[Fiction] Passion Destructrice - Chapitre 16 (2/2)

***

Deux semaines avaient passées. Deux semaines qui ressemblaient à deux années pour Tom. Bill lui manquait comme jamais et il était sous anti-dépresseurs. Il avait été forcé de dire la vérité à ses parents, son état lamentable ne permettant pas autre chose. Il avait voulu dire qu'il s'était battu avec des types mais ça aurait été trop louches, alors il dit simplement la vérité. Ses parents furent horrifiés, culpabilisant de n'avoir jamais rien remarqué. Il tut seulement que ça n'était pas la première fois qu'il avait été frappé par Bill. Simone prit contact avec les parents de Tom et ils eurent une longue conversation. Le père de Tom était fâché au début. Mais il voyait son fils s'enfoncer dans la dépression sans qu'il put faire quoi que ce soit. Tout le monde essayait d'aider le blond mais il refusait farouchement d'en parler, ou de se laisser réconforter. Tout ce qu'il voulait, c'était Bill. Il appelait tous les jours l'hôpital, pour avoir des nouvelles, on lui répondait toujours la même chose, que Bill allait « bien », qu'il voyait régulièrement le psychiatre, que son état s'améliorait doucement. Jamais on lui disait que le brun le réclamait, jamais on lui disait quelque chose d'affolant.

Les débuts furent difficiles pour Bill. Quand il se réveilla, il eut peur, bien-sûr. Il cria, se débattit, pleura énormément, réclama Tom à grands cris. Plusieurs fois on dut lui injecter un tranquilisant. Mais au fur et à mesure, il allait un peu mieux, il communiquait peu, mangeait peu, parlait à peine au personnel, n'ouvrant la bouche que pour demander « Tom, il vient quand ? » ou « Faut que je l'appelle, il doit attendre que je l'appelle ». Ils n'arrivaient tout simplement pas à être l'un sans l'autre. Simone avait été autorisée à le voir, un peu plus tôt avant la fin de la deuxième semaine. Le médecin avait ordonné qu'elle raconte à Bill leur vraie histoire familiale. Il était fâché depuis. Il en voulait à sa mère. D'ailleurs, hormis Tom, rien ne l'intéressait. Il l'avait à peine reconnu quand elle était venue le voir la première fois, demandant uniquement « Et Tom, il est là ? » et refusa de parler quand elle lui répondit que non. La thérapie était douloureuse et très longue. Il commençait à prendre conscience de ses actes. Il avait totalement oublié Georg mais se rappelait la violence dont il avait fait preuve envers Tom et ça le tuait un peu plus quand il y pensait. Le psychiatre réussit à lui faire comprendre que Tom ne lui en voulait pas, et qu'ils n'étaient pas séparés. Mais plusieurs fois il faisait de violentes crises où il réclamait Tom, exigeant de le voir, qu'on le fasse venir, et ces moments-là étaient pire que tout parce qu'ils se terminaient de la même façon, on lui passait la camisole de force, il était piqué et emmené dans sa chambre, dormant pendant 24h d'affilée. Il était tour à tour furieux, effrayé, jaloux de savoir Tom hors de son contôle. Mais peu à peu il se calmait. Et par-dessus tout il s'en voulait énormément. Il avait envie de dire au blond à quel point il regrettait, lui demander pardon, lui dire qu'il l'aimait. On lui avait juste dit qu'il verrait Tom « bientôt ».

De son côté, Tom avait eu rendez-vous avec l'inspecteur. Il était content que ça se soit bien passé.

Flashback :

Le bureau était rempli de policiers courant dans tous les sens, papiers en mains. Il y avait des bruits de claviers, de téléphones qui sonnent, de rires bruyants. Tom avait les mains moites de se retrouver ici, il souhaitait juste que cela se passe comme il avait prévu. L'inspecteur qui l'attendait le fit entrer. Un agent se trouvait là aussi, prêt à prendre des notes et la série de questions commença. On lui demanda depuis combien de temps il connaissait Georg, s'il l'avait vu avant sa mort, combien de temps avant, bref toutes les questions possibles et imaginables pour la situation.

Tom répondit du mieux qu'il put. L'inspecteur avait remarqué, bien-sûr, son visage blessé et demanda ce que c'était. Tom lui répondit :

-C'est rien. Un petit problème. Je me suis battu.

-Vous avez porté plainte ?

-NON !

