[Fiction] Passion Destructrice - Chapitre 10

Tom referma lentement la porte à clef, comme d'habitude, et s'y adossa. Bill était debout, au milieu du salon, l'air un peu perdu, un peu...gêné ? Le blond n'en savait rien. Il savait juste qu'il était heureux de le voir. Tom s'avança et lui dit, lui montrant le canapé :

-Assieds-toi. Enlèves ton manteau si tu veux.

Ce que fit le brun. Tom se posa dans le fauteuil en face de lui. Ils s'observèrent pendant un long moment. Bill essayait de lire une quelconque émotion sur le visage du blond mais ne trouva rien. Puis, il humidifia doucement ses lèvres avec le bout de sa langue, sans s'en rendre compte, et vit le regard de Tom s'assombrir. Il réalisa le geste qu'il avait eu et en fut satisfait. Il attendit un peu et recommença, Tom déglutit péniblement. Et le brun se retenait de sourire.

Soudain, Tom prit la parole, demandant, un peu abruptement :

-Pourquoi t'es venu ?

-Je te l'ai dit. Je suis venu pour avoir de tes-

Le blond le coupa :

-Non. Je parlais du cimetière. Pourquoi ? Tu le...tu le connaissais pas. Tu l'aimais pas.

Bill haussa les épaules :

-Parce que. Pour toi. Je voulais te...t'apporter un peu de soutien, je suppose.

-Pourquoi t'es pas venu me parler, alors ?

-J'ai pas osé. Je me suis dit que peut-être, ma seule présence suffirait. J'ai eu tord ?

Tom secoua la tête et dit simplement :

-Merci.

Le dialogue avait encore un peu de mal à s'installer mais Bill était énormément reconnaissant et ravi du peu qu'il y avait. Il se retenait de se lever et d'aller vers Tom pour se blottir dans ses bras et l'embrasser enfin. Il n'avait que cette seule envie dans sa tête, et plus rien d'autre n'avait d'importance. Tom était devant lui, c'était tout ce qui comptait. Sa présence, c'était tout ce dont il avait besoin. Il sentait bien que pour le moment, le blond ne voulait pas autre chose, ça lui faisait mal, mais il l'avait laissé entrer, il pouvait commencer à revivre...

Le dreadé se leva et dit :

-Je vais me changer. Je reviens. Tu veux boire quelque chose ?

-Oh non. Ca va. Je...je t'attends là.

Tom hocha la tête et alla dans sa chambre pour se changer. Il était dans sa chambre, debout devant son armoire, essayant de concentrer son attention sur les vêtements qu'il allait porter mais toutes ses pensées étaient tournées vers Bill. Maintenant qu'il était là, qu'est-ce qu'il allait se passer ? De quoi allaient-ils parler ? Qu'est-ce qu'il pourrait bien dire à Bill ? Comment le dire ? Est-ce que tout se passera bien ? Il était pris dans ses réflexions, ne s'étant pas rendu compte qu'il avait mis un long moment quand il entendit Bill arriver dans son dos et dire :

-Tom ? Ca va ? Ca fait un moment que-

Mais le brun s'interrompit quand il vit Tom sursauter et se retourner vivement, la peur dans le regard. Quand il reprit la parole, le blond nota son ton peiné :

-Désolé, je...croyais que tu m'avais entendu arriver.

Il s'arrêta un instant et son visage se décomposa un peu plus quand il continua doucement :

-Je voulais pas...te faire peur. Désolé.

Il tourna le dos pour sortir de la pièce, mais avant de sortir complètement il ajouta, toujours de dos à Tom :

-N'aies pas peur de moi à ce point-là, Tom. Que tu me craignes à ce point, c'est pire que tout pour moi...

Et il sortit. Tom avait fait un mouvement pour l'arrêter mais laissa retomber sa main. Il voulut prendre la parole mais aucun son ne sortit. Pour faire quoi ? Pour dire quoi ? Parce que oui, il avait eu peur. Pas seulement parce qu'il avait été surpris, plongé dans ses pensées, mais parce qu'il n'avait pas pû s'en empêcher. Bill lui faisait toujours peur. Et le brun l'avait compris, de suite, ça l'avait peiné. Et Tom s'en voulut. Contre toute attente il s'en voulut.

