[OS DE NOËL] - Santa klaus is coming to town... (2/2)

-Mindy ! Mindy, qui est-ce ?

La petite s'écria, semblant enfin sortir de sa surprise :

-C'est Tom, maman ! Tom est là, avec le Père Noël ! Viens voir Laura ! Viens, maman, viens !

Une autre petite fille accourut aussitôt et battit des mains quand elle vit Tom accompagné du personnage historiquement célèbre. La maman arriva peu après, poussant les roues d'un imposant fauteuil, le faisant rouler jusque la porte. Elle fit un grand sourire et les invita à entrer. Pendant que Bill répondait du mieux qu'il pouvait à la petite Mindy, la plus grande ne croyant déjà plus au Père Noël, Tom expliqua vite fait qu'il s'agissait là d'une surprise. Une surprise venant de ses filles. La mère se mordit un peu la lèvre et ses yeux s'emburent. Ils se réunirent tous autour du Père Noël qui tira de son sac le petit paquet rouge et doré qu'il tendit à la maman :

-Joyeux noël, madame Bauer ! Vous avez été sage cette année, on dirait !

Elle prit le petit paquet d'une main tremblante et l'ouvrit sous le regard anxieux et excité de ses deux filles. Elle leva la chaîne à hauteur de son visage et lut les inscriptions qu'il y avait. Les quelques minutes suivantes passèrent dans un concert de câlins et d'embrassades. Et contre toute attente, Bill dit alors :

-Mais il n'y a pas que votre maman qui a été sage, j'ai là quelque chose pour une certaine Mindy et une certaine Laura !

Tom eut un sursaut de surprise et ce fut son tour d'ouvrir grand les yeux. Qu'est-ce que Bill avait prévu ? Les deux fillettes se rapprochèrent de lui et se virent remettre deux boîtes multicolores. Une fois débouchées, le contenu se trouva être une jolie poupée pour Mindy avec quelques accessoires, et un jeu de perles pour Laura. Autre tournée de câlins et d'embrassades. Tom était très étonné, il n'avait rien demandé, comment Bill avait eu cette idée ? En tout cas, ça plaisait fortement à toute la petite famille, et pour la première fois depuis très longtemps, Tom ressentit une espèce de gratitude pour ce brun si gentil et...de la joie pour les trois heureuses. Oui, elles le méritaient vraiment. Martina offrit aux deux jeunes hommes un verre de vin chaud dans des verres dont le bord avait recouvert de sucre et de sirop, donnant l'impression qu'un peu de glace colorée s'était déposée tout autour et après avoir bu et discuté un peu, ils se séparèrent et reprirent le chemin de l'appartement du blond. Quand ils entrèrent, Tom nota immédiatement la différence. Son appartement, bien qu'il l'aimait tel quel, paraissait triste, sans vie et sans chaleur par rapport à celui de Martina. Il n'y avait aucune décoration de noël, aucune lumière clignotante, aucun fumet s'échappant de la cuisine, annonciateur d'un repas festif. Et pour la toute première fois, Tom en fut un peu attristé. Il entendit le brun prendre la parole :

-Je pense que la maman a dû prévoir des cadeaux pour ses filles, mais j'avais envie que ça soit un peu plus...spécial. Parce que c'est spécial, noël, non ?

Oh oui, pour Tom, c'était plus que spécial, mais certainement pas de la façon que Bill imaginait. Il se contenta néanmoins d'hocher la tête et remercia le brun pour sa délicate attention. Quand il parla de remboursement, Bill protesta vigoureusement :

-Non, Tom, non ! C'était mon idée ! Et puis, ça me fait plaisir ! Nous avons des tas de choses à la boutique, ça ne manquera pas ! Ne vous en faites pas, c'est rien, c'est rien du tout ! Elles ont été contentes, c'est tout ce qui compte.

Quel énergumène ce Bill ! Gentil, prévenant, adorable...et beau...oui, vraiment beau. A cette pensée, le c½ur de Tom battit un peu plus fort. Depuis quand est-ce qu'il trouvait un garçon beau ? Beau comme...beau au point que ça soit troublant ? Qu'est-ce que c'était que cette soirée ? Qu'est-ce que c'était que cette rencontre ? Il n'en savait rien, il savait juste qu'il ne voulait pas que le brun ne parte déjà. Il regarda Bill dans les yeux et dit doucement :

-J'ai fait du vin chaud aussi. Vous en prenez un verre avec moi ? A moins que vous ne soyez attendu...

Bill fit cette fois un tout petit sourire et dit simplement :

-J'en prendrai volontiers un peu. Je ne suis attendu nulle part...