Il se reprit quand il s'aperçut qu'il criait :

-Non, c'est pas la peine. Ca se reproduira plus de toute façon. Vous avez d'autres questions ? Parce que je dois aller bosser, là.

L'inspecteur consulta ses notes et soupira un grand coup. Puis il posa la question que Tom redoutait tant :

-Savez-vous si quelqu'un en voulait à M. Listing, un ennemi quelconque, quelqu'un qui le détesterait, n'importe quoi, réfléchissez bien, même le plus petit détail pourrait nous aider...

Tom ne mit pas longtemps à réfléchir. Il garda un visage neutre, prit juste quelques secondes pour laisser penser qu'il réfléchissait, au lieu de se précipiter à répondre comme il en avait envie, ça aurait fait suspect. Il releva la tête, étonné lui-même de s'entendre répondre avec fermeté, sans trembler, sans bégayer, il dit :

-Georg était mon meilleur pote depuis qu'on avait 5 ans. Y aurait quelqu'un qui lui voulait du mal, j'aurais été le premier au courant. Il était apprécié de tous. Aucun ennemi, aucun problème. Alors non. Non, il n'y avait personne dans son entourage qui le détestait au point d'avoir pu lui faire cela.

L'inspecteur le regarda longuement et Tom vit avec satisfaction la déception dans son regard. Ils continuèrent un moment et le policier lui fit signer sa déposition et le remercia d'être venu, ajoutant qu'il pouvait toujours les rappeler si « il se souvenait de quelque chose ». Tom se leva, remercia et sortit. Il referma la porte derrière lui et s'y adossa un instant, le coeur tambourinant et tenta de reprendre ses esprits. La porte, mal enclenchée s'entrebaîlla à peine, sans que les policiers à l'intérieur ne le remarquèrent. Tom entendit distinctement l'agent dire :

-Merde, va falloir classer le dossier, alors ?

Et la voix de l'inspecteur, après un long soupir et quelques secondes de silence :

-On a pas plus d'infos, je vois pas ce qu'on peut faire de plus. On est là-dessus depuis un moment, bien avant que les journaux n'en parlent, on a interrogé tout le monde, personne n'a vu qui que ce soit ! Merde, les parents du gars vont être verts, mais y a rien d'autre à faire que de classer le dossier, en attendant qu'un indice quelconque nous le fasse le ressortir. Allez, fous moi ça dans les dossiers « Non résolus », on peut rien faire d'autre.

Tom s'éloigna directement, inutile d'attirer l'attention sur lui, ni par les policiers à l'extérieur ni par l'inspecteur qui serait alerté de le savoir en train d'écouter. Ce fut seulement quand il fut assis dans sa voiture, à l'abris de tous regards qu'il s'autorisa un sourire. Bill n'avait pas été cité une seule fois, il était définitivement mis hors de cause...

Fin flashback


Les journées de Tom étaient rythmées de la même façon, de toute manière il n'avait plus goût à rien. Il attendait impatiemment que le psychiatre l'appelle pour lui dire qu'enfin il pouvait voir Bill. Ses parents ne voulaient plus qu'il le voit mais il avait répondu hargneusement :

-Je suis majeur, j'ai mon chez-moi, j'ai pas l'intention de le laisser tomber ! Il est en train de se faire soigner pour aller mieux, je le quitte pas, oubliez l'idée ! J'ai bien l'intention de le revoir, et de rester avec lui. Faudra vous y faire. Si ça vous plait pas, tant pis. Vous me reverrez plus et c'est tout.

Sa mère pleura, son père comprit mieux la réaction qu'il eut quand il lui avait lu cet article dans le journal, le jour où tout dérapa encore plus. Son fils, son Tom était battu, depuis un moment, battu mais amoureux fou quand même. Inutile de le dissuader, il n'écoutait rien. Il aimait Bill, il le reverrait, avec ou sans leur accord.

