[Fiction] La croisière - Chapitre 1

«Ma tite Geh, ma jolie Angel, tu as osé me demander un OS, tant pis pour toi, non seulement il va falloir assumer, mais en plus, tu me connais, je parle toujours trop, donc pense toujours trop et l'OS s'est transformé en mini-fic. Merci pour ton soutien, tes encouragements, ta fidélité à suivre ce que je fais, à commenter, à si bien me chouchouter. Tu es mon Ange à moi...Chaque fois, tu as de jolis mots pour moi, pour ce que j'écris, apparemment, tu aimes beaucoup, mais moi, c'est toi que j'aime beaucoup, alors cette histoire-là, elle est pour toi...»


Laloumine,

Ile de la Réunion, le 05 décembre 2008


LA CROISIERE


***


Chapitre 1


-J'en reviens pas que tu fasses la gueule ! J'en reviens vraiment pas ! Tu te rends pas compte de la chance que tu as ?

-Ah ouais ? Tu trouves que c'est une chance de passer les fêtes de fin d'année tout seul comme un con, sur un bateau, sans connaître personne, alors que vous allez fêter ça tous ensemble ? Je vais me faire chier, regardes bien, pour le moment on voit que des vieux !

Et c'est vrai en plus, j'ai beau bien regarder, y a que ça. Soit des petits vieux, seuls ou en couple, soit des familles entières, pas l'ombre d'un seul jeune qui pourrait être à peu près de mon âge. Je sens que ça va être d'un drôle ! Qu'est-ce qui m'a pris d'accepter de la faire, cette croisière ? C'est au moins la millième fois que je me pose la question.

Un de mes meilleurs potes m'a accompagné, Andréas. Quand je pense qu'il va rester là et faire la fête avec les autres...Oui, je sais, à première vue, j'ai l'air d'un gros râleur, mais d'habitude je suis pas comme ça. Je suis plutôt agréable comme garçon, si si, je vous assure, sauf que là, ça me fait royalement chier de voyager tout seul. Bien fait pour ma gueule, la prochaine fois je remplirai plus ces foutus bulletins de participation, vous savez, ceux qu'on trouve à l'arrière des paquets de céréales.

Je m'en souviendrais, tiens ! Un matin, je prenais mon petit déjeuner tranquille, j'étais attablé devant mon bol de chocolat chaud, mangeant mes fameuses céréales, des toutes neuves, une nouvelle marque, vous savez, l'abeille, celle qui fait « miam, miam » en plusieurs fois, bref, j'essayais cette marque là et j'avalais le tout en fixant l'arrière de la boîte de céréales. Ne vous moquez pas, tout le monde le fait. On fixe toujours l'arrière de la boîte de céréales, quand on déjeune. D'un ½il plutôt hagard en plus, mais bref, on va pas chipoter. Et d'un coup, j'ai remarqué le petit bulletin à remplir pour gagner une croisière, sur un nouveau paquebot, un truc qui ressemblerait au Titanic. Sauf que là, le bateau s'appelle Gigantic. Bien sûr, dès fois j'ai l'impression qu'on prend le consommateur pour un con, mais là non plus on va pas chipoter.

J'ai découpé soigneusement le bulletin, je l'ai rempli, je l'ai posté, tout ça en riant bien intérieurement, pour moi c'était juste un « déconnage » de plus à mon actif. Je vous laisse imaginer la gueule que j'ai tiré quand on m'a écrit et puis appelé pour me confirmer que j'avais gagner LA place. Non, non, ne vous y trompez pas, j'étais super content ! Vraiment ! Attendez, une croisière sur les mers chaudes, sur un paquebot de luxe genre réplique de Titanic, tout ça gratis, je suis pas un ingrat, hein, non j'ai apprécié l'attention. C'est quand j'ai su la date de la croisière que j'ai commencé à faire la gueule. Fin d'année, pendant les fêtes, c'était pas précisé sur le bulletin. Enfin, il paraît que si, quelque part sur la boîte, en tout petit, tout tout petit, il fallait bien regarder. Vous regardez vous ? Bravo, pas moi ! Résultat, j'ai eu beau essayer de décaler le voyage, pas moyen, soit je partais à la date donnée, soit je partais plus du tout. J'ai failli ne plus aller du tout, mais mes potes m'ont tellement soulé que j'ai fini par accepter. Voilà pourquoi je suis là, aujourd'hui, sur le quai, l'air franchement réjoui de partir, avec Andréas qui arrête pas d'ouvrir grand les yeux devant le fameux « Gigantic ».

