[Fiction] La croisière - Chapitre 9

Tom me rejoint finalement dans la grande salle de réception, magnifiquement décorée et il est encore plus beau, si c'est possible. Voilà qu'en plus, je deviens encore plus con, encore plus gaga. On a rejoint les autres jeunes et d'emblée je vois les jumelles qui sont là. Lara a l'air beaucoup plus sympa que sa soeur, en tout cas. Mais Sarah fait la gueule tout le long. Elle arrête pas de lancer des piques dès que Tom ou moi ouvrons la bouche et Tom se retient visiblement plusieurs fois de lui envoyer une vanne bien sentie qu'elle mérite largement.

Le dîner se déroule sans autre soucis, les gens sont détendus et y a vraiment une très bonne ambiance. C'est la fête alors l'alcool coule à flot, je m'en prive pas, j'ai d'ailleurs bien besoin de me décontracter, ce soir. Il faut absolument que je pense à autre chose que Tom et tous les sentiments que je ressens pour lui. Il s'est assis à côté de moi à table, avec les autres jeunes et quelques fois, je sens sa main caresser ma cuisse doucement pendant qu'il parle à Gus, assis de l'autre côté de lui. Putain, encore un peu et je croirai qu'on est un couple !

En revanche, Lara me semble bien plus dangereuse que sa soeur, parce qu'elle drague Tom mais de façon plus subtile, plus discrète et ne semble pas découragée par le fait qu'on soit ensemble. Mais après tout, est-e qu'on est ensemble ? Merde, je me noue le cerveau à essayer de comprendre tout ça ! Bref, Lara, dans sa façon de faire, joue la nana qui plaisante mais qui plaisante pas en même temps et Tom a l'air de pas remarquer son petit manège. Putain, voilà qu'en plus je suis jaloux ! Alors pendant qu'on mange, j'enfile tout un tas de verres les uns après les autres et essaie de digérer la grosse boule que je sens dans ma gorge.

Quelques heures plus tard, les gens sont sur la piste en train de danser et moi, j'essaie de comprendre ce qu'il se passe autour de moi, je suis légèrement bourré. Non, bien bourré serait plus juste. Je me suis rapproché de Tom et ai attrapé sa main posée sur ma cuisse sous la table pour entrelacer mes doigts aux siens et l'écoute parler avec Gus de trucs que je comprends à peine tellement je suis bourré. Je donne un petit coup dans son épaule avec mon menton et demande :

-Tom ! Tom, j'ai plus rien à boire, là !

Il se tourne vers moi et rigole ! Je vois vraiment pas ce que j'ai dit de drôle !

-Ouah ! Bill, putain, à ton haleine je peux dire que t'as assez bu !

-Moi ? Mais pas du tout, j'ai bu...euh...

Putain, j'arrive pas à retrouver le compte du nombre de verre que j'ai bu, et lui il rigole encore plus :

-Laisse tomber, Bill, t'es pas en état de compter, tu vas te faire mal ! Mais comment ça se fait que je t'ai pas vu boire tout ça, moi ?

Je peux pas m'empêcher de renifler et j'essaie de pas être trop sec en répondant :

-Tu devais certainement être en train de mater cette espèce de pute, là, Lara !

Oh merde, non, en fait je voulais pas dire ça ! Je voulais juste lui dire que...je sais même plus d'ailleurs ! Et là, il fronce les sourcils et me dit :

-Tu deviens vulgaire ? Pourquoi ? Et Lara, je la matais pas ! T'es jaloux ?

Remerde ! Il fallait que je me fasse prendre, moi, alors vite il faut que je trouve quelque chose :

-Bin...oui !

Bon, c'est peut-être pas ce que je voulais dire, à la base, mais ça sort tout seul, sans que j'ai le temps de prévoir autre chose. Je lui dis exactement ce que je pense et ça commence à être terrible :

-Elle est moche, cette conne, tout comme sa soeur. Elle te fait du rentre-dedans depuis qu'on est arrivé, t'as pas remarqué ?

-Elle me fait pas du rentre-dedans, en tout cas j'en ai rien à foutre !

