[Fiction] - Protection Rapprochée - Chapitre 9 (Partie 2/3)

Je crie comme un fou, c'est pas possible je dois être en train de rêver ! Faut absolument que je sache comment va Gus :

- Il a été touché ? Il est blessé ?

- ...

- Arianne, répond merde !

- Il est mort, Tom...

Bill, qui était resté silencieux jusqu'à maintenant, me presse de répondre en me secouant un peu le bras.

- Tom ? Tom qu'est-ce qui s'est passé ?

Je le regarde sans comprendre ce qu'il me demande, je suis complètement dévasté, j'ai presque envie de rire comme à une vieille blague et m'attend presque à me réveiller. Je crois qu'Arianne continue de parler dans le téléphone mais je l'entends pas, je l'entends plus, je reste paralysé, je crois bien que j'ai laissé tomber le portable. Je regarde Bill presque sans le voir et remarque qu'il a l'air complètement paniqué. Il continue de me secouer mais je l'entends pas lui non plus. Sa voix m'a l'air trop loin, trop déformée, tout autour de moi ressemble à un ralenti. J'entends juste la voix d'Arianne dans ma tête, cette même putain de phrase qui tourne en boucle comme pour me narguer :

« Il est mort, il est mort, il est mort... »

Je dois avoir l'air dément, complètement hagard, je retrouve un peu de lucidité pour répondre à Bill en déglutissant avec peine :

- Gus...il est mort.

Il écarquille les yeux et demande :

- Mais...mais... vous...je vous ai entendu parler d'attentat. Vous en êtes sûr ? Ils en sont sûrs ?

J'hoche la tête, incapable de répondre. Mon pote, mon meilleur ami, mon presque frère, mon plus que frère même, celui avec qui j'ai fais les quatre cent coups depuis tout petit, celui qui m'a toujours soutenu, envers et contre tous, celui qui était là à toutes mes victoires comme à tous mes échecs... est mort.

Bill se jette dans mes bras en me murmurant des petits « je suis désolé, Tom, tellement désolé » à l'oreille et je reste là, les bras ballants, incapable d'avoir la réaction humaine de pleurer.

Puis je refais doucement surface, je sais pas où je trouve la force et le courage nécessaires, mais il faut que j'appelle sa famille, je sais même pas si ils sont déjà au courant. Putain, quand je pense à sa s½ur qui se marie à la fin de l'année, il devait être son témoin, il était très proche d'elle. Gusti mon vieux, tu nous as fais un sale coup là, comment tu crois qu'on va faire sans toi ? Moi je sais pas, t'as toujours été à mes côtés. J'avais tellement de trucs à te raconter...

J'émerge lentement et je remarque alors le regard inquiet de Bill sur moi. Je vois très bien qu'il s'inquiète.

- Tom, je pense qu'il vous faut prendre quelques jours là, vous en aurez besoin pour...pour la suite.

- Euh...non...si...oui, je crois oui. Il faut...il faut que j'appelle ses parents, je sais même pas si ils savent. Je voudrais les aider dans les démarches qu'il y aura. Gus c'est mon meilleur ami, vous voyez...

- Je sais Tom, je sais. Ne vous inquiétez pas, prenez quelques jours. Moi je bouge pas d'ici. Inutile que vous vous fassiez plus de soucis que nécessaire surtout dans un moment pareil.

- Mais je peux pas non plus vous laisser...

- Oh c'est pas comme si il allait m'arriver un truc grave à la maison non plus. J'ai une meilleure idée, sinon, emmenez moi.

- Quoi ? Mais...mais non je-

- Vous avez peur qu'il m'arrive un truc ? Et vous m'avez dit qu'il ne m'arriverait rien tant que vous serez là, alors emmenez moi avec vous. Je veux être là, vous voyez pas que vous allez pas bien, Tom ? Je veux pas vous laisser traverser tout ça tout seul. Je viens, où que vous ailliez, je viens.

