[Fiction] La croisière - Chapitre 7

Après un long moment à se faire l'amour, Tom a appelé quelqu'un pour qu'on nous monte plusieurs choses à manger. Je pensais que tous les repas devaient être pris au restau, mais il me dit qu'un bateau de cette classe a aussi le « room service » comme dans les grands hôtels chics ! C'est encore mieux de rester là, avec lui, à rien faire d'autre que parler, rire et baiser. Il fait maintenant nuit, étant donné qu'on n'est plus sortis de la chambre. Comme on commencait à avoir faim, on s'est fait monter le dîner et un grand plateau de fruits frais.

Maintenant, on est allongés de nouveau, et on se raconte nos vies, ce qu'on aime, ce qu'on a envie d'être plus tard. Je remarque avec surprise que finalement, on a beaucoup de points communs, on aime souvent les mêmes choses et mieux encore, on se complète pas mal ! J'apprends que Tom est étudiant en journalisme, il est inscrit à Paris et doit reprendre les cours bientôt. Il me raconte aussi comment il a flippé quand il a compris qu'il était attiré par les garçons, comment il l'a annoncé à son père et comment celui-ci l'a bien pris. Je lui raconte alors aussi ma vie, il me pose des tas de questions. Bien-sûr, il a été question de Georg, et malgré ma réticence, je lui raconte toute mon histoire avec lui, depuis quand je connais Georg. Je suis maintenant allongé sur le dos, toujours nu sous le drap et Tom est allongé à côté de moi, sur le côté. Il tient une grosse grappe de raisin et détache les grains juteux qu'il me fait manger, patiemment, entre plusieurs baisers au goût sucré. C'est...mignon. Ouais, c'est même plus que ça. Et il a l'air plus qu'intéressé par mon histoire avec Georg. Il me demande d'un coup :

-Donc t'es amoureux de lui depuis le collège ?

Je réfléchis un instant et répond :

-Je sais pas. Je crois...

-Comment ça tu crois ? Quand on aime, on le sait !

Je le regarde alors et reste bloqué sur le regard qu'il me renvoit. Oui, je devrais le savoir, depuis le temps. Je suis tellement habitué à n'attendre que Georg, à ne vouloir que lui. Est-ce que pendant tout ce temps j'aurais confondu désir et amour ? Parce que quand je regarde Tom, c'est nettement plus que du désir que je ressens, et le fait d'avoir passé autant d'heures avec lui, le fait de le connaître autant, pour ce qu'il a bien voulu me montrer, je peux pas ignorer le trouble qui m'envahit. Il se retourne pour poser le raisin dans le plateau, j'admire ses muscles qui se tendent quand il bouge et il me regarde de nouveau, parlant très doucement :

-Quand on aime on le sent, on peut pas ignorer ça. On le ressent, clairement. Si tu sais pas, c'est que tu l'aimes pas vraiment.

-Et qu'est-ce que j'aurai dû ressentir alors ?

Sa voix se fait plus basse et son regard plus intense. Il fixe ma bouche et j'oublie tout ce qu'il y a autour de nous.

-Ce que t'aurais dû ressentir ? Je sais pas, le coeur qui bat fort quand tu le vois, l'envie très forte d'être avec lui, de lui faire des tas de trucs, qu'il te fasse des tas de trucs. Tu te mets à trembler à peine il te touche, ou à peine tu penses à lui, t'as envie d'être avec lui, tout le temps, toujours, tu supportes pas qu'il soit pas avec toi ou que quelqu'un d'autre pose un doigt sur lui. Tu le sens, c'est clair, c'est évident. Tu le trouves beau, magnifique, tu veux que lui et personne d'autre. Des trucs comme ça, quoi. Et quand il est avec toi, y a rien d'autre qui a de l'importance, tu peux pas t'empêcher de faire ça...

Il se penche et m'embrasse doucement sur la bouche et moi, je sens déjà les battements de mon coeur s'accélerer. Il continue :

-Et puis, tu ferais ça aussi...

