[Fiction] Passion Destructrice - Chapitre 13

Tom les regardait, un pied hors de sa voiture, la main sur la portière, prêt à bondir. Bill et Andréas se tenaient toujours l'un devant l'autre, le blond avait la main toujours posée sur sa joue et lui souriait tendrement. Puis le dreadé se dit qu'il n'allait pas y aller. Pourquoi faire ? Apparemment Bill avait déjà choisi, il n'était pas du genre à se battre physiquement pour garder quelqu'un, pas si la personne ne voulait pas rester. Et pourtant il se sentait capable de tout dès qu'il s'agissait de Bill, il ne se voyait pas sans lui, il ne voulait même pas l'imaginer. Il sentit sa rage laisser place à une tristesse indéfinie et décida de se remettre au volant et partir de là au plus vite. Pas question de regarder Bill embrasser quelqu'un d'autre. Pas question de voir comment il était en train de le perdre. Il en savait déjà bien assez. Il ferma un instant les yeux, réprima un sanglot, se sentit stupide et démarra comme un fou, s'éloignant dans un nuage de poussière. Il ne vit pas Andréas pencher un peu la tête pour embrasser le brun, il ne vit pas non plus Bill le repousser violemment et faire non de la tête, s'il était resté, il aurait compris aux grands gestes que Bill faisait qu'il engueulait le blond.

Parce que Bill n'avait eu nullement l'intention de se mettre avec Andréas, il avait accepté ce rendez-vous pour mettre les choses au clair avec lui, lui dire qu'il aimait Tom plus que tout et qu'il ne voulait personne d'autre. Et surtout pas lui. Il n'avait pas vu Tom dans le coin, il ne sut pas qu'au moment où il expliquait tout cela au blond, un autre blond, le sien, le vrai, le seul, était désespéré, croyant l'avoir perdu.

Tom était reparti, le c½ur en mille morceaux, tripotant sans cesse son téléphone, voulant appeler le brun, mais il se reprochait sa stupidité et se résigna. Bill ne voulait plus de lui ? Soit. Tant pis, il passera à autre chose. Juste après cette pensée, il essaya de ressentir s'il se sentait en paix, tranquille, indifférent, et eut de suite l'image de son brun souriant dans la tête et murmura pour lui-même :

-Qui tu espères tromper, Tom ? Tu l'aimes, tu le veux, ça va être le cas pendant encore longtemps.

Il jeta un coup d'½il dans le rétroviseur et se trouva le visage défait. Son image fut soudain remplacée par celle de Bill et il jura :

-Espèce de salaud !

Il regarda encore dans le rétroviseur, soulagé de reconnaître ses propres traits et soupira longuement :

-Putain, je deviens fou...

Il arriva chez lui, referma sa voiture et se dirigea vers son immeuble, tout ça en pilotage automatique. Ce fut quand il arriva dans le couloir de son étage qu'il se rendit compte qu'il avait à la main l'enveloppe qu'il devait déposer à la banque et qu'il avait prise machinalement avec lui. Il s'arrêta net et geint, complètement désespéré :

-Oh non ! Oh merde ! J'ai oublié d'aller à la banque ! Bon, faut que j'aille maintenant...

Il refit demi-tour et se reglissa au volant pour aller déposer la fichue enveloppe. Il avait la tête complètement chamboulée, l'esprit envahi par Bill, le c½ur douloureux. Il expédia l'affaire vite fait et dans la foulée reprit son travail au magasin de son père. Toute la journée passa comme dans un vague brouillard. A peine avait-il fait une chose qu'il ne savait plus ce qu'il avait fait avant. Il prenait souvent son portable, et constatait avec le c½ur serré qu'il n'y avait rien, aucun appel, aucun message de Bill. Il ne déjeuna pas le midi, préférant s'escrimer à la tâche, aidant les gars de l'entrepôt à dépoter les containers, aidant les caristes à transporter le tout, restant le plus possible avec les préparateurs à essayer de rire et plaisanter pour faire passer le temps plus rapidement. Ils devaient préparer certaines commandes, alors porter des charges lourdes, rendre son corps douloureux, c'était une aubaine pour lui. Avoir mal, pour ne plus penser. S'étourdir dans le boulot pour éviter de revoir dans sa tête Bill fermer les yeux au contact d'Andréas, et celui-ci pencher la tête pour l'embrasser, certainement. Bosser comme un dingue et faire semblant que ça va. Rire et plaisanter comme n'importe quel imbécile heureux. Il pouvait le faire, il essayait désespérément de le faire. Avec un goût amer dans la bouche.