Tom fit un large sourire, chose improbable en cette période et prit la direction de la cuisine en lançant :

-Ok, je vais chercher tout ça. Mettez-vous à l'aise, Bill !

Et là, ce fut le brun qui fut étonné, c'était la première fois qu'il entendait le blond prononcer son prénom, il ne le lui avait pas donné, à aucun moment, il avait oublié que Tom avait pu entendre son prénom quand la jeune fille, qui était en fait sa cousine, était entrée dans la boutique, à la recherche de son écharpe. Il ne put poser aucune question, Tom avait déjà disparu dans la cuisine. Bill se débarrassa enfin de son bonnet, de sa barbe qui commençait à le gratter un peu et entreprit de déboutonner l'épaisse veste. Il faisait vraiment très bon dans l'appartement de Tom. Ce dernier revint, deux verres à la main :

-Voilà, j'espère qu'il est bon, vous savez, je suis pas très doué en cuisine, hein, mais au moins ça continuera de nous réchauffer.

Et remarquant que Bill s'était un peu dévêtu il ajouta :

-Oh, vous avez enlevé votre barbe et votre veste ? Vous avez bien fait !

Bill prit le verre en le remerciant et dit alors :

-Écoute, je crois qu'on doit avoir le même âge, non ? Et si on se tutoyait ?

Le blond fut enthousiaste :

-Ok, t'as bien raison ! Moi ça me gêne pas. Alors...on trinque ?

-On trinque ! A quoi ?

Tom réfléchit quelques secondes. C'est vrai, à quoi ? Il dit la première chose qui lui passa à l'esprit, surpris une fois de plus de s'entendre répondre :

-Bin...à Noël, alors !

Bill cogna doucement son verre contre celui de son nouvel ami et dit :

-A Noël ! A Noël et ...à notre rencontre !

Ils burent en silence pendant un instant. Tom le regardait et sentait dans son ventre une espèce de chaleur. Il ne chercha même pas à savoir ce que c'était, il avait arrêté de se poser la question sur ce que lui inspirait le brun depuis qu'il était entré chez lui, la première fois. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il se sentait bien en sa compagnie et il aurait voulu que ça dure. Ils étaient assis dans le canapé de Tom et appréciaient le breuvage chaud que le blond avait finalement réussi. Ce dernier prit alors la parole :

-Tu...fêtes pas le réveillon ?

Le brun eut de nouveau son regard un peu triste. Il secoua lentement la tête :

-Non. Et toi ?

-Moi non plus. Donc, tu es attendu nulle part ?

-Non plus, non.

Tom hésita un instant et se lança :

-Tu...tu veux rester ?

Ça aurait pu être une question qu'il aurait pu se poser...Pourquoi invitait-il un jeune homme encore totalement inconnu à « réveillonner » chez lui, avec lui ? Lui qui détestait tant ce soir-là, cette fête-là ? Mais il avait décidé qu'il ferait les choses une par une, au feeling, sur l'instant. Leb die sekunde...

A sa question, Bill leva la tête pour le regarder en souriant et répondit simplement :

-Si je te dérange pas, je veux bien rester.

-Tu me déranges pas. C'est cool que tu restes...

Super dialogue, très recherché, très profond ! Mais largement suffisant pour eux. Le brun rompit le silence pour demander :

-Dis, ça t'embête si j'enlève mes bottes, fait vraiment chaud chez toi, c'est bien !

-Non, vas-y, je te l'ai dit, mets-toi à l'aise !

Bill alla déposer ses bottes devant la porte d'entrée et se retourna en rigolant un peu :

-Si t'avais une cheminée, je les aurai déposées devant, j'aurai peut-être eu un cadeau...

Il regretta immédiatement sa parole, le visage du blond s'était rembrunit. Il l'entendit marmonner :

-J'en ai pas. Et tant mieux. De toute façon, le Père Noël n'existe pas, alors...

Bill revint s'assoir à côté et se mordit l'intérieur de la joue, hésitant à dire ce qu'il demanda finalement, mettant le plus de douceur dans sa voix, sachant déjà que le sujet devait être douloureux pour provoquer une réaction comme ça chaque fois qu'ils abordaient le sujet :

-Et...pourquoi tu n'aimes pas Noël ?

Sans le regarder et sans se rendre compte qu'il en parlait pour la première fois à quelqu'un qui n'était pas de sa famille, Tom s'entendit répondre :

-Parce que j'ai perdu ma mère ce soir-là. J'avais 8 ans...

Bill eut un sursaut étonné et posa sa main sur la cuisse de Tom. Il dit doucement :

-Je...je suis désolé...Vraiment. Je voulais pas réveiller...

