[Fiction] Passion Destructrice - Chapitre 8

De longues minutes passaient et personne dans le salon n'avait bougé. Bill était toujours comme déconnecté, réalisant peu à peu la gravité de l'état de Tom et ce dernier était vraiment mal en point. Il n'avait pas pu se relever, et ne pensait même pas que son petit ami se trouvait encore là. En fait, sa douleur était tellement forte, il était tellement affaibli, qu'il ne pensait à rien...

Bill était debout, pleurant silencieusement, toujours horrifié, ne sachant quoi faire. Et bien-sûr, il commença doucement à s'en vouloir profondément. Il se détesta encore plus que les autres fois. Il n'arrivait plus à se reconnaître. Et malgré tout, il se disait que Tom l'avait quand même un peu cherché. Il lui avait menti. Il avait passé la journée avec Georg à faire il ne savait trop quoi...Malgré tout l'amour qu'il lui portait, Bill lui en voulait encore pour ça et il ne pût s'empêcher de penser que Tom l'avait mérité. Sauf que peut-être, il aurait dû y aller un peu moins fort...

Il récupéra un peu de lucidité et se décida à aider le blond à se relever pour le conduire à la chambre pour le déshabiller et le soigner. Ce dernier avait du sang plein la bouche et toussotait difficilement, crachotant du sang sur le carrelage. Bill fit un pas pour s'avancer vers lui quand quelqu'un sonna à la porte, réveillant une panique folle chez le brun. Il n'eut même pas la pensée de faire comme si il n'y avait personne et se dirigea automatiquement vers la porte. Il ne fit pas attention à son état, il était tout échevelé, les vêtements froissés, le visage rouge encore et sillonné de larmes qui avaient fait couler son maquillage, laissant de grandes traînées noires sur ses joues. Il eut juste le réflexe de les essuyer brièvement et il se décida à ouvrir la porte, l'entrebâillant à peine, décidé à écourter la visite de la personne qui sonnait. Il ouvrit donc, laissant juste une fente et paniqua encore plus quand il reconnut Georg.

En effet, après le départ de Tom, celui-ci s'était vite aperçu que son ami avait oublié son portable dans le fauteuil et était venu le lui rapporter vite fait, avant qu'il n'aille chercher Bill comme il était convenu. Et il fut lui-même surpris de voir le brun ouvrir la porte, l'entrebâiller en fait, dans un état suspect, les yeux trop rouges d'avoir pleuré. Il se douta qu'il y avait un problème et demanda un peu plus sèchement que prévu :

-Euh...Bill ! Salut ! Je...je suis venu voir Tom. Il est là ? Je peux entrer ?

Le brun flippa encore plus. Pas question de le faire entrer ! Pas quand Tom gisait encore à terre, dans un état critique, il aurait des problèmes...Il s'écria involontairement, avant de rabaisser le ton :

-NON ! Non, Tom n'est...il est pas là...il est sorti un instant...Je sais pas où il est allé.

Ne sachant pas ce qu'il s'était passé, Georg ne voulut pas lui dire qu'il rapportait le téléphone du dreadé. La lueur de peur dans les yeux du brun l'alerta, ainsi que son état général et surtout, le fait qu'il n'ait ouvert qu'à peine la porte. Visiblement, il avait l'air nerveux et pressé que Georg s'en aille. Ce dernier tenta d'insister :

-S'il revient, je peux peut-être l'attendre là, alors ?

-Non je...je sais pas quand il va revenir...tu pourrais pas repasser ? Je lui dirais que tu es passé.

Georg réfléchit quelques secondes et fut sur le point d'abandonner et de tourner les talons quand il entendit dans la pièce une toux rauque et le bruit d'un raclement de gorge, ainsi qu'un léger gémissement qui ressemblait à une...plainte de douleur ?

