[Fiction] La croisière - Chapitre 8

Plusieurs jours ont passé et tout le monde se prépare pour les fêtes de Noël, y a des spectacles tous les soirs autour de ce thème et les gens sont encore plus détendus. L'équipage s'est même arrangé pour décorer toutes les salles et on n'entend parler que de la soirée du réveillon. On est toujours fourrés ensemble Tom et moi, le grand changement c'est qu'il est de plus en plus dans ma chambre, on se couche ensemble, on se lève ensemble, j'apprécie encore plus le fait qu'il soit là le matin à mon réveil. Ouais, sans qu'on se concerte, ça s'est fait naturellement, il reste toute la nuit, toutes les nuits. J'apprends à accepter les sentiments qu'il m'inspire et ça, c'est vraiment pas facile. Parce que je sens que je vais être malheureux quand on va se quitter. Ce qui est encore plus troublant, c'est que lui aussi ne semble pas vouloir me lâcher.

Après le fameux soir où j'ai réalisé mes sentiments, on est resté trois jours de suite enfermés dans ma chambre, trois jours ! Je savais même pas différencier le jour de la nuit, on était juste ensemble et rien n'aurait pu être mieux ! J'ai bien proposé qu'on aille retrouver les autres jeunes, mais il a pas voulu, alors vous pensez bien que j'ai pas insisté, parce qu'au fon, j'en avais rien à foutre des autres, alors qu'on les voit pas pour rester là, c'était pas franchement une punition pour moi ! On a fait monter tous nos repas, on est resté tout le temps allongés à regarder la télé que j'ai été surpris de voir qu'elle fonctionne bien, même sur un bateau, à écouter de la musique, à se faire des câlins, à se caresser, à se donner du plaisir. J'ai cru mourir de bonheur dans ses bras. Et j'ai dû maintes et maintes fois me retenir de lui crier tout mon amour en pleine face. On a aussi beaucoup parlé, énormément. Il me posait une multitude de questions et le plus surprenant, c'est qu'il veut toujours qu'on parle de Georg. Putain, s'il savait à quel point ça m'ennuie de parler de lui et à quel point je m'en veux de m'être trompé à ce point ! Mais je peux pas lui dire, il va demander pourquoi tout d'un coup je pense ne plus être amoureux de Georg et là, je vais me faire dépister direct et ça, je veux pas ! Hors de question ! J'ai pas géré, je me démmerde, après tout, on s'est jamais rien promis ! Et putain, ça fait mal, très mal quand je me dis qu'on sera séparés quand la croisière prendra fin, pour moi. Et ses questions sur Georg m'agacent !

En parlant de Georg, j'essaie de savoir un peu où j'en suis en regardant une de ses photos dans la salle de bains. J'ai de plus en plus envie de les balancer à la flotte, ces putains de photos, mais qu'est-ce que je fous avec ? Un mec que j'ai jamais intéressé en plus ! Mais c'est tellement rassurant et sécurisant pour moi de regarder cette photo, ça veut dire que j'ai encore un peu de contôle et que tout n'a pas autant changé, non ? Mais bon, va falloir que je me bouge, ce soir on doit aller assister à un concert philharmonique qui nous a accompagné sur le bateau et qui doit se produire ce soir, après y a une soirée et un repas fabuleux, c'est le réveillon ! Tom est déjà prêt et m'attend dans ma chambre. Il a déjà frappé trois fois en me gueulant de sortir de là-dedans ou il « viendrait me chercher par la peau des fesses », j'ai ri et l'ai invité à entrer et il a crié encore plus fort que « non, il rentrerait pas, sinon on sera jamais sortis et il veut le voir, ce concert », j'ai ri encore plus fort. Flatté de savoir que je continue de lui faire de l'effet !

