[Fiction] - Protection Rapprochée - Chapitre 16 (Partie 1/2)

Andréas...Je reste figé l'espace de quelques secondes, le temps de réaliser vraiment qu'il est en face de moi et l'arme qu'il tient à la main me remplit d'effroi. Je suis devant lui, complètement désarmé et complètement vulnérable. Je déteste ce sentiment, je déteste encore plus ce gars.

- Je t'ai posé une question. Tu l'as baisé ?

- Dites-moi en quoi ça vous regarde ?

- Tu peux me tutoyer, Tom. Maintenant que tu l'as baisé, on est un peu lié, hein ? Après tout, on l'a baisé tous les deux. On est presque potes, non ?

Il est fou ou quoi ? J'ai l'impression qu'il a même pas conscience de ce qu'il est en train de raconter. Je sais pas s'il faut bouger ou pas.

- J'en étais sûr...j'en étais sûr qu'il s'envoyait en l'air avec toi...Et depuis combien de temps vous vous foutez de ma gueule, dans mon dos ? Ca a dû vous amuser, hein ?

- Ecoutez, Andréas-

- Tutoies- moi connard ! Pas la peine de prendre ce ton condescendant avec moi ! T'es pas en position de faire le malin, là !

- Ecoutes, Andréas, personne s'est foutu de la gueule de personne. Bill a toujours été correct avec toi, si je me souviens bien il t'a jeté avant...

Putain moi et ma grande gueule ! J'ai pas pû m'en empêcher et ça le rend encore plus en pétard. Mais sa fureur est...terrifiante. Tout passe par ses yeux et son visage. Ses yeux aux pupilles dilatées, un éclair malsain, un regard de fou incontrôlable. J'aurais peut-être dû me la fermer. La seule pensée qui me traverse c'est que Bill va pas tarder à sortir de la maison. Putain, s'il pouvait rester à l'intérieur le temps que je trouve une solution...Le faire parler, le faire parler le plus possible pour gagner du temps et détourner son attention sur la présence de Bill dans la maison. Faire le gars désolé de sa parole malheureuse, ça calmera sûrement sa fureur que je sens grandir :

- Désolé, Andréas. Je voulais pas dire ça.

J'ai bien fait. Son regard reprend légèrement un éclat presque normal. Pleins de pensées défilent à toute vitesse dans ma tête, essayant de trouver comment me sortir de là, comment NOUS sortir de là. J'entends vaguement le portable de Bill sonner à l'intérieur. Merde, pourvu que ça détourne pas l'attention d'Andréas de moi. Je continue de parler pour essayer de couvrir les bruits que pourraient faire Bill. D'ailleurs je m'étonne qu'il soit pas déjà sorti.

- Comment tu savais qu'on était ici ?

- Je le savais. C'est tout. Je sais tout ce qui peut concerner Bill. J'ai jamais arrêté de surveiller toutes ses allées et venues. Et aujourd'hui, bingo ! Mon jour de chance ! Monsieur sort seul ! Ca a pas été difficile de le suivre jusqu'ici, sauf que j'ai eu un pépin en chemin, voilà pourquoi j'arrive après vos festivités, sinon, crois-moi Tom, t'aurais pas eu le loisir de poser un doigt sur lui !

A l'intérieur, j'entends Bill qui s'agite un peu. Il doit certainement être en train d'avoir des nouvelles de sa famille qui doit le chercher. On est, comme je le pensais bien au début en venant, vraiment dans une merde colossale ! J'ai bien une arme, mais elle est dans ma boîte à gants et si je bouge, Andréas pourrait m'abattre froidement. Ca lui laisserait tout loisir de faire de Bill ce que bon lui semble. Cette pensée me fait suffoquer un instant. Non, pas Bill. Chaque fois qu'on se retrouve vraiment, une merde arrive derrière, j'aurais dû prévoir. Andréas continue de me fixer sans un mot, le silence entre nous est étouffant. La seule prière que j'arrive à formuler silencieusement est que Bill nous ait vu par une des fenêtres et qu'il se soit tiré par une autre sortie. Mais c'est peine perdue, de toute façon s'il avait vu Andréas me tenir en joue, il serait déjà sorti en courant, impulsif comme il est. D'ailleurs tous mes espoirs s'effondrent quand je l'entends dans mon dos arriver à grands pas :

- Putain, Tom ! Tu vas pas y croire ! Je viens d'avoir-

Il s'arrête net quand il voit qui me fait face. Sa voix me parvient toujours de dos, choquée :

- Andréas !!!

