[Fiction] Passion Destructrice - Chapitre 15

-Il faut qu'on parle, Bill. Tu m'entends ? Parle-moi...On peut pas continuer comme ça...

Il l'entendait dire encore d'autres choses dans son dos, choses qu'il ne comprenait pas, trop pris dans sa peur, sa colère contre Georg, contre Tom aussi, parce qu'il était persuadé que le blond allait le quitter. Il baissa le regard sur ses mains dans l'évier, elles tremblaient. Il fallait qu'il arrête tout ça, il fallait qu'il empêche Tom de le quitter, de le dénoncer, il fallait qu'il trouve quelque chose à dire, mais il ne voyait pas quoi. Il vit la grande poêle et arrêta de réfléchir, et sans qu'il le veuille vraiment, sa main droite se referma sur le long manche...

Il se retourna brusquement et envoya son bras avec force pour frapper violemment, sans retenue, sans remord, sans la moindre once de lucidité. Le dos la poêle cogna dans un gros bruit affreux le visage de Tom qui, trop occupé à essayer de lui parler, ne vit pas le coup venir. Il vacilla sous le choc, étourdi, alla s'effondrer contre le frigo, glissant contre celui-ci, sans aucune force, essayant désespérément de se raccrocher à quelque chose pour se retenir, pour rester éveillé, pour tenter de lutter.

En tombant, sa tempe heurta la dure poignée de la porte du frigo et le blond, déjà lourdement touché et presque assommé, perdit complètement connaissance. Avec stupeur, Bill le regarda inconscient à terre et ses yeux tombèrent sur le sang qui avait giclé de sa bouche et son arcade sourcilière, laissant quelques gouttes sur le mur, sur le frigo et maintenant sur le sol. Le coup avait été extrêmement violent. Quelques secondes passèrent où Bill ne semblait plus avoir aucune raison, aucune mobilité, l'esprit vide. Il s'avança lentement et s'accroupit à côté du corps inanimé de son petit ami, recroquevillé contre le frigo, comme un pantin désarticulé. Il passa une main sur son visage, la retira, regarda le sang qui la souillait et fermant les yeux, lécha la paume de sa main. Il se pencha pour l'observer un peu plus et il murmura, le regard plein d'adoration :

-Si tu n'es pas avec moi, tu seras avec personne...Tu avais pas le droit, Tom, pas le droit...

Il ne semblait pas réaliser que Tom était gravement touché. Il se pencha de nouveau, posa doucement sa bouche sur celle du blond, l'embrassant tendrement, léchant le sang qui sortait de la blessure à la lèvre qu'il avait et releva la tête tout sourire, comme si le simple fait de l'embrasser pouvait effacer tout ce qu'il venait de lui faire. Il l'appela :

-Tom ? Tom ! Lève-toi, maintenant !

Voyant que Tom ne bougeait toujours pas, il haussa la voix, avança la main pour secouer un peu son épaule. Quand il le secoua, la tête de Tom roula de l'autre côté d'où elle était posée au départ, cela sembla effrayer le brun :

-Tom ! Allez, ça suffit maintenant ! Lève-toi et regarde-moi !

Tom était toujours immobile. Peu à peu, Bill sembla prendre pleinement conscience de son geste, il voyait le sang et les ecchymoses colorer le visage de Tom, sa joue qui était rouge, virait doucement sur le violet, le sang coulait hors de sa bouche et son ½il était déjà horriblement gonflé. Il se leva brusquement et prit peur. Est-ce qu'il avait tué Tom avec ce coup si violent ? Il porta les mains à sa bouche et hoqueta de peur. Il avait les yeux grands ouverts, le c½ur tambourinant. Ses yeux se remplirent de larmes et il articula, bégayant un peu :

-Tom ! S'il te plait ! Arrête, tu me fais peur ! Tu...s'il...s'il te plait, ouvre-les yeux !

Toujours pas de réponse. Bill eut l'impression de recevoir un coup de poignard en plein c½ur. Il recula farouchement, se cogna contre la table, se retourna, se cogna encore contre le coin de la porte, dériva, s'accrochant un peu au mur, courut au salon et sanglotant bruyamment, récupéra son sac de cours et se précipita à l'extérieur, courant sans s'arrêter, ignorant les regards étonnés des passants, courant sans reprendre son souffle jusque chez lui. Il n'avait qu'une seule pensée en tête « j'ai tué Tom...j'ai tué celui que j'aime... » et il se détesta soudain, aussi violemment qu'il avait porté le coup. Il arriva chez lui, essoufflé, échevelé, ouvrit la porte d'entrée à la volée, faisant sursauter sa mère qui prit peur en voyant l'état dans lequel son fils se trouvait. Elle se précipita derrière lui en criant :

-Bill ! Bill ! Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Bill !

Il courut dans les escaliers, sanglotant toujours, refusant de répondre et s'enferma dans sa chambre, ignorant les cris de sa mère, il se jeta sur son lit et hurla à pleins poumons, le visage étouffé dans le matelas. Son corps fut pris de spasmes violents, il ne voyait dans sa tête que le corps sans vie de Tom. Il martela le matelas de ses poings et de ses pieds, hurlant toujours de rage et de douleur. Il s'en voulait, il s'en voulait à mort. Il n'arrivait plus à se contrôler, il se sentait pris de folie destructrice et se redressa pour pouvoir hurler plus librement, effrayant un peu plus sa mère qui ne cessait de tambouriner à la porte, implorant son fils de lui ouvrir.