Il avance la main et me caresse le visage. J'ai fermé les yeux, son regard me brûlait trop. Sa main descend dans mon cou et glisse lentement sur tout mon torse. La chaleur que sa main dégage sur ma peau me fait frissonner violemment. Il me le fait remarquer :

-Oui, voilà, c'est de ça dont je te parle. A peine il te touche, que tu frissonnes, parce que ça te plait. Parce que seules ses mains te font un effet comme ça, tu veux juste lui, seulement lui, personne d'autre te fait un effet comme ça. C'est violent, c'est intense, y a que lui qui peut provoquer ça sur toi.

Les yeux toujours fermés j'attrape sa nuque et l'attire vers moi. Sa respiration brûlante gifle mon visage, sa tête est toujours à quelques millimètres de moi, j'ouvre alors les yeux et lui souffle :

-Embrasse-moi...

Il pose sa bouche brutalement sa bouche sur la mienne et enfonce sa langue dans ma bouche pendant que je l'attire sur moi, entre mes cuisses que j'ai ouvert. Il abaisse son corps sur le mien et ses mains viennent se poser de chaque côté de mes tempes, le bout de ses doigts enfouis dans mes cheveux. Il dépose pleins de petits baisers sur mon visage et fait glisser sa bouche dans mon cou. Un tas de pensées se bousculent dans ma tête et je me dis « Putain, Tom, alors non, j'aime pas Georg, je l'ai jamais aimé alors ! J'ai eu envie de faire des choses avec lui, c'est vrai, mais jamais avec cette force, jamais avec cette intensité. Jamais personne m'a fait l'effet que tu me fais, c'est comme si ma place a toujours été là, avec toi, sous toi, avec toi en moi parce que c'est si bon tout ce que tu me fais... »

Et j'entends alors sa voix qui me réponds :

-Pour moi aussi c'est bon, Bill. Meilleur que n'importe quoi d'autre, meilleur qu'avec n'importe qui d'autre...

Et c'est là que je me rends compte que j'ai dû parler à voix haute, ou basse, peu importe, mais moi qui croyais monologuer dans ma tête, tout est sorti tout seul et à ma grande consternation il a tout entendu. Tant pis, j'aviserai plus tard. Pour l'instant, il me fait perdre complètement la tête avec un baiser fièveux. Sa langue retrace le contour de ma bouche et la lèche doucement. Je l'attrape alors et suce sa langue, ses doigts se crispent dans mes cheveux et il commence à donner de légers coups de bassins contre moi. Il pousse ses hanches contre les miennes et je dois me mordre la lèvre pour m'empêcher de faire du bruit. Son sexe glisse contre le mien et je sens son humidité se mélanger à la mienne, j'en peux déjà plus...

Mes mains glissent dans son dos et j'halète dans son cou, le front posé dans le creux de son épaule. Il appuie un peu plus ses mouvements et je me mets à gémir :

-Oh Tom...

Je pose alors ma bouche sur son épaule, la lèche et la mordille pendant que mes mains glissent sur sa peau qui est recouverte d'un voile fin de sueur. Puis je le retourne sur le dos et me voilà maintenant sur lui, à mon tour de le lui rendre la pareille. Je fais jouer ma bouche et mes mains sur tout son corps et descends lentement sous le drap qui nous recouvre encore, il soupire et halète pendant que je lèche son ventre et pénètre son nombril de ma langue. Il se cambre un peu et pousse un gémissement qui m'excite encore plus. Putain, ce mec me fait tellement d'effet, comment j'ai pu croire un seul instant qu'avec Georg ce serait mieux, ou que ce serait ne serait-ce pareil ?

Il fait très chaud sous le drap, j'ai l'impression de suffoquer, mais pas question d'arrêter. J'arrive à hauteur de son sexe et l'effleure du bout des doigts, il gémit un peu plus fort. Depuis le début c'est lui qui mène la danse, toutes les danses mais là, j'ai simplement envie de lui faire du bien, je veux simplement qu'il se souvienne de cette croisière et surtout de moi, même si on doit se quitter bientôt et qu'on se reverra certainement plus jamais.

