[Fiction] Passion Destructrice - Chapitre 11

Tom émergea doucement d'un sommeil lourd et mis quelques secondes pour se rappeler où il était, ce qu'il avait fait la veille et ce qu'il devait faire aujourd'hui. Il se souvint alors de Bill et remarqua que celui-ci n'était plus étendu à ses côtés. Il se redressa soudain et vit qu'il était encore nu sous les draps. Il enfila rapidement un boxer en se maudissant d'avoir dormi si longtemps, pourtant il s'était levé à l'heure, mais Bill avait fait plus vite que lui apparemment. Il avait filé ? Mais il fut content d'entendre le brun utiliser la salle de bains. Il arrivait devant la porte quand le brun l'ouvrit brusquement. Ils se regardèrent un instant et Bill lui fit un grand sourire, attrapa son bras pour l'attirer à lui et souffla un « salut » avant de l'embrasser délicieusement. Le blond apprécia le baiser quelques secondes avant de se rappeler qu'il fallait qu'il garde un minimum de contrôle, ils allaient devoir discuter, il le fallait, quitte à ce qu'il empêche le brun d'aller en cours et qu'il n'aille pas travailler. Il ne supporterait pas de passer une journée de plus comme ça. Il se détacha de son petit ami et dit :

-Si t'as fini dans la salle de bains, j'y vais. Je te rejoins dans la cuisine.

-Ok. Je vais aller faire le café, alors. Mais il va falloir que j'y aille, j'ai cours dans pas longtemps.

Tom se retourna et lança :

-Je sais mais...Bill...

Le brun qui était déjà dans le couloir se retourna et lui jeta un regard interrogatif, Tom continua, mettant le plus de fermeté dans son regard et dans sa voix :

-Avant il faut qu'on parle.

Il n'ajouta rien de plus et remarqua tout de même que la couleur avait disparu du visage de Bill, juste avant qu'il ne ferme la porte. De l'autre côté, Bill s'était effectivement figé. « Il faut qu'on parle » Ca n'annonçait rien de bon, ça. Il reprit le chemin de la cuisine et entreprit de faire le café distraitement pendant que ses pensées défilaient à toute vitesse. Parler ? De quoi ? Pourtant ils s'étaient réconciliés, il avait récupéré Tom, la preuve : ils avaient fait l'amour la veille et ça avait été intense, comme...avant. Tom lui avait dit qu'il l'aimait, qu'il le voulait, qu'il le voudrait toujours. Ils avaient pris beaucoup de plaisir. Alors Tom voulait parler de quoi ? Il n'allait quand même pas le plaquer après une nuit pareille, si ? A cette pensée, son visage se rembrunit. Et sa peur refit surface. Non, il ne se laisserait pas jeter comme cela. Hors de question. Hors de question qu'il soit sans Tom, ne fut-ce qu'un instant. Un fond de colère se mêla à tout ça. Tom aurait dû normalement avoir compris tout ça ! Il aurait dû avoir compris qu'il était à Bill, il n'y avait rien à discuter, ils avaient eu une dispute, ok ça avait un peu dérapé, mais tout le monde allait bien, et ils étaient de nouveau ensemble, c'était tout ce qui comptait et parler pour ressasser de vieilles rancunes n'allaient pas faire avancer les choses. C'est continuer comme ils avaient commencé depuis la veille, c'était ça qui allait sauver leur couple. C'est tout. Et pas autrement.

Il se faisait toutes ces reflexions en disposant la vaisselle et les choses dont ils auront besoin pour le petit déjeuner et la bonne humeur qu'il avait en se levant commençait déjà à partir en fumée. Peu après, le blond le rejoint lui aussi dans la cuisine et marcha directement vers la cafetière. Bill le regarda et demanda d'une voix étonné :

-Bin...Tu m'embrasses pas ?

Tom se retourna, fit un petit sourire, s'approcha de lui, déposa un petit baiser sur le bout de son nez en répondant :

-Si, Si ! Voilà.