-Tu pouvais pas savoir. Ça va maintenant. Enfin, je crois.

-Sauf que tu t'es mis à haïr Noël depuis...

Tom leva la tête et le regarda droit dans les yeux. Un éclair passa dans son regard, faisant frémir le brun. Il leva un peu la voix pour répondre :

-Comment ne le pourrais-je pas ? Comment, dis-moi ? Putain, oui je déteste ça !

Il se leva et commença à marcher de longs en larges, faisant de grands gestes avec les bras, parlant plus pour lui-même que pour Bill, qui le regardait, un peu apeuré par cette colère qui grandissait et le c½ur serré de le voir si...malheureux :

-Putain, oui, je déteste Noël et tout ce qui va avec ! Les gens sont...heureux ? Tant mieux pour eux ! Ils offrent et reçoivent des cadeaux ? Cool, super ! Moi, à 8 ans, j'ai eu les deux ! J'ai reçu les cadeaux que j'avais « commandé », j'ai offert ceux que je pouvais pour mon âge et par-dessus tout, j'ai eu un bonus ! Un putain de cadeau de ce putain de Père Noël : la mort de ma mère ! Voilà ! Alors pourquoi je foutrais des décos dans mon apparte, hein ? Pourquoi je sourirais bêtement toute la soirée avec un chapeau pointu sur la tête en beuglant à tue-tête « joyeux noël, tout le monde » ? Pourquoi, dis-moi ? Noël a pris ma mère...Noël a pris ma mère et ne me l'a jamais rendue...

Il ne vit pas le brun se lever et se diriger vers lui à grands pas pour stopper ses gestes et...l'attirer contre lui, le serrant fort, le berçant doucement en lui murmurant des paroles de réconfort. Il ne s'aperçût pas qu'il s'était mis à pleurer...Il pleurait, la tête enfouie dans le cou de ce jeune homme qu'il venait de connaître, il laissait s'écouler des années de douleur, de rancune et de questions sans réponses. Et Bill, le sentant trembler, resserra son étreinte :

-Je sais pas Tom, je sais pas...Je sais pas pourquoi ça arrive à certains plutôt qu'à d'autres. Je sais juste que les épreuves sont là pour nous rendre plus forts...

Il s'interrompit un instant, continuant de le serrer et reprit plus bas :

-Vas-y, laisses sortir tout ça...

Et Tom pleurait encore plus et s'accrochait désespérément à Bill, une main passé dans son dos, l'autre crispé sur le devant de son tee-shirt. L'odeur du brun lui arrivait aux narines, emplissant tout son être, le bouleversant un peu plus. Il sentait dans son dos des caresses circulaires, comme on console un enfant d'un trop plein de chagrin. Et c'est exactement comme cela que Tom se sentait en ce moment, un enfant. L'enfant de 8 ans qu'il avait été avait refait surface pour enfin laisser éclater la douleur trop longtemps refusée au profit d'une ranc½ur destructrice et fatigante. Parce que oui, Tom aujourd'hui, fatiguait. Il était fatigué d'haïr, haïr qui, hein ? Et pourquoi ? Le « putain de Père Noël » ? C'est cela, oui...L'enfant qu'il était s'était évertué, et on peut le comprendre, à détester le bonheur des gens parce que lui l'avait perdu justement ce soir-là. L'homme qu'il est devenu à tout simplement continué de le faire. Par habitude, parce que c'était plus facile comme ça, parce qu'il n'avait jamais eu personne dans son entourage de suffisamment persuasif pour lui dire que « la vie continue », il n'avait pas encore eu de Bill...Le même qui était, sans le savoir, en train de le sauver. Le sauver d'un passé trop lourd, trop encombrant, trop douloureux...Le sauver de lui-même...

Ils restèrent enlacés un bon moment, Bill laissait Tom déverser des années de chagrin. Il lui murmurait toujours des mots pleins de réconfort et de gentillesse, des mots de compassion et de soutien. Et peu à peu, avec tous ces mots et la main qui cajolait son dos, ses larmes se calmèrent jusqu'à devenir longs soupirs et reniflements. Il se détacha enfin et s'essuya les yeux en disant, d'une voix enrouée :

-Désolé. Je...je voulais pas t'embêter avec ça.

Et c'est seulement là qu'il remarqua que le noir du brun avait coulé, sillonnant ses joues en deux traînées noirâtres. Bill aussi avait pleuré. Il répondit quand même, espérant que Tom n'avait pas remarqué :

-Tu ne m'embêtes pas. Je comprends très bien.

