[Fiction] - Protection Rapprochée - Bonus 3 (3/4)

Partie 2

J'ai roulé sans m'arrêter, j'ai jamais roulé aussi vite. J'ai pas arrêté d'appeler sur son portable, mais seule sa voix sur répondeur indiquait qu'il « n'était pas disponible pour l'instant ». Putain, Bill ! Tu vas pas me faire ça ?

J'arrive devant la grille de la propriété des Kaulitz, prêt à entrer, mais Sam sort de la cabine de surveillance et vient se planter devant ma voiture en faisant de grands gestes avec les bras. Il vient se pencher à ma vitre quand j'ai enfin freiné. Je remarque de suite son air gêné.

- Salut Tom. Ca fait un bail qu'on vous a pas vu !

- Salut, Sam. Ecoutez, je suis un peu pressé, on peut parler après, je suis venu voir Bill, là. Il est là ?

Il inspire profondément et son regard se fait désolé :

- Oui. Il est arrivé il y a pas longtemps. Mais...je suis désolé, Tom. Il a laissé des instructions pour qu'on ne vous laisse pas passer.

- QUOI ? Il...il a...Il veut pas...Je...Il faut que je le vois, Sam. Il faut que je lui parle. Tout de suite.

Je vois bien que Sam est désolé pour moi. Il a compris qu'il s'était passé quelque chose, il me répète encore :

- Désolé, Tom. Ce sont les ordres. Je peux pas faire autrement. Il avait l'air plutôt boulversé quand il est arrivé et c'est la seule chose qu'il m'a dite.

Merde ! Bill veut même pas me voir, même pas écouter ce que je pourrais avoir à lui dire ! Sam reprend la parole :

- Essayez de l'appeler, peut-être qu'il répondra ? Peut-être qu'il aura changé d'avis entre temps ?

- J'essaye. Il a éteint son portable, il est injoignable. Il veut plus me voir...

- Je suis navré, vraiment navré pour vous deux.

Sam me regarde encore un instant et repart vers la cabine, me signifiant encore plus par là que je dois partir. Je secoue la tête en fermant les yeux. Dans la bouche, j'ai le goût de la défaite. Et c'est amer. J'ai soudain une idée, je sors de la voiture et court après Sam :

- Sam ! Attendez ! Vous pouvez le joindre, vous, de votre poste ? Appelez-le s'il vous plait ! Dites lui que je suis là. S'il vous plait !

Il hésite un instant et hoche la tête. Je laisse ma voiture tourner et le suis dans la petite pièce où il commence à appeler Bill. Qui décroche immédiatement, j'entends Sam lui dire que je suis là :

- Bill ? Vous m'entendez ? Je disais que...Oui...à l'instant, là....je...bon, ok, je transmet.

Et il raccroche. Et c'est tout. Ca a été rapide. Je sais d'avance ce que Bill a pu répondre. Sam confirme mes pensées :

- Il...désolé, Tom. Il ne veut pas vous voir. Vous devriez partir...

- Mais il faut que je le vois ! Il faut qu'il sache que...que je lui dise que...Il faut que je le vois...

J'entends ma voix se briser, je le verrai pas. C'est fini...J'ai merdé et maintenant, je paye.

- Tom, restez pas là, écoutez, je sais pas ce qu'il s'est passé entre vous, je sais juste qu'il est encore bouleversé, sa voix était émue quand je lui ai dis que vous étiez là. Mais il veut pas, je peux vraiment pas faire autrement. Je connais Bill, laissez-le un peu seul, il vous rappellera quand il aura décoléré.

J'hoche la tête, mais je sais qu'au fond Bill ne me rappellera pas. Ce que je lui ai fait était trop dégueulasse, et l'avoir appris comme il l'a appris, c'était encore plus moche. J'ai été lâche, lâche avec lui et lâche avec Ann. J'ai joué avec le feu et je me suis brûlé. Si seulement je pouvais remonter le temps...