J'ai comme l'impression qu'il a une lueur malicieuse dans son regard parce qu'il se penche vers moi en souriant et dit :

-Alors comme ça, t'es jaloux ?

Ok, ne pas dire de connerie, ne pas dire de connerie, juste répondre banalement :

-Ouais !

Ca a pas marché et je m'entends lui répondre juste un deuxième « ouais », encore plus dépité, et il éclate de rire :

-Fais pas cette tête-là, c'est pas grave d'être jaloux, j'aime bien que tu le sois, moi !

La situation commence à être embarrassante, il va pas tarder à me demander pourquoi je suis jaloux et je sens que je vais dire des choses que je vais regretter. Je me lève, en me tenant le mieux possible à la table et lui lance :

-Je vais dehors pour fumer.

-Tu veux que je vienne ? Je suis pas sûr que tu trouves la sortie, là !

-Tom, je suis pas ivre !

Son regard me balaie de haut en bas et sa voix m'arrive aux oreilles, amusée :

-Ah ouais ? Alors arrête de bouger d'avant en arrière comme ça !

-Ok, je sais même pas de quoi tu parles, je vais juste aller fumer, là !

Je me dirige dignement, enfin j'espère, vers la sortie, quand il me rattrape et me fait faire demi-tour en rigolant encore plus :

-C'est de l'autre côté, la sortie, Bill, attend je vais t'emmener parce que tu vas te perdre ! Et t'es tellement imbibé que je sais pas si c'est une bonne idée de fumer, tu risques de prendre feu ! Allons-y !

Putain, je dois être d'un ridicule ! Il a raison, je suis quand même bien torché, mais ça a le mérite de me détendre vraiment. On arrive à la table des jumelles et j'en profite pour lancer un regard noir à Lara. J'ai juste le temps de m'arrêter à sa hauteur et lui lance :

-Putain, toi et ta soeur vous êtes de vraies plaies ! Y en a pas une pour rattraper l'autre ! Tu crois que je vois pas ton petit manège avec Tom ? Mais autant te prévenir, tu perds ton temps ! Parce qu'on est...comment dire ça gentiment...

Je cherche un terme qui pourrait passer mais décide de lui envoyer à la gueule ce que je pense, Tom s'est brusquement arrêté à côté de moi et je me penche un peu vers les jumelles et leur dit :

-On est complètement pédés ! Et ouais ! Donc, pardonnez-nous mesdemoiselles, mais là, y a des choses qui vont pas être possible ! Je vous salue !

Tiens, une révérence pour vous, duo de connes ! Mais je me suis à peine penché que Tom me relève et me tire par le bras, il nous fait sortir et me gronde comme un gamin, ce qui me fait rire derrière lui :

-Putain, Bill, t'es complètement fait ! Tu entends ce que tu dis !

-Bin quoi ? Fallait bien les remettre à leur place, ces-

-Ok, ok, j'ai compris ! T'avais besoin de lui dire ça comme ça ?

-Dire quoi ?

-Que...oh laisse tomber !

On est arrivé dehors et l'air frais me fait d'un coup du bien. Il continue de me traîner jusqu'à l'endroit habituel où on s'assoit souvent ensemble et me demande :

-Si tu veux vomir, tu me le dis, hein !

Et bin il manquerait plus que ça ! C'est vrai que je me sens un peu soûl, et que ça tangue un peu autour de moi, mais pour l'instant, ça va. On s'assoit sur le banc et je me rapproche de suite de lui et pose ma tête dans son cou. Plus que l'alcool, son odeur me fait tourner la tête et je me mets à caresser doucement la peau fine de son cou avec mon nez. Il me tient fermement contre lui et sa main caresse mon visage. Il tourne un peu la tête pour embrasser mon front et je peux pas m'empêcher de lui murmurer :

-Tom, je suis tellement bien avec toi...C'est pas juste...

Il répond de la même façon que moi, tout bas :

-Quoi ? C'est quoi qui est pas juste ?

-Bin tout ça ! Je suis bien avec toi, tu me plais tellement et quand la croisière sera finie on va partir chacun de notre côté et moi je...

