[Fiction] Passion Destructrice - Chapitre 14

Bill et Tom finirent par aller se coucher dans la chambre. Et bien-sûr, une fois au lit, le blond attira son petit ami contre lui pour qu'il s'endorme dans ses bras. Le brun s'était rendormi avec pleins de mots d'amour chuchotés dans le creux de son oreille et des petits baisers déposés un peu partout, dans les cheveux, sur le front, le nez, la joue et surtout les lèvres. Il s'endormit en souriant. C'était vrai, avec tout ce qui s'était passé, Tom se sentait encore plus dépendant, encore plus soumis. Il avait senti ce que ça ferait d'être sans Bill et il avait surtout senti qu'il ne pourrait le supporter. Il avait été bien près de perdre complètement la raison, il s'était fait la promesse qu'il ne ressentirait plus quelque chose comme ça, plus jamais. Alors être soumis ne le gênait plus vraiment, il évitait d'y penser. Pourvu que Bill reste juste calme et toujours aussi amoureux, ça lui convenait.

Ils se réveillèrent, toujours dans les bras l'un de l'autre, un peu en retard et s'affolèrent un peu en voyant l'heure qu'il était. Après s'être agité un peu partout, Tom finit par déposer le brun à la fac et partit travailler, le c½ur léger, le sourire aux lèvres, le visage plus détendu. Son père remarqua immédiatement qu'il allait mieux, il ne fit aucun commentaire. Il connaissait un peu Bill, il le trouvait sympa, mais sans savoir pourquoi, il était légèrement mal à l'aise quand le brun était là. Il les avait vu ensemble, il avait noté le regard adorateur que le brun posait sur son fils, et au lieu de le rassurer, ce regard lui faisait froid dans le dos. Oui, selon lui, Bill avait quelque chose qui faisait légèrement froid dans le dos. Il le trouvait charmant, mais avec un sourire d'acier. Pourtant il savait que Bill était fou de son fils, c'était flagrant. Mais il y avait quelque chose qui le dérangeait, sans qu'il sache quoi. Et bien que Tom avait l'air parfaitement heureux, il sentait qu'il y avait comme un grain de sable dans l'engrenage.

Il se rappelait la fois où Bill les avait rejoint alors qu'il travaillait avec son fils dans son bureau. Tom avait presque fini, Bill s'était assis et discutait avec eux en attendant. Ils étaient en pleine conversation, le brun ayant un humour du tonnerre, quand le téléphone de Tom se mit à sonner. Il eut juste le temps de voir son fils regarder furtivement son petit ami, décrocher, parler rapidement, sourire, raccrocher, tout ça sans quitter Bill des yeux. Bill qui le regardait, souriant mais il ne savait pas pourquoi, une légère tension s'était installée. Quelque chose lui échappait. Après son coup de fil, Tom expliqua immédiatement qu'il s'agissait d'un ami qui les invitait à une fête et qu'il avait refusé, préférant rester avec Bill ce soir-là. Bill souriait toujours mais il y avait comme un malaise. Son fils était passé dans le dos de son petit ami et lui massait les épaules, la nuque, il ressentait cela comme des gestes d'apaisement. Est-ce que Bill était jaloux facilement ? Il avait trouvé son fils bien empressé de se justifier et le sourire de Bill sonnait faux. Son regard était...glacé. Voilà, c'est le mot qu'il cherchait, Bill entier lui faisait froid dans le dos finalement. A cette pensée, il s'engueula intérieurement. Son fils avait l'air heureux, encore plus ce matin, il était assez grand et assez intelligent pour savoir gérer sa relation avec quelqu'un.

Il soupira et leva les yeux sur son fils assis en face de lui, derrière l'ordinateur, il travaillait en sifflotant. Il espérait juste que s'il y avait un jour quelque chose de grave, Tom le lui en parlerait. Il baissa les yeux sur le journal et lut quelques articles sportifs, rien de très intéressant. Puis, sa lecture avançant, il arriva à la page des faits divers. Il lut avec intérêt et fut coupé par la voix outrée de Tom :

-Dis, papa, ça te gêne pas que je bosse pendant que tu fais ta « pause journal » ?

Il rigola un peu et dit :

-C'est moi qui commande fils ! Finis ton boulot, tu feras une pause après.

Il entendit le rire clair de son fils et commenta ce qu'il lisait à voix haute :

-Et bin dis donc ! C'est bien fait ! Je comprends pas, faire ça c'est d'une telle lâcheté !

Tom, les yeux toujours sur l'écran demanda distraitement :

-De quoi ?

-Non, je viens de lire un truc, là, un jeune homme a été écroué hier, apparemment il battait régulièrement sa petite amie, ils habitaient ensemble. La dernière fois, il l'a tellement battue qu'il l'a laissée presque pour morte, d'où son arrestation, son procès était hier. Il en a pris pour un moment ! Qu'il reste derrière les barreaux, la malheureuse aura plus de chance de rester en vie !

Tom s'était un peu raidi pendant que son père parlait. Il se sentait bien-sûr indirectement concerné par une histoire de ce genre. Sauf qu'il se disait que quand même, Bill et lui n'était pas du tout à ce stade-là. Il répondit à son père :

-Je sais pas si le foutre derrière les barreaux c'est vraiment la solution.

Son père leva un regard étonné vers lui :

-Tu plaisantes, j'espère ? De toute façon, il sera suivi, soigné, c'est sûr, mais le laisser dehors, c'est inimaginable, il va finir par la tuer. Tu te rends compte qu'elle a jamais rien dit, à personne, jamais porté plainte, ni rien, c'est le voisinage qui a fait toutes les démarches, elle baignait dans son sang ! Lui, il se contentait de crier que c'était de sa faute à elle, c'est écrit, là ! Je comprends pas ! Je comprends pas comment on peut rester avec quelqu'un qui vous bat, juste parce qu'on l'aime !

