[Fiction] Passion Destructrice - Fin alternative (2/3)

Il eut les premières nouvelles de Bill le jour même où sa mère put lui rendre visite, lors de la deuxième semaine. Il avait demandé à ce qu'elle l'appelle dès qu'elle serait rentrée de l'hôpital mais celle-ci voulut lui faire une surprise.

Flashback

Simone était assise depuis un moment à côté de son fils, dans le jardin de l'hôpital. Ils étaient tous deux sur un banc, Bill avait le regard plongé dans le vide, le visage sans expression. Elle avait essayé de lui parler, trop heureuse de le voir enfin. Il l'avait reconnue quand elle était entrée dans sa chambre, il s'était levé, l'avait embrassé sans chaleur, presque froidement et avait immédiatement demandé :

-Et Tom ? Il est là ?

Bien qu'elle fut blessée que son fils soit plus interessé par le blond que par elle, elle n'en montra rien. Elle continua de sourire et dit simplement :

-Non. Pas aujourd'hui, mon chéri. Le docteur t'a expliqué pourtant que tu pourrais le voir bientôt. Il faut que tu te reposes et que tu t'occupes de toi avant. Tu n'es pas content de me voir ? Hein ? Tu es content de voir maman, quand même ?!

Il ne répondit rien, allant simplement s'assoir, ne lui accordant plus aucun regard, plus aucune paroles. Elle ne s'aperçut pas tout de suite du changement mais fut énormément attristé quand elle vit que Bill s'était de nouveau renfermé. Au bout d'un instant, lasse de voir qu'elle faisait la conversation seule et de voir que son fils ne répondait à aucune de ses questions, elle dit alors :

-Bill, tu pourrais quand même me répondre ! Je suis venue te voir, tu n'es pas content ?

Rien. Alors, elle réfléchit vite fait, alla vers la porte de la chambre qu'elle referma et sortit son cellulaire de son sac. Elle se mordait la lèvre en tapant rapidement sur les touches. Puis, alors qu'une personne décrochait, elle expliqua rapidement :

-C'est Simone. Je suis avec...lui. Il...Parle-lui un peu. Il ne réagit à rien d'autre que toi. Mais fais vite, je ne veux pas qu'on voit qu'il t'appelle. Je ne sais même pas si j'ai raison de faire ça, mais je deviens folle à essayer de lui arracher un mot.

Bill était toujours absent. De l'autre côté, Tom, parce que bien sûr il s'agissait de Tom, était nerveux. Nerveux et fébrile. Simone allait lui passer Bill, son Bill qui lui manquait tellement et sans qui il n'arrivait à rien. Il avait le coeur qui battait la chamade, il se sentait trembler même. Il se rendit compte qu'il y avait un grand silence et entendit Simone dire vaguement derrière :

-Vas-y, j'ai mis le téléphone contre son oreille.

Alors, lentement il souffla :

-Bill ? Bill, c'est moi...C'est Tom, tu m'entends ?

Un silence lui répondit et il sentait la déception et la tristesse se mélanger dans tout son être. Puis, alors qu'il allait encore parler, il entendit un ton hésitant :

-Tom ?

Il se sentit sourire comme un idiot. Il répondit, le coeur encore plus emballé :

-Oui, c'est moi. C'est bien moi, Bill...

-Tom ? Pourquoi ? Pourquoi tu viens pas ? Viens me chercher, Tom, viens...

-Je...J'aimerais tellement ! Je peux pas venir pour l'instant, ils...ils préfèrent attendre encore un peu pour me laisser venir te voir. Ils ont dit « quand tu iras mieux ». Alors j'attends. J'attends, mais putain, tu peux pas savoir, j'ai envie de te voir, j'ai besoin de te voir, alors guéris, t'entends ? Guéris pour que je puisse venir !

Il ne s'était pas aperçut qu'il pleurait, c'était trop pour lui, le brun avait pourtant peu parlé, mais ça lui avait fait du bien comme énormément de mal. Bill prit alors la parole :

-Tom, viens me chercher. Viens, je suis rien sans toi. Je veux personne d'autre que toi. Dis, tu vas venir ?

Tom était encore plus déchiré de l'entendre le supplier comme ça, il essaya de prendre un ton normal, pour ne pas montrer qu'il pleurait, mais c'était peine perdue, sa voix était complètement éraillée.

-Je vais venir, Bill. Bien-sûr que je vais venir ! Bientôt, ok ? Très bientôt ! Ca dépend pas de moi, ça dépend de toi. Parle à ta mère, montre leur que tu vas bien, ils me laisseront te voir.

-Je ferais tout ce que tu veux. Tout, Tom. Comme ça tu viendras. J'ai tellement besoin de te voir, si tu savais. Ne m'oublie pas, Tom, ne m'oublie pas. Je meurs si tu m'oublies !

Tom répondit du tac au tac :

-J'ai pas l'intention de t'oublier. Ca m'est impossible. Je t'aime, Bill, je t'aime trop, et t'oublier c'est hors de question. Je me fous de ce que tu as, de ce que tu es. Je veux juste que tu reviennes.

De l'autre côté, Bill s'était mis à sourire, Simone le vit et en fut ravie, même si elle savait que ça n'était pas elle qui provoquait ce sourire, et qu'il n'était pas pour elle. Mais ce coup de fil avait l'air de faire du bien à Bill, alors elle ne dit rien et le laissa téléphoner encore un peu. Elle entendit Bill dire à son petit ami :

-Bientôt je vais rentrer. Et on sera ensemble, ok ? Ensemble, comme avant. Et on se quittera plus jamais. Je te ferai plus jamais de mal, je te rendrai plus malheureux. Je serai meilleur avec toi. Et je t'aimerai, Tom, je t'aimerai encore plus, comme personne l'a jamais fait et comme personne ne pourra jamais le faire.

Tom écoutait tout ça, les larmes roulant toujours sur son visage. Il prit à son tour la parole :

-Personne me donne ce que tu me donnes, Bill, je veux que toi. Je...Il faut que tu raccroches. Le personnel risque d'entrer dans ta chambre, et ils vont pas apprécier te voir téléphoner. Prends soin de toi, fais ce qu'on te dit. On se voit bientôt.

Mais Bill avait du mal à le laisser, il continuait de lui parler, lui dire des mots d'amour. Il avait fermé les yeux et disait tout ce qui lui passait par la tête, se retenant à grand peine de parler de sexe entre eux, il avait commencé à saisir que sa mère était là. Alors que lui même commençait à pleurer il chuchota des paroles tendres à Tom qui ne cessait de lui dire « pleure pas, arrête, ça me tue... » et après un long moment d'au revoir, il raccrocha et rendit le téléphone à sa mère. Pendant qu'elle le rangeait dans son sac, elle fut bousculée par un corps qui s'était jeté contre le sien. Bill l'enlaçait et murmura simplement « merci » dans son cou. Elle se retint de pleurer à son tour. Elle retrouvait enfin son fils.