Pour l'instant je suis bien obligé de remonter dans ma voiture et repartir. Je refais le chemin en sens inverse, sans Bill, le coeur déchiré. Quand j'arrive à l'appartement, la nuit est largement avancée, il est déjà tard. J'ai vraiment pas envie de rester tout seul, ça sent encore son odeur, et là, debout dans le salon j'ai l'impression qu'il va sortir de la cuisine en courant et venir se jetter dans mes bras. Putain, je suis en train de devenir fou ! J'essaie encore de le rappeller, je compte plus le nombre de messages que je lui ai laissé. Je lui en laisse encore un, je le supplie de me pardonner, de me laisser le voir ou au moins lui parler. Le centième message qui ressemble à ça. Seule sa voix joyeuse enregistrée sur son répondeur me répond.

Je file dans la chambre, espérant y trouver le sommeil mais me ravise vite fait. Je peux pas. Je peux pas m'allonger dans ce lit qui nous a recueillit tant de fois, lui et moi, je suis sûr que les draps ont encore l'odeur de sa peau, l'odeur de ses cheveux, son odeur à lui. Alors je décide de dormir dans le canapé. De toute façon, l'insomnie me guette, je me couche tout habillé, recroquevillé, le corps, le coeur et l'âme meurtris. Bill...

Je vois le jour se lever, j'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit. J'ai passé tout mon temps à faire son numéro, espérant qu'il l'aurait enfin rallumé. Sa boîte vocale est pleine, il a même pas pris connaissance des messages laissés, sinon je pourrais encore en laisser un. Je sais même pas dans quel état il est, je le devine juste. Alors j'ai fait et refait son numéro, rien que pour entendre sa voix sur le répondeur. Rien que pour entendre la note rieuse qu'il a dans la voix. C'est la seule chose à laquelle je puisse me raccrocher pour l'instant, ma dernière bouée de sauvetage, mon dernier lien avec lui. Ca ne m'apaise pas, ça réveille encore plus ma douleur, ça me tue un peu plus quand je réalise que c'est la dernière chose qu'il me reste de lui. Sa voix sur son répondeur...

Je dois aller bosser, mais là franchement, j'ai pas envie. Pas en état. J'appelle Georg pour lui dire que je suis malade et que je viendrais pas. Ca l'emmerde mais je lui laisse pas le choix, il devra trouver quelqu'un d'autre pour accompagner la vieille. Je reste comme ça encore un long moment, dans le canapé, la fatigue envahissant tous mes muscles mais le sommeil se refuse toujours à moi. La boule dans ma gorge est toujours là et ne veut pas partir. Je pense un instant à aller me faire du café, mais là encore je me ravise. Je veux pas boire, je veux pas manger, je veux pas dormir, je veux juste Bill. Je veux qu'il revienne.

Je crois que la matinée est bien avancée, je suis toujours dans la même position, dans les mêmes vêtements. Je tente une fois de plus de l'appeler et me prépare à devoir encore entendre le message indiquant que sa boîte vocale est pleine mais j'entends avec horreur une voix électronique qui dit :

« Le numéro que vous avez demandé n'est pas attribué. Veuillez contacter votre opérateur... »

Je me redresse d'un coup et refais le numéro que je connais pourtant par coeur. Pareil. Plus de doute, il a fait changer son numéro...Jusque là, j'avais au moins sa voix qui me tenait vivant, j'ai même plus droit à ça. Il vient de me rayer définitivement de sa vie. Il veut plus de moi. Je crois que j'ai plus qu'à me laisser mourir, parce que je me vois pas sans lui. J'y arriverais pas. Je tiendrais pas.

Je me laisse retomber dans le canapé et ferme les yeux. Je vois pas quoi faire d'autre. Bill n'est plus là...et ne sera plus jamais là...

Mon téléphone sonne et je saute dessus, mais c'est Ann. Son nom est affiché et clignote comme narquoisement. Ann...celle par qui tout a commencé...Mais il faut que j'assume, elle était pas au courant, elle savait pas pour Bill, c'est moi qui ai déconné, je me suis fait mal tout seul. Ca sonne encore plusieurs fois dans la journée, chaque fois c'était elle, chaque fois j'ai pas répondu. J'ai essayé d'appeler chez Bill, tous les appels atterissant chez Sam, j'ai été filtré. Sam est toujours désolé, mais le nombre de mes appels commencent à l'agacer. J'ai encore une fois l'idée d'aller chez les Kaulitz, mais je sais que ça servira à rien. Bill a déjà tout prévu pour qu'on me bloque à l'entrée.