Il soupira longuement et finalement changea d'avis, il revint au salon sans s'être changé. Non, ça devenait ridicule, il fallait désamorçer toute cette situation, ils devaient parler, il devait parler à Bill surtout, et rester chacun dans son coin, silencieux, presque timides, n'allaient pas faire avancer les choses. Bill était debout devant la fenêtre, une expression de douleur sur le visage. Il ne tourna même pas la tête quand il entendit Tom revenir. Ce dernier l'interpella :

-Bill ! Tu...tu veux vraiment pas un truc à boire ? J'allais prendre une bière, moi.

Le brun se retourna enfin et répondit :

-Bin...ok, j'en veux bien une aussi, alors.

Il suivit Tom jusque dans la cuisine et prit la bouteille glacée qu'on lui tendait. Le blond avala de suite une très longue gorgée et Bill resta bloqué, ses yeux fixant la gorge de Tom en mouvement sous la déglutition. Il eut un flash rapide de sa bouche et sa langue parcourant cette gorge offerte, il eut presque l'impression d'avoir le goût de Tom sous sa bouche, il sentait presque la texture de sa peau sous sa langue et cela le rendit fou, sa tête lui tourna violemment, son coeur s'emballa furieusement et il ferma les yeux sous l'intensité de l'émotion qu'il ressentit. Le dreadé le remarqua et fronça les sourcils en demandant :

-Ca va ?

Il rouvrit brutalement les yeux et répondit rapidement :

-Ouais, ouais, ça va. Tu...On peut pas aller s'assoir au salon ?

-Si, bien-sûr. Désolé, je suis un peu à l'ouest, je crois. J'en oublie les bonnes manières. Allons-y.

Ils allèrent dans le salon et se rassirent dans le canapé, Tom assis à côté de Bill cette fois. Ils terminèrent leur bière dans un silence ininterrompu. Tom parce qu'il ne savait pas quoi dire, et Bill parce qu'il fantasmait. L'odeur du blond lui arrivait subtilement, étourdissant tous ses sens. Il luttait férocement pour ne pas avancer la main et la passer sous le tissus qui recouvrait le torse hâlé de son compagnon. Il avait terriblement envie de lui, il était attiré comme un aimant et il se faisait violence pour se retenir. Il en avait mal. Très mal. Ses yeux glissaient sur l'épaule du blond, glissaient sur tout son bras, admiraient les longs doigts fins qui lui avaient déjà donné un immense plaisir et là encore il dût se retenir de ne pas attraper la main de Tom et porter ces doigts tentateur à sa bouche. Il s'imaginait les porter à ses lèvres et les lécher, un par un, avant d'enfourner l'index dans sa bouche, enrouler sa langue autour et sucer le doigt sensuellement, jusqu'à ce le blond n'en puisse plus et le renverse dans le canapé.

Tom n'avait aucune idée de ce qui traversait les pensées de son ami, il restait assis, les yeux dans le vide, se laissait étourdir légèrement par l'alcool. A côté de lui, Bill se pencha un peu pour déposer sa bouteille vide sur la table basse et en suivant le geste du regard, ses yeux tombèrent sur les mains fines et manucurées du brun. Et ses pensées à lui aussi commençèrent à dévier. Il se rappela douloureusement ce que ces mains étaient capables de faire. Elles lui avaient donné du plaisir comme personne, les meilleures caresses, les plus douces, les plus délicieuses. Elles lui avaient procuré un plaisir indescriptible, un plaisir qu'il n'avait que très rarement, voire pas du tout atteint. Mais elles lui avaient infligé une douleur immense. Elles l'avaient giflé, maltraité, blessé, meurtri le corps et l'âme.

Chacun était enfermé dans sa bulle d'imagination, l'un et l'autre pris à la gorge par des émotions diverses mais se rejoignant. Le dreadé se trouva stupide, il fallait qu'ils parlent, il fallait mettre des mots sur tout ça, savoir ce qu'il en était, ce qu'ils allaient faire, il voulait comprendre, il voulait qu'ensemble ils trouvent une solution. Mais il ne savait pas par où commencer. Bill ne lui facilitait pas la tâche, il était assis, silencieux, à côté de lui, et ce qui tuait le blond, c'était le magnétisme et le charisme qu'il dégageait. Inutile de se mentir, Bill lui faisait encore de l'effet, et un effet monstrueux, même.

L'androgyne laissa échapper un petit soupir et cela eut l'air de réveiller le blond de la torpeur dans laquelle il s'était laissé glisser. Il tourna la tête vers Bill et voulut dire quelque chose, n'importe quoi pour essayer d'établir un contact mais resta sans voix. Bill lui sourait...

