souvent et furtivement la porte d'entrée. Il en déduit que Tom devait être sorti. Et là, il devait être franchement mal, ayant peur que son stagiaire revienne et que Bill ne tombe dessus. Le brun ne se doutait pas une seconde que la terreur d'Andi était à son comble. En effet, Andi craignait le retour de Tom parce qu'en plus ce dernier ne connaissait pas l'existence de Bill et là il se trouvait dans une situation très embarrassante.

Il parlait d'une voix rapide et hachée, Bill le regardait se débattre, faisant comme si de rien n'était et Tom ne revenait toujours pas. Andréas finit par trouver une idée. Tout en continuant de parler avec Bill qui ne le quittait pas des yeux, il saisit son portable, mine de rien et dit :

-Euh...attends deux secondes, faut que j'appelle un client. Merde, comment il s'appelle déjà ? Attends que je cherche son numéro...

En fait, il faisait semblant de chercher le numéro alors qu'il tapait rapidement un texto à Tom pour lui dire d'aller au supermarché pas trop loin du labo pour acheter quelques trucs à grignoter sous prétexte qu'il avait faim et qu'il ne pouvait pas attendre midi. Tom était en fait sorti acheter des cigarettes et Andi voulait simplement avoir le temps de faire partir Bill avant qu'il ne revienne.

Bill fut encore plus en colère, il comprit ce que le blond faisait, surtout que ce dernier soupira :

-Merde, j'ai pas son numéro dans mon portable. Tant pis, je l'appellerai plus tard.

Il hallucinait, Andi mentait avec une telle facilité, c'était déconcertant ! Et là, Bill comprit qu'il venait d'éloigner Tom et qu'il ne le verrait pas aujourd'hui. Cela fut confirmé quand il nota comment le blond se détendit après avoir rangé son portable dans sa poche.

-Euh...Bill, tu...écoute, j'ai du boulot, là, beaucoup de boulot. Je te vois chez toi, ce midi ?

-Tu me fous dehors ou je rêve ?

-Non, je te fous pas dehors, qu'est-ce que tu racontes ! Mais là, je peux pas trop rester à parler. Je ramène le déjeuner, y a quelque chose qui te ferait plaisir ? Vas-y, choisis n'importe quoi, c'est moi qui paie, je te l'offre !

Bill avait envie de hurler. Il était en train de se faire mettre à la porte pour ne pas rencontrer l'amant de son petit ami et ce dernier n'avait rien de mieux à lui proposer qu'un « lot de consolation » pour soulager sa conscience. Pendant un instant il eut envie de lui jeter à la figure tout ce qu'il savait. Mais il se retint, il était tellement furieux et bouleversé qu'il réagissait un peu en pilotage automatique. Il eut brusquement envie de partir, Andréas lui faisait horreur. Celui-ci, ne sachant ce qui se passait dans la tête du brun, s'approcha de lui et l'enlaça, ne remarquant pas comment Bill s'était raidi dans ses bras. Il l'embrassa dans le cou et dit :

-Hmmm...Tu me rends dingue à sentir bon comme ça...Allez, vas-y avant que je te coince dans la chambre noire ! Je te rejoins tout à l'heure.

Bill se laissa embrasser, répondant à peine au baiser qu'il reçut comme une trahison. Andréas le raccompagna à la porte et l'embrassa une dernière fois avant de laisser sortir. Une fois dehors, Bill, toujours un peu à l'ouest, se dirigea au hasard, marchant dans la rue, dévisageant les hommes qui passaient près de lui, espérant qu'un détail particulier lui ferait reconnaître Tom. Mais il n'avait aucun renseignements sur ce Tom, pas le moindre. Ca pouvait être n'importe laquelle de ces personnes qui le frôlaient en passant à côté de lui pour aller dans la direction du laboratoire.

A force de marcher, il se retrouva devant un bar et décida d'y entrer. Il commanda un chocolat chaud et s'installa au fond de la salle pour réfléchir et être tranquille. Il secoua la tête, pris dans ses pensées. Mais qu'est-ce qu'il croyait donc ? Qu'Andréas était meilleur que n'importe lequel de ces hommes ? Depuis quand était-il trahi ? Avec qui d'autre que Tom ? Eux qui devaient emménager ensemble d'ici quelques mois, c'était tellement...injuste !

Tout cela tournait et retournait dans sa tête et son coeur, déjà bien gros depuis qu'il avait écouté et compris le message d'Andi céda sous l'émotion. Il s'affala sur la table et éclata en sanglots entre ses bras, posant son front à même la table. Il ne pensait même pas à se retenir, il laissait tout son chagrin ressortir, sa rage aussi d'avoir été trahi.

Il se fichait d'être vu, à vrai dire il n'y pensait même pas, il s'était assis au fond et laissait couler toute sa peine, se sentant minable de ne pas pouvoir se retenir. Son corps tressautait, il hoquetait bruyamment et toutes ses pensées étaient mélangées. Un tas de sentiment se battaient pour avoir la priorité dans tout son être, il ne savait pas ce qui était le plus fort, la haine, la rage, la douleur, l'incompréhension, le dégoût...

Non loin de là, un jeune homme se lavait les mains. Une fois propres, il les passa distraitement sous l'appareil pour qu'un vent brûlant à peine supportable les sèche. Avant de sortir, il se regarda une dernière fois dans le miroir et réajusta sa casquette et sourit, satisfait, avant de se lancer un clin d'oeil :

-Tom mon vieux, t'es trop canon, je serai quelqu'un d'autre, je serai sorti avec toi !

Sa remarque le fit rire un instant avant qu'il ne taise d'un coup, horrifié à la pensée qu'on puisse le surprendre en train de parler à son propre reflet dans des termes aussi flatteurs. Il entendit soudain le bruit de gros sanglots et fronça les sourcils. Il se dépêcha de sortir et vit de suite un corps mince, affalé sur la table, les cheveux éparpillés tout autour de la tête, une personne secouée par un immense chagrin, semblait-il. Il n'hésita pas et s'approcha doucement. Il avança la main et secoua un peu l'épaule, demandant :

-Euh...Hey ! Ca va ?