Fin Flashback


Puis, petit à petit, il put lui rendre visite de nouveau. Au bout de trois semaines, comme prévu. Il était fébrile, inquiet, heureux. Il s'était préparé avec soin, cachant son extrême maigreur sous ses habits larges. Et maintenant qu'il se trouvait garé devant l'hôpital, il hésitait. L'appréhension, la peur, la joie, tout cela le remuait. Mais l'envie de voir Bill était plus forte que tout. Il sortit donc de sa voiture, ferma à distance et se dirigea vers l'entrée. Il traversa tout le couloir et tout l'étage qui menait jusque la chambre de Bill. Il avait prévenu Simone qu'il allait venir le voir, elle reporta sa visite, préférant les laisser se retrouver tranquilles.

Tom arriva derrière sa porte, hésita un instant et finalement frappa doucement. Quelques secondes de silence et une voix répondit juste :

-Entrez.

Il enclencha la poignée et ouvrit lentement. Il fit quelques pas à l'intérieur et ses yeux se posèrent immédiatement sur Bill qui était assis en tailleur sur son lit. Ce dernier leva les yeux vers lui et se figea. Puis, lentement, alors que Tom refermait la porte sans le quitter des yeux, il descendit du lit et s'avança de quelques pas. Il s'arrêta à un mètre de lui et personne ne bougea plus. Le moment était trop fort, trop intense pour eux et ils ne savaient pas quoi faire, comment gérer les émotions qui les enveloppaient, les prenaient à la gorge, les étouffaient, les secouaient comme jamais. Tom ouvrit grand les bras et fit un petit sourire, cela sembla sortir Bill de sa torpeur, il se précipita vers lui et s'écrasa contre son corps, refermant ses bras tout autour du blond qui sentait de nouveau des larmes lui piquer les yeux.

Tout ce qu'ils pouvaient faire, c'est de fermer les yeux et sentir l'odeur de l'autre qui envahissait leurs narines. Ils se caressaient le dos, et se soufflaient leur prénom comme si le dire prouvait que l'autre était bien là. Et très vite, ce ne fut plus suffisant. Bill leva la tête vers Tom et celui-ci n'attendit pas plus longtemps pour poser sa bouche sur la sienne, timidement d'abord, puis plus franchement après. Quand Bill avança la langue pour caresser celle de Tom, ce dernier gémit longuement dans sa bouche et s'accrocha un peu plus à son tee-shirt, là où se trouvait sa chute de rein, dénudée à cause du tissus relevé. Le dreadé laissait trainer ses doigts sur la peau, et remonta franchement sa main sous le tee-shirt, caressant tout le dos, faisant cambrer le brun contre lui. Ils mélangeaient de nouveau leur salive et leur souffle et n'imaginaient même pas s'arrêter un jour. Le baiser était trop bon, ça leur avait manqué, leurs corps dégageaient de la chaleur et c'était tout ce dont ils avaient besoin pour aller mieux. Enfin le baiser cessa et Bill appuya son front contre celui de Tom pour murmurer contre sa bouche :

-Tu m'as tellement manqué.

-Tu m'as manqué aussi. J'arrive à rien sans toi. Je suis rien du tout. Je sais pas comment t'as fait, mais putain, je t'ai dans la peau, profondément ancré que c'est presque inimaginable que quelqu'un d'autre ait déjà vécu un truc pareil.

Ils s'embrassèrent de nouveau, parce que les gestes étaient encore plus descriptifs que n'importe quels mots. Les mains de Tom étaient partout sur Bill et celles du brun étaient enfouies dans les dreads du blond, caressant tout ce qui pouvait se trouver à sa portée. Rien ne leur avait semblé meilleur que le goût de l'autre, le souffle qu'il partageait, la peau qu'il caressait. Au bout d'un très long moment de tendresse, ils s'arrêtèrent enfin pour s'assoir sur le lit et discuter un peu. Tom prit connaissance des journées que Bill passait à l'hôpital, les rendez-vous avec le psychiatre, et son petit ami l'écoutait avidement raconter ses journées à lui.

A aucun moment, Tom ne s'aperçut que Bill avait quand même changé, il était plus lucide, plus réfléchi, plus serein. Sa seule faiblesse, c'était Tom, son seul point faible, le seul à pouvoir lui faire perdre la raison en un seul claquement de doigts. L'androgyne l'écoutait et ne le quittait pas des yeux, détaillant sans discrétion son visage, tous ses traits, essayant de deviner son corps à travers ses vêtements. Et pour la première fois, il ne savait pas quoi penser du fait de savoir Tom aussi seul dans sa vie. Il ne voyait personne, ne sortait jamais, restait chez lui, ses seules sorties étant le boulot. Il leva un regard triste et remarqua simplement :

-Tu te cloitres chez toi, tu vois personne. T'es tout seul...Et je suis même pas là !

Tom protesta immédiatement :

-Mais je m'en fous de ça ! J'ai pas besoin de sortir, je suis bien chez moi ! Tu sais, j'ai le boulot, ça me crève un peu, donc quand c'est fini, je rentre chez moi et me repose, c'est tout. Et puis, bientôt tu sors, tu viendras à la maison, on sera ensemble. J'ai besoin de personne, Bill, personne d'autre que toi pour aller bien !

Bil fit semblant de le croire et sourit un peu. Mais pour la première fois, il fut mal à l'aise. Il ne savait pas ni quand ni comment Tom avait changé à ce point. L'avait-il seulement remarqué avant ? Lui-même autrefois si rassuré de le savoir si dépendant, culpabilisait aujourd'hui d'avoir « détruit » involontairement la vie de celui qu'il aimait plus que tout.

Ils parlèrent encore longuement et ce fut l'heure de se séparer. Ca leur brisait le coeur, mais ils savaient qu'à partir de maintenant Tom allait venir plus souvent. Après un long moment passé à s'embrasser, sur le lit, contre le mur de la chambre, contre la porte encore fermée, le personnel de l'hôpital fut presque obligé de jeter le blond dehors à coup de remontrances. Après qu'il fut parti, Bill s'allongea sur son lit, sur le dos, les yeux fixant le plafond blanc et réfléchit longuement. Il aimait Tom, aucun doute là-dessus, il l'aimait plus que tout, mais il lui avait fait tant de mal.