J'avance la tête et sors la langue pour la passer sur son sexe tendu, j'appuie mon piercing sur la veine gonflée et mes mains caressent ses cuisses qui s'ouvrent encore plus largement pendant que sa respiration se fait plus forte. Ma bouche arrive au sommet de son pénis et lentement je retrace le contour de son gland avec le bout de ma langue, il gémit encore plus fort et quand j'aspire son gland, ses cuisses se referment violemment contre ma tête et il pousse un cri. J'ai toujours évité de faire les fellations, j'en ai faite, mais très peu, d'habitude je préfère me laisser faire, mais là j'en ai tellement envie qu'il est impossible de m'arrêter. J'y prends autant de plaisir que lui, j'aime l'avoir dans ma bouche, j'aime le sentir se tortiller, trembler, gémir mon prénom...

Je suis pratiquement en train d'étouffer sous le drap et sens avec soulagement qu'il me découvre et quand je lève les yeux vers lui, son pénis toujours dans ma bouche, je le vois me fixer avec une envie très mal contenue et bien vite il repose la tête sur l'oreiller, gémissant encore une fois mon prénom et sa main serrant une poignée de mes cheveux. Moi-même je suis à bout, je me relève un peu pour pouvoir me caresser d'une main, j'en ai trop besoin, ça me fait trop mal à force de bander comme ça sans qu'on me touche. Alors, pendant qu'une de mains m'applique des caresses soutenues dans l'espoir de me soulager un peu, ma bouche monte et descend sur lui, l'aspire fortement, le fait maintenant crier sans retenue. Il est tellement perdu dans son plaisir qu'il envoie quelques coups de bassins dans ma bouche, son pénis vient heurter le fond de ma gorge, heureusement j'ai le temps de reculer la tête, avant d'étouffer pour de bon. Son liquide séminal se fait de plus en plus dense dans ma bouche et se mélange à ma salive et glisse facilement dans le fond de ma gorge, je passe et repasse mon piercing sur toute sa hampe, titille sa fente encore et là, ses hanches accélèrent le rythme dans ma bouche.

Après quelques minutes où j'ai continué de le sucer profondément, je le sens se crisper de plus en plus. J'ai dû arrêter de me caresser et préfère le toucher lui, sa peau, l'intérieur de ses cuisses et accélère les mouvements sur son sexe. Je pousse alors quelques gémissements, je sais que ça va envoyer des vibrations tout autour de son sexe et ça va le rendre complètement dingue et c'est d'ailleurs ce qu'il se passe. Il tremble beaucoup plus et je dois alors bloquer un peu ses hanches qu'il pousse dans ma bouche frénétiquement. Et c'est quand il cogne une dernière fois le fond de ma gorge que je le sens jouir dans ma bouche, profondément, et râler d'extase. Il se retire rapidement et me fait remonter à son niveau pour se jeter sur ma bouche et m'embrasser inlassablement. Nos langues s'entrechoquent et dérapent parfois sur le menton de l'autre, ses doigts pétrissent mes reins et mon dos, il me serre à m'étouffer mais je m'en plaindrai pour rien au monde.

La douleur dans mon bas ventre me rappelle que moi je suis toujours excité et quand il bouge contre moi, faisant glisser involontairement mon pénis contre sa peau, je gémis de douleur et de plaisir mélangés. Il comprend de suite quel peut être mon problème et toujours sans casser le baiser, il descend une main entre nous et commence par m'effleurer juste, ça me fait me crisper contre lui. Puis, ses doigts se posent doucement sur moi et enroulent ma verge qu'il commence à pomper, mais le rythme qu'il m'impose est vraiment trop frustrant et je ne peux m'empêcher de pousser dans sa main pour lui montrer la cadence que je préfère. Il me lâche un instant et m'ordonne d'une voix rauque :

-Retourne-toi...