Bill comprit immédiatement et voulut refermer rapidement la porte, mais Georg fut plus rapide que lui, il repoussa fortement le panneau de bois, acculant le brun contre le mur et resta stupéfait, horrifié devant la scène qui se présentait à lui...Son meilleur ami se trouvait là, étendu sur le sol, encore un peu conscient mais affaiblit au possible et ensanglanté de partout, le visage déformé. Une chaise renversée près de lui, avec une des pattes cassée témoignait d'un échange féroce et des gouttes de sang séchaient à terre, sur les carreaux blancs. Le fauteuil avait été repoussé dans la lutte et la table du salon quelque peu déplacée. Nul doute de toute façon, Tom venait de se faire battre...

Georg, furieux, abasourdi, se tourna vers Bill et sa vision lui fut insupportable, il se jeta sur lui, serrant sa gorge d'une main en le plaquant contre le mur et lui cria au visage :

-Espèce de taré ! Je vais te tuer !

Pendant que Bill criait et se débattait, Tom avait réussit tant bien que mal à se mettre assis, calant son dos contre le dossier du fauteuil. Sonné, étourdi, une douleur immense lui lancinant le corps entier il articula difficilement en voyant la scène qui se déroulait sous ses yeux :

-Georg...Georg...Laisses-le...S'il vous plait...Arrêtez...

Georg se calma immédiatement et se précipita vers son ami, suivi du brun qui se vit vite repoussé par une voix sèche qui claqua :

-Recules, toi ! T'as pas intérêt à le toucher ou je te brise les os !

Et se penchant vers Tom :

-Ça va aller, je suis là. Je m'occupe de tout, maintenant. On va appeler une ambulance...

Bill s'était figé à distance et Tom dit faiblement :

-Non...non, pas d'ambulance...Je...Je vais bien...Emmènes-moi juste dans la chambre...Aides-moi à me lever s'il...s'il te plait...J'y...J'y arrive pas tout seul...

L'androgyne s'élança en avant :

-Attends, je vais t'aider, Tom. Je vais le faire !

Georg remarqua immédiatement la panique dans les yeux de son meilleur ami, il repoussa Bill une fois de plus, se levant et se dressant devant lui :

-Écoutes-moi bien, mec ! Là, tu vas juste partir, avant que je te casse vraiment la gueule, ok ? Fous le camp, je vais pas pouvoir te supporter plus longtemps ici, pas quand...barres-toi ! Et vite !

Le brun se sentait un peu plus honteux, mais répondit néanmoins hargneusement :

-C'est MOI son mec ! Je veux l'aider ! T'as rien à faire là, toi ! Si y en a un de nous deux qui devrait partir, ce serait toi ! TOI, vas t'en !

Georg ne tint plus de nouveau et se rua sur Bill, l'attrapant par une épaule et agrippant son visage pour le tourner en direction de Tom. Il lui siffla :

-Regardes ça ! Regardes bien ! C'est TOI qui lui as fait ça ! Tu veux l'aider ? Alors l'approches plus ! Ou je te jure que j'aurais ta peau !

Il le relâcha en le repoussant fermement :

-Fous le camp je t'ai dit ! Maintenant ! Je te jure, Bill, dégage, je veux même pas savoir ce qu'il t'est passé par la tête, là j'ai juste envie d'appeler les flics, tu vois.

Tom l'entendait, voulait intervenir mais s'en sentait incapable, une partie de lui voulait aussi que Bill s'en aille loin, très loin, avant qu'il ne craque et que son air misérable lui donne envie de le consoler. Bill qu'il aimait tellement...Mais quand il entendit Georg parler d'appeler la police il mit un peu plus de force dans sa voix :

-Georg, non ! Laisses-le ! Bill...vas t'en...s'il te plait, vas t'en...