Dans l'après-midi il était attendu dans le bureau de son père. Là non plus il n'était pas plus efficace. Il était penché sur l'épaule de son père, regardant un tableau que celui-ci lui montrait, avec des tas de chiffres, qui ne l'intéressait pas du tout, mais il faisait semblant, quand son regard tomba sur le haut de la feuille où quelques annotations en anglais avaient été apportées. Pourquoi en anglais, il n'en savait fichtre rien. Sauf que le mot « facture » était en anglais lui aussi. Et ça donnait « Bill ». Il devait être maudit, c'était pas possible autrement. Il était là, les yeux fixant le mot qui avait l'air de le narguer, il en était sûr, depuis un moment quand la voix agacée de son père lui parvint :

-Tom, il va falloir que je me répète combien de fois, aujourd'hui ? Tom !

Il cligna des yeux et répondit vaguement un petit :

-Je...Je t'ai entendu, papa !

Son père le regarda longuement, mi-furieux, mi-amusé, il avait bien remarqué que son fils était complètement ailleurs. Et il avait silencieusement noté que l'humeur de son fils dépendait beaucoup de sa relation avec Bill. Et là, il sentait qu'il y avait dû avoir un gros problème entre eux pour que Tom soit autant absent, mentalement. Il hésita à crier un peu plus, soupira et indiqua le siège en face de lui. Tom s'assit sans rien dire et reprit un visage neutre. Il attendait, malgré tout mal à l'aise de voir son père le détailler aussi longuement, sans un mot. Puis il l'entendit demander doucement :

-Ça va en ce moment, toi ?

Il hocha la tête et fit un grand sourire :

-Oui, bien-sûr !

Si son père fut étonné de cette réponse, il n'en montra rien. Il continua :

-J'ai pas cette impression. T'es ailleurs depuis tout à l'heure. C'est Bill ? Ça va pas ? Y a un problème ?

Tom tressaillit légèrement mais son père le remarqua. Il secoua la tête et répondit, toujours avec le sourire, sans savoir que celui-ci s'était transformé en grimace :

-Non ! Non, avec Bill, ça va aussi. Y a rien. Rien du tout. Rien de rien. Non, vraiment, ça va !

Il s'arrêta net, il trouvait sa suite de mots complètement inutile et sentait que ça laissait l'effet contraire. Il avait juste envie de partir, maintenant. Surtout que son père continuait, pas plus rassuré :

-Sûr ? Tu veux peut-être en parler ? Tu vois toujours Bill ? Vous êtes toujours ensemble ?

Gagner du temps. Gagner du temps et sortir de là. C'était tout ce qui tournait à l'esprit de Tom, à ce moment-là. Il rassura donc son père du mieux qu'il put :

-Oui, je le vois toujours. Je...j'ai pas besoin de parler. Avec Bill ça...ça va, ouais. Ouais, ça va.