Simone était complètement désarmée, elle ne savait pas quoi faire, elle continuait de taper fortement sur la porte, se demandant s'il ne fallait pas qu'elle essaye de la défoncer. Bill n'avait jamais eu l'air d'avoir aussi mal, elle entendait son enfant hurler, elle ressentait émanant de lui un chagrin immense, un désespoir complet, une rage incontrôlée. Soudain, elle entendit d'autres bruits, indiquant que Bill était en train de tout mettre sens dessus dessous dans sa chambre, il était en train de tout casser. Elle cria de plus belle :

-Bill ! S'il te plait, ouvre-moi ! Qu'est-ce qu'il y a ? Ouvre-moi je t'en prie ! Bill ! Billy !

Bill ne répondit rien, enfin, ne lui répondait rien, il continuait de pousser des cris rageurs, extériorisant sa douleur en renversant tout ce qu'il y avait dans sa chambre, laissant un désordre monstre, déchiquetant tout ce qui passait sous ses mains, renversant son bureau, balançant ses livres un peu partout dans la pièce, retournant son matelas, déchirant ses draps, ses oreillers, faisant voler les plumes un peu partout. Il sanglotait de plus belle. Il se maudissait, s'insultait à voix haute, lui et sa violence, criait à Tom de revenir le sauver, de venir le calmer, de venir apaiser son chagrin, sa douleur. Sa plus grande peur venait de se produire, il savait qu'au fond de lui, il avait perdu Tom. Et il ne pouvait supporter cette idée. Il n'était rien sans Tom, il ne vivrait pas sans lui.

Il s'arrêta quelques secondes pour regarder un cadre photo qu'il avait mis dans sa chambre, c'était une photo qu'il avait de Tom et de lui. Lors du weekend-end organisé par le blond, ils s'étaient baladé et avaient demandé à un passant de les prendre en photo. Ils avaient fait plein de photos d'eux, ne cessant de se mitrailler l'un l'autre et Bill avait fait développé les photos et les avait mises sous verre dans sa chambre. Il passa le dos de sa main sous son nez, renifla lamentablement, essuya aussi ses yeux, et saisit un des cadres qui montrait un Tom souriant largement, le tenant tout contre lui, les yeux rieurs, parfaitement détendu, visiblement très amoureux. Il ferma les yeux, serra le cadre contre lui et son c½ur se serra quand il repensa au Tom qu'il avait laissé dans son appartement. Tom au visage meurtri, blessé, inconscient et il eut soudain horreur de lui, encore plus fort, il s'insupportait totalement, il n'arrivait pas à ressentir autre chose que du dégoût et de la haine pour lui-même et eut envie de se faire mal à son tour.

Il regarda farouchement autour de lui et sans réfléchir plus longtemps s'envoya dans le mur, laissant son corps cogner contre le béton froid. Cela lui fit mal mais pas assez, par instinct il s'était raidi et la douleur n'était pas assez forte. Alors il se releva et recommença, laissant sa tête cogner encore et encore, s'étourdissant, marquant son visage autant qu'il avait marqué celui de Tom. Il avait encore plus mal et dès qu'il tombait, il se relevait pour se jeter partout où il pouvait, s'écorchant, se giflant, se griffant, se tirant les cheveux jusqu'à ce que la douleur le fasse presque s'évanouir. Et ça n'était jamais assez.

Derrière la porte, les bruits sourds et les coups mats affolèrent encore plus Simone qui criait encore plus, secouait comme une folle la poignée de la porte, essayait de l'enfoncer de son épaule, suppliait d'ouvrir en sanglotant elle aussi.

Elle avait bien compris qu'il s'agissait d'un problème entre son fils et Tom et comme elle avait son numéro, elle décida d'appeler le blond au secours. Personne ne saurait mieux le raisonner mieux que lui. Peu importait ce qu'il s'était passé entre eux, elle supplierait s'il le fallait. Elle avait son numéro dans le répertoire de son téléphone, elle appela de suite, personne ne décrocha. Alors, elle insista, encore et encore.

Dans l'appartement, le téléphone sonnait et résonnait dans la large poche du baggy de Tom. Le vibreur étant activé aussi, cela finit par réveiller le blond. Dans un brouillard comateux, celui-ci mit de longues secondes avant de comprendre ce qu'il se passait, où il était, ce qu'il faisait à terre et pourquoi, et ce qu'était cette douleur intense qu'il avait au visage. Une migraine atroce lancinait son cerveau, il ne voyait plus d'un ½il et avait un goût de fer dans la bouche. Du sang. Son sang. Et le bruit lancinant d'un téléphone qui sonnait quelque part et de quelque chose qui chatouillait sa cuisse. Ça s'arrêtait quelques secondes et ça reprenait de plus belle. Il se mit difficilement assis contre le frigo et observa, apeuré, autour de lui. Bill...Il s'agissait de Bill. Il se souvint qu'il était avec Bill, et que c'était ce dernier qui l'avait mis dans cet état. Encore. La poêle gisait encore à terre. Il se redressa un peu plus et grimaça de douleur, chaque mouvement était une torture, sa tête tournait, son visage le brûlait, le sang coulait encore. La sonnerie reprit et les vibrations contre sa jambe le firent sursauter. Il tira le téléphone de sa poche et décrocha, il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il entendit une femme sangloter au bout du fil :

-Oh Tom ! Merci, tu décroches enfin ! S'il te plait, viens ! Viens vite ! C'est Bill, il...il va pas bien, je sais pas ce qu'il a, il...il pleure, il crie, il est en train de tout casser ! Je sais pas ce qu'il s'est passé entre vous, mais s'il te plait, viens ! Il...Il est en train de se faire du mal ! Tom ! Tom ?

Tom était toujours sonné, mais entendait distinctement des bruits affreux et des cris d'animal blessé en bruit de fonds. Simone suppliait toujours et pas un instant, Tom eut la pensée de refuser et de raccrocher. Il se releva un peu plus et dit simplement :

-J'arrive.