Il voulut dire quelque chose mais il ne savait pas par quoi commencer. Et avoir Bill si beau, l'air si innocent sous les yeux ne l'aidait pas. Il aurait dû se sentir plus en colère, plus déterminé, moins faible...Et pourtant, tout était si confus en lui.

Tom retint un soupir et avanca sur le bord du canapé pour poser sa bouteille sur la table basse et le brun posa sa main sur son genou. Le blond sentit son sang se glacer dans ses veines et voulut retirer son genou discrètement, sans que le brun le remarque, il ne voulait en aucun cas l'offenser, sinon... Mais Bill fut plus rapide, il vint s'agenouiller devant lui, entre ses jambes, passa ses bras autour de sa taille et posa sa tête sur sa poitrine. Il sentit Tom se raidir un peu dans ses bras et protester légèrement :

-Bill...Arrêtes...Il faut qu'on parle, on doit...

Le brun le coupa d'un ton suppliant, resserrant sa prise un peu plus :

-Attends, s'il te plait, attends...Ne me repousses pas...Pas encore...S'il te plait...

Sa phrase se termina dans un murmure et Bill leva un peu la tête pour poser doucement la bouche sur sa peau, juste à l'ouverture de sa chemise et Tom essaya de se dégager doucement, même si ça devenait de plus en plus difficile :

-Non, Bill...Arrêtes...

Il sentait le souffle chaud du brun dans son cou, sur sa peau ça lui plaisait mais plus fort que tout, il avait encore peur. Il ne pouvait s'en empêcher. Il avait peur de faire ou dire quelque chose qui déplairait à Bill, qui le rendrait furieux, qui lui ferait encore avoir des gestes brutaux à son égard. Il avait pleinement conscience de ne pas trop être persuasif mais il faisait ce qu'il pouvait pour que Bill arrête. Le brun parlait tout en l'embrassant doucement :

-Pourquoi j'arrêterais ? T'aimes pas ? Tu as toujours aimé ma bouche sur toi...Et là encore c'est le cas, regardes...Tu frissonnes...Ca te plait...Dis pas le contraire...

L'odeur des cheveux de Bill lui montait aux narines, emplissant son cerveau et lui tournant la tête, comme à chaque fois. Il voulut être ferme et le repoussa encore. Régler leurs problèmes par le sexe n'allait rien résoudre, juste repousser, mais le brun continuait de lui parler et lécher sensuellement sa gorge, descendant jusqu'aux premiers boutons ouverts de sa chemise et ça l'enivrait. Il l'entendit lui dire encore, d'une voix enivrante :

-Ta peau, Tom...Tu as si bon goût...

Tom attrapa la main dans la sienne pour lui faire lâcher sa chemise et se raidit inconsciemment un peu plus dans ses bras. Il se sentait furieux contre lui-même, furieux contre Bill de profiter de sa faiblesse, il avait encore mal physiquement et son petit ami semblait occulter la chose. La bouche de Bill sur lui était douce et agréable mais sa peur et sa douleur étaient grandes et réelles. Il eut un peu plus peur quand le brun arracha sa main de la sienne et leva un regard froid, glacé comme l'acier sur lui. Tout ce que Tom put penser à ce moment-là fut « ne pas l'énerver...surtout ne pas l'énerver... ». Il détestait ressentir cela, la peur, la douleur et l'envie. Parce que l'envie était là aussi, quelque part. Il aimait toujours Bill, il le désirait toujours, il voulait juste que tous les sentiments négatifs s'éloignent et arrêtent d'entâcher leur relation. Ca aurait pû être bien, il aurait dû profiter de ce moment, au lieu de cela, il se laissait faire mais avec une certaine appréhension et une certaine angoisse.

Bill n'avait aucune idée de tout se qui passait dans la tête du blond. Il avait bien senti sa réticence mais se dit qu'il arrivera bien à le faire se détentre petit à petit. Alors il mit plus de douceur dans ses gestes, plus d'amour dans ses baisers. Il prit sa voix la plus cajoleuse pour lui chuchoter :

-Je t'aime tellement, Tom...Je peux plus me passer de toi...Tu m'as manqué, j'ai envie de toi...