La semaine passa et Tom vint tous les jours voir le brun. Bill allait de mieux en mieux, il était sorti de sa réserve et parlait avec entrain à sa mère, à son entourage, étonnant tout le monde avec la rapidité avec laquelle il reprenait le dessus. Il avait souvent des séances avec les psychiatres et il parlait pendant des heures de sa relation avec Tom, de son père, de sa mère. A l'intérieur de lui, il était une plaie béante. Tout ce qu'il retenait, c'était qu'il avait fait énormément de mal à Tom, et qu'il lui en ferait toujours.

Trois semaines passèrent encore où les deux jeunes hommes se virent tous les jours et vint le premier week-end où on autorisa Bill à le passer chez lui. Simone vint le chercher le vendredi après-midi avec pour ordre de le ramener le dimanche soir. Bill n'avait pas prévenu Tom, il voulait lui faire la surprise. Il avait prévu de débarquer chez lui et était impatient de voir la tête que ferait le blond quand il le verrait derrière la porte.

Et puis, il devait lui parler. C'était la partie la plus dure à faire pour lui. Sa thérapie lui avait fait énormément de bien, il ne lui restait que la culpabilité immense de tout ce qu'il avait fait enduré à Tom et il regrettait amèrement que leur relation ait autant dégénérée à ce point. Il avait aimé que le blond lui rende visite, mais il avait noté qu'à son tour, Tom n'était centré que sur lui, c'en était affolant. Les choses qui lui avaient plu et qui l'avaient rassuré autrefois le mettaient maintenant mal à l'aise parce qu'il ne voulait plus lui faire autant de mal. Et il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il lui faisait du mal, cette passion extrême, ingérable, destructrice leur avait du mal. Il était lucide à propos de ça.

Simone et Bill arrivèrent chez eux et la femme s'occupa de suite à aller faire tourner le linge que son fils avait ramené, histoire d'enlever les « odeurs de l'hôpital » pendant que Bill reprenait ses marques dans sa maison et plus particulièrement dans sa chambre. Bien-sûr, sa chambre avait été refaite, entièrement. Il avait peu à peu retrouvé un vague souvenir du dernier jour où il y avait été avant d'avoir été emmené, sans se rappeler tous les détails. Mais quand il vit tout son mobilier neuf, il comprit et en fut honteux. Les seuls choses intactes étaient les cadres photos où il posait avec Tom. Toutes les photos de son petit ami étaient bien là, en bon état. Il prit un cadre et observa longuement le visage de celui qu'il adorait encore tellement et senti que rien ne changerait à ce propos. Il l'avait aimé dès qu'il l'avait vu, il l'aimait toujours et ça serait toujours le cas. Toutes les émotions qui le traversaient à ce moment-là lui prouvaient que pour cela, rien n'avait changé. La bouffée d'amour qu'il sentait en lui était toujours là, et serait toujours là. Est-ce qu'il pourra seulement savoir gérer cela ?

Il reposa le cadre et descendit rapidement retrouver sa mère :

-Maman, je...je vais aller voir Tom.

Simone s'y attendait. Elle savait que dès qu'ils arriveraient Bill allait se précipiter chez Tom. Elle se tourna vers son fils et dit simplement :

-Fais attention à toi. A tout à l'heure.

Il hocha la tête et prit une veste avant de revenir vers sa mère et l'embrasser sur le front :

-T'inquiète pas, ça va aller. Il faut que je le vois, il faut que je lui parle. Je rentre, après.

Simone en fut étonnée :

-Tu...vas rentrer ? Je pensais que tu voulais dormir là-bas !

Bill eut un regard triste et répondit :

-Non...Je...je rentrerai, après.

Et il sortit. Il se dépêcha de faire la route qui le menait à l'appartement de Tom et fut bientôt devant sa porte, essouflé mais heureux. Il était heureux de le revoir, c'était la seule pensée qu'il avait. Il sonna et attendit un instant. Puis, quelques secondes après il entendit la clé tourner et vit la porte s'ouvrir sur un jeune homme au visage fatigué, défait, mais quand celui-ci leva les yeux sur lui, tous les traits se détendirent et il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il était déjà écrasé contre le torse de Tom qui riait bêtement et répétait sans fin :

-T'es sorti ? T'es là ! Putain, c'est bien toi ? Pourquoi tu m'as pas dit que tu sortais ?

Bill noua ses bras autour de son cou et souriait grandement, sentant la bouche de Tom parcourir déjà toute sa gorge, son visage. Le blond était si ému de le voir qu'il ne s'aperçut pas des larmes qu'il versait. Mais le brun le remarqua et commença à en être un peu effrayé. Il repoussa doucement son petit ami et souffla :

-Tom ? Tom, calme-toi un peu, je suis là maintenant, ok ?

Tom rit un peu et répondit :

-Ouais, c'est vrai, ok, c'est parce que je suis content de t'avoir avec moi, là !

Il l'attira encore un peu contre lui et laissa Bill lever les mains pour lui essuyer le visage. Ils allèrent s'installer dans le canapé et discutèrent un peu. Le blond avait été chercher à boire pour eux, et Bill l'avait prévenu qu'il ne resterait pas longtemps, sa mère l'attendait chez eux. Tom protesta beaucoup, le suppliant de rester mais se heurta à un refus ferme qui le froissa. Ils décidèrent finalement de se voir en fin d'après-midi, Tom rejoindrait Bill dans le petit parc se trouvant juste à côté de chez le blond. Le brun resta encore une heure où ils parlèrent beaucoup, mais s'embrassèrent peu, Tom tentait vainement de se rapprocher de Bill mais celui-ci mettait une distance certaine entre eux, pretextant avoir « des tas de choses » à lui raconter, et il parlait abondamment, presque sans s'arrêter, de tout et de rien. Il s'empêchait de regarder Tom trop souvent, il se sentait encore dévasté par cet amour violent qui revenait en force et cela l'effrayait. Il avait du mal à ne pas se laisser toucher et fut plusieurs fois sur le point de céder. Et finalement, il se laissa faire et laissa le blond recouvrir son corps du sien dans le canapé et ils se donnèrent de longues caresses et de multiples baisers. Tom avait l'impression de revivre, rien n'était meilleur que d'avoir Bill avec lui et le brun était presque à l'état liquide sous son amant, pas loin d'en demander plus, perdant presque le peu de raison qu'il avait mais ils se séparèrent parce que Simone appela pour dire qu'elle attendait son fils pour déjeuner.