Tom se sentait de plus en plus mal. Il vivait là une bien étrange conversation avec son père, ça le dérangeait de parler de ça. Il avait l'impression qu'on parlait de lui, et que s'il se lançait dans le débat son père saurait. Ok, Bill et lui n'en étaient pas à ce point-là, enfin presque, il se rappela soudain la fois où Bill avait été le plus violent, la chaise qu'il avait reçu dans le dos, les coups meurtrissant et marquant pour un très long moment son corps. La fois, la seule fois où il souhaita mourir parce que c'était trop douloureux et qu'il en avait assez. Mais il se dit, une fois de plus que ça ne s'était produit qu'une seule fois, les autres fois c'était de « simples gifles ». Il prit la parole à son tour :

-Tu vois papa, moi je pense que je peux comprendre cette fille, c'est vrai, si elle l'aime, il faut qu'elle l'aide, le quitter arrangera pas les choses, il ira pas mieux. Ils s'aiment, autant qu'elle l'aide à prendre conscience qu'il a un problème, voilà.

Son père ricana :

-Bien-sûr, avec ce genre de cinglés, ça marche pas, ça , fils ! Ils recommencent, ils recommencent toujours, dès qu'ils lancent la première baffe, ils savent pas s'arrêter, sans compter l'humiliation morale, l'assujettissement total de la personne, et c'est celui qui est en face qui se sent coupable, et qui reste et qui continue de prendre les coups. Jusqu'à ce que mort s'en suive.

Tom était furieux, maintenant. Il se voyait renvoyer à sa propre histoire, il détestait cela. Il s'était raidi aux mots « cinglés » et « mort ». Il ne se rendit pas compte qu'il haussait le ton pour répondre à son père :

-N'importe quoi ! C'est du n'importe quoi ! Tu te rends pas compte qu'il doit l'aimer cette nana, pour en arriver là, tu penses que quoi ? Qu'il est inhumain au point de pas regretter ce qu'il lui fait ? Tu penses qu'il en a pas conscience ? Bien-sûr que si, seulement, il sait pas faire autrement ! C'est juste parce qu'il sait pas gérer sa peur de la perdre, c'est tout. Parce qu'à la base, c'est ça, il a peur. Elle doit pas savoir le rassurer, elle fait quoi, elle de son côté, hein ? Dis-moi un peu ? Elle fait quoi ? Pourquoi il a aussi peur ? Ils en ont déjà parlé ? Elle a déjà essayé de le faire voir par quelqu'un ? Et je suis sûr qu'il regrette, qu'il a horreur de faire ça, il a du mal à se contrôler, il réalise même pas, il sent pas quand la colère monte, il-

Il fut coupé par son père qui écarquillait les yeux et qui avait lâché son journal pour lever les mains en signe d'apaisement. Tom ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était levé et qu'il respirait fort, le regard dur, les mains crispées sur le bureau, un infime tremblement secouant son corps. Son père dit doucement :
-Oh ! Calme ! J'ai rien fait, moi ! Je disais juste ça, comme ça ! T'es bien virulent, d'un coup !

Tom se sentait bouleversé, idiot, il peinait à reprendre sa respiration. Il se rassit lentement, fuyant le regard perçant de son père qui tentait de comprendre ce qui se passait. Tom se recroquevillait au mieux derrière l'écran, alors il poussa un soupir et après un dernier regard sur son fils il reprit son journal et lança tout de même :

-Ce genre de bonhomme, une fois qu'ils commencent, ils arrêtent plus. Y a que la mort qui les arrête. Ou avec un peu de chance, la tôle, comme cette jeune fille. Il l'a laissé dans un tel état que c'est pas de lui dont j'ai pitié. Ces gars-là ne s'arrêtent jamais, Tom. Ils se calment un instant pour mieux revenir après. Il faut juste s'en éloigner le plus possible, si on veut rester vivant et en bonne santé, au lieu de battu, handicapé au mieux, mort au pire.

A ces mots, Tom frissonna violemment. Il resta silencieux, le c½ur battant à tout rompre. Pourquoi son père avait commencé à parler de ça ? Ça venait de foutre sa journée en l'air. Ça venait de lui faire rappeler que Bill était CE genre de personne. En moins violent. Enfin, c'est ce qu'il se forçait à penser. Et de toute façon il avait trouvé le moyen pour le calmer quand il s'énervait. Et tant que ça marchait, Bill ne lui ferait plus de mal, physiquement. Peut-être une ou deux baffes, mais il était un mec, que diable, il allait pas se formaliser pour si peu, il n'était pas une fillette qui sanglote dès qu'elle prend une gifle. Une baffe était très supportable, et de toute façon, il n'était écrit nulle part que Bill allait recommencer. Malgré les prévisions lugubres de son père, il avait confiance. Ils s'aimaient, ils s'adoraient, personne ne pouvait comprendre leur relation. Personne à part lui. Inutile de lui dire de quitter Bill, il rirait au nez de celui qui oserait émettre l'idée devant lui. Personne ne connaissait mieux Bill que lui. Et il était le seul à pouvoir l'aider, juste il avait besoin de temps. Il se sentit apaisé par ces pensées et reprit son travail, l'esprit un peu plus calme.

De nouveau, il entendit son père reprendre la parole, le nez plongé dans le journal :

-Oh ! Bin ça alors !

Tom soupira :

-Allez, c'est quoi, cette fois ? Les bébés phoques ? Le réchauffement climatique ? L'augmentation du pétrole ? Vas-y, annonce la réjouissance !

Son père le regarda vite fait et laissa tomber :

-Il s'agit de l'affaire concernant Georg...

Tom sursauta de nouveau et après quelques instants demanda avidement :

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a avec ça ?

Son père regarda de nouveau l'article qu'il lisait et expliqua :

-L'homme de l'entretien a été relâché. C'est plus grave que ça, la façon dont l'eau a été répartie, il est impossible qu'il s'agisse de négligence. La façon dont le fil a été disposé aussi. Maintenant, il ne s'agit plus d'homicide involontaire, mais d'homicide volontaire. On suppose que Georg a été assassiné.