Il enroula ses doigts autour de la nuque de Tom pour amener sa tête à lui et retraca lentement le contour de son oreille. Il mordilla le lobe et parsema sa mâchoire de plusieurs petits baisers, remonta à la commissure des lèvres et posa enfin franchement sa bouche sur la sienne. Il sentit Tom résister encore un peu et appuya un peu plus fermement ses lèvres sur les siennes. Et enfin, enfin, il le sentit se détendre. Parce que de son côté, Tom ne voulait plus lutter, l'envie commençait à être plus forte que tout et que la chaleur de la bouche du brun commençait à l'enivrer sérieusement. Il décida que pour l'espace d'un instant, il allait mettre toutes ses questions sur pause. Il ne pouvait de toute façon, pas se mentir à lui-même, malgré tout, Bill, le Bill du début, celui qu'il connaissait et aimait, celui qui savait utiliser son corps pour le rendre fou, celui-là lui avait manqué. D'ailleurs, ce qui le fit capituler davantage c'est que le brun caressa sa joue en gémissant dans sa bouche.

Alors, Tom ne tint plus, il avança la main pour la passer dans la nuque du brun et l'attira à lui. Leurs bouches se rencontrèrent violemment, le baiser fut de suite passionné. Chacun revivait enfin...Tom faisait courir une de ses mains dans les cheveux de Bill, et celui-ci l'embrassait avec plus de ferveur encore. Le goût de l'autre leur avait manqué, et ils regoûtaient la saveur de l'autre, s'en délectant comme le meilleur des nectars. Bill se releva pour se placer à califourchon sur les genoux de Tom et celui-ci l'écrasa contre lui en gémissant dans sa bouche. Il passait ses mains dans le dos du brun, à travers le tissus et perdait peu à peu la raison. Et ce fut pire quand il sentit que Bill retira le bas de sa chemise de son pantalon pour passer ses mains dessous et toucher enfin sa peau, faisant naître une multitude de frissons sous ses doigts. Le baiser était interminable, ils auraient pu rester comme ça encore longtemps. Ils se dominaient à tour de rôle, laissant leurs langues se rencontrer, s'enrouler, se caresser, laissant leur salive se mélanger et leur souffle se partager.

Le brun était comme pris de folie, il avait envie de plus, il avait besoin de plus. Il stoppa le baiser pour s'assoir un peu mieux, enleva ses mains de sous la chemise de Tom, pour l'ouvrir en arrachant violemment tous les boutons en un seul coup. A ce geste impatient et brutal, Tom sursauta et tenta de le calmer, sa peur ayant refait surface sans qu'il puisse se contrôler :

-Eh ! Bill...ma chemise...doucement...calmes-toi...

Bill n'entendait rien, Tom lui avait manqué, et là il était avec lui, le laissant le toucher, il voulait faire vite, lui faire envie le plus vite possible, avant qu'il ne se fasse repousser. Mais, bien que l'envie de Tom était forte, sa peur domina, il repoussa le brun, l'enlevant de sur ses genoux et se leva. Bill leva un regard étonné vers lui, interrompu dans son élan et fit un pas vers lui. Il recula instinctivement, et dit, la voix complètement hachée :

-Arrêtes...arrêtes, Bill ! Je...je veux pas...j'aime pas quand tu...

Il s'interrompit, incapable de finir sa phrase. Bill s'avança encore et de nouveau il recula. Il tenta de persuader le brun :

-Bill, il vaut mieux que tu partes, d'accord ? Pars, s'il te plait, on...j'ai besoin de rester seul et de réfléchir à tout ça.

-NON !

Le brun avait crié et Tom sursauta encore une fois, le coeur battant à tout rompre. Bill le vit et son coeur se serra, il détestait voir Tom le craindre à ce point-là. Son regard descendit jusqu'au torse de Tom qui apparaissait entre les pans ouverts de la chemise déchirée. Il remarqua immédiatement les bleus qui s'y trouvaient encore et comprit le malaise de Tom. Son petit ami lui en voulait...