Je me coupe là, rien que l'idée m'angoisse. Je réalise qu'il va me manquer, et je le lui dis, tant pis s'il comprend que je l'aime :

-Tu vas me manquer, Tom...Ca va plus être pareil, après.

Il attrape ma main brusquement et la serre très fort, sa voix rauque et basse me gronde encore :

-Parle pas de ça, on y est pas encore ! Pour l'instant, on est encore là, ensemble ! Profite de ce qu'on peut vivre pour le moment, Bill, je veux pas déjà penser à après !

-Ouais, mais...

-Ouais mais rien ! Je suis là, toi aussi, et c'est tout ce que je demande pour l'instant !

-Moi tout ce que je demande c'est que...

Et de nouveau je me tais, je parle trop, beaucoup trop, et l'alcool m'aide pas à me retenir de lui dire ce que je pense. Et en plus, il m'encourage :

-Tu demandes quoi ?

Après quelques secondes, je lui dis tout bas :

-Moi, tout ce que je demande c'est que tu ressentes les choses que moi je peux ressentir.

-Et tu ressens quoi, exactement ?

Merde, on y est ! J'ai un éclair de lucidité et cherche rapidement quelque chose à lui répondre et à mon grand soulagement, Gus nous interpelle en arrivant à notre hauteur :

-Les mecs, vous faites quoi ?

Je me rassois correctement, j'étais complètement affalé sur Tom, accroché à lui comme un koala et je peux même l'entendre soupirer avec exaspération en répondant :

-Gus, on discutait, là ! Tu pouvais pas mieux tomber !

Gustav a l'air confus, je peux le voir même si je suis encore bourré. Le petit blond se gratte la nuque et dit :

-Euh...désolé de vous déranger, mais y a ton père qui te cherche, Tom, tu devrais aller le voir, il t'attend dans la salle de réception.

Tom soupire deux fois plus et se lève. Avant de partir, il se penche vers moi et presse ses lèvres contre les miennes :

-Je vais voir ce qu'il veut et je reviens. Faut qu'on parle encore. J'ai des trucs à te dire, moi aussi et ça peut plus attendre.

J'hoche la tête et le regarde s'éloigner. Gus s'installe à côté de moi et on commence une conversation banale. Finalement, après avoir remarquer que j'étais pas vraiment intéressé par une conversation avec lui, il s'excuse et repart. Et Tom me manque déjà. Je devrai peut-être le rejoindre, ça m'évitera d'avoir à lui parler, je suis sûr qu'il va me poser d'autres questions embarrassantes et j'ai pas envie d'avoir à lui dire que je l'aime. J'arrive à me diriger vers la salle de réception, l'air frais et la converstion qu'on vient d'avoir m'a fait rapidement dessoulé et j'ai envie de voir Tom, je peux plus attendre qu'il revienne. Mais je remarque vite qu'il n'est nulle part dans la grande salle et finalement Gus me dit qu'il l'a vu sortir pour aller dans le bureau de son père. Il me propose de m'accompagner pour me montrer où c'est et on arrive bientôt dans le couloir qui mène au fameux bureau. Juste avant de tourner, à la fin du couloir, j'entends la voix de Tom qui s'élève et me stoppe automatiquement, Gus aussi :

-Laisse-moi je dois aller voir mon père, là !

Tom est pas tout seul. Gus ouvre la bouche pour dire quelque chose mais la referme vite fait quand je lui impose de se taire. Je me penche un peu et vois Tom de dos, avec Lara !

-Tom, tu vas pas me dire que c'est du sérieux ce que tu trafiques avec Bill ?

Je les entends distinctement, Gus veut passer devant de moi pour aller voir Tom mais je le retiens et lui refais le geste de se taire et d'attendre. Il soupire sans bruit et s'appuie contre le mur, l'air ennuyé. Je m'en fous totalement, j'ai besoin d'entendre ce qu'ils se disent. Lara continue de lui parler et j'entends qu'elle prend une voix qu'elle essaie de rendre sensuelle :

-Allons, tu plaisantes ? Vous venez juste de vous rencontrer, ça peut pas être sérieux, pas toi, Tom, tu crois que je connais pas le genre de garçon que tu es ?