Et plus il le disait, plus il essayait de s'en convaincre. Avec Bill ça va. Même si autre chose tournait toujours dans sa tête « Si je suis toujours avec Bill ? Si on est toujours ensemble ? J'en sais rien. Parce que tu vois, là, papa, il est avec son ex, alors qu'il aurait dû être en cours. Il est avec son ex, je les ai vu. Il m'a pas dit qu'il devait le voir. Il est avec son ex en ce moment même, dans ses bras. Et il ferme les yeux quand l'autre con le serre contre lui. Il ferme les yeux, papa, et tu vois, ça me fait un peu mal... » Pensée qu'il ne pouvait et voulait pas dire à son père. Jamais. Son père comprit bien qu'il n'en tirerait rien de plus. Il connaissait son fils, ils étaient assez pareils, sur pas mal de point. Et ils savaient cacher avec pudeur leurs douleurs. C'est ce que Tom tentait de faire en ce moment. Alors, il fit semblant de le croire, pour le décrisper un peu :

-Ok. Tant mieux, alors, si ça va. Parce que sinon, si tu veux parler, bin...tu peux venir me voir, ok ?

Tom hocha la tête et se leva de son siège, prêt à reprendre le travail, surtout ce qu'il voulait, c'était sortir de là, et son père lui fournit le meilleur prétexte en lui disant qu'il pouvait rentrer, c'était un peu plus tôt que d'habitude, mais qu'il n'avait plus besoin de lui. Le blond accueillit cette proposition avec reconnaissance et se retrouva en moins de temps qu'il faut pour le dire au volant de sa voiture, sur le chemin de son appartement.

Il y était depuis deux bonnes heures. Deux heures longues, très longues. Il avait grignoté quelque chose, finalement, sans faim, mais pour enfin calmer les gargouillis qui venaient de son estomac, prit une douche et essaye lamentablement de se détendre devant un film. Toujours pas de nouvelles de Bill. Et il n'avait pas appelé, non plus. D'ailleurs, à la réflexion, il se rappella qu'ils ne se sont pas appelés, à l'heure du déjeuner. Et c'est aussi bizarre que Bill n'ait pas cherché à le joindre plus que ça. Le visage de Tom s'assombrit encore plus quand il imagina que son brun devait être trop occupé pour se rendre compte qu'ils ne se sont pas appelés.

Pris d'un soudain accès de rage, il se lèva et alla à grands pas dans sa chambre récupérer un petit sac de voyage que Bill avait laissé là depuis un moment. Il a si souvent dormi là que quelques affaires à lui sont restées chez le dreadé. Et la seule pensée que Tom eut à ce moment, c'est que quand il allait avoir des nouvelles de Bill, ce serait sûrement pour que celui-ci lui annonce qu'il arrêtait tout pour se remettre avec son premier amour. Et qu'il récupérait toutes ses affaires. Et Tom ne se sentait pas capable d'entendre tout ça.

Alors il prit tout ce qui appartenait au brun, l'enfouit rapidement dans le sac et le posa près du fauteuil. Une bonne chose de faite. Ca abrégera les adieux. Il se rassit devant la télé et porta à sa bouche la bouteille de bière fraîche qu'il avait décapsulée. La cinquième depuis qu'il était rentré. Il se sentait un peu gris, un peu plus détendu, ou moins en colère, ou plus engourdi, il ne savait plus. Il ne cessait de revoir Andréas enlacer Bill et regrettait finalement de ne pas être descendu de voiture pour aller lui casser la figure.

Il s'en voulait d'avoir autant changé, il ne comprenait pas quand ni comment cette relation avait dérapé, il s'en voulait de ne pouvoir maîtriser ses émotions et de ne pas savoir comment réagir face à Bill. Parce que le pire dans tout ça pour lui, c'est qu'il savait qu'ils s'aimaient, énormément. Alors comment et pourquoi ils arrivaient à autant se déchirer et se faire autant de mal ? Depuis quand avait-il si changé ? Il détestait se sentir si confus et tellement pris dans ses pensées, il sursauta quand la sonnette retentit. Il regarda la porte d'un air hébété et ne réagit qu'à la seconde sonnerie. Il prit son temps pour aller ouvrir et eut un coup au coeur en voyant que bien-sûr, c'était Bill. Bill, qu'il trouva encore plus beau que d'habitude, encore plus attirant, encore plus souriant.