L'interpellé sursauta et se dressa vivement, repoussant sa main et s'écriant :

-Qui...Fous-moi la paix !

Tom fut extrêmement surpris, la voix était manifestement celle d'un jeune homme, malgré le maquillage noir qui coulait et malgré les cheveux longs. Il ne put s'empêcher de s'écrier à son tour :

-Putain ! T'es un mec !

Bill saisit la serviette en papier posée sur la table à côté de lui pour essuyer ses yeux et cracha :

-Ouais et alors ?

-Non, mais c'est juste que...je pensais que c'était une fille qui pleurait, là !

-Bon, c'est pas le cas. Désolé si t'as pas pu jouer au chevalier servant. Tu peux partir, maintenant, ça va aller.

Tom hocha la tête et voulut se retourner pour partir. Mais quelque chose le retenait, malgré son visage rouge et ses yeux enflés, le jeune homme était très beau mais semblait très malheureux. Il hésita quelques secondes et voulut parler, mais le brun prit la parole :

-Quoi ? Tu pars pas ?

-Bin...T'es sûr que ça va aller ?

Il vit le jeune homme soupirer longuement d'un air ennuyé et dire :

-Je suis en train de chialer comme une gonzesse et tu demandes si ça va ? T'as de ces questions, toi ! Mais t'inquiète pas, ça va aller, ouais. Je suis en train de me calmer. Tu peux partir, je t'ai dis !

Tom n'en fit rien et prit place en face de lui finalement. Le brun était surpris à son tour. Qu'est-ce que ce gars lui voulait, il venait de lui dire que ça irait ! Son visage se ferma et il grogna :

-Je t'ai pas invité à t'assoir. C'est pas la peine de rester, je vais pas me suicider si c'est ça que tu crains, donc tu peux partir ! Je pleurerai moins fort !

Tom réprima un rire et dit, amusé :

-Oh, bin je vais rester parce que si tu dis ça, c'est que c'est pas encore fini alors ! Non, sérieusement, qu'est-ce qu'il y a ?

Bill ouvrit de grands yeux et dit :

-Mais...de quoi je me mêle ? Tu crois que je vais te raconter ma vie ?

-Bin t'as pas l'air d'aller bien et je veux pas te laisser tout seul, maintenant je suis concerné, donc avant de partir, je veux m'assurer que ça va. Et puis ça fait du bien, dès fois, de parler.

-Je t'ai rien demandé, j'ai pas besoin de parler, je vais bien. Et d'ailleurs, j'ai rien à dire, on se connait même pas ! T'es bien curieux, dis-moi !

-C'est vrai, je suis curieux de savoir ce qui peut bien te mettre dans un état pareil ! Et puis, c'est vrai, on se connait pas, mais ça peut s'arranger tout de suite.

Tom avança la main avec un grand sourire et dit :

-Salut, je m'appelle Tom, j'ai 22 ans et je bosse dans la photo. Voilà. Maintenant tu me dis qui tu es et comme ça, on sera plus vraiment des étrangers et on pourra parler. Alors, toi c'est comment ?

Mais Bill semblait incapable de répondre. Il regardait le jeune homme en face de lui, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, l'esprit chamboulé, une seule pensée en tête « non...c'est pas possible... » Ce jeune venait bien de dire qu'il s'appelait Tom et qu'il bossait dans la photo ? Se pouvait-il, que par le plus malheureux des hasards, ce soit...lui ?

- Attraction - Partie 1 (1/4) 24/02/2009

ATTRACTION

Quand l'attirance entre jumeaux est insurmontable...

Une porte claqua et une voix joyeuse retentit :

-Bill ! Bill ! T'es où ?

Le dénommé leva simplement le bras du canapé où il était avachi. Il tourna à peine la tête quand l'arrivant se vautra à côté de lui, lui chipant la télécommande des mains, néanmoins, il grogna :

-Tom ! Enlèves pas ça, je regarde !

Sur le point de zapper, le jeune homme se ravisa et soupira longuement avant de se concentrer sur la télé, avec son frère. Voilà, ces deux jeunes hommes étaient des frères, des frères jumeaux. De 18 ans. De vrais jumeaux, d'une ressemblance déconcertante et pourtant, ils cultivaient l'un et l'autre chacun un style différent, ce qui ôtait depuis plusieurs années toute ressemblance physique entre eux. Tom, l'aîné de dix minutes, avait de longues dreads blondes qu'il retenait en queue de cheval passée dans une casquette toujours assortie à ses vêtements. Et sous la casquette, un large bandeau recouvrait son front. Il portait des vêtements amples, très amples, genre rappeur américain, baggy et tee-shirts très larges, oui, au pluriel parce qu'il mettait toujours deux tee-shirts à la fois. Le tout agrémenté de baskets de marques bien-sûr assorties, cela allait de soi. A tout ça, s'ajoutait un piercing au labret qu'il avait fait quand il avait 12 ans. C'était un jeune homme bien fait, finement musclé, la peau légèrement hâlée avec une intelligence vive et un humour ravageur. Tom avait deux passions, dont l'une était la guitare. Il en jouait depuis que l'homme que leur mère avait épousé, était entré dans leur vie et leur avait appris le mot « musique ». Il avait 7 ans et avait un don réel pour l'instrument. Depuis, il n'avait cessé de s'améliorer, jouant tous les jours avec passion et reproduisant et créant des mélodies souvent qualifiées de magnifiques. Son autre passion s'appelait Bill. Son frère jumeau. Son cadet de dix minutes. La personne qui comptait le plus, celle qu'il aimait plus que tout et pour qui il donnerait sa vie. Bill, son frère, son jumeau, sa moitié, son double, son tout...

