[Fiction] - Protection Rapprochée - Bonus 4 (3/4)

Avant qu'il ait le temps de réagir, je me jette sur lui, il tombe sur le dos et je commence à le chatouiller. Il gigote en rigolant dans tous les sens sous moi et je me sens déjà durcir. Il s'arrête net de rire et me regarde, des larmes de rire encore aux coins des yeux :

- Dis donc, espèce d'obsédé !

Je dis rien, je le regarde juste. Je suis toujours couché sur lui. J'approche mon visage lentement du sien et l'embrasse doucement. Il répond à mon baiser et noue ses bras autour de mon cou. Une de mes mains caresse son front pendant que l'autre passe sous son tee-shirt pour caresser son ventre que je sens se contracter sous mes doigts. Mais quand il gémit doucement dans ma bouche, je décide d'arrêter là et me relève brusquement :

- Ok, ok ! On arrête ! Vaut mieux, sinon...

- Sinon quoi ?

- Tu sais bien, Bill...Lève-toi, on continue.

Il prend la main que je lui tend pour se relever et une fois debout je ne peux m'empêcher de l'attirer contre moi encore. Et un baiser de plus...Je me force à arrêter et reste contre lui encore un peu, nos fronts toujours collés, son nez se frottant au mien. Je lui dit tout bas :

- Ok, on a dit qu'on arrête.

- Je veux bien moi, mais c'est toi qui me lâche pas !

Je recommence à l'embrasser en me maudissant intérieurement. Quand est-ce que je pourrais me contrôler face à lui, putain ! Je lui dis, les yeux toujours fermés :

- Putain...Je peux pas...

Et c'est reparti, cette fois, c'est lui qui m'a fait taire en recollant sa bouche à la mienne. On est joli ! On finit quand même par se détacher, on sera pas arrivé avant la nuit si on continue comme ça. On remet donc nos sacs sur notre dos et on reprend la marche. Bill reprend automatiquement ses jérémiades, entrecoupées d'exclamations de suprise quand il voit un truc qui lui plait. On peut marcher côte à côte maintenant, le chemin est plus large, on est totalement dans un sentier banalisé, dans la forêt. C'est magnifique autour de nous, c'est calme, serein, reposant. J'adore cet endroit. Bill, à côté de moi a commencé à me raconter des anecdotes sur sa vie, mais j'admire le paysage autour de moi, perdu dans mes propres pensées. J'entends vaguement qu'il parle encore et encore, il s'est même pas rendu compte que je l'écoutais plus. Il doit avoir l'habitude, à force. Mais il me met un coup à l'épaule, me sortant de ma torpeur :

- Dis, tu m'écoutes ?

- Hein ? Oui ! Bien-sûr que je t'écoute ! Je fais que ça !

- Bin répond ! Menteur ! Ca fait au moins cinq fois que je te demande si on arrive bientôt ! Je suis fatigué, j'ai mal aux pieds, j'ai faim, je me fais bouffer par des insectes et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est de pas m'écouter quand je te parle !

- Si, je t'écoute. Bon, tu disais ?

- Je te parlais de ce fameux ballon que ma grand-mère m'a offert quand j'avais sept ans. En fait je l'ai perdu parce que...

Oh putain ! C'est reparti ! J'essaye de cacher un gros soupir de desespoir, de toute façon, je pense pas qu'il l'aurait remarqué, il s'est remis à parler. Vite et longtemps. Moi qui voulait lui faire écouter les bruits de la nature. Il s'arrête de parler et de marcher d'un coup, ça me fait arrêter aussi, étonné :

- Quoi ? Y a un truc qui va pas ?

- Si. Ecoutes...

Je tends l'oreille. Rien. Il sourit et me dit :

- T'entends ? Un oiseau...

Alors là ! Si je m'attendais ! A travers tout son monologue, il a quand même entendu ça ! Mais c'est vrai, on peut entendre un joli bruit de sifflet. Il a le don de m'attendrir, et là c'est encore le cas. Il écoute encore un peu et reprend la marche :

- Bon, tu viens ? On va pas y passer la nuit, non plus ! Avance, feignasse ! Donc, j'en étais où moi ? Ah oui, je te disais que j'ai bossé aussi avec...

Voilà, trop beau pour être vrai ! Il me rend dingue ce mec, c'est pas croyable ! On se remet en route, discutant de tout et de rien, avec Bill qui parle, surtout, et qui entrecoupe ses phrases de plusieurs « on arrive pas bientôt ? » et autres réclamations. On finit par arriver enfin à l'endroit que j'avais prévu, une jolie clairière entourée d'arbres immenses et touffus, près d'un lac. Bill balance son sac par terre directement et je fais pareil. Je m'assois à même le sol dans l'herbe, en m'appuyant sur mes bras posés derrière moi. Bill est resté toujours debout :

- Tu t'assois pas ?