Il mit quelque temps à se lever et faillit maintes fois perdre l'équilibre tant sa tête tournait. Après un bon moment passé à tenter de rééquilibrer, il se rinça le visage à même l'évier, n'osant frotter son visage, le frôlant à peine, essaya de fixer un pansement sur son arcade qui saignait encore et qui commençait à tâcher le petit bout de tissus, sans qu'il s'en soucie plus que ça. Il prit ses clés, mit ses lunettes de soleil et sortit aussi rapidement qu'il pouvait pour se conduire chez Bill. Bill qui n'allait pas bien du tout, qui pétait carrément un câble à ce qu'il avait pu entendre. Il ne lui en voulait pas, pas quand il avait entendu Simone dire « il est en train de se faire du mal ».

La tête toujours douloureuse, essayant de se concentrer au mieux pour conduire de son seul ½il valide, il arriva bientôt chez Bill. De l'extérieur, il pouvait entendre le vacarme que le brun faisait mais ce qui déchira son c½ur, c'était les cris remplis d'une douleur morale atroce qu'il pouvait ressentir et son nom crié avec désespoir. Il ne sonna pas, il ouvrit directement la porte d'entrée et rejoint Simone devant la porte de la chambre de Bill qui essayait d'ouvrir de l'extérieur avec la pointe d'un couteau, sans succès. Sa main tremblait trop, ses pleurs la secouait trop. Alors il s'approcha d'elle et lui prit le couteau des mains. Il avait gardé ses lunettes de soleil, mais largement diminué à cause de son ½il invalide, il se vit obligé de les retirer pour mieux voir. Quand il remonta les lunettes au-dessus de sa tête, il croisa le regard de Simone et entendit un cri horrifié. La femme le regardait, la main sur la bouche, en un seul regard elle comprit.

Il lui fit un mince sourire et tenta d'ouvrir la porte en appelant Bill :

-Bill ! Bill, c'est moi, c'est Tom ! Ouvre-moi ! Arrête, Bill ! Ouvre !

Mais trop pris par ce qu'il faisait, Bill n'avait pas entendu Tom, et ne savait pas qu'il était derrière la porte. Il pensait l'avoir tué. Tom pensait bien défoncer la porte mais s'en sentait incapable, pas avec la douleur horrible qui le lancinait de partout et surtout à la tête. Dès qu'il faisait un mouvement brusque, ça tournait, et il avait l'impression d'avoir de l'eau bouillante dans la tête.

Il écoutait, malgré lui fasciné, les coups que Bill était en train de se porter. Simone était redescendue, en désespoir de cause téléphoner à SOS Médecins, les seuls qu'elle eut l'idée d'appeler à ce moment-là. Tom allait appeler encore une fois Bill mais au moment où il allait ouvrir la bouche, il entendit un gros bruit affreux, horrible à entendre, comme un grand coup sec asséné à soi-même, en même temps que son prénom crié avec douleur. Il secoua la poignée et appela Bill le plus fort possible mais ne reçut qu'en réponse le son d'un corps qui s'effondre, lui indiquant que Bill venait de faire une chose encore plus terrible, puisqu'après ce bruit, plus rien, hormis un silence angoissant.

A force de secouer la poignée et de triturer l'envers du loquet avec le couteau, il réussit enfin à débloquer la porte et se précipita à l'intérieur, trouvant Bill inanimé sur le sol, au milieu d'un désordre sans nom et inimaginable. Il s'agenouilla à côté de lui et remarqua de suite son visage et ses bras meurtris aussi. Il s'était affalé pas trop loin de la fenêtre et Tom pouvait facilement deviner que Bill avait dû l'ouvrir le plus violemment possible sur sa figure. Et en effet, c'était bien ce que le brun avait fait. Il n'avait pas pu supporter plus longtemps la vision du visage marqué de son petit ami, visage que d'habitude il trouvait parfait, il s'en voulait tellement qu'il avait voulu se défigurer à son tour. Se rendre ce qu'il avait donné. Il avait saisit la poignée de la fenêtre et ouvert le plus fort possible la lourde porte de bois sur son visage, se blessant profondément et s'évanouissant à son tour. Il accueillit cette perte de conscience avec reconnaissance et n'entendit pas Tom l'appeler depuis l'autre côté de la porte, ni ne le vit entrer pour se précipiter vers lui.

Tom était à genoux à côté de lui et il le releva doucement pour le prendre contre lui. Il remarqua immédiatement les marques sur ses bras, partout où Bill s'était frappé, griffant jusqu'au sang et dégagea son visage blessé des cheveux qui étaient collés par la sueur et le sang et les larmes lui vinrent aux yeux quand il amena la tête brune dans son cou. Il le berça doucement en murmurant :

-Pourquoi, Bill ? Pourquoi on en est là, toi et moi ? Quand est-ce que ça a dérapé à ce point ? Mon Dieu, regarde ton état !

Les larmes coulaient silencieusement, lui brûlant le visage, comme si c'était du sel jeté sur ses plaies ouvertes. Il entendait Simone toujours au téléphone en bas, et Bill commença à bouger légèrement dans ses bras. Il s'installa un peu mieux à terre, tout en le gardant contre lui et put voir que le brun commençait à se réveiller. Ce dernier cligna plusieurs fois des yeux, grimaçant de douleur, et mit un moment avant de reconnaître les yeux qui le fixaient, soucieux. Il soupirait, grimaçait encore, son corps lui cuisait, il s'était profondément griffé les bras, il s'était giflé violemment, arraché des poignées de cheveux, il sentait tout son corps douloureux, à vif, et il sembla réaliser qu'il était dans les bras de Tom. Il ferma les yeux quelques secondes, et quand cette information arriva à son cerveau malade, les rouvrit brusquement. Il plongea un regard blessé dans celui du blond et murmura seulement :

-Tom...