- Salut Bill ! T'es content de me voir, hein ?

Je tourne la tête vers Bill, il a porté une main à sa bouche quand il remarque le revolver que tient Andréas, il est blême et ses yeux vont du blond à moi, affolé. J'essaie de rendre ma voix assurée :

- Bill, rentre. Rentre s'il te plait.

- Oh non ! Ce serait dommage qu'il reste pas regarder un peu, hein chéri ! T'es content de me voir, n'est-ce-pas ? Dis que t'es content de me voir !

- Je...Andréas...Lâche-ça.

- DIS-LE !!!

- Je...je suis content de te voir Andréas...

- Tu m'appelais Andi, avant Bill. DIS-LE !!!

- Content de te voir Andi...

Andréas est en train de péter un vrai câble. Bill est terrorisé et fait tout ce que lui dit son ancien petit ami. Andi est dans un état de nerf incroyable, j'aurais jamais pensé qu'il soit aussi instable mentalement. C'est incroyable de le voir passer d'un état à un autre et avoir des réactions aussi bizarres. Mais le fait que Bill lui dise ce qu'il veut entendre à l'air de l'apaiser un peu. Son souffle se calme, sa voix s'adoucit :

- Moi aussi je suis content, chéri. Tu m'as manqué. Vraiment beaucoup manqué...T'as aucune idée de comment ça a pu être difficile sans toi. Et toi ? Ca a été difficile pour toi ?

- Heu...

Là ça commence à me gonfler, il compte faire dire à Bill un lot de conneries sans fin ou quoi ? Et Bill qui hésite là-dessus, ça va pas arranger nos affaires. Et en plus il commence à s'énerver :

- Andi, lâche le revolver et on va discuter. Laisse Tom partir. S'il te plait.

Andréas se met à rire comme un damné.

- Partir ? Oh mais non ! Au contraire, je veux qu'il reste ! Alors racontez-moi un peu ce que vous faisiez avant que j'arrive ? T'as pas mis longtemps à me remplacer, chéri !

Le truc qui est bien à ce moment-là, c'est qu'Andi s'est déplacé, il est toujours face à moi mais son mouvement me permet de me rapprocher imperceptiblement de Bill. Je me place juste devant lui. C'est déjà ça. Je sens Bill qui se rapproche un peu plus de moi, dans mon dos. Son souffle est saccadé, il a peur. Je déteste ça. Parce que pour la première fois, j'ai bien peur moi aussi. Pour lui, pour nous. Pour le moment, Andréas n'a pas l'air d'avoir remarqué notre changement de position, mais je redoute l'instant, il va certainement pas apprécier me voir si près de Bill, tant pis, on avisera sur le moment. De toute façon, y a rien d'autre à faire que d'agir sur l'instant.

- Comment tu peux le laisser te baiser, hein ? Comment t'as pu te laisser faire ? Vas-y, raconte ! Il te baise mieux que moi ?

- Andréas, laisse Bill partir, règle ça avec moi seulement, ok ?

Bill prend alors la parole, sans réaliser qu'il me facilite vraiment pas la tâche :

- Non, Tom, je vais nulle part. Pas sans toi. Andi, tu veux parler ? Ok, parlons, mais laisse Tom s'en aller et je reste avec toi, ici, ok ? On va rester tous les deux.

Je vois dans l'éclair qui passe dans les yeux du blond qu'il hésite un instant. J'ai pendant un quart de seconde l'idée de me jeter sur lui avant qu'il réagisse mais il a une sorte de sixième sens qui le fait me regarder fixement et pointer encore plus son revolver sur moi.

- Tu bouges d'un poil, Tom et t'es mort. Je ferai rien si j'étais toi...

Je suis cuit. Bill me contourne et fait un pas dans sa direction, mettant dans sa voix le plus de douceur possible pour l'amadouer. Putain, Bill ! Qu'est-ce-que t'es en train de faire ? Tu crois vraiment que je vais te laisser avec ce fou furieux ? Il tend la main à Andréas :

- Andi, allez, donne-moi ça. Je...je suis désolé de t'avoir fait autant de mal. On va laisser Tom partir et on va rester un peu ensemble, d'accord ? On va parler de tout ça tous les deux, t'es d'accord ?

Andréas regarde Bill, encore un peu méfiant. Mais son regard durcit :

- Tu te fous de ma gueule ? Il va certainement appeller les flics maintenant ! Non, qu'il reste. Je veux qu'il voit quand je vais te baiser, et qu'il voit quand je vais te buter après. Parce que c'est ce que je vais faire...