Je comprends qu'il veut que je me mette à plat ventre, mais une fois allongé, ça lui suffit pas, il me relève et me met à quatre pattes, je me demande bien ce qu'il va me faire, en attendant j'ai plus aucune pensée cohérente quand je le sens poser ses mains dans mon dos et les faire glisser jusque mes fesses. Il me caresse les fesses et c'est alors que je sens quelque chose d'humide me chatouiller à cet endroit-là. Bordel, il me lèche, il me lèche et j'en deviens complètement fou. Je tombe directement sur mes avant-bras et mes gémissements restent coincés dans ma gorge tellement le plaisir est grand. Sa langue me brûle, presque, il chatouille mon entrée et je le sens la raidir pour forcer mon orifice et pendant quelques secondes, il me pénètre de sa langue. Je suffoque complètement, j'arrive même plus à respirer, j'essaie d'articuler quelque chose, n'importe quoi mais j'y arrive pas. Pendant un moment, il continue de m'embrasser et de me lécher si intimement et je suis vraiment, mais alors vraiment au bord de la jouissance.

Je finis par pouvoir expirer profondément et m'entends gémir dans des tons aigus, ce mec va me tuer...Il bloque mes hanches et je sens ses doigts s'enfoncer dans ma peau, c'est horriblement bon, je dois avoir l'air de rien comme ça, le cul en l'air, mais j'y pense à peine, sa langue en moi me fait tout oublier. Je suis tellement proche que c'est plus que frustrant, c'est trop d'un coup, je sais pas si je veux qu'il arrête ou si je veux qu'il continue, c'est pratiquement insupportable. Sa salive glisse le long de ma cuisse et ça m'excite encore plus, je suis même plus en mesure de le supplier, je suis pratiquement en train de sangloter le visage enfoncé dans le matelas. Apparemment, j'ai pas encore tout vu puisque je sens deux de ses doigts me pénétrer et pendant qu'il me caresse de la langue, ses doigts cherchent et trouvent ma prostate sur laquelle il appuie sans pitié et c'est fini, une décharge me prend depuis les orteils et remonte tout mon dos, mon ventre se crispe à la limite de la crampe, mon souffle se bloque dans ma gorge et un orgasme puissant et foudroyant prend possession de tout mon corps.

Je peux rien faire d'autre que me laisser tomber sur le ventre, j'arrive pas à reprendre ma respiration, Tom se met à côté de moi et me prend dans ses bras pour me murmurer :

-Respire...

C'est ce que j'essaie désespérément de faire et petit à petit, pendant qu'il me cajole contre lui, que sa main m'apaise par des gestes affectueux, j'arrive enfin à me décrisper et l'air qui comprimait mes poumons se relâche enfin dans un bruit de sanglot mal contenu. Il vient m'embrasser longuement et finit par déposer plusieurs petits baisers partout sur mon visage et c'est seulement là que je remarque je suis non seulement blotti contre lui, mais mes doigts sont fortement accrochés dans sa peau, comme si j'allais ne plus jamais le laisser partir. Je me détends doucement, la tête enfouie dans son cou et écoute sa respiration se calmer. Au bout d'un moment, il me dit d'une voix amusée :

-Pas sérieux, Bill !

D'une voix ensommeillée je lui demande :

-Pas sérieux quoi ?

-Et le préservatif, dans tout ça ? Hein ?

C'est vrai, je lui ai fait une fellation et j'ai pas utilisé de capote. Je grogne, toujours blotti contre lui :

-Bof, ça va, de toute façon je te l'ai déjà dit, j'ai rien. J'ai jamais couché sans, alors...

-Ouais, mais tu sais pas si moi je l'ai fait !

C'est encore vrai, c'est effrayant de voir comment je lui fais confiance, comment il arrive à me faire perdre la tête à ce point ! C'est tout naturellement que je m'entends lui répondre :

-Je te fais confiance, je sais que t'as rien, non plus.

Il reste silencieux quelques secondes et me dit alors :

-Non, j'ai rien, j'ai jamais couché sans capote avant, jamais ! Même ma première fois était avec préservatif ! Et j'ai pas de MST non plus, donc ça va.