Celui-ci hocha la tête, toujours sans rien dire. Bill leva une main tremblante jusqu'au visage de celui qu'il aimait mais la laissa retomber devant le mouvement de recul qu'eut Tom. Il se blottit un peu plus contre lui et recommença le même geste. Il leva de nouveau la main et, luttant pour ne pas reculer de nouveau, Tom se laissa faire. Du bout des doigts, Bill effleurait à peine son ½il martyrisé, passait le dos de la main sur les traces qu'il avait au visage et se remit à sangloter :

-Oh Tom, pardon...pardon...je suis...pardon...

Tom était totalement dérouté par le comportement de Bill. Autant il savait être violent, autant son repentir avait l'air d'être sincère et immense. L'entendre et le voir pleurer ainsi lui arrachait le c½ur. Il lui baisa doucement le front, là où il y avait encore une petite place non rougie, non blessée et murmura, le berçant toujours :

-Chut...C'est rien...Ça va aller...Bill, on va se lever, ok ? Je vais t'aider à te lever.

Bill hocha un peu la tête mais paniqua quand il sentit Tom défaire son étreinte. Il s'écria, la voix cassée par trop de hurlement :

-Non ! Me lâche pas ! Non ! Reste ! Pars pas ! S'il te plait ! Tom ! M'abandonne pas !

Celui-ci resserra son étreinte et le rassura :

-Non, je pars pas, je me lève et je vais t'aider à te lever aussi, ok ? Je reste là, Bill, je pars pas, je te laisse pas, d'accord ? Juste, je me lève.

Alors le brun consentit à le laisser se lever et à l'aider à faire de même. Une fois debout tous deux, ils vacillèrent avec chacun les douleurs qu'ils avaient, alors Tom dut s'accrocher au brun, pendant que celui-ci faisait de même, encore, l'un étant le soutien de l'autre, la bouée de l'autre, cherchant à sortir de la chambre, pour s'assoir quelque part, la chambre de Bill étant devenue inutilisable. Ils étaient dans le couloir quand Simone revint. Elle était encore plus horrifiée quand elle vit l'état de son fils. Accroché comme un désespéré à Tom, qui n'était pas en meilleur état lui non plus. Elle secoua la tête et dit :

-Mon Dieu, qu'est-ce qu'il se passe donc entre vous ? Billy, ça va ? Bill ?

Bill ne la regardait même pas, ne semblait même pas l'entendre. Il se serrait plus contre Tom et son regard croisa celui de sa mère qu'il ne reconnut pas. Il avait le regard vide, exprimant comme seule émotion le désespoir. Il refusa de la laisser le toucher pour qu'elle aide Tom à le faire descendre et Simone recommença à pleurer, se voyant ainsi repoussée par son fils qu'elle aimait plus que tout. Dès qu'elle avançait une main, il se recroquevillait encore plus contre Tom et lui lançait un regard effrayé, refusant de lui parler et de se laisser enlever des bras de Tom. Tant bien que mal, le blond réussit à leur faire descendre les escaliers et se retrouva au salon, Bill toujours blottit contre lui. Simone dit alors :

-J'ai appelé le médecin, il...il envoie une ambulance. Des gens arrivent. Ils vont l'emmener de suite.

Tom fronça les sourcils et demanda :

-L'emmener ? L'emmener où ?

-Je suppose dans un établissement de...soins. De soins...psychiatriques...

Elle n'arriva pas à ajouter quelque chose de plus, elle pleurait de plus belle. Bill avait entendu mais s'en fichait royalement, il semblait ne pas comprendre que c'était de lui dont on parlait. Il n'était conscient que des bras de Tom qui l'entouraient, la chaleur de son corps qui dégageait, son parfum qui l'enveloppait et ça le rendait encore plus fou d'amour. Tom était vivant. Vivant et contre lui. Le blond les avaient guidés dans le canapé et ils étaient toujours aussi serrés l'un contre l'autre.

Entendre parler d'établissement de soins psychiatriques avaient refroidi le dreadé. Il savait que c'était la meilleure solution, mais ça l'énervait d'être mis face à la réalité brutale. Son Bill, son Bill qu'il aimait avait véritablement un problème. Et ça le dérangeait d'être confronté à cela. Il voulait juste rester là, le tenir contre lui, comme si faire cela allait suffir à arranger le tout. Il sentit le brun frotter son cou de son nez et ne put s'empêcher de frissonner quand celui-ci remonta une main dans ses dreads pour l'attirer un peu plus à lui, l'embrasser dans le cou et faire glisser sa bouche jusque sous son oreille. Simone s'était assise en face d'eux et Tom était gêné, elle avait bien vu le geste de Bill. Il lui murmura :

-Bill...Bill, arrête...

Il essayait de le repousser gentiment, faire que celui-ci arrête de l'embrasser dans le cou et lui lécher la gorge, mais Bill était étourdi par l'odeur de Tom, il délirait complètement. Il s'appuya un peu plus sur le blond et lui dit, les yeux mi-clos, haletant un peu :

-Tu sens bon, Tom, tu me donnes envie...Hummm...J'ai envie de toi...Fais-moi l'amour, Tom, je te veux maintenant...Je veux être nu contre toi, sous toi...Viens...

Tom était encore plus gêné. Il lança un coup d'½il furtif vers Simone qui avait ouvert grand les yeux et qui semblait vouloir dire quelque chose, sans pouvoir articuler quoi que ce soit, trop choquée d'entendre son fils évoquer sa sexualité devant elle, comme si elle n'était pas là. Tom gigota encore un peu contre le brun et dit encore, la voix pleine de gêne :

-Bill, arrête, c'est...c'est pas le moment...S'il te plait, arrête...