-Tu me connais pas Lara, tu sais rien de moi ! Ce qui se passe entre Bill et moi, ça te regarde pas. Bouge de là, je dois y aller !

-Oh je t'en prie, tu vas pas faire des manières ! Tu sais que Sarah est vachement interessée par Bill ?

La voix de Tom se fait plus coléreuse :

-Je sais, elle a aucune pudeur, apparemment ça la gêne pas de se faire refouler en plusieurs fois ! Elle a aucune chance avec Bill !

-Et moi ? J'ai mes chances avec toi ? T'aime aussi les filles, je crois, Tom, on peut aussi s'amuser un peu, non ? Pourquoi y aurait que Bill qui en profiterait ?

-Bon, Lara, t'es sympa mais là, ça commence à être lourd ! Laisse-moi passer !

Je me repenche un peu, j'ai peur que l'un des deux me remarque mais ils sont trop pris dans leur conversation pour me voir et ce que j'aperçois me glace le sang. Lara s'est rapprochée de Tom, elle le coince contre le mur et il ne la repousse pas ! Elle fait glisser une main sur tout son torse et arrive à son entrejambe que je la vois masser et lui, il ne la repousse toujours pas !

-Tu vois ? Me dis pas que tu aimes pas, ce que je sens sous ma main prouve le contraire...et ça ? Il a ça, ton Bill ?

Putain, cette garce attrape ses mains et les pose sur ses seins et Tom bouge toujours pas, il a l'air paralysé, complètement hypnotisé par cette fille et je sais pas si c'est mon imagination qui me joue des tours mais j'ai presque l'impression de voir ses doigts se crisper dans sa chair. J'ai envie de le rejoindre et faire quelque chose de très féminin, genre lui arracher les cheveux à cette conne, lui griffer la gueule, la jeter à terre et lui envoyer quelques bons coups de pied. Mais je peux rien faire, Tom est pas à moi, c'est pas mon petit ami, il a jamais été dit qu'on n'irait pas voir ailleurs si on pouvait, on s'est jamais rien promis. Les limites ont pas été définies, c'est moi qui les ai outrepassées en tombant amoureux de lui. Et même si j'ai envie de balancer Lara à la flotte, elle a autant le droit que moi de coucher avec lui, s'il est d'accord avec ça. Mais putain, l'idée me fait mal, encore plus que ce que je pourrais penser, encore plus que tout ce que j'ai pu vivre avant lui, quand je pensais encore aimer Georg et pensais être triste à la pensée qu'il m'aimerait jamais.

Gus s'est penché aussi et a tout vu, tout entendu. Il va pour parler mais je secoue la tête et il pose simplement sa main sur mon épaule, un geste compatissant. Et quand je regarde du côté de Tom, je vois Lara qui s'est hissée sur la pointe des pieds et elle se jete sur sa bouche. Là mon coeur éclate en mille morceaux et je fais demi-tour pour partir de là, je sais pas comment je trouve mon chemin mais j'arrive rapidement dehors et c'est une fois là-bas que je me rends compte que ce qui est chaud et mouillé sur mon visage, sont mes propres pleurs.

Bien-sûr, Gus me rattrape et essaie de me réconforter :

-Bill, te mets pas dans des états pareil, Tom se fout de Lara !

J'essuie rapidement les larmes qui me brouillent encore la vue en espérant qu'il n'a rien vu et répond sèchement :

-Je m'en fous, Gus, on est pas ensemble, Tom fait ce qu'il veut !

Il me regarde longuement et dit simplement :

-Et c'est pour ça que tu pleures ?

-Je...je pleure pas ! Je...

J'ai rien à dire de plus, je sais pas quoi lui dire, il a déjà compris. La preuve, il ajoute en baissant la voix et se rapprochant encore plus de moi :

-Tu l'aimes, hein ?

Je secoue farouchement la tête et m'écrie :

-Bien-sûr que non !