Ouais, ça va, c'est pas prudent du tout, je sais pas pourquoi j'ai tant envie d'enlever ce truc entre nous, mais je veux plus de ce plastique pourtant si nécessaire, je le veux lui, juste lui. Et il semblerait que ça soit la même chose pour lui. Je réfléchis même pas à ce que cette envie de faire confiance veut dire, c'est juste...comme ça ! Le moment est calme, ses doigts dessinent dans mon dos, on dit rien, pas besoin de parler on est bien comme ça. De temps en temps, il embrasse mes cheveux, mon front, mon nez, descend pour saisir mes lèvres entre les siennes, il est d'une douceur incroyable. Moi-même je respire son odeur à plein nez, jusqu'à m'en étourdir, mes mains caressent ses épaules, ses flancs, ses cuisses et je le sens frissonner sous mes doigts. Il fait un mouvement pour se détacher de moi et je resserre ma prise sur lui, ne pouvant m'empêcher de demander à voix basse :

-Non, reste là !

Il rit doucement et me dit :

-Je prends juste quelque chose à boire, tu veux un truc toi ?

Je me retiens à temps de répondre « toi, je te veux toi » et hoche simplement la tête. Je le laisse se relever et il nous sert...du champagne, qui reposait dans un seau à glace. Heureusement qu'il est encore frais. Mais je remarque alors qu'il n'a pris qu'une coupe, je me redresse un peu dans le lit et il avance la coupe à ma bouche et me fais boire lentement. Ce mec est juste génial, il ferait le petit ami parfait, tellement tendre, doux, drôle, aimant, parfait sur tous les points, parfait comme je veux, comme j'aime, juste pour moi...

Il sourit en me faisant boire et sourit encore plus quand il voit une goutte s'échapper pour rouler sur mon menton et dans mon cou, je proteste un peu :

-Tom, fais gaffe, tu m'en mets-

Et je deviens vite incapable de dire autre chose, le regard noir, il s'approche de moi, penche la tête dans mon cou et commence à me lécher la gorge, là où le champagne avait coulé. Je penche un peu plus la tête en arrière en fermant les yeux pour qu'il continue et sens encore plus de liquide froid me couler dans le cou. Je sursaute et m'écrie :

-Tom ! Tu vas...tu vas mouiller les draps...

-On s'en fout, y en a d'autres...

Ouais, on s'en fout, je peux rien lui refuser et surtout pas le repousser, il continue de lécher le champagne qui coule de mon cou à mon torse et d'une main, il me bascule sur le dos et laisse couler encore un peu de champagne sur mon ventre. Il finit par déposer le verre je sais pas où et vient rapidement poser sa bouche sur mon ventre, aspirant le peu de liquide qui s'y trouve, chatouille mon nombril de sa langue, trace des sillons imaginaires sur tout mon buste et s'allonge enfin sur moi. Je peux sentir son pénis dressé contre ma peau, il est comme moi, déjà excité, facilement excité, je suis fier de voir que je peux provoquer chez lui ce que lui provoque chez moi. On s'accorde si bien, c'est incroyable !

Il attrape mes mains et les remontent pour les placer au-dessus de ma tête. Il me caresses les bras, les avant-bras et entrelace ses doigts aux miens. Il revient m'embrasser longuement et je détache mes doigts des siens pour faire glisser mes mains dans son dos et attraper ses fesses. Mes cuisses se referment contre ses hanches et il donne un coup de bassin involontaire contre moi. On respire le même air, on partage la même salive, mon coeur cogne contre le sien, je me sens affreusement troublé parce que ce moment délicieux est étrangement calme et passionné à la fois, ça ressemble pas à de la baise, ça ressemble pas à de la coucherie, ça ressemble à l'amour ce qu'on fait et putain, c'est la première fois que ça m'arrive et j'adore ça, je pourrais plus m'en passer...Comment décrire en quelques mots ce que je peux ressentir quand il se glisse en moi comme il le fait actuellement, alternant vitesse et lenteur, baisers et caresses, mots doux et vulgaires ?