Tom resta bouche grande ouverte un long moment. Puis, il se leva, repoussant violemment sa chaise et se précipita vers son père, lui arrachant presque le journal pour lire l'article à son tour. Effectivement, tout était expliqué. L'enquête avait repris. Et la vérité était effrayante. Georg avait été délibérément électrocuté. Mais par qui ? Qui pouvait en vouloir à ce point à son meilleur ami ? Il était apprécié de tout son entourage, à moins que ça ne soit qu'un accident et que la personne ayant eu peur, s'est enfuie. Il ne s'aperçut pas qu'il interdisait à son esprit d'essayer de comprendre mieux, d'imaginer plus loin tout ce que cela voulait dire. Il ferma son esprit à toute pensée. Il dit simplement :

-Merde ! J'espère qu'on trouvera qui a fait ça !

Son père dit encore :

-Tu étais son meilleur ami, attends-toi à ce qu'on t'interroge, Tom. On va certainement te demander si il y avait pas quelqu'un dans son entourage qui l'aimait pas à ce point. Sur ce que vous avez fait les jours avant, vu que tu étais souvent avec lui. Des trucs comme ça, quoi.

Tom sentit la nausée monter. Il répondit, la gorge serrée :

-Je...On s'était pas trop vu, avant.

Son père hocha la tête et reprit sa lecture, ne remarquant pas le visage de son fils qui avait viré au blanc. Tom revoyait les derniers instants où il avait vu son ami. C'était juste après qu'il se soit fait battre par Bill, il l'avait soigné, était resté chez lui, mais avant, il avait viré Bill assez violemment. Georg n'aimait pas Bill, et il semblait que Bill détestait celui-ci en retour. De nouveau, il eut un haut le c½ur et s'interdit de penser plus que ça. Il fallait qu'il sorte, qu'il s'en aille de là. Avec deux maudits articles, son père venait de le démoraliser. Et le dernier venait de lui filer des frissons dans toute la colonne. Il ressentit soudain le besoin d'aller voir Bill. Il voulait l'avoir dans les bras, caresser ses cheveux, poser sa bouche sur la sienne, se laisser envahir par le bien-être qu'il ressentait toujours quand il embrassait le brun. Il saisit ses clés et sortit en lançant à son père, qui n'eut pas le temps de le retenir :

-Je reviens. Je...J'ai besoin de faire une pause. Je te prends ça !

Avant que son père ait eu le temps de réagir, il attrapa le journal et l'emmena avec lui. Il jeta le journal sur les sièges arrière et eut soudain une idée. Pour cela, il fallait qu'il s'arrête à un magasin spécial où il fit son achat. Il faisait tout très rapidement, pressé de retrouver Bill, pressé d'être suffisamment occupé pour arrêter de penser. Penser à l'inimaginable...

Puis, il fila directement à l'université, conduisant rapidement d'une main et téléphonant frénétiquement de l'autre. Il dût refaire le numéro plusieurs fois, sa main tremblait trop. Il se trompa même de numéro et tomba sur un vieil homme qui lui raccrocha presque au nez. Au bout de plusieurs essais infructueux, il réussit à joindre Bill, il se sentit ridiculement hystérique quand celui-ci décrocha :

-Bill ! Bill ! Je...Je suis pas loin, là. J'avais envie de te voir, tu me manques, alors j'arrive. Je serai dehors, dans le parking, au même endroit que d'habitude. Viens, s'il te plait.

Il raccrocha, Bill n'avait même pas eu le temps de répondre. Il était très étonné et regardait son téléphone comme s'il allait lui exploser en plein face. Tom voulait le voir, tout de suite ? Comme ça ? Parce qu'il lui manquait ? Décidément, ce Tom lui plaisait encore plus. Il ramassa ses affaires, attendit quelques secondes que son maître de conférence tourne le dos et se faufila à l'extérieur, sous le regard étonné de ses camarades de classe. Quand il arriva à l'endroit habituel où Tom se garait, il vit que la voiture était déjà là. Il avançait rapidement vers le blond quand il le vit sortir de derrière la voiture, se précipiter vers lui, le tirant par le poignet pour l'écraser contre son torse et de suite, Tom prit possession de sa bouche, gémissant entre deux baisers :

-Putain, j'avais besoin, de ça ! Putain, attends ! Laisse...attends...encore un peu...

Il rit pendant que Tom enfouissait sa tête dans son cou, à la recherche de son odeur, le chatouillant par son souffle rapide qu'il sentait sur sa peau. Oui, ce Tom là lui plaisait vraiment bien...Il demanda néanmoins :

-Bin alors, mon Tomi ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Je te manque déjà ?

-Oui ! Tu me manques tout le temps ! J'avais vraiment besoin de te voir. Je voulais pas avoir à attendre ce midi.

Il posa la main sur la nuque de Bill et l'attira de nouveau à lui pour reprendre sa bouche encore longuement. Il sentait le soulagement dévaler ses veines, l'apaisement gagner son c½ur. Il se sentait bien. Oublié, tout ce que son père avait soulevé comme questions, comme doutes, comme malaise, oublié tout ça. Bill était dans ses bras, l'enlaçant fermement et Tom se sentait revivre. Il s'arrêta juste pour souffler contre la bouche de son amant, d'une voix remplie de désir :

-On va à la maison. Viens, on y va. Tout de suite !

-Mais...Et ton boulot ? Et ton père ?

-Je m'en fous. Ca attendra. Ils attendront tous. Là, je te veux nu contre moi.

Bill frémit et son petit ami ajouta, le tirant par la main vers la voiture :

-On y va.

Ils s'installèrent dans la voiture et Tom démarra comme un fou. Pendant qu'il conduisait, il pensait. Il eut un flash, il revit Bill le regarder avec adoration, les yeux sombres, l'éclat effrayant, la voix hachée, prononçant :

-Je ferais n'importe quoi pour toi...n'importe quoi. Je pourrais mourir pour toi. Je pourrais tuer pour toi...