Le c½ur du brun se brisa, Tom lui demandait de partir, Tom ne voulait plus de lui...Ce qu'il redoutait tant était en train de se produire. Il eut l'impression de mourir. Comment partir et le laisser là, seul avec Georg ? Comment s'éloigner de celui pour lequel il vivait ? Comment ferait-il s'il ne pouvait plus le revoir ? Parce que c'était clair que Georg ne permettrait pas qu'il voit Tom, pas dans l'immédiat en tout cas, et le blond était son oxygène, son élément vital, sa raison de vivre.

Il voulut dire quelque chose mais les sanglots bloquaient sa gorge. La honte, le chagrin, la douleur, tout ce mélange confus et intense le remplissait de partout, l'empêchant de réfléchir et respirer correctement. Il pensa un instant se jeter à genoux, implorer le pardon de son amour, il ramperait s'il le fallait, il se coucherait à terre, il ferait n'importe quoi...Mais au lieu de cela, il récupéra son sac de cours et sortit, la tête basse et le c½ur éteint.

Dans l'appartement du dreadé, le silence réprobateur de Georg était encore plus lourd que tous les reproches. Il s'en voulait, il n'aurait pas dû inviter Tom. Puis il se flanqua une gifle mentale à cette idée, non, ce n'était pas eux les coupables, ils n'avaient pas, lui et Tom, à ne pas se voir ! C'était Bill et sa jalousie morbide !

Il aida son ami à se lever et son visage se ferma un peu plus quand le blond fut étourdi en se relevant, à cause de la forte douleur qu'il avait dans le dos. Il l'emmena directement à la chambre pour l'allonger. Georg hésitait encore à appeler un médecin, ou l'emmener aux urgences, mais Tom refusait qu'on le sorte de chez lui. Et Georg comprenait très bien, la honte de devoir expliquer qu'on a été battu...

Georg l'installa confortablement sur son lit, déshabilla sommairement le blond et ramena une petite bassine d'eau chaude et un gant pour le nettoyer d'abord et voir les blessures, afin de savoir quoi mettre dessus et en connaître la gravité. Tom ne disait rien, il ne savait pas quoi dire, il regardait juste son ami et essayait de trouver les bonnes paroles à dire en de telles circonstances. Il avait énormément mal aussi et son ½il gauche était pratiquement fermé parce que trop enflé à cause d'un coup reçu.

Mais il remarqua que son meilleur ami pinçait les lèvres encore plus quand il enleva son tee-shirt. Son buste devait porter des marques terribles aussi, alors. Et c'était le cas, de gros hématomes apparaissaient déjà sur la peau du dreadé et Georg avait juste envie d'hurler de rage et se précipiter à la suite de Bill pour enfin laisser éclater la haine qu'il ressentait pour le brun. Tom pouvait deviner ses pensées, il connaissait son ami depuis toujours. Qui n'aurait pas eu la même pensée que Georg, d'ailleurs ?

Ce dernier évitait soigneusement de lever les yeux sur son visage, il passait le gant sur le buste et dans le cou. Il s'arrêta soudain et plongea ses yeux dans ceux de Tom :

-Je peux pas.

-Tu peux pas quoi ?

-Je peux pas te laisser comme ça, Tom. Il faut que j'appelle une ambulance, tu peux pas rester comme ça. On connait pas la gravité des blessures, ton dos, tout ça.

Tom s'agita mollement mais essaya de mettre de la conviction dans ses paroles :

-NON ! Je veux pas ! Appelles personne ! Ça va aller, je te dis. J'ai pas si mal !

-Putain, Tom, regardes-ton état ! Je...je peux pas te laisser comme ça, il faut que tu voies un médecin, je t'emmène aux urgences s'il le faut...

-Non ! Je vais nulle part ! Juste donne-moi un truc pour la douleur, ça va passer !