Mais Bill ne l'entendait pas, en effet, en si peu de temps il était déjà bien excité et ne voulait qu'une chose, c'est que Tom lui fasse l'amour, tout de suite, à la fois parce qu'il en avait envie, mais parce que comme à chaque fois qu'il avait été violent envers le blond, il tentait de se faire pardonner en se soumettant totalement à lui, puisque Tom refusait depuis longtemps de se faire prendre. Et là, il ne pouvait supporter de voir les dernières marques qu'il avait laissé sur son visage, il ressentait le besoin urgent de se faire pardonner, et pour ça, il ne voyait que le sexe comme solution. Il continuait de lui parler, gémissant sans cesse :

-S'il te plait...Fais-moi l'amour maintenant, Tom...J'en ai envie...Je te veux...Je te veux en moi, bien en moi...Tu m'as fait mal tout à l'heure mais c'était bon, recommence ! J'en veux encore...Je veux ça...

Tom n'eut pas le temps d'apercevoir la main que le brun amena jusque son entrejambe et Bill commença à le caresser au travers du pantalon. La gêne de Tom atteint son comble et Simone eut un cri étouffé, le poing devant la bouche, la situation avait l'air irréelle, Bill parlait toujours, ne regardant que Tom :

-Allez...Regarde, t'es déjà dur...Viens, Tom...Viens et prends-moi...Baise-moi fort si tu veux...Mais donne-la moi...

Tom se tortilla, le tenant d'une main, et essayant de repousser la main de Bill de l'autre. Il avait extrêmement honte et engueula Bill :

-Arrête, Bill, putain, y a ta mère ! Arrête ! Tu t'entends un peu ? Merde, reprends-toi !

-Laisse-moi te toucher, laisse-moi te prendre dans ma bouche, ou touche-moi, toi. Prends-moi, Tom, j'en ai besoin, maintenant, je veux que tu me fasses jouir, tu sais toujours si bien me faire jouir ! Comme personne n'a jamais su le faire, t'es le seul à mettre dans un état comme ça, Tom, et tu seras toujours le seul !

A force de gigoter, le blond réussit à se dégager et se leva d'un coup, mort de honte. Mais Bill se redressa aussi et se jeta sur lui, le faisant reculer contre le mur pas loin du canapé, plaquant sa main sur l'entrejambe de Tom qui ne pouvait s'empêcher de durcir sous les caresses. Malgré l'embarrassante situation, Bill avait toujours su exciter le blond et ne s'en privait pas, mais froissé de voir le blond refuser de lui faire l'amour, il insista, les écrasant tous deux contre le mur :

-Tom, baise-moi, regarde tu bandes...Me laisse pas comme ça...Donne-la moi, Tom, maintenant. Laisse-moi te déshabiller, fais-moi l'amour...Y a que ça qui ait un sens, Tom, y a que ça. Toi et moi, toi en moi...Y a rien d'autre qui vaille la peine...On est au-dessus de tout quand on fait l'amour Tom, y a rien de plus beau, y a rien de meilleur que ça...Y a rien de meilleur que toi en moi...Toi en moi si fort, si profond...Oui, fais-moi mal, comme je t'ai fait mal, rends-moi ce que je t'ai donné, impose-moi ce que je t'inflige, torture-moi autant que je te maltraite, parce qu'à chaque fois, malgré tout, on se retrouve et on arrive à passer au dessus de tout ça en faisant l'amour, Tom. Tu le sais, ça ! Fais comme à chaque fois, prends-moi fort, venge-toi ! Regarde ce que je t'ai fait ! Tu veux pas me rendre ça en me prenant comme un fou, comme tu l'as déjà fait ? Y a que ça qui nous convienne, toi et moi, ensemble ! Fais-nous oublier tout ça, pardonne-moi surtout, Tom, pardonne-moi encore une fois, une dernière ! Je veux qu'on efface tout et qu'on recommence, tu l'as déjà fait, fais-le encore, pour moi, une dernière fois !

Tom tenta de le repousser encore et l'engueula un peu plus fort, encore plus mal à l'aise de l'entendre évoquer devant sa mère la violence dont Bill faisait preuve envers lui, sans aucune pudeur :

-Bon, Bill, ça suffit ! Y a ta mère, je te dis ! Arrête de parler comme ça ! Putain, Bill, calme-toi !

Et là, pour la première fois depuis qu'il était rentré il sembla comprendre le mot « mère ». Il se tourna vers la femme qui les regardait et celle-ci ne sut dire s'il la reconnaissait vraiment ou pas. Apparemment pas, quand elle entendit qu'il s'adressait à elle avec ces mots, des sanglots dans la voix et tout en se frottant à Tom :

-Dis lui de me faire l'amour toi ! C'est si bien avec lui, tu sais pas, toi, t'as jamais été prise comme il me prend, lui ! Y a que ça qui ait un sens, y a rien de mieux quand il me prend, il me fait jouir comme personne, hein Tom ? Et je te fais jouir comme personne aussi, souviens-toi comme c'est bien toi et moi. Je te veux, encore une fois. Fais-moi jouir, encore...Prends tes menottes si tu veux...et fais-moi mal, encore !