Mais pour le moment, j'observe la photo. Je me suis assis sur le rebord de la grande baignoire et essaie de me persuader que Georg me plait toujours autant. Ça m'arrangerait, ça voudrait dire que je suis pas aussi foutu, ma vie pourrait reprendre un cours normal, mais je suis en train de me raconter des histoires. Et voilà qu'en plus, je commence à lui en vouloir, à Georg, s'il m'avait aimé, j'en serai pas là ! Ce connard, même absent résussi à me pourrir l'existence, je sais je suis d'une mauvaise foi féroce, mais c'est ça ou alors c'est à Tom que j'en veux, de m'avoir fait flanché si facilement, et franchement, même en essayant, j'y arrive pas, à lui en vouloir.

La porte de salle de bains s'ouvre brutalement et Tom entre à grands pas, me faisant sursauter. Merde ! Je croyais avoir fermé à clé ! En même temps, pourquoi je l'aurai fait ? Depuis le début de cette croisière, il m'a vu plus nu, qu'habillé, alors j'avais pas à jouer mon pudique. Il entre vivement et gronde :

-Bill ! On va être en re-

Et il s'arrête net devant moi et se tait quand ses yeux se posent sur ce que je tiens dans la main. Il fronce un peu plus les sourcils et pointe du doigt le cadre :

-Tu fais quoi avec ça ?

Je me sens comme pris en faute, sans savoir pourquoi, et réponds :

-Rien ! Je...rien !

-Tu me fais attendre comme un con alors que t'as fini depuis un moment et tu...regardais cette photo comme un affamé ?

Alors là, je suis plus qu'étonné, d'où qu'il a vu que j'avais l'air affamé, moi ? Je prends mon ton le plus indigné pour répondre :

-Affamé ? N'importe quoi ! Je regardais juste !

On dirait qu'il est...énervé ! Il continue :

-Non, tu regardais pas seulement gentiment, t'aurais dû voir ta tête quand je suis entré ! Y a quoi ? Il te manque ?

-Mais...non il me manque pas !

-Et bin pourquoi tu tiens ça ? Ah oui, c'est vrai, c'est le gars que tu veux depuis tellement longtemps, le gars qui te fait courir après lui depuis des années sans être plus intéressé que ça ! Putain, Bill, là t'es ridicule ! Je croyais que...

Je comprends rien à ce qui se passe, il est furieux et moi je me sens coupable, on a l'air de quoi ? Et puis, pourquoi il réagit comme ça ? Je me lève et je m'écrie, complètement abasourdi :

-Tom, je...non je...

Et là, impossible à moi de dire quoi que ce soit. Si je dis que je le veux plus, il va comprendre ou me demander pourquoi, et je veux pas. On se regarde un instant et soudain je me rappelle ses dernières paroles alors je demande :

-Tu viens de dire que « tu croyais que », tu croyais quoi ?

Tiens, tiens, son regard se fait fuyant, et j'ai même l'impression qu'il rosit légèrement. Et l'espace de quelques secondes, je me plais à penser qu'il allait dire qu'il pensait que je l'aimais ! Parce que si je m'écoutais, je dirai que ça ressemble à une crise de jalousie ce qu'il me fait, là ! J'insiste :

-Alors, tu croyais quoi ?

Il répond hargneusement :

-Rien, je croyais rien, c'était pas important de toute façon. Bon, continue de mater ce...ta photo de m...euh, la photo de ton magnifique futur petit ami, moi j'y vais. Tu me rejoins quand tu seras prêt, si jamais t'en as encore envie, sinon, c'est pas grave.

Il a bien appuyé avec un horrible ton ironique sur « ton magnifique futur petit ami » et avant que j'ai pu dire quoi que ce soit, il sort de la salle de bain et me laisse là, médusé. Je reste quelques secondes interdit, je sais pas quoi faire, j'ai qu'une envie c'est de le retenir mais je reste collé au sol de cette fichue salle de bains. Le pire, c'est que j'étais presque prêt. Il manque juste mon khôl et je m'étais arrêté pour regarder justement cette putain de photo.

J'entends un bruit de verre qui se brise et Tom qui s'écrie :

-Putain, en plus, regarde-moi ça, y en a partout ! Partout ! Fais chier !