Bill était physiquement légèrement plus grand et plus fin que son frère. Ses traits étaient plus...féminins. Encore plus quand il entourait d'un noir charbonneux le contour de ses yeux, le rendant mystèrieux, comme inaccessible. C'était une habitude qu'il avait prise depuis tout jeune, vers 12 ans, lors d'une soirée d'halloween où il s'était déguisé en vampire, il avait testé le maquillage autour des yeux, et ça lui avait tellement plut qu'il décida d'adopter ce style pour en faire une habitude quotidienne. Il avait de longs cheveux lui tombant sur les épaules et, de nature blonde lui aussi, avait commencé à se teindre les cheveux en noir corbeau depuis l'âge de 12 ans, année de tous ses changements. Quand son frère se fit percer, lui aussi le fit, à la langue. Quelques années plus tard il en eut un autre à l'arcade sourcilière droite. Son style à lui était aussi particulier que celui de son frère. Sauf que lui était plutôt branché rock, il portait des jeans plutôt moulants, des tee-shirts près du corps, des santiags et des vestes en cuir. Il était plus exubérant, plus extraverti que son frère, plus bavard et plus démonstratif aussi. Il avait comme son frère de magnifique yeux noisette étirés en amande, mais une mâchoire plus finement dessinée, un nez plus fin et une bouche légèrement plus pulpeuse. Si ça n'avait été les transformation qu'ils avaient apportées à leur physique, ils étaient déroutants de ressemblance.

Ils s'entendaient à merveille, discutant toujours de tout et de rien ensemble, passant la plupart de leur temps l'un avec l'autre, se défendant et se protégeant mutuellement, organisant ensemble les coups les plus tordus, bref une complicité exacerbée, un lien gémellaire immensément fort que rien n'était venu briser jusqu'ici. Ils pensaient souvent les mêmes choses, finissaient la phrase que l'un avait commencée ou l'exprimant quand l'autre la taisait, tout simplement. Des jumeaux avec un lien indestructible. Ils dormaient quelque fois ensemble, parce que la présence de l'autre leur était vitale mais refusaient par contre de partager la même salle de bains depuis qu'ils étaient entrés dans l'adolescence. Et comme tous les frères, il arrivait qu'ils se disputent, et leur amour étant si étendu, leurs disputes prenaient des proportions inimaginables. Autant ils savaient s'aimer presque à la folie, autant ils savaient se déchirer quand ils s'engueulaient. Mais ça ne durait jamais longtemps, c'est toujours dans les bras l'un de l'autre, le visage contrit et le regard désolé, qu'ils se réconciliaient et c'était repartit de plus belle.

Leur style particulier attirait et fascinait tout le monde. Ils étaient très populaires mais leurs vrais amis étaient très peu nombreux. Ils étaient une bande de cinq garçons, avec Georg, Gustav et Andréas. Ils aimaient la fête, la musique, les filles, surtout les filles, une vie normale de jeunes hommes de leur âge, quoi. Et cette petite bande-là avait un énorme succès auprès de la gente féminine. Et masculine, aussi. A cause de Bill. Son visage si fin et si bien dessiné, son style androgyne et attirant hypnotisaient tout le monde, les filles voulaient sortir avec lui et il troublait aussi quelques garçons dont certains se prétendaient farouchement hétéros. Ça les faisait rire.

Des deux jumeaux, c'était Bill le plus tombeur. Il avait déjà un palmarès impressionnant par rapport à son frère qui avait beaucoup de succès aussi, mais celui-ci restait en général plus longtemps avec une petite amie que le brun qui lui, s'amusait sans pour cela être salaud ou méprisant. Sa plus longue relation avait duré trois mois. Et contre toute attente, ce fut la fille qui rompit, lassée de devoir passer après les copains de Bill et énervée d'avoir à attendre qu'il lui dise enfin « je t'aime ». Il était resté tout ce temps avec elle parce que bon sang, au lit cette fille était terrible ! Bill en avait été soufflé et s'était amusé comme personne. Quand elle rompit, le brun la regretta longtemps...

Ils n'étaient pas dans la même classe, Bill étant plus littéraire que son frère qui était plutôt scientifique. Aujourd'hui, le brun avait fini plus tôt, il avait prévenu son jumeau qu'il rentrait sans lui et fila directement chez eux dans l'espoir de pouvoir dormir un peu. Il était arrivé chez lui et s'était immédiatement affalé dans le canapé, piquant un roupillon devant la télé. Il venait de se réveiller quand son frère arriva enfin.

Après avoir regardé l'écran sans réellement le voir, Tom tourna la tête vers son frère et demanda :

-Bon, on fait quoi ?

Le brun lui jeta un regard bref et haussa les épaules :

-Toi je sais pas mais moi je fais rien. Suis crevé.

Tom se leva, s'étirant de tout son long et lança, avant de quitter la pièce :

-Je monte. Je vais prendre une douche et peut-être que je vais dormir un peu aussi. Réveilles-moi quand les parents seront rentrés.

Son jumeau acquiesça et se retrouva seul devant la télé, de nouveau. Et il commença à penser. A penser à ce qui le préoccupait depuis un moment. Il avait un problème, un énorme problème, un embarrassant problème, même. Il était attiré par son frère...

Ça avait commencé bêtement, jamais il n'aurait crû qu'il puisse ressentir du désir pour son jumeau, c'était complètement fou, complètement improbable, complètement dément, même. Et dire que tout ça avait commencé par sa faute.

En effet, c'était lui-même qui s'était fourré dans un tel pétrin, lui-même et ses « idées à la con ». Gustav avait fait une fête, il y avait cela un mois, et bien-sûr, il s'y était rendu avec Tom, prévoyant de se « lever un joli petit lot » et de lui faire sa fête pendant un bon moment. A ce moment-là, Tom avait une petite amie, une certaine Sandra, petite, blonde, élancée, jolie et gentille. Mais vraiment pas futée. Vraiment pas, non. Bill charriait sans cesse son jumeau à propos de cela, après tout, le brun avait réussi à lui faire gober qu'aux USA, les gens jouaient au volley-ball avec des ballons en forme de cubes pour que les mains aient une meilleure prise, alors qu'en Europe, ils étaient encore presque archaïques avec leurs ballons ronds. Sandra avait ouvert grand les yeux, impressionnée et s'était exclamée :

-Ils ont de la chance, mais y a personne ici pour en commander ? Ce serait génial !