Il eut un regard suppliant qu'il savait si bien faire, il ne voulait pas croire qu'ils allaient en rester là, impossible, il avait trop envie du blond, il avait trop besoin de lui. Il s'avança lentement vers Tom en retirant sa chemise, notant avec satisfaction le regard hypnotisé du blond sur son torse. Il avança jusqu'à ce que celui-ci soit coincé dos contre le mur. Il posa ses mains à plat contre le béton et appuya son bassin sur celui de Tom. Il fit pivoter ses hanches de droite à gauche, espérant relancer l'excitation de son amant mais le blond posa une main sur sa poitrine pour tenter de le repousser encore. Il leva vers Tom un regard larmoyant et se mordit la lèvre inférieure avant de lui dire, suppliant encore :

-Ne me repousse pas...S'il te plait...Fais moi l'amour, je te toucherais pas si t'en a pas envie, je te ferais rien si tu veux pas, et si tu veux te venger, fais-le. Fais moi mal si ça peux faire en sorte que tu m'en veuilles plus, mais je t'en prie...me repousse pas, j'ai trop besoin de toi...je t'aime trop, Tom...Me laisses pas...

A ces mots, Tom perdit le peu de volonté qu'il avait, Bill continuait de se frotter à lui et il sentait qu'il bandait. Tellement que c'en devenait douloureux. Il passa un bras dans le dos du brun, le colla un peu plus à lui et s'empara de sa bouche fiévreusement. Un baiser fort, intense, passionné. Un baiser au goût de la colère aussi. Celle de Tom, d'avoir été maltraité. Il aimait tellement Bill, avait tellement envie de lui mais lui en voulait tellement encore...Une partie de lui voulait lui faire mal en retour, pas de la même façon, non, mais assez pour apaiser son mal à lui. Il remonta sa main dans les cheveux de Bill et tira dessus pour lui pencher la tête sur le côté un peu plus et appronfondir encore plus le baiser. Il fit glisser ses lèvres dans le cou du brun et le mordit durement, provoquant une plainte, avant de passer sa langue sur la peau maltraitée. Bill se sentit durcir un peu plus à cette brutalité qui lui plaisait.

Il repoussa les pans de la chemise qu'il avait déchirée, parcourut de ses doigts tout le torse frémissant et plongea la tête dans le cou du blond, inspirant à pleins poumons son odeur qui le rendait encore plus fou. Il lécha sa gorge, embrassa et suça la moindre parcelle de peau qui s'offrait à lui, pendant qu'il essayait d'enlever une manche de la chemise par des gestes désordonnés. Le blond avait le coeur qui battait un peu trop vite, trop de sentiments mélangés, mais le moment était intense aussi, un côté de lui voulait se laisser aller.

Bill était aux anges, il aurait pu mourir comme ça, il en aurait été heureux. Il essayait de mettre le plus de passion possible dans ses gestes. Il l'aimait tellement, il lui avait tellement manqué et ne pouvait se résoudre à croire qu'il l'avait perdu, parce qu'il sentait le blond perdre pied sous ses caresses et ses baisers, il en était fier, c'était lui qui rendait Tom comme ça, lui et personne d'autre. Lui-même était comme transporté, il se cambrait contre Tom, en quête de plus de contact et essayait d'aider le blond à lui retirer sa chemise sans décoller leurs bouches. Leurs gestes devenaient précipités, l'autre leur avait tellement manqué qu'ils eurent de plus en plus de mal à faire passer de la douceur dans leurs caresses. Tom le serrait de plus en plus contre lui et finit par retirer, ou plutôt arracher, sa chemise qui finit misérablement à terre.

Le blond le fit reculer et le tira après lui, serrant fort son poignet entre ses doigts. C'est d'une voix rauque qu'il lui dit :

-Viens avec moi...

Bill n'opposa aucune résistance, il suivit Tom qui les mena d'un pas pressé dans sa chambre. A peine passé le seuil, il se retourna vivement repris le brun contre lui, il ne pouvait plus attendre pour regoûter sa bouche de nouveau, il était comme en manque et se jeta sur les lèvres que Bill ouvrit instinctivement, se laissant posséder par la langue de Tom qui explorait chaque recoin de sa bouche. Le blond sentit bientôt des mains tremblantes défaire son pantalon et il retira les mains de Bill de sa ceinture pour déshabiller le brun en premier. Il fut très rapidement nu devant Tom qui se calma d'un coup. Inexplicablement. Ils étaient toujours debout, presque à côté du lit, et le brun dévorait du regard le torse sur lequel il fit glisser ses doigts. Il regardait les bleus étendus un peu partout et son coeur se serra de nouveau. C'était lui qui avait fait cela. C'est avec plus de douceur qu'il s'empara de la bouche de Tom, reculant en même temps pour se laisser tomber sur le lit, le blond le surplombant. Celui-ci se sentit encore plus excité en sentant le brun presque nu sous lui, alors qu'il portait encore son pantalon. Il attrapa les bras de Bill et les bloqua au-dessus de sa tête d'une seule main. De l'autre, il abaissa son boxer, penchant la tête pour l'embrasser durement encore. Bill se laissait complètement faire. Totalement dominé. Il adorait cela, il sentait la fermeté et la colère dans les gestes de Tom et il aimait cela. Le blond avait conscience d'être un peu trop dur mais il ne pouvait s'en empêcher. Toute sa colère, toute sa rancoeur, toute son incompréhension ressortait comme ça. Il allait faire l'amour à Bill, avec passion mais savait d'avance que ça allait être un peu brutal. Il en avait besoin aussi. Pas pour se venger, non, se disait-il, ou peut-être que si, finalement. Pour faire comprendre à Bill « je t'aime mais tu m'as fait mal...Comment tu as pu ? A ton tour maintenant, je t'aime et je vais te faire mal... ». Trouver un exutoire à toute cette pression. Laisser sortir tout ça...

