[Fiction] - Protection Rapprochée - Chapitre 13 (Partie 1/2)

*Ellipse de quelques jours*

Trois semaines. Trois semaines que je suis au service de Bill Kaulitz. Ca touche presque à sa fin. Ouais, j'aime pas rester au même endroit plus longtemps. Enfin, aimais pas. Maintenant je veux qu'une chose, c'est de rester encore. Qu'est-ce-que t'as fait de moi Bill ? J'en sais foutre rien ! Le seul truc que je sais, c'est que depuis que j'ai décidé qu'on devait s'éloigner, bin...il me manque. Il a respecté ce que je voulais. Il a rien tenté, rien dit, rien...rien de rien. Il me laisse le temps que je lui ai demandé. Tout ça pour quoi ? Pour que je puisse me reprendre, que je fasse mieux mon boulot. Et vous croyez que ça marche ? Même pas...On se parle normalement, on agit normalement, sans plus. Et ça me bouffe. Je le dévisage constament, dès que je peux. Il le voit bien, mais il dit rien. Lui ? Il a continuellement le regard triste. Dès fois, il me surprend à le regarder fixement, alors il me fait un sourire triste et quand je soupire, il me dit « je sais, Tom...je sais... ». Voilà où on en est. Un con, c'est tout ce que je suis, un vrai con. Le pire, c'est que j'ai pas plus la tête à mon boulot. Je compte plus le nombre de fois où j'ai oublié de lui demander son emploi du temps de la journée, celui que je dois transmettre à Sam, le matin. Il a fallu que celui-ci m'appelle pour me le réclamer. Il doit pas avoir à le faire.

On a pas non plus des nouvelles d'Andréas, je commence à croire qu'il laissera Bill tranquille. Bill est bien sorti quelques fois, on a été conduit par Miguel et notre voiture était encadrée par deux autres. Toute l'organisation est maintenant bien rodée, j'ai pas à m'inquiéter pour ça. Et dans la voiture, Bill reste à une distance respectable. Bien-sûr on discute un peu, mais ça reste léger. Superflu. Les plaisanteries ne fusent plus autant, on a bien essayé mais je vois bien que ni lui ni moi avons le coeur à ça. Et j'en crève. J'en crève.

Comme promis, les agresseurs de Bill ont donné de leur nouvelles, de la façon la plus dégueulasse qui soit.

Flashback

J'ouvre les yeux lentement avec la sensation désagréable d'avoir un poids dans la poitrine. Encore une journée à être près de lui sans pouvoir le toucher. Etre près de lui et être seulement son garde du corps. Comme c'était prévu depuis le début. Je file sous la douche, ça va certainement me réveiller en meilleure forme. Après m'être habillé je retrouve Bill, comme d'habitude à la cuisine, mais pour une fois il est pas là. Je suis en train de boire mon café quand il arrive. Sa vue me coupe le souffle un instant. Il s'arrête net en me voyant :

- Oh, salut Tom. T'es déjà levé ?

- Bin ouais. Bien dormi ?

- Ouais.

Conversation stérile. Je vois. Je détaille tous ses mouvements pour m'en imprégner. Je connais ses gestes par coeur, il a toujours les mêmes. Il va se servir un café, prendre un muffin, s'assoir sur la table en lisant un truc quelconque et froncer les sourcils en lisant. Et c'est exactement ce qu'il fait. Sauf que depuis, il lève plus les yeux sur moi. Il a arrêté de me regarder pendant qu'il buvait et m'allumer par ses petits regards chauds en se passant la langue sur les lèvres pour récuperer les miettes de son gâteau. Je me traite d'idiot mentalement quand je m'aperçois que j'ai imprimé tous ces détails, comme une gamine énamourée devant son premier flirt. Il a toujours le nez plongé dans sa brochure et je sursaute quand j'entends sa voix :

- Arrête de me regarder comme ça...

Je peux rien répondre. Pour dire quoi ? Il m'a même pas regardé quand il a dit ça. Comment il le sait ? Il a dû le sentir. Moi je sens toujours quand il me regarde. Et ça c'est bien plus souvent qu'il veut laisser croire. On joue au chat et à la souris mais c'est sans aucun plaisir. Je fais mine d'aller poser ma tasse, histoire de me donner une contenance.

- T'as des trucs à faire ce matin, Bill ?

- Non. Je sors pas. Je bosse sur le système de mon père, ici à la maison, dans son bureau.

- Ok.

Autre conversation stérile. Et brève. Une autre journée à glander pour moi. C'est pas plus mal dans un sens. Il se tient loin, et moi je...je me retiens. C'est ce que je voulais, non ? Alors pourquoi j'ai l'impression d'être totalement à côté de la plaque ?

Anja, la cuisinière arrive à son tour et embrasse Bill sur la joue en lui ébouriffant les cheveux. Elle était déjà au service des Kaulitz à sa naissance, elle l'a vu grandir et devenir l'homme qu'il est maintenant.

