[Fiction] - Protection Rapprochée - Chapitre 10 (Partie 2/2)

- Pfff...ça va comme quelqu'un qui a perdu son « frère »...

- Je sais, Tom, je sais. Vous avez toujours été proches avec Gusti, depuis tous petits.

On continue un peu la conversation, nous remémorant des moments passés avec Gus, essayant de trouver les plus comiques pour alléger un peu notre peine et quand elle me laisse pour aller faire du café je retrouve Bill au salon qui tient la main de la grand-mère à Gustav. Il est comme ça Bill, il connait personne dans l'assemblée mais tellement attentif, tellement généreux.

Le reste de la journée se déroule de la même façon, entre les allées et venue d'un nombre incalculable de personne venues soutenir la famille. Mes parents ont pas pu faire le déplacement, ils ont appelé la famille par contre. Tant mieux, j'aurais eu du mal à expliquer que je rapporte mon « boulot » à la « maison » ! Et fin comme est mon père, il m'aurait dépisté direct, je me vois mal en train de leur avouer que leur fils unique est en train de virer homo pour les beaux yeux d'un brun aux cheveux longs. On a le temps pour ça.

Bill a aidé Fransziska à préparer et distribuer la nourriture pendant que je m'occupais des démarches lourdes et ennuyeuses pour tout ce qui a rapport avec le rapatriement du corps et l'organisation de la cérémonie du lendemain avec quelques personnes de la famille. Après cette journée riche en émotion, je vais me coucher, la tête lourde et le c½ur douloureux. Bill s'est vu attribuer une chambre d'amis alors que j'ai eu celle de Gus. Sa mère a insisté pour que je la prenne et j'en ai été ravi. Ça me rappelle toutes les fois où on a déliré quand je venais passer la nuit chez lui, préférant parler toute la nuit plutôt que de dormir.

Le matin quand je me réveille j'ai un instant d'égarement le temps de comprendre où je suis et ce que je fais là. Tout me revient en mémoire et je sens de nouveau une boule me serrer la gorge. Après ma douche je retrouve Bill dans la cuisine en compagnie de Fransziska, il est déjà prêt mais son visage est un peu pâle et tiré. Je profite que Fransziska sort de la cuisine pour répondre au téléphone pour lui demander :

- Bill ? Ça va ? T'as pu dormir un peu parce que t'as l'air vraiment pas reposé.

- Si, ça va, t'inquiètes pas. Je suis juste un peu triste de la peine que vous ressentez tous, mais ça va.

Bill, si gentil, si soucieux. Il connait personne et il est totalement compatissant. Je l'en admire que plus. Soudain une pensée traverse mon esprit.

- Au fait, t'as rappelé Andréas, du coup ?

- Euh...ouais, j'avais promis. Je l'ai rappelé avant de me coucher. Il m'a demandé quand est-ce-qu'on rentrait pour qu'il m'attende à la maison. Comme je savais pas pour combien de temps exactement tu voulais rester, je lui ai dis que je le rappellerais dans la matinée.

- Ah...ok, tu pourras lui dire qu'on rentre directement après l'enterrement. Je peux pas rester plus de toute façon, je suis en plein boulot et je peux plus faire rien d'autre je crois. Je continuerais de venir visiter la famille de Gus et prendrais régulièrement de leurs nouvelles au téléphone, mais je peux pas rester plus. Ton père doit avoir besoin de toi pour le boulot en plus, non ?

- Hmmm....oui, un peu, mais ça va t'inquiètes pas.

- Et Andréas t'attends aussi...

Bill pince les lèvres et expire par le nez, montrant peut-être par là son agacement à cette idée ou exaspéré par ma réplique. Moi-même je le suis et bon sang c'est chiant mon impulsivité !

- Tom...

- Ok, j'ai rien dis. Si il te demande tu peux lui dire qu'on sera chez toi ce soir.

- Ok. Je l'appellerais dans un instant.