Un moment de silence passe et je m'assois sur le premier banc de bois que je trouve. Gus s'assoit à côté de moi et me fixe toujours. Je fixe la mer, devenue noire avec la nuit et joue nerveusement avec mes mains. Gus répète, cette fois-ci plus insistant, plus affirmatif :

-Tu l'aimes.

Je secoue une nouvelle fois la tête mais réponds sans vraiment le vouloir, à voix très basse :

-Putain...oui...

-Ecoute, Tom c'est mon pote depuis des années, je le connais bien, et je peux te dire qu'il en a eu des relations mais je l'avais jamais vu comme ça.

Ca suffit pour faire battre mon coeur à toute vitesse. Je veux pas avoir à écouter quelque chose dans ce style-là, ça fait trop mal, alors je l'arrête direct :

-Arrête, Gus, dans un instant tu vas me dire qu'il est amoureux lui aussi, qu'il le montre pas, que je compte pour lui comme il compte pour moi, que Lara c'est rien, arrête ça, je veux rien entendre de tout ça !

-Et pourtant, ce serait vrai. Je sais que Tom est pas indifférent, tu devrais aller lui parler et lui dire ce que tu ressens.

Je tourne la tête vers lui et me sens trembler de colère :

-Et pourquoi ? A quoi ça servirait ? J'irai le voir et je dirai « oh Tom, on devait se contenter de baiser et voilà, finalement je suis amoureux de toi, ça me ferait chier que tu te fasses Lara ! » et pourquoi j'ajouterai pas pendant que j'y suis « je veux plus que tu couches avec quelqu'un d'autre que moi, sors avec moi pour de bon, je veux être ton petit copain, je veux être le seul pour toi ! » hein ? Pourquoi pas ?

Gus soupire et répète :

-Tu devrais lui parler, je suis sûr qu'il a des sentiments pour toi, lui aussi, c'est trop visible !

-Et même ? T'as oublié que la croisière est bientôt finie ? On va repartir chacun de notre côté, lui en France et moi en Allemagne, je l'ai gagné ce putain de voyage, je pourrai plus jamais le refaire, je le reverrai plus jamais, à quoi ça servirait dis-moi ?

Je me lève et vais me poster face à la mer, mon coeur cogne toujours douloureusement et la vérité me fait encore plus mal. Gustav vient se mettre à côté de moi :

-Justement, parle-lui, vous pouvez trouver une solution. C'est possible !

-N'importe quoi ! On se connait à peine finalement, on...on devait juste se contenter de prendre du bon temps, il a tout foutu en l'air, il a tout gâché, j'avais une vie avant lui, j'étais amoureux de quelqu'un, j'allais presque être avec cette personne et il est arrivé et a tout foutu en l'air ! Merde !

Voilà une autre de mes tirades pleines de mauvaise foi comme je sais bien le faire. Je rejette toute la faute sur lui, comme s'il était le seul responsable, je sais pas à qui m'en prendre, à qui faire porter le chapeau de ma propre faiblesse, il faut bien que quelqu'un paye, alors ce sera lui ! Mais Gus me fait remarquer :

-Il a rien foutu en l'air, toi non plus, c'est juste arrivé et puis c'est tout, les sentiments ça se commande pas. Et dis pas que vous vous connaissez pas, Tom me disait l'autre fois qu'il aime être avec toi, vous avez beaucoup parlé, ce qu'il fait jamais avec ses...aventures, et il aimait le fait que vous ayez des tas de points communs.

-Et alors ? Il aime être avec moi et alors ? Je me fous de ça, ce que je veux c'est qu'il...c'est qu'il...

Ma voix se fait de plus en plus deséspérée et se casse à la fin de la phrase. Gus continue :

-Qu'il t'aime ? Je suis sûr que c'est le cas, Bill, c'est génial au contraire ! Tu veux que je lui parle ?

-NON !!!!

-Non ?