L'androgyne se rembrunit un peu plus et marmonna :

-Ok. Je vois. C'est tout ce à quoi j'ai droit ?

Le blond nota qu'il s'était vexé et se pencha pour embrasser sa bouche. Mais Bill tourna la tête et dit aigrement :

-Non. C'est bon, Tom ! Je veux pas non plus te forcer ! Allez, déjeunons !

Tom voulut se gifler. Ca commençait mal, très mal. Il avait réussi à le vexer, juste avant d'avoir une discussion qui allait être déplaisante. Il s'assit en face de Bill et lui servit un peu de café. Le brun ne disait rien, il ne le regardait même pas. Ses lèvres étaient un peu pinçées et il appuyait son menton dans sa main, le coude posé sur la table. Il avança son pied et donna un petit coup amical dans celui de Bill en disant, un petit sourire hésitant :

-Hey ! T'es fâché ? Je voulais pas te vexer, tu sais !

Bill leva un regard froid sur lui et répondit :

-C'est bon, Tom, je t'ai dit. Alors ? De quoi tu voulais qu'on parle ? Vas-y, commence puisque c'est toi qui a des trucs à me dire apparemment ! Je t'écoute ! Qu'est-ce qu'il y a ?

Pour le coup, le blond resta sans voix. Bill avait attaqué le premier, d'une humeur moyennement mauvaise, alors Tom ne savait pas par où commencer. Et bien-sûr, la peur de mal dire, de mal faire, d'en dire trop ou pas assez, de l'énerver, de le blesser, tout ça tournait dans sa tête et le faisait sentir mal à l'aise. Voyant que Tom restait silencieux, Bill croisa les bras sur sa poitrine, appuyant son dos contre le dossier de sa chaise et répéta, le fixant dans les yeux :

-Alors ? Vas-y, je te dis ! Je t'écoute ! Parles !

Son ton cassant fit accélérer le coeur du blond qui ne sut plus quoi dire. Il baissa simplement la tête dans sa tasse, la touillant pour se donner une contenance et se maudit en entendant sa voix n'être que murmure quand il répondit :

-Non, non. Rien. Rien du tout en fait.

Bill n'insista pas plus. Tom avait toujours le nez dans sa tasse, et s'insultait copieusement de ne pas être plus courageux. Mais le fait était qu'il avait peur. Bill avait perdu sa bonne humeur, et ça ne lui disait rien qui vaille de lui parler alors qu'il avait l'air si fâché. Ca se passerait mal, il savait que ça se passerait mal. Comment parler de leur relation, de la tournure qu'elle avait prise, de la violence de Bill, alors qu'il était déjà braqué ? Il ne pouvait s'empêcher de penser « je vais en prendre pour mon grade... ». Et ça, pas question. Il était là pour aider le brun, parce qu'il l'aimait, parce qu'il voulait être bien avec lui, il n'était pas là pour l'énerver un peu plus.

De son côté, intérieurement, Bill jubilait. Il avait réussi à repousser l'échéance. Il avait bien noté comment Tom s'était crispé quand il avait élevé la voix, mais cette fois, au lieu de lui faire de la peine, ça lui plût. Il sentait que Tom avait des choses à lui dire, des choses qu'il n'aimerait pas entendre. En étant sec, froid et cassant, il avait gagné un sursis. C'était évident, Tom ne parlerait pas, en tout cas pas ce matin. Bill n'avait pas voulu le bloquer comme ça, mais c'était ce qui s'était passé et il ressentit soudain un sentiment grisant de domination complète sur le blond. Il se sentait puissant comme le chef d'orchestre qui dirige une mélodie toute entière, prenant la direction des rythmes, des nuances, des sons, de tout. Sa bonne humeur revint, mais il évita de le montrer, Tom serait fichu de vouloir parler de nouveau. Là, au moins, le blond se taisait.