*Ellipse*

Nous sommes de nouveau sur la route, roulant vers la maison de Bill. La journée a été plus que déchirante, j'ai crû ne pas pouvoir me retenir. Je suis à la fois triste et soulagé de partir de chez la famille de mon pote. Soulagé parce que la douleur allait devenir insupportable. J'ai failli craquer plus d'une fois, mais j'ai encore la force en moi de maîtriser tout ça. Je sais que c'est pas de la fierté, c'est instinctif. Je ne sais pas me laisser aller à ce point. C'est définitivement impossible. Déformation professionnelle sûrement. J'ai appris il y a très longtemps à garder mon contrôle et ce, pour n'importe quelle situation. Je sais que pleins de gens autour de moi ont trouvé ça bizarre, mais la famille de Gus me connait très bien, ils savent. C'est pas quelques larmes versées qui auraient prouvé que je suis triste. Et je sais que Gus, où qu'il se trouve à présent, comprend. Gus...à qui je vais raconter ce qu'il m'arrive avec Bill maintenant ? T'avais raison, t'avais tellement raison, tu me connaissais si bien. T'as dû sentir ce que j'ai pas vu dès le début. J'aurais aimé te le présenter et que tu vois le bien qu'il me fait.

Le soleil commence à se coucher, on n'est pas loin de la maison. Bill s'est endormi. Lui, il a pas arrêté de pleurer pendant la cérémonie religieuse et pendant l'enterrement. C'est la peine de tout l'entourage de Gus qui lui fait mal. Et je sens aussi que la mienne que je ravale lui déchire un peu le c½ur. Il a pas arrêté de me serrer la main, discrètement, me regarder le plus souvent possible pour m'insuffler du courage.

Je suis en train de me remémorer cette journée quand je l'entends se réveiller doucement et s'étirer à côté de moi.

- Ooooh...désolé, me suis endormi...on est encore loin ? Putain j'ai mal au dos !

- Non t'as bien fait de dormir un peu, t'avais l'air exténué. On est plus très loin maintenant.

- Dis, tu veux pas t'arrêter un instant ?

- Pourquoi faire ?

- Faut que je...j'ai envie de...

- Ah, ok, attend je me gare.

Je souris un peu et me gare sur le bas-côté pour qu'il puisse aller se soulager. Du coup je profite pour descendre à mon tour et fumer une cigarette. Après tout, j'ai roulé sans m'arrêter depuis qu'on est partis, on est pas en retard, je peux bien faire une pause. Y a pratiquement aucune voiture qui passe, c'est calme. Je m'appuie contre la voiture, à l'arrière quand Bill me rejoint et se plante directement en face de moi, entre mes jambes.

- Qu'est-ce-qu'il y a Bill ?

- Rien...je fais ce que j'ai envie de faire depuis hier soir.

Il m'attrape la nuque est colle sa bouche sur la mienne, faisant se rencontrer nos langues tellement délicieusement que j'en lâche ma cigarette. J'enroule mes bras autour de son corps et laisse le plaisir envahir de nouveau tous mes sens. On s'embrasse comme ça pendant un long moment, et je le sens commencer à frotter un peu son bas ventre contre le mien. On est tous les deux bien durs, et si ça continue comme ça je donne pas cher de sa peau, mais alors que des pensées très malsaines prennent place dans mon cerveau, je me rappelle qu'on avait décidé d'y aller doucement. Moi surtout je me suis promis de rien faire de plus, étant donné la présence d'Andréas dans sa vie et le fait qu'il soit mon client. Mais putain, il sait comment me faire perdre complètement les pédales, en un rien de temps ! Je l'embrasse encore un peu, profitant de ce moment où on est encore seuls et détache ma bouche, essoufflé :

- Bill, il vaut mieux qu'on arrête là si...si tu veux rentrer entier chez toi...

- Qui te dis que je veux rentrer entier ?

- Allez, viens, faudrait pas qu'il t'arrive un truc et que ce soit ton garde du corps le responsable, hein ?

Il rigole doucement et après avoir déposé un court baiser sur mes lèvres, il reprend place à l'avant de la voiture. Quand on arrive, l'heure est déjà bien avancée et Andréas nous attend encore devant la maison. Bill me jette un coup d'½il rapide et note certainement mes mâchoires qui se sont serrées. Je lance avec un peu d'aigreur :

- Eh bin, il est coriace ! Il est tard et il a quand même attendu !

- Mince, bon de toute façon il va pas pouvoir rester longtemps, il est très tard et je suis vraiment fatigué.

A peine garés Andréas se précipite pour ouvrir la porte du côté de Bill et le tire avec force hors de la voiture pour le serrer contre lui. Faut juste que je pense à respirer le plus calmement possible.

- Chéri, enfin tu es là ! Je t'attends depuis longtemps tu sais. Oh tu m'as manqué...

- Salut Andi, doucement, tu m'étouffes un peu là !