- Bonjour Billy ! Descends de là ! Combien de fois faudra t-il que je te dise de ne pas t'assoir sur la table ?

Il rit un peu et ça me serre le coeur.

- Je crois que c'est quelque chose que tu devras me dire encore tous les autres jours !

- Garnement ! Va donc voir à la porte, quelqu'un a un paquet pour toi.

Tiens ? Comment ça se fait ? Me dites pas que c'est Andréas qui lui envoit une merde quelconque ! Et pourquoi c'est pas Sam qui a receptionné le paquet ? Bill me lance un regard avant de quitter la pièce, moi sur ses talons, intrigués tous les deux. Quand on arrive à la porte, on y trouve le jardinier.

- Monsieur Bill, bonjour. Sam n'était pas là pour recevoir le colis et signer le reçu du facteur. Je me suis permis de le faire moi-même. J'ai cherché où il était mais je l'ai pas trouvé. Sur le colis, il y a votre nom.

- Merci Jo, je vais le prendre.

Il prend le colis des mains de ce Jo, c'est un petit paquet pas très gros, rectangulaire, emballé dans du papier kraft. Bill a l'air curieux, son visage s'est détendu un instant :

- Je me demande ce que c'est...J'ai pourtant rien commandé et personne à ma connaissance devait m'envoyer quelque chose.

Je l'écoute d'une oreille, espérant juste qu'il finisse de déballer son paquet, qu'il aille travailler pour que je puisse remonter dans ma chambre et arrêter de me torturer comme ça. Mais dans sa phrase quelque chose me dérange...

« J'ai pourtant rien commandé... »

Le temps que ça remonte à mon cerveau, il a déjà arraché le papier et ouvert la boîte, qui était en fait une boîte à chaussures. Je m'écris :

- Attend Bill ! Ouvre pas ! Donne-moi ça !

Mais je le vois lâcher le paquet, blême :

- Oh mon Dieu !

Putain, heureusement que c'était pas une bombe ou un truc dans ce genre là. En même temps ces gars-là veulent Bill vivant, alors...Mais quand je me penche pour ramasser le colis, je vois ce qu'il y avait dedans. Un cercueil, noir. Avec sur le dessus un B en lettre doré. Une petite ouverture sur le côté laisse deviner que ça peut s'ouvrir. Quand je le fais, dedans se trouve une poupée, grossière imitation de Bill, nue, le visage barbouillé de feutre noir et rouge, le corps lacéré d'aiguilles, le ventre ouvert et un couteau en plein dans la tête et l'anus. Un gémissement me tire de ma contemplation. J'ai juste le temps de rattraper Bill au vol. La boîte s'écrase sur le sol quand il tombe, sans connaissance dans mes bras.

- Bill ! Bill ?

Je crie dans toute la maison pour alerter le premier venu, la cuisine étant la plus proche, je me rappelle alors qu'on vient d'y voir entrer Anja.

- Anja ! Anja !

Elle arrive en courant :

- Oh ! Mais...que s'est-il passé ? Amenez le dans le salon privé, Tom, je vais vite chercher de quoi le réveiller !

Quand elle voit le cercueil et la poupée éparpillés sur le sol elle pousse un cri d'horreur.

- Mon Dieu ! Mais c'est quoi ça ? On veut du mal à Billy ? Mon petit Billy ?

- S'il vous plait Anja, je vais dans le salon, amenez quelque chose...

- Oui, oui bien-sûr.

Je porte Bill jusque dans le salon privé, l'installant le mieux possible sur le canapé. Anja revient rapidement avec un verre d'eau mélangé à je ne sais quoi, mais ça a une odeur d'orange. Et un linge humide aussi qu'elle se dépêche de passer sur le front de Bill. Il remue un peu et jette un regard circulaire, un peu déphasé.

- Qu'est-ce-que...qu'est-ce-qui s'est passé ?

- Je ne sais pas Billy, tu t'es évanouis et c'est Tom qui t'as amené ici. Tom, prenez le verre et assurez-vous qu'il le boive. Je dois retourner en cuisine, j'ai quelque chose sur le feu.

Elle me tend le verre et sort rapidement. Toujours discrète, elle n'a posé aucune question à Bill quand à ce qu'elle a vu du colis. Bill se redresse péniblement et prend le verre que je lui pose dans les mains.

- Tiens, bois ça, elle l'a fait pour toi.

Il boit lentement et pose le verre sur la table basse devant lui. Il se recroqueville dans le canapé, toujours pâle et tremblant. Je viens m'agenouiller devant lui pose mon menton sur son bras.

- Hey, ça va ?

- Ouais, ça va aller. Faut que quelqu'un se charge d'aller jeter ce...truc, il est resté devant la porte, non ?

- Ouais, t'inquiètes pas, c'est fait.

- Je commence à en avoir marre. On sait toujours pas qui c'est ?

- Non, Sam, la police et moi-même sommes toujours sur le coup.

