[Fiction] - Protection Rapprochée - Bonus 6 (1/4)

J'ai pratiquement pas envie de rentrer à la maison. Bill a dû accompagner son père à un séminaire qui dure une semaine à Hambourg, ça fait trois jours qu'il est absent et j'en peux déjà plus. J'ai l'impression d'être une boule de nerfs de mauvaise humeur depuis qu'il est parti. On s'appelle tous les jours, plusieurs fois dans la soirée et nos conversations se ressemblent. Entre les menaces que je fais de sauter dans le premier train et de le rejoindre et lui qui prévoit de laisser son père en plan et rentrer à la maison. On finit par en rire un peu, bien forcés et décidons d'attendre encore un peu. Ça devrait pas être la mort d'être séparés pour une semaine, si ? Si.

Je suis sur le chemin de notre appartement et mon portable sonne déjà. Je sais d'avance que c'est lui, il fait toujours une pause quand il sait que j'ai fini. Juste pour m'entendre. Et là, vu mon humeur, je crois pas avoir attendu son coup de fil comme ça depuis...depuis toujours. Ça a à peine sonné que je réponds :

- Putain, Bill ! Y a pas moyen que ce foutu séminaire prenne fin plus tôt que prévu ?

Je l'entends soupirer. Je savais que c'était lui :

- J'aimerais bien. Qu'est-ce que je me fais chier ! Je dois être le plus jeune de la bande, y a que des vieux. J'arrête pas de soûler mon père pour qu'il me laisse partir mais il veut rien savoir.

- Oh ça me fait chier tout ça ! J'ai envie que tu sois là...

- Et moi donc...Encore quatre jours, Tom et je suis à la maison.

- Je vais venir.

- Non, arrête, on en a déjà parlé. Tu vas pas laisser ton boulot. Je rentre bientôt. Tu vas voir, tu seras encore plus content de me retrouver après une si longue absence.

- Je serais peut-être mort de chagrin, Bill, je te préviens !

Il rit un peu et son rire me réchauffe le c½ur :

- Je saurais bien te réanimer, va. Tu manges correctement ? Tu fais tes exercices de yoga ?

- Euh...ouais.

- T'as hésité. Je te connais, Tom. Tu fais pas les exercices que je t'ai laissé ?

- Euh...non.

- Ça c'est pas bien. Il faut finir ce qu'on a commencé, Tom.

- Je voulais rien commencer du tout. C'est toi qui m'as forcé ! Et comme t'es pas là, bin je prends des vacances de ton fichu yoga ! J'ai eu trop mal partout la première fois qu'on les a fait, alors non merci !

On discute encore un peu et il raccroche, sa pause est terminée. Et moi je rentre seul, dans notre appartement qui m'apparait d'un coup fade et sans vie. Depuis qu'il est parti, je reproduis les mêmes gestes, essayant de retrouver un équilibre qu'il a emporté avec lui. J'arrive, je me douche, mange un sandwich devant la télé et vais dormir assez rapidement. Plus vite je dors, plus vite la journée finit, plus vite celle du lendemain commence, plus vite ça passe, plus vite il revient.

*Ellipse de quatre jours*

Bill arrive aujourd'hui. Putain, ça a été ma dernière pensée hier soir et ma première pensée ce matin. J'ai presque compté chaque minutes, chaque secondes depuis qu'il est parti. En tout cas, si je les ai pas vraiment comptées, je les ai senti passer. Je suis tellement à bout que même s'il arrivait et parlait sans s'arrêter, je m'en foutrais. Au contraire. J'en reviens toujours pas à quel point il peut me manquer. Tout lui, m'a manqué. Sa peau, son odeur, ses cheveux, sa voix, sa bouche, son corps...Putain, son corps...En plus de mon érection matinale, son simple souvenir me fait bander encore plus. Mon portable sonne, c'est lui :

- Tom ? J'arrive ce soir !

- Oh putain il était temps !

Il ajoute sans détours :

- J'ai envie de toi, Tom.

Je déglutit péniblement, c'est pas le moment qu'il me parle comme ça.

- Moi aussi, putain, Bill, change de conversation ou je te jure que je vais pas pouvoir attendre ce soir.

- Putain, je veux te sentir en moi, Tom. Bien en moi. J'y ai pensé toute la semaine...toute la semaine, tu entends? J'ai pensé à ce que tu me ferais quand j'arriverais, et à tout ce que je te ferais aussi...

