[Fiction] - Protection Rapprochée - Chapitre 1

C'est dans ma tête ou c'est pour de bon, cette sonnerie insistante ? J'ouvre les yeux difficilement après de longues secondes pour découvrir qu'effectivement c'est ce putain de réveil qui martèle mon pauvre cerveau encore embrumé par les excès de la veille. Avec la délicatesse qui ne me caractérise pas du tout, j'ouvre la bouche pour un bâillement digne d'un hippopotame et me gratte le torse furieusement, ouais va falloir se lever...

Je sens depuis mon lit une bonne odeur de café, signe que Gustav, mon meilleur ami et colocataire, a déjà tout mis en ½uvre pour atténuer un peu ma gueule de bois. Après la fête d'hier soir, son talent pour la cuisine sera le bienvenu !

- Salut mon pote, t'as une sale gueule, m'accueille t-il avec un grand sourire, j'ai fais du café et j'ai acheté des croissants.

- J'ai l'estomac retourné Gus, je prendrai qu'un café, merci. Ça va être encore un matin à base d'efferalgan...

- T'as bu comme un trou hier soir, tellement que tu t'es couché sans enlever ton fute ! Rigole t-il.

- Ah ouais c'est vrai, mais la soirée était d'enfer, on devrait fêter ton anniversaire plus souvent !

- A ce rythme tu serais alcoolo en un rien de temps. Et définitivement célibataire ! Ann-Catherine est partie, vexée que tu lui proposes pas de rester, elle a minaudé toute la soirée mais t'étais tellement plein que j'ai dû te coucher après que t'aies vomi sur le balcon ! D'ailleurs, je crois qu'après avoir eu le privilège de ce spectacle, tu risques de plus trop avoir tes chances avec elle !

- Oh merde ! Je râle. J'ai fais ça ? Pfff...faut qu'j'arrête de boire comme ça moi ! En même temps, Ann est bien gentille, elle est bien roulée mais elle fait peur avec ses délires de mariage et gamins-dans-la-foulée. Je sais plus comment lui dire que tout ça c'est pas pour moi !

Gus rigole comme un con en m'imaginant la corde au cou et moi je sens d'un coup des frissons...d'horreur à l'idée d'être enchaîné à vie ! Gus et moi on habite ensemble depuis 5 ans, c'est mon ami d'enfance, il est journaliste pour le Quotidien le plus sérieux et respecté de la profession. Ouais, mon pote c'est un pro de l'information, avec la chance de cocu de toujours se trouver au bon endroit au bon moment, il déniche toujours les meilleurs scoops et ses articles sont très demandés et très appréciés. Et moi ? Moi je suis un garde du corps disons...un peu spécial. J'assure la sécurité des personnalités politiques et religieuses de notre pays, la Grande et Vieille Allemagne. Et sans me vanter, je suis un bon. Allez, je me vante un peu mais je suis le meilleur de ma catégorie. Il n'y a pas longtemps j'ai dû assurer l'accompagnement du Chancelier en Israël pour un meeting entre différents chefs d'États, lors de l'anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et autant vous dire qu'un dirigeant Allemand dans un pays de Juifs...bin le pauvre bougre n'était franchement pas à son aise ! Il était vert tout le long ! Nerveux comme pas deux ! Remarque moi aussi parce qu'on a eut pas mal de petits soucis et on a quand même eu très peur.

Flashback

Il fait chaud, c'est même étouffant ! Mais je suis sûr que le stress et l'angoisse font transpirer encore plus le Chancelier Helmut Brontz. Tu parles, avec l'Histoire qui nous relie salement nous Allemands aux Juifs, à sa place je transpirerais autant. Mais moi ça va plutôt. De toute façon, je crois que cette honte on la traînera toujours. Et la crainte qui va avec aussi. Aujourd'hui c'est le Grand Meeting pour l'anniversaire de la fin de Seconde Guerre Mondiale. 8 mai 2010. 65 ans que nos origines traînent la honte des holocaustes nazis, nés de la folie meurtrière d'un mégalo nommé Hitler...65 ans qu'on essaie de montrer au monde entier notre repentir et notre humanité. Voilà pourquoi les Grands ont décidé de faire une grande réunion à Jérusalem, en gage d'amitié et de pardon renouvelés. Une grande première !
De toute façon j'ai pas le temps de stresser, j'ai besoin de tous mes moyens et en mission, je deviens froid comme l'acier, j'ai pas droit à l'erreur.

On arrive dans le plus bel hôtel de la ville, entourés de policiers locaux et gardes du corps allemands, les meilleurs, dont moi. Moi je suis carrément collé au Chancelier depuis que le voyage a été organisé parce que depuis l'Allemagne on a commencé à avoir quelques échos comme quoi ce voyage n'était pas trop apprécié. Tu parles !