Bill partit en promettant de revoir son petit ami en fin de journée et se dire au revoir, même pour un court instant était une fois de plus difficile pour tous les deux. L'après-midi arriva et Tom terminait de se préparer pour rejoindre le brun au parc. Il était impatient, il se disait qu'il allait le ramener chez lui dès qu'il le verrait. Et bien-sûr il cacha habilement les marques sur ses poignets par des bracelets en éponge. De son côté, Bill était déjà arrivé et était assis sur un banc. Il se sentait meurtri de l'intérieur. Il adorait Tom, il l'adorerait toujours, mais il avait ressenti un tel tourbillon de sentiments quand il avait été avec lui qu'il en avait peur maintenant. Il vit la voiture arriver, se garer, Tom en sortir, le regardant déjà avec un grand sourire éclatant et avancer vers lui. Et avec tout ce qu'il avait l'intention de dire au blond, il se détesta. Il se leva et avança un peu, Tom était déjà à sa hauteur, l'enlaçant amoureusement :

-J'ai cru que les heures passeraient jamais ! Ca aurait tenu qu'à moi, je t'aurais gardé avec moi depuis ce matin.

Il ne laissa pas le brun parler qu'il l'embrassait déjà. C'était doux, tendre, amoureux, et Bill était encore plus triste d'avoir à faire ce qu'il avait décidé. Il finit par cesser d'embrasser Tom et lui dit doucement, les yeux toujours fermés, le tenant par la main :

-Tom, il...je...je veux te parler. On va s'assoir ?

Le blond hocha la tête et les dirigea vers un des bancs, tout près. Il ne savait pas du tout ce qu'avait à lui dire Bill mais le ton qu'il avait pris le faisait un peu paniquer. Bill prit place à ses côtés et tourna la tête pour le regarder franchement. Il commença alors :

-Tom, tu sais que depuis que je suis hospitalisé, j'ai eu le temps de réfléchir, beaucoup, j'ai fait que ça, même et d'abord, je voulais m'excuser parce que-

Il fut interrompu par Tom qui protestait déjà :

-T'excuse pas ! C'est bon, je t'ai dit, c'est plus important tout ça ! T'es là, avec moi, et c'est tout ce que je veux !

-Non, laisse-moi parler. Je veux m'excuser parce que ce que je t'ai fait vivre, c'est ignoble, j'aurais...j'aurais jamais dû lever la main sur toi, pas une seule fois. Alors, c'est con, c'est petit, c'est court mais pardon. Pardon et merci pour tout ce que tu as toujours fait pour moi. Tu es toujours resté, tu m'as jamais laissé, tu aurais pu me quitter, ou me rendre la pareille, je sais pas, tu...as été exemplaire alors que je le méritais pas.

-Et depuis quand c'est toi qui décide de ce que tu peux mériter ou pas ? Je t'ai dit que je t'aime, alors pour moi c'est normal.

Bill baissa alors la tête et dit doucement :

-Non, c'est pas normal. Rien n'est normal entre nous. Depuis le début. Ca n'a jamais été normal et ça le sera jamais.

Tom le fixa et fronça les sourcils. Il sentit comme des doigts glacés étreindre son coeur qui se mit à battre follement. Il eut du mal à articuler :

-Qu'est-ce que t'essayes de me dire, là ?

Bill ne put répondre quoi que ce soit. De longues secondes passèrent et Tom insista :

-Bill ? Je t'ai demandé...Oh putain !

Il comprit immédiatement quand il vit les larmes qu'avait Bill aux yeux. Ce dernier n'osait le regarder, et Tom se sentit immédiatement paniqué. Il tenta de ne pas laisser éclater la colère qu'il sentait monter et dit encore, le ton un peu plus haut :

-Putain, tu m'as fait venir pour me dire que tu...me quittes ? Hein ? C'est ça ? Tu veux me laisser ?

Bill leva la tête vers lui et posa une main sur sa jambe. Tom se redressa vivement comme si la main l'avait brûlé et se mit face à lui, qui s'était mis debout aussi, complètement furieux et bouleversé :

-C'est ça ? Je te sentais pas quand t'es venu à la maison ce matin. T'étais...distant. Putain, ta thérapie de merde a...ils ont réussi à te faire gober quoi, encore ? Que je suis dangereux pour toi ?

Bill posa une main sur l'épaule du blond et prit la parole à son tour :

-Mais non, dis pas n'importe quoi ! C'est...C'est moi, Tom, c'est moi le problème. Ca a jamais été toi, ça le sera jamais. C'est moi qui t'aime trop, pas sainement, je sais pas gérer ça. Je...je veux plus te faire du mal. Et j'ai peur, putain, j'ai peur parce que je t'en ferai encore, je le sais. C'est...c'est inévitable. Quand je suis avec toi, je ressens...je ressens des choses trop fortes, trop violentes. Je t'aime trop Tom, ça...c'est pas normal. Regarde tout ce qui s'est passé ces derniers moi, regarde ce que tu es devenu-

Tom froncait toujours les sourcils et l'interrompit une fois de plus :

-Quoi ? Devenu quoi ? Je suis devenu rien du tout ! Merde, Bill, tu peux pas me laisser, je te l'interdis ! Je suis rien sans toi, je crève quand t'es pas là, t'as pas le droit de me laisser ! Tu vas mieux, t'es suivi, t'es...merde, tu vas mieux ! Et tu veux me laisser ? Juste comme ça ? Putain, comment tu peux me faire ça ? A moins que tu m'aimes plus, je vois pas !

Bill s'élanca en avant et le prit dans ses bras et gronda tout bas :

-Dis plus jamais que je t'aime pas ! C'est tout le contraire, j'aime que toi, Tom, comme c'est pas permis, et ça sera toujours le cas, seulement je veux plus te faire du mal, et c'est trop fort entre nous, trop fort mais dans le mauvais sens.

Tom était complètement chamboulé. Bill voulait le quitter et il se sentait déjà étouffer. Il n'y arriverait jamais sans lui, il en avait fait l'expérience ces dernières semaines et refusait catégoriquement d'avoir à revivre l'absence du brun dans sa vie. Il s'en sentait totalement incapable, il ne comprenait pas, ils s'aimaient et devaient se séparer à cause de ça ? C'était stupide et inutile. Il fallait qu'il montre à Bill qu'il se fichait si ce dernier ne guérirait jamais. Il l'aimait et le voulait tel quel. Rien d'autre n'était important. Il se dégagea de l'étreinte de Bill qui tentait toujours de s'expliquer et durcit son ton :

-Ok, tu veux me quitter, alors ? Je vais te dire, tu m'aimes pas, tu m'as jamais aimé ! Tu penses qu'à toi et qu'à ta gueule ! Je sais pas ce qu'on t'a dit pendant ta thérapie mais en tout cas ils ont réussi à nous séparer. Et tu veux quoi, maintenant ? Tu veux que j'aille me trouver quelqu'un d'autre, tranquillement ? Un nouveau petit ami ?