Ok, c'est vrai, ce paquebot, c'est une bête, un monstre, un de ces trucs phénoménal, j'ai lu dans la presse qu'il était encore mieux que le fameux Titanic ! Vous imaginez ? Et c'est pas peu dire, c'est un vrai truc de malade ce bateau. Je veux même pas penser au prix du billet, moi j'aurai jamais pu si j'avais pas gagné ! En plus je vous ai pas dit ? Je suis en première classe. Les choses sont pas faites à moitié !

Je jette un regard vers Andi et soupire encore :

-Putain, quand je pense que j'avais Georg presque à mes pieds ! Presque à mes pieds, putain ! J'étais à ça de l'avoir ! D'ici à ce que je revienne, il aurait largement paniqué et se sera mis avec une meuf quelconque juste pour se prouver qu'il est pas attiré par moi ! Quel gâchis ! Putain de bateau !

A côté de moi, mon pote fronce les sourcils :

-Dis pas ça, l'insulte pas, ça porte malheur ! T'es con ou quoi ?

Là, pardonnez-moi mais je suis bien obligé de ricaner :

-T'es superstitieux, Andi ? J'avais jamais remarqué !

-Dis pas de connerie, je suis pas superstitieux, c'est juste...que ça me rappelle le Titanic, et j'ai pas envie de te voir entrer dans l'Histoire comme ça, tu vois ?

Ouais, ok, là d'un coup je ris moins. Pourquoi il a été me dire ça, lui ? Vite, faut que je change de conversation, ou je risque de me barrer et tant pis pour le billet. Je reprends donc mes lamentations :

-Dis, Andi, tu empêcheras Georg de se mettre avec une pouff, hein ? Tu surveilles pour moi, hein ? Je l'avais presque, Andi, presque !

C'est à son tour de ricaner bêtement :

-Chouchou, y a pas plus hétéro que Georg ! Ça m'étonne qu'il soit intéressé par toi !

Je prends mon ton le plus offusqué pour répondre :

-Bien-sûr qu'il est intéressé par moi, qu'est-ce que tu crois ? Je suis pas fou, j'ai bien vu que je lui plaisais, seulement il ose pas encore se l'avouer, que moi je lui plais, il a encore un peu de mal. Tu parles, c'est le capitaine de l'équipe de foot, il doit avoir peur. Mais la dernière fois, j'ai bien vu comment il se retenait de me plaquer au sol, à la bibliothèque universitaire. Seulement gros malin, il a fallu que tu arrives juste à ce moment-là !

-Oh désolé, je savais pas ! De toute façon, s'il est vraiment intéressé, tu le retrouveras à ton retour.

Je pense aux fêtes de fin d'année et ça me fait geindre encore plus :

-Oui mais, là, tu vois, il m'avait invité à sa soirée du Jour de l'An ! J'avais prévu des choses, et je suis sûr que ça aurait marché, il me regarde toujours avec un ½il gourmand, c'est pas pour rien qu'il m'a invité. Et là, merde ! Embarqué avec une bande de vieux sur un bateau qu'il manquerait plus qu'il coule comme le Titanic, tiens comme ça-

Je suis interrompu par la grande main d'Andréas qui s'abat brusquement sur ma bouche m'empêchant de continuer. Il ouvre de grands yeux effarés et me gronde comme un sale môme :

-Je t'ai dit d'arrêter de parler comme ça, t'es con ? Tu veux vraiment porter la poisse à tout l'équipage ?
Je peux pas m'empêcher de sourire, il est quand même terrible, mon pote, un rien le fait flipper, il est tellement superstitieux qu'il serait bien capable de refuser de sortir s'il croise un chat noir avant. Même si on le laisse cracher, il voudra quand même s'enfermer chez lui. Avec de l'ail et des crucifix. Ah non, ça c'est contre les vampires, mais bon, il est pas loin d'y croire aussi.

Il me regarde un peu et demande :

-Georg te regarde d'un « ½il gourmand » ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

-Bin quand il est venu m'inviter à sa soirée, déjà, il me reluquait de la tête aux pieds. Il sait qu'il m'intéresse depuis le lycée. Il le sait bien, j'arrête pas de le lui faire savoir. Et maintenant qu'il se décide, voilà que c'est pas loin de me passer sous le nez !