Les seules fois où je me lève du canapé, c'est pour me rendre aux toilettes, avaler un peu d'eau. Manger ? J'y pense même pas. J'y arriverais pas. J'ai la gorge trop serré, y a rien qui peut entrer. Je porte toujours les mêmes vêtements, je pense même à aller prendre une douche mais quand j'arrive dans la salle de bains et que je referme la porte, je trouve un tee-shirt de Bill accroché derrière la porte. Il a dû l'oublier. J'avance doucement la main pour le décrocher et le porte à mon visage en fermant les yeux. Son odeur y est encore...j'inspire profondément pour m'en imprégner, j'ai presque l'impression que c'est lui que je serre dans mes bras. Ca sent bon, ça sent comme lui, ça sent Bill. Et c'est là que je me mets à pleurer comme un enfant...Bill, reviens, je suis en train de crever, tu me manques...

Je retourne m'allonger, finalement incapable de prendre cette douche. Je peux seulement pleurer, les doigts crispés sur son tee-shirt que je serre contre mon torse comme un désespéré. Je SUIS désespéré. Non, en fait, je ressens plus rien, juste le froid, un grand vide, ça doit être ça être mort. Je suis mort de l'intérieur.

Depuis combien de temps, combien de jours je suis allongé là, dans les mêmes fringues ? Je sais pas. Je sais juste que j'ai pas mangé, j'ai juste bu un peu de jus dès fois, j'ai un peu dormi à force de pleurs, mon corps prenant de force ce que je lui refuse. J'ai encore essayé des tonnes de fois de faire le numéro de Bill, sans succés.Il a bel et bien changé de numéro. Chez ses parents, c'est pareil, on me le passe pas. Ca m'est devenu impossible de mettre en action mon idée d'aller le voir, je me sens pas trop bien, en fait, je me sens réellement engourdi, j'arrive à peine à me lever. Mais je m'en fous. S'il est pas avec moi, à quoi ça sert que j'aille bien ? Pour qui ? Pour quoi ? Je me rends même pas compte que je me suicide à petit feu, je veux juste Bill...Je veux juste qu'il me revienne...

J'ai ignoré mon téléphone quand je voyais que ce n'était pas lui qui appelait. Je me demande comment il fait sans moi, est-ce-que c'est difficile ? Est-ce-que je lui manque ? Est-ce-que lui aussi est malheureux ? Aussi malheureux que moi ? J'ai même parfois la vision d'un Mark plus qu'heureux de prendre ma place, et ça soulève mon estomac. Putain ! Dans quel état je me mets !

J'ai l'impression de m'être à peine endormi que je sens une main qui me secoue et une voix familière traverse le brouillard qui m'enveloppe et arrive à mes oreilles :

- Tom ? Tom, c'est moi, réveille-toi !

La voix ressemble à celle de Bill. Bill...Bill ? Je réouvre les yeux, c'est lui ! C'est bien lui, il est agenouillé à côté de moi, prés du canapé. J'arrive pas à y croire ! Est-ce-que mon esprit malade l'imagine encore ? J'entends qu'il me dit en passant sa main sur mon front :

- Oh merde ! T'es bouillant de fièvre ! Putain Tom, t'es pas sérieux de te mettre dans cet état-là !

C'est vraiment lui, il est venu ! J'essaie de m'assoir mais la tête me tourne violemment et me fait retomber lourdement dans le canapé. Il s'affole un peu :

- Eh ! Ca va ? T'as mangé au moins ? T'as pas mangé depuis quand ? Putain Tom, je sais plus quoi te dire ! T'as vu dans quel état tu es ?

Je peux qu'avancer une main et la poser sur sa joue, je suis tellement content de le voir :

- Oh Bill...C'est toi ? tu es là...vraiment là ?

Je peux voir ses yeux s'embuer de larmes. Il est toujours aussi sensible mon Bill, j'ai pas conscience que mon allure misérable lui fait peur.