- Désolé, désolé. Je suis content de te voir. Ça va, Tom ? Vraiment navré pour votre ami. Mais bon, ce sont les risques du métier, hein !

Putain, à mon regard Bill comprend immédiatement qu'il vaut mieux le reculer de là, je vais faire un massacre ! Il me regarde effaré et prend la parole rapidement pour essayer d'effacer le manque de délicatesse de l'autre nul. Il demande la première chose qui lui vient à l'esprit :

- Euh...Andi, tu sais pas si mes parents dorment déjà ? Je vois que tout est éteint.

- Ils ont été se coucher depuis un petit moment. C'est bien, on va pouvoir être un peu seuls tous les deux.

Comme si c'était la bonne chose à dire. Je m'attarde encore un peu, histoire de voir comment Bill se débrouille, j'ai déjà pu voir quand son blond est lancé, il est difficile à retenir. Il est toujours en train de vouloir tripoter Bill, c'est exaspérant !

- Il est tard Andi, la journée a été fatigante, la route a été longue. On se voit demain, si tu veux ?

- Comment ça demain, je veux rester, là !

Il essaie de prendre un ton de gamin qui geint pour attendrir Bill mais c'est peine perdue, je vois une étincelle dans son regard qui indique que là, il commence à être agacé. Je jubile.

- S'il te plait, Andi, complique pas les choses, je te dis que je suis fatigué.

- Écoutes, on n'a plus le temps de se voir, on fait plus rien, tu veux même pas que je reste un peu ce soir, mais qu'est-ce-qu'il se passe ?

- Rien ! Il se passe rien, c'est juste que j'aimerais juste aller me coucher, là, désolé que tu aies dû attendre si longtemps pour pas grand-chose.

Andréas a l'air furieux, et moi je décide de rentrer, je peux décemment pas assister à toute leur conversation quand même !

- Bon, euh...Bill, je vais monter, je vous laisse discuter, Andréas, bonne soirée à vous.

- Attends moi, Tom, je viens aussi.

Andréas nous fixe tous les deux, étonné :

- Tiens ! Tu le tutoies maintenant ? Et depuis quand ? Pourquoi ?

Bill soupire, une fois de plus exaspéré :

- Oh non...Andi s'il te plait...Je tutoyais bien Ronald, ça t'a jamais gêné, tu vas pas me faire une crise pour ça ?

- Non mais je trouve ça...bien rapide. Comment ça se fait ?

- Écoute, on parlera de ça demain, là je vais renter.

- Mais bon sang c'est trop te demander de rester un peu avec moi ? T'es devenu vachement distant, Bill. Je sais pas ce qui se passe mais...je comprends pas. Tu me repousses depuis...bin depuis que Tom est arrivé en fait, t'es plus pareil. Y a quelque chose que je devrais savoir ?

Tiens, ça commence à devenir intéressant tout ça. Je regarde Bill pour essayer de l'encourager à jeter ce connard. Oui finalement ce serait le moment, j'en peux plus. Il est vraiment trop con et je supporterais pas qu'il pose encore un doigt sur Bill. Et comme Bill n'a plus l'air d'y tenir, autant y aller franco et jetons ce crétin !

- Bon, Andi là je suis vraiment pas d'humeur à supporter une scène, non vraiment pas.

- Bien-sûr, quand il s'agit de moi, t'es plus d'humeur à quoi que ce soit sauf m'envoyer bouler, je remarque ! Merde Bill on n'a pas baisé depuis des lustres, à moins que ce soit Tom qui se charge de ça aussi maintenant ?

Et là, le temps de réaliser et je vois Bill envoyer sèchement une grande claque en plein dans la tronche à Andréas. Clac ! Je l'embrasserais, tellement ça fait plaisir. J'en danserais presque sur place en battant des mains, comme un gamin ! Prends toi ça dans la gueule, connard, ça fait longtemps que tu cherches ! Ah tu l'as pas volée celle-là ! Et continue encore un peu et c'est moi qui te fais ta fête ! Andréas ouvre des grands yeux tout ronds et se tient la joue.

- Mais...mais, ça va pas non ? Qu'est-ce-qu'il te prend ?

- Il me prend que j'en ai marre de t'entendre me débiter des imbécilités. Y a que la baise qui est importante pour toi ? Et c'est nouveau ces conneries sur Tom ? Va te coucher, on parlera demain. T'es vraiment trop con, Andi.

- Ok j'y vais. Mais je reviens demain. Faut qu'on parle !