Mais le sourire de l'androgyne s'effaca quand il vit la mine défaite de son compagnon. Il entra et ne remarqua pas son sac près du fauteuil. Tom avait l'air d'aller mal. Il le regarda passer à côté de lui, sans le regarder et s'assoir dans le canapé, boire une gorgée de bière, toujours sans lever les yeux sur lui et toujours silencieux. Et le brun vit immédiatement les cinq autres bouteilles de bière vides. Que se passait-il avec lui ? Il vint s'assoir à ses côtés et demanda, inquiet :

-Tom ? Ca va ? Qu'est-ce qu'il y a ? C'est toi qui a bu tout ça ?

Le blond lui jeta un regard de côté et reprit sa fausse contemplation du film. Il avala le reste du liquide et dit :

-Oui. Ca va.

Etonnamment, Bill sembla se satisfaire de cette réponse. Il ne le croyait pas, mais là, il voulait juste parler à Tom, il voulait lui raconter qu'il avait vu Andréas, qu'il lui avait parlé. Il verrait après ce qui à l'air de tourmenter son petit ami. Pour le moment, il voulait juste se libérer de tout ça. Un peu hésitant, il se jeta quand même à l'eau :

-Tom...Il...il faut que je te parle. J'ai...j'ai quelque chose à te dire.

Tom tressaillit et ferma les yeux. Voilà, on y était. Le début de la fin. Il sentait son coeur s'emballer. Il priait mentalement pour que Bill se dépêche de dire ce qu'il avait à dire et s'en aille, loin, très vite. Parce qu'il ne supportait pas de l'avoir près de lui comme ça, il pouvait sentir son parfum, l'odeur de sa peau, de ses cheveux, et il n'avait qu'une envie, le basculer sur le dos dans le canapé et lui faire oublier toute envie de le quitter. Il sursauta encore une fois quand il sentit une main se poser sur son genou :

-Et ce que j'ai à te dire va pas te faire plaisir...Mais...Tom, regarde-moi, s'il te plait.

Alors il en eut soudain assez, il ouvrit les yeux et regarda durement le brun. Puis, sans un mot, il se leva et contourna le fauteuil, récupéra le sac contenant les affaires du brun et le déposa sur ses genoux. Bill ouvrit de grands yeux très étonnés, bouche grande ouverte et complètement interloqué. Qu'est-ce qu'il se passait donc ? Il reconnut bien-sûr de suite ses affaires et commença à trembler. Tom ne voulait plus de lui ? Il leva son regard sur son petit ami qu'il trouva encore plus défait, encore plus triste, un regard malheureux, mêlant colère et chagrin et la voix serrée qui débitait, pour ne pas qu'il l'interrompt :

-Je sais, Bill. Je sais. Pas besoin de détailler. Je sais tout. Je...je t'ai facilité les choses, y a toutes tes affaires, normalement il manque rien.

Bill se leva lentement et se mit face à Tom, dans l'incompréhension totale :

-Mais...c'est quoi, ça ? Ca veut dire quoi ?

-Je t'ai vu. Je vous ai vu.

Et devant le regard interrogateur de Bill qui avait aussi fronçé les sourcils il précisa :

-Toi et Andréas. Je vous ai vu, dans le parc, ce matin, j'ai vu qu'il te...que tu...alors voilà. Me raconte pas tous les détails. J'ai compris. J'ai bien vu que ces derniers temps tu...depuis qu'il est revenu tu...alors voilà. J'ai compris. Ouais, alors plutôt que tu me demandes tes affaires pour partir avec lui, je les ai faite. Je...alors voilà.

