[Fiction] - Protection Rapprochée - Chapitre 12 (Partie 1/2)

Je jette un regard sur Bill, m'assurant qu'il n'a rien compris de ce qui se passe. Je réfléchis à toute vitesse, il va falloir que j'emprunte un chemin un peu plus fréquenté si je veux ramener Bill entier à la maison. Lui, il n'a pas encore saisi que mon silence est dû à une préoccupation intense, il discute de tout et de rien et pour une fois je béni son habitude à parler pour deux, comme ça j'ai pas à l'écouter vraiment et lui répondre. Dans le rétroviseur, la voiture accélère soudain et dans un grand bruit vient emboutir l'arrière de notre voiture. Bill, qui était en pleine phrase, s'arrête soudain, le corps brutalement projeté en avant. Mais comme il a remis sa ceinture de sécurité, il est vite calé par le blocage automatique et se retient tout de même en étendant ses deux mains sur le tableau de bord et poussant un grand cri :

- HEYYYY...Mais c'est quoi ?

J'ai le réflexe d'étendre mon bras devant lui pour empêcher qu'il se fasse plus mal que ça et jure entre mes dents en essayant d'accélerer le plus possible pour nous sortir de là. Ca sent mauvais pour nous, là !

- Putain ! Merde, merde, manquait plus que ça !

Bill s'est retourné pour regarder qui vient de nous rentrer dedans, il comprend très vite :

- Tom, c'est...c'est pas les gars de l'autre fois ? La voiture, on dirait la même...

- Oui, je crois bien que c'est eux. Ecoutes moi bien Bill, baisse ton siège au maximum. Et tu bouges pas, tant que je te le dis pas, tu te relèves pas. T'as compris ?

- Mais...

- T'as compris ? J'insiste Bill, te montre pas, ils savent déjà que tu es là, je veux pas qu'ils essaient de tirer et que ça te touche !

Il ouvre grand les yeux et se dépêche de baisser son siège comme je le lui ai demandé. Je me penche brièvement pour ouvrir la boîte à gants et en sortir un révolver qui ne me quitte jamais. Je le pose sur mes jambes et prend mon téléphone pour appeler les flics sensés être à notre disposition jour et nuit. Je leur explique vite fait la situation, donne ma position et appelle aussi Sam, pour l'avertir et qu'il envoie aussi une équipe de la maison sur notre chemin. On n'est jamais trop prudent, les premiers arrivés entre eux et les flics seront les bienvenus. Mon coeur tambourine comme un fou.

La voiture se remet à accélerer derrière nous et malgré ma tentative pour essayer d'accélerer, ils reviennent heurter l'arrière de la voiture encore une fois. Je vois Bill qui est mort de peur, ses yeux sont écarquillés et il est recroquevillé sur son siège. Je vais relativement vite et pourtant la voiture arrive à se mettre à notre hauteur, sur le côté gauche, elle vient nous frôler légèrement, me faisant décaler sur la droite et là je dois dire que j'imagine presque la fin. Bill se met à crier quand il sent que nous sommes déportés vers la droite.

- HAAA...Tom, Tom qu'est-ce-qui se passe ?

- Tu bouges pas Bill, reste allongé !

La voiture revient nous heurter plus violemment, nous écartant de la route et nous envoyant dans le décor. Je peux heureusement freiner à temps après avoir glissé quelques mètres dans l'herbe. Encore heureux qu'il n'y ait pas d'arbres ! Je sors de la voiture, brandissant déjà le révolver, prêt à nous défendre et à me battre comme un lion si ça veut dire garder Bill en vie et avec moi, mais la voiture ne s'est pas arrêtée...elle a continué sa route, roulant toujours très vite et je peux juste voir l'arrière s'éloigner progressivement. Je fais le tour de la voiture et vient ouvrir la portière du côté de Bill :

- Bill, ça va tu peux sortir, ils sont partis.

- Quoi ? Ils...ils sont partis, tu es sûr ?

- Oui, ça va toi ?

Bill me rejoint à l'extérieur, il est blême et tremblant. Il se jette dans mes bras manquant presque de me faire tomber.

- Putain j'ai eu peur...Mais c'est qui, hein ? Qui en a après moi comme ça ?

Je lui rends son étreinte et caresse ses cheveux :

- Je sais pas Bill. Je sais pas encore mais on va trouver, je laisserai rien t'arriver. Personne te fera quoi que ce soit, pas tant que je serais là...

J'essaie de joindre de nouveau les flics qui devaient venir nous aider, ceux-là s'il fallait compter sur leur rapidité !!! Le téléphone de la voiture se met alors à sonner. Avec insistance. Bill vient s'assoir dans la voiture et je mets le haut parleur pour qu'on puisse suivre la conversation de la personne qui nous appelle. C'est peut-être Sam...

- Tom Trümper ? Vous venez d'avoir une démonstration de ce que nous pourrions être capables de faire...

Je ne connais pas cette voix, elle est grave, malsaine. Bill s'est instinctivement raidi quand il a compris comme moi que c'était ses agresseurs. Je réponds hargneusement à ce salaud :

- Qu'est-ce-que vous voulez ? Qui êtes-vous ?