Tom crut qu'il allait défaillir sous la honte, Simone était horrifiée, gênée, troublée et pour faire taire Bill, surtout depuis qu'il commençait à évoquer les menottes, il l'attira à lui par la nuque et l'embrassa. Il gémit de douleur dans la bouche du brun, la plaie à sa lèvre s'étant réouverte et celui-ci cassa le baiser, croyant à un gémissement de plaisir. Il essayait de déboutonner le pantalon du blond et haletait, encore plus excité :

-Oui, gémis Tom, gémis dans ma bouche, j'adore ça...Laisse-moi faire...Laisse-toi faire...Prends-moi, Tom, personne me donne du plaisir comme toi, je veux te sentir glisser en moi, là, tout de suite, maintenant...Me dis pas que tu le veux pas, je peux sentir sous ma main que tu bandes comme un malade...Je sais que tu me veux...Baise-moi, Tom, baise-moi...J'ai besoin que tu me fasses jouir encore !

Simone se leva et marcha rapidement vers eux, attrapa le bras de son fils pour le faire taire, c'était plus qu'elle ne pouvait en supporter, et elle voyait bien le malaise de Tom. Elle repoussa la main qui essayait de dézipper la braguette et s'écria :

-Bill ! Arrête ! Tu crois que c'est le moment ? S'il te plait c'est...indécent, arrête ! Calme-toi un peu et regarde-moi ! Laisse Tom, lâche-le, Bill ! Tu m'entends ? Tu m'écoutes ?

Elle essayait de le retirer de sur Tom mais il se dégagea, la repoussant d'une seule main et lui jetant un regard furieux, il cria farouchement :

-Me touche pas toi ! Tu veux quoi ? Tu veux pas nous foutre la paix ? Tu vois pas qu'on est occupé ? On va baiser, là ! Laisse-nous, t'es qui, toi ? Fous moi la paix ! Et tire-toi ! Tom est à moi et je suis à lui !

Bien-sûr, le fait qu'il ne la reconnaisse pas et qu'il la repousse à ce point en lui parlant comme ça, la fit éclater en sanglot. Tom, exaspéré, gronda un peu plus fort :

-Bill ! Merde, arrête ! C'est ta mère ! C'est Simone, Bill, c'est à ta mère que tu parles comme ça ! Calme-toi, un peu ! Tu...tu me gênes, là !

Bill, déjà énervé par sa mère qu'il ne reconnaissait toujours pas, s'énerva encore plus face au refus de Tom de lui faire l'amour. Son regard s'assombrit, son visage se durcit un peu plus, sa mâchoire se contracta, la colère le faisait trembler. Il crispa ses doigts sur le bras de Tom qui prit peur en le voyant s'énerver à ce point. Il siffla, menaçant :

-Me repousse pas comme ça, Tom...Arrête ça tout de suite !

Tom était tétanisé, et lui qui repoussait le brun, laissa retomber ses bras le longs de son corps. Le regard dur et noir de haine que lui renvoyait Bill l'effrayait au plus haut point. Celui-ci semblait se débattre intérieurement avec ses démons, oscillant entre son envie de sexe et son envie de frapper. Il détestait se faire repousser de la sorte, il ne comprenait pas qu'il mettait le blond mal à l'aise en lui parlant ainsi devant sa mère. Et plus que tout, il voulait se faire pardonner de l'avoir une fois de plus frappé en incitant Tom à lui faire l'amour sauvagement. Le dreadé semblait lire dans ses yeux et sur son visage les émotions qui le torturaient et se sentit soudain soulagé en sentant les doigts qui serraient fortement son bras, au point que les ongles étaient ancrés dans sa peau, se relâcher. Il tenta de le raisonner, un peu plus faiblement cette fois, la voix un peu craintive, mais faisant comme si de rien n'était pour ne pas que Simone détecte sa peur :

-Bill...Ta mère est là...

Celui-ci digéra lentement l'information et se tourna vers la femme qui pleurait toujours plus fort mais qui les regardait toujours, la voix soudain enfantine, il hoqueta et demanda, hésitant :

-Ma...maman ?

Simone hocha la tête, heureuse de voir qu'il la reconnaissait enfin. Mais ce fut de courte durée puisqu'il fronça de nouveau les sourcils un instant, puis son visage se détendit, prenant un air malheureux et il la supplia, la regardant mais s'accrochant toujours fortement au tee-shirt de Tom :

-Dis-lui, toi ! Dis-lui que je le veux ! Dis-lui qu'il faut qu'il me fasse l'amour ! J'ai besoin de lui, j'ai besoin de lui à l'intérieur de moi, y a que ça qui me tient vivant !

Énervée, désemparée, Simone cria, regardant Tom avec fureur :

-Mais bon sang ! Qu'est-ce que tu as fait de lui ? Qu'est-ce que c'est que cette relation malsaine qui tue mon fils, qui le rend comme ça, hein ? Tu vois ce que tu as fait, Tom ? Lâche-le ! Lâche-le et sors de chez moi ! Je m'occuperai de lui, tu es pas bon pour lui ! Regarde-le, votre relation est...pas bonne pour lui !

Tom écarquilla les yeux, il voulut protester mais fut coupé par un hurlement de Bill qui se jeta sur sa mère et la repoussa violemment :

-NON ! Tu lui dis pas de partir ! Ça va pas ? Lui parle pas comme ça, pourquoi tu lui parles comme ça ?! Je t'interdis de lui dire de partir ! Pars toi ! Laisse-nous tranquille ! T'es qui, hein ? T'es qui pour lui dire ça ? Pas bon pour moi ? Mais qu'est-ce que t'en sais, hein ? Tu sais pas, tu sais rien ! Tu comprends pas !

Tom s'était élancé derrière Bill pour le retenir, maintenant il se débattait pour se rejeter sur sa mère, furieux, criant toujours avec rage, effrayant toujours plus la pauvre femme. Bill était dans tous ses états, on venait d'évoquer devant lui le fait que Tom devait le laisser et ça le mettait hors de lui. Tom était la seule personne qui puisse le garder un minimum en contact avec le réel. Seul Tom avait un sens pour lui, le reste n'avait aucune importance, aucun sens, aucune réalité. Il ne reconnaissait personne à part le blond et ne se souvenait que de lui et de son histoire avec lui. Il ne laisserait personne dire que Tom n'était pas bon pour lui. Jamais. Là, il voulait simplement frapper la femme qu'il ne reconnaissait pas et qui le faisait mal par des paroles qu'il jugeait insensées, mortelles pour lui parce qu'elles blessaient son Tom.