Et il reçut cette pensée comme un coup de poignard dans le coeur. Une fois de plus, il s'interdit de penser plus, il chassa cette phrase dérangeante et prit la main de Bill pour la poser sur sa cuisse. Le brun sentait qu'il y avait quelque chose qui perturbait Tom, mais il n'osait pas demander. Inexplicablement, il sentait que cela avait un rapport avec lui. Mais il ne dit rien.

Ils arrivèrent bientôt chez Tom et à peine la porte d'entrée refermée à clefs, Bill se vit poussé contre le mur, embrassé avec passion, le corps de Tom s'écrasant contre le sien. Le blond était déjà dur et se frottait impatiemment contre lui. Ils gémissaient déjà tous deux. Tom ne savait plus quelle parcelle de peau embrasser, lécher, mordiller. Il posait sa bouche partout sur Bill et le déshabillait en même temps, étouffant les protestations de Bill qui se voyait bousculé sans ménagement.

Tom attira Bill dans la chambre, le faisant reculer tout en l'embrassant avidement. Il le bsacula sur le dos sur le lit et se coucha sur lui, gémissant au contact de leur peau. Il baissa la tête pour regarder son brun et demanda :

-Tu m'aimes Bill ?

Celui-ci leva un sourcil étonné et répondit de suite :

-Bien-sûr !

Tom demanda encore :

-Tu m'aimes comment ?

De plus en plus étonné, Bill répondit :

-Bin...fort ! Très fort ! Pourquoi ?

Il sentait les yeux de Tom le transpercer. Le blond vint l'embrasser longuement et demanda encore :

-Tu ferais n'importe quoi pour moi, hein. Tu l'as dit, l'autre soir. Tu serais prêt à tout, hein ?

Bill hocha la tête, toujours intrigué par son comportement. Il crût bon de le redire :

-Oui, je serais prêt à tout pour toi. Je ferai n'importe quoi pour te garder.

Tom le regarda longuement sans rien dire et finalement murmura :

-Je sais.

Il posa doucement sa bouche sur la sienne et l'embrassa tendrement. Il s'arrêta seulement pour lui dire :

-Je t'aime Bill. Tu devrais le savoir, maintenant. Je t'aime.

Son petit ami le regardait toujours dans les yeux, ne sachant quoi dire, encore plus étonné. Bill articula quand même :

-Je sais, Tom.

-Non, tu le sais pas. Tu veux pas t'incruster ça dans le crâne. Et pourtant, putain, si tu savais comme je peux t'aimer ! Et même si...même après...je t'aime toujours.

Bill ne comprenait rien à ce que Tom disait. Il avait l'air de vouloir lui faire une déclaration d'amour spéciale, et il avait l'air de lui en vouloir pour quelque chose dont il n'avait pas idée. Il décida de ne rien demander et se contenta de geindre, gigotant sous Tom :

-Tom, enlève tes vêtements...enlève-les ! Je veux sentir ta peau contre la mienne...

-Non, pas encore. Pas tout de suite.

Le blond pencha la tête et vint l'embrasser longuement. Il descendit la bouche dans son cou et referma ses lèvres sur la peau fine et immaculée du brun qui gémit un peu plus. Pendant que Tom lui léchait la gorge, il releva les bras de Bill au-dessus de sa tête pour les amener contre les barreaux du lit et automatiquement, Bill s'y accrocha. Tom libéra une de ses mains, sa bouche honorant toujours le cou de son amant et Bill ne s'aperçut pas qu'il fouillait rapidement sa grande poche de son autre main libre. Bien que ses mains serraient les barreaux, Tom encerclait ses poignets d'une seule main, avec force, pour être sûr de le retenir. C'est quand il sentit un métal froid se refermer sur son poignet et le bruit d'un déclic qu'il réalisa. Il ouvrit les yeux et s'exclama :

-Tom ! Tu...qu'est-ce que tu fais ? Des menottes ?

Tom le fit taire par un baiser, Bill avait commencé à se débattre un peu. Mais le baiser qu'il reçut lui fit oublier toutes protestations. Tom léchait l'intérieur de sa bouche, suçait sa langue et ça le rendait fou de désir. Et sentir les menottes encercler ses poignets commençait à l'exciter. Le dreadé l'avait carrément attaché aux barreaux et il se retrouvait maintenant complètement bloqué. Sûr de l'avoir maîtrisé, Tom se releva un peu pour le regarder. Il le détaillait, passant ses mains sur tout le long de ses bras, caressant son buste, remontant pour dégager son visage des mèches qui s'y étaient collées. Il redessina le contour de sa bouche de son index et son regard noircit un peu plus quand Bill sortit le bout de la langue pour le lécher. Il pouvait quand même lire un peu de peur dans les yeux du brun, mais celui-ci murmura suavement, histoire de le chauffer un peu plus :

-Ca t'excite, les menottes ? Tu veux me prendre attaché, comme ça ? Tu peux, Tom. Fais-moi ce que tu veux, tout ce que tu veux, fais-moi mal, si t'en as envie. Vas-y, je suis tout à toi...ça m'excite aussi.

Bien-sûr, ces mots affolèrent encore un peu plus les sens déjà bien éveillés de Tom. Il était dur depuis un moment, et il se sentait encore durcir sous le regard de braise que lui lançait son amant et avec ses paroles sensuelles. Bill continuait de le provoquer :

-Allez, enlève tes vêtements, Tom. Viens et prends-moi. Viens et fais-moi mal. Tu veux de la baise ? Viens la chercher. Tu as toujours su me faire jouir comme personne, Tom. C'est toujours bon, avec toi. Viens...

Tom se releva à genoux entre les cuisses ouvertes du brun et celui-ci remonta un genou pour frôler son entrejambe, parlant toujours :

-Oh t'es déjà tellement dur...tellement dur pour moi...Viens...Viens et donne-la moi...Viens et fais-moi jouir encore une fois...

Bien qu'attaché, il était encore celui qui dominait la situation. Il tenait Tom par son excitation. Et quand le blond le réalisa, une sourde fureur gronda en lui. Il arracha plutôt qu'il retira tous ses vêtements. Il rabaissa son corps sur celui de Bill et l'embrassa de nouveau. Il se détacha pour souffler contre sa bouche, les yeux toujours fermés :

-Je t'aime tellement...Putain, ça aurait été plus facile si seulement je pouvais te haïr, au lieu de t'aimer comme ça...