Bill avait failli s'étouffer de rire et Tom lui avait fait la gueule pendant une heure ou deux, éloignant sa copine de ce frère si moqueur. Il avait eu honte d'elle, d'un coup, mais une fois rentré, il ne pût s'empêcher d'en rire avec son jumeau. Non, Sandra n'était vraiment pas futée. Mais elle avait quelques qualités compensant très bien son manque de discernement, et ces qualités-là se trouvaient dans la façon qu'elle avait d'utiliser son corps pour envoûter le blond.

Flashback

Les jumeaux étaient venus à la soirée de Gustav totalement célibataires. Tom avait fini par rompre d'avec Sandra, de toute façon, il ne l'aimait pas. Et Bill...Bill scannait les environs d'un ½il affamé pour repérer sa meilleure proie. Il finit par trouver une jolie brune dont il oublia le prénom dès qu'elle le lui eut donné et commença à se montrer très entreprenant. Les personnes présentes à la fête dansaient et buvaient de tous les côtés et n'avaient pas tardé à se retrouver torchés. Et Tom semblait l'être complètement, lui aussi. Bill était en train de travailler soigneusement la brune, affalés tous deux dans le canapé de Gus quand Georg vint taper à l'épaule de Bill :

-Mec ! Mec, viens voir, ton frère est complètement déchiré !

Le brun s'interrompit un instant et grogna :

-Je suis pas sa mère ! Putain, je sais pas, donnes-lui de l'eau, emmènes-le aux chiottes, tu vois pas que je suis occupé, là ?

Georg insista tout de même :

-Tu continueras tout à l'heure. Va le voir, je te dis. Il pleure !

Là, Bill se redressa immédiatement :

-Quoi ? Il pleure ? Pourquoi ? Oh putain...ce con a l'alcool triste quand il est trop plein.

Il se tourna vers la fille avant de se lever :

-Gardes tout ça au chaud pour moi, chérie, je vais ranger mon frère et je reviens.

Il sortit après lui avoir lancé un clin d'½il et suivit Georg jusqu'au dehors, Tom était sorti et se tenait dans le petit jardin, assis contre un arbre, pleurant toujours. Bill s'accroupit à côté de lui en soupirant et mis une main sur son épaule pour le secouer un peu :

-Tom ! Tom ! Pfff...Allez, viens, lèves-toi !

Il se releva et essaya de redresser aussi son jumeau qui pleurait de plus belle et se retenait à lui en accrochant fortement ses doigts dans son tee-shirt, le brun râla immédiatement :

-Merde Tom, lâches-moi un peu, tu vas déchirer mon tee-shirt, là ! Putain, je te dis tout le temps de pas boire autant ! Bon, tu pleures pourquoi, cette fois ?

Le blond s'accrocha encore plus et gémit :

-Je suis tout seul, tout seul comme un con...Personne ne m'aime...Y a personne qui veut de moi !

Malgré tout, Bill en fut amusé. Mais il luttait pour maintenir son frère en équilibre, alors il quémanda l'aide de Georg et à eux deux, relevèrent tant bien que mal le pauvre dreadé sanglotant. Quand il fut debout, il regarda son frère et enfouit sa tête dans son cou :

-Personne m'aime, Bill...Personne...Y a que toi, qui veut bien de moi...

Son jumeau, bien qu'amusé, fut un peu exaspéré. Tom mouillait son cou et ça l'agaçait un peu :

-Tom merde, arrêtes de pleurer, tu me mouilles. Mais si, tout le monde t'aime ! Allez, viens on va te passer de l'eau sur la figure.

Aidé de Georg, ils réussirent à le traîner jusque la salle de bain où Bill lui lava et sécha le visage, essayant de réconforter son jumeau qui peu à peu se calma. Georg proposa d'emmener le blond dans une des chambres et ils le conduirent donc dans celle de Gus. Bill était en train de coucher son frère quand il entendit que son ami, qui sortait de la pièce, s'adressait à une fille :

-Ouais il est là-dedans, il finit de voir si ça va aller pour son frère, vas-y ouais.

Tout de suite après, il reconnut la brune qu'il avait commencé à emballer. Elle tourna la clef avant de s'approcher de lui, un air gourmand sur le visage. Il lui lança :

-Qu'est-ce que tu fais là ? Comment tu m'as trouvé ?

Elle prit sa voix la plus chaude pour répondre :

-Je vous ai vu passer, toi et Georg et j'ai vu quelle direction vous preniez. Je me suis dit que j'allais te rejoindre, j'ai bien fait ?

-T'as bien fait, ma jolie. Attends, je finis d'enlever les chaussures de mon cher frangin et je m'occupe de toi.

Il le fit rapidement et se releva tout aussi vite. La brune se jeta littéralement dans ses bras et ils commencèrent un baiser intense, faisant déraper leurs langues sur leur joues et leurs mentons tellement ils s'enflammaient. Bill la repoussa un peu :

-Attends, attends...Viens, on va aller dans une autre chambre...On va pas-

Il fut coupé par la bouche de la fille qui revint se poser brutalement sur la sienne. Elle le serrait si fort et remuait tellement qu'il se retrouva basculé sur le lit. Tom s'était recroquevillé dans un coin du lit, presque contre le mur et le lit étant très large, Bill et sa partenaire n'empiétaient pas dans son espace. Entre deux baisers fougueux, Bill essaya de dire :

-Putain...Viens, on sort...on va pas...on va pas faire ça, là !