- Bin...Y a rien pour s'assoir dessus. Je vais me salir.

- Bill ! Assieds-toi dans l'herbe, c'est pas grave ! Tu vas pas chipoter ! On est en pleine nature, je te rappelle ! Donc tu risques de te salir encore !

Il me regarde, regarde encore partout autour de lui et s'assied par terre le nez froncé. Quelques minutes de récupération et je pense à me relever. Y a encore la tente à monter.

- Bon, allez, viens on va monter la tente maintenant.

- Non.

- Non ? Comment ça « non » ? Tu penses pas que je vais le faire tout seul ?

- Si. Je suis crevé. J'ai mal aux pieds, j'ai le dos en miettes à cause de ce fichu sac et de tes conneries ! Tu te démerdes ! De toute façon je sais pas monter une tente !

- Raison de plus. Fais le avec moi, tu vas voir, c'est pas si difficile.

- Non.

Il met fin à la discussion en rejettant la tête en arrière et en fermant les yeux. Je le connais, il peut être très borné, donc inutile d'insister. Je commence à monter la tente tout seul et par moment il tente quelques conseils, de loin. Ca finit par m'agacer :

- Tu pourrais venir m'aider au lieu de me dire ce qu'il faut faire !

- Je peux pas. Je tremble, je dois être en pleine crise d'hypoglycémie, là !

- N'importe quoi, Bill ! Vraiment ! Bon si tu m'aides pas, tu dors dehors, tout seul !

Il plisse les yeux pour me regarder, soupçonneux :

- T'oserais pas...

- Tu veux qu'on essaye ? Et je te rappelle qu'on est dans la forêt, c'est pas toi qui parlait de loups ou je sais pas quoi ?

Il me regarde d'un air effaré, j'ai presque envie d'éclater de rire mais je me retiens :

- C'est vrai ? Tom ! Tu m'avais dit qu'on risquait rien ! Ok, ok, je te file un coup de main, mais je te préviens, hein, j'ai jamais fait ça, alors pas besoin de m'engueuler !

Je ris un peu et à nous deux on arrive enfin à monter cette fichue tente qui m'a quand même donné un peu de mal. J'ai tellement chaud que j'ai retiré mon tee-shirt, enlevé mes chaussettes et baskets et suis donc juste en bermuda moi aussi. Une fois tout notre campement bien installé et quelques branchages récupérés pour faire du feu ce soir, on décide de s'assoir pour manger. Je ris quand je vois que Bill a prévu dans ses affaires une grande nappe qu'il pose sur l'herbe. Il me jette un coup d'oeil en disant :

- Bin quoi ? Tu pensais que j'allais mettre mes fesses par terre, comme ça, sans rien ? C'est tout sale !

Je sors le pain de mie, le jambon et le fromage que j'ai emmené pour qu'on se fasse des sandwichs. On a toujours nos gourdes d'eau. Bill fait franchement la gueule maintenant :

- On va manger ça ? T'as pas pris autre chose ? On va boire dans tes verres en plastique, là ?

Je lui dis narquoisement :

- Oh désolé monsieur le Marquis, j'ai oublié votre caviar et votre service en porcelaine à la maison ! Manges et tais-toi, Bill ! T'as dit que t'avais faim, quand on a bien faim, on mange n'importe quoi !

- Ouais mais quand même...

Je sens que ça va être d'un drôle ! Je sais pas si finalement c'était une si bonne idée que ça de l'emmener en camping ! Il trouve toujours un truc à contester, un truc à dire, sur tout !

- T'as pensé au dessert ? Tu sais que j'aime les desserts ! T'as pris quoi ?

- Putain Bill ! Arrête un peu ! J'ai pris des fruits et on a du chocolat !

- C'est tout ? T'as emmené que ça ? Y a pas du gâteau ? Je t'avais demandé du gâteau et des crèmes dessert !

- Tes crèmes desserts, ça aurait pas été transportable ! Ou tu manges ce qu'il y a, ou tu manges rien du tout.

- Super, vraiment super Tom !

Il mange quand même une pomme pendant que j'attrape mon sac pour prendre un nouveau tee-shirt. Mais en fouillant un peu, je trouve pas celui que j'avais enfourné ce matin. Par contre, bien cachée dessous je trouve...putain ! La grosse trousse de toilette de Bill, qui rougit fortement quand il me voit la retirer et lui lancer un regard plus que noir :

- Bill ! T'as osé ?