Tout ce que je sais, c'est que je me retiens d'hurler pendant qu'il pilonne ma prostate avec force, pendant qu'il maintient une cadence presque insoutenable et pendant que sa bouche cherche la mienne et s'y accroche avec fièvre. Son corps moite, voire mouillé glisse avec facilité entre mes cuisses, mes ongles griffent son dos et le font gémir plus fort et il me prend avec passion et brutalité. Je m'entends pousser des petits cris dans son cou et sens son sexe au plus profond de moi et quand je me resserre tout autour de son sexe, ses doigts se crispent violemment dans mes hanches et sa respiration se bloque.

C'est affreusement bon...je vais jouir bientôt et pourtant j'aimerais retarder ce moment le plus possible. Mais je le sens qui s'arrête d'un coup, complètement enfoui en moi et dérangé dans mon plaisir qu'il vient de couper en plein élan, je souffle contre ses lèvres :

-Non, Tom, t'arrête pas...

Il semble pas vouloir reprendre et quand j'ouvre les yeux, je le vois qui me fixe étrangement. Il avance la main et dégage les quelques mèches de cheveux qui sont collées à mon front. Il murmure :

-Laisse-moi te regarder...T'es magnifique, Bill, t'es vraiment beau...vraiment...

Et il m'embrasse doucement sur la bouche, c'en est presque bouleversant pour moi. Comment il peut être aussi tendre, comment il fait ? Plus ça va, plus il est doux, plus je me sens glisser dans un truc trop dangereux pour moi, à quoi on joue ?

Je caresse son dos et sa nuque et lui demande :

-Tom, encore...

Il se retire lentement, très lentement, j'ai tout à fait conscience de chaque centimètre qu'il fait ressortir, c'est grisant. Et sans prévenir, il donne un puissant coup de rein, un énorme coup de rein et revient frapper de plein fouet ma prostate, m'arrachant un cri de plaisir brut et la seule chose que je peux faire, c'est de relever un peu le buste, m'accrocher à ses épaules et enfouir ma tête dans le creux de son épaule pour le mordre. Une fois à l'intérieur de moi, il recommence, il se retire très lentement et envoie avec une puissance étudiée un autre coup de rein qui me fait de nouveau crier :

-HAAAN...Oui, comme ça Tom !

Il recommence encore et encore et putain, je perds complètement la tête, c'est involontairement que je gémis des paroles que moi seul comprend dans son cou, ma tête roule sur l'oreiller, ma gorge est complètement serrée, et si je m'écoutais, là, ce seraient des mots d'amour que je lui dirai...je sais même pas pourquoi et veux même pas comprendre, je me sens proche, très proche et vu la façon dont il tremble entre mes cuisses, il semblerait que lui aussi, j'arrive maintenant à déchiffrer le langage de son corps affolant.

Je m'accroche de plus en plus fort à lui et il passe une main dans le creux de mes reins pour soulever mon bassin et d'un coup, ses accoups se font plus frénétiques. Il me défonce presque, m'enfonce dans le matelas à chacune de ses violentes poussées et presse mon sexe entre nos deux ventres. J'accompagne ses mouvements et bouge comme un forcené sous lui et finalement arrête tout, j'en peux plus. Je ferme les yeux et laisse mon corps accepter avec soulagement et reconnaissance l'orgasme abrutissant qui me soulève et qui me rend sourd et pratiquement inconscient pendant les quelques secondes où je me déverse entre nous, une main serrant ses dreads et l'autre agrippant ses fesses après l'avoir poussé en moi le plus loin possible. Il continue de donner quelques petits accoups, ce qui prolonge mon orgasme et fait resserrer mes muscles autour de son sexe et là, il hurle pratiquement mon prénom et écrase sa bouche sur la mienne pendant que je le sens jouir en moi en tremblant violemment.