Pendant quelques minutes, Georg tenta de le persuader de voir un médecin mais Tom ne voulut rien entendre. Alors il reprit le gant et continua de nettoyer son ami, nettoyant et pansant son visage enflé et meurtri. Le silence était retombé, et on entendais de temps en temps des petites plaintes quand il appuyait sur un endroit un peu plus sensible et touché que d'autres, sur le corps de Tom. A un moment, Georg releva la tête et lui dit :

-T'es pas obligé de raconter ce qu'il s'est passé. On peut...on peut juste dire que tu t'es battu avec des types, quoi, allez...viens, je t'emmène aux urgences.

-Non ! Non, ça va aller, ça va déjà mieux.

Il secouait la tête d'un air buté, inutile d'essayer de le faire changer d'avis. Georg termina de le soigner du mieux possible avec les médicaments à sa disposition, laissa le tout par terre à côté du lit et après avoir réfléchit vite fait, annonça à Tom :

-Bon. Je...je vais aller aller chercher des affaires et je reviens. Ce soir je dors là. Essaies de dormir un peu en m'attendant. Je suppose que j'appelle pas tes parents ?

Le blond secoua la tête et il reprit :

-Ouais, je m'en doutais. Attends-moi là.

Il eut le temps d'apercevoir la lueur inquiète dans les yeux de son ami et sembla deviner ses pensées qu'il n'osait formuler :

-Je...je prends ta clef, je t'enferme à l'intérieur, comme ça t'auras pas besoin de bouger pour m'ouvrir ou fermer derrière moi. Je fais vite.

Tom eut un regard reconnaissant, son ami avait compris. Et le blond eut honte intérieurement, voilà qu'il avait peur de rester tout seul ? Il chassa rapidement l'idée que c'était la peur de voir Bill revenir...et se dit juste qu'il ne voulait et pourrait pas se lever pour ouvrir la porte si besoin. Georg partit en fermant soigneusement la porte à clef et une fois dans le parking, il inspecta partout pour être sûr que le brun n'était pas resté dans le coin, à attendre qu'il parte pour essayer de voir Tom. Mais il semblait qu'il était bel et bien parti.

Quand il revint, son ami était endormi. Un sommeil agité, il voyait son corps convulser un peu et il hésita à le réveiller. Puis, le blond se calma d'un coup, Georg le regarda encore un instant dormir et alla au salon remettre de l'ordre et effacer toutes les traces de l'impensable qui s'était produit plus tôt. Il récupéra le téléphone de Tom qu'il avait laissé sur la table avant de partir et vit plusieurs appels en absence. Ils étaient tous de Bill. Tous, sans exception. Il y avait aussi pleins de textos qui disaient tous la même chose :

« Pardon...Donnes-moi de tes nouvelles...Réponds stp...J'ai besoin de t'entendre, de te voir...Je m'en veux...Tu me manques...Désolé...Je t'aime plus que tout...Me laisses pas... »

Il y avait surtout quelques « J'en mourrai si tu me laisses... », ce à quoi répondit Georg tout bas, pour lui-même :

-Bin crèves, salopard...

Il termina de ranger et la pièce reprit une allure normale. Il prit une douche et jeta un ½il dans la chambre, Tom dormait toujours. Georg s'installa confortablement au salon, dans le canapé où il avait décidé de passer la nuit et finit par éteindre le portable de Tom qui n'arrêtait pas de vibrer sous les nombreux appels et messages du brun. Le meilleur ami du dreadé se préparait à passer une nuit qui allait être longue, remplie de pensées négatives, remplie de haine et d'incompréhension.