Et la porte claque. J'accours dans la pièce d'à côté et traverse la chambre pour rejoindre le salon, il est déjà parti. Alors que j'avance, je suis arrêté par des morceaux de verre qui crissent sous mes baskets et baisse les yeux pour voir ce que c'est. Un cadre. Une photo de Georg est par terre, le cadre complètement cassé. Je cours jusque la porte et l'ouvre mais plus personne. Tom a filé. Qu'est-ce qu'il se passe, vraiment ? C'est lui qui a cassé le cadre, ou il est tombé ? C'était de ça qu'il parlait quand il disait « y en a partout » ? Je me rends compte que l'idée de lui, jaloux, me plait terriblement, ça voudrait dire que je compte pour lui, comme il compte pour moi. Mais on devait pas, ça devait pas se passer comme ça, on devait simplement bien s'amuser, parce que quand la réalité va nous rattraper, on va être comme deux cons. C'était trop dur et trop stupide d'être focalisé sur Georg pendant tout ce temps, alors je veux pas avoir à vivre la même chose avec lui, surtout que je le reverrai jamais, putain, il oublie qu'il va en cours en France, moi en Allemagne, et qu'on va plus jamais se recroiser ? J'aurai jamais dû coucher avec lui, voilà !

Et la colère me prend d'un coup, c'est vrai, je suis un connard, partout dans toutes les pièces, y a des tas de photos de Georg, mais à quoi je pensais ? J'attrape un cadre et regarde encore le visage sur la photo. Plein de mauvaise foi, je le trouve d'un coup moche, fade et avec un sourire bête et narquois. Comment j'ai pu penser être amoureux de lui, depuis toutes ces années. Tom a raison, je suis ridicule, je dois l'être depuis toutes ces années où j'ai attendu ma chance avec Georg ! Putain, quelle confusion ! Je repose le cadre et décide de rejoindre Tom, je m'excuserai encore s'il le faut, je ramperai à ses pieds, je m'en fous d'être ridicule, on a dit qu'on allait faire cette croisière ensemble, alors on la fera !

Je me dépêche de terminer de me préparer pour le rejoindre, j'ai vraiment pas envie qu'il soit fâché après moi. Mais j'hésite aussi beaucoup, comment interpréter ce qu'il vient de se passer ? J'ai plus trop envie d'y aller, maintenant. Ça me fait chier, j'aime pas être comme ça, à ne pas savoir quoi faire, à ne plus savoir gérer dans quel sens diriger ma vie, putain, ça m'énerve, il fout tout en l'air, j'avais une vie bien tranquille avant lui, j'avais mes habitudes, je contrôlais mes émotions, tout allait super bien et là, je contrôle plus rien, plus rien du tout ! Salaud, tu m'as bien eu ! J'aurais dû me contenter de faire cette foutue croisière tranquillement en gardant mes fesses bien dans mes pantalons, envoyer Tom au diable depuis le premier soir, et je serais resté avec ma petite vie tranquille. Avec l'habitude d'être amouraché d'un type qui m'a jamais rien promis. Et putain, juste avant cette croisière ça allait se conclure j'en suis sûr ! Là, maintenant, Georg me dit plus rien, surtout depuis que j'ai compris que j'en étais pas si amoureux que ça ! Tom a vraiment tout gâché, tout ! Ou alors c'est moi ? Et pourquoi j'ai l'impression que pour lui aussi ça a dérapé ?

Je décide de rester là, finalement, j'irai pas voir ce foutu concert, j'ai pas envie de revoir Tom, pour lui dire quoi ? Pour être bien avec lui encore ce soir et m'enfoncer encore plus ? Je vais m'assoir dans le canapé moelleux et laisse mon regard se perdre dans le vide pendant un long moment. Je sais pas depuis combien de temps je suis assis comme ça, mais quelqu'un frappe à la porte avec insistance. Tom...il a dû revenir me chercher. C'est presque en courant que je me lève et vais ouvrir et quand je vois qui est derrière la porte, je cherche même pas à cacher la déception qui doit se peindre sur mon visage. C'est Sarah, Sarah et un immense sourire :

-Bill, y a un concert classique dans la salle de réception, j'ai regardé partout mais tu étais pas là ! Alors je me suis dit que ça t'intéressait pas, et vu que j'aime pas ça non plus, je me suis dit, pourquoi ne pas venir te tenir compagnie ?