Je l'embrasse avec voracité pendant un long moment et au fur et à mesure le baiser se calme et se fait plus doux, plus...amoureux ? Putain, je parle de quoi, là ? Amoureux ? C'était tellement bon que j'en deviens con. Mais bizarrement, cette idée me déplait pas, au contraire...On se cajole encore un bon moment avant que je le sente avec regret sortir de moi, ça me laisse une impression que j'avais jamais sentie avant, une impression de vide, de froid, et c'est presque sans le vouloir que je me tourne vers lui pour me blottir dans ses bras. Il dit rien, moi non plus, j'écoute les battements de son coeur prendre un rythme moins effréné et la sueur sur ma peau accentuée par l'air frais de la chambre me fait frissonner. Ou alors, est-ce que c'est sa main qui me caresse lentement ?

Je relève la tête vers lui, il plonge son regard dans le mien et semble hésiter un instant. Puis il ouvre la bouche pour dire quelque chose et la referme aussitôt. Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe d'un coup ? Je lui lance un regard que j'espère interrogateur et il hésite encore puis dit :

-Bill, euh...je...

Et puis rien. Je tente :

-Ouais ? Tu quoi ?

Il me caresse la joue, m'embrasse encore et me regarde de nouveau. Je sais pas ce qu'il compte me dire, mais je devine que c'est important, vu la difficulté qu'il a à la dire, cette chose. Il murmure :

-Bill, je crois que...je crois que je...en fait, je...

Et plus rien, encore. Il m'attire à lui un peu plus et pose sa main à l'arrière de ma tête pour m'amener dans son cou et je sens sa respiration chaude près de mon oreille. J'attends, mais il refuse de parler, et je saurais jamais ce qu'il a voulu me dire, surtout quand je l'entends rajouter :

-Non, rien. Laisse...

Tant pis, j'en saurai pas plus. Je suis déçu, je sais pas pourquoi j'ai pensé un instant qu'il allait quoi, me faire une déclaration d'amour ! Je dois vraiment pas aller bien, comme s'il allait d'un coup me dire « Bill, je crois que je suis tombé amoureux de toi » juste parce qu'on vient de baiser fabuleusement ! Et pourquoi plus j'y pense, plus je me dis que c'est pas ça qu'on vient de faire ? On vient pas de baiser, on vient de faire l'amour, j'en suis sûr, ses gestes, ses regards, ses baisers, ou je me trompe, ou tout ça est en train de changer. Plus ça va, plus c'est l'amour qu'on fait, putain, j'ai un sursaut à cette pensée...

Mes doigts dessinent toujours doucement dans son dos et j'écoute sa respiration se faire régulière, il est en train de s'endormir. Contre moi, avec moi, dans les draps souillés de sueur, de champagne et de sperme. Et pourtant, ça ne gêne ni lui ni moi. Je bougerai pas d'un pouce, je suis trop bien...

Avant de m'endormir pour de bon à mon tour, je pense aux quelques détails qui font la différence avec les premiers jours, son comportement, le mien, la façon dont il me touche, les choses qu'il me fait, tout. On est en train de déraper dangereusement, là. JE suis en train de déraper. Plus j'y pense, plus je me dis que c'est plus que de l'attachement, ce que je ressens. Pendant que je pense à tout ça, je me détache de lui et roule sur le dos pour fixer le plafond, un peu rêveur. Il se met à grogner dans son sommeil et je tourne la tête vers lui pour le regarder. Il m'a dit que j'étais magnifique, il me trouve beau. Il avait une telle sincérité dans la voix et le regard...

Il marmonne quelque chose que je comprends pas et je me relève sur un coude en souriant, attendri. Il se trompe, c'est lui qui est magnifique. Je redessine le contour de sa bouche légèrement avec un doigt et il fronce un peu les sourcils, je suis obligé d'étouffer un rire sinon je vais le réveiller. Je me penche alors et l'embrasse doucement sur la bouche en souriant toujours. Je deviens complètement bête. Ouais, il me rend complètement dingue, dans tous les sens du terme. Encore amusé, je lui chuchote, même s'il dort :

-Hey...tu sais, je t'aime bien, toi...