Je lui réponds d'une voix étranglée :

- Arrête ça de suite. Putain, commence pas à m'exciter, Bill, la journée va être encore plus longue sinon. Tais-toi !

- Oh oui...Mais je pourrais pas me taire bien longtemps, Tom. Parce que tu me feras hurler, hein ? Oh...Je peux déjà l'imaginer...Je suis en train de bander comme un malade dans mon pantalon moulant !

- Je vais raccrocher...

- Pas la peine, je dois y aller de toute façon. Miguel me déposera à la maison. A ce soir, je t'aime Tom.

Je raccroche, complètement déboussolé et complètement à l'ouest. Vivement ce soir.

Toute la journée ça a été comme ça, il a pas arrêté d'appeler et de me chauffer avant de raccrocher nonchalamment. Je crois bien que je suis devenu fou. Ou idiot. Ou les deux. Et plus que ça. En tout cas, complètement abruti, abruti du manque, abruti d'amour, abruti de lui. Je me dépêche de rentrer, je vais ranger un peu, inutile de l'entendre hululer comme un hibou parce que j'aurais laissé traîner des trucs. Il risque de me les faire ranger et ça va nous faire perdre du temps. Et du temps, j'en veux. Avec lui. Parce que je sais que quand il passera la porte, ça va être sa fête. Et la mienne. Voilà où j'en suis, je suis devenu plus qu'une masse de muscles où tout le sang s'est définitivement concentré dans mon bas ventre, par sa faute. Je pense plus qu'avec ma queue et putain, j'ai bien peur d'avoir perdu le contrôle. Oh putain, vivement ce soir...

J'arrive à la maison, je prends une douche, range un peu, commande un truc à dîner, il aura sûrement faim, après...et j'attends. Il devrait arriver d'ici une petite heure.

Trois heures après, je suis comme un lion en cage, il est toujours pas arrivé, il est tard, et il est toujours pas là et injoignable ! J'hésite entre appeler la police, l'hôpital, les pompiers, une ambulance pour moi parce que je suis certainement en train de faire une embolie, et mon téléphone finit par sonner. Je me jette dessus. Enfin, plus que ça, de toute façon j'ai pratiquement le téléphone greffé dans la main à ce stade-là. Je crie un peu plus fort que prévu en décrochant :

- BILL, T'ES OU ? TU FOUS QUOI ?

- Calme chéri, calme ! Je suis chez mes parents !

- CHEZ...CHEZ TES PARENTS ? QU'EST-CE-QUE J'AI ENCORE FAIT ?

Il rit beaucoup :

- T'as rien fait ! Arrête de crier ! Le train a eu du retard. Miguel était malade, personne pouvait venir nous chercher, alors avec mon père on a pris un taxi qui nous a ramené ici. Et puis, y a un problème avec le logiciel de mon père, sur son ordi chez lui. Il veut que je règle ça demain matin tôt.

Je reste sans voix quelques instant et crie encore plus fort :

- QUOI ? Tu te fous de moi ? Rentres, Bill ! Rentres tout de suite !

Ça le fait rire ! Ravi qu'entre nous, y en ait au moins un qui s'amuse ! Parce que moi, là, je crois bien que je vais pleurer de frustration.

- Non, je peux pas rentrer tout de suite, il est trop tard. Écoutes, je fais le truc pour mon père demain et je te retrouve à la maison, ok ?

- Non ! J'arrive ! Je viens te chercher !

- Non, Tom ! Il est tard, je te dis, il faut que je reste, ça me fait chier aussi, mais j'ai pas le choix. Et si je te sais sur la route, ça va m'inquiéter encore plus. Et tu sais bien que chez mes parents, on peut rien faire, là je t'ai pas vu depuis si longtemps que j'arriverais pas à me retenir, je vais crier comme jamais, Tom !

Putain ! L'idée de lui, sous moi, en train de crier parce que je serais en train de...je m'évanouirais même, tiens ! Je vais arrêter d'imaginer, ça me fera moins mal. Voilà, ignorer pour ne pas ressentir. Je soupire un grand coup et lui dit :

- Bon, ok. On a pas d'autres solutions de toute façon. On se voit demain, on a attendu tout ce temps, on peut attendre un jour de plus, hein ?

- Oh ! Tu deviens raisonnable, maintenant ? Je suis fier de toi, Tom !

- Te fous pas de moi, j'essaye, Bill, j'essaye.

On parle encore un peu et on doit bien finir par raccrocher. Mais avant je lui dis :

- Dis, Bill ?

- Mmh ?