- Oh...Tiens ! Ca fait quoi, ça, là ?

- Essaye pas ! Tu me prends pour un con ! Putain, et dire que t'as mis ça sournoisement dans mon sac ! Je me disais bien qu'il avait l'air un peu plus lourd que prévu !

- Je t'avais dit que j'avais besoin de mes affaires. T'as pas voulu être raisonnable.

- Moi pas raisonnable ? Non mais je rêve !

Je continue de regarder dans mon sac. Plus de doute ! Je gueule un peu plus fort :

- T'as enlevé mes tee-shirts et ma serviette pour mettre ta trousse ? J'y crois pas ! Mais...t'as enlevé certaines de mes affaires !

- Bon ça va ! Pleure pas ! C'était pas la peine d'emmener autant de tee-shirt, et t'auras qu'à utiliser ma serviette à moi !

- Bill ! Y avait que deux tee-shirts ! Comment je vais faire ?

- Bin tu vas mettre un des miens, c'est tout !

Je le regarde ébahi quelques secondes. Moi dans un des ses trucs moulants ? J'imagine même pas !

- Puisque c'est comme ça, tu porteras mon sac au retour ! Voilà ! Avec ta grosse trousse pleine de bouteilles et de je sais pas quoi de lourd dedans ! Tu rigoleras moins !

Il me fixe quelques instants, je m'attends à ce qu'il supplie, ou crie, bref comme d'habitude, mais il répond :

- Ok. Je porterai ton fichu sac. On échangera. Après tout, c'est ma trousse.

Il se lève d'un coup et se replie un peu brutalement en se tenant le bas du dos en grimaçant :

- Aïe ! Merde...J'ai dû me coincer un truc, je me suis fait mal au dos...merde ça fait mal !

J'hausse un sourcil, j'ai tellement l'habitude de sa comédie. Mais il avance un peu en boitillant légèrement, toujours un peu courbé. Je trouve ce qu'il faut faire pour voir s'il feinte. Je me lève et vais vers lui, prenant mon air le plus concerné, pour qu'il pense que je le crois :

- Montres. C'est où ? Ici ? Tu t'es relevé trop vite, ça doit être pour ça. Merde ! Voilà, je crois bien que je vais devoir porter le sac, alors ?

Il continue de se tenir un peu plié, appuyé sur moi, pendant que je commence à lui masser le bas du dos :

- Non. Je vais me reposer et ça ira, je pense. Aïe...appuie pas trop ça fait mal ! Pfff...On dirait que je suis bloqué...

Putain, si je le connaissais pas aussi bien, je jurerais qu'il s'est vraiment fait mal. Il continue de grimacer et je ralentis mon massage pour lui caresser le dos. Il a fermé les yeux et se laisse complètement aller contre moi. Je lui explique que je vais le redresser tout doucement et il se laisse faire, grimaçant et se plaignant encore.Tout en le redressant très lentement, je lui embrasse le front, le nez, la joue. Il arrête de se plaindre et je continue de déposer des petits bisous partout sur son visage, jusqu'à m'emparer de sa bouche fièvreusement. Il répond immédiatement en me donnant un baiser enflammé. Pendant que je l'embrasse, je le penche imperceptiblement vers l'arrière, passant ma main dans ses cheveux et le retenant contre moi par la taille. Je l'embrasse encore plus profondément et le penche un peu plus. Je répète encore une fois le même geste. Maintenant il est bien debout contre moi et penché vers l'arrière. Le salaud ! Il dit rien, il se plaint pas, c'est bien ce que je pensais. J'arrête immédiatement, il ouvre les yeux encore embués du plaisir qu'il ressent, je souffle :

- Espèce de manipulateur...

- Mmmh ? Quoi ? Pourquoi ?

Sans le lâcher, maintenant notre position, je lui dis :

- Je croyais que t'avais mal au dos ?

Un éclair d'incompréhension passe dans son regard et il comprend soudain. Il se redresse d'un coup pendant que je l'engueule :

- Putain ! T'as fait semblant juste pour que je porte ce foutu sac ? Avec ta trousse ? J'ai jamais vu ça ! Tu vas la porter, Bill, c'est moi qui te le dit ! Quelle comédie ! T'as pas honte ?

Il me rit en plein nez et me répond :

- Non j'ai pas honte. Là où il y a de la honte, il n'y a plus de plaisir mon cher, sache-le !