Tom s'essuyait les yeux, passant le bas de sa manche pour mieux éponger et dit :

-Merci, Bill. Mais je ne crois pas, non...Tu ne peux pas comprendre...

Ils se jaugèrent un instant et Bill reprit la parole :

-Si je le peux.

Tom insista, un air buté sur le visage :

-Non, je suis sûr que non. Parce qu'en plus, il n'y a pas eu que ça. Ce fut le début de la fin pour moi. Une fois morte, mon père est devenu alcoolique, il était tellement malheureux. J'ai donc été élevé par mes grands-parents paternels, les parents de ma mère étaient déjà morts. Alors au final, ce soir-là, c'est comme si j'ai perdu mes deux parents. Ma mère en premier, et mon père par déduction. Tu peux imaginer peut-être, mais comprendre sûrement pas.

Il finit son monologue et se tourna vers Bill. Il s'affola un peu quand il le vit blêmir :

-Bill ? Bill ! Ça va ?

Le brun hocha lentement la tête et prit à son tour la parole d'une voix serrée :

-Je...oui, ça va...mais...Tom, je...si, je t'assure, je peux te comprendre...Parce que...parce que, Tom...j'ai...j'ai la même histoire que toi !

Tom eut réellement l'impression d'entendre sa mâchoire se décrocher et tomber plusieurs étages plus bas. Bill ? La même histoire que lui ? C'était une blague ou quoi ? Il s'entendit bégayer :

-Quoi ? Tu...toi...toi...aussi ?

Incapable de répondre, Bill hocha la tête vigoureusement. Tom reprit sur le même ton :

-Les...les deux ?

Nouvel hochement de tête. Et Bill précisa même :

-Ma mère est morte, le soir de noël aussi. Et mon père...comme le tien...moi j'ai été élevé par mes grands parents maternels. J'avais 8 ans aussi.

Tom attrapa le poignet du brun et l'attira brusquement contre son torse. Tout ce qu'il pût dire c'est :

-Oh !

Et pendant un long moment, plus personne ne parla. Coïncidence ? Hasard ? Destin ? Providence ?Plan Divin ? Certainement tout cela à la fois. Points communs troublants pour ces deux jeunes hommes à la même histoire.

Le dreadé recula un peu et se sentit tout bête en s'entendant parler :

-Merde alors ! Bin ça ! Tout pareil ! C'est...c'est fou !

Bill fit un petit sourire. Il inspira un grand coup et le blond demanda, intrigué :

-Mais...mais comment tu...?

Il n'osait pas finir, mais Bill semblait savoir de quoi il parlait. « Comment tu as pu t'en sortir ? » Il sourit un peu plus et répondit à la question qui avait été à peine posée :

-Ça a été dur, très dur. Pendant un bon moment. Et j'ai décidé qu'il fallait changer tout ça. Mes grands-parents m'y ont aidé aussi, ce sont des gens formidables. Un jour, ils m'ont rappelé que ma mère aimait cette période plus que tout, et ils m'ont dit que de là où elle était, elle serait très triste de me voir si malheureux en cette période qu'elle chérissait tant. Elle n'aurait pas voulu me voir passer à côté de toute cette magie qui est dans l'air pendant cette fête particulière. Et j'ai compris. J'ai compris que haïr ne la ferait pas revenir. Alors j'ai décidé de vivre, pleinement, pour elle, pour mon père aussi. C'est ce qu'elle aurait voulu, me voir heureux et souriant au lieu d'être amer, aigri et rancunier. Ça a tout changé. Tout...

Tom eut l'impression de recevoir une gifle. Un gros coup de poing en pleine poitrine, un seau d'eau glacée lancé en pleine face, un choc terrible. Ce que Bill lui disait, c'était tellement simple, tellement évident, tellement normal...Peut-être qu'il avait entendu cela auparavant, mais ça n'avait pas eu le même sens que maintenant, le même impact, la même force et la même intensité que maintenant. Là, ça avait l'air tellement...vrai ! Ça venait de quelqu'un qui comprenait parce qu'il l'avait vécu, comme lui, au même âge, de la même façon. La même peine, la même douleur, la même haine. Sauf que Bill avait agi plus intelligemment. Il avait enfourné tous ces sentiments négatifs dans un grand sac bien ficelé et l'a jeté bien loin, dans la mer, aux requins, tiens. Il s'en était débarrassé. Et c'était plutôt réussi, Bill était quelqu'un de gentil, de souriant, de serein, d'attentionné, de...resplendissant. Oui, voilà, c'était ça, il resplendissait. Un jeune homme accompli. Bien dans sa peau.