Bill le regardait, interloqué, blessé, ne sachant quoi répondre. Il s'en voulait terriblement, il voyait qu'il faisait du mal à Tom, mais il avait réfléchi et savait que le seul moyen de les sauver tous les deux, c'était de se séparer. Mais voir la fureur et le désespoir de Tom était terrible pour lui. Il ressentait toutes les mêmes choses comme avant qu'il ne soit hospitalisé. Un amour violent et ingérable, une rage incontôlable devant un Tom qui lui résistait. Il ne s'apercut pas qu'il serrait les poings et que son regard s'assombrissait. Tom si. Ce dernier continua de plus belle, toujours cruel :

-Allez ! Dis-moi, un peu ? C'est ça que tu veux ? Je te laisse partir, là, et moi, je file me trouver quelqu'un d'autre ? Quelqu'un qui m'aimera mieux, plus fort, qui prendra soin de moi, qui resta dormir à la maison, qui habitera avec moi et qui prendra ta place dans mon coeur. Quelqu'un dont je m'occuperai, avec qui je serai doux, gentil, prévenant. Quelqu'un qui me fera l'amour tous les jours, et toutes les nuits.

Bill tenta de parler mais ça se résuma à un murmure :

-Tom, arrête...

Ce dernier eut un sourire mauvais, sans joie et continua :

-Imagine ça, Bill, imagine-le ! Quelqu'un d'autre que toi, avec qui je ferai l'amour, parce que c'est ce que tu veux, hein ? Me laisser pour me « sauver », alors je pourrai avoir quelqu'un d'autre, quelqu'un qui ne sera pas toi, et qui ne sera plus jamais toi ! Imagine-le, imagine-le se glisser dans mon lit, avec moi, sur moi. Imagine ce que je pourrai lui faire, ce que je t'ai déjà fait à toi et qui était si bon pour nous deux. Bin là, je le ferai à un autre que toi !

Bill était au comble de la rage. Il ne pouvait s'empêcher de voir toutes les images que Tom lui imposait, et il sentait de nouveau toutes les émotions destructrices refaire surface. Il ne réfléchit plus aux dernières paroles de Tom et trop furieux pour réfléchir davantage il leva une main et l'abattit violemment sur la joue de Tom qui, contre toute attente se mit à sourire. Bill sembla se réveiller au bruit sec que la claque fit et fut de suite horrifié par son geste. Il porta sa main à sa bouche et commença à bégayer :

-Merde...merde ! Tom je...je...pardon...Pardon, Tom...

Tom s'avança vers lui et le prit dans ses bras, murmurant contre son oreille :

-T'excuse pas ! Je voulais te montrer, Bill, j'en ai rien à foutre de ce que tu as, de comment tu es. Je te prends comme tu es. Je m'en fous que tu me tapes dessus, de toute façon tu vas mieux, là je t'ai énervé. Mais je m'en fous, Bill. Me laisse pas, reste avec moi. Tu peux pas me quitter, j'y arriverai pas sans toi.

Il releva le visage du brun et pencha la tête vers lui, son souffle brûlant giflant son visage et il posa doucement sa bouche sur celle de Bill, fermant les yeux en même temps que lui, appréciant le plaisir qui dévalait ses veines et les mains du brun qui se refermaient autour de lui. Ils s'embrassaient à perdre haleine, comme si c'était la dernière fois, parce que Tom refusait que Bill le laisse. Mais ils furent interrompus par une voix enfantine :

-Maman, y a des gens qui s'embrassent !

Ils tournèrent la tête vers l'enfant qui n'était pas loin d'eux et les montrait du doigts, sa maman s'approcha et le prit par la main, les lançant un regard réprobateur, surtout quand elle nota qu'ils étaient deux garçons et dit, cinglante :

-Viens, on va se mettre plus loin. Y en a qui comprennent pas que ce parc c'est surtout pour les enfants ! Peuvent pas faire ça ailleurs ?

Tom lui lança un regard mauvais et se retint de répliquer violemment. Il regarda son petit ami dans les yeux et colla son front contre le sien :

-Viens, on va chez moi. On peut pas rester là.

-Mais...

Il fit taire le brun par un autre baiser brûlant, les échauffant tous deux comme ils savaient si bien le faire et à bout de souffle et de force Bill se détacha et souffla contre sa bouche :

-Ok. On y va.

Ils arrivèrent rapidement à l'appartement de Tom et celui-ci plaqua immédiatement le brun contre le mur d'à côté pour l'embrasser passionnément. Il était déjà dur et se frottait contre Bill qui gémissait dans sa bouche. La tension était à son comble, leur tête tournait, leur coeur battait furieusement. Tom recula un instant pour le regarder et murmurer :

-J'y arriverai pas, Bill. J'y arriverai pas sans toi, t'es tout ce que j'ai. Je t'aime.

Bill l'attira contre lui en l'attrapant par le devant de sa chemise et souffla simplement :

-Je t'aime aussi, Tom...tellement.

Juste avant de l'embrasser encore, le blond chuchota contre sa bouche :

-Alors aime-moi, aime-moi encore...

Il glissa une main dans les cheveux noirs et agrippa sa taille, le collant contre lui encore plus. Puis il fit descendre ses mains qu'il passa sous les fesses du brun pour le soulever et celui-ci enroula immédiatement ses jambes autour de la taille du blond et se vit porté à l'aveuglette jusque la chambre. Ils s'embrassaient, encore et toujours, s'excitant mutuellement sans s'en rendre compte parce que ça avait toujours été comme ça entre eux et ça le serait toujours. Une fois dans la chambre, Tom reposa Bill pour le déshabiller entre deux baisers et le brun, qui avait rouvert les yeux, tiqua quand il vit la chambre de Tom. Ses yeux se posaient partout, oubliant que Tom l'embrassait, se laissant faire distraitement, trop sonné par ce qu'il voyait. Tom avait fait de sa chambre un véritable sanctuaire morbide, avec des tas de cadres photos d'eux et surtout de lui. Et les deux immenses posters collés aux murs le terrifièrent un peu. Puis il remarqua le poster géant collé au plafond et en fut complètement refroidi. Il repoussa Tom et s'entendit bégayer :

-Tom...Tu...Ta...Ta chambre...

Tom s'arrêta un instant et demanda :

-Quoi ma chambre ?

-Tu...les photos...c'est...au plafond y a...

Tom jeta un coup d'oeil circulaire rapide et haussa les épaules :

-Tu me manquais trop. Je t'aime, Bill, je t'aime trop et quand t'es pas, je deviens dingue. Je t'ai dit, j'y arrive pas sans toi !