- Oui, c'est moi ! Ton patron m'a appelé, il essaie de te joindre depuis des jours, Tom. Il m'a dit que tu répondais pas, il est passé et t'as pas ouvert, tout le monde te cherche ! T'aurais pu leur donner de tes nouvelles Tom ! Tu veux rendre tout le monde fou ? Personne savait où t'étais passé ! Georg était surpris, tu as jamais fait ça, apparemment t'aurais pris un jour de maladie, mais tu es plus revenu bosser depuis plus d'une semaine et t'as prévenu personne ! Merde Tom, c'est vraiment pas sérieux, je me suis inquiété, alors je suis venu ! J'ai bien fait, regarde, t'es malade ! T'es bouillant, t'es affaiblit, tu manges pas ou quoi ?

Il continue encore un peu de m'engueuler mais j'écoute à peine ce qu'il me dit, j'écoute juste le son de sa voix, ça me fait un bien fou. Il m'a manqué...Et là je revis. Il se relève pour ouvrir les fenêtres et me lance qu'il va dans la cuisine me chercher à manger. Quand il revient, j'ai toujours pas bougé, il m'aide à m'assoir et à boire un médicament et quand l'eau se déverse dans ma gorge j'ai comme la nausée. Mon estomac est tellement vide qu'il est contracté comme jamais. Il me tend un bol de soupe qu'il a réchauffé vite fait, mais j'arrive pas à l'avaler. Je grogne un peu mais il me gronde comme un enfant :

- Non ! Tu te tais et tu avales, Tom ! Même si tu bois pas tout, bois quand même quelques gorgées ! Avale ou je te fais hospitaliser et fais mettre sous perf !

J'avale par petites gorgées le breuvage brûlant et lutte pour ne pas le vomir immédiatement. Je m'en fous, il est là...Quand il remarque que je peux plus rien avaler, il me prend le bol des mains et le repose sur la table basse. Il se lève et m'aide à me lever à mon tour :

- Maintenant, tu vas aller prendre une douche et te mettre au lit. Tu peux pas rester comme ça, viens je vais t'aider. Tu peux marcher ? Ca tourne ?

Je fais oui avec la tête, c'est pas totalement vrai mais j'ai juste envie de sentir encore ses mains sur moi m'aider à me diriger vers la salle de bains. De plus, tous ces jours de diète m'ont quand même très affaibli et debout, j'ai la tête qui tourne encore et les jambes qui flanchent. Mais ça fait du bien de le sentir un peu contre moi, son odeur emplit la pièce et mes narines, ou c'est juste moi qui débloque ? En tout cas, il m'aide toujours, à me déshabiller, à me laver, à enfiler un de mes larges tee-shirts et à me glisser dans les draps frais du lit. Il m'a fait prendre encore un peu de soupe, du vin chaud et un yaourt et à vrai dire, je me sens déjà un peu mieux. Il s'assoit sur le bord du lit et touche mon front :

- Je comprend pas, ta fièvre baisse pas. T'es toujours aussi bouillant ! Je vais appeler un médecin...

Alors qu'il fait un mouvement pour se relever, je lui attrape la main :

- Non. L'appelle pas, ça va aller. Tu m'as déjà donné quelque chose, faut juste que ça fasse effet. Laisse...

Il hésite mais se rassoit. Sa main est toujours dans la mienne, je la caresse de mon pouce et la porte lentement à ma bouche. J'y dépose un baiser là où se trouve la peau fine de son poignet et ça lui fait fermer les yeux. Il passe sa main sur ma joue dans une douce caresse :

- Tom...tu...

- Chuuuut...tu m'as manqué Bill, tu me manques...Bon sang ! C'est horrible sans toi ! Horrible !

Je tire un peu sur sa main et il n'oppose aucune résistance, je l'attire à moi et le prends dans mes bras. Sa tête vient s'enfouir dans mon cou et la seule chose que je ressens, c'est le soulagement de l'avoir contre moi. Enfin. J'essaie d'articuler quelques mots mais je me tais, ma voix enrouée montrerait que je suis tout bêtement en train de pleurer silencieusement. Avoir Bill contre moi, c'est la meilleure chose qui puisse m'arriver. Je l'entends renifler dans mon cou et sens quelques larmes glisser, lui aussi pleure. Je peux que lui chuchoter :

- Pardon...pardon Bill, reviens...reviens à la maison...pardon...je t'aime...pardon...