Bill ne s'aperçut pas combien il était devenu calculateur, manipulateur, machiavélique. A aucun moment. Il était aveuglé par son amour immense et sa peur constante d'être abandonné. Et il ne comprenait pas pourquoi le blond tenait tant à lui parler. C'était pourtant simple, s'il se tenait correctement, s'il respectait Bill, celui-ci n'aurait pas à se fâcher, c'est tout. C'était au blond de faire les efforts, lui il n'avait rien à se reprocher, d'ailleurs quand Tom se comportait correctement, ça allait très bien entre eux. Il suffisait qu'il comprenne qu'il appartenait à Bill, parce que le brun n'avait jamais aimé comme ça. Il ne s'était jamais abandonné de la sorte, il n'avait jamais pris autant de plaisir avec quelqu'un. Et il ne connaitra plus jamais ça, avec personne d'autre. Pour Tom aussi c'était pareil, il lui avait dit une fois, que c'était la première fois qu'il était aussi amoureux, aussi comblé, que tout était parfait, que Bill le rendait tellement heureux. Alors parler pour dire quoi ? Ils connaissaient et vivaient déjà l'essentiel vital, c'était assez.

De son côté, Tom se sentait petit. Petit et misérable. Lâche et peureux. Ecrasé et vaincu. Dominé...C'est le seul sentiment qu'il ne voulut pas s'accorder. Dominé. Doucement, la rancune se mêla à la rage et à l'amour. Il en voulut à Bill de ne pas comprendre, de ne pas vouloir comprendre, il s'en voulut aussi de ne pas savoir lui tenir tête. Comment Bill pouvait lui dire qu'il l'aimait, et le laisser ressentir tout cela sans faire quoi que ce soit pour y remédier ? Comment faisait-il pour trouver tout ça normal ?

Toujours est-il que ce matin, ils en étaient au même point que la veille. A la différence près qu'ils avaient fait l'amour. Non, même pas. Ils avaient baisé. Lui, l'avait baisé. Et ça avait été bon, inutile de nier, il avait aimé. Il s'était senti pour une fois, au-dessus de Bill, plus fort, plus puissant, plus directif, plus dominant...Et il avait aimé...

Ses pensées furent interrompues par la voix de Bill :

-Tu veux encore un peu de café ?

Il sursauta encore et Bill le remarqua. Il fronça les sourcils et demanda :

-Bon, Tom, tu vas sursauter chaque fois que je te parle ou quoi ?

Tom leva un regard confus vers lui :

-Je...j'étais un peu plongé dans mes pensées. C'est rien.

-Bin dis-moi donc ce qui te tracasse ! Qu'est-ce que tu as ?

-Rien, je te dis. Bon, je te dépose ?

Bill hocha la tête et ils se levèrent de table, au moment de passer devant le brun, ce dernier l'attira à lui par le poignet et l'écrasa contre son torse, se jetant sur ses lèvres après avoir soufflé :

-Puisque tu me le donnes pas, je me sers moi-même.

L'androgyne entrouvrit les lèvres qu'il dévorait avec passion de sa langue, forçant le passage. Tom eut quelques secondes de non-réaction mais se laissa vite emporté. Bill resserrait ses bras autour de son cou pendant que le blond le plaquait contre lui un peu plus en appuyant une main dans le bas de son dos. Ce furent de délicieuses secondes pour tous deux. L'espace d'un instant, Tom oublia tous les griefs qu'il avait, toutes les questions qu'il se posait, tout ce qui perturbait leur relation, sa peur, sa honte, sa douleur. Comme toujours, Bill et sa sensualité l'avait troublé avec une facilité déconcertante. Il se rendit encore plus compte de sa faiblesse.

Pendant le trajet jusque l'université, Tom glissait quelques coups d'oeil furtifs de côté. Bill était souriant, l'air rêveur, sa main caressait la cuisse de Tom et il appréciait pouvoir profiter de petits moments comme cela. Tom était toujours avec lui...Ils étaient toujours ensemble...