Bill le regardait, encore interloqué. Ce qui l'aurait enchanté quelques temps auparavant le mettait aujourd'hui mal à l'aise. Il s'en voulut encore plus, qu'avait-il fait de Tom, pourquoi n'arrivaient-ils pas à s'aimer simplement ? Il comprenait cette passion démente dans laquelle Tom était enfermé, il était lui-même enfermé dans la même. Tom essaya de nouveau de le déshabiller mais il repoussa les mains qui étaient déjà sur sa ceinture :

-Non, Tom. Ecoute, c'est pas une bonne idée. Je...je peux pas faire ça. Putain, on est en train de se détruire et tu le vois même pas ! Regarde ce que j'ai fait de toi, Tom ! Je...je te reconnais plus. Je sais que tu m'aimes, je t'aime aussi, c'est même plus que ça entre nous, mais à ce point-là, Tom, non, c'est pas normal, pas normal, pour nous deux. Et je veux plus te détruire comme ça sous prétexte qu'on s'aime, je...faut que je parte, Tom, je vais-

Il fut coupé par un baiser fougueux, il tenta de résister, de se décrocher, de se défaire des bras de Tom qui l'enserraient possessivement, mais n'y arriva plus quand il sentit la langue s'enrouler à la sienne et les mains du blond lui caresser le dos, le faisant cambrer contre lui. Dans un élan de fureur et de désespoir mélangés il enfouit ses mains dans les dreads du blond et serra un peu fort, l'embrassant plus violemment et décida, en entendant Tom gémir dans sa bouche, qu'il allait laisser son amant lui faire l'amour encore une fois. Il n'y avait pas moyen de faire autrement, Tom refusait de comprendre, et Bill n'avait jamais su lui résister. Trop d'amour, trop d'envie, tant pis s'il allait regretter après, parce qu'il savait que ça allait tuer le blond un peu plus. Mais ils avaient besoin tous deux de s'aimer encore plus fort pour l'instant. Calmer leur trop plein de passion démente par le sexe qui avait toujours été un exutoire entre eux, le meilleur de leur remède, la meilleure façon de se montrer qu'ils s'aimaient et qu'ils étaient dépendants l'un de l'autre.

Les gestes étaient désordonnés, furieux, rapides, un peu brutaux, les vêtements tombèrent au sol, et deux corps nus tombèrent à la renverse sur le lit, Bill sous Tom, deux corps qui glissaient déjà par une légère transpiration dûe à la chaleur de l'intensité du moment. Tom s'arrêta un instant pour se relever un peu et dévorer des yeux son amant sous lui. Il aimait tout de Bill, son corps, son âme, son coeur, son caractère. Le brun ouvrit les yeux, étonné de ne plus sentir ni les mains, ni la bouche de Tom sur lui et vit l'éclat brillant de ses yeux. Il se releva aussi légèrement et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Tom l'observait toujours et, alors que Bill allait l'interroger, il plongea son regard dans celui du blond et dit fermement :

-Fais-moi l'amour, Bill. J'ai besoin de toi. Viens en moi.

Bill frissonna à ces mots. Ils avaient très peu fait l'amour de cette façon, ils préféraient tous deux l'inverse. Et Bill fut ébranlé de voir à quel point le blond s'abandonnait totalement, il lui demandait de lui faire l'amour. Alors sans un mot de plus, il passa une main autour de la nuque de Tom et l'attira à lui pour lui lécher les lèvres, les entrouvrir de sa langue et l'embrasser fougueusement une fois de plus. Il se retourna pour le coucher sur le dos et fit glisser sa bouche sur tout le corps du blond qui avait fermé les yeux et qui gémissait sans retenue, une main crispée dans la chevelure brune, l'autre agrippant le drap avec force.

Tout ce dont Tom était conscient, c'était la bouche chaude et humide de Bill qui parcourait son torse, le faisant haleter, cambrer et gémir. Il sentait le métal de son piercing à la langue caresser son téton et faillit en perdre la raison par trop d'excitation. Il lui murmurait des mots d'amour pour la plupart incohérents et essayait de le caresser aussi, n'y arrivant presque pas tellement le plaisir déferlait en lui. Le brun arriva bientôt près de son membre dressé, douloureux depuis un moment et Tom faillit crier quand il sentit la bouche envelopper son gland doucement, précautionneusement, ainsi que la langue retracer le contour. Tom suffoquait presque, une main crispée toujours dans les cheveux. Il se retenait d'appuyer franchement sur la tête de Bill pour s'enfoncer encore plus dans sa chaleur, alors il lui caressait la tête, haletant plus fort, gémissant bruyamment quand un mouvement se faisait plus intense.

Bill descendit entièrement sa bouche sur toute la longueur et commença un affolant va et viens, creusant les joues, aspirant profondément, jouant audacieusement et avec talent de sa langue percée, rendant le blond absolument fou de plaisir. Il avança une main pour saisir les testicules qu'il massa avec insistance, laissa ses mains courir sur les jambes que Tom avaient resserrées contre sa tête. Lui-même n'en pouvait plus, il avait besoin de soulager la douleur et l'excitation qu'il avait depuis un moment. Il sentait le liquide séminal arriver un peu plus dans sa bouche, alors il s'arrêta, faisant soupirer le blond qui passa une main sur son visage et qui se tourna sur le côté pour prendre le lubrifiant dans le tiroir de sa table de nuit. Il le saisit et le lança à Bill, disant :

-Fais-le.

Ils se regardaient dans les yeux, ne se lâchant pas, faisant passer tous les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre par des regards brûlants, parce que les mots étaient devenus inutiles entre eux. Inutiles et trop faibles, pas assez descriptifs, incapables d'exprimer réellement ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. Bill lubrifia trois de ses doigts et vint s'allonger à côté de son amant qui se tourna vers lui. De son autre main, il attira la tête de Tom et murmura contre son oreille :

-Je t'aime, Tom. Souviens-toi toujours de ça. Je t'aime, et je t'aimerai toujours.

Il descendit sa main sur les fesses du blond qui colla sa bouche dans son cou pour suçoter la peau. Tom caressait son visage et son dos, ils étaient tous deux face à face, sur le flanc, Tom avait remonté une jambe sur la hanche de son amant et se crispa à peine quand un premier doigt le pénétra. Il mordit simplement un peu le cou du brun, qui après quelques allers-retours ajouta un deuxième doigt. Tom haleta plus fort et se détendit rapidement quand il sentit la langue de Bill pénétrer sa bouche au même rythme que les doigts.