La fille se tortillait dans tous les sens, allongée sur lui et s'excitait encore plus quand elle sentit contre son pubis l'érection impressionnante du brun, malgré l'épaisseur du pantalon :

-Oh j'ai trop envie de toi...Je m'en fous...Regardes, il est tellement bourré qu'il nous entend même pas...Allez, Bill, allez...On le fait là...Hummm, moi ça m'excite de le faire là, comme ça, pas toi ?

Bill serra ses hanches pour la frotter encore plus sur lui et répondit, la mâchoire serrée :

-Putain ! Ça t'excite, hein ? Ok...Ok, putain...Je vais te donner ce que tu attends...

Pendant un instant, il n'y eut plus que le bruit des étoffes qu'on retirait et le bruit des bouches qui jouaient entre elles et les deux jeunes se retrouvèrent vite presque nus, ne gardant que leurs sous-vêtements, histoire de faire durer le suspens. Ils avaient tellement gigoté qu'ils avaient glissé à terre, sur la moquette épaisse, juste au pied du lit. Le brun était allongé sur le dos et la fille lui léchait le torse avec envie. Elle lui mordilla un téton et il jura à voix haute, trop excité :

-Oh putain !

Soudain, ils entendirent une voix étonnée s'élever :

-Hey ! Hey, c'est qui ?

Ils s'arrêtèrent net et Bill se redressa, repoussant la fille sur le côté. Il se mit assis et montra sa tête à Tom, qui avait l'air de s'être réveillé. Celui-ci avait basculé sur le dos et essayait tant bien que mal de lever la tête pour regarder qui faisait tant de bruit dans la chambre où il était. Le brun se sentit un peu gêné et bégaya :

-Merde ! T'es...t'es...réveillé ? Merde ! Attends, arrêtes un instant...

C'était adressé à la jeune fille qui s'était assise dans son dos, elle avait passé ses bras autour de sa taille et embrasait son omoplate, passant le bout de sa langue sur sa peau. Il se débattit un peu mollement et un peu plus quand il entendit Tom râler :

-Putain Bill ! T'as pas un autre endroit pour faire ça ? Vous pouvez pas bouger ?

Son jumeau se releva, avec pour idées de se rhabiller et entraîner sa partenaire, mais celle-ci, plus rapide, s'était redressée et se laissa retomber sur le lit, au côté de Tom qui fut trop surpris pour dire quoi que ce soit. Bill la regarda et lança :

-Bon, tu viens ?

Elle secoua la tête en signe de négation et se blottit contre Tom. Ce dernier n'en revenait pas. C'était la première fois qu'il vivait une situation pareille. Il avait la tête qui tournait encore, mais était un peu plus conscient de ce qu'il se passait autour de lui. Il entendit la fille déclarer suavement :

-Non...On pourrait rester...En plus, maintenant que ton frère est réveillé, il peut se joindre à nous, s'il est pas totalement beurré ?

Elle tourna la tête vers lui et fit onduler son corps contre celui du dreadé :

-T'es pas d'accord, toi ?

Bill secoua à son tour la tête, complètement interloqué :

-Non mais...Non mais t'es pas bien ? On va pas...

La fille se fit plus câline contre Tom et sa voix se fit encore plus provocante :

-Oh, allez, t'as peur de quoi ? Tu l'as jamais fait à trois ? Hummm...C'est terrible...Et moi, des jumeaux, ça m'a toujours excitée...Lequel d'entre vous deux est le meilleur, hein ?

Le blond commençait à s'échauffer sérieusement. Il n'était pas loin d'avoir oublié que son jumeau était dans la pièce, n'ayant pratiquement que conscience du corps chaud qui se mouvait contre le sien et de la langue qui commençait à chatouiller son cou. Il eut la pensée de la repousser fermement et de sortir de la chambre, d'essayer du moins, c'était le coup de son frère bordel ! Mais il était encore trop ivre pour y arriver. Bill, lui, était de plus en plus ébahi. Cette fille venait de proposer qu'ils fassent ça à trois ?! Elle et eux ?! C'était du grand n'importe quoi...

En même temps, l'idée n'était pas si désagréable que ça. Il était lui-même assez défoncé pour être désinhibé mais pas assez pour ne pas savoir quoi faire. Il se passa la main dans les cheveux et hésita encore un instant. Jamais il ne s'était retrouvé dans une situation comme celle-là...Les deux frères s'étaient déjà souvent mutuellement charriés à propos de leurs performances au lit, se déclarant à haut cris le plus doué, comme le font tous les frères, mais sans plus. L'alcool, le fait d'avoir été chauffé, son envie pas encore tout à fait apaisée, tout cela décida le brun. Il regarda encore la jeune fille sur le lit qui avait passé une main sous le tee-shirt de son frère et qui lui caressait le buste. Elle lui suçotait le cou et Tom crispait sa main dans sa chevelure. Tout cela lui fit prendre la décision qu'il regrettera amèrement plus tard...Il posa un genou sur le lit avant de dire :

-Ok. Si mon cher frère n'y voit pas d'inconvénients, pourquoi pas ?

Le frère en question secoua la tête, les yeux toujours fermés et dit, haletant déjà un peu :

-Suis trop bourré pour refuser. Ouais, allez, jouons un peu.

Il rajouta mentalement :

-De toute façon on aura tout oublié demain...

La fille sourit pour elle-même et s'empressa de dénuder le blond avant de se recoucher entre les deux frères, Bill toujours dans son dos. Celui-ci commença à l'embrasser dans le cou et caresser son flanc, descendant jusque ses cuisses et elle sentit bientôt qu'il lui retirait son soutien-gorge. La bouche toujours dans le cou de la fille, Bill fit lentement descendre sa culotte. Elle était maintenant totalement nu entre eux deux, qui avaient gardé leurs boxers. Tom, jusque là sur le dos, se tourna face à elle, sur le flanc aussi et, passant son bras autour de sa taille, il l'attira un peu plus à lui pour enfoncer sa langue dans la bouche de la brune. Son bras effleura le ventre du brun, mais cela n'eut l'air de ne gêner personne.