Bill l'entendait bien, ne comprenant rien à ce que Tom disait. Pourquoi Tom aurait voulu le détester ? Il voulut poser la question mais oublia rapidement quand il sentit la langue du blond parcourir tout son torse et sa main saisir son membre pour y appliquer un lent mouvement, le frustrant un peu plus. Mais le blond le lâcha bien vite, trop vite à son goût, puisqu'il grogna et se tortilla un peu plus. Ignorant ses protestations, Tom continuait ses douces tortures en caressant son ventre de non nez, l'embrassait sans arrêt, touchait sa peau. Il se laissait enivrer par le parfum et la chaleur que Bill dégageait. Il se perdait complètement, et c'était tout ce dont il avait besoin pour oublier. Oublier ce qui ne voulait pas sortir de son esprit, malgré tous ses efforts, même s'il repoussait l'évident. Parce que depuis qu'il avait parlé avec son père, il était perturbé. Pas seulement à cause du fait que son père avait mentionné que les personnes du genre de Bill étaient dangereuses, au point de tuer, mais surtout parce qu'il avait parlé de Georg. Et il avait essayé de fermer son esprit à l'évidence de la réponse de toute cette affaire. Mais au fond de lui, il savait. Il avait compris. Et le pire, même s'il en voulait à Bill, il l'aimait encore. Plus que tout. Malgré tout. Il se sentait fou, horrible, idiot, faible, lâche et sans caractère. Mais quand il posait les mains sur Bill comme ça, et qu'il le voyait fermer les yeux, se cambrer sous ses caresses, tout ce qu'il pouvait ressentir, c'était encore plus d'amour et de la fierté.

Il se remit à genoux et souleva le bassin de Bill assez haut pour pouvoir le prendre en bouche en se penchant un peu. Le cliquetis des menottes cognant contre les barreaux quand Bill tirait dessus le rendaient fou. Il voyait déjà quelques marques se former. Chaque fois qu'il remontait la tête, le brun tirait, se mordait la lèvre pour retenir ses gémissements et finalement faisait des petits bruits délicieux aux oreilles du blond. Il sentait le membre grossir un peu plus dans sa bouche et le goût du liquide séminal venait se mêler à sa salive. Il soulevait le bassin de Bill un peu plus, jusqu'à pratiquement décoller son dos du matelas et tout ce que pouvait faire le brun, c'était de tirer et encore tirer sur ses menottes. Il gémissait des paroles incompréhensibles, où Tom distinguait parfois son prénom soufflé avec extase. Il restait à l'écoute du langage du corps de son amant qui n'en pouvait plus. Comme d'habitude, sous les caresses de Tom, Bill sanglotait presque. Tout ce qu'on entendait dans la chambre, c'était les gémissements de Bill et les cliquetis des menottes.

Tom s'arrêta pour le regarder de nouveau longuement, l'esprit totalement confus, embrouillé, dérouté, ne sachant s'il devait se laisser basculer du côté de la raison ou du côté de son coeur. Aimer Bill ou voir la réalité en face. Et il avait mal, tellement mal, mal à en crever. Parce qu'il n'arrivait pas à se décider. Parce qu'il comprit enfin que Bill ne changerait pas. Même avec tout l'amour qu'il pouvait lui apporter, le soutien, la compréhension, ça ne servirait à rien. Et plus il regardait Bill, plus il se sentait glisser aussi dans la démence. Un trop plein de ressentiment et d'émotions lui fit pencher la tête et il mordit durement la hanche de Bill qui cria de surprise et de plaisir mélangés. Parce que de son côté, le brun aimait cette brutalité-là. Il aimait tout ce que Tom lui faisait. Encore plus que l'envie, c'était pour lui plus fort qu'un besoin. Parce qu'avoir mal et faire mal était sa seule solution pour exterioriser les sentiments violents qu'il éprouvait pour Tom. Il ne savait pas faire autrement. Il l'aimait tellement d'un amour exceptionnel, qu'il fallait qu'il le montre de manière exceptionnelle, et que même la façon dont ils faisaient l'amour devait être exceptionnelle.

Néanmoins, il eut un peu peur quand il vit Tom enduire son sexe de lubrifiant et se repositionner entre ses cuisses écartées. Tom ne l'avait pas préparé. Pour la première fois depuis qu'ils étaient ensemble, Tom ne l'avait pas préparé avec attention comme il le faisait d'habitude. Il tenta de protester :

-Attends...Tom...Tu...T'as pas...

Mais Tom n'écoutait pas. Envie de faire mal. C'était tout ce à quoi il pouvait penser. Il l'aimait, à en crever, aussi. Mais Bill avait fait une chose horrible, du moins il soupçonnait, et il voulait le punir parce qu'il l'aimait trop, trop violemment, trop passionnément et que depuis longtemps, Bill lui faisait mal. Physiquement et moralement. Son regard tomba de nouveau sur les menottes qui cliquetaient toujours et ça lui plut de voir les marques se foncer un peu plus. Il pencha la tête pour l'embrasser durement, le baiser fut bref, intense, mais il cessa aussitôt pour pouvoir regarder, admirer son visage, et là, il le pénétra.

Il ne s'arrêta que lorsqu'il arriva à la garde, regardant toujours le visage de Bill se tordre sous la douleur. Le brun se mordait la lèvre jusqu'au sang et fronçait les sourcils. Ca lui faisait mal, foutrement mal, tout son corps était tendu, refusant le membre de Tom qui se glissait durement en lui. Tom sentait la résistance, le brun était tellement crispé, serré autour de lui, qu'il avait du mal à le pénétrer, mais il forçait le passage, sans aucune douceur, poussant plus fort, plus loin, écartant les chairs, et Bill haletait, le visage luisant de sueur, la douleur à son comble. Et même s'il avait l'impression d'être tué, écorché à vif, il souhaita, pendant quelques secondes, avoir mal encore plus, et pas une seule fois il demanda à son homme d'arrêter. Tom enchaîna directement de brutaux vas et viens dans son corps et il tira encore plus sur ses bras, faisant cliquer les menottes encore plus, étourdissant son amant avec ce bruit de ferraille qui avait un goût de soumission et de domination pour lui.