- Tu sais, tu me manques, je suis vraiment pressé de te voir. Et pas que pour...pas que pour le sexe, hein, tu le sais, ça ?

- Ah oui ?

- Oui. Tu me manques, toi tout entier. La maison est vide sans toi. Je te l'ai déjà dit, j'ai besoin de toi pour aller bien.

Quelques secondes passent et j'entends sa voix émue me répondre :

- Tom, t'es adorable avec moi, vraiment adorable. Demain, je serais là demain, promis. Tu me manques toi aussi. Et moi aussi j'ai besoin de toi, tout le temps, tu peux même pas imaginer à quel point. Vous m'avez rendu totalement dépendant de votre personne, M. Trümper, je suis complètement fou de vous !

- Tant mieux, parce que moi aussi.

Pendant un instant j'écoute sa respiration, il reprend la conversation, la voix un peu plus basse. Il me chuchote des mots d'amour et écoute les miens. On finit par se dire bonne nuit et on raccroche. Oui, vivement demain...
Il doit être un peu plus de quatre heures du matin et j'entends mon portable sonner. J'essaye de réaliser que c'est bien dans la réalité que je l'entends sonner et pas dans le rêve dans lequel je suis encore moyennement plongé. Quand je décroche, la voix de mon boss et ami, Georg, m'arrive à l'oreille, complètement impatiente :

- Tom ? Désolé, je te réveille, mais j'ai vraiment, vraiment besoin de toi !

- Merde, Georg, t'as vu l'heure ? Y a quoi ?

- Bon, tu te souviens du Chancelier ?

- Helmut Brontz ? Bin oui ? Et alors ?

- Il doit faire un déplacement de deux jours, dans le nord, un truc de dernière minute. Et là, il te veut toi pour l'accompagner.

- Deux jours ? Deux putain de jours ? JAMAIS ! Tu peux lui dire de ma part ! Envoies quelqu'un d'autre, ça fera l'affaire !

- Non, ça fera pas l'affaire, Tom. Il te veut toi et personne d'autre. Il a insisté ! C'est le Chancelier, merde, tu vas pas dire non ! Tu peux pas, d'ailleurs, t'y vas et c'est tout. Tu seras vite revenu.

J'ai les pensées qui défilent à toute vitesse. Merde ! Bill revient ce soir et là, c'est moi qui dois partir ! Dans la famille « non couillus » on demande le fils ! Et je lève le doigt ! J'ai pas le choix, comme le dit Georg, c'est le Chancelier, je DOIS y aller.

- Bon. Quand, où, à quelle heure ?

- Tout à l'heure, 7h, une voiture passera te prendre pour te conduire chez lui.

- Laisse-moi m'organiser. Je te rappelle dans un instant.

- Tu viens de dire oui !

- J'ai pas dit oui, Georg, j'ai...bon, ok.

Il raccroche et je réfléchis au meilleur moyen d'annoncer ça à Bill. De toute façon, il va bien falloir que je l'appelle, même s'il est tôt, après je pourrais plus. Je fais donc son numéro, ça décroche au bout de deux sonneries :

- Bill ? Je te réveille ? Il est tôt, je sais mais-

Il me coupe et sa voix est largement éraillée :

- Non, c'est pas grave, j'étais réveillé, je suis dans la cuisine, là, je prends un médicament.

- Un médicament ? Qu'est-ce-que t'as ?

- J'en sais trop rien, j'ai eu de la fièvre toute la nuit, j'ai mal dormi et là je suis descendu prendre un truc parce que vraiment, j'en peux plus. J'ai emmené mon téléphone, j'hésitais à t'appeler.

- Merde ! T'as attrapé froid ! C'est nul !

Je lui explique alors vite fait ce qu'il se passe, il reste quelques secondes silencieux et dit :

- Tu vas partir deux jours ? Maintenant ? Aujourd'hui ? Tu plaisantes, là ?

- J'aimerais bien. Mais j'ai pas le choix, c'est le Chancelier et il veut personne d'autre que moi, ce con !

- Oh non ! Bon c'est pas grave, de toute façon je suis malade ! Je vais rester chez mes parents, j'ai pas envie de faire la route et rester tout seul à la maison si t'es pas là ! Merde, Tom ! On s'est pas vus depuis une semaine !

- Je sais ! Crois-moi, ça me fait chier tout autant que toi ! On se voit dans deux jours, alors ?

- Bin oui ! Faut croire que oui !