Avant de sortir de la voiture, ils s'embrassèrent longuement, Bill serrant Tom contre lui par le col du tee-shirt. Ils se séparèrent, ayant prévu de se revoir le soir même, enfin, plutôt le brun l'ayan décidé d'un autoritaire :

-Je finis à 17h, viens me chercher. On ira prendre des vêtements pour moi, pour ce soir.

Et Tom accepta...

Ils se regardèrent encore un moment à travers la vitre de la voiture qui les séparait et Tom eut le coeur réchauffé par le sourire éclatant que Bill lui faisait. Un clin d'oeil, un dernier baisé envoyé sur le bout des doigts, un signe de la main, et il regarda le brun s'éloigner, se sentant fondre de tendresse.

Toute la journée, il ne cessa de penser à Bill. Souvent, les mouvements qu'il faisait réveillait la douleur qu'il avait toujours au dos, mais il évitait d'y penser. Témoignage de la folie de celui qu'il aimait. Non, il ne voulait pas du tout y penser. Il préférait se rappeler les yeux adorateurs que le brun avait quand il le regardait. Le sourire qu'il avait quand il voyait Tom. Comment il s'abandonnait dans ses bras, les yeux fermés, la gorge offerte, le corps vibrant et entièrement soumis à Tom...

Tout irai bien. Bill était descendu de la voiture souriant, de bonne humeur, toujours aussi amoureux, si ce n'est plus et lui, lui s'était senti encore plus amoureux devant le sourire du brun. Aucun doute, ils s'aimaient. Ils s'aimaient à en crever. Il avait peut-être eu tord de flipper bêtement comme ça. Parce qu'il était évident que Bill l'aimait, et même si ce matin il avait été un peu froid, il ne s'était rien passé de plus. Oui, il allait peut-être attendre finalement avant de lui parler. Il allait plutôt laisser le temps passer...

*Ellipse*

Deux semaines avaient passées. Deux semaines fabuleuses où tout se passait comme dans un rêve pour le blond. Bill était adorable, gentil, sensible, toujours aussi passionné et surtout normal. Tom s'était complètement détendu, et profitait de chaque instants passés avec lui. Maintenant, c'était tous les soirs que Bill dormait chez lui. Ils faisaient toujours autant l'amour, avec toujours autant de passion, de douceur et se donnaient mutuellement un plaisir indescriptible. Ils passaient de longues heures à rire et à discuter. Quand Bill avait fini les cours et Tom le boulot, ils se promenaient et parlaient, parlaient à n'en plus finir, de tout et de rien, retrouvant leur complicité du début, la renforçant, la dévelopant au point que Tom devenait encore plus dépendant de petits moments comme ça.

Il ne remarquait pas qu'il agissait exactement comme Bill le voulait. Il « se tenait à carreau ». Il ne se rendait pas compte à quel point il s'isolait des autres, ne vivant que pour et par Bill, étant avec lui dès que possible, faisant tout ce que le brun voulait, le laissant gérer leur emploi du temps à sa guise, le laissant le dominer entièrement...

Il baissait le regard involontairement quand ils marchaient, pour éviter que le brun ne croit qu'il regarde quelqu'un. Il ne souriait à personne quand ils étaient ensemble, répondant à peine à son téléphone et l'éteignant carrément le soir quand ils étaient chez lui. Même pendant que le brun était en cours, Tom n'allait plus voir ses amis. Georg lui manquait, il avait bien d'autres amis qu'il aimait beaucoup et qui continuaient de l'inviter et de l'appeller mais il les évitait. Il avait été invité à des fêtes, avait failli en parler à Bill pour qu'ils y aillent mais renonça rapidement. A la place, il commanda un dîner chez un traiteur et organisa un dîner aux chandelles, mettant les petits plats dans les grands. Il avait été largement récompensé quand il vit son petit ami presque les larmes aux yeux, montrant sa reconnaissance en étant encore plus doux, encore plus câlin, encore plus démonstratif. Et quand ils entrèrent dans la chambre ce fut encore plus intense. Un véritable feu d'artifice. Une explosion haute en sons et en couleurs. Ca avait été encore plus que ça. Tom se félicita d'avoir zappé la soirée pour la passer avec Bill. Bill avec qui il s'entendait si bien depuis un moment qu'il en avait presque oublié la « mauvaise passe », comme il l'appelait, qu'ils avaient traversée.