Tout le monde reste très professionnel malgré la nervosité de certains. Les chefs d'État français, anglais et américains sont là aussi, avec leur staff. Ça en fait du monde, j'ai beau rester d'apparence impassible je suis conscient d'assister là à un moment historique ! J'aime quand l'importance et l'électricité du moment font monter l'adrénaline jusque dans chaque cellules de mon cerveau. Ça me fait réaliser une fois de plus que je suis vraiment fais pour ça.

On sort de la voiture, parce que bien-sûr je fais parti de « l'entourage » direct du Chancelier, et je commence à scanner méticuleusement des yeux les environs et les visages. J'entrevois en haut des grandes marches, l'Ayatollah Mohammad Safir Khan tout souriant et étroitement encadré de toute sa garde personnelle. Derrière de multiples barrière s'entasse la foule amassée qui regarde la scène d'un ½il plutôt curieux et bienveillant. Je me plais à penser l'espace d'un instant qu'eux aussi veulent peut-être oublier ces horreurs, si possibilité il y aura un jour d'oublier...

Bienveillant ? Mon regard capte d'un coup à travers mes lunettes noires le regard farouche et déterminé d'un jeune juif qui a le visage pratiquement mangé par une imposante barbe noire. Il porte une grande djellaba blanche, un turban blanc enroulé savamment autour de sa tête mais ce qui me met de suite mal à l'aise, c'est le morceau de tissu qui entoure un de ses bras. De là où je suis je peux très bien voir cousu dessus une étoile de David, noire. Putain ! Je fronce légèrement les sourcils et me rapproche un peu plus du Chancelier tout en continuant de détailler ce jeune aux allures...malsaines. Ouais, je sais pas pourquoi mais mon instinct me dit de me méfier. Malgré la foule serrée comme un seul homme, il remonte l'allée en même temps que nous, je le vois marmonner, et fixer le Chancelier d'un regard qui devient un peu plus fou de secondes en secondes. Je relève mes lunettes sur mon front et regarde Tony, mon collègue qui encercle notre dirigeant allemand sur sa droite. Tony comprend de suite quand il suit mon regard insistant vers ce jeune homme. On réalise à peine ce qui se passe quand on sent d'un coup un mouvement de foule et comme au ralenti je vois le jeune homme enjamber souplement la barrière devant laquelle nous passons, brandir un révolver en criant « mörder, mörder » ! « Assassins », il l'a crié dans notre langue pour être sûr que nous le comprenions bien ! Pendant que Tony tire le Chancelier contre lui et que les autres se referment en un cercle serré, j'ai juste le temps de me jeter sur l'homme et de le plaquer contre le sol pendant que la foule entière hurle à pleins poumons. Je l'entends marmonner une litanie sans fin en hébreux où le seul mot que je comprend est ''Yahvé'' et ''Jundollah' (Soldats de Dieu). Il se débat comme un beau diable, manquant de me casser le nez d'un coup de coude mais j'arrive finalement à le maîtriser et à le désarmer. Cinglé !

Fin flashback


Bon je vous passe les détails sans importance de la suite, les remerciements, les récompenses, le retour en Allemagne...tout ça pour dire que je continue de monter en grade dans l'importance des missions confiées et dans le respect des collègues de la profession.
Le téléphone portable de Gus me tire de mes réflexions et je le vois écouter quelques instants, répondre par monosyllabes et tirer son calepin de sa besace pour griffonner dessus quelques mots dont personne à par lui pourra déchiffrer un traître mot, et encore !

- Ouais...ouais...quand ?...Ok...c'est bon, je passe prendre tout ça dans une demi-heure maxi...ouais c'est bon, ça va...pfff c'est des vacances ça pour moi coco...ok bye !

- Oooooh mon Gusti qui va faire quoi cette fois ? Au soleil on dirait, t'as parlé de vacances ! Je lui fais en me moquant un peu.

- Afghanistan...

Merde ! Là, d'un coup, j'entends mon sourire qui tombe à mes pieds dans un grand bruit de vaisselle cassée et j'écarquille les yeux, la bouche grande ouverte !

- Allez c'est bon ! Ça va aller, tu sais que j'aime ça ! En plus, j'ai pas menti, y a bien du soleil là où je vais...

Je sais même pas quoi lui répondre là de suite, l'Afghanistan ! Je peux pas m'empêcher de revoir dans ma tête les images qui font l'actualité ces temps-ci et il connait comme moi les tensions qui s'accumulent et s'amplifient de jour en jour. Depuis les évènements du 11 septembre 2001, tout part un peu en grand n'importe quoi ! Et dernièrement encore, des soldats français, de la section des parachutistes, sont tombés dans une embuscade et ont été tués froidement. Bon sang, ces paras étaient si jeunes, le plus jeune avait à peine 19 ans ! Tout ça pour lutter contre le terrorisme mais surtout essayer d'augmenter les caisses de certains États grâce à ce fichu or noir qu'est le pétrole.