C'était tout ce qu'il était capable de répéter. Et Bill commençait lentement à comprendre. Tom l'avait vu avec Andréas et s'imaginait qu'il le quittait pour se remettre avec son premier amour ! Il lâcha le sac et se jeta dans les bras du blond, le serrant à l'étouffer, débitant contre son épaule :

-Idiot ! Non mais ça va pas ? Tu...Tu penses vraiment que j'allais te laisser pour aller avec lui ? Putain, dis moi que c'est pas vrai ? C'est vraiment ce que tu penses de moi ? J'étais venu pour t'en parler, justement !

Tom restait les yeux grands ouverts, peinant à comprendre ce qu'il entendait. Bill continuait de lui expliquer, se détachant de lui pour le regarder dans les yeux :

-Je l'ai vu ce matin, c'est vrai, mais c'était pour lui dire que je voulais qu'il me laisse tranquille. Pour lui dire que je t'aime toi, et personne d'autre, pour lui dire que je t'aime comme j'ai jamais aimé personne. J'aurais dû te le dire, c'est vrai, mais je voulais pas, tu serais venu, c'est sûr et j'avais besoin de lui parler, seul à seul. J'avais prévu de tout te dire ce soir. On s'est parlé et j'ai été en cours, après.

Tom était toujours abasourdi. Il essaya de prendre la parole, mais aucun son ne sortait. Il réessaya et réussit à articuler :

-Tu...Tu me quittes pas ?

Bill s'exclama, l'air horrifié :

-Non ! Bien-sûr que non, Tom ! Comment tu peux penser une chose pareille ? J'ai jamais eu l'intention de te quitter ! Je...Je suis désolé, je sais que j'ai été...perturbé depuis qu'il a réapparu, mais tu vois, c'est...le revoir ça m'a rappelé tout un tas de choses que je préfèrerais oublier. Pardon, Tom, je voulais pas te...Tu aurais dû me le dire !

Le dreadé sentit un immense soulagement parcourir tout son corps, il respirait mieux, enfin. Il attira Bill à lui et murmura dans ses cheveux :

-Putain, espèce de salaud ! Tu imagines pas la journée que j'ai passé ! Tu sais pas à quel point j'ai cru crever quand je t'ai vu dans ses bras ! Tu peux pas savoir le mal que j'ai ressenti toute cette putain de journée, à imaginer que...je t'avais perdu...

Il releva le visage de Bill et posa brutalement sa bouche contre la sienne, réclamant d'urgence un baiser pour apaiser tout le mal qu'il avait eu durant la journée. Ils s'embrassèrent longuement et Tom arrêta juste pour souffler :

-Putain, j'ai eu tellement mal, si tu savais...

Bill reprit sa bouche avec ferveur. Il le sentait trembler contre lui, même la main que Tom passait dans ses cheveux tremblait fièvreusement. Le blond n'arrêtait pas de l'embrasser, ne lui laissant aucune seconde pour respirer. Il s'arrêta juste quelques secondes pour chuchoter :

-Espèce de salaud...jamais, me fait plus ça...

Et de nouveau leurs bouches se cherchaient, n'arrivant pas à apaiser la soif de Bill que Tom avait. Il avait eu si peur, si mal, qu'il avait du mal à réaliser qu'il était là, dans ses bras, et qu'il allait rester avec lui. De son côté, Bill n'en revenait pas. Il savait Tom très amoureux, mais le voir dans ce sale état juste à cause de son imagination, lui prouvait encore plus son attachement et il en était plus que ravi. Il était complètement exalté. Tom avait cru le perdre et s'était torturé mentalement pour rien. Puis, il réalisa tout doucement ce que Tom lui avait dit « Je vous ai vu... ». Il sentit un léger agacement commencer à gronder en lui. Il leva un sourcil en regardant Tom :

-Dis, comment ça se fait que tu nous aies vu, toi ?

Les joues du blond prirent une teinte rosée et il répondit sincèrement :

-Je...t'ai suivi. Tôt ce matin. Quand j'ai vu que c'était lui que tu rejoignais, je t'ai appelé.