La douleur leur faisait prendre leur pied comme jamais. A aucun moment ils se dirent qu'ils étaient fous, malades, torturés, certainement malheureux au fond, et sûrement prisonniers d'un amour qu'ils avaient arrêté de savoir gérer depuis longtemps. Ils avaient crû pouvoir le faire, mais s'étaient laissé entraîner dans un tourbillon de folie, se faisant du bien et du mal physiquement et moralement sans savoir jamais se défaire de l'emprise que l'un avait sur l'autre. Tom avait pleinement conscience de lui faire énormément mal, il s'en voulait, il se détestait pour ça, mais il n'arrivait pas à arrêter, il ne pouvait s'en empêcher. Il étouffait sous les émotions qu'il ressentait pour Bill et être brutal avec lui à ce point sembler le délivrer d'un poids pesant pour lui. Tous deux avaient l'un pour l'autre un amour trop fort, trop grand, ça les bouffait, et tout ce qu'ils savaient faire c'était de se déchirer sans aucune pitié, sans aucune raison, sans aucun remords. Ils savaient tous deux que tout était trop intense entre eux, pas normal, pas logique, extrême, violent, ils savaient qu'une histoire pareille ne leur laisserait aucun répit, aucune raison, aucune tranquillité d'esprit. Rien ne finirait jamais bien entre eux. C'était trop tard, ils étaient déjà trop loin dans leur démence pour arriver à assainir leur relation. Ils en avaient conscience, ils auraient voulu pouvoir changer les choses, mais savaient que malgré tout, leur relation, ils l'aimaient comme ça, ils ne pourraient et voudraient pour rien au monde arrêter, et changer tout ça.

Le blond allait et venait durement dans le corps menu de son amant qui criait sa douleur et peut-être aussi son plaisir, ondulant sous lui, levant les hanches au maximum pour accompagner ses mouvements, l'encourageant par des paroles vulgaires. Bill avait encore mal, bien mal, mais cette douleur-là l'enivrait, il commençait à la contrôler, à se l'approprier, à se l'accaparer entièrement. Il la sentait au plus profond de lui, paradoxalement, la douleur qu'il ressentait le soulageait. Il ressentait physiquement ce que son coeur lui faisait sentir depuis qu'il avait commencé à sortir avec Tom. Tout avait été trop vite, trop fort, tout avait été douloureux pour lui. Et sentir enfin que Tom lui faisait mal était exaltant, pour lui.

La seule chose que Bill regrettait, c'était de ne pouvoir le toucher. Il aurait voulu pouvoir s'accrocher à lui, lui faire mal à son tour, le griffer, le mordre aussi, le serrer à l'étouffer contre lui, mais c'était impossible, pas avec les menottes. Là, il subissait. Il ne pouvait que tirer et tirer encore sur ses menottes, à s'en blesser les poignets. Mais il adorait cela. Il voulait que le blond aille plus fort, plus vite, il avait maintenant besoin de continuer de sentir cette douleur qui le soulageait, incroyablement. Il était rapidement devenu dépendant de toute douleur concernant sa relation avec Tom, surtout celle du moment. Il voulait qu'elle s'arrête, mais plus que tout, il voulait la ressentir plus fort. Encore plus. Ce qu'il ressentait était exactement comme leur relation, une confusion totale, un paradoxe géant, une démence incroyable, inexpliquée, inexpliquable, mais foutrement jouissive, comme jamais ils ne l'avaient vécu, et comme jamais ils ne la vivraient. Tom avait une ardeur nouvelle qu'il ne connaissait pas, faisant toujours plus de mouvements amples et bientôt ce ne fut plus suffisant, Bill se mit à gémir :

-Tom...Tom, touche-moi ! J'en ai besoin...Touche-moi...

Son sexe lui faisait mal et réclamait le soulagement. Maintenant qu'il avait dompté sa douleur et qu'il s'en accomodait, il sentait énormément de plaisir mais savait que si Tom le caressait, ça allait être encore plus intense. Il ouvrit les yeux quand il sentit que Tom lui refusait le geste qu'il attendait et redemanda :

-Caresse-moi, Tom, je t'en prie, caresse-moi...

Tom secoua la tête et pour toute réponse redoubla d'ardeur, donnant de grands coups de bassins, heurtant sa prostate à chaque à-coups, faisant hurler littéralement son amant. Il pencha de nouveau la tête pour l'embrasser et fut obliger d'arrêter rapidement le baiser, leurs gestes désordonnés empêchant leurs bouches de se mouvoir tranquillement. A la place, il mordit la lèvre inférieure de Bill et put sentir un goût de sang dans sa bouche. Il l'avait mordu violemment et maintenant Bill saignait. Loin de s'en plaindre, Bill gémissait toujours de plaisir. Il mordilla son menton, longea sa mâchoire de petits mordillements et pénétra son oreille de sa langue, faisant frissonner le brun qui ne faisait plus rien d'autre qu'haleter et gémir.

Puis, Tom lui mordit violemment le lobe de l'oreille et écouta avec émerveillement le brun crier de douleur et de plaisir toujours mélangés. Il continuait de le mordre, l'épaule, la clavicule, le cou, laissant des marques un peu partout, des marques rouges et profondes, en plus des poignets qui, à cause des menottes, étaient rouge vif. Bill chercha son regard et tressaillit sous l'éclat effrayant qu'il lut. Il entendit Tom articuler entre deux coups de reins puissants :

-A toi...A ton tour d'avoir mal, Bill...

Après un à-coups particulièrement terrible qui malmena délicieusement sa prostate, Bill cria encore :

-HAAAN...OUI, Tom ! Oui...Fais-moi mal ! Touche-moi ! J'en ai besoin, touche-moi, maintenant !