De son côté, le brun ne se plaignait pas. Il était nu sous son amant encore habillé et ça lui plaisait hautement. Il avait encore plus l'impression d'appartenir à Tom comme ça, il lui était totalement soumis. Son trop plein d'amour se manifesta de nouveau par un infime tremblement. Il ressentit soudain le besoin de savoir à quel point Tom l'aimait, à quel point il avait besoin de lui et pendant que celui-ci enfouissait sa tête dans son cou, il parla en gémissant :

-Tom...Tom est-ce que tu m'aimes ? Est-ce que tu me veux encore ?

Tom n'hésita pas un seul instant, il était totalement étourdi par l'odeur de Bill, sa peau, sa voix envoutante, son corps qui frémissait sous ses mains. Il répondit entre deux baisers :

-Je t'aime Bill, je t'ai toujours aimé. Depuis le début. Et je t'ai voulu de suite, je te veux toujours. Je te voudrais toujours.

Il parsema son visage de petits baisers, ne cessant de murmurer « toujours » sur sa peau. Le brun n'avait plus aucune notion, il était complètement en extase, Tom l'aimait toujours...Tom le voulait toujours, sinon plus encore...Rien n'était plus important, hormis le corps chaud qui le recouvrait et la bouche humide qui l'honorait. Il s'abandonnait totalement dans les bras de Tom qui lui-même se sentait envahi de toutes parts par l'amour et l'envie. Il n'eut même pas conscience qu'il gémissait des paroles parfois incohérentes. Il suçota l'oreille du brun et retraca le contour avec sa langue, lentement, s'émerveillant de sentir son amant trembler un peu plus contre lui. Il n'eut même pas conscience de ce qu'il lui dit quand il souffla à l'oreille de Bill :

-Mon amour...J'ai tellement envie de toi...Je t'aime tellement...Tu m'as manqué...

Le coeur de Bill rata un, même plusieurs battements, il en eut les larmes aux yeux, trop de plaisir, trop de joie, trop de passion. Tom était à lui, définitivement à lui...Il l'avait récupéré...C'était sa seule pensée. Il avait récupéré celui qu'il adorait et il était en train de faire l'amour avec lui...Ca valait tout l'or pour lui. L'intensité de son amour lui fit horriblement mal, serrant son coeur de nouveau, accélérant sa respiration, faisant tourner sa tête violemment, et il aima cette douleur...Elle le déchirait de partout, autant moralement que physiquement puisqu'il avait réellement l'impression de suffoquer, mais cette douleur, il la chérissait, elle le faisait sentir vivant. Il en avait besoin, il ne pourrait plus jamais s'en passer. Il n'avait jamais aimé comme cela, il n'aimerait plus jamais comme ça. Ce sentiment, ces émotions, ces sensations, seul Tom pouvait les lui apporter. Il ne le lâcherait plus jamais...Et il réalisa aussi soudain qu'il ne se laisserait jamais lâcher non plus...

Il dégagea ses mains retenues dans celle du blond et les avança de nouveau pour retirer le pantalon et le sous-vêtement de Tom qui se laissa faire. Maintenant ils étaient nus tous les deux. Et Tom commença à donner quelques coups de bassins, faisant se rencontrer leurs sexes durs, leur tirant des gémissements sans fin. Bill enroula une jambe autour du blond et celui-ci pencha la tête en avant pour lui mordre l'épaule. Bill en grimaça de douleur et de plaisir mais ne dit rien. Que Tom lui fasse mal, si ça pouvait le faire aller mieux...Il pouvait supporter cela.