Si seulement Tom avait su faire pareil...que d'années en moins il aurait gâché ! Il eut honte, d'un coup, de là où elle était, sa mère ne devait pas être trop fier de lui ! Bill sembla deviner ses pensées parce qu'il lui prit la main et dit :

-Il est pas trop tard pour bien faire, Tom. J'ai vu un peu comment tu étais, tu es quelqu'un de bien, je suis sûr que ta mère serait fière. Juste...honore sa mémoire en profitant de cette période, comme elle le faisait, comme vous le faisiez. Elle sera encore plus fière !

Nouvelle étreinte. Encore plus resserrée. Ils étaient toujours debout au milieu du salon, enlacés dans la chaleur de l'autre, et Tom se sentit enfin apaisé. Grâce à Bill. Ce dernier sentait surtout la force de l'étreinte. Les bras passés autour de lui étaient forts et rassurants. Tom sentait bon, une odeur virile, une odeur boisée. Il avait le nez plongé dans son cou et l'odeur de sa peau l'enivrait. Et doucement, il prit conscience du c½ur qui battait contre le sien. Comme le sien, au même rythme, à la même vitesse. Était-ce possible que le blond soit au moins aussi troublé que lui ? Apparemment.

Il releva lentement la tête et plongea ses yeux dans ceux de Tom. Leurs visages étaient tout proches, leur souffle brûlait la peau de l'autre et se mélangeait. Les yeux reflétaient la même envie, se renvoyait la même intensité. Sans réfléchir davantage, Tom glissa lentement sa main vers le haut du dos de Bill, jusqu'à arriver sur sa nuque et fit pression dessus pour amener la tête brune encore plus près. Il pencha légèrement la tête, entrouvrit la bouche et ferma les yeux au moment où sa bouche rencontra celle de Bill. Moment intense. Et violents frissons.

Le baiser resta d'abord léger, en surface, les lèvres se caressant, se pinçant un peu, jouant entre elles, se goûtant, s'appréciant. Puis, il se fit un peu plus audacieux, les langues entrèrent en scène, se mêlant à la danse dans un ballet un peu fou. Danse sensuelle. Et autres violents frissons. Tom resserra ses doigts sur la nuque qu'il caressait, se délectant de la douceur du grain de peau. Et Bill colla un peu plus son corps contre celui du blond. Il avait noué ses bras autour du cou du dreadé et caressa lentement la nuque dégagée, lui aussi. Il appréciait sentir Tom passer ses doigts dans ses cheveux, massant son cuir chevelu et redescendre un peu frôler sa nuque. C'était...agréable. Non, bon. Non, enivrant. Voilà, c'était totalement et définitivement enivrant. Et pourtant, c'était si peu. Si peu et tellement pour eux, à la fois...

Les bouches se décollèrent et leurs fronts se rencontrèrent, faisant aussi se frotter leurs nez l'un contre l'autre dans un geste affectif. Tom, les yeux toujours fermés dit tout bas :

-Je...j'ai jamais...tu sais...avec un garçon...

Bill répondit sur le même ton :

-Je peux t'apprendre. Je t'apprendrai...

Il déposa un baiser léger sur la bouche dont il ne pouvait déjà plus se passer et continua :

-Parce que...

Autre baiser léger :

-J'ai un cadeau pour toi aussi, Tom...

Autre baiser un peu plus appuyé et une question posée d'une voix hésitante :

-Ah ? Et c'est ?

Énième baiser terminé par le bout d'une langue qui lèche la lèvre inférieure du blond :

-Ton cadeau c'est...

Énième arrêt, baiser profond, fougueux, passionné mais vite cassé par un murmure soufflé :

-Ton cadeau, c'est moi...Joyeux Noël, Tom...

Leurs bouches se lièrent de nouveau, faisant tourner leur tête et cogner leur coeur. Peu importait qu'ils fûssent deux garçons, peu importait que Tom n'avait jamais fait cela, peu importait l'incongruité de la situation. Ils s'étaient rencontrés il y a à peine quelques heures et ils s'embrassaient déjà. Et semblaient sur le point de faire même plus. Parce que ça allait être invétable, la suite logique et évidente. Bill et Tom. Tom et Bill. L'un étant la réponse de l'autre, l'apaisement de l'autre et l'autre étant le nouveau bonheur de l'un. Et certainement ils étaient le coup de foudre de l'un et l'autre. Parce que c'est ce que Tom comprit, quand il s'arrêta pour emmener Bill dans sa chambre, sans un mot. Il avait eu un coup de foudre puissant. Quand il avait poussé la porte de cette boutique et qu'il avait croisé le regard pétillant de la personne qu'il prit pour une fille au départ, il en était déjà amoureux. Et quand il comprit que la fille était plutôt un mec, ça n'avait rien changé. Bill était plus qu'un mec, ou une fille, non, c'était une personne. Et quand Tom croisa son sourire éblouissant, c'était foutu...et le reste prouvait que Bill avait raison, il était bel et bien son cadeau de Noël, le plus beau qu'il ait jamais eu depuis longtemps parce que c'était celui qui le réconciliait avec lui-même et avec la vie. Bill et son histoire, Bill et son passé si similaire au sien, Bill et son expérience l'aidant à se relever. Bill et ses yeux...Bill et ses mains...Bill et son corps tout entier...C'est tout ce dont il fût conscient quand il recouvrit le corps du brun encore habillé, du sien.