Je suis tellement perdu dans mes pensées que j'entends à peine Gus essayer de me rassurer :

- Ça va aller j'te dis, fais pas cette tête là ! Y a déjà eu des tas de journalistes qui y ont été et qui en sont revenus entiers, hein !

- Gus, t'as pas l'air de te rendre compte...c'est pas vraiment le moment d'être dans ce coin-là ! Tu peux pas demander qu'on t'envoie ailleurs ?

- Tom, si tout le monde faisait ça, y aurait plus d'informations du tout, c'est mon job ! Et tu sais que mon job me passionne, y a rien qui me plaise autant, en plus depuis quelques jours c'est plutôt calme alors faut en profiter. J'te ramènerai un joli souvenir qu'on accrochera dans le salon !

Je soupire fort, je sais que rien ne peut le faire changer d'avis. J'admire mon pote, il a jamais eu peur de rien. Je me sens d'un coup envahi d'une bouffée de tendresse pour mon petit blond bouclé et lui dis :

- T'as intérêt à revenir Gus, t'as vraiment intérêt si tu veux pas que je vienne te chercher moi-même, et si tu me fais déplacer, crois moi, ce qui se passe là-bas ce sera rien par rapport à ce que j'ai prévu pour tes fesses ! En plus, je compte pas payer ta part de loyer...

- Salaud va, rigole t-il, eh...Tom...t'inquiète pas...finit-il plus sérieusement, me regardant dans les yeux sans rien rajouter de plus. Il a jamais été à l'aise avec les démonstrations d'affection.

Ouais, t'inquiète pas, facile à dire ! Gus, mon meilleur ami, mon presque frère, je peux même pas imaginer s'il pouvait lui arriver quoi que ce soit.

On finit chacun notre café et après m'être préparé je décide de sortir un peu, ça va certainement soulager un peu ma gueule de bois en plus de l'angoisse que j'ai chopé à l'annonce de la prochaine destination de Gustav.

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Comments :

  • love-hina83

    26/12/2012

    voila je vien lire ta fic je croi lavoir deja lu mais je ne suis pas . bref jai hate que bill arrive bsx

  • KureSdentS

    21/04/2012

    Hallo,

    Je découvre ton blog et je dois dire que d'emblée, cette fiction m'attire vraiment. On a envie de savoir ce qui va se passer.

    J'ai beaucoup apprécié le flash back sur la mission de Tom en Israël parce que j'imagine bien que le but était de faire passer un message.
    En tout cas ça m'a touchée parce que je pense qu'au delà des fous furieux qui ont cherché à posséder le monde dans ces années noires, il y a des millions de gens qui ont souffert du régime qu'ils n'avaient pas choisi, et les suites ont été plus que dures pour eux. Alors, c'est bien de rappeler que d'autres personnes ont remplacées celles de cette époque et qu'elles n'ont pas du tout envie de répéter les erreurs du passé.

    Bon voilà pour ce que m'a inspiré le début de ma lecture, maintenant place à l'histoire avec ses personnages d'aujourd'hui.

    Bizzz - kty

  • chaos87th

    26/07/2011

    Tom en garde du corps.. mh je veux bien moi l'avoir. ^^
    C'est clair que l'Afghanistan c'est vraiment chaud.
    Mais faut espérer que tout se passe bien.

  • th-lucky-fic

    17/01/2010

    un premier chap comment dire euh

    genial
    j'ai vraiment plongé tete la premier dasn l'histoire
    c'est marrant mais meme si son nom n'est mentionné qu'en fin de chap je savai que c'était tom ^^
    j'ai mi du ten a venir lire mais je vien toujour lire quand la fic me plait alor je continu ^^
    un dernier truc c marrant mais l'histoire du metier de Tom sa me rapelle le film bodyguard ^^

  • fic-tokiohotel-ficdu39

    04/10/2009

    bon a+ bisoux

  • fic-tokiohotel-ficdu39

    04/10/2009

    mais je me demande quand est ce qu'il va rencontrer Bill??!!

  • fic-tokiohotel-ficdu39

    04/10/2009

    je suis sur que c'est Tom ke garde du corp

  • fic-tokiohotel-ficdu39

    04/10/2009

    je continuerai une autre fois

  • fic-tokiohotel-ficdu39

    04/10/2009

    mais jaime bien

  • fic-tokiohotel-ficdu39

    04/10/2009

    é bah c'est bizare mdr !!!

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