Il dût se lever plusieurs fois pour donner des médicaments à son ami qui se tordait de douleur mais qui refusait toujours farouchement à ce que Georg appelle un médecin. Le blond ne savait plus quelle position adopter pour soulager un peu son dos, tous ses membres étaient endoloris, le simple contact du lit était insupportable et son visage lui cuisait. Et dès qu'il fermait les yeux, il rêvait de Bill qui perdait son sang-froid et il se réveillait brutalement, ayant encore l'impression d'entendre la fureur dans la voix et sur le visage de Bill, le bruit des coups et de ses os qui craquaient. A un moment, Georg s'assit près de lui, un verre à la main. Il avait pris son ton le plus suppliant pour convaincre Tom de se laisser soigner par des professionnels, évoquant l'urgence de passer une radiographie. Le dreadé venait de se réveiller encore une fois, mais cette fois, il avait rêvé de Bill, un rêve où ils étaient bien tous les deux, ensembles, riant et discutant, comme au début. Il avait rêvé des mains de Bill sur lui, lui prodiguant des caresses enivrantes. Il avait rêvé qu'il faisait l'amour au brun, qui s'abandonnait sous lui, totalement, avec passion, avec la confiance qu'il n'arrivait plus à lui accorder.

Il se réveilla en sueur, fiévreux, ayant encore plus mal physiquement et moralement parce qu'il savait qu'il l'aimait encore énormément. Il aimait ce Bill du début, celui duquel il avait rêvé. Ça aurait été pourtant si simple de le détester rapidement, juste comme ça, juste après ça. Ça aurait été si simple, ça aurait résolu tout...Et Georg, assis près de lui, vit son regard éperdu et désespéré, il n'eut pas le temps de lui dire quoi que ce soit, Tom se mit à pleurer...Georg posa le verre par terre et le prit dans ses bras sans un mot, essayant de calmer par une étreinte fragile (pour ne pas lui faire mal plus) cette souffrance inexplicable et inexpliquée.

Ce ne fut qu'avec les premières lueur de l'aube que le blond finit par dormir un peu mieux, tombant sûrement de fièvre, de fatigue et de force, et Georg aussi se laissa gagner par un sommeil lourd. Tout l'appartement était calme, hormis le faible son et la douce lueur de la télé qu'il avait allumée pour avoir une compagnie et qu'il n'eut pas le temps d'éteindre.

De son côté, Bill était anéanti. Il était parti de chez Tom et avait regagné son foyer, allant s'enfermer directement dans sa chambre sans répondre à sa mère qui s'inquiéta de le voir rentrer aussi morose, mais sans réellement remarquer l'allure des ses vêtements et de son état général. Elle ne l'interrogea pas plus et continua ses activités, avertissant qu'il serait attendu à table pour le dîner. Dîner...à ce simple mot, Bill eut envie de vomir. A peine arrivé dans sa chambre, il commença sa série d'appels sur le téléphone du blond, tous restèrent sans succès. Et Bill crût devenir fou quand il réalisa que le téléphone avait été éteint. Il ne savait pas que c'était Georg qui s'en était chargé, il pensait que c'était Tom qui avait mis fin à tout contact et il se sentit mourir.

Il se releva et lentement, commença à se déshabiller. Il resta en boxer et retira un à un tous ses bijoux. Il remarqua que ses mains étaient encore souillées de sang. Le sang de Tom. Et sur une de ses grosses bagues en argent il y avait du sang séché et un haut le c½ur le saisit de nouveau. Il fixa pendant un long moment ses mains qui tremblaient. Ses mains qui avaient brutalisées son amour, celui qu'il aimait plus que tout, ses mains qui avaient failli tuer, ses mains qui avaient fait tant de mal. Et elles tremblaient encore plus. Il tournait et retournait ses mains, comme s'il pouvait avoir la réponse à ses questions rien qu'en les regardant, et il se détesta. Fort, violemment, intensément. Il s'en voulut, il se maudit...Et par-dessus tout, il l'aimait encore plus, il l'adorait encore plus...

Jamais Tom ne lui pardonnerait, lui-même ne se le pardonnerait jamais. Il s'allongea finalement et recouvrit son corps avec le drap, espérant chasser le froid qui l'envahissait autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Et il pensa à Tom, très fort. Comme si penser à lui de toutes ses forces suffirait à lui envoyer des ondes de repentir et d'amour. Et peu à peu, ses pensées prirent une tout autre tournure. Tom avait menti, Tom lui avait dit encore des paroles blessantes, Tom méritait d'être corrigé...Comme ça, il comprendrait qu'il est à Bill et que Bill était à lui, ils s'appartenaient l'un l'autre et c'était tout ce qui était important. Non, finalement ce n'était pas de sa faute, si son petit ami n'avait pas menti, n'était pas allé chez Georg, jamais il ne serait emporté à ce point. Voilà.