- Attraction - Partie 1 (2/4) 24/02/2009

Après un long moment où chacun des deux frères tentèrent de la garder face à lui pour profiter de sa bouche, elle finit par se relever pour récupérer rapidement deux préservatifs dans son petit sac et revint sur le lit, toujours entre les deux jeunes hommes qui faisaient courir leurs mains sur son corps nu. Ils la caressèrent à tour de rôle, la faisant gémir plaintivement en introduisant leurs doigts en elle chacun à leur tour, et ça leur plaisait tellement qu'ils avaient complètement oublié l'absurdité de la situation et la présence de leur jumeau. Ils prenaient leur pied, c'était tout ce qui comptait. Bill, qui était un peu plus sobre que son frère quand même, ne put s'empêcher néanmoins d'éprouver un peu de gêne quand Tom poussa un fort gémissement quand la fille plongea sa main dans son boxer. Il était allongé sur le dos, la fille à califourchon sur ses cuisses et Bill avait placé ses genoux de chaque côtés de son bassin, il lui embrassait le cou pendant qu'il avait passé ses mains par devant, caressant un sein avec ferveur et explorant son intimité de l'autre. Quand Tom gémit, il regarda par-dessus l'épaule de la fille et vit son frère la bouche entrouverte, la tête rejetée, les yeux mi-clos, il se mordait la lèvre de temps en temps quand les attouchements de la fille se faisaient plus précis. L'espace d'un instant, il trouva son frère sexy, comme ça.

Ils étaient tous trois étourdis par l'alcool et l'envie, excités comme jamais, l'attrait de la nouveauté avait exacerbé tout ça chez les garçons. La fille se dépêcha d'enfiler les préservatifs aux frères et s'empala directement sur Tom qui gémit plus fort encore. Elle voulut amorcer ses vas et viens mais Bill commençait déjà à la pénétrer analement aussi, très doucement, après l'avoir préparée avec ses doigts, elle dût donc s'immobiliser et grimaça de douleur. De fait, Tom s'était immobilisé lui aussi, les mains ancrées dans les hanches de la jeune fille. Puis elle bougea un peu, indiquant par là que les garçons pouvaient reprendre les mouvements.

Bill ne pouvait s'empêcher de regarder le visage de son frère, luisant de sueur avec une moue d'extase. Il était placé lui aussi sur les jambes de son frère pour avoir une position plus confortable. A un moment, il plaça sa tête sur l'épaule de la fille et son regard suivit le mouvement que faisaient les mains de Tom. Il caressait lentement les cuisses de la fille. De par la position, les cuisses du brun étaient collées de chaque côtés de celles de la fille et il sentit, en plus de le voir, les mains de son jumeau commencer à le toucher aussi. Il bougea un peu les jambes pour repousser les mains de son frère mais quand il leva le regard, il vit Tom le regarder avec une lueur perverse et il sentit son c½ur s'emballer inexplicablement un peu plus. Le blond fit glisser ses mains des cuisses de la fille jusque les siennes qu'il caressa aussi avec lenteur. Bill voulut protester un peu mais fut incapable de le faire. Tom faisait glisser ses mains, encore et encore, les yeux plantés dans ceux de son jumeau qui n'arrivait pas à détacher son regard non plus. Le blond décolla les cuisses de son cadet de celles de la fille et en caressa l'intérieur, lui provoquant de violents frissons. Il raclait très légèrement sa peau de ses ongles courts et crispait ses doigts dans la chair, sentant les muscles se contracter sous les mouvements que Bill faisait pour pénétrer sa partenaire. Cette dernière n'avait pas conscience de ce qu'il se passait, elle avait posé sa tête sur l'épaule de Bill et gémissait sans arrêt.

Tom eut une impulsion et remonta le plus possible jusque les mains de Bill qui enserraient les hanches féminines, il détacha les mains et entrelaça leurs doigts. Bill en était hypnotisé. Longtemps ils se regardèrent dans les yeux en prenant la jeune fille. Puis, celle-ci, décidément coquine leur fit savoir qu'elle voulait qu'ils changent et ce fut donc Tom qui se trouva dans son dos. Le temps de changer de position, quand Bill passa à côté de lui, il l'attira à lui en serrant sa nuque et colla sa bouche sur celle de son frère qui se sentit défaillir quand il sentit la langue du blond envelopper la sienne. Après quelques secondes, il réalisa ce qu'il se passait et repoussa brutalement son jumeau qui souffla simplement :

-J'en avais envie.

Ils se repositionnèrent et reprirent leurs accoups, mais le brun était moins enthousiaste, moins intéressé, il eut subitement envie que cela se termine. Et vite. Ce qui ne tarda pas à arriver, la fille exprima son orgasme en poussant un grand cri, suivit de Tom qui était comprimé par son anneau de chair. Bill était un peu frustré, mais encore loin d'avoir son orgasme et grogna quand la fille se retira pour se laisser tomber sur le matelas, la tête au pied du lit. Les deux frères se retrouvèrent face à face. Sans dire un mot, Tom retira le préservatif de son jumeau et attrapa sa verge à pleine main pour le pomper rapidement, le regardant toujours dans les yeux. Il passait son pouce sur le gland rougi et le faisait tellement bien que Bill n'arrivait même plus à être gêné. Oui, l'alcool et l'excitation désinhibait vraiment, ils étaient en train d'en faire l'expérience.

Et Bill n'avait aucune idée de ce qu'il se passait dans la tête de son frère. Il pensait que celui-ci était trop pris dans son ivresse pour comprendre et réaliser ce qu'il faisait. Hors, celui-ci aussi avait été troublé par le corps et le plaisir qui se lisait sur le visage si ressemblant au sien. Tom le trouvait d'un coup si...beau. Il n'avait pas pu s'empêcher de le toucher. Et il avait fait une chose qui lui avait fait envie sur l'instant, il l'avait embrassé. Il voyait les lèvres pulpeuses rougies et humides de salive, gonflées d'avoir été mordues et ça l'avait tenté. Et il avait adoré cela, c'était chaud, c'était doux, les lèvres de Bill l'avait comblé. Et quand la fille s'est couchée, il ne voulut pas laisser son frère comme ça et avait décidé que ça serait lui qui emmènerait son frère à la jouissance. Il regarda encore une fois son frère qui se crispait de plus en plus, l'orgasme n'étant plus très loin et admira son torse pâle qui se soulevait au rythme de sa respiration saccadée.