Lentement, la vie reprenait son cours. Tom se retrouvait seul chez lui en fin de journée. Il prenait une douche, mangeait à peine, regardait un peu la télé mais surtout, ne se rendait pas compte qu'il se laissait glisser dans la démence à son tour. Il s'asseyait là où Bill s'asseyait quand il était chez lui. Dans le canapé, à table dans la cuisine, il dormait là où Bill avait dormi, inspirant à pleins poumons l'odeur qu'il avait laissé dans l'oreiller. Beaucoup de ses affaires étaient chez Tom, et le blond mettait même les tee-shirts de son petit ami pour dormir. En fait, le lit était rempli des vêtements de Bill. Tom avait les mêmes photos que le brun et en avait aggrandies certaines, en format poster pour les afficher au mur de sa chambre. Il avait collé au plafond un immense poster de Bill qui posait seul, souriant, l'air détendu et heureux. Et souvent il restait allongé, fixant simplement la photo, ayant l'impression que le brun était avec lui. Et alors, il commençait à se caresser doucement, fermant très fort les yeux, ayant l'impression que c'était la main de Bill qui le branlait et il jouissait en gémissant et sanglotant le prénom de son amant, malheureux loin de lui. Il dormait peu et très mal, cauchemardant chaque fois qu'il s'endormait enfin, revivait la scène où Bill se débattait, criait, pleurait, et lui-même se réveillait dans un sale état. Il refusait de prendre les somnifères, il ne les prenait que lorsqu'il sentait qu'il était vraiment à bout et qu'il passait plus de trois jours les yeux grands ouverts. Par contre il était sous anti-dépresseurs et devait bien reconnaître que cela l'aidait, sinon il angoissait et s'effondrait en larme dès qu'il pensait à Bill. Là, au moins il pouvait tenir un peu mieux.

Il n'arrivait à rien, sans lui. Et il sentait que c'était pareil pour Bill. C'était affreux, horrible, pourtant on lui disait chaque jour que Bill allait un peu mieux, qu'il progressait, mais il ne le croyait pas. Ils n'étaient rien, l'un sans l'autre, peu importe leur degré de folie, la maladie, l'état de Bill, Tom se sentait capable de supporter bien plus, pourvu qu'on lui rende Bill.

Son téléphone sonna, c'était Simone qui expliqua brièvement que ça y était, le psychiatre venait enfin de lui accorder le droit de visite pour le lendemain. Bill n'était pas encore prévenu, il le serait juste avant sa visite. Tom n'en pouvait plus, émotif depuis un moment, il ne put que pleurer quand il sut cela. Il savait qu'il ne dormirait pas, alors pour une fois, il prit un des somnifères qu'on lui avait prescrit pour s'étourdir et faire passer la nuit plus vite. Il s'endormit en regardant une fois de plus le poster accroché au plafond, souriant :

-Putain, demain on se voit, Bill ! T'entends ? Je te vois demain ! Il était temps...

Il se réveilla en sursaut, avant que le réveil ne se mit à sonner, malgré le somnifère encore un peu présent dans son sang et fila directement sous la douche se réveiller encore plus avec une douche froide. Il se fit beau, il n'avait pratiquement plus aucune trace sur le visage. Il allait enfin revoir Bill...

La matinée passa trop longuement à son goût, les visites étant l'après-midi, il dut aller travailler avec son père et ne dit pas qu'il allait voir Bill, sachant d'avance que son père y mettrait une objection. Il déjeuna vite fait d'un sandwich dans la voiture, pendant qu'il faisait le trajet. Et quand il arriva à l'hôpital, on lui indiqua la chambre de Bill, il avait été transférer dans un service plus calme, moins angoissant. Il arriva devant la porte qui était fermée et hésita un court instant. Et si Bill refusait de le voir ? S'il se faisait jeter ? Dans quel état allait-il le trouver ? Il s'inspecta une dernière fois, expira un grand coup et ouvrit enfin la porte.

Il s'avanca dans la pièce, l'air timide, se sentant un peu pâle et vit Bill assis sur son lit. Ce dernier leva le regard sur lui, sans bouger. Il se figea au milieu de la pièce, ne sachant que dire, Bill avait le regard étonné, incrédule, mais se taisait toujours. Il avait l'air un peu bouffi, certainement à cause des médicaments dont on devait le gaver, se dit-il, mais il était toujours aussi beau, aussi fin, maquillé avec soin, habillé comme s'il sortait de cours, jean et tee-shirt moulant. Encore plus beau que dans son souvenir...Puis, il vit sa lèvre inférieure trembler un peu et le brun se leva lentement. Le blond souffla doucement :

-Hey...

Bill s'arrêta net, le fixant toujours intensément et soudain, se précipita vers lui et...lui asséna une gifle magistrale en plein visage. Tom n'eut pas le temps de réagir, qu'il sentit de suite son corps s'écraser contre le sien et il sentit des larmes dans son cou :

-Oh pardon, Tom, pardon mais...Salaud ! Tu m'as laissé ! Tout ce temps sans nouvelles de toi ! Pourquoi ?