Alors, il eut une idée. Ils étaient si bien tous deux, ça se passait à la perfection quand ils restaient que tous les deux qu'il voulut organiser un petit week-end. Il avait pensé à louer une jolie chambre dans une auberge magnifique à la campagne et il ne regretta pas son choix. Bill en pleura de joie. L'auberge était charmante, le paysage magnifique, ils visitaient un peu partout, riant, discutant toujours beaucoup et ils s'étaient fait l'amour avec toujours autant de plaisir. La perfection. C'est le seul mot qui venait à l'esprit de Tom. Bill avait vraiment changé, non, il était redevenu le Bill du début, alors il ne l'en aimait que plus. Ils avaient donc passé un week-end idyllique. Ils étaient heureux, amoureux, ils s'entendaient à la perfection, tout laissait prévoir que ça serait encore meilleur. Le pire était derrière eux. Bill parlait même de le présenter à sa maman, chose qu'il refusait de faire jusqu'à maintenant. Oui, le pire était derrière eux.

Ils avaient recommencé une nouvelle semaine, après la surprise fabuleuse de Tom, et on était déjà mercredi. Bill était bien-sûr venu dormir chez Tom, à la demande expresse de ce dernier. Le brun avait suggéré qu'il reste un peu chez lui, pour passer une soirée avec sa mère, chose qu'il n'avait pas faite depuis longtemps, mais le blond l'avait supplié de venir, l'amadouant avec des regards de chien battu et des baisers mouillés dans son cou, le serrant de plus en plus fort contre lui. Bill, éperdu, ravi de noter autant d'empressement, d'amour et d'envie, dit oui.

Ils étaient affalés dans les coussins du canapé confortable, regardant sans grand intêret le film du soir, préférant se donner quelques caresses légères et beaucoup de bisous. Bill était blotti contre Tom, la tête posée sur ses cuisses et le blond se penchait régulièrement pour lui déposer sur la bouche des baisers brûlants. Nul doute que le reste de la soirée allait être chaud !

Soudain, le téléphone portable de Tom sonna, sur la table basse, les surprenant tous deux. Le blond se pencha en maugréant à intintelligible voix, il croyait pourtant l'avoir éteint ! Bill se releva assis pour qu'il puisse répondre un peu plus à l'aise. Quand Tom décrocha, il reconnut immédiatement la secrétaire comptable de son père, une femme très sympathique avec qui il travaillait dès fois, ils s'entendaient très bien. Elle lui expliqua vite fait qu'elle était resté tard ce jour-là, l'inventaire se préparant, et qu'elle avait remarqué qu'il avait oublié de prendre avec lui l'enveloppe de chèques à déposer à la banque. Tom se mit une grande claque sur le front :

-Merde ! C'est vrai, je l'ai oublié !

-Ecoutes, je peux la prendre avec moi, et demain matin j'irai la déposer, avant de venir bosser ? A moins que tu préfères le faire toi-même ? Mais bon, si ton père arrive tôt demain et qu'il voit l'enveloppe, il va râler...

-Ouais, t'as raison. Ca te dérange pas de le faire ?

-Non, pas du tout. On fait comme ça, alors. Je la prends avec moi ce soir et j'irai la déposer demain matin.

-Ok, super ! Merci beaucoup, t'es un amour !

La femme rit un peu et après s'être salués, ils raccrochèrent. Tom éteint directement son téléphone et se tourna vers Bill. Il remarqua de suite que celui-ci était assis, dos droit, figé, l'expression impassible. Il ne comprit pas du tout pourquoi il le retrouvait comme cela. Ce dernier prit la parole, la voix serrée :

-Euh... « T'es un amour » ?