Oh merde, manquait plus que ce pot de colle ! Je croyais qu'elle avait compris qu'elle m'intéressait pas ? J'hésite un instant et lui dit :

-C'est pas que ça m'intéresse pas, au contraire, j'aime beaucoup ça, mais là je...j'ai pas vraiment la tête à ça.

-Oh ? Tu veux de la compagnie ?

-Non, ça va, j'allais dormir, là.

-Mais tu peux pas dormir, y a une soirée après, tout le monde va danser et faire la fête, c'est Noël, Bill, tu vas pas rester tout seul ?

Elle commence à me gaver sérieusement, elle, je suis à deux doigts d'être insolent et de lui dire franco « écoute, je suis pd, tu me dis franchement rien, en plus tu es conne, et là tu vois, la seule personne que je veux avec moi, c'est Tom, t'as aucune chance ! » mais voilà, je suis pas salaud à ce point et ma mère m'a bien élevé, dommage !

Pour éviter qu'elle ne se glisse dans la chambre, je sors complètement et elle s'avance jusqu'à presque me frôler :

-Bill, tu me trouves pas jolie ? T'as pas envie qu'on...se rapproche ?

Je recule légèrement et me retiens de lui gueuler en pleine figure un gros « non, putain, mais fous moi donc un peu la paix », je soupire et dis seulement :

-Écoute, Sarah, tu devrais remonter et fêter Noël avec les autres, là je suis pas vraiment d'humeur.

Elle agrippe le devant de mon tee-shirt et m'attire contre elle, là ça suffit, je me dégage et la repousse un peu plus fort que prévu, elle semble même pas le voir et revient à la charge mais est stoppée en plein élan par une voix froide :

-Putain, Sarah, en quelle langue il faut qu'il te dise qu'il est pas intéressé ? Ça veut dire qu'il veut pas ! Merde c'est pourtant pas difficile à comprendre !

Tom est revenu et Sarah recule de quelques pas, les yeux grands ouverts mais bien vite, elle fronce les sourcils et siffle :

-Qu'est-ce que tu fous là, toi ?

-En quoi ça te regarde ? A ton avis, qu'est-ce que je peux bien faire là ?

Il vient se mettre à côté de moi et la regarde moqueusement, elle nous regarde tour à tour et dit :

-Alors Gus disait vrai, vous êtes ensemble ? J'arrive pas à le croire ! Mais...c'est...c'est...

Tom hausse un sourcil et demande amusé :

-Oui ? C'est quoi ?

Elle crache, haineuse :

-C'est dégueulasse, voilà ! Quand je pense que ma s½ur te voulait, Tom, elle va être bien déçue ! Deux pd, c'est...voilà, c'est dégueulasse !

La colère me prend et je vais pour répliquer, de quel droit elle nous juge cette conne ? Mais Tom glisse un bras autour de ma taille et me rapproche de lui, me faisant complètement oublier ce que j'allais dire :

-Ah ouais ? Bin demande à Bill s'il trouve ça dégueulasse...

Et il m'attire contre lui et écrase sa bouche sur la mienne, faisant se rencontrer nos langues délicieusement. Déjà éperdu, j'oublie que cette conne nous regarde certainement choquée et enroule mon bras derrière sa nuque et le pousse encore plus contre moi. J'approfondis directement le baiser et lèche tout l'intérieur de sa bouche, glissant mon autre main libre sur sa taille et gémissant faiblement. Je me sens déjà bander...je défaille comme une gamine et c'est plus que bon...

Il se détache tout aussi brutalement de moi et j'ouvre des yeux encore hagards, encore dans les vapes de plaisir de ce baiser qui m'a fait fondre complètement. Il se tourne vers Sarah en me tenant toujours contre lui et lui lance :

-Allez, demande-lui s'il a trouvé ça dégueulasse !