Tom referma ses bras autour de son amour, il avait déjà oublié la gifle qu'il venait de se prendre de nouveau. Il remonta une main dans ses cheveux et ne s'aperçut pas qu'il fermait les yeux :

-Je t'ai pas laissé, Bill ! Ils m'ont pas laissé te voir avant ! Putain, tu m'as manqué...

Bill releva la tête et posa brutalement sa bouche sur la sienne, se collant encore plus contre Tom, l'obligeant à reculer contre la porte. Ils s'embrassaient à perdre haleine, se laissant envahir par la chaleur de l'autre qui leur avait tant manqué. Enfin, ils revivaient...Enfin ils retrouvaient l'oxygène qui leur était vital...Enfin, ils allaient mieux...

Ils n'arrivaient pas à s'arrêter et se sentaient durcir, l'un contre l'autre. Ils se dominaient à tour de rôle, emplissaient la bouche de l'autre de la langue, mêlaient leur salive et leur souffle, se caressaient à travers leurs vêtements. Tom crispait les doigts dans les cheveux de Bill, jamais il ne s'était senti aussi proche de lui, jamais il n'avait mieux compris la folie du brun puisqu'à son tour, il avait envie de lui faire mal, mal autant qu'il lui avait manqué. Il voulait tirer sur ses cheveux, l'embrasser durement, lui mordre le cou, mais résistait de toutes ses forces. Il se souvenait que le docteur avait contre-indiqué les rapports violents entre eux pour aider à la guérison de Bill. Eviter toute forme de violence, apprendre à Bill qu'on pouvait aimer sans faire mal, parce que non, l'amour n'est pas censé faire mal. Mais ils avaient du mal tous deux.

Ils s'arrêtaient à peine pour respirer, se serrant l'un contre l'autre, s'embrassant à s'étouffer, pleurant presque de bonheur. Bill commençait à se frotter à Tom et le blond cessa le baiser pour dire, essoufflé :

-Putain...je...j'en peux plus...je veux plus être sans toi !

Bill lui répondit de la même façon :

-Tais-toi, tais-toi et viens...j'ai envie de toi...

Tom regarda un peu partout, dérouté et réfléchit à toute vitesse :

-Non ! Non, attends...attends je...bouge pas !

Il se détacha de Bill et sortit de la chambre, sous le regard interloqué de son petit ami qui n'eut pas le temps d'en demander plus que ça. Tom se précipitait, il venait d'avoir une idée. Il fallait juste qu'il s'assure qu'il pourrait la mettre à execution. Il passa devant la salle de télévision, il avait vu certains malades installés. Il jeta un rapide coup d'oeil dans la piece et nota une jeune femme qui s'y trouvait et qu'il avait vu en passant, avant d'aller voir Bill. Oui, Léna était toujours là, regardant sans vraiment la voir la télévision. Tom regarda un peu partout et constatant qu'il n'était pas surveillé, il s'approcha de la télé et d'un mouvement vif, il l'éteind. La réaction de la jeune femme ne se fit pas attendre, elle se mit à hurler, il sortit en vitesse, se précipitant dans les premières toilettes qu'il trouva, le coeur affolé et écouta les bruits de pas précipités qui se dirigeaient dans la salle. Pendant qu'on tentait de calmer la jeune femme, sans succès, Tom courut jusque la chambre de Bill qu'il ouvrit à la volée et l'attira de suite par la main :

-Viens, dépêche-toi !

Celui-ci n'opposa aucune résistance mais demanda, très étonné :

-On va où ? Hein, Tom ? On va où ?

-Chut, attends...

Ils arrivèrent jusque l'accueil où par bonheur la standardiste s'était absentée, personne en vue, il leur restait à passer la cour, surveillée par un vigile. Tom nota l'alarme à incendie et alla droit dessus, tirant toujours Bill, il appuya dessus et une grosse sirène retentit. De la porte vitrée, il voyait le vigile hésiter un instant et accourir vers eux. Il ne réfléchit plus longtemps, tout le monde commençait à s'affoler, d'autant que certains malades s'étaient mis à hurler. Il poussa Bill derrière la fausse grosse plante verte de l'entrée et le vigile entra rapidement, ne levant même pas un regard sur lui. Ils purent donc se faufiler dehors à toute vitesse, et Tom démarra comme un fou, sans que personne n'intervienne. Il soupira quand il sortit de l'enceinte du bâtiment, ils avaient pu passer.

Bill était blême, mais souriait, il accrocha sa ceinture et demanda :

-Tu nous la joues gangster, beau blond ! En tout cas je te préviens, on va se faire engueuler !