Tom se figea lui aussi. Ca lui avait échappé, il connaissait la femme depuis longtemps, ils avaient l'habitude de se parler comme ça. Il regarda Bill dans les yeux et nota le regard qui s'assombrissait :

-Ouais, façon de parler. J'ai oublié l'enveloppe de chèques à déposer à la banque et elle va le faire pour moi. C'est tout.

Le brun mit quelques secondes avant de reprendre la parole :

-Et... « merci », ça suffisait pas ? Tu pouvais pas juste lui dire « merci » ?

Tom resta sans voix. Il le sentait s'énerver un peu. Il ne savait pas quoi répondre. Bill se leva du canapé et alla dans la cuisine. Tom se leva à son tour et marcha rapidement à sa suite, l'appelant :

-Hey...Bill ! Tu vas pas t'énerver pour ça ?! C'est juste-

Il fut coupé en pleine phrase. Au moment où il attrapait son épaule pour le tourner vers lui, Bill se retourne et lui administra une gifle retentissante qui lui fit voir un million d'étoiles, rejettant brusquement sa tête sur le côté. Il fut trop surpris pour dire quoi que ce soit. Il porta sa main à sa joue et leva le regard sur son petit ami qui le regardait, les mains sur les hanches, le regard encore plus noir. Oui, Bill était furieux. Il dégageait tellement de colère que toutes les peurs de Tom, enfouies quelque part depuis un bon moment, refirent surface et l'envahissant tout entier. Il était en colère aussi. En colère de s'être pris cette baffe humiliante. Alors, pour ne pas que Bill ait d'autres idées malheureuse, il lança son bras en avant et resserra ses doigts autour du cou de Bill, l'attirant à lui. Il vit de suite l'éclair de colère être remplacé par la crainte dans les yeux de l'androgyne. Il resserra un peu plus ses doigts sur la gorge et lui feula au visage, mâchoire serrée :

-Putain, Bill ! Arrête...Arrête de me faire mal...

Et il écrasa violemment sa bouche sur celle charnue du brun, le tenant toujours par la gorge tandis que celui-ci essayait de décrocher les doigts de son cou. Tom ne serrait pas trop fort non plus, mais suffisamment pour lui faire un peu mal. Et cette fois encore, le blond se sentit un peu plus puissant, un peu plus dominant. Plus il serrait, plus Bill se ramollissait contre lui.

Tom l'embrassait de plus en plus fort, il lâcha sa gorge pour passer un bras derrière son dos et de son autre main, il agrippa ses cheveux pour lui pencher la tête brutalement en arrière et le mordre dans le cou, sans aucune douceur. Bill gémit de plaisir et se resserra contre Tom un peu plus. Ce dernier le fit reculer, jusqu'à l'acculer contre le mur du couloir et releva une de ses jambes contre sa hanche, lui donnant de suite de grands coups de reins, faisant se rencontrer leurs sexes durement, à travers leurs sous-vêtement. Plus il était dur et brutal avec Bill, plus celui-ci se calmait dans ses bras. Il n'était plus capable de rien, ni de s'énerver, ni de protester, il se laissait juste faire. Tom dégageait tellement de force, de pouvoir, de sensualité et d'assurance qu'il se sentait comme tout petit, en face. Tout petit et à sa merci.

Le dreadé le souleva en passant ses mains sous ses fesses et le brun ne put que nouer ses jambes autour de sa taille. Le blond les dirigèrent tous deux à l'aveuglette jusque sa chambre, rapidement, et Bill arquait son corps contre celui de Tom, grognant quand il sentait ses dents se planter dans la peau de son cou. Il se vit balancer sans ménagement sur le lit de Tom qui se jeta sur lui pour lui retirer les vêtements qu'il portait. Il fut bien vite nu. C'était le blond qui dirigeait les opérations, sans parler, le visage sévère et le regard dur. Ils étaient tous deux très excités aussi et Tom, dans un coin de sa tête, était ravi d'avoir trouvé de quoi détourné l'attention de son amant de la colère qui menaçait d'être encore terrible. Oui, il allait se venger de cette baffe qu'il n'avait pas vu venir...