-Tu...Tu veux dire que tu nous regardais, quand je t'ai eu au téléphone ce matin ?

Tom hocha la tête. Il voyait la colère dans les yeux du brun, et cela ne lui disait rien qu'y vaille. Bill haussa la voix :

-Putain ! Quand est-ce que tu vas apprendre à me faire confiance, Tom ?

Ce dernier ne put s'empêcher de ricaner, malgré la peur qui grandissait en lui, comme toujours quand Bill s'énervait :

-Oui, c'est sûr, j'ai totalement raison de te faire confiance, on dirait !

Là, Bill se mit à crier franchement :

-T'es con, Tom ! Très con ! Tu sais que je t'aime, je t'aurais jamais fait un coup pareil ! Tu le sais, pourtant ! Comment tu as pu faire ça ? Tu...tu m'as espionné ? J'arrive pas à le croire ! Tu m'as suivi ? Et depuis quand tu fais ça ?

Le dreadé préféra mentir, sur ce dernier point :

-Je l'ai fait juste ce matin, je sais pas pourquoi. Et apparemment j'ai eu raison !

-Non, t'as pas eu raison, t'as imaginé ce que tu voulais bien ! Alors si t'as passé une mauvaise journée, c'est pas de ma faute, c'est de la tienne ! Tu te serais contenté d'aller bosser, rien t'aurait perturbé, je t'aurais parlé ce soir, et voilà, on aurait été tranquille ! Il a fallu que tu viennes mettre ton nez là où il fallait pas !

Bill criait toujours, et plus il criait, plus Tom se sentait mal. Ses épaules s'étaient affaissées, il commençait à baisser la tête. Il eut soudain peur de recevoir une gifle. Une gifle de plus. L'état du brun ne s'améliorait pas. Il était de plus en plus énervé :

-Incroyable ! En plus, t'avais préparé toutes mes affaires pour me jeter dehors, comme un malpropre ? Tu comprends pas que je t'aime et qu'Andi, j'en veux pas ? Tu m'as suivi, comme un vulgaire détective, tu m'as espionné ! J'ai horreur de ça, Tom, je t'assure j'ai-

Il fut coupé par Tom qui avait saisit le devant de son tee-shirt pour l'attirer à lui pour l'embrasser férocement dans l'espoir de le faire taire. Le blond passa une main autour de sa taille pour le serrer fortement. C'était la seule arme qu'il avait pour se défendre face à la colère de Bill. Et comme depuis peu, ça marcha automatiquement. Il l'embrassait durement, écorchant presque ses lèvres, le serrait fort, presque à l'étouffer et Bill se calma, instinctivement. Tom pouvait sentir le corps crispé et tendu se ramollir contre lui. Pendant un long moment, il tint Bill contre lui et se calma au fur et à mesure. Il adoucit son baiser, jusqu'à ce qu'il le sente gémir dans sa bouche et jusqu'à ce qu'il le sente complètement vacillant entre ses bras. Il se détacha de lui et frotta son nez contre le sien en disant :

-Ok. Ok, on oublie tout. On efface tout et on recommence, ok ? Y a plus d'Andréas, cette putain de journée va finir, t'es là, avec moi, c'est tout ce que je veux.

Bill hocha la tête, le regardant avec le regard remplit d'étoiles. Il avait noué ses bras autour de son cou et souriait tendrement. Tom le regardait aussi, toujours aussi ébahi de constater que son brun pouvait rapidement et facilement passer d'un état à un autre sur un simple claquement de doigt. Et malgré tout l'amour qu'il lui portait, il ne pouvait s'empêcher de se sentir soulagé à la parade efficace qu'il avait trouvée pour calmer la colère de son petit ami. L'embrasser et être « affectivement dur », c'est ce qui maîtrisait Bill. Pour le moment.