- Qui nous sommes n'a pas réel intêret pour le moment. Il est juste important que VOUS sachiez ce que nous sommes prêts à faire si vous n'arrivez pas à faire coopérer Bill...

- Jamais ! Jamais vous entendez !? Touchez à Bill et qui que vous soyez, où que vous soyez, je vous retrouverais. Je suis déjà sur vos traces, vaut mieux pas pour vous que je vous trouve.

- Bill ? Je sais que vous m'entendez aussi...vous devriez reconsidérer notre proposition...Vos talents en informatique contre la vie, Bill...votre vie ou celle de Tom, c'est peu demandé, non ? Réflechissez, je vous contacterais bientôt.

Avant que j'ai pu rajouter un truc de plus, il raccroche. Bill est toujours sans voix, comme amorphe. Il semble prendre conscience de ce qui vient de se passer et son air apeuré me brise le coeur.

- T'inquiètes pas Bill, on trouvera qui c'est...

- Non, non je veux pas que ça se reproduise, tu l'as entendu ? Ils pourraient te faire quelque chose aussi, ils en ont après toi aussi. Je peux pas laisser faire ça...

- Et tu proposes quoi ? Te joindre à eux et devenir un truand, Bill ? Dis pas n'importe quoi...Ils me feront rien, je te l'ai dis, on trouvera qui c'est avant. Faut juste qu'à l'avenir on soit plus prudents.

Et là je sens une colère sourde gronder en moi. Putain, j'ai été con ! Comment j'ai pu !

- Meeeeerde, comment j'ai pu te sortir de la maison sans autre sécurité que ma garde ? J'aurais dû prévoir, on aurait pas dû...je...on aurait dû laisser Miguel conduire et se faire accompagner de deux voitures. Quand je pense qu'ils auraient pu arriver pendant que tu...pendant la pause sur la route tout à l'heure...J'ai merdé, j'ai vraiment merdé Bill, je...c'est pas dans mes habitudes...

- Hey...Arrêtes, calme toi Tom, t'y es pour rien, on devait juste aller acheter de la peinture, on va pas sortir avec tout un staff non plus chaque fois que j'aurais une course à faire !

Là j'élève un peu la voix, il a pas l'air de comprendre qu'à partir de maintenant ces gars-là ne vont plus nous faire de cadeaux !

- Bien-sûr que si Bill ! Regarde ce qui vient de se passer ! Et moi j'aurais dû prévoir tout ça ! Je peux pas juste te suivre hors de la maison, juste nous deux, j'ai été engagé pour te protéger et là je fais pas bien mon boulot ! Merde Bill tu comprends pas qu'ils auraient eu tout le temps de nous sortir de la voiture et nous descendre en toute impunité ? On a de la chance cette fois que ça soit juste un avertissement !

Bill ne dit rien, il me regarde et je vois soudain une éspèce de détermination sur son visage :

- Alors je devrais peut-être leur donner ce qu'ils veulent ? Je veux pas plus que toi qu'il arrive un truc à l'un de nous deux.

Il rajoute en baissant un peu la voix :

- Je supporterais pas qu'il t'arrive quoi que ce soit par ma faute...

Mais je suis tellement en colère, contre moi, contre lui, contre ces gars que je crie encore plus :

- Justement, moi non plus je veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit ! C'est n'importe quoi, j'ai fais n'importe quoi...

Il a pas le temps de répliquer qu'une voiture se gare à notre hauteur : les flics. Ils descendent rapidement à notre rencontre et viennent au rapport. Bien-sûr, ils sont étonnés de voir qu'il n'y a pas d'autre entourage que moi pour accompagner Bill mais ils ne disent rien. L'équipe envoyée par Sam, de la maison, arrive aussi et après avoir fait mon récit, l'un des gars de la sécurité du domaine se propose de rentrer avec la voiture que je conduisais, pendant que Bill et moi rentrons avec son coéquipier. Nous reprenons donc la route, silencieux, énervés, bref bouleversés.

Quand on arrive à la maison, Bill descend et hésite un peu avant de renter :

- Vas-y, Bill, je te rejoins dans un instant, faut que je passe voir Sam, pour le rapport.

- Je veux venir !

- Non, il s'agit du boulot, là, et même si c'est toi que ça concerne j'ai besoin de voir Sam. Inutile que tu voies le savon qu'il aura raison de me passer.