Je manque m'étouffer d'indignation, ou je vais l'étouffer d'abord ! Mais ma colère tombe rapidement quand je le vois se marrer. Peut-être que le week-end va être bien, finalement ?

- Bill ! T'es vraiment infernal ! Bon, il fait chaud. On va se baigner ?

- Quoi ? Qui ? Moi ? Là-dedans ? Tu m'as bien vu ?

J'ai peut-être parlé trop vite..

- Allez, viens ! Ca va nous rafraichir !

- Non merci, sans façon. En plus, ça doit être plein de boue et plein de vase. Jamais ! Mais vas-y toi ! Je te regarde.

- Bon tant pis pour toi.

J'enlève mon bermuda et me dirige vers le lac auprès duquel on campe. Bill me suit et s'assoit par terre, les jambes ramenées contre son torse. Je tente une fois de plus de le faire se baigner mais devant son refus catégorique, j'insiste plus. C'est vrai, l'eau est quand même bien froide. Mais ça me fait beaucoup de bien de me rafraichir. Je suis maintenant entièrement entré dans l'eau et commence à nager. De temps en temps, je jette un oeil sur Bill. Il me regarde, toujours assis au même endroit, il entoures ses jambes de ses bras et a posé son menton dessus. Il a l'air perdu dans ses pensées, les yeux toujours sur moi, un léger sourire aux lèvres. Et moi, je le trouve juste beau comme ça. Je nage encore un peu et sors vite fait pour finalement prendre la canne à pêche que j'ai emmené, espérant attraper quelque chose pour le dîner. J'ai toujours les sandwichs, mais ce serait pas mal d'avoir du poisson, que je pourrais griller pendant que Bill sera assis à côté de moi, la lueur du feu faisant briller son regard...

On est tous deux silencieux, moi à pêcher, et Bill à rêvasser, et à me regarder. Si seulement je pouvais savoir à quoi il pense...Je reste un long moment comme ça et finis bien par attraper un gros poisson, un seul, tous les autres ont été plus malins et ont pas voulu mordre. Bill en a été impressionné, ça m'a rendu fier. Par contre, pour vider et écaler le poisson, il a refusé de m'aider, il a crié tellement fort avec horreur que j'ai laissé tomber, juste pour qu'il se taise enfin. Le soir commence à tomber, j'ai allumé le feu. Bill a bien entendu repris ses jérémiades quand il a s'agit de se débarbouiller, manque de confort oblige. Finalement, c'est bien que sa fichue trousse soit là, il était consolé de fouillasser dedans et d'utiliser ses produits. On a mangé le poisson que j'ai fais cuire sur le feu, et mon brun à râler de devoir manger avec les doigts. Comment aurait-il pu en être autrement ?

Maintenant, on est assis devant le feu. J'ai sorti le grand plaid que j'ai emmené et nous ai enroulé dedans, Bill assis entre mes jambes. Le feu rougit son visage et ses cheveux sont tous ébouriffés. On parle de tout et de rien, on rit beaucoup, tout ça entrecoupé de quelques baisers que je dépose dans son cou que j'ai dégagé, repoussant ses longues mêches noires sur le côté. Il est totalement affalé contre moi, le corps complètement détendu. Il reste quelques instants silencieux et me dit :

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Comments :

  • chaos87th

    30/07/2011

    Je me demande moi aussi ce à quoi Bill pensait.
    Je le verrais bien dire à Tom qu'en fin de compte il apprécie bien ce petit weekend, malgré qu'il n'arrête pas de râler.

  • Pucca97217

    07/09/2009

    Ont decouvre un pti Bill bien manipulateur n'empêche

  • xCrazy-life-helenex

    28/07/2009

    COUCOU

    bon franchement rien à dire tu as vraiment du talent pour écrire, c'est vraiment prenant de lire tes histoires.Et puis les idées sont originales, ca change des scènes bateau que l'on retrouve souvent.
    Puis-je juste fair eune toute petite remarque (mais je te rassure rien d'important) c'est juste sur l'ortographe d'un mot. Tu as marqué écaler le poisson mais en faite c'est écailler. C'est les oeufs que l'on écale.Mais je te rassure ca ne doit pas choquer plus que ca les autres... Mais sinon continue comme ca tu fais des merveilles!

    Hélène

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Bill est une vraie diva

  • nirvana-angelth83

    18/06/2009

    XDDD mister Bill la diva c'est tout lui ça et c'est ce qui fais son charme ^^

  • love-hina83

    15/03/2009

    il di koi ? mister bsx

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