Il marmonne encore et je continue, fixant toujours son beau visage :

-Ouais, je t'aime bien. Je t'aime beaucoup, même...

Je sais pas pourquoi tout d'un coup j'aime le dire mais ça me sort, naturellement, comme ça :

-Ouais, je t'aime vraiment beaucoup...je t'aime, tout court...je t'aime...

Et c'est là que je me rends compte de ce que je suis en train de lui dire, et me redresse jusqu'à me mettre assis. Le pire, c'est que je me répète, mais cette fois, c'est effrayé, même choqué que je réalise :

-Putain ! Je...je t'aime !

Là j'ai déconné, on devait seulement jouer, prendre du bon temps, se tenir compagnie, bref j'étais pas censé...tomber amoureux ! Et pourtant c'est le cas, parce que c'est exactement ça, je viens de comprendre la différence ultime entre le début et maintenant. Je baise plus avec lui, je fais plus que coucher avec lui, je fais l'amour avec lui, parce que...je l'aime, je suis tombé amoureux de lui je sais pas quand, je sais pas comment, mais plus j'y pense, plus je le ressens comme une évidence, je l'aime ce type, il avait complètement raison quand il disait que quand on aime on le sait, c'est clair et c'est tout ! Merde, qu'est-ce que j'ai fait ?

Je suis encore assis, sous le choc de cette révélation et je m'en veux. Comment je fais pour m'amouracher des personnes que je pourrai jamais avoir ? D'abord Georg, puis lui. Non, Georg c'était pas pareil, ça avait rien à voir, c'était juste...une éspèce de fantasme derrière lequel j'ai couru toutes ces années pour le laisser tomber et sauter sur un autre que je croise à peine et que je reverrai bientôt plus. Je suis un con fini. Encore plongé dans mes pensées je manque hurler de peur quand je sens une main se poser sur mon épaule et je me retourne brusquement, Tom est réveillé et me regarde :

-Bill ? Tu dors pas ?

Merde, je dis quoi ? Non, je dors pas, et je sais pas si j'y arriverai, je viens de me rendre compte que je t'aimais plus que de raison, alors que ça, c'était pas prévu ? Bon, on fait quoi ? Je peux pas lui dire ça ! Je trouve finalement un truc à dire :

-Euh...Si ! Je...j'allais...j'ai fais un cauchemard !

Il me regarde longuement, comme s'il me croyait pas et finalement me tire vers l'arrière pour me recoucher. Je suis incapable de résister et me blottis de nouveau contre lui pendant qu'il me caresse de nouveau le dos et les cheveux. Il me parle à voix basse :

-Un cauchemard ? C'était quoi ?

Je ferme les yeux sous ses caresses et répond automatiquement :

-Rien de spécial, je m'en souviens déjà plus. J'ai juste eu peur de...pas grave, c'était rien.

-Rien ?

-Non, rien.

Il relève ma tête et m'embrasse légèrement puis me souffle :

-T'as pas à avoir peur. Je suis là.

Oui, Tom, pour le moment tu es là, mais après ? Qu'est-ce que je vais bien devenir, après ?

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Comments :

  • chaos87th

    11/08/2011

    Pourquoi Tom ne lui a pas dit qu'il l'aimait. Je suis sûre que ça aurait aidé Bill.
    Là je sens bien qu'il va être gêné et qu'il risque de ne pas trop oser l'approcher.

  • Pucca97217

    15/09/2009

    J'aime beaucoup et Bill qui flippe parce kil aime Tom oui il l'a enfin compris il l'aime

  • auro-fanart

    27/08/2009

    Je trouve que l'histoire prend une merveilleuse tournure, ça devient adorable entre eux!!
    C'est trop mignon que Bill soit tomber amoureux et qu'il le remarque comme ça, j'adore!

  • BillKaulitzBlogfic

    23/08/2009

    Génial encore. :D

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Bill t'es con ou quoi ?

  • Zerstorerische-Ferien

    06/06/2009

    Elle est toute tristounette cette fin de chapitre je trouve )=

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