-Non, je te l'ai dit, ça sert à rien, bientôt on se reverra plus, je veux pas savoir qu'il...qu'on aurait pu...je veux pas savoir que je vais passer à côté de ça, je préfère me dire qu'il ressent pas les mêmes choses et qu'on est juste bien ensemble. Je préfère ne rien savoir, ça me laisse la place pour penser que je vais pouvoir rentrer et revivre normalement, comme si je l'avais jamais connu et que tout ça, c'était pas si important !

-T'es têtu, c'est lâche ta façon de voir les choses !

-Peut-être mais ça me permet de m'en sortir sans trop bleus, Gus ! Qu'il fasse ce qu'il veut avec cette Lara, bientôt la croisière sera finie et je pourrai reprendre le cours normal de ma vie. Ca nous mènera nulle part tout ça. On était d'accord lui et moi, la baise et c'est tout ! Donc on baise et puis c'est tout ! Le reste ça me regarde, c'est MON problème, pas le sien. Je veux pas savoir ce que lui ressent, je le sais déjà. On est des copains, des potes, des potes de baise mais des potes quand même, ça me suffit !

-Je te comprends pas Bill, je te comprends vraiment pas !

Je le regarde durement et fais demi-tour pour partir, mais avant je lui lance :

-Je te demande pas de me comprendre. T'es son pote à lui, pas le mien, toi aussi bientôt je te verrai plus. Je me fous de ce que tu peux penser, et surtout je te défends de lui dire quoi que ce soit, comme je t'ai dit, c'est mon problème, ça ira !

Je sais, je suis salaud, je peux pas m'empêcher de me sentir nul et coupable, mais la colère et surtout la tristesse me font réagir comme ça. Comme je lui ai dit, on va être séparés, je veux pas entendre qu'il est amoureux de moi mais que « on a pas le choix, c'est chacun de son côté, faut vivre avec », non je supporterai pas de savoir que j'aurai pu vivre un beau truc, avec quelqu'un que j'aime passionnément et qui m'aime de la même façon mais qu'on sera jamais ensemble. Je pourrai pas...

Je décide de repartir dans ma chambre et me coucher loin sous les draps, mais me rends vite compte que ça va être difficile, je sais que je vais pas pouvoir dormir, alors je préfère aller dans la salle de réception, je décide qu'un verre, même plusieurs vont m'aider à oublier. Une perte de conscience salutaire et nécessaire, boire pour oublier. C'est con comme réaction mais il faut absolument que je fasse partir la douleur qui me ronge de l'intérieur. Et je sais pas quoi faire d'autre que boire jusqu'à l'évanouissement.

J'arrive dans la grande salle où les gens sont toujours en train de danser, de parler, de rire, d'être heureux...Et moi, j'enchaîne cul sec trois verres d'alcool fort, ça me brûle la gorge et pique mes yeux. Je m'assois sur un tabouret, au bar, et enquille deux autres verres, avec la même rapiditié, pourvu que ça fasse effet très vite. Un homme d'une cinquantaine d'années vient se poster à côté de moi et me regarde en souriant en coin. Qu'est-ce qu'il me veut, ce pisse-vinaigre ? Il se penche un peu sur moi et dit :

-Vous buvez beaucoup...un problème ?

Je lui réponds hargneux, j'ai aucune envie de faire la conversation :

-Ca vous regarde pas !

Il se fait plus taquin, je crois, les effets de l'alcool commencent à m'embrumer le cerveau, à mon grand soulagement :

-Un si beau visage, une telle beauté entravée par un air si sombre, c'est tout à fait dommage...que puis-je faire pour vous redonner le sourire ?

Voilà, la drague à deux balles ! J'hausse les épaules et bois plus lentement le verre qu'on vient de poser devant moi. Je commence à me détendre, la douleur se fait moins forte, tout me semble d'un coup moins important, plus supportable :

-J'ai déjà un verre.

-Alors je peux peut-être vous accompagner ?

-Si vous voulez.

Il me tend soudain sa main :

-Warren. Je crois savoir que vous êtes Bill ?

Tiens, comment il sait ça, lui ? Je lui demande :

-Vous connaissez mon prénom ? Comment ça se fait ?

-Je cherche toujours à savoir le prénom de la personne qui me plait...