Et de nouveau, Tom secoua la tête et attrapa ses bras pour serrer, le plus fort possible, laissant de nouvelles marques sur la peau blanche de son amant. Il aimait la peau de Bill, elle lui faisait penser à de la soie, ou de la porcelaine, là, il voulait juste la marquer, la maltraiter, laisser des marques comme Bill avait indélébilement marqué son âme.

Bill gigotait de plus en plus, à la recherche de sa libération, il se cambrait au maximum contre Tom, espérant s'écraser au mieux contre lui pour que les mouvements que le blond faisait puisse le branler, puisque Tom refusait de le caresser. Mais plus il se cambrait, plus Tom se redressait. Même si c'était frustrant pour le brun, il trouvait ça tellement bon, il était au bord de la jouissance, il se sentait venir, rien qu'avec les entrées violentes de Tom. Et ce dernier était aussi au bord de l'explosion. Ils fermaient leurs yeux et laissaient leurs corps exprimer tout ce qu'ils n'arrivaient pas à se dire.

Ils ouvrirent les yeux au même moment, se fixant intensément, et Tom accrocha fortement ses mains aux hanches de Bill pour pousser une dernière fois en lui le plus fort possible. Il sentit la semence du brun jaillir entre leurs deux corps pendant qu'il criait une dernière fois son prénom. Il eut juste le temps de plaquer sa bouche sur celle de Bill et dire :

-Je t'aime, Bill...

Et il jouit puissamment, profondément dans le creux des reins de son amant qui frissonna en sentant le flot chaud et crémeux le remplir. Le souffle complètement erratique, Tom se laissa tomber sur Bill, l'enfonçant un peu plus dans les oreillers, peinant à retrouver une respiration normale, suffoquant, Bill dans le même état.

Les halètements peinèrent à arrêter et Bill eut une voix soudain timide pour demander :

-Tom...Tom, tu me détaches ?

Le blond se retira du corps de son amant et sans un mot, roula sur le côté. Bill tourna la tête vers lui et demanda encore :

-Dis, tu comptes quand même me détacher un jour ?

Tom fit un petit sourire et colla son corps au sien pour dire, contre sa bouche :

-Non, pourquoi ? J'aime bien, moi, t'avoir comme ça, à ma merci. Comme ça, tu peux plus rien faire de...

Il s'interrompit, ne sachant pas comment finir la phrase. Mais il finit tout de même par prendre la petite clé dans la poche de son pantalon qui traînait au sol et une fois libéré, Bill se massa les poignets en grimaçant. Tom les prit dans ses mains et embrassa tendrement la peau rougie et martyrisée. Il aurait voulu pouvoir s'excuser, mais il n'en fit rien. Bill avait des marques affreuses, mais il ne s'en plaignait pas. Il leva ses poignets à hauteur de ses yeux et tourna la tête vers Tom en souriant :

-Une autre des preuves de mon amour pour toi.

Tom se raidit à ses mots. Bill continuait :

-Je pourrais tout accepter de toi, Tom. Tu m'as presque tué, mais ça me dérange pas.

Tom le regarda encore un moment et se leva pour aller à la douche. Bill le suivit et ils se retrouvèrent dans la baignoire, à se laver l'un l'autre, sans un mot, avec une tendresse déconcertante, surtout après ce qu'il venait de se passer. Ils échangèrent peu de mots et le blond passa à la cuisine où il commença à mettre la table pour eux deux, sortant tout et n'importe quoi qui pourrait remplir l'estomac de son amour. Il y avait de tout, de la confiture, du sirop d'érable, du chocolat à tartiner, de la brioche, des biscottes, des petits pains, du café, du lait, du chocolat en poudre, des biscuits, il avait tout sorti et avait fait l'effort de disposer tout ça bien joliment. Il vit qu'il lui restait quelques oeufs, il se mit en tête de les brouiller. Pendant qu'il préparait tout ça, il réfléchissait. Il se sentait complètement déboussolé devant son soudain excès de tendresse alors qu'il venait de « maltraiter » son petit ami, au lit. Mais force lui fut de constater qu'il avait pris énormément de plaisir. Comme d'habitude, en mieux, toujours.

Et il réfléchissait à la façon dont il allait aborder le sujet « Georg » avec Bill. Parce qu'il fallait bien qu'il s'avoue qu'il avait peur de lui en parler. Bill avait certainement tué Georg. Il arrivait enfin à mettre des mots clairs sur les actes. L'homme de l'entretien avait été relâché, on présumait un homicide volontaire. Qui d'autre que Bill pouvait avoir fait cela ? Il était de plus en plus sûr que c'était le brun. Et plus il y pensait, plus il se sentait nauséeux. Il en voulait à Bill, sa raison le trouvait fou à lier, bon à enfermer, terrifiant, angoissant, horrible. Son coeur essayait de trouver des excuses, essayait de pardonner. Par-dessus tout, son coeur aimait encore. Et il était sûr, à ce moment-là, que son coeur aimerait toujours.

Il sursauta en sentant Bill passer les bras autour de sa taille et lui embrasser la nuque. Il se laissa bercer un instant et ils s'installèrent pour manger. Il le vit grimacer en s'asseyant mais n'arriva pas à s'excuser. Après avoir servi des oeufs à Bill, il déposa la grande poêle dans l'évier, essayant de vaincre la peur que lui inspirait le brun à présent. S'il lui parlait de Georg, est-ce qu'il allait s'en prendre à lui, aussi, malgré tout son amour ? Là, il s'agissait de quelque chose de plus grave. Et Bill était capable de tout, il le savait maintenant.

Ils discutèrent peu, Tom sentait bien le regard du brun sur lui. Un regard qui essayait de comprendre, de déchiffrer, mais le blond restait silencieux sur ce qui le tourmentait. Puis, Bill proposa de débarasser, chose qu'il fit de suite pendant que Tom se levait et s'absentait de la cuisine. Le brun mettait de l'ordre, l'esprit occupé. Tom avait l'air vraiment...ailleurs, non pas ailleurs...bizarre, froid, distant. Alors qu'il avait été si enthousiaste pour venir le chercher, il semblait à ce moment-là comme quelqu'un qui retrouvait enfin l'air qui lui manquait.