Ce qu'il s'est passé à partir de là ? Allons, voyons, c'est vraiment une question ? Vous ne vous en doutez pas ? Et bien, en quelques mots, hésitation, peur, désir, envie, nudité, baisers, caresses, gémissements, halètements, doux murmures, regards profonds exprimant la passion, sueur, accoups réguliers et particulièrement enivrants, cris d'extase exprimant un immense plaisir dévastateur et mutuel. Voilà, vous situez un peu mieux ? Vous comprenez maintenant ? Les détails ne nous regardent pas. On en sait déjà bien assez.

On peut juste regarder la scène d'un oeil bienveillant. Oui, regardez donc dans la chambre. Un pantalon rouge et blanc traîne par terre, jeté à la va-vite, un peu plus loin un pantalon de toile noire, sur la chaise de bureau un débardeur noir et près de la fenêtre, un tee-shirt blanc. Les chaussettes sont presque sous le lit, une pend lamentablement sur la lampe de chevet, une autre est perdue quelque part dans les draps. Et les boxers ? Ne cherchez pas celui de Bill, il n'en portait pas. Celui de Tom ? Par terre presque sous l'armoire. Maintenant voyez ces deux corps nus enlacés, endormis. Tom sur le dos, sa tête reposant sur celle de Bill posée dans le creux de son épaule, le nez dans son cou, les mains entrelacées et les jambes enchevetrées. Et notez la sérénité sur leur visage. Surtout sur celui de Tom. Oui, je vous vois encore sourire, il est encore plus beau comme ça, hein ? Je sais, je trouve aussi. C'est parce qu'il est apaisé. Apaisé et heureux. Enfin...


Epilogue


Même paysage blanc, retour à la maison. La cheminée fume toujours. Le même vieil homme, que nous connaissons s'appeler Nicolas, maintenant, descend de son traîneau et s'étire longuement. La nuit a été longue et très fatiguante. Il a fallut faire vite, être discret, rusant pour ne pas se faire attraper par ces petits garnements de plus en plus effrontés chaque année. Mais le vieil homme sourit, cette fois encore, il a réussi. Il réussira encore. Il réussit toujours.
Il prend l'attelage de rêne et appelle à voix haute :

-Anaël ! Anaël ! Obéron ! Mavigoy ! Venez prendre les rênes, s'il vous plait !

A ces mots, sortant presque de nulle part, trois petits lutins vêtus de vert et de rouge accourent, riant et se bousculant joyeusement. L'un s'empare de la corde qui retient les animaux, l'autre détache le lien qui retient le traîneau aux rênes, le dernier prend des nouvelles :

-Alors, ça s'est bien passé ? Les enfants ont été contents ? Personne n'a été oublié ? Vous avez failli vous faire surpendre ?

Le barbu leva les mains en rigolant :

-Calmes-toi Anaël, calmes-toi donc un peu ! Toutes ces questions à la fois ! Alors, oui, cette année encore ça s'est bien passé, très bien passé même. Tout le monde a eu ce qu'il méritait, les enfants seront très contents demain matin. Ils sont de plus en plus malins, j'ai bien failli me faire attraper quelques fois mais dans l'ensemble tout s'est bien déroulé.

-Tant mieux ! Nous allons rentrer les rênes, maintenant. De notre côté, rien à signaler, la fabrique est un peu plus calme maintenant. Et le mois prochain, on reprendra la fabrication des jouets. Bon, Obéron, Mavigoy, dépêchons-nous, nous sommes attendus chez maman !

Et se tournant vers le vieil homme :

-Vous la connaissez, hein, si on la fait trop attendre...Je préfère même pas me rappeler ce qu'on a subit l'année dernière...Brrr !!!

Il prit une expression horrifiée et fit semblant de frissonner violemment, ce qui fit rire le vieux barbu. Un grand éclat de rire grave, chaleureux. Il se tenait le ventre qu'il avait imposant de ses deux mains. Les autres lutins aussi éclatèrent de rire. C'était toujours comme ça entre eux.