- Je vois. Bon je vais pas rester comme ça toute la journée, je vais aller bosser.

- T'es sûr ? Tu viens de tomber dans les pommes, Bill, tu préfèrerais pas plutôt aller dans ta chambre et te reposer un peu ?

- Non, et puis ça me changera les idées. J'ai pas envie de me morfondre dans ma chambre. Je me sens mieux de toute façon, c'était le choc mais maintenant ça va. Et puis...

- Quoi ?

- Ma chambre est à côté de la tienne. Je pourrais pas. J'aurais envie de venir te voir.

Et voilà, je me sens minable ! J'aurais su garder toute ma tête depuis le début, j'aurais au moins pu être là pour lui. Mais non, alors maintenant j'assume mes erreurs mais putain que c'est cher payé !

Il se redresse et se lève, prêt à partir mais comme il s'est relevé un peu brutalement, le tournis le reprend, il ferme les yeux, porte un main à son front et dérive légèrement. Je l'attrape vite fait pour qu'il ne tombe pas et mon mouvement un peu sec vient le faire s'écraser contre moi. Je le sens d'un coup se raidir et se relacher lentement. Moi, je profite un peu plus longtemps que nécessaire de cette étreinte. J'essaie de cacher mon émotion en jouant au père grondeur :

- Tu vois que t'as pas encore bien récupérer ! Tu devrais monter un peu, t'as le temps d'aller bosser, non ?

Il répond pas. Mais je sens sa main glisser lentement dans mon dos. Elle passe doucement de haut en bas. Je bouge pas, de peur qu'il s'en rende compte et qu'il me lâche. J'ouve mes yeux que j'avais même pas conscience d'avoir fermés et laisse échapper un léger soupir. Je réalise une fois de plus que je me sens mieux comme ça, avec lui dans mes bras. Et je suis certain qu'il pense la même chose à cet instant. J'aurais dû le lâcher depuis un moment déjà, mais j'en suis incapable. Je prends son odeur en pleine figure, ça m'avait manqué. La douceur de ses cheveux sous mes doigts, ça m'avait manqué. Son coeur battre contre le mien, ça m'avait manqué. Son corps qui tremble contre le mien, ça m'avait manqué. Tout m'a manqué, et quand je ressens de nouveau, ça me rend fou. Il lève la tête au moment où je baisse la mienne et j'arrête de réfléchir, je pose une main sur sa joue, l'attire un peu plus à moi et l'embrasse. J'aurais presque envie de pleurer tellement c'est bon. Le baiser reste léger, juste en surface, mais j'essaie de faire passer au travers toute la tendresse dont je suis capable. Il me fait toujours le même effet. Sinon plus. C'est peut-être pas le baiser le plus passionné qu'on ait échangé mais c'est celui qui a meilleur goût. Le goût de mon attente, le goût de ma frustration, le goût de mes sentiments pour lui, et de toute cette situation qui me déchire le coeur. Ni lui ni moi songeons à y mettre la langue et pourtant c'est encore meilleur comme ça. Une espèce de chaleur m'envahit le ventre et se propage partout dans mes veines. Bill, tu m'as manqué...

Je sais pas qui de moi, qui de lui a arrêté le premier, je sais juste que c'est déjà fini. Mais je refuse de le laisser partir encore. Pas tout de suite. Il appuie son front contre le mien et frotte lentement son nez contre le mien. Il faisait toujours ça aussi, ça m'avait manqué...et je le lui dis, tout bas, comme un secret :

- Bill...tu me manques...

- Toi aussi, Tom...tellement...

Je pensais même pas qu'il m'avait entendu et lui aussi a répondu tout bas. Et il murmure encore, d'une voix hachée :

- Pardon, désolé Tom, je voulais pas...j'ai pas pu me retenir...Je sais que tu veux mettre de la distance mais-

- Chut...c'est pas grave...moi aussi, Bill...

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Comments :

  • chaos87th

    28/07/2011

    Elle est carrément hard la poupée. Faut espérer que les parents n'en ai pas la description.
    Un preuve qu'ils ne devraient pas s'éloigner l'un de l'autre, ils se font du mal comme ça.

  • Pucca97217

    06/09/2009

    Sa vous bouffe retourner ensemble tout les deux vous serait plus heureux.
    Wèèèèèèèèè enfin un ti bisous

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Quand même dingue le coup du cercueil et tout !

  • nirvana-angelTH83

    15/06/2009

    prq se mettre la rate au cour bouillon il t'm tu l'm alors y'a plus qu'a

  • Kiara

    01/05/2009

    Super j'adore

  • love-hina83

    15/03/2009

    c mignon en tt ca je voulé savoir tu valide lé com ou pa pck je reste con de voir ke ten a pa alor ke ta fic et tro bi1 bsx

  • nirvana-angelTH83

    14/03/2009

    ouhhhhhhhhhh!!!! c'est trop beau *-*

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