-Je m'en fous, je te ramène pas ! Tu restes avec moi, c'est pas ta place là-bas, j'y arrive pas sans toi et je veux pas me contenter d'une visite par jour ! Merde, on y va !

-On...tu me ramènes plus ?

Tom le regarda et caressa sa joue :

-Non. Maintenant tu restes avec moi. Tu me quittes plus.

-On va où ?

-A l'hôtel.

Effectivement, Tom les conduisit dans un petit hôtel dans les parages et après avoir garé sa voiture dans un endroit discret, il paya de suite une chambre pour eux et se vit remettre la clé par un gérant grassouillet et indifférent.

A peine arrivé dans la chambre, il se jeta de suite sur Bill et s'empara de sa bouche avec fièvre. Pendant que les mains déshabillaient le corps de l'autre, les bouches et les langues bataillaient furieusement. Tom s'arrêtait juste pour souffler :

-Putain, comme tu m'as manqué ! Je veux plus jamais être loin de toi, c'était nul, c'était à chier ! J'ai failli crever ! Jamais me laisse plus ! Je suis rien sans toi ! Je suis une loque, un misérable, j'ai besoin de toi, reste avec moi !

Bill souriait, son amant lui avait manqué aussi, l'entendre lui débiter tout ça, le sentir l'embrasser comme un assoiffé le transportait. Ils s'embrassaient et c'était meilleur que tout. Bill cassa le baiser et plongea ses yeux dans ceux de Tom disant :

-Moi non plus, je sais pas être sans toi. J'y arrive pas. Ils disent pourtant que je fais des progrès, mais moi sans toi, j'y arrive pas. Et tu vois, là, je suis avec toi, et j'ai l'impression que tout redémarre comme avant, comme si on avait jamais été séparés. Tout comme avant. Rien n'a changé.

Il lui tourna le dos et alla s'installer sur le lit et termina de se dévêtir. Tom s'assura que la porte était bien fermée à clef et rejoint son homme sur le lit. Bill le déshabilla lentement, le regardant toujours dans les yeux et s'arrêtait pour embrasser une épaule qu'il dénudait, la gorge que Tom offrait, la main qui caressait sa joue. Ils furent nus tous deux et déjà les mains de Tom étaient partout sur Bill. Ce dernier fermait les yeux, gémissait sans cesse, s'abandonnait totalement, pressait son amant de le prendre parce qu'il « n'en pouvait plus ». Une forte tension sexuelle emplissait la chambre, elle avait le goût de leur séparation, de leur attente, du manque que l'un avait de l'autre. Ils ne se lâchaient plus et se soufflaient des mots d'amour, se disant combien l'autre leur avait manqué et combien il l'aimait, comment il ne pouvait se passer de l'autre et qu'ils allaient rester ensemble à partir de maintenant, envoyant tout le monde se faire fouttre.

Tom descendit la bouche sur tout le buste de son amant et lécha et embrassa chaque parcelle de peau qui s'offrait à lui, faisant frissoner le brun et se tortiller voluptueusement sur le matelas. Bill tirait un peu sur ses dreads et ça le rendait encore plus fou. Il voulait lui en donner encore plus, lui faire encore plus de bien, alors il prit directement le sexe de Bill en bouche et le suça profondément pendant de longues et délicieuses secondes. Il s'arrêta pour continuer de descendre la bouche, léchant tout le périnée, et caressa de suite le long de la raie des fesses de Bill qui gémit plus fort :

-Haaaan...Tom ! Tu...C'est si bon...Continue, Tom...Si bon...

Le dreadé caressait son orifice du bout de la langue, le chatouillant un peu, l'excitant un peu plus, le faisant gigoter un peu plus, tenant ses fesses ouvertes pour mieux le pénétrer de la langue. Il fit quelque allers-retours comme ça, entrant et sortant son muscle de l'intimité de son amant qui tremblait presque et une fois certain de l'avoir suffisamment excité il remonta. Il se vit attraper par le visage et embrasser fougueusement, les mains de Bill enserrant fortement chaque côté de son visage. Bill arrêta pour lui dire, toujours dans les yeux :

-Je t'aime Tom, je t'aime tellement, je t'aime trop. Ca n'a pas changé, ça changera jamais.

Tom lui répondit avant de l'embrasser :

-Non, ça changera jamais. Je veux pas que ça change...