Il hésite encore un peu et tourne les talons. Comme j'avais prévu, Sam est furieux, je me fais engueuler comme pas possible et je peux rien repliquer pour ma défense. Il a complètement raison ! Mes sentiments pour Bill m'ont distrait, j'ai pas réfléchis, j'ai pas pensé qu'il y aurait pu avoir un problème et que tout seul avec Bill, on est encore plus vulnérables ! Je peux décemment pas dire à Sam tout ça ! Je me ferai lyncher direct ! Je prends prétexte que la course que Bill avait prévue était rapide donc il n'était pas nécessaire d'emmener quelqu'un d'autre. Après une demi heure de « savon » Sam me libère enfin, il n'y a rien à faire d'autres, on sait pas qui c'est, ils interviennent de plus en plus et ils ont dit qu'ils nous recontacteront. Je file dans ma chambre, on est pas sortis depuis longtemps maisj'ai besoin d'une douche pour me remettre les idées en place et essayer d'y voir un peu plus clair. Je suis à peine sorti de la salle de bains que la porte qui communique avec celle de Bill s'ouvre d'un coup et il entre en trombe. Je constate aussi qu'il s'est changé, il a troqué sa salopette contre un jean et un tee-shirt toujours aussi moulants.

- Je pouvais plus attendre, il me semblait bien t'avoir entendu revenir. Sam t'a dit quoi ? Je viens de l'avoir au téléphone, il a prévenu mon père, d'ailleurs je l'ai eu aussi au téléphone, il peut pas revenir de suite mais ça va, il en a pas après toi. Après tout, on est sains et saufs !

Il s'assoie sur mon lit et je vois bien qu'il me mate sans discrétion, c'est vrai que je porte qu'une serviette autour de ma taille, mais bon, j'avais pas prévu qu'il allait débarquer. De toute façon il faut que je lui parle.

- Bill, écoute, il faut que je te dise un truc...

- Vas-y.

- Je crois pas que nous deux...ce soit...une bonne idée...

Son regard se fait froid, comme sa voix.

- Ah oui ? Et pourquoi ?

- Regarde ce qui s'est passé tout à l'heure...Tu comprends, je devrais pouvoir être en possession de toute ma tête et depuis qu'on...enfin...qu'on s'est rapprochés, j'oublie un peu que je suis normalement ton garde du corps.

- Je vois pas en quoi le fait que tu fasses ton boulot nous empêcherait de nous...rapprocher comme tu dis !

- Bin parce que je raisonne pas froidement, et en plus avec ce qui s'est passé en chemin, quand...euh...quand tu m'as...

- Sucé Tom, tu peux le dire, je t'ai sucé ! Et alors ?

- Et alors ? On a pas été prudents Bill, ils auraient pu arriver à ce moment-là, comment j'aurais fait pour intervenir ?

- C'est pas ce qu'il s'est passé, on peut s'estimer heureux. Qu'est-ce-que tu essaies de me dire, là ?

Je sais pas comment lui dire ça. Moi même ça me fait chier, mais je veux pas prendre le risque qu'il lui arrive encore quelque chose ou que mes sentiments empêchent ma tête de raisonner rationnellement. Il sent ce que je vais dire, il est assis, là, le dos droit, le regard glaçé, il est vraiment pas content. Ca devrait me faire plaisir de le voir aussi attaché à moi, j'attends que ça, mais je veux pas le perdre par ma connerie.

- Allez, Tom, dis le ! Dis le que tu veux plus de moi ! Que tu veux qu'on arrête tout ça !

- Bill, arrête, tu crois que ça me fait plaisir ? Je te rappelle qu'à la base je suis hétéro alors si j'ai déjà fais tout ça avec toi c'est pas pour rien ! Mais je suis ton employé bordel ! Je suis pas supposé être plus !

- J'en ai rien à foutre ! Tu peux être les deux ! Et puis de toute façon on est pas réellement ensembles, jusqu'à ce soir je suis toujours avec Andi, et on avait dit qu'on allait lentement toi et moi.

Je soupire un bon coup et me laisse tomber à côté de lui :

- Je veux pas qu'il t'arrive quelque chose, Bill. Je suis le meilleur dans ma catégorie et j'arrive pas à croire comment j'ai pu faire une erreur aussi grossière !

- Ecoute, je te promets de faire attention, je sors plus de la maison sans avoir une vingtaine de personnes autour de moi s'il le faut. Mais t'éloigne pas...

- Je vois pas ce que je peux faire d'autre...

Il affiche une mine très déçue, il a bien compris qu'il me fera pas changer d'avis. Il est toujours assis sur mon lit, tout près de moi. Il me regarde longuement, sans rien dire et se lève d'un coup. Il fait à peine quelques pas qu'il se retourne brutalement et revient se mettre à califourchon sur mes genoux.

- Ok, mais tu crois que tu vas pouvoir te passer de ça ?

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Comments :

  • chaos87th

    28/07/2011

    Bill a bien raison de s'accrocher à Tom, à ne pas vouloir qu'il s'éloigne de lui.
    Sinon je sens que ça risque d'être tendu et d'être encore pire que là.

  • Pucca97217

    05/09/2009

    Ouh la on a eu chaud heureuzment il ne sont pas blessès.
    Jsavais que Tom voudrait rompre.
    Et j'espere que Bill saurat le convaincre qu'ils sont fait pour être ensemble.

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Plus de peur que de mal comme on dit =)

  • nirvana-angelTH83

    15/06/2009

    genre comme si tu pouvais te passé de lui tssss!!!!

  • love-hina83

    15/03/2009

    se passer de koi , ces bsx, ces felatio, ces "branlete", ? mistere XD bsx

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