Il n'avait effectivement rien vu venir, ces dernières semaines avaient été fabuleuses, rien ne laissait supposer que Bill avait toujours un problème...

Alors, pendant qu'il baissait les yeux sur le corps de Bill qui tremblait déjà contre le matelas, il se dit qu'il allait de nouveau lui faire mal. Il se déshabilla tout aussi rapidement et abaissa son corps sur celui de son amant qui avait ouvert grand les cuisses. Bill ne put s'empêcher de demander, dans un dernier éclair de lucidité, la voix avec un peu d'appréhension :

-Tom...lubrifiant...

Tom ne répondit pas, il serrait toujours les dents. Il écarta un peu plus les cuisses du brun avec son genou et se glissa entre elle, prenant quand même la peine d'enduire son sexe de salive avant. Il se dirigea d'une main vers l'intimité de Bill et pendant qu'il le pénétrait assez sèchement il vint dire à l'oreille de Bill :

-Arrêtes de me faire mal...

Et il entama de suite de brutaux va et viens, faisant gémir le brun sous lui, de douleur et de plaisir. Il cognait régulièrement dans sa protaste et ses doigts serraient ses hanches avec force. Bill noua ses jambes autour de lui et ondula sensuellement de façon à le prendre encore plus loin, encore plus profondément en lui. Il avait mal mais c'était extrêmement bon. Ils prenaient énormément de plaisir tous deux. Ce qui plaisait le plus à Tom, c'était de sentir comment Bill s'était radoucit, calmé. Il avait vu la peur dans son regard, quand il l'avait attrapé par la gorge. Et là, c'était lui qui menait la danse.

Il pillonnait durement le brun, dont le corps s'enfonçait dans le matelas à chaque à-coups. Bill avait attrappé les fesses de Tom d'une main et enfonçait un peu ses ongles dans la chair, le faisant grogner dans sa bouche et le faisant redoubler d'ardeur. Ils avaient chaud, ils transpiraient depuis un moment déjà, la chambre sentait la sueur, le sexe et l'amour. Parce qu'ils s'aimaient aussi. Ils s'aimaient et ne se rendaient pas compte qu'ils se détruisaient. Ils s'aimaient et se faisaient du mal...

Mais là, tout ce qui leur importait, c'était d'aller encore plus haut dans le plaisir, Tom était encore plus bestial, il ne cessait de tirer les cheveux de Bill, de le mordre dans le cou ou l'épaule et le brun gémissait, gémissait sans relâche, ne sachant ce qui dominait le plus comme sensation chez lui, la douleur ou le plaisir. En tout cas, plaisir il y avait. Et immense. Ils sentaient tous deux dans leurs ventres le feu gronder, annonciateur d'un orgasme dévastateur imminent.

Ils ne s'embrassaient pas, Tom n'embrassait pas Bill. Il regardait le visage luisant de sueur de son petit ami et donnait les plus forts coup de reins qu'il pût. Il se retira pour se mettre à genoux entre les jambes de Bill et, soulevant ses hanches il le pénétra de nouveau, toujours à genoux, s'enfonçant sans aucune pitié dans le corps fin qui tremblait de plus en plus. Il maintenait les cuisses ouvertes en les tenant par l'arrière des genoux et lâcha une jambe pour saisir le membre tendu douloureusement de Bill et commencer à le branler durement. Bill se tortillait sur le matelas, la tête roulant sur l'oreiller, il gémissait des paroles incohérentes et sa gorge était sèche de trop haleter.

Il cambrait sans cesse le dos et ouvrit furtivement les yeux pour regarder Tom, et fut largement impressionné par le regard meurtrier et chaud que celui-ci lui renvoyait. Ils se fixèrent pendant un moment, perdu entre réalité et plaisir trop fort pour être vrai et après quelques coups de reins de plus, quelques dernières caresses rapides sur le sexe de Bill, ils jouirent à quelques secondes d'intervalle.