Il repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille et son regard tomba sur le journal qui était presque sous la table. Journal du jour que Tom avait ramené et balancé sur la table de la cuisine, avant de s'occuper de Bill un peu plus tôt. Il sourit, Tom pouvait être un tel bordélique. Il ramassa le journal et, notant que c'était celui du jour, l'ouvrit un peu pour le feuilleter. Rien de très interessant. Il tourna encore une ou deux pages et tomba sur l'article concernant Georg. Ses sourcils se fronçèrent, son coeur accéléra, il sentit de la sueur froide glisser dans son dos. Sa vue se brouillait, ou était-ce ses mains qui tremblaient, bougeant le papier devant ses yeux, au point qu'il voyait danser les lettres ? Alors il se dit que Tom devait avoir lu et soudain, tout ce que le blond avait dit, plus tôt, eut soudain un sens à ses yeux. Il sursauta quand il entendit la voix de Tom dans son dos :

-Pourquoi ?

Il se retourna vivement, son petit ami se tenait dans l'embrasure de la porte, les bras croisés, le regard dur, le visage fermé. Il posa le journal et se mit face à l'évier, commençant la vaisselle pour se donner une contenance. Il entendit encore :

-Bill ? Pourquoi ?

Il tourna à peine la tête et répondit simplement, essayant de ne pas faire trembler sa voix :

-Pourquoi quoi ?

-Tu sais très bien de quoi je parle...

Bien-sûr, qu'il savait ! Tom l'avait vu lire l'article et certainement avait dû le voir blêmir. Il paniqua légèrement d'abord, puis un peu plus quand il réalisa que Tom avait certainement tout compris. Maintenant Tom savait. Et il allait le quitter, prévenir la police, l'abandonner, le détester. Finalement Georg avait gagné, même mort il avait réussi à les séparer. Bill se voyait déjà rejeté, emprisonné, privé de Tom et il ne pouvait pas supporter cette idée. Dans le brouillard de ses pensées confuses il entendit Tom lui dire, avançant dans son dos :

-Il faut qu'on parle, Bill. Tu m'entends ? Parle-moi...On peut pas continuer comme ça...

Il l'entendait dire encore d'autres choses dans son dos, choses qu'il ne comprenait pas, trop pris dans sa peur, sa colère contre Georg, contre Tom aussi, parce qu'il était persuadé que le blond allait le quitter. Il baissa le regard sur ses mains dans l'évier, elles tremblaient. Il fallait qu'il arrête tout ça, il fallait qu'il empêche Tom de le quitter, de le dénoncer, il fallait qu'il trouve quelque chose à dire, mais il ne voyait pas quoi. Il vit la grande poêle et arrêta de réfléchir, et sans qu'il le veuille vraiment, sa main droite se referma sur le long manche...

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Comments :

  • chaos87th

    05/08/2011

    Et c'est repartit pour un tour !!! Bill qui recommence à faire mal à Tom.
    Je me demande jusqu'où ça va aller

  • Pucca97217

    12/09/2009

    Tom t'est intelleigent voit la verité merde!!!!
    Même après sa il l'aime quand même,j'arive pas à comprendre là.
    "Tout avait été trop vite, trop fort" je le savais c'est parti trop vite entre vous!!!
    Il va finir par le tuer j'ai l'impression

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    13/04/2009

    Cette suite est tout simplement *-*!

    Vraiment j'étais prise dans ma lecture tout du long...j'ai aimé le moment avec le père de Tom. C'est ça qui a fait prendre conscience à Tom qu'en fait bien que Bill soit violent avec lui, il l'aime et ne voudra pas le quitter quitte à supporter ses coups...c'est vraiment Hallucinant de penser ça mais je crois c'est la première fois dans la fic que Tom se résigne à aimer Bill malgré "ça".

    Ensuite l'affaire de Georg...évidement il fallait qu'elle ressorte...vraiment c'est juste superbement bien amené...
    Tom se voile la face encore, mais au fond il sait bien que Bill lui a menti depuis le début et qu'il continuera encore de le faire...parce qu'ils s'aiment...mais cette fois-ci on sent que Tom veut aller quand même contre lui...j'veux dire...il veut lui faire du mal...vraiment...sciemment cette fois-ci comme pour justifier le fait qu'il accepte ce que Bill a fait à Georg mais bien sûr il y a retournement de situation...

    La fin du chapitre!
    Tu veux nous tuer c'est ça...ah non merde c'est vrai c'est tes personnages que tu tues, mdr!

    En tout cas, j'avoue je flippe grave qu'en à la suite que tu nous reserves...je le sens vraiment trés mal...mais finalement c'est toute cette fic qui fait mal...

    Tes personnages sont tellement torturés...ça en devient insupportable et pourtant on a toujours envie d'aller plus loin avec eux...de savoir ce qu'ils vont faire...les comportements qu'ils vont adopter selon les situations...oui, parce que l'air de rien cette fic nous aura vraiment fait bcp réfléchir...on a toutes cogiter sur tes suites...et c'est ça aussi qui fait que c'est toi ... "ça se sent que c'est toi...ça se sent..." mdr...>.<... j'vais m'arrêter là ça vaut mieux je commence à sortir des conneries...

    J'ai déjà hâte d'avoir la suite...j'en peux plus ...y'a trop de suspens ici
    lol

    Des Bisous et calinoux pour Lalou qui écris des trucs fou pour nous...

    *jusqu'au bout j'aurais dit des couilles...>.<*

  • tom-th-tom

    21/03/2009

    Tom revient un peu plus dans la réalité, peut être qu'il va faire en sorte que bill va en prison .. oou pas =X

  • tom-th-tom

    21/03/2009

    oh 'tin qu'est-ce qu'il va faire l'autre fou =O

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