La porte d'entrée était restée ouverte et des hommes entrèrent rapidement, c'était les ambulanciers, précédés d'un médecin et de deux infirmiers. Ils avaient une carrure imposante et en parlant avec Simone plus tôt au téléphone et en entendant le raffut que Bill faisait derrière, ils avaient compris qu'il fallait venir à plusieurs, histoire de pouvoir le maîtriser. Bien-sûr, en entrant, ils évaluèrent rapidement la situation et ils allèrent droit sur Bill et l'arracha des bras de Tom qui protesta immédiatement :

-Hey ! Doucement, les gars, allez pas si fort, faites attention ! Le bousculez pas ! Doucement !

Bill s'était remis à hurler, paniqué, complètement affolé, il se débattait de plus belle, lançant ses bras et ses jambes un peu partout, frappant au hasard pour se défaire de l'étreinte des infirmiers qui essayaient de le retenir fermement. Il hurlait à Tom de l'aider :

-Tom ! Tom, s'il te plait ! Aide-moi ! Les laisse-pas me toucher ! Ils vont m'emmener loin de toi, Tom ! Ils me font mal ! Tom ! Tom, au secours ! Ils me serrent ! Ils m'étouffent ! Tom !

Tom s'était mis à pleurer sans même s'en rendre compte, il essayait vainement de se faire entendre dans tout ce vacarme, essayant d'aller vers Bill, mais se voyant retenu par les ambulanciers. Le médecin essayait de parler parmi tout ce brouhaha et Tom essayait de parler plus fort :

-Doucement les gars, faites attention ! Merde lâchez-le ! Vous lui faites peur ! Le tenez pas si fort ! Bill, Bill regarde-moi, calme-toi, je suis là, ok ? Je suis là ! N'aies pas peur !

Bill n'entendait rien, il se débattait toujours férocement et cherchait Tom du regard, hurlant et pleurant toujours, furieux et effrayé :

-Tom ! Me laisse pas ! Les laisse pas m'emmener ! Me quitte pas, Tom ! Je crève si tu m'abandonnes ! Je suis plus rien sans toi ! Me touchez pas ! Tom, aide-moi ! TOM !!!

Tom put se dégager et alla vers Bill, essayant de se montrer pour le calmer un peu et se faire entendre :

-Bill, je t'abandonne pas, je te quitte pas ! Regarde je suis là, regarde-moi, Bill ! Je suis là, je te quitte pas ! Calme-toi, s'il te plait ! Bill, regarde, je suis toujours là ! Je reste avec toi, je te lâche pas, ok ?

Il s'énerva un peu plus contre les infirmiers qui serraient Bill tellement fort que celui-ci gémit de douleur :

-Merde ! Vous lui faites mal ! Vous le tenez trop fort, ça lui fait mal, regardez ! Serrez pas si fort, lâchez un peu, vous voyez pas qu'il a peur ? Laissez-moi le-

Un infirmier, agacé, le coupa et répliqua :

-Non, reculez ! Désolé, il bouge comme un diable, restez pas là, s'il vous plait ! Docteur, c'est prêt ?

Le docteur intervint :

-Oui, tenez-le, je pique !

Tom ouvrit un peu plus les yeux et voulut se jeter sur le médecin, se voyant coupé en plein élan par les ambulanciers qui avaient remarqué son geste. Le blond demanda, inquiet :

-Mais...mais, vous piquez ? Vous piquez pourquoi ? Vous lui faites quoi, là ? Docteur, merde, vous faites quoi ? Bill, je suis là, regarde-moi, je bouge pas, je reste avec toi, Bill !

Le docteur ne répondit pas, il enfonçait déjà l'aiguille dans le bras de Bill, injectant un puissant tranquillisant, celui-ci se débattit encore un peu et se calma soudain, son corps ramollissant, se laissant envahir par la drogue qui faisait son effet. Un des infirmiers le relâcha et Tom aussi fut libéré. Il se précipita vers Bill et le soutint comme il put. Il regarda l'homme qui le tenait encore et supplia :

-Lâchez-le maintenant, vous voyez bien qu'il peut plus rien faire ! Je vais le tenir !

Il reçut Bill dans les bras qui était pratiquement amorphe. Il dégagea son visage des mèches qui le recouvraient et se pencha pour lui parler à l'oreille, s'agenouillant avec le poids du corps endormi du brun qui se faisait plus lourd dans ses bras :

-Bill, je suis là, je suis là...Ça va aller maintenant, ok ? Je te laisse pas...Je reste avec toi...Je t'aime...Ça va aller, maintenant...Pardon, Bill, pardon...J'ai jamais voulu tout ça...Je t'aime Bill...Je t'aime mon amour...

Le brun échangea un dernier regard avec lui, et mima quelque chose avec sa bouche. Tom approcha son oreille et il entendit souffler presque indistinctement :

-...T'aime...

Il eut un énorme sanglot et serra contre lui le corps inanimé de Bill qui avait enfin glissé dans l'inconscience. Il l'embrassa sur les lèvres et lui murmura :

-Moi aussi je t'aime...

Et se vit retirer le brun des bras par les hommes qui les entouraient. Les ambulanciers avaient été chercher une civière, on sanglait déjà Bill dessus. Tom les regardait, désemparé, malheureux, bien que certain que c'était la meilleure solution mais il trouvait le brun encore plus fragile comme ça et demanda au docteur, qui avait finit de parler à Simone :

-S'il vous plait, prenez soin de lui, il...il est fragile, il...s'il vous plait...