Inutile de résister, de toute façon ça me fait plaisir. L'avoir à mes côtés dans ce moment dramatique, c'est plus que réconfortant. J'accepte donc, ça l'enchante complètement et je me mets à téléphoner à la famille de Gus en espérant intérieurement qu'ils soient déjà au courant. Comment je pourrais leur annoncer une telle nouvelle ? Sa s½ur décroche de suite et à sa voix je comprends qu'ils savent déjà. Elle éclate en sanglot quand elle me reconnaît et m'explique qu'ils viennent d'avoir Peter en ligne. Et là j'apprends les détails de cet attentat. En fait, tout le séjour de Gus s'était pratiquement bien déroulé, il était en route pour l'aéroport quand sa voiture, conduite par un civil afghan est tombée dans une embuscade tendue par les insurgés. En fait, des soldats français étaient en mission de reconnaissance aux côtés de policiers afghans, on leur a tiré dessus à coup de lance-roquettes. Ils étaient apparemment couverts par un soutien aérien constitué d'appareils américains qui effectuaient plusieurs démonstration de force en survolant la zone à très basse altitude. L'attaque s'est passée pas trop loin d'un village, les américains ont pas voulu ouvrir le feu. Et la voiture de Gus passait dans le coin. Tout bêtement. Le chauffeur de Gus a eu la jambe fracturée, Gus a été plus sérieusement touché. On les a transporté à l'hôpital militaire de Bagram, qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la capitale afghane. Et il a succombé là-bas. On a appris que quarante huit heures avant la date de son retour, les violences avaient redoublés. Les tirs au lance-roquette ou armes automatiques, les mines artisanales placées le long des routes, les attentats suicides, tout ça recommençait de plus belle, suite à l'arrivée de la centaine de soldats américains fraichement envoyés en renfort. Ça leur a pas plu. Putain, j'arrive pas à y croire, Gus a passé tout son séjour pratiquement tranquille et il a fallu juste un misérable instant le jour de son départ pour tout foutre en l'air. Les actualités commencent d'ailleurs à relater l'incident. Un dirigeant de l'armée allemande, un autre de l'OTAN, un du Gouvernement Allemand, tout ce petit monde ne sait plus comment présenter leurs condoléances à la famille de Gus. Peter sait plus quoi dire. Il peut ce con, je lui en veux. Comment oser envoyer encore des journalistes là-bas ? Mais Gus, c'est...c'était, putain j'ai encore du mal, un passionné de son boulot. Je me souviens alors d'un reportage qu'il couvrait il y a à peu près deux ans, sur un politicien véreux qui avait détourné certains fonds sociaux de l'État, normal pour un politicien. Il était resté plusieurs nuits et plusieurs jours devant la maison du bougre, l'avait suivi partout, s'était démené pour rencontrer ses contacts et avait fait éclater l'affaire. J'ai du plusieurs fois lui amené à manger sur place et l'insulter presque pour qu'il passe à la maison prendre une douche ! Ça m'avait fait chié un peu de le materner comme ça, mais maintenant je donnerai n'importe quoi pour pouvoir le refaire encore.

J'explique à Bill toutes les informations que je viens d'avoir et il m'écoute silencieusement, regardant droit devant lui et levant parfois le regard vers moi et serrant un peu ma main pour m'encourager quand il sent que ma gorge se bloque dans un trop plein d'émotion. Il est avec moi et ça me fait un bien fou. On a donc prévu de passer à mon appartement récupérer quelques affaires et emballer celles de Gus. J'ai vraiment pas envie de le faire maintenant mais sa s½ur y tient. Ils veulent tout avoir avant que...son corps soit rapatrié. Ce qui devrait être fait d'ici demain. Avec tous les honneurs de notre pays. Ça nous sert bien !

On monte donc chacun dans notre chambre pour se préparer vite fait après que Bill ait demandé à Miguel de mettre une de leurs voitures à notre disposition. Il préfère qu'on soit pas conduit, je conduirais donc moi-même et je préfère ça.

J'ai prévenu les parents de Bill et Sam, tout est bouclé et correctement organisé et nous voilà en route pour chez moi. Vers l'appartement que hier encore je partageais avec Gus. J'espère juste ne pas m'effondrer.