Il se positionna confortablement entre les cuisses que le brun avait indécemment écartées et après avoir enduit son sexe de salive encore un peu, il le pénétra doucement, caressant son front, embrassant son visage. Il lui murmurait des mots d'amour à l'oreille pour le détendre et regardait avec plaisir Bill fermer les yeux et soupirer de plaisir. Le passage était un peu difficile mais rapidement le brun se détendit. Ils étaient tellement excités, tellement avides l'un de l'autre que tout se déroulait facilement, comme si tout avait été mis de leur côté pour leur faciliter les choses.

Tom colla sa bouche dans le cou de son amant et lui suçota la peau, la rendant violette, et amorça d'amples mouvements dans le corps qui le rendait fou. Il savait qu'il ne serait pas endurant, il avait trop envie de Bill, il se sentait déjà venir, ils venaient à peine de commencer. Son ventre se tordait délicieusement, la chaleur menaçait d'envahir son corps de nouveau, l'orgasme était à portée de main. Il chuchota alors à son oreille :

-T'avais raison, Bill, t'avais raison depuis le début...Y a que ça qui ait un sens...Y a que ça qui veut vraiment dire quelque chose...Toi et moi...Moi en toi, Bill...Y a que ça...Je suis rien sans toi...Même si on a du mal à être ensemble, j'y arrive pas sans toi...

Bill releva sa tête pour le regarder et plongea ses yeux noisette dans ceux de son amant :

-On s'en sortira pas...On s'en sortira jamais...

Tom le regarda gravement, ne cessant les coups de reins, faisant cambrer le brun contre lui, il répondit simplement :

-Je sais...

Il savait. Ils n'étaient rien, l'un sans l'autre mais étaient dangereux l'un pour l'autre. Bill n'était pas guéri, il ne guérirait jamais tout à fait. La preuve ? Il l'avait giflé, encore. Et ça sera toujours comme ça. Toujours, jusqu'à ce qu'il se fasse du mal à nouveau et que son destin ressemble à celui de son père. Trop plein de passion, suicide passionnel. Tom réalisa qu'ils étaient foutus. Il admira encore les traits fins de son amour qui se déformaient sous le plaisir, il sentait son corps onduler sous le sien et les bras de Bill le serrer fortement. Ils s'embrassèrent encore et le blond eut les larmes aux yeux quand Bill lui souffla :

-Je t'aime...Je t'aimerai toujours...

Alors, il prit sa décision, il sentait le brun arriver à la jouissance, sa respiration était plus forte, il haletait de manière saccadée, son corps raidissait de plus en plus sous lui. Il amena une main sur la gorge de Bill et commença à serrer. Le brun prit peur et ouvrit brutalement les yeux, il voulut dire quelque chose mais n'eut pas le temps, il fut dévaster par un orgasme puissant. Et pendant qu'il jouissait, Tom serrait plus fort. Il se débattit, essayant d'éloigner les mains du blond dans son cou, regardant son amant sangloter en l'étranglant. Tom répétait sans fin :

-Pardon...Pardon, Bill, mais je peux pas...Je peux plus...Je veux plus qu'on se fasse du mal...Et je peux pas être sans toi...Pardon...Je t'aime...Pardon...

Sans échanger d'autres mots il comprit. Son regard croisa celui de Tom qui sanglotait toujours et qui serrait encore plus fort, il étouffait franchement, ses poumons lui faisaient mal, sa gorge lui brûlait, mais il mit tout l'amour possible dans ses yeux et s'assura que Tom comprit son geste quand il retira ses mains des mains du blond. Il tenta de sourire et ferma les yeux, laissant son amant agir à sa guise. Parce qu'il savait que Tom avait raison, ils n'étaient rien l'un sans l'autre et n'arrivaient pas à être ensemble. Puis bientôt, il ne put plus penser à rien, il se sentait glisser dans l'inconscience, tout devenait flou, noir, il avait mal, il suffoquait mais savait que bientôt ce serait terminé. Le dreadé avait senti que Bill approuvait et il n'en était que plus malheureux. C'est comme s'il avait pu lire dans son regard, avant qu'il ferme les yeux « vas-y, fais le, c'est la meilleure chose à faire, je suis pas bon pour toi, on sera jamais vraiment bien ensemble, y a pas d'autres solutions » et surtout, il avait pu lire dans ses yeux un « je te pardonne... » et son coeur se brisa un peu plus.