Puis, il imagina ce que ça aurait pu être de rester chez Tom, à le soigner, à panser ses blessures...Seuls, tous les deux, sans besoin de personne, sans que Georg intervienne surtout. Il aurait relevé le blond d'à terre, l'aurait conduit dans la salle de bains, l'aurait déshabillé, lavé...Certainement Bill l'aurait caressé un peu, certainement il lui aurait chuchoté des mots d'amour et après il aurait emmené le blond dans la chambre et l'aurait couché sur le lit pour lui faire passionnément l'amour...Oui, ça serait certainement passé comme ça...Tom aurait aimé...Et peut-être même auraient-ils recommencer une deuxième fois, dans la nuit ?

De nouveau son c½ur se serra à l'idée de ce qu'il manquait, tout ça à cause de Georg. Celui-là, ce n'était qu'un trouble-fête, un « qui se mêle de tout », un « qui ne comprenait rien ». Non, il ne savait pas ce qu'il se passait entre lui et Tom, il ne savait pas à quel point ils s'aimaient, il ne pouvait pas comprendre. Il se mit à haïr de toutes ses forces celui qui se mettait entre lui et son amour. Oui, Georg se mettait entre eux, il le détestait visiblement. Et Bill commença à avoir peur qu'il persuade le blond de le laisser tomber...Parce qu'il était sûr que c'est ce que Georg ferait, dès que possible, et peut-être même qu'il avait déjà commencé.

Bill imagina un scénario épouvantable où Georg avait des mots horribles à son égard et des conseils douteux, disant à Tom d'oublier ce « connard dangereux », qu'il n'en « valait pas la peine », qu'il fallait « l'oublier », que Tom serait « mieux sans lui ». Sa haine décupla quand il imagina encore plus le blond écouter et acquiescer à des paroles comme « oublies le, tu seras mieux sans lui, après tout tu l'aimes pas vraiment, il te mérite pas ». Il eut envie de vomir encore quand il pensa à d'autres phrases telles que « Moi je suis là, Tom, je peux t'apporter tout ce que Bill ne pourra jamais t'apporter...Restes avec moi...Toi et moi on sera si heureux... » Il finit par se précipiter rapidement aux toilettes quand il imagina qu'à tous ces mots, Tom répondait « Je t'aime Georg, Bill c'était rien...Fais moi l'amour... » et quand il imagina tous les gestes que Tom et Georg pourraient avoir l'un pour l'autre, se donnant du plaisir longuement, indéfiniment, il vomit. Longtemps. Tripes et boyaux. Sans réaliser que c'était son imagination qui lui faisait du mal, qu'il se détruisait uniquement à cause de son cerveau malade.

Après avoir rincé sa bouche, lavé ses mains, pour faire disparaître les traces de son forfait, et observé un long moment son visage pâle dans le miroir de sa petite salle de bains, une seule pensée s'imposa à lui...Une pensée claire, nette et précise. Une pensée évidente. La seule chose à faire...Georg s'était mis entre eux, il allait l'écarter de son chemin...

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.234.45.10) if someone makes a complaint.

Comments :

  • chaos87th

    01/08/2011

    Mais quel con Bill. Au contraire ce qu'il s'est passé et le fait que Georg essaie de l'éloigner pour qu'il fasse plus mal à Tom devrait le faire réfléchir dans le bon sens. Pas dans lequel il va. Mais qu'elle merde tout ça. Il faut vraiment qu'il se fasse soigner Bill.