Quand je pousse la porte de l'appartement la première chose qui me frappe c'est son parfum qui embaume encore plein la maison. Je m'étais jamais rendu compte. A moins que je suis devenu d'instinct plus attentif aux détails concernant mon meilleur ami. Bill ne dit rien et entre jusqu'à se planter debout dans mon salon, un peu gêné.

- Installez-vous Bill, mettez-vous à l'aise. Je sais pas, je crois qu'il nous...qu'il me reste des trucs à boire dans le frigo. Je vais ouvrir les fenêtres.

- Vous inquiétez pas pour moi.

J'ouvre un peu partout et quand la clarté illumine le salon j'ai les yeux qui tombent direct sur un cadre photo où Gus et moi figurons dessus. Une photo qui nous montre en train de trinquer, de sourire la bouche grande ouverte, avec Gus qui tient son diplôme de journaliste à la main. Bill voit bien là où s'est posé mon regard, il me rejoint devant la photo :

- Hmm...c'est vous et...Gustav, n'est-ce-pas ?

- Ouais, voilà le phénomène.

J'ai la gorge qui se serre alors pour éviter une situation embarrassante je me détourne de la photo et vais dans ma chambre récupérer un de mes sacs de voyage pour y enfourner quelques trucs à Gus. Un instant après, Bill me rejoint dans la chambre. On est tous les deux silencieux et j'avoue que c'est pesant. Toutes les pièces de l'apparte me rappelle mon pote et la boule dans ma gorge ne veut toujours pas descendre. Pourtant, j'arrive toujours pas à pleurer. Je crois que c'est encore le choc, ou trop de colère de ma part, ou je sais pas quoi mais j'y arrive simplement pas. Bill s'assoit sur le lit et me regarde faire. Je sursaute légèrement quand je l'entends prendre la parole.

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Comments :

  • chaos87th

    27/07/2011

    Heureusement que Bill est là je pense.
    Quand Tom aura besoin de lui, il sera là pour lui, pour l'aider, le soutenir.

  • th-lucky-fic

    17/01/2010

    ben voila c'est malin tu me fait pleurer maintenant
    c'est pas cool
    pauvr gusti et pauvre tom comment il va faire sans son presk frere

    elle est vraiment prenante ton histoire

  • Pucca97217

    05/09/2009

    Aaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhh non pas Gus c'est son meilleur ami sniiiiifff

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    J'ai failli pleurer pour ce chapitre é_è
    Gustav mort ! Trop les nerfs ! Mais piurtant c'était logique quand on lit le premier chapitre

  • nirvana-angelTH83

    15/06/2009

    malgrès que ce soit une relecture
    ne te cache pas que je suis en larmes

  • netissi

    31/05/2009

    Hey voila je pleure . . . . En plus c'est Gustav j'aime pas quand il lui arrive des choses pas bien dans les fictions , bah la c'est le ponpon ;( j'espere que finalement non et que il reviendra (l'espoir fait vivre)

  • Jessica

    08/04/2009

    et bien si Tom n'arrive pas à pleurer moi je suis en larme au moment même où je t'écris.
    Je n'ai pas encore laisse de com, j'étais vraiment prise dans ton histoire, pour le moment je ne me suis arrêter aucune fois.
    mais là je pouvais pas laisser passer ça, tu as réussi à me faire pleurer, je m'attendais à ce que Gus' est un problème mais le fait qu'il soit mort c'est vraiment horrible, j'en reviens toujours pas.
    En tout cas ta fiction est vraiment superbe, une vrai merveille à lire, on s'en lasse absolument pas!
    j'espère juste que je vais pas repleurer x]
    Je te relaisserai un com pour te laisser mon avis général, une fois que j'aurai fini de tout lire! :)

  • love-hina83

    15/03/2009

    c tro triste pk fo kil meur snif bsx

  • nirvana-angelTH83

    13/03/2009

    je sais pas quoi dire j'suis juste en larmes
    je sais que ce n'est qu'une histoire mais cette histoire me boulverse

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