De plus en plus près, Bill lança ses bras vers l'arrière pour attraper les barreaux du lit et se cambra à l'extrême en fermant les yeux et poussa un gémissement qui troubla encore plus Tom. Ce dernier sentit de suite après le sperme chaud de son jumeau lui souiller les doigts. Il en fut fier, il venait de faire jouir son frère et ça lui avait plût. Ça ne l'avait même pas dégoûté ce sexe d'homme, tendu, comme le sien, ça ne lui avait pas paru bizarre de toucher si intimement son jumeau, au contraire, ça lui avait semblé naturel, normal. Il en avait tellement envie. Et il ne sût pas que le brun pensait la même chose, il avait joui grâce à la main de Tom et ç'avait été intense. Était-ce ce moment fou partagé, cette nouvelle expérience, la main de Tom, il ne le sut pas. Sûrement, oui. De toute façon, tout entre eux était toujours intense, unique, particulier.

La jeune fille ne bougeait plus, elle n'avait sûrement rien vu, sûrement rien compris, elle commençait déjà à somnoler et ne vit pas le blond s'essuyer la main avec le drap et s'allonger à côté de son frère, l'attirant dans ses bras et embrassant son front. Bill ne dit rien et enfouit simplement sa tête dans le cou de Tom, respirant à plein nez l'odeur de son jumeau. Tom et la fille s'endormirent rapidement mais Bill resta éveillé. Dans son sommeil, Tom lui caressait le dos et les cheveux et Bill préféra se dégager doucement pour se relever et se rhabiller. Il devait sortir de là. Tout de suite. Et c'est ce qu'il fit.

Fin Flashback


Ils n'en avaient pas reparlé. Seul Tom osa un peu, le lendemain, chez eux, une gueule de bois terrible et avait marmonné à Bill :

-Putain, je me souviens de rien. On était ensemble, je crois, avec cette nana, et on a...enfin bref, j'ai même pas souvenir si c'était bien. Putain ! Et dire qu'on l'a fait à trois ! Je me rappelle vaguement qu'on a-

Bill l'avait interrompu rapidement, avec gêne :

-Ouais, ça va, c'est bon. Je...je m'en souviens pas trop non plus. C'est pas à refaire, ça, Tom ! Là, on était vraiment trop bourrés !

Son jumeau avait acquiescer, étonné de trouver du rouge sur le visage du brun. Bill se rappelait bien-sûr, les mains de Tom sur ses cuisses, le caressant avec lenteur, sensuellement, délicatement, longuement. La bouche de Tom sur la sienne, la dévorant avec passion. A cette pensée, son c½ur s'emballa de nouveau et il se le reprocha. Il quitta la pièce sous le regard de son frère avec une seule question en tête « qu'est-ce qu'il m'arrive ? » alors que dans la tête jumelle à la sienne tournait un « qu'est-ce qu'il lui prend ? ».

Depuis, Bill regardait son frère avec un ½il nouveau. Il le revoyait prendre du plaisir, il le revoyait le fixant sans gêne avec cette espèce de lueur dans les yeux. Il sentait de nouveau ses mains sur ses cuisses, les écartant un peu plus pour en caresser l'intérieur...Il se rappelait que ça l'avait excité un peu plus. Et il se rappelait surtout ce baiser échangé et plus que ça encore, combien après ça, la fille lui avait parut fade...Il devenait fou, se maudissant d'avoir cédé à cette jeune fille qui avait été l'élément déclencheur de quelque chose qu'il qualifia sur le champs « d'horrible, de malsain, de dégueulasse ». Son frère l'avait touché, caressé, embrassé, masturbé, et putain, il avait aimé cela...


***


Depuis combien de temps, Bill songeait à tout cela, les yeux fixés sur la télé sans la voir réellement ? Il n'en savait rien du tout ! Voilà dans quelles emmerdes il s'était fourré jusqu'au cou. Ah il était joli ! Attiré par son jumeau ! On pouvait lui décerner une palme rien que pour ça !

Il secoua la tête pour chasser ses pensées et se concentra pour comprendre ce qui passait sur le petit écran. Il pinça les lèvres quand il vit enfin ce qu'il y avait. Un couple de gays s'embrassant à pleine bouche, avec un des deux jeunes hommes qui entraînait l'autre vers un lit sans arrêter de l'embrasser, se laissant tomber dessus pour finir par lui glisser dans la main un préservatif...Une campagne pour la protection contre le Sida, apparemment. Il marmonna :

-J'ai trop de chance, moi...

Comme s'il fallait qu'il ait quelque chose sous le nez qui lui rappelle sans cesse ce vers quoi ses pensées étaient orientées ! Et soudain, il eut un flash, Tom lui retirant son préservatif pour commencer à le caresser...et Tom l'embrassant aussi. Comme l'image qu'il avait sous les yeux. Il sentit une chaleur se concentrer dans son bas ventre et horrifié, changea de chaîne. Il eut peur de tomber sur quelque chose d'autre encore, qui lui rappellerait son « péché » perso et décida d'éteindre la télé. La porte d'entrée s'ouvrit et ses parents entrèrent, discutant joyeusement. Il alla à leur rencontre et aida son père à porter les sacs de courses qu'il essayait de tenir tant bien que mal. Celui-ci dit soudain :

-Ok, Bill ! Qu'est-ce que t'as encore fait ?

Le brun le regarda étonné :

-Quoi « qu'est-ce que j'ai fait » ? Rien ! Pourquoi ?

