[Fiction] - Protection Rapprochée - Chapitre 10 (Partie 1/2)

On émerge lentement et j'ai toujours la tête dans son cou. Il continue de me câliner tendrement et j'aimerais juste que ce moment dure toujours. Seulement, la position commence à devenir inconfortable pour lui, je dois certainement l'écraser. Et la sensation de nos semences entre nous commence vraiment à être un peu désagréable. D'ailleurs, c'est lui qui prend la parole en premier :

- Euh...Tom...tu...vous...vous auriez pas une serviette pour... ?

Je relève la tête pour le regarder, un peu amusé. Je remarque le rouge qui lui est monté aux joues, il est encore plus adorable.

- Bill, je crois qu'après ce qui vient de se passer, on peut se tutoyer, non ?

Ça a le mérite de détendre l'atmosphère puisqu'il éclate de rire.

- Oui, je pense oui. Alors sors de sur moi que j'aille utiliser ta salle de bain. Pousse toi, t'es lourd.

Je prends un air faussement scandalisé :

- Ça c'est vache ! C'est vache, mesquin et sans reconnaissance après que je t'ai...

Je me coupe en pleine phrase, à mon tour un peu gêné de ce que j'allais dire. Cette intimité est encore toute nouvelle pour nous deux. Je me lève le premier et lui tend la main pour l'aider à se relever et c'est toujours débraillés que je l'emmène à la salle de bains pour lui montrer où se trouve tout le nécessaire de toilette, histoire de remettre un peu d'ordre dans nos tenues. Quand nous sommes enfin prêts nous retournons au salon et pendant qu'il prend place dans le grand canapé je nous sers à boire. C'est toujours dans le plus grand silence que je m'installe à côté de lui, buvant par petites gorgées le jus de fruits que je nous ai servis. J'ai la tête encore pleine de souvenirs de Gus et je me rappelle avec acuité la raison de notre présence à l'appartement. Bill pose alors une main sur mon bras et me tire de ma torpeur.

- Hey ! Reste avec moi...

- Oh, désolé, je pensais juste-

- A Gus ? Oui je m'en doute...t'as le regard tellement triste.

- Désolé.

- Ne le sois pas, je comprend, c'est juste que je saisis pas. Je sais pas comment tu fais pour garder tout ton sang-froid. T'as le droit de te laisser aller, Tom, c'est humain. Ça fait pas de toi un faible.

- Non, c'est pas ça, c'est que...ça, je sais pas faire. Mais ça va aller. Merci Bill.

- Merci ? Merci pour quoi ?

- Bin d'être là, tout simplement, de me soutenir, de m'avoir accompagné.

- C'est normal, et j'en avais envie.

- Bon, il va falloir quand même que je continue de ramasser quelques unes de ses affaires, et je prendrai un peu des miennes aussi pour les ramener chez toi. Attends moi, j'en ai pas pour longtemps.

Au moment où je me lève le portable de Bill se met à sonner. Il fronce les sourcils et se tape le front quand il voit s'afficher le nom de la personne qui l'appelle.

- Merde ! Andréas ! J'ai oublié de l'appeler pour lui dire que je serai absent quelques jours. On devait se voir chez moi cet après-midi et là il doit sûrement être à la maison et ne pas comprendre pourquoi je suis parti avec toi.

J'hésite entre sourire franchement et très mesquinement, et grincer des dents. Inutile que Bill voit à quel point son...connard là peut m'exaspérer.

- Bin réponds lui, je vais continuer de faire les valises.

Il décroche et je l'entends commencer sa conversation pendant que de la chambre je tends l'oreille pour essayer de distinguer ce qu'il peut bien trouver à dire pour expliquer son absence. Pas spécialement commun qu'il ait suivi son garde du corps pour l'enterrement du meilleur ami de celui-ci ! Je l'entends de loin se débattre avec des explications un peu douteuses et il met rapidement fin à l'appel après avoir promis de rappeler le soir même. Je me retourne même pas quand il passe la porte de la chambre et essaie de prendre un ton léger pour demander :

- Ça va ? Il est pas trop fâché ?

- Qui ça ? Andi ?

- Bin oui, qui d'autre ?

- Euh...un peu mais ça va. Je le rappelle ce soir de toute façon. Il pense qu'on aurait dû le prévenir, il nous aurait accompagné.

- Ça certainement pas ! Pour quoi faire ? Je le connais pas plus que ça, et il connaissait pas Gus non plus. Il peut bien attendre deux jours qu'on rentre pour te voir, non ? C'est pas comme si il allait perdre sa respiration non plus !

Voilà, j'ai pas pu m'empêcher d'être mordant. Je voulais à tout prix éviter de faire le jaloux mais c'est plus fort que moi. Et son coup de fil me rappelle encore plus que Bill est déjà lié à quelqu'un.

- Tom...je...je sais pas trop ce qui se passe entre nous, je sais juste que j'aime la façon dont les choses se déroulent.

- Écoute Bill, tout ça c'est nouveau pour moi. Je...j'en suis heureux aussi mais...je bosse pour toi et avec ce qui se passe en ce moment je préfèrerais qu'on-

- Prenne nos distances ? Qu'on arrête ?

Son ton s'est fait inexplicablement cassant. Tiens, tiens, finalement peut-être qu'il est plus attaché à moi que je ne le pense ?