Le blond s'arrêta soudain et se releva pour prendre le lubrifiant dans son tiroir de table de nuit. Sans un mot, il tira sur le poignet du brun pour le relever et le retourna pour qu'il soit à quatre pattes. Bill ne disait toujours rien, il était grandement excité et aurait accepté n'importe quoi, pourvu que Tom ne s'arrêtat pas. Ce dernier mit du gel sur ses doigts et prit de l'avance en en mettant sur sa verge et, balancant le tube sur le côté, posa une main sur la croupe du Bill et enfourna directement deux doigts, sans aucune brutalité, mais sans aucune douceur. Quand il toucha sa prostate, Bill cambra le dos. Il ne laissa pas ses doigts longtemps et les retira bien vite pour attraper les fesses du brun à pleines mains et les ouvrir au maximum. Il appuya son gland contre l'entrée intime de Bill et pénétra d'un coup sec. L'androgyne gémit longuement et cambra un peu plus le dos. Il avait fermé les yeux et n'avait conscience que du sexe de Tom qui entrait et sortait en lui rapidement et profondément. Il se releva légèrement pour attraper la tête de lit des deux mains et se retrouva donc presque à genoux. Il serrait fort le bois entre ses doigts et humidifiait sans arrêt ses lèvres devenues trop sèches à force d'haleter, tout comme sa gorge. Tom serrait ses hanches de ses deux mains, le brun pouvait sentir ses doigts profondément ancrés dans sa peau. Il le sentait claquer sèchement son bassin contre ses fesses et à chaque pénétration, Tom serrait un peu plus les doigts.

Une de ses mains le relâcha et vint agripper fermement une pleine poignée de cheveux pour l'attirer à lui et tourner sa tête un peu de côté pour l'embrasser férocement. La langue de Tom vint se fourrer dans sa bouche, l'étouffant presque et il sentait le souffle brûlant que le blond expirait par le nez. Puis, Tom relâcha ses cheveux pour caresser son épaule, passant sa main par devant sur son torse et descendre jusque son ventre qui se contracta sous la caresse. Les accoups étaient rudes, de plus en plus brutaux, le dreadé avait carrément passé un bras autour de son amant pour le retenir fermement contre lui pendant que de l'autre main il s'appuyait au montant du lit pour garder l'équilibre. Il lâcha le bois pour empoigner le sexe de Bill et commença à le masturber furieusement, mordant son cou et son épaule par moment. Des gémissements, Bill était passé aux cris, tout ce qu'il pouvait prononcer c'était :

-Oui...Vas-y, Tom...Laisses-toi aller...Oui...Prends-moi plus fort si tu veux...

Et Tom redoublait d'ardeur. Il allait plus vite, plus fort, plus profond, retenant contre lui le corps qui partait vers l'avant, cognant presque dans le bois du lit. Bill ripostait en balançant ses hanches vers l'arrière, à contre-sens des accoups du blond. La main qui le branlait n'allait pas tarder à le faire jouir, il se sentait se crisper de plus en plus et dans son bas-ventre un tiraillement chaud familier se faisait sentir de plus en plus intensément. Il savait que son orgasme allait être puissant, il avait été tellement excité, tellement en manque aussi, la façon dont Tom le prenait...Tout ça mélangé promettait une explosion mémorable. Tom fit encore quelques caresses rapides sur son sexe, il lança son bras vers l'arrière, agrippa la nuque du blond et serra en se cambrant contre lui et en jouissant dans sa main.

Le dreadé ralentit quelques secondes, juste le temps de le laisser profiter de son orgasme et quand il sentit le corps de Bill se relâcher, il mit une main dans le dos du brun pour le repencher pour qu'il soit de nouveau à quatre pattes et augmenta la cadence, sentant la sueur dégouliner dans son dos et sur son front. Il sentait le brun trembler sous lui, et flageoler, il dut le retenir plus fermement pour ne pas qu'il se laissa tomber sur le ventre. Bill n'était plus qu'une épave gémissante, abruti par son orgasme qui avait été puissant. Puis, Tom le pénétra encore, poussant vers le haut et sentit le brun resserrer fortement son anus autour de lui. Il donna un dernier violent coup de bassin et pendant qu'il griffa violemment tout le long du dos du brun, il jouit dans un grand cri le prénom de son amant qui le sentit trembler violemment contre ses fesses.