Le père eut un sourire narquois :

-D'habitude il faut te flatter ou te menacer pour te faire porter deux sacs, mademoiselle ne voulant pas « casser ses ongles » et là tu viens sans qu'on te demande quoi que ce soit ! Alors je te demande : Qu'est-ce que t'as fait ? L'école va nous appeler ? Combien ça va nous coûter ?

Bill fit rouler ses yeux pendant que sa mère éclatait de rire :

-Vous êtes désespérants ! Comme si j'étais pas un bon fils serviable ! J'ai rien fait monsieur papa ! Mais si t'insiste ça peut te coûter quelque chose, justement j'ai besoin-

Son père le coupa, amusé :

-T'as besoin de rien ! Portes donc ça à la cuisine pour ta mère, ce soir elle fait des pizzas, après on rejoint les Derrick pour aller au théâtre ! Ton frère est où ?

Bill prit le sac qu'on lui tendait et répondit tout en se dirigeant vers la cuisine :

-Il est en haut, il dort je crois.

Il déposa le sac sur le plan de travail et commença à vider le sac consciencieusement. A la mention de son frère, il s'était senti inexplicablement rougir. Il releva la tête et s'arrêta net quand il vit ses parents le regarder avec un faux air surpris, sa mère avait même mis sa main sur sa poitrine et ouvert grands les yeux. Elle prit un ton plus que surpris pour dire :

-Bon, Bill, dis-nous, maintenant ! C'est pas possible, tu nous caches quelque chose ! Tu...tu ranges les courses ? En plus de les porter, tu les ranges ?!

Cela le fit éclater de rire :

-Je vous ai dit, vous avez un fils formidable, vous le savez même pas ! Seulement je vous montre pas toutes mes qualités d'un coup, ça vous filerez trop de complexes !

Ils rirent tous les trois et Simone ébouriffa tendrement la tête de son fils qui râla immédiatement :

-Maman ! J'ai déjà dit : pas les cheveux ! Tu me décoiffes, là ! Tu ruines mon travail !

-Bon, va réveiller ton frère tu ferais mieux !

Sa bonne humeur tomba d'un coup, il n'avait vraiment pas envie d'aller dans la chambre de son frère, non vraiment pas...Mais il obéit et sortit de la cuisine pour prendre lentement le chemin qui menait à la chambre de son frère. Il monta lentement et sentit son c½ur accélérer. Il se gronda intérieurement, c'est vraiment du grand n'importe quoi ! Depuis quand il avait peur d'aller dans la chambre de Tom ?

Il arriva devant la porte et hésita un instant. Puis, il se traita une nouvelle fois d'idiot, Tom était toujours Tom, son frère, son jumeau ! Aucune chance pour qu'il remarque quoi que ce soit, et tant mieux, il pouvait continuer de vivre normalement ! Il poussa la porte et se glissa sans bruits à l'intérieur. Il referma tout aussi sans bruits la porte et s'y adossa, laissant ses yeux s'habituer à la pénombre de la pièce. Tom avait tiré ses rideaux et plongé sa chambre dans une douce atmosphère. Bill s'avança un peu et, ses yeux s'étant habitué à l'obscurité, il vit enfin son frère. Celui-ci était endormi, sur le dos, il ne portait rien à part un boxer. Son torse nu se soulevait en rythme avec sa respiration calme et il avait croisé un bras sous sa tête. Ses dreads étaient détachées et étaient éparpillées sur l'oreiller. Bill fit glisser ses yeux sur tout le corps de son jumeau, ils étaient si semblables, mais si différents en même temps. Tom était plus hâlé, plus musclé. Et d'un coup, le brun sentit son c½ur s'accélérer encore plus, il trouvait Tom très beau. Il s'approcha encore un peu et continua de détailler son frère. Il regardait les épaules carrées du blond et eut envie d'y poser la bouche. Il regardait son torse et eut envie d'y passer le bout de sa langue. Il admira son ventre plat, avec les aines en V, musculeusement bien dessinées. Putain, oui, Tom était magnifique !

Bill le regardait depuis quelques secondes, oubliant qu'à l'origine il était là pour réveiller son frère. Il était tout près du lit et continuait de regarder le visage serein et endormi quand soudain, Tom attrapa sa main et le fit tomber brutalement sur lui en éclatant de rire. Bill poussa un grand cri aiguë et engueula son frère :

-Oh putain, Tom, t'es con ! Vraiment con ! T'as failli me faire faire une crise cardiaque, espèce d'idiot ! Lâches-moi !

Tom le serra un peu plus contre lui en riant encore un peu :

-Ça va t'apprendre à entrer dans ma chambre comme un sournois, sans faire de bruit ! C'est bien fait ! Tu sais que ça fait longtemps que je suis réveillé ? Quand tu montes les escaliers avec tes santiags, on dirait un troupeau d'éléphants ! Merci pour le réveil !

Bill gigotait toujours et avait glissé sur le côté, mais son frère ne le lâchait pas et continuait de rire un peu en demandant :

-Alors, dis-moi maintenant ce que tu mijotais, hein ? A quoi tu pensais ?

Le brun s'immobilisa immédiatement et risqua un petit :

-Pourquoi tu dis ça ?

-Bin je sais pas, tu es là depuis un moment et tu dis rien, tu me réveilles pas, j'ai eu l'impression que tu me regardais tout ce temps et je me suis dit « oh là, il va me faire un truc pour me réveiller comme un salaud », alors ? T'avais l'intention de faire quoi ?

Bill avait toujours son nez dans le cou de son frère, il se sentait gêné et se détestait de se sentir aussi bien. Il avait arrêté de se débattre et profitait simplement. Il répondit :

-Rien, j'allais rien faire Tom. Maintenant, lâches-moi !

Tom recula un peu pour le regarder malicieusement mais le reprit contre lui, le serrant un peu plus. Il souffla :

-Oh attends un peu ! Quand je me réveille, j'ai besoin d'un câlin et ça fait longtemps que tu m'en as pas fait ptit frère, arrêtes de bouger comme ça, je vais pas te violer non plus, laisses-toi faire un peu...