Ils se saluèrent et chacun repartit à ses occupations. Le vieil homme passa le pas de sa porte et eut un sourire attendri pour la femme qui tricotait, assise dans un fauteuil à bascule mais qui leva le regard vers lui et se leva immédiatement pour venir à sa rencontre en souriant aussi. Il ota son manteau rouge et blanc et l'accrocha dans l'entrée, sur le rigolo porte-manteaux qui était en fait une fausse tête de cerf. Sa compagne s'approcha de lui et il prit ses mains dans les siennes, elle demanda :

-Alors ? Cela s'est bien passé ? Tu dois être fatigué !

-Un peu mais tout s'est bien passé, oui. C'est le genre de fatigue que j'aime avoir.

-J'ai fait du chocolat chaud, encore. Je t'attendais.

Il déposa un baiser sur son front :

-C'est une délicate attention...allons donc le boire !

La femme se retourna et partit en direction de la cuisine d'où elle revint avec le même petit plateau, avec les deux mêmes tasses fumantes, embaumant délicieusement la pièce d'un arôme savoureux mais elle avait posé dessus aussi une assiette de cookies au chocolat. Les préférés de Nicolas...
Ils s'assirent tous deux devant la cheminée et burent quelques instants en silence. On entendait de temps en temps le croustillant des gâteaux et le bois de la cheminée qui craquait en brûlant. La compagne du barbu avait mis une douce musique et on entendait une voix grave chanter, avec un arrière bruit de cloches dans la chanson :

« Oh, you better watch out
You better not cry
Better not pout
I'm telling you why
Santa Klaus is coming to town... »

http://fr.youtube.com/watch?v=FcJeOCSEYy4&feature=related



Le vieux barbu souriait doucement, les yeux plongés dans le feu crépitant, perdu dans ses pensées. Sa femme sembla se rappeler soudain de quelque chose, elle l'interrogea doucement :

-Oh ! Au fait ! Et pour ce fameux Tom ? Tu lui as trouvé le cadeau idéal ?

Le vieil homme hocha la tête plusieurs fois, son sourire s'accentuant :

-Hum hum...

Sa compagne reprit, intriguée :

-C'est vrai ? Cette année tu as enfin trouvé ? Alors ? Ca lui fera plaisir tu penses ? Qu'est-ce que c'est ?

Le vieil homme tourna la tête vers elle, le regard pénétrant, le sourire mystérieux et dit :

-Oh oui il va aimer. Je lui ai offert les meilleurs choses qui soient. Je lui ai offert...L'amour et la paix...


***


*Un an plus tard, un certain 24 décembre...*

Deux corps enlacés devant un sapin magnifiquement décoré. Un jeune homme blond qui tient une branche de gui sur leurs deux têtes rapprochées et le baiser passionné et interminable qui va avec. Vous les reconnaissez ? Oui, c'est bien eux, c'est bien Bill et Tom. Vous avez vu ? Ils sont toujours ensembles. Et vous avez remarqué ? L'appartement de Tom est décoré. Pleins de décorations, des boules multicolores, des guirlandes scintillantes et lumineuses, des petits objets de toutes sortes partout dans la pièce, un sapin gigantesque présidé par une étoile dorée supposée montrer le chemin. Il y a même une crêche au pied du sapin. Incroyable, hein ? Et pourtant...

Depuis Noël dernier, Bill a beaucoup revu Tom et c'est sans surprise qu'ils ont aménagés ensemble assez rapidement. Trop passionnés. Trop sûrs d'être faits l'un pour l'autre. Et ils ont eu raison, Tom n'a jamais été aussi heureux et a appris à faire disparaître son mal-être grâce à Bill. Bill et sa patience, Bill et son amour, Bill et son soutien...Et comme ils ont la même histoire, Tom est le réconfort quotidien du brun. Et aujourd'hui, consécration suprême, ils fêtent Noël !

Bill leve la tête et renifle un peu :

-Tom, tu trouves pas que ça sent bizarre ?

Le blond renifla un peu et court affolé dans la cuisine en criant :

-Merde ! La dinde ! Oh bon sang !

Le brun éclate de rire en terminant d'accrocher deux chaussettes de Noël rouges et dorées sur le bois du meuble de salon, avec des punaises. Il recule pour admirer son travail et ses yeux font le tour de la pièce. Oui, ça sent bien Noël...Tom a vraiment beaucoup changé !