Bill était encore plus excité, il sentait l'étroitesse du blond et ne voulait qu'une chose, sentir l'anneau de chair se refermer autour de lui comme il pouvait le sentir autour de ses doigts. Il plia les doigts et Tom cria dans sa bouche, il venait de trouver sa prostate et la titilla pendant quelques secondes, faisant presque sangloter le blond qui avait enfouit la tête dans son cou. C'était trop bon pour tous les deux. Le plaisir déferlait par vagues puissantes, l'amour suintait par tous les pores et avec tout cela se mêlait un arrière-goût de désespoir. Tom était perdu dans son plaisir et sentit bientôt un troisième doigts se joindre aux autres, lui apportant de la douleur qu'il fut reconnaissant de ressentir. La douleur, il connaissait, dans tous les sens du terme. Et c'était maintenant à son tour d'en avoir besoin, de se l'accaparer, de se l'approprier, de se la faire sienne. Pour oublier que Bill voulait le quitter. Avoir mal physiquement lui donner l'impression de pouvoir tenir, de rester en vie. Parce qu'il se disait que s'il ne ressentait plus rien, un jour, il serait mort.

Mais bientôt la douleur fit place au plaisir grandissant et après quelques pénétrations où Bill admira Tom s'empaler de lui-même sur ses doigts, les yeux fermés, la gorge offerte et la tête rejetée en arrière sur l'oreiller, gémissant le prénom de son amant avec amour, humidifiant ses lèvres de la langue pour mieux déclamer son amour, il retira ses doigts et embrassa profondément le blond avant de lui tendre le lubrifiant en rougissant presque.

Tom s'en enduisit les mains et appliqua le gel sur le membre de Bill, le faisant grimacer tellement il était proche. Ils ne parlaient plus, s'observant sans cesse, essayant de graver le moindre trait, la moindre expression, le moindre détail pour mieux savourer. Puis Tom se rallongea, écarta grand les cuisses et dit :

-Viens, Bill, viens en moi. Prends-moi, fais-moi l'amour, baise-moi, fais ce que tu veux, mais me laisse pas. Je suis à toi, viens...

Bill ferma les yeux, la tête lui tournait. Il gémit à ces mots et recouvrit le corps du blond du sien, les avants-bras posés de chaque côtés de sa tête et il avança le bassin pour être juste à l'entrée intime de Tom. Ce dernier avait fermé les yeux et Bill pencha la tête, saisissant son visage des deux mains et ordonna gentiment :

-Non, ouvre les yeux, Tom. Regarde-moi. Je veux te voir prendre du plaisir, je veux voir tes yeux sur moi. Regarde-moi, vois comme je t'aime et comme c'est bon pour moi.

Tom enroula ses bras autour de Bill et le fixa intensément. Il se sentit pénétré et se mordit la lèvre, caressant toujours le dos de son amour. Ils se regardaient dans les yeux et Bill s'immobilisa bientôt, au plus profond de Tom. Puis il amorça un mouvement de retour, les yeux toujours plongés dans ceux de Tom. Et bientôt, les gestes furent plus brutaux, plus rapides, plus secs, l'intensité montait et les bousculait, les faisant transpirer l'un contre l'autre. Tom avança une main pour dégager le visage de Bill des mèches noires collées et haleta :

-T'es si beau, Bill...Si beau...Et t'es à moi...

Bill sentit les larmes lui monter aux yeux et déborder pour couler doucement sur ses joues que Tom vint essuyer, disant toujours :

-Pleure pas...Je t'aime, alors pleure pas. T'avais raison depuis le début, y a que toi et moi qui ait un sens. Je peux plus me passer de toi, Bill. Me prive pas de toi.

Dans un élan de passion et de tristesse Bill accéléra la cadence, augmentant leur plaisir d'un coup, il heurtait brusquement la prostate de Tom à chaque coups et celui-ci se mit à crier d'une voix rauque, transpirant, abandonné sous lui, le serrant fort contre lui et accompagnant ses coups de reins en ondulant sous lui. Bill se releva un peu pour le caresser pendant qu'il le pénétrait encore plus fort et encore plus vite, la tête chamboulée par les paroles de Tom et l'orgasme puissant qu'il sentait arriver. Le blond avait passé ses jambes dans le dos de son amant et serrait très fort, à la recherche de plus de contact, complètement avide de le sentir contre lui. Il détacha ses bras du dos de Bill et les lança au-dessus de sa tête pour attraper les barreaux du lit pour se cambrer encore plus contre le brun. Ce dernier, dans son brouillard de plaisir vit de suite quelque chose auquel il n'avait pas fait attention depuis qu'ils avaient commençé. Il vit les traces sur les poignets de Tom et comprit ce que c'était. Tom s'était mutilé, et vu les cicatrices c'était récent et régulier. Tom ne remarqua pas où son regard s'était posé. Il criait le prénom de son amant, inconscient du profond bouleversement qu'il avait provoqué chez lui. Bill ne pouvait détacher son regard des bras de son amant profondément troublé et la stupeur le fit s'immobiliser à l'intérieur du blond. Il sentit son estomac se soulever, tordant ses entrailles et secouant son corps en entier et s'en voulut encore plus de lui avoir fait tant de mal. Une rage intense le prit à la gorge, sans qu'il puisse la réfréner. Il en voulait à la terre entière, à Tom aussi, un peu, d'être aussi faible, mais encore plus à l'entourage du blond qui ne voyait pas son mal-être et qui le laissait couler dans la plus grande indifférence, sans savoir l'aider, pensait-il. Il sentit la nausée lui laisser un goût de bile dans la bouche, il crut même qu'il allait vomir, il se dégoûtait trop.

Tom finit par se rendre compte de l'immobilité de Bill et donna un puissant coup de bassin pour le reprendre profondément, faisant hoqueter bruyamment le brun qui rejeta la tête en arrière sous l'afflut du plaisir qui remontait en lui, le réveillant de sa torpeur. Le brun repencha la tête pour le regarder de nouveau et reprit ses accoups, la gorge nouée, sentant bientôt les larmes inonder ses joues. Tom avait toujours les yeux fermés et ne s'aperçut pas que son homme pleurait silencieusement, il sentit quelques gouttes tomber sur son torse et crut que c'était la sueur du brun qui mouillait sa peau.

Mais bientôt, le plaisir fut plus fort que tout, ils se sentirent tous deux soulevés et éjectés dans un abîme sans fond, le plaisir les surprit violemment, tordant leurs tripes, secouant leur coeur, faisant frissonner leur corps et pendant que Tom laissait sa semence gicler entre leurs deux corps, Bill jouit au plus profond de lui, une main crispée sur sa hanche et l'autre serrant son sexe.