- Ok, à demain.

Sans plus de cérémonie, Bill lui tourne le dos et on rentre tous les deux pendant qu'Andréas démarre et s'en va dans un nuage de poussière, furieux. On monte et on s'arrête devant la porte de ma chambre, Bill se tourne alors vers moi.

- Je crois qu'il va falloir parler à Andréas plus tôt que prévu.

- Oui, je crois aussi. Et c'est peut-être mieux comme ça.

Et j'ajoute en me rapprochant de lui :

- Je supporte plus de le voir tourner autour de toi, comme ça...

- Hmmm....jaloux ?

- Moi ? Non...je...fais juste mon job.

- Oh, ton job ? Alors laisse-moi faire le mien...

Il referme la distance qui nous sépare encore et moi, je ferme les yeux d'anticipation. Je sens son souffle s'écraser sur mon visage et le bout de sa langue passer sur mes lèvres. J'entrouvre légèrement les miennes pour qu'il y glisse la langue et j'approfondis directement le baiser. C'est bon, c'est même plus que ça, c'est exquis ! Sa langue explore chaque recoins de ma bouche et je sens avec délice sa salive se mélanger à la mienne. J'adore la manière qu'il a de s'abandonner dans nos baisers et l'air d'extase sur son visage doit sûrement ressembler au mien. Mes mains viennent encadrer son visage et je caresse ses joues avec mes pouces. De temps en temps je lèche ses lèvres et recommence à l'embrasser de plus belle, ma soif jamais étanchée. Je me demande si un jour j'arriverais à être rassasié de toi, Bill ? Pourvu que ce jour n'arrive jamais, c'est impossible qu'il arrive. Je te veux trop, trop fort, tellement fort que ça me fait peur. Jamais j'ai voulu quelqu'un à ce point-là ! Quand t'as commencé à jouer avec moi tu t'es pas douté que t'allais réveiller le volcan qui sommeillait en moi. Moi non plus j'y étais pas préparé. Après un long moment où on continue de se mordiller, se lécher et se sucer les lèvres, on colle nos fronts l'un à l'autre et il frotte son nez doucement au mien.

- Vas-y, vas-y Bill...

- Ouais, je vais y aller...

Il avance la bouche et recommence de nouveau à m'embrasser, un peu plus passionnément. Continues comme ça et je te jure que je te tire dans ma chambre...! Il murmure encore :

- Ouais, je vais y aller...

- Maintenant.

- Oui...maintenant.

Chacune de nos phrases ont été entrecoupées par de longs baisers. J'arrive vraiment pas à le laisser partir. C'est fou ! Me voilà remonté du temps où j'étais collégien, avec mon premier flirt ! On se détache finalement et il regagne sa chambre et moi la mienne, avec la pensée urgente d'aller prendre une douche pour calmer mes ardeurs.

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Comments :

  • chaos87th

    28/07/2011

    Ah ben non, ils pouvaient calmer leurs ardeurs ensemble. Sans spécialement aller jusqu'à coucher.
    Je pense moi aussi que la discussion avec Andréas s'impose surtout si comme Bill le dit c'est juste pour coucher avec.

  • th-lucky-fic

    17/01/2010

    et beh andy comencerai t-il a ouvrir les yeux
    ouai bill va y vire le il est tro nul ^^

    putain je deblok toute seule
    elle me rend dingue ta fic ^^

    bravo ^^

  • hinter-dem-schirm

    25/10/2009

    C'est beau ce que pense Tom à la fin. Le grand paragraphe.

  • Pucca97217

    05/09/2009

    Oula la gifle...j'avais le sourire jusqu'au oreille.Bon faudrait parler à Andi et sa sa va etre dur

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    J'adore c'est vrai que Andréas est coriace !
    J'adore la fin par contre, quand ils peuvent plus se quitter =D
    C'est meuuugnon

  • nirvana-angelTH83

    15/06/2009

    XDDD oui et bien fraiche la douche Tomi ^^

  • love-hina83

    15/03/2009

    tomichou é jalou ( jfé des rime ) c tro chou bsx

  • shiniee45

    26/11/2008

    coucou a toi
    je viens de finir de lire tes chapitres
    je les trouve très intéréssant et le contexte aussi
    j'espère que bill va mettre les points sur les "i" avec andréas et qu'il le quitte pour aller avec tom définitement
    est ce que je pouurais être prévenue pour la suite s'il te plait
    merci
    kiss

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