Le blond se laissa lourdement tomber dans le cou du brun en haletant comme un damné, ça avait été une baise intense, jouissive, qui l'avait défoulé comme pas possible et surtout, surtout, Bill avait été calmé. D'ailleurs, il sentit celui-ci poser les mains de chaque côté de son visage et relever sa tête pour l'embrasser avec une douceur non feinte. Bill l'embrassa longuement, faisant passer tout son amour à travers ce baiser, complètement calmé et beaucoup plus doux.

Tom se laissa tomber sur le côté après s'être retiré du corps de son amant et il laissa Bill l'embrasser encore et encore doucement, amoureusement, lui caressant le visage et le dos, pendant que lui-même avait passé les bras autour du corps du brun. Entre leurs baisers, ils ouvraient les yeux et se regardaient et Tom était abasourdi de lire autant d'amour dans le regard qui le dévorait. Comme si...comme si Bill avait déjà oublié ce qui les avait amené à là.

Après s'être essuyé sommairement avec l'un de leur tee-shirt, ils s'endormirent l'un contre l'autre, Bill le premier, comblé, pendant que Tom restait les yeux grands ouverts dans le noir, ses craintes revenues et surtout de nouveau, ce sentiment dérangeant que rien n'était en fait fini, Bill n'allait pas mieux...Il allait vraiment falloir lui parler...

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Comments :

  • chaos87th

    03/08/2011

    On va dire que c'est la calme avant la tempête.
    Mais heureusement cette fois Tom a réussit à le calmé. Même si ce n'est pas la meilleur méthode.

  • Pucca97217

    12/09/2009

    Voila Tom reveille toi ne vous battez bats mais fait lui sentir que t'est pas sa chose.

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    13/04/2009

    Je le sentais que les rôles allaient en quelques sortes s'inverser...je l'avais dit dans le com' précédent.
    C'est marrant ça ce chapitre nous ferait presque 'je dit bien presque' oublier que Bill à tuer Georg...

    Pétard je crois que c'est bien la prmeière fois dans une fic que je ne saurais deviner ce qu'il va se passer dans le prochain chapitre. On ne sait pas. On ne sait jamais avec Toi...et c'est ça qui est bon...

    J'ai eu peur avec Tom au début lorsque Bill s'enerve directement dans la cuisine...et le pire c'est qu'on ressent son malaise...vraiment trés bien fais passé les émotions...

    Et puis Bill qui aime et qui a conscience de ce qu'il fait à Tom...putain c'est super stressant.

    Ensuite le lemon! *-* Niiiiiiiiiiiiiiii! C'est trop bien. (oui ça c'est objectif ==")
    Franchement je sais c'est pas bien, mais j'ai adoré lorsque Tom se révolte et qu'il fait peur à Bill en lui serrant la gorge. *-*

    Tout le reste est bien évidement que du bonheur lemonistique j'ai envie de dire...oui...j'invente des mots...

    Le summum c'est la fin quand même...lorsque Bill l'embrasse amoureusement...je trouve ça tellement beau...pourtant tout ceci est une sale histoire comme on dit...et pourtant...

    pourtant...on espère toujours comme si à chaque ligne qu'on lit de toi on attend que Tom se décide enfin à lui parler...ou même qu'il découvre enfin la vérité...pis comment il réagirait face à toute cete attrocité...

    Je sais je réfléchie ecore et toujours trop sur ta fic...mais hey! spa ma faute si tu écris si merveilleusement bien!*-*

    Des Bisous!

  • nirvana-angelTH83

    13/04/2009

    j'ai aimé ce revirement de situation, peu-t'etre que le drame n'es pas si inéluctable que ça, espéront-le
    et alors wouahhhh!!! quel lemon ébourifant!!! j'adore ^^
    kuss la puce

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