Bill sent deux bras l'enlacer par-derrière, un baiser déposé dans son cou et une voix dire près de son oreille :

-C'est joli, t'as vu ? J'ai bien changé, hein ?

Le brun caresse le bras qui l'enserre et sourit doucement :

-Je me faisais exactement la même réflexion ! Oui, tu as changé, tu étais déjà bien, Tom, tu es juste devenu meilleur...Je suis impressionné par l'homme que tu es devenu, un homme encore plus merveilleux !

-Tout ça c'est grâce à toi ! Tu m'as fait et me fais toujours un tel bien ! Tu es la meilleure chose qui ait pu m'arriver depuis toujours !

Il retourne Bill et le serre contre lui avant de s'emparer fougueusement de sa bouche pour exprimer à quel point il l'aime, ce brun, et à quel point il lui est reconnaissant. Il le sera toujours.

La soirée s'annonce prometteuse, Martina et ses filles doivent bientôt les rejoindre pour le dîner. Bill a prévu de se déguiser en Père Noël, dans la soirée, moment symbolique. Les paquets cadeaux sont sous le sapin, le vin chaud et prêt, il y a même du lait de poule, plein de bonnes choses à manger et Bill, fin cordon-bleu, a même fait une bûche pour le dessert ! La musique est douce, ce sont des cantiques de Noël.

Ils terminent de se préparer et de tout vérifier, s'arrêtant souvent pour se dévorer la bouche et se caresser le corps, s'échauffant mutuellement. Ils s'aiment et se le disent souvent.

Et vous savez quoi ? Tom s'est acheté un bonnet de lutin, vert et rouge, bonnet qu'il porte en ce moment ! Oui ! Tom, Tom Kaulitz lui-même ! Assez étonnant, hein ? Je trouve aussi...D'ailleurs écoutez-les se dire entre deux baisers :

-Je t'aime, Bill Trümper...Tu es l'amour de ma vie, tu es mon Miracle de Noël...

-Tu es le mien, Tom Kaulitz. Et moi aussi je t'aime, plus que ça, même, plus que tout...pour toujours...pour l'Eternité, et même pour ce qu'il y aura après...

Tous ces changements, tous ces souvenirs, ils les chérissent. Parce que finalement ils ont eu l'occasion de goûter à la magie de Noël, celle qui a changé leur vie, celle qui l'a rendue plus belle. Parce qu'ils ont tous les deux décidé qu'il était enfin temps de fêter Noël comme leurs mamans l'auraient souhaité...

FIN

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Comments :

  • mOiimOietmOi

    04/07/2013

    C'est tellement magnifique ... Tu es immensément douée j'en ai encore les yeux tout humides :3 Merci beaucoup :D

  • Je-Suis-Moi-Version-Moi

    11/02/2013

    ouah ! c'est magnifique, le passé des deux garçon mon fait pleuré mais tout est bien qui fini bien.

  • Milla-Nekorelo

    04/06/2012

    Woauw...j'en ai les larmes aux yeux! magnifique! :'$

  • amy-chan

    10/02/2012

    jvien de lire ton histoire et avec le temps qu'il fait dehors j'ai vraiment l impression d'être de retour a noel! c'est vraiment super trés touchant j'adore xD alala une belle histoire de la neige de la musique de noel et un chocolat chaud fait maison... que demande le peuple?

  • chaos87th

    14/07/2011

    J'ai énormément adoré cet OS.
    Beaucoup beaucoup.
    Moi aussi j'aimerais bien avoir Bill et/ou Tom comme cadeau de Noël. Lol

  • xx-gothiqua-arwena-xx

    08/04/2011

    Le Père Noël à fais fort,lui donner l'amour,c'est magnifique!! Superbe,j'adore cette histoire,ça va faire deux fois que je la relis et j'aime toujours autant^^

  • th-in-disney-world

    14/09/2010

    La magie de noël. ^^
    Ils se sont bien trouvés !!
    Tom est heureux et Bill ne fêtera plus noël seul.

    Laura67

  • naughtymily

    11/02/2010

    Décidément j'adore tes histoires ! Celle-ci m'a beaucoup touchée. On comprend parfaitement la détresse de Tom et puis la magie de Noël intervient et tout rentre dans l'ordre. Bravo

  • Wo-sind-deine-Hande

    27/12/2009

    C'est triste leurs histoire. Mais tellement beau en même temps ^^

    Bzeuh, TK

  • Pucca97217

    13/09/2009

    J'ai beaucoup aimer je l'ai meme mis sur word pour continuer à la lire hier soir pass j'avais pas eu le temps de la finir.
    En plus la coincidence entre eux deux la c'est juste énorme.Et quand il dorment ensemble c'est adorable.

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