Tom pleurait plus fort, resserrant encore plus les mains autour du cou fragile de celui qu'il adorait. Il ne cessait de répéter des petits « pardon » et vit bientôt la vie quitter le corps de son amant. Il lâcha son cou et constata qu'effectivement, Bill était mort, il se retira de lui, refermant d'un geste rapide les yeux qui s'étaient réouverts par automatisme. Il n'avait pas joui mais n'en avait pas l'intention. Il ne cessait de l'embrasser, de lui demander « pardon » et, jetant un oeil autour de lui, aperçut un verre vide qui se trouvait sur la table de nuit. Il s'empara du verre et le cogna fortement contre la table de nuit, le brisant. Il se coupa le doigt mais il s'en fichait, il prit directement un morceau de verre et revint sur Bill, l'embrassant encore et, fermant les yeux, grimaçant, la peur se mêlant à son désespoir, il s'ouvrit les veines des deux poignets. Il ne sentait aucune douleur, le sang coulait chaud, tout autour de son poignet et venait souiller le corps de Bill et les draps blancs. Il se rallongea sur Bill, la tête dans son cou, ses doigts entrelaçant ceux de son amant, attendant lui aussi la délivrance ultime et murmura contre l'oreille du brun qui ne pouvait plus l'entendre :

-Je t'aime, Bill...Et si je peux pas être avec toi, je serai pas non plus sans toi...Ni avec toi, ni sans toi...

Le lendemain on pouvait lire dans le journal le titre annonçant un article banal pour ceux qui ne les connaissaient pas :

« Deux corps nus ont été retrouvés dans une chambre de l'hôtel M...Il semblerait qu'il s'agissait de deux jeunes hommes, amants, l'un aurait étranglé l'autre avant de se donner la mort en s'ouvrant les veines...article page 5 »

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Comments :

  • love-hina83

    03/01/2013

    tres triste mais cette fin me convient. C etait ecrit qu il finirai par se detruire . kiss

  • Zoey

    13/09/2011

    Mon Dieu quand j'ai lu le passage ou Tom tue Bill et qu après il se tue j ai pleurée... Très bonne fiction bonne continuation!

  • chaos87th

    06/08/2011

    Pourquoi en arriver au point de se tuer.
    Franchement, ils auraient attendu un peu plus, ils auraient pu s'en sortir sans en arriver à cette extrémité là.
    En tout cas j'ai adoré mais je vais lire la fin alternative. ^^

  • th-in-disney-world

    27/09/2010

    Je vais commenté cette fin avant de lire l'autre.
    Avant tout sur la fic... C'est... je sais pas commet dire... Je ne sais pas si tu as fait des recherches ou quoi, personnellement j'ai dû voir une fois ou l'autre un reportage sur les femmes battues... Mais avec cette histoire j'ai l'impression de mieux comprendre comment pensent ces gens, ces personnes qui battent la personne qu'ils aiment. Ca permet de voir ce qui les poussent à ça. Je pense bien que ce n'est pas pareil pour tous... Mais en tout cas c'est instructif.
    Concernant la fic en elle-même... C'est horrible... Surtout quand Georg meurt on se dit que plus rien ne pourra protéger Tom de Bill et en même temps on sait combien ils s'aiment donc on ne veut pas qu'ils se séparent même si on se dit que ce serait le mieux pour eux. On espère que les choses vont s'arranger. Tu nous mets un peu dans la peau de la personne battue. Alors bien sûr on en veut à Tom de ne pas parler à Bill et on en veut à Bill de ne pas se rendre compte de ce qu'il fait subir à Tom. Quoi qu'il en soit, cette fic est touchante et marquante.

    Pour la fin... Je pense qu'à part que Bill et Tom retrouvent la raison et se soignent, c'était la seule fin possible. C'est peut être une des fins les moins cruelles parce qu'ils sont ensembles malgré tout et qu'ils vont cesser de se faire du mal.

    Laura67

  • tounzig

    02/02/2010

    Je le sentais que tu allais nous les tuer, là! En même temps, je voyais pas d'autre issue pour leur histoire...j'aime les histoire d'amour absolu mais là, c'était vraiment trop absolu!
    Tu connais bien ce genre de situation? j'ai du mal à imaginer quelqu'un écrire cela sans connaître des personnes qui l'ont vécu, ou alors, tu as vraiment beaucoup d'imagination.
    En tout cas, je suis vraiment passionnée par toutes tes histoires.
    Merci! Bizz