- Non, Bill. J'allais dire qu'on pourrait y aller doucement. J'aime aussi ce qui se passe entre nous. Je...j'ai jamais été...tu vois, avec un mec et...je sais pas trop ce qui se passe et...et Gus...et Andréas...

Je bégaie comme pas possible, j'espère juste qu'il me demandera pas déjà ce que je ressens pour lui, je me sens pas encore prêt à me dévoiler entièrement. Je suis pourtant sûr de mes sentiments. Mais c'est encore trop tôt et de toute façon tant que lui aura son blond dans les parages, pas question d'aller plus loin. Putain, j'aurais jamais pensé que j'en serai à là, aussi rapidement et complètement amoureux, jaloux, apeuré. Parce que oui, j'arrive à m'avouer enfin que je suis amoureux. De Bill. Voilà c'est dit. Mais c'est pas la peine de précipiter les choses. On a le temps. On verra bien. Je sais même pas lui où il en est vraiment, je sais juste qu'on se sent bien ensemble et qu'il y a quelque chose.

- Je comprend, Tom. Je pense pareil. Il sera toujours temps de parler à Andi.

Il se reprend très vite quand il réalise ce qu'il vient de dire :

- Euh...je veux dire, parler à Andi si jamais y a besoin.

- Oui j'ai bien compris. Mais...Andréas m'a l'air bien...bien attaché à toi, non ?

- On s'entend bien, on s'est rencontré y a quelques mois et ça a été très vite entre nous. Je me sens bien avec lui. Je veux pas non plus lui faire de la peine. Je l'aime beaucoup.

J'essaie de garder un visage impassible quand je l'entends dire ça. J'ai intérieurement envie de hurler, de tabasser ce con de blond, de secouer Bill, et rayez aucune mention inutile parce que c'est pas au choix. J'ai envie de faire tout ça à la fois. Mais je sais que tout est encore tellement confus, nouveau, donc on va prendre notre temps. Le boulot d'abord, le reste on verra.

- Ouais, ok tu l'aimes bien, ouais c'est bon, ça va, ouais y a pas de problèmes. Non c'est bon, vraiment c'est...parfait comme ça.

Bon il vaut mieux que je me taise parce que là il voit bien que ça me fait chier, il commence à prendre son air rusé et satisfait. Et c'est pas la suite de mots inutiles que je viens de dire, qui va raconter le contraire ! Il a quand même le bon goût de ne rien dire.

Après avoir emballé les affaires de Gus, on quitte l'appartement et je prends la route pour aller chez les parents de mon ami. C'est la partie la plus difficile à accomplir.

Le trajet s'est passé sans problèmes, avec Bill on n'a pas beaucoup parlé, il essayait de respecter mon silence et mon chagrin. J'avais beau essayer d'être un compagnon de route agréable, rien n'y a fait. Mais je m'inquiète pas pour ça, je sais qu'il comprend. Quand on arrive chez les parents de Gus, un tas de monde se trouve déjà là. Sa s½ur vient nous ouvrir et je la prends directement dans mes bras en essayant de trouver des mots réconfortants. Je lui présente Bill et explique qu'il m'accompagne parce que...c'est devenu un ami, j'évite de rentrer dans les détails, c'est pas le moment et puis ça me concerne uniquement, pour l'instant. Après avoir salué toutes les personnes présentes, je demande à voir ses parents, Fransziska a encore les larmes qui montent aux yeux :

- Maman est dans sa chambre, complètement effondrée. Elle fait difficilement face, le médecin a dû lui donner un tranquillisant. Papa reste avec elle. Tu veux que je l'appelle ?

- Non, ça va aller. J'attendrais, de toute façon je reste là. Si t'as besoin de quoi que ce soit, tu me dis.

- C'est gentil, Tom. Mais tu comptes dormir où ce soir ?

- T'inquiètes pas pour ça, avec mon ami on a prévu de prendre des chambres dans un hôtel pas loin d'ici.

- Pas question ! Vous êtes pas venu de si loin pour dormir à l'hôtel, Tom. Non, vous allez rester ici, y a de la place. T'es de la famille !

- Non, t'inquiètes vraiment pas, on veut pas déranger. En plus je peux pas vous imposer Bill.

- Non ça nous dérange pas, mes parents seraient d'accord. Donc ce Bill c'est un nouvel ami ?

Merde je voulais éviter qu'on me pose trop de questions à ce sujet. Je reste donc évasif.

- Euh oui, en fait je travaille pour lui et je pouvais pas le laisser seul. Je t'expliquerais plus tard. C'est quelqu'un de bien, je lui ai parlé de Gus, je lui fais confiance. J'espère que ça vous dérange pas que je l'ai emmené. J'ai même pas pensé à vous prévenir d'abord, excuse-moi.

- Y a pas de soucis, si c'est un ami à toi, il est le bienvenu aussi. Dans tout ça comment tu vas toi ?

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Comments :

  • chaos87th

    28/07/2011

    Je m'en doutais que ça n'allait pas évoluer si facilement entre eux. Ca aurait été trop facile.
    Et heureusement que Andréas n'était pas là, quoi que ça aurait pu être marrant s'il les avait vu

  • Pucca97217

    05/09/2009

    Bon va falloir se débarasser du problème Andy un jour ou l'autre hein?!?!

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Mmh ! J'aime comment il dit ça : - on peut se tutoyer

    Tssss

  • love-hina83

    15/03/2009

    c tro b1 mé triste en mm ten bsx

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