Il ne pouvait continuer, il pleurait trop. Touché, le médecin posa une main sur son épaule et lui dit :

-Rassurez-vous je suis là pour ça. Ne vous inquiétez pas, nous ferons en sorte qu'il aille mieux bientôt. Vous aussi vous devriez voir un médecin, vous êtes dans un sacré état et là, je dois partir, accompagner M. Kaulitz, je ne peux donc rester vous soigner. Mais il faudra que je vous vois bientôt, pour lui et...

Il hésita un instant mais ajouta tout de même :

-Et certainement un peu pour vous aussi...

Tom ne répondit rien, hochant simplement la tête et il suivit les hommes qui installèrent Bill dans l'ambulance. Les portes se refermèrent sur le visage blessé et tourmenté mais endormi de Bill et en peu de temps, les voitures s'éloignèrent. Il éclata en sanglot, se laissant tomber dans la poussière à genoux, laissant enfin éclater toute sa peine, sa douleur, son désespoir, son impuissance face à cette situation et sa colère pas encore totalement oubliée. Il n'arrivait pas à se calmer et sursauta quand il sentit une main se poser timidement sur son épaule. Il releva la tête, et vit à travers ses larmes Simone, qui pleurait elle aussi. Elle l'aida à se relever et ils se regardèrent un instant. Tom avait peur de subir encore des reproches et fut étonné quand elle le prit dans ses bras. Il pleura plus fort, répétant sans cesse :

-Je...Je suis désolé...Tellement désolé pour tout ça...Désolé...

Elle caressa son dos et dit simplement :

-Ils m'attendent à l'hôpital. Je vais y aller. Je vais voir mon fils.

Il hocha la tête et se défit de son étreinte. Il la regarda lui tourner le dos pour aller à sa voiture mais elle s'arrêta soudain, se retourna et tendit la main vers lui, les larmes toujours aux yeux et un minuscule sourire :

-Viens, on y va ensemble...

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Comments :

  • chaos87th

    06/08/2011

    Je pense que c'est bien que Simone ai appelé des médecins pour qu'ils emmènent Bill, sinon je suis sûre qu'avec ce qu'il s'est passé Tom n'aurait pas eu la force de le faire.
    Cette fois c'était limite pour eux 2.

  • Pucca97217

    12/09/2009

    Non sérieux Bill faut le faire enfermé.
    Non mais faudrait les amener tout les deux en psychiatrie.
    Tom est plus lucide que Bill mais c'est l'amour passionnel et ils vont finir par se tuer.

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    13/04/2009

    Olala! Lalou je pleure comme pas permis là!

    Ce chapitre est juste le plus beau et en même temps le plus horrible que tu as écrit!
    On ressent d'abord l'angoisse de Bill lorsqu'il croit avoir tué Tom. Pétard quand il se cogne contre les murs et qu'il se fait du mal...c'est juste super prenant...y'a vraiment du suspens quoi...on se demande si Tom va répondre au téléphone...
    Heureusement oui, mais fiouu...

    Avec ce chapitre on se rend vraiment compte de l'ampleur de leur passion qui effectivement est destrucrice et je dirais même une passion mortelle...
    Je sais que tout le monde s'en fou et que ça va paraître con de dire ça mais le mot passion vient du latin patior qui signifie souffrir et putain qu'est-ce qu'ils souffrent dans cette histoire!

    C'est vraiment horrible le moment où Bill ne cesse de dire à Tom qu'il veut qu'il lui fasse l'amour et dévoile toute leur vie sexuelle devant sa mère...vraiment c'est une situation super perverse...mais tu as su trés bien l'écrire.

    Sincerement tu m'as bluffée, une fois de plus, parce que je ne m'attendais pas du tout à une suite de ce genre!
    Tu sais que ce que tu écris est inédits dans le monde des fics yaoi sur Bill et Tom...en tout cas moi c'est ce que je pense! Je n'avais jamais rien lu de tel!
    J'étais fébrile tout au long de ma lecture mais c'est à la fin du chapitre où j'ai commencé à pleurer! lorsque les medecins arrivent et qu'ils les séparent!
    Et puis surtout...surtout le moment où Tom demande pardon à Bill alors qu'il a reçu la piqûre! Vraiment Tom est un ange dans l'histoire nan? Il lui pardonne tout...putainn d'Amour comme je l'avais déjà dit dans un autre com' pour cette fic!

    Mais le moment qui m'a literallement fait fondre en larme c'est lorsque Tom se penche sur Bill pour qu'il entende lui souffler "t'aime" et qu'il lui répond "Je t'aime"!

    Vraiment un chapitre où les émotions se bousculent!
    A un moment donné je me suis dit: Merde Simone ne va pas vouloir que Tom revoit Bill et ça va être super dur pour eux, c'est juste impossible de les séparer mais nan...encore une fois je suis étonnée et c'est ça que j'aime avec toi! *-*
    Simone lui demande de venir avec elle!
    Je crois que le pire c'est qu'avec ce chapitre j'arrive même plus à en vouloir à Bill...Tom l'aime alors du coup on a pas envie qu'ils soient séparés et que Bill soit loin de lui.

    Bon je sais ce com' est un peu confus mais sans dec' t'as vu le chapitre que tu nous a fait!

    J'ai juste envie de connaitre la suite, une fois de plus! Je me demande comment tout ça va se finir!

    Merci tout simplement...voilà je crois j'ai dit le principal là en fait!

    Des Bisous!

  • tom-th-tom

    21/03/2009

    il serait pas un peu skyzo ? Oo'

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