-T'es incroyable Bill ! Il est amoureux de toi ?

Je réfléchis un instant et réponds franchement, un peu triste :

-Non. Non, je crois pas. Il en veut qu'à mon c...euh...mon corps, tiens. Comme les autres. Mais là, tu vois, je m'en fous, il me plait trop depuis trop longtemps. J'ai enfin ma chance avec lui, je veux pas la laisser passer.

-Et toi ?

-Quoi moi ?

-T'es amoureux de lui, toi ?

Là encore je réfléchis un instant puis réponds sincèrement :

-Oui. Non. Je sais pas. Je crois, oui. Un peu, je pense. J'y pense depuis tellement longtemps, à être avec lui, que je me vois avec personne d'autre.

-Bill, te fous pas de ma gueule ! Tu t'es quand même fait deux trois personnes entre temps, viens pas me dire que tu l'attends chastement !

-Andi, chéri, sache que ça s'appelle de « l'entretien » ! Pas question de lui filer une machine toute rouillée quand il va prendre possession de son nouveau joujou, soit moi ! Et là, je me sens tout prêt à jouer un peu avec lui.

J'attends quelques secondes et rajoute :

-Même si j'aimerais plus que jouer, avec lui. Mais faut pas rêver. Si déjà j'arrive à avoir une nuit, ce serait pas mal. Putain, faut que j'arrive à le rendre amoureux dès le premier soir. J'utiliserai tous mes talents, je le fatiguerai, il en reviendra pas et voudra plus que quelqu'un d'autre que moi le touche, tu vas voir !

Andréas et moi éclatons de rire à l'idée. C'est vrai, si seulement Georg pouvait être amoureux de moi, au lieu de seulement vouloir me sauter...Mais même ça, je suis preneur, je l'attends depuis tellement longtemps...

Vous l'aurez compris, je m'appelle Bill, j'ai 20 ans, je suis à l'université et depuis très longtemps amoureux de Georg. Georg Listing. Donc, par là, vous aurez compris que je suis gay. Ouais. Gay. J'assume totalement, les filles, j'ai essayé, c'est juste pas mon truc. Elles sont sympas, elles sentent bon, mais sans plus. J'ai su que j'étais gay quand justement j'ai rencontré Georg, au lycée, lors de la première année de lycée. Lui aussi, commençait. Je l'ai trouvé beau de suite. Très beau, j'en revenais pas. Je l'ai regardé avec intérêt et depuis, je le regarde toujours. C'est le capitaine de l'équipe de foot, c'est le meilleur ! Il est très entouré et de par son poste, très populaire. Moi je m'en fous de sa popularité, je l'ai connu avant qu'il soit capitaine, hein, il a pas besoin de frimer autant devant moi. Il sait qu'il me plait, il en joue.

C'est comme l'autre fois, le jour dont je vous parlais, à la bibliothèque universitaire. J'étais en train de chercher un bouquin quand j'ai senti quelqu'un m'attraper aux hanches et se coller dans mon dos. J'ai voulu me retourner pour engueuler copieusement le con qui me faisait ça mais il s'est penché et a murmuré à mon oreille, me faisant le reconnaître de suite :

-Bouge pas, Bill. T'es bien comme ça. Juste comme je veux...Tu devrais pas me tourner le dos...

Vous pensez, bien-sûr que j'ai pas bougé ! Je l'ai senti mettre son nez dans mon cou, il avait l'air d'inspirer mon odeur à fond. Puis j'ai crû mourir quand j'ai senti le bout de sa langue chatouiller mon cou. Je bandais déjà comme un malade. Je me suis débattu un peu, me suis retourné et là, j'ai vu le regard qu'il avait. Un putain de regard qui semblait crier « je te veux, je te veux » et le mien à ce moment-là devait certainement répondre « prends-moi, prends-moi ». Un vrai dialogue sans paroles, mais c'était putain d'intense. Je lui ai fait mon sourire le plus aguicheur et il commençait à approcher la tête, on y était presque, je vous jure, on y était presque quand...Andréas a débarqué ! Et pourquoi ? Pour me demander un mouchoir, il avait un rhume et arrêtait pas d'éternuer. Et là, il avait le nez qui coulait un peu, donc il me cherchait dans tous les rayons pour savoir si j'avais pas un mouchoir. Ouais, ce jour-là, on était ensemble pour travailler, il était supposé m'attendre à la table à laquelle on s'était installés. Je vous laisse encore imaginer la gueule que j'ai tiré quand Georg l'a entendu et a reculé comme s'il s'était brûlé par le feu. J'ai jamais autant haï Andi à ce point !