Ils décidèrent de passer la nuit ensemble, Bill avait prévenu sa mère qu'il restait dormir chez Tom, celle-ci protesta un peu, sachant très bien que le combat était perdu d'avance. Ils avaient dîné, pris une douche ensemble, Tom s'occupant amoureusement de son amour, lui lavant les cheveux avec douceur et attention, et ils s'étaient de nouveau installés au salon. Bill était assis, blottit contre le blond qui refusait de le lâcher. Ca avait été comme ça tout le long. Depuis qu'il savait que Bill n'avait jamais eu l'intention de le quitter, et avec tout ce qu'il avait ressentit toute la journée, c'était un baume pour son coeur meurtri de le sentir contre lui comme ça et il ne pouvait se résoudre à ne pas le toucher. Il avait désespérément besoin de ce contact.

Ils regardaient la télé et personne ne parlait. Bill sentait les mains de Tom lui caresser les cheveux, le dos, les bras, le visage. Le dreadé était enfin apaisé, immensément heureux, son amour était là, avec lui, contre lui, avec la ferme intention de rester. Il savait que leur relation était spéciale, bizarre, mais cette journée lui avait fait encore plus réaliser qu'il aimait Bill tel qu'il était. Et puis il pensait avoir trouvé de quoi calmer le brun si jamais celui-ci s'énervait. Tout allait bien. Tout irai encore mieux. Il savait qu'il fallait qu'ils parlent, il en avait marre de se dire que non c'était pas la peine, ou alors, oui il faut parler mais bientôt. Là, il avait eu tellement mal, qu'il ne voulait en aucun cas soulever une dispute. Ils parleraient. Un jour. Bientôt. La prochaine fois qu'il y aura un dérapage, si dérapage il y a, parce que Tom aimait penser que Bill allait bien et que c'était à lui de faire attention à ses gestes et ses paroles.

Bill somnolait un peu, se laissant envahir d'un bien-être indescriptible sous les caresses de son amant, le coeur remplit d'amour. Le blond se penchait un peu régulièrement pour venir lui voler un baiser, jamais rassasié et avant de s'endormir complètement, la dernière pensée de Bill, qu'il ne se rendit pas compte être machiavélique, fut « j'ai réussi à le mettre complètement à mes pieds. Il ne me quittera jamais...Jamais... »

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Comments :

  • chaos87th

    04/08/2011

    On a l'impression que Bill se calme, mais ce n'est juste qu'une impression.
    Il est beaucoup plus calculateur qu'on ne pourrait le penser.

  • Pucca97217

    12/09/2009

    Tom faut affronter le problème et pas le contourner en l'embrassant à chaque fois.
    Votre amour passion vas vous tuer je sens sa!!!!!!!!

  • nirvana-angel83

    14/04/2009

    un amour dévastateur machiavélique et complètement désaxé oui,
    mais aussi émouvant, bill est sa drogue, son adiction et il est la sienne
    cette histoire me touche, et elle me touche de près
    kuss
    la puce

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    13/04/2009

    J'ai aimé...comme d'habitude...bien que ce chapitre soit plus court, il n'en ai pas moins interessant...
    Lalou t'es une déesse de la fic et pis c'est tout...
    J'aime le fait que Tom se sente mal lorsqu'il pense que Bill le quitte. J'aime lorsque Bill s'enerve contre Tom parce qu'il sait que Tom l'a suivi. J'aime lorsque Tom pour arrêter sa crise l'embrasse brutalement...
    J'aime tout...

    Mon com' est naze dsl mais bon des fois je suis moins performante, mdr!

    J'ai hate de savoir ce que tu nous reserves! *-*
    Et en même temps j'ai vachement peur mais bon...relativisons même si bientôt nous allons assister à une fin tragique, mdr, et bien tu vas enchainer sur une autre fic...t'es obligée...
    Comment ça je fais ma commandante?

  • tom-th-tom

    21/03/2009

    ça me soul trop là --' j'an envie de dégommer bill >< et tom ce pti con il a dla m*rde dans les yeux ou quoi ! ><

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