Je réalise alors que Sarah est toujours là et elle fulmine. Elle se retourne pour partir mais avant nous jette, méprisante :

-Je sais pas pour Bill, mais moi, oui, j'ai trouvé ça dégueulasse et c'est tout !

Et Tom lui crie, alors qu'elle s'en va :

-C'est ça, tire-toi, ce qui est sûr en tout cas, c'est que tu lui feras jamais un effet comme ça !

Putain, il a complètement raison, je suis accroché à lui comme une moule à son rocher, je comprend à peine ce qui se passe, j'ai le c½ur qui lutte pour reprendre un battement normal. Il me regarde de nouveau et m'embrasse encore, avec plus de fougue. Dans un coin de ma tête, je me dis que je devrais arrêter tout ça, y mettre un terme, lui dire qu'il vaut mieux qu'on arrête tout et qu'on devienne les amis qu'on aurait dû être depuis le début. Mais j'y arrive simplement pas, pas quand il me tient contre lui et qu'il passe ses doigts dans mes cheveux, et que sa langue enroule la mienne. Il finit par se détacher et demande :

-T'as raté le concert, c'était vraiment génial ! Maintenant, va y avoir le dîner dansant, tu veux pas venir ?

Je vais pour répondre que non, je préfèrerais rester dans ma chambre, mais les mots sortent tout seul :

-Pourquoi tu es parti comme ça ? T'es encore fâché ?

Il hésite et me lâche complètement, il enfonce ses mains dans ses poches et ses yeux se posent partout sauf sur moi :

-Non, je suis plus fâché. Je suis désolé, je voulais pas m'emporter comme ça, mais je comprends pas ce que tu lui trouves à ce...à...au mec sur la photo, là, je sais même plus comment il s'appelle.

Ça sent la mauvaise foi à plein nez, j'ai bien envie de lui demander plus, j'ai bien envie de l'entendre me dire ce que je veux entendre, qu'il m'aime, mais à quoi ça servirait ? On sera bientôt plus ensemble, si tant soit peu qu'on l'ait été ! Je me retourne et ré ouvre ma porte en disant :

-Bon, viens, je vais terminer de me maquiller et éteindre partout, après on y va.

Il me suit et je le laisse refermer la porte derrière moi. Je marche une fois de plus sur le cadre brisé, encore à terre et l'entends me dire :

-Oh ! Euh...désolé, pour ça...

Sans même réfléchir à ce que je fais, je dégage le cadre et les bouts de verre de mon pied, envoyant tout ça valser sur le côté, hors de mon chemin et réponds :

-Pas grave !

Un silence se fait et il dit :

-Ouais, après tout, t'en as pleins d'autres, et puis la photo m'a l'air encore en état !

Là, j'ai juste envie de me retourner et de lui crier que j'en ai rien à foutre, qu'elle soit encore en état, la photo ! Il voit pas que je le veux juste lui, et seulement lui ? Ça me rendrait presque malade, c'est pas sain d'aimer autant, d'aimer si fort, surtout en si peu de temps ! Mais je continue sagement d'entrer dans la salle de bain et essaie de calmer les tremblements de ma main pour que je puisse appliquer mon khôl le mieux possible. Il arrive juste derrière moi et heureusement que j'ai fini, je veux pas qu'il remarque à quel point il me trouble. On se regarde longuement à travers le miroir et j'attrape la brosse pour me recoiffer, l'air de rien. Il s'assoit sur le rebord de la baignoire et pendant un instant, on dit rien. Au bout d'un moment, je jette un ½il sur son reflet et le voit qui regarde intensément, un léger sourire aux lèvres et les yeux un peu grands ouverts...mes fesses. Ça me fait sourire et je demande :

-Tom ? Tu fais quoi ?

Il lève les yeux vers moi et dit précipitamment :

-Rien, je fais rien !

Je souris un peu plus et le taquine :

-Oh ! Tu serais pas en train de me mater, par hasard ?

-Moi ? Non ! Pas du tout ! Je...

-Tu ?

Il essaie de prendre un air digne et sérieux :

-Je regardais la marque de ton jean, c'est tout ! Je pense pas qu'à ça, non plus !