Résultat, Georg a décampé mais avant, il a eu le temps de m'inviter à sa soirée du Jour de l'An. Et je tenais à y aller, sauf que là, ce jour-là, je serai sur le « Gigantic » ! J'essaie de pas trop y penser pour le moment, je risque de reprendre mes valises et faire demi-tour.

Bon, je vois que c'est l'heure, tout le monde commence à monter à bord du paquebot, Andi attrape une de mes valises, je prends l'autre, ainsi qu'un grand sac de voyage de plus et on se dirige vers une des passerelles. Mon nom est sur la liste, je vais être pris en charge tout de suite, d'ailleurs, j'ai à peine donner mon nom et montré ma pièce d'identité qu'un « mousse », je crois bien qu'on dit comme ça, se précipite avec un collègue pour prendre mes bagages. Je me tourne vers Andi, j'ai quand même la gorge un peu serrée. Je l'étreins de suite, je veux pas tarder, je risque de pleurer devant tout le monde et ça va me faire chier. J'entends qu'il me souffle :

-Allez, Billy, tu vas voir, tu vas l'aimer cette croisière, c'est vraiment une chance ! Et on te garde Georg au chaud. Je te dis Joyeux Noël et Bonne Année de suite, on pourra pas se contacter pendant les fêtes. Alors, amuse-toi, détends-toi, profite un max, filme, prends des photos, et surtout, surtout je te le redis, profite bien, ok ?

J'hoche la tête dans son cou et réponds :

-Ok. Ça m'emmerde mais ok ! Bonnes fêtes à toi aussi, Andi. Et t'inquiètes pas, je ferai aucune connerie, j'en dirai même pas une seule, comme ça, le bateau coulera pas et je reviendrai. Et je te ramènerai des mouchoirs avec la marque du bateau, comme ça, la prochaine fois que tu voudras te moucher, tu viendras pas m'emmerder.

On rigole un peu tous les deux et déjà, il se défait de mon étreinte, c'est l'heure. Je monte le long de la passerelle, il y a encore beaucoup de monde sur le quai, les gens agitent leurs mains, il y a même des journalistes d'une chaîne quelconque qui vient filmer le départ du paquebot le plus imposant de l'Histoire depuis le Titanic. Un moment après, la sirène retentit joyeusement, je me sens légèrement ébranlé par le bateau qui commence à avancer lentement, Andi continue de me sourire d'en bas et on agite tous deux la main. Je me sens finalement anxieux, excité, angoissé un peu, mais quand même heureux. J'ai conscience d'assister à un événement important, ce paquebot est encore plus grand, plus beau, plus luxueux que le Titanic. C'est la première fois qu'il va voyager. Tout comme le Titanic, le 10 mai 1912. Pourvu qu'on n'entre pas dans l'Histoire de la même façon...

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Comments :

  • Amuna28-fic

    03/06/2012

    Cette mini-fiction commence vraiment bien.
    Apparemment quand Bill veut quelque choses, il n'abandonne pas facilement. :)
    Andreas a bien du courage pour le supporter et vice-versa.

  • xx-Mlle-ManOn-25-xx

    14/12/2011

    Je sens que je vais adorer l'histoire comme toute les autres ! :)

  • chaos87th

    08/08/2011

    J'adore comme Bill est rassuré d'aller en bateau, avec Andy et ses superstitions. lol

    En tout cas c'est intéressant comme toutes les autres.

  • Pucca97217

    13/09/2009

    Waouw sa m'arive jamais des choses comme sa.Et Bill qui n'a qu'une envie c'est que Georg sortent avec lui.Bek le nez qui coule.

  • BillKaulitzBlogfic

    22/08/2009

    Génial ! Tu écris vraiment très très bien. [je l'avais déjà dis sur yaoi-addict mais bon. ;)]

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Oh la ! Cette fic est géniale *-*

  • nirvana-angel83

    16/03/2009

    mrd la tète de billou le matin l'oeil morne fixé sur le paquet de m... p... XD
    ça porte malheur d'insulté le bateu OO ???
    jme sui maré toute seulle en me disant que moi j'en ai un de chat noir "kira"
    et du coup jla croise 20 fois par jour

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