Je me rapproche encore de Bill, j'étais dans son dos. Il faut que je trouve le moyen de maîtriser Andréas, la situation dérape de plus en plus.

- Je te voulais, Bill, je te voulais vraiment. Je t'ai aimé, putain ! Comme un con, je t'ai aimé, et si fort ! Et toi, toi tu m'as jeté, comme une merde ! Pour ton garde du corps ! Voilà où on en est, c'est ta faute tout ça, Tom ! T'avais pas à te mettre entre nous ! T'étais même pas gay ! Bill est à moi, t'entends ? A moi ! Hein, Bill ? Dis-le lui que t'es à moi, ce con croit que tu l'aimes !

Pendant tout son petit discours il continue de nous tenir au bout de son revolver qu'il fait aller de Bill à moi, le visage de plus en plus tordu par la fureur. Bill se met alors à parler d'une voix sifflante :

- Andi maintenant ça suffit ! T'es vraiment pas bien, mon vieux ! Je suis à personne, je ne t'aime pas, c'est tout ! Tu entends ? JE NE T'AIME PAS !!! J'aime Tom, alors il faudra t'y faire.

- TA GUEULE ! Je veux pas t'entendre dire des choses comme ça ! Tu pourrais avoir un minimum de reconnaissance envers moi !

Bill, de plus en plus énervé bien qu'encore effrayé, hausse la voix :

- Reconnaissant ? Mais reconnaissant pourquoi ? Oh, oui je sais, peut-être pour la poupée que tu m'as envoyée ?

Je reste sans voix quelques instants et comprend qu'il parle du fameux colis lugubre qu'il a reçu, le petit cercueil noir...

- Quoi ? Mais...comment tu sais que c'est Andréas ?

- Je viens d'avoir le labo, ils ont essayé de joindre mon père mais comme il était déjà en ligne ils m'ont appelé directement. Malheureusement, ou heureusement, Andi avait laissé une empreinte sur le manche d'un des couteaux plantés dans la poupée et sur un coin du cercueil. C'est pour ça que je devrais te dire merci, Andi ?

- Oh mais tu sais pas tout, chéri...Le colis c'était juste de ma part. Tu peux pas me jeter comme ça, Bill ! Je t'avais prévenu que tu allais le regretter ! Tu aurais mieux fait de me garder avec toi...T'as vraiment merdé, là, Bill...

Pendant qu'il parle, j'avance un peu de façon à me replacer devant Bill mais celui-ci, pris dans la conversation me repousse très légèrement sur le côté pour refaire face à Andréas. Bill, putain, sors de là !

- Mais t'es complètement malade, mon pauvre, faut te faire soigner ! Le labo a certainement prévenu mes parents à l'heure qu'il est, et la police aussi. Tu vas avoir des ennuis, Andi, alors n'aggrave pas ton cas et laisse-nous partir. Ecoutes, c'est pas parce qu'on est plus ensemble que tu peux pas trouver quelqu'un d'autre ? Tu devrais-

- Mais je veux pas de quelqu'un d'autre, Bill ! Je te veux toi et toi tout seul ! T'es à moi, tu m'appartiens, c'est tout ! Tu sais même pas à quel point je peux t'être utile...Que moi pour les empêch-

Il faut que je mette un terme à tout ça, j'en peux plus de rester comme ça, à sa merci. Qu'on fasse quelque chose, qu'on en finisse...Je tente encore une fois de me mettre devant Bill et à bout de nerfs je le coupe :

- Bon, Andréas, ça suffit maintenant ! Bill veut plus de toi, ça va c'est pas la mort non plus...

- Oh, mais si...justement c'est la mort...sauf que ça va pas être pour moi.

Bill me contourne à nouveau et pose une main sur mon bras quand il voit qu'il pointe encore plus son revolver sur moi, bon sang, il comprend pas que je veux absolument pas qu'il soit face à ce psychopathe ? Je le vois froncer les sourcils :

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Comments :

  • chaos87th

    29/07/2011

    Oh non je le sens vraiment mais vraiment mal là.
    Que va-t-il se passer ? Mince.... !!!!!

  • Pucca97217

    06/09/2009

    Oula je l'avais vu venir celle Andi jté jamais aimer et j'avais raison.
    Andi faudrat te faire interné.
    Je savais qu'il était complice dans cette histoire

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

  • nirvana-angelTH83

    15/03/2009

    ouhhhhhhhh maman j'ai peur!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • love-hina83

    15/03/2009

    p*t*n c cho là srx g peur de la suite mé bn . . . bsx

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