  • EDEL-WEIIS

    15/12/2009

    Oh putain !
    Cette fiction tu la écrite d'une manière, je sais pas, j'ai pas de mots pour dire ce que je ressens .. Cette histoire me touche au plus profond de moi . Je savais que cela aller ce terminer comme ça mais je ne voulais pas l'admettre .. J'ai aimé, c'est la première fois qu'une fiction me fais autant d'effets . Je suis complètement gaga devant mon écran d'ordi a essayer d'écrire quelque chose ^^
    Tu as su trouver les bons mots je trouve et le dernier chapitre est juste magnifique, atroce, triste .. Des mots qui vont pas tellement ensembles quand on y pense . Tu as su écrire une relation sensationnelle entre 2 personnes " banales" puisque quand j'ai lu la fiction, j'ai oublier le Bill et Tom de Tokio Hotel . Je sais pas trop si tu me comprends ^^ je trouve pas les mots la ...

    Aimer à en crever : tu as parfaitement su l'interpréter .

    Merci beaucoup, vraiment !
    Aly *

  • MamzelleLuna

    07/11/2009

    Rares sont eles fictions qui me font pleurer. Rares. Wow...
    Bravo, elle est juste parfaite.. Tu écris subliment bien et je lis avec gourmandise chaque ligne.
    Je suis abassourdie.

  • Pucca97217

    12/09/2009

    Tom t'est chiant il était près à faire des effort et toi tu gache tout la.
    Han jsuis sur le cul je pensait que Bill tuerais Tom avant.
    J'ai adorer cette histoire c'est l'une des rare qui m'a empecher de dormir pendant la nuit tellement j'etait impatiente de savoir la suite.
    Je savais qu'il allait mourir que voulez vous c'est comme sa!!!

  • Caro

    02/09/2009

    De toutes les fictions que j'ai pu lire, celle-ci est certainement la plus émouvante et la plus intéressante d'un point de vue psychologique.
    Nous sommes bien loin de Tokio hotel, de Bill et Tom Kaulitz ou de leur musique. Mais qu'importe.
    Ton récit est touchant, poignant, mâture et tristement réaliste! Tu as eu le courage et la sensibilité de décrire le parcours psychologique d'un conjoint battu sans tomber dans le cliché de la "victimisation", dans le sens où tu n'a pas présenté Tom comme un faible physiquement qui n'aime plus son conjoint mais qui reste à ses côtés par peur ou par obligation morale.
    Et de manière encore plus audacieuse, tu as présenté le conjoint violent comme un être humain torturé, faible, et profondément amoureux malgré toute l'horreur de ses actes. Il faut beaucoup de tolérance et d'ouverture d'esprit pour reconnaître une "maladie", une torture psychologique, là où la "morale" commande de condamner sans chercher à comprendre.
    Tu as souligné par ta fiction que la violence peut s'immiscer dans un couple où l'amour reste présent, et où l'acool et la drogue sont absents.
    Tu as aussi mis en exergue le danger que représente la passion extrême, celle qui fait réellement perdre la raison parce qu'elle altère totalement le jugement et nous fait perdre toute rationalité.
    Au fil de la lecture, je me suis imprégnée de cette passion destructrice et de la psychologie des personnages, au point de m'interroger avec horreur sur l'éventualité de pouvoir réagir comme eux dans une situation similaire.
    Je suis étonnée de comprendre les personnages, de compatir et de me refuser à les juger ou à les condamner malgré le sujet délicat de ta fiction.
    La fin est tragique. Pour moi, il s'agit presque d'une sorte d'euthanasie.
    Il y aurait encore beaucoup à dire sur ta fiction (les secrets de famille, les traumastimes de l'enfance, l'aveuglement des proches) mais je n'ai pas ton talent pour l'écriture alors je vais simplement conclure en te remerciant de mettre tes écrits en ligne et de permettre de te lire.
    Je vais poursuivre la lecture "d'adultère" qui me paraît tout aussi intéressante parce que dans cette fiction encore tu développes la psychologie des personnages.
    Et surtout tu refuses de nouveau la facilité (souvent trop fade) en plaçant les protagonistes dans le rôle des "coupables" tout en démontrant que la faiblesse humaine ne fait pas d'eux des monstres.
    L'amour est un sentiment magnifique mais pourtant, tes fictions rappellent qu'il peut entraîner des comportements égoïstes, inacceptables et faire souffrir bien des innocents.
    Bonne continuation!

  • Binoouh

    03/06/2009

    Une vrai fiction de malade!!!
    J'adore l'originalité du sujet!
    C'était parfait. Fou mais parfait !

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