Là, pardonnez-moi encore, mais faut me laisser rire :

-Ah bon ? Et c'est toi qui dit ça ? La même personne qui m'a baisé en...

Je fais mine de compter sur mes doigts et continue :

-Je sais même pas en combien de fois, en un minimum de jours ! Te fous pas de moi, hein !

Il me regarde longuement et dit :

-Non, tu vois, c'est là que tu trompes, je te baise pas, Bill...

Mon coeur rate un battement, pourquoi est-ce que je me sens obligé d'y voir un sens spécial, à sa phrase ? Surtout qu'il ajoute :

-Ca fait un moment que je te baise plus...

Je continue de le regarder à travers le miroir et demande avec une gêne et un stress que j'espère dissimuler :

-Pardon, mais vu qu'on a quand même passer pas mal de temps dans la chambre, et je me souviens pas avoir joué aux cartes avec toi, on aurait fait quoi, alors ?

Il hésite et me regarde longuement, je le vois, il essaie de me dire quelque chose mais son visage se ferme et il m'attrape la main pour m'attirer à lui et dit dans un souffle, me surprenant en changeant complètement de conversation, la voix plus assurée :

-Ok, si, je te matais ! Et alors ?

-T'as pas répondu !

-J'ai pas à répondre, t'étais là, non ? Donc, tu dois certainement te rappeler ce qu'on a fait ! Et je te mate parce que...t'es magnifique, Bill, t'es vraiment tout ce qu'il y a de plus beau à regarder...

Je m'étrangle presque, à ces mots. Ca m'émeut et emballe mon coeur comme jamais auparavant. Comment pourrait-il en être autrement ? Je soupire, il dira rien de plus. Putain, c'est si difficile à dire ? Je suis sûr qu'il aurait dit un truc du style qu'il me baisait pas, mais qu'il me faisait l'amour, ou alors c'est ce que j'ai envie d'entendre et maintenant je vois ce genre de sous-entendu partout. Pourtant, je peux pas ignorer la nouvelle tournure qu'a prise notre relation, si c'en est une, parce que ni lui ni moi ne nous conduisons comme si l'autre n'était que le coup d'un moment ! Mais au fond, vaut mieux pas qu'il en dise plus, à quoi ça servirait ? Et puis, même s'il m'aime bien, ça veut pas dire qu'il est autant amoureux de moi que je le suis de lui, il m'aime bien ça c'est évident, mais je me fais peut-être des idées ? Je me penche vers lui et essaie de reprendre contenance :

-Bon, mate autant que tu veux alors, j'aime ça...

Je suis debout entre ses jambes et j'attrape son visage entre mes mains et baisse la tête pour frotter mon nez contre le sien. Il ferme les yeux et moi, je les garde ouverts pour le regarder s'abandonner de plus en plus alors que ma bouche taquine la sienne quelques secondes pour finir par la capturer. Ses mains montent et descendent sur mes cuisses et on entame un baiser passionné, ma main posée possessivement sur sa mâchoire pour l'attirer un peu plus à moi et sa main à lui passant sous mon haut, caressant ma peau qui se couvre de chair de poule. Tom, jamais on ira à la soirée si tu continues de m'embrasser comme ça, là j'ai juste envie de rester là et te laisser me faire l'amour encore et encore toute la nuit...toute la vie...

Il semble lire dans mes pensées parce qu'il arrête de m'embrasser et souffle contre ma bouche, sa respiration brûlante me fouettant le visage :

-Non, on arrête ou alors, on va jamais sortir d'ici.

Je lui lèche les lèvres et il gémit :

-Putain, t'as pas le droit ! Tu peux pas être aussi...arrête d'être aussi bandant, Bill, ou je te jure...