- Ok. Je t'appelle dès que je peux. M'appelles pas, toi. Je le ferais, ok ? Et c'est bien que tu restes chez tes parents pour te soigner.

- Ok. Appelle-moi, alors. Et reviens ! Me donne pas la peine de venir te chercher ou je te jure que ton Chancelier, là, il devra se méfier de moi !

J'aime quand il est comme ça. Aussi impatient que moi, aussi énervé par la situation, aussi pressé de me retrouver. On finit notre conversation et je me lève pour commencer à préparer toutes mes affaires. Il est encore tôt mais de toute façon, j'ai plus sommeil. Autant m'occuper. Quand le jour est bien levé, je suis déjà en route auprès du Chancelier, pour différents meetings, entretiens, réunions, bref pour tout un lot de conneries dont je me serais bien passé. Et je suis très content de ne pas avoir à sourire, parce que là, je fais franchement la gueule...

*Ellipse de cinq jours*

Je suis enfin sur le chemin de la maison. Il était plus que temps. Les deux fichues jours se sont transformées en cinq finalement. Parce que le Chancelier a eu des imprévus, des réunions de dernières minutes, et donc, tout a dû être décalé, et je suis resté trois jours de plus. J'ai cru que j'allais m'ouvrir les veines ou étrangler ce foutu bonhomme moi-même ! Et quand j'ai dû l'annoncer à Bill, bin j'ai été surpris d'entendre qu'un mec puisse autant monter dans les aigus ! Ah ça oui, il a crié, et crié c'est même pas le mot, ce que j'ai eu dans les tympans c'était juste...incroyable, surhumain ! J'avais jamais entendu ça ! J'ai eu un mal fou à essayer de le calmer et l'empêcher de venir me rejoindre. Il menaçait même de faire un attentat à lui tout seul ! C'est qu'il en aurait été capable, le bougre ! Je le connais bien, il peut être tellement imprévisible, tellement instinctif !

Alors si je compte bien, ça fait presque deux semaines qu'on s'est pas vu, qu'on s'est pas touchés, qu'on s'est pas embrassés...De l'énervement, je suis passé à l'abattement. Si on m'avait annoncé qu'il fallait que je reste une semaine ou un mois de plus, ça m'aurait même pas étonné. J'ai dû faire un truc grave dans une autre vie pour payer autant aujourd'hui...

Bill sait que je rentre aujourd'hui. Lui, il a pas arrêté de bosser avec son père, et si j'ai bien compris il est resté chez ses parents tout ce temps. Mais il va rentrer, apparemment j'arriverais avant lui, mais il va rentrer lui aussi à la maison aujourd'hui.

Quand je pousse la porte de l'appartement, la seule chose que je fais c'est de tout balancer un peu partout. Mes clefs sur la table, ma valise en plein milieu du salon, et je commence à me déshabiller pour aller à la douche en essayant de joindre Bill. Bizarre, son portable est éteint. Je lui laisse un message brûlant pour lui dire que je suis déjà à la maison et qu'il a plutôt intérêt à se ramener de suite et file sous la douche. Une fois bien propre et détendu, je file dans la cuisine avaler un verre de jus. Le temps de boire, je me pose enfin un peu. Son odeur est partout dans la maison. Dans la cuisine, je peux le sentir. Ou mon imagination me joue des tours ? En tout cas ça me plait. En voulant essayer de le joindre encore, je remarque que j'ai laissé mon portable dans la salle de bains. Quand je le récupère, je tente une fois encore de l'appeler, toujours sans succès. En passant devant la chambre, j'y jette un coup d'½il bref en commençant à laisser un message :

- Bill ? J'en ai marre de parler à ton répondeur de mer-

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Comments :

  • chaos87th

    31/07/2011

    Ce que ça peut être frustrant quand on doit voir la personne que l'on aime et que pour X raison c'est repoussé.
    Je sais ce que c'est.
    Par contre je vois bien Bill déjà chez eux dans leur chambre, sur le lit et complètement à poil. lol

  • xx-addict-lafee-xx

    04/08/2010

    il n'y a pas la fin de ta fic ?

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Les pauvres sont frustrés

  • Leben-deine-Traume

    06/04/2009

    O.O Oh gott j'ai étais couper dans mon élan là ! >.< elle est où la suite ?? Snif Snif

    En tout cas j ai adorée la fiction mais alors les bonus...J'aime encore plus *o*

    Bisous

  • love-hina83

    19/03/2009

    bill il é la ? possible bsx et c super bi1 ta fic

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