Sa main froisse le tissu de mon tee-shirt, il pleure un peu plus fort :

- T'es con Tom ! Très con ! Je savais que j'aurais pas dû venir ! Je peux pas...Je croyais en être capable mais je peux pas !

- Tu peux pas quoi ?

- T'oublier. Et arrêter de t'aimer !

- Je veux pas que tu arrêtes.

- Tu m'as fais mal, Tom. Très mal !

- Je sais.

- Je t'en veux encore !

- Je sais.

- Je t'ai pas encore pardonné !

- Je sais.

- Je sais pas si j'y arriverai !

- Je sais.

Il me regarde pendant un instant et s'avance légèrement, sa voix se faisant plus basse, mais toujours cassée par les larmes qu'il verse :

- Mais je t'aime, espèce de salaud ! Je t'aime...

- Moi aussi...Je suis tellement désolé pour tout ça, Bill, si tu savais à quel point !

Je le prends par la nuque et approche sa tête pour m'emparer de sa bouche qui s'ouvre immédiatement. La vie recoule dans mes veines, tout mon intérieur revit, mes sens se réveillent et mon coeur peut enfin rebattre, il est là...Il m'embrasse longuement et c'est meilleur que tout...

Il se place un peu plus confortablement à côté de moi et vient se coller dans mon dos, comme il le faisait avant. Il passe son bras pour m'encercler et je retrouve ce geste possessif qui m'émeut encore plus à cet instant. Sa respiration se calme, il s'endort. Il devait être fatigué, j'avais remarqué les grosses cernes qu'il a sous les yeux. Sa semaine a dû être aussi pourrie que la mienne, je ne peux m'empêcher de l'espérer, ça prouverait que ça a été aussi difficile pour lui que ça l'a été pour moi. Ma main s'est posée sur la sienne, sur mon ventre, je lui caresse aussi le bras et me blottit encore plus contre lui. Le coeur enfin apaisé, je m'endors à mon tour.

Quand on se réveille, nos positions ont changées. Je suis allongé sur le dos et Bill a la tête nichée dans mon cou et sa respiration me chatouille. Sa main est posée sur mon ventre et il a passé une jambe au-dessus de la mienne. Ma main est dans son dos, je la remonte pour caresser sa nuque et enfouir mes doigts dans ses cheveux. J'adore ça. Il bouge très légèrement quand je toune la tête pour embrasser son front et petit à petit je me retourne, jusqu'à me retrouver sur le flanc et face à lui. Il dort toujours, tout habillé et je profite de son sommeil lourd pour détailler son visage que j'ai bien cru ne jamais revoir. Je dépose un petit baiser sur son front, sur le bout de son nez, sur sa joue, à la commissure de ses lèvres, il bouge toujours pas. J'appuie un peu plus sur le bas de son dos pour le resserrer un peu plus contre moi et lèche légèrement ses lèvres. Il commence à remuer, toujours sans ouvrir les yeux. Ma main qui était dans son dos descend sur ses fesses et caresse aussi sa cuisse, à travers le pantalon. Je commence à être excité. Je l'attrape par le genou et fais passer sa jambe par-dessus ma hanche en l'embrassant dans le cou. Il commence à gémir dans son sommeil. Par ma position, je suis un peu sur lui et entre ses jambes, je le surplombe et n'ai qu'une envie, lui faire l'amour. Je commence à donner quelques coups de bassins contre lui et sa main commence à glisser sur mon bras pour remonter sur mon épaule qu'il agrippe. Il cligne un peu les yeux, il se réveille doucement. Sans un mot, je viens prendre possession de sa bouche et glisse doucement ma langue jusqu'à trouver la sienne. Le baiser qu'il me donne est encore meilleur, parce qu'il m'a manqué. Je donne encore un coup de rein et il rejette la tête en arrière sur l'oreiller. Il aime ce que je lui fais, je le sens dur à travers son jean. Je pivote des hanches et me retrouve sur lui, toujours entre ses jambes. On recommence à s'embrasser et ses mains me caressent les épaules, le dos, les reins, les fesses. Je tente alors de me soulever un peu pour défaire la boucle de son pantalon et il ouvre brusquement les yeux :

- Non ! Non, Tom...Je...On va pas...