Je le fais taire en faufilant ma langue dans sa bouche et il gémit de plus belle en serrant mes fesses entre ses doigts. Un seul baiser et je perds la raison, je suis vraiment, et définitivement foutu ! Pendant qu'il m'embrasse, je sens ses mains s'affairer en bas, il est en train de détacher ma ceinture. Rapidement, mon pantalon se trouve baissé et il interrompt le baiser pour me caresser avec insistance par dessus mon boxer, les yeux remplis de désir. Je suis toujours debout entre ses jambes et j'ai déjà plus que chaud. S'il continue, on sera vraiment jamais partis !

Lentement, ses yeux dans les miens il abaisse mon boxer et murmure :

-J'ai envie de te sucer...

Ce sont les mots les plus excitants que j'ai jamais entendu, qu'on m'a jamais dit, non, il est l'excitation même à l'état pur, ce mec, et je peux rien faire d'autre que me laisser faire. J'ai toujours la tête penchée et l'observe envelopper ses doigts autour de mon sexe et commencer de très lents vas et viens. Il fixe l'étoile qui est tatouée sur mon aine avec fascination :

-Putain, t'es tellement obscène avec ça...tu m'excites tellement, Bill...

Et je deviens incapable de penser quoi que ce soit d'autre, il sort la langue et retrace mon tatouage, ça m'excite et me chatouille, je tremble et frissonne. Puis, il passe un lent coup de langue de la base de mon sexe au sommet, me faisant haleter et descend la bouche pour aspirer doucement mes bourses et les caresser de sa langue. Ses mains me tiennent fermement et moi j'ai posé une de mes mains sur sa tête, l'autre sur son épaule. Il me donne plusieurs coups de langue et me fait gémir longuement quand il commence à suçoter mon gland qui perle déjà. Il a fermé les yeux et semble prendre autant de plaisir que moi pendant qu'il monte et descend la tête sur mon sexe tendu au possible dans la chaleur de sa bouche et resserre parfois les lèvres tout autour de moi, m'offrant une délicieuse pression, me torturant encore plus. J'arrive pas à me retenir plus longtemps et donne quelques légers coups de bassin dans sa bouche, touchant parfois le fond de sa gorge sans que je puisse m'arrêter. C'est tellement bon, il est tellement chaud et humide tout autour de moi, c'est un délice. Puis, je le sens gémir plus fort et mes jambes manquent fléchir, mes coups de bassins deviennent plus rapides et il accompagne mes accoups en me tenant par les hanches et me fait entrer et sortir de sa bouche au même rythme. Je bascule la tête en arrière et gémis encore plus des petits :

-Tom...oh, Tom...C'est si bon...tu me...Tom, je...putain, si tu savais comme je...

Je me tais à temps et il accélère le rythme sur ma verge en même temps que moi je pénètre sa bouche. Il fait ça si bien, il est en train de me tuer et j'ai aucune envie que ça s'arrête, pourtant la jouissance va me rattraper, une fois de plus. Une de ses mains remonte pour attraper mes fesses et les malaxer avec douceur et insistance et il avance l'autre aussi pour les ouvrir et introduire deux doigts, avec un peu de difficulté quand même, il les tourne à l'intérieur de moi et trouve facilement ma prostate sur laquelle il appuie avec force, me faisant bondir en avant et crier comme jamais, j'ai même l'impression de l'étouffer presque mais il a apparemment prévu le coup et a reculé la tête, mon sexe toujours en bouche. Il répète deux ou trois fois le même geste et sa bouche, ses doigts en moi, finissent par avoir raison de moi et haletant, gémissant, sanglotant presque et lui arrachant presque une bonne poignée de dreads, je déverse ma semence dans le fond de sa gorge. C'est alors que je le vois retirer sa tête pour la poser contre contre mon ventre, les doigts crispés contre l'arrière de mes cuisses et il pousse quelques derniers gémissements en refermant violemment ses cuisses contre mes jambes, les yeux fermés. Puis, il retire ses doigts et je vacille, encore étourdi par mon orgasme. Je me laisse glisser jusqu'à m'assoir par terre et pose mes deux mains derrière moi pour me retenir en essayant de reprendre un peu mieux connaissance.