  • Pucca97217

    12/09/2009

    Oh mon dieu non il va faire du mal à georg

  • Zerstorerische-Ferien

    10/05/2009

    Putain Bill il me fait grave flipper !!

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    13/04/2009

    Han mon Dieu voilà le cercle vicieux à bel est bien prit forme...
    Bill est (on peut maintenant clairement le dire) malade d'Amour!
    Bill voue à Tom une Passion destructrice .
    Je crois que jamais on avait trouvé meilleurs titre pour une fic...

    Pétard le chapitre 7 était tellement intense et dense. La façon dont tu racontes le déroulement de l'histoire...Tom ment d'abord à Bill pour justement éviter une dispute ou plutôt crise de jalousie...et finalement c'est son mensonge (en comptant bien évidement les réactions surdimensionnées de Bill) qui déclenche toute cette situation.
    Encore une fois là, tu as trés bien décrit comment en pensant faire bien on se met soi-même en situation de coupable. Et le pire je crois c'est lorsque Bill le bat mais que Tom le repousse juste mais n'est pas dans l'optique de lui faire subir la même chose...il se défend à peine parce qu'en fait il l'aime. Et là encore tu vises juste!
    Bill lui est aveuglé totalement par sa colère et c'est au moment où Tom lui parle:Citation:
    -Achèves-moi, Bill...Tues-moi...mais pitié, me fait plus vivre un truc comme ça encore une fois...


    (d'ailleurs cette phrase ) qu'il réalise son acte...sa colère, sa jalousie et ses conséquences.

    Vraiment ce chapitre 7 ! fiouuu voilà quoi!

    Pour le chapitre 8 et bien je suis trés contente que Georg ait fait son apparition. Mais pétard Bill est vraiment malade! Genre comme si en entrebaillant la porte il allait cacher Tom gisant au sol complètement défiguré et meurtri! Heureusement que Georg intervient. Je n'ose même pas imaginer Tom seul avec Bill le soignant aprés ça!
    Et là encore Tom le laisse partir sans rien ajouter de plus...je veux dire qu'il ne veut même pas appeller la police! Il l'aime!
    Ensuite j'ai aimé comme tu as fait culpabilisé Georg une fraction de seconde. C'est trés bien vu là aussi...ça permet de voir que dans chaque situation on peut se culpabiliser...on peut mieux comprendre le cheminement psychologique de Tom par rapport à la jalousie de Bill!
    Pétard, il ne veut pas aller à l'hôpital et ça c'est pas bien parce que moi maintenant j'ai peur qu'il ait un grave problème (genre au dos) et qu'il se soigne pas de suite...brefff, je flippe pour Tom...mais je flippe aussi pour Georg...Bill veut lui faire du mal!
    Pour moi dans ce chapitre tu montres bien que Bill est atteint psychologiquement! Au début on se dit 'oh c'est bien il réalise' et finalement retournement de situation...il se dit que finalement Tom l'a mérité...putain mais NON quoi!
    Bill je t'en prit réveille toiiiiii! *oui je parle à ton personnage* J'aimerais tellement qu'il se RENDE COMPTE de sa folle jalousie!
    Je ne sais pas me positionner...sérieusement je deteste Bill c'est clair mais en même temps j'aimerais tellement que tout s'arrange...mais sincerment avec un tel sujet est-ce possible?
    Surtout que là on a quand même atteint le point de non retour!

    En tout cas la suite promet d'être riche en émotion une fois encore...je sens qu'on est pas au bout de nos peines et tes personnages non plus...

    Merci de nous offrir une aussi belle fic...c'est un réel plaisir de la lire!

    Et aussi chapeau...2 chapitres en une journée t'as fait super fort!
    HIP HIP HIP pour Lalou!

    Des Bisous!

    PS: j'espère que mon commentaire est pas trop confus...mais spa ma faute ta fic ma fait trop réfléchir...et tout le monde sait que quand je réfléchie trop je dit nawak! >.<

Report abuse