Le brun se laissa retomber sur son amant et il tenta vainement d'étouffer les sanglots qu'il sentait monter, pendant que Tom lui caressait tout le corps et lui murmurait son amour et sa dévotion. Ils ne parlèrent pas, ils s'embrassaient juste, longuement, et Bill roula sur le côté en soupirant de bien-être. Il proposa une douche mais Tom refusa farouchement et se blottit dans ses bras. Ils s'embrassèrent encore et encore, se caressant un peu paresseusement et très rapidement, Tom s'endormit.

Bill, lui, était toujours réveillé. Il écouta pendant un moment la respiration calme et régulière de Tom et ne pouvait détacher ses yeux du poster le représentant au plafond. Il tourna la tête et observa le visage du blond qui paraissait serein dans son sommeil. Il avait passé un bras sur le torse de Bill pour le retenir contre lui et le brun se dégagea doucement pour soulever un des bras à hauteur de son visage pour mieux voir les marques laissées. Il ferma les yeux sous la douleur et la culpabilité qu'il ressentait. Il se redit pour la millième fois qu'il avait détruit Tom, il l'avait embarquée dans sa folie, il l'avait enchaîné dans sa démence, il en avait fait un esclave, complètement dépendant. Et pendant qu'il détaillait son poignet mutilé, il sentait la fierté de se savoir si aimé. La bouffée familière d'amour violent le traversa de nouveau et il faillit se laisser aller à cet amour malsain. Puis il réalisa ce qu'il ressentait et prit peur. Il relâcha le bras de Tom et se dégagea encore doucement pour se lever et prendre ses vêtements. Il s'habilla rapidement et se dirigea au salon où il tenta de récupérer une respiration normale. Il était affolé, perdu par tout ce qu'il avait cru oublier et qui revenait en force maintenant qu'il était de nouveau avec Tom. Rien n'avait changé, rien ne changerait jamais. Il avait aimé savoir que Tom se faisait du mal à cause de lui, et il se détesta pour ça. Ca ne pouvait plus continuer, il trouva rapidement de quoi écrire et expliqua au blond tout ce qu'il lui avait déjà plus tôt et qu'il n'avait pas voulu entendre, le suppliant de lui pardonner cette fuite un peu lâche mais nécessaire, lui demandant, l'implorant de ne pas chercher à le revoir, parce qu'ils avaient besoin d'aller mieux et qu'ils n'iraient jamais bien l'un avec l'autre. Il écrivit une multitude de « je t'aime » et de « je t'aimerai toujours » et après avoir laissé le mot en évidence sur la table, il alla jusque la chambre pour admirer son petit ami de loin, il pleurait silencieusement. Puis, il se décida à quitter l'appartement, toujours sans un bruit, le coeur meurtri, brisé, désespéré.

Il arriva très rapidement chez lui et se laissa tomber dans le fauteuil en soupirant longuement. Sa mère avait laissé une note, expliquant qu'elle était attendue chez une amie pour l'aider à coudre ses rideaux, elle serait absente quelques heures mais rentrerait pour le dîner. Bill réfléchissait encore, il était de plus en plus malheureux à l'idée que ce soit fini entre lui et Tom et se demandait déjà comment il allait faire sans lui. Il regrettait déjà d'avoir mis un terme à cette relation et n'avait qu'une envie, courir chez le blond et se jeter dans ses bras, oublier tout ce qui les séparer et reprendre leur relation là où elle était.

Il ne sut pas combien de temps il resta dans cette position, recroquevillé dans le canapé, en position foetus, le regard vide. Il entendit de grands coups à la porte ainsi que plusieurs sonnerie. Il voulut un instant laisser la personne se décourager mais celle-ci avait l'air d'insister lourdement alors il prit son courage à deux mains et se leva en soupirant, se traîna devant la porte qu'il ouvrit d'un geste las. Et il ne fut presque pas étonné en voyant un Tom plus que furieux qui brandit un papier froissé sous son nez, le regard noir, la mâchoire serrée :

-Ca, c'est quoi ?

Le brun ne répondit pas et Tom reprit :

-C'est quoi ? Tu réponds pas ? Tu...tu me fais l'amour et tu te barres sans un mot, tu me laisses juste un putain de mot merdique pour me dire que c'est fini et tu t'attends à quoi ? Des félicitations ?

Il repoussa la porte ainsi que le brun et entra à grands pas. Bill referma la porte et se tourna vers lui, Tom le fixait, toujours furieux. Il éleva encore plus la voix :

-Vas-y, explique-moi ! T'as pas oublié ton idée tordue de me quitter ? T'es toujours convaincu qu'il faut que tu me laisses ? T'es vraiment persuadé que je serai mieux sans toi ?

Bill avança de quelques pas vers lui et tenta de l'apaiser :

-Tom...Tom, je...arrête, calme-toi. Je...j'ai jamais voulu te faire de mal, tu le sais.

Tom eut un rire ironique :

-Oh ! Pardon, alors ! Tu veux pas me faire du mal ? T'as pas compris tout ce que je t'ai dit ?

Il s'interrompit un instant et son visage se décomposa soudain :

-Je...je peux pas sans toi, Bill, j'y suis pas arrivé, j'y arriverai pas. Je peux pas. Putain, comment tu peux, toi ? Comment tu peux imaginer un seul instant pouvoir être sans moi ? Je croyais que tu m'aimais !

Bill s'écria :

-Mais je t'aime Tom ! Arrête de...pense pas que...tu vois pas que je fais ça pour toi ?

-Je t'ai jamais rien demandé de tel ! Si tu m'aimes, reste avec moi, s'il te plait Bill, reste...

Il s'avança vers Bill et posa ses mains sur ses joues, les caressant de ses pouces et plongeant son regard dans celui du brun :

-Reste avec moi. Je te l'ai déjà dit, je me fous de comment est notre relation, elle me convient. Tu comprends pas que je crève si t'es pas là ? Sans toi, c'est...je...merde Bill, comprends-le un peu. Tu peux pas me faire ça, je veux pas que tu t'éloignes pour me sauver, j'ai pas besoin d'être sauvé, tu vas mieux, tu as dit que tu allais mieux, alors ça va aller, ok ? Ca va aller. Mais me laisse pas, putain, je peux pas...

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Comments :

  • chaos87th

    07/08/2011

    C'est clair que là les rôles sont entièrement changé et ça fait encore plus peur qu'avant.
    Bill aurait du prévenir des médecins pour qu'ils aident Tom à son tour comme ils ont fait pour Bill.
    Et peut-être qu'après ils auraient pu se retrouver et avoir une relation plus saine.

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