Je penche la tête pour l'embrasser dans le cou et mordiller sa peau fine et sucrée sous ma langue :

- J'ai envie de toi, Bill. Laisse-moi te faire l'amour. Laisse-moi te montrer combien je t'aime...

Mais il me repousse un peu brusquement, me faisant basculer sur le côté :

- Non ! Je veux pas. Désolé, Tom. J'y arrive pas. Je veux pas coucher avec toi, pas après...pas après elle.

Je peux rien répondre à ça. Je vois à son regard qu'il est sincèrement désolé, mais il y a plus une seule trace d'envie. Je me sens refroidi d'un coup, surtout quand je l'entends parler d'elle. Il m'a pas encore pardonné, et il a encore moins oublié. Je soupire mais me tourne quand même vers lui :

- Ok. Ok, je...je comprends. On se lève ?

- Oui, je vais aller prendre une douche le premier et je te rejoins dans la cuisine.

Il se lève sans un regard pour moi et j'entends bientôt l'eau couler. Je me lève et file à la cuisine pour faire du café et trouver de quoi nous nourrir convenablement. Geste dérisoire quand on sait que j'avais rien avalé depuis des jours. Mais ce matin, je vais bien mieux, je suis un peu plus reposé, j'ai plus de fièvre et surtout, surtout, l'avoir eu à mes côtés toute la nuit m'a fait comme presque renaître. Je suis attablé devant les tasses que j'ai sorti pour nous deux et il vient s'assoir en face de moi :

- J'ai dû remettre les mêmes fringues. J'ai rien d'autre. Elles sont toutes froissées. T'as fait du café ?

- Oui. Tu pourrais aller chercher tes vêtements...

Il dit rien pendant quelques instants et tourne inlassablement sa cuillère dans son café et me dit :

- Je vais repartir après le petit déjeuner.

- Tu reviens ? Bill ? Tu reviens à la maison, après ?

Il répond pas. Il continue de fixer sa tasse, et je commence à comprendre qu'il reviendra pas à la maison. Pas maintenant en tout cas.

- Bill ? Reviens...reviens à la maison, j'ai agis comme un con, si tu savais comme je regrette, j'ai fais n'importe quoi, j'ai déconné, mais tu sais que je t'aime, j'aime que toi, je peux pas vivre sans toi.

- Je sais, Tom. Le pire, c'est que je te crois. C'est pareil pour moi, mais là, vraiment je peux pas. Je peux pas revenir, pas après ce que t'as fait. J'y pense constamment et ça va pourrir notre relation. C'est mieux que je reste chez mes parents, mais on peut se voir un peu, de temps en temps, non ?

- C'est tout ? Tu me laisses tout seul ici ? Sans toi ? Ca me tue, Bill !

- Je peux pas faire autrement, je t'ai dis que j'y arrive pas. Mais j'ai compris que je t'aime encore Tom. Encore trop. Mais je t'en veux encore beaucoup. Mais on continuera de se voir.

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Comments :

  • chaos87th

    30/07/2011

    Heureusement que Georg a prévenu Bill et que ce dernier est venu. Sinon je ne sais pas du tout ce qu'il serait advenu de Tom.
    Par contre ça se comprend très bien que Bill lui en veuille encore. Vu ce que Tom lui a fait.

  • môa

    24/01/2010

    putain désolée si je deviens carrément désagréable,
    mais ça devient de la grosse merde ton histoire.
    elle était si belle cette histoire d' amour!

  • Pucca97217

    07/09/2009

    Il est tout triste c'est grave mais Tom tu la cherché.
    Heureusment qu'il t'aime toujours et qu'il est revenue.
    Tom il te pardonnerat pas tout de suite mais il te pardonnerat un jour

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Il est tranquille le Tom quand même !

  • Binoouh

    03/06/2009

    Woow....
    J'avasi les larmes aux yeux en lisant sa!

  • love-hina83

    15/03/2009

    c triste mé bo lamour XD bsx

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