Je lève les yeux vers lui et il mordille nerveusement son piercing, son visage et son cou sont rouges et il a l'air...gêné ! Je me redresse et reboutonne mon pantalon et lui dis :

-Ok, Tom...putain, tu vas finir pas vraiment me tuer...mais on va être en retard, là !

J'ai l'impression de dire des choses sans importances, inutiles, maladroites, mais il se lève et répond quelque chose, trop bas pour que j'entende. Je lui demande de répéter et il hésite, finalement il s'approche de moi et dit :

-Faut que je reparte dans ma chambre...

-Bin pourquoi ? Tu veux plus y aller ?

Je commence à être déçu, qu'est-ce qu'il se passe ? Il hésite encore et me dit :

-Non, je vais changer de pantalon.

-Pourquoi ? Il est bien celui-là !

-Et bin là, il est foutu !

D'une voix étonnée, je demande encore :

-Mais...pourquoi ?

Il saisit ma main et la passe sans difficulté dans son pantalon et son caleçon, je sens de suite l'humidité qu'il y a. Oh...je vois, il a joui ! Il a joui sans même que je le touche et c'est encore plus troublant pour moi. Je ressors ma main mouillée de son sperme et la regarde, encore plus étonné. Il dit :

-Voilà pourquoi. T'as compris maintenant, pourquoi je dois aller me changer ?

J'hoche la tête et pris d'un instinct, j'approche mes doigts mouillés de ma bouche et les lèche. Son regard noircit pendant que je suce mes doigts, nettoyant avec un plaisir visible son goût et il chuchote en saisissant mon poignet pour me faire arrêter :

-Bill, arrête...

Je lui souris un peu et lui dis en haussant les épaules et en me rhabillant :

-Ok, va te changer, alors.

Il me contourne sans rien dire et se dirige vers la sortie, finalement il se retourne brusquement et revient se mettre en face de moi, me prends dans ses bras et me renverse presque vers l'arrière en m'embrassant intensément, longuement. C'est reparti...Ni lui ni moi n'arrivons à nous contrôler et on se dévore la bouche, incapables de faire autrement, on n'arrivera jamais à s'arrêter...

Mais il me repousse aussi brutalement et va pour sortir de la salle de bains, me laissant là, essoufflé, éperdu, frémissant, complètement amoureux. Juste avant de sortir il se retourne une nouvelle fois et me dit :

-Bill, faut que je te dise, je...putain, je...

J'attends, je suis sûr qu'à ce moment-là, il va me dire qu'il m'aime, je sais pas pourquoi, mais la tête qu'il fait, le ton qu'il prend, tout me laisse penser qu'il va me le dire. Mais il se ravise et dit, avec une colère mal contenue, mâchoires serrées :

-Merde ! Rien !

Et il sort complètement de la salle, j'entends bientôt la porte claquer, il est vraiment sorti...et moi je reste là, frustré, abasourdi, encore étourdi de l'orgasme que je viens de vivre et l'amour qui suinte par chacune de mes pores.

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Comments :

  • chaos87th

    11/08/2011

    Ce que ça peut être compliqué l'amour.
    Ils n'osent pas se l'avouer, pensant que l'autre n'en a rien a faire.
    Mais ils le feraient, ça leur permettrait de mettre les choses au clair et avancer.

  • Pucca97217

    15/09/2009

    Oui c'est bien sa une crise de jalousie.
    Mais dit lui Tom dit lui

  • auro-fanart

    27/08/2009

    Mais merde, il va lui dire quand putain ce con!!!!! lol
    Et cette Sarah, si je la connaissais, elle aurait déjà pris mon pied là où je pense cette garce!!!!! MDR

  • BillKaulitzBlogfic

    23/08/2009

    On va devoir apprendre à Tom et Bill à dire : Ich liebe dich. >< Trop bien ! :D

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Et en résiste pas à la tentation X____x

  • Zerstorerische-Ferien

    06/06/2009

    ça mpe ferait pleurer tellement ils sont couillons tout les deux a pas voir que l'autre l'aime !! ralala !

  • nirvana-angelTH83

    16/03/2009

    un amour pur et intense transandé par le plaisir des sens et des corps, divin

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