Tom retomba dans son dos essouflé, écrasant un peu Bill qui se laissa lui aussi tomber à plat ventre sur le matelas. Quand le dreadé se dégagea, il se retourna pour s'emparer de sa bouche et coller son corps contre celui de Tom. Tous deux manquaient d'air, tous deux avaient chaud, étaient exténués, mais ça avait été foutrement jouissif pour tous les deux. Il semblait à Bill que leur relation venait de prendre une tournure nouvelle. Il s'était laissé totalement dominé, encore plus que d'habitude. Il avait pensé faire l'amour à Tom pour se faire pardonner sa brutalité envers lui, pour lui montrer qu'autant il lui avait fait du mal, autant il pouvait lui faire du bien. Mais le blond avait décidé autrement.

De son côté, Tom se sentait comme...libéré. Oui, il avait toujours mal, oui il avait toujours des marques, oui il ressentait toujours un peu de colère mais la force et la rage avec lesquelles il avait pris Bill l'avait comme...un peu calmé. Ca lui avait fait du bien de se défouler de la sorte. Et maintenant que c'était fait, il se laissait glisser dans une douce torpeur, refusant de se lever pour aller prendre une douche, refusant de lâcher Bill, qu'il tenait fort tout contre lui.

Avant de perdre complètement conscience, il sentit que le brun s'endormait, il entendait sa respiration se faire régulière et lui-même se sentait partir. Néanmoins, dans un coin de sa tête, une vérité tournait, ils n'avaient rien résolu, ils n'avaient pas parlé, ils avaient juste repoussé...Et il savait que très bientôt, il allait falloir mettre carte sur table avec Bill. Avant que sa démence ne le reprenne.

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Comments :

  • chaos87th

    03/08/2011

    Et mettre carte sur table avec Bill va l'énerver encore plus.
    Tom s'est laissé trop facilement avoir par Bill. Je comprends pas qu'avec ce qu'il s'est passé il puisse lui pardonné, même avec tout l'amour qu'il lui porte.

  • Pucca97217

    12/09/2009

    Tu vois Tom il recommence à te crier après .

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    13/04/2009

    Hanlala Lalou, ça fait trop plaisir de te lire *-*...
    aprés mavoir fini mon p*tain d'exposé...

    Ce chapitre !
    Au départ j'étais trop anxieuse ...mais ton lemon m'a détendu , mdr! Ce que tu écris bien! *-*
    C'est fou quand même!
    Franchement Tom déconne quand même de se laisser aller comme ça! Mais on sent quand même qu'il a pris conscience du fait que Bill avait un problème! Même s'il n'a pas pu résister...d'ailleurs Bill n'écoute pas Tom lorsqu'il lui demande de s'arrêter...là aussi j'ai eu trés peur...mais finalemement, nan...oufff...
    Moi perso j'ai bien aimé que Tom soit plus brutal avec Bill...
    est-ce que ça va se poursuivre? Est-ce que ça va aller jusqu'à leur propre destruction mutuelle?
    Hienhein...la suite au prochain épisode:!: lol

    Nan mais perso, comme Bill a tué Georg ben il ne peut y avoir qu'une seule issue à cette fic...mais bon autant te dire que ça ne me réjouit pas leurs morts à tout les deux ou à l'un des deux...j'pense à Bill là surtout!

    Mais je m'éparpille *pour les com's structurés on repassera hein! >.<* donc uiii moi j'aime quand Tom brutalise Bill un chouilla...en plus là finalement Bill y a trouvé son compte, mais le fait est que si ça continue comme ça...peut-être les rôles vont s'inverser???
    Ahah! Autre question énigmatique...
    J'imagine trop du coup que se soit Tom finalement qui devienne le plus possessif des deux...mais bon là je crois plutôt que Tom était tellement triste et en colère qu'il a préféré passer outre la discussion...
    Du coup on l'aura au prochain chapitre???

    Hanlala chui trop fan...
    Merci encore pour ce chap'!

    Des Bisous!

  • nirvana-angelTH83

    13/04/2009

    kikoo!! =)
    ça fais un moment ke j'étais pas passé
    oui je veu kan mm savoir comment ça ce termine
    ça me trancassais trop
    kuss
    la puce
    et toi comment va-tu???

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