Pendant un moment on boit sans échanger aucune parole. Là, ça tourne vraiment et je me sens plus léger. La pensée d'aller mieux me fait tellement plaisir que je me sens sourire. Et Warren me dit alors :

-Eh bien voilà ! Comme ça c'est mieux !Quant tu souris tu es encore plus beau, Bill, vraiment plus beau...

Sympa le mec, finalement. J'ai envie de l'envoyer balader, mais le flash du baiser entre Tom et Lara me revient comme un coup de poignard en plein coeur et je décide de me détendre un peu plus, de profiter de cette conversation avec quelqu'un que je connais pas et qui m'inspire aucun sentiments. Quelqu'un qui n'est pas Tom. On commence à discuter de tout et de rien, pour ce que j'arrive à comprendre de la conversation dans le brouillard que cause l'alcool à mon cerveau et Warren se révèle être un charmant interlocuteur, drôle, intelligent, il a de la répartie. Il glisse quelques compliments dès qu'il peut, me laissant voir qu'il est plus qu'intéressé par moi et me dit qu'il m'a remarqué dès le début de la croisière. Il est charmant, pour son âge il est bel homme, mais encore une fois, c'est pas Tom.

D'ailleurs, en parlant de Tom, il est toujours pas revenu. Je sais, il doit être dans sa chambre, ou celle de Lara. C'est un chaud lapin Tom, qui prend le plaisir dès qu'il se présente à sa porte, pourquoi il serait ailleurs qu'avec elle, là ?

Alors, pendant que Warren s'est sensiblement rapproché de moi, je continue d'enfiler les verres et participe activement à la conversation avec cet homme, la réalité disparaît, les bruits se font plus sourds, je deviens insensible à toutes douleurs et j'arrive enfin à me persuader que Tom ne représente rien pour moi et que j'ai pas autant changé...

Une douleur cuisante me fait ouvrir les yeux et je les referme vivement quand je comprends que c'est ma tête, il y a comme de l'eau bouillante à l'intérieur et mon estomac se soulève régulièrement. Après quelques efforts j'arrive enfin à ouvrir correctement les yeux et remarque certains détails qui me font comprendre que je suis pas dans ma chambre. Putain, où je suis ? Un mouvement derrière moi m'indique qu'il y a une personne à mes côtés et je me raidis instinctivement, avec qui je suis ? Je tourne la tête et grimace, ça me fait mal encore plus, c'est horrible. Je fais donc moins vite et me retourne doucement jusqu'à remarquer qu'à côté de moi se trouve en fait...Tom ! Il dort et un léger ronflement sort de sa bouche. Je souris un peu, il est tellement beau. Je suis soulagé aussi, j'avais peur d'avoir fait une connerie quelconque !

Je regarde de nouveau autour de moi, essayant de bouger la tête le moins vite possible et vu tout ce que je vois, je dois être dans sa chambre à lui. C'est la première fois que je viens, on est toujours dans la mienne et sa chambre à lui a son odeur, son odeur personnelle et particulière que je reconnaitrais entre mille depuis que j'en suis devenu fou. Je remarque aussi que je suis déshabillé, j'ai que mon boxer sur moi et après avoir soulevé un peu le drap, je vois que Tom aussi ne porte que son boxer. Mais à force de bouger il finit par se réveiller. Je le vois cligner des yeux plusieurs fois et les ouvrir complètement et les poser sur moi. Il me regarde un instant et murmure :

-T'es déjà réveillé ? Ca fait longtemps ?

-Non. Je viens juste de me réveiller, là.

-Ca va ?

-A part un mal de tête horrible, ouais.

-Normal, t'as bu comme un trou, je m'attendais à ce que tu aies la gueule de bois ce matin ! Ca va t'apprendre à boire autant !

Je vais pour répliquer mais il se redresse et vient déposer un baiser sur mes lèvres. Je frissonne direct. Il recule un peu et murmure de nouveau :

-Au fait, salut, toi...

Je lui réponds sur le même ton :

-Salut...

Il approfondit le baiser et glisse une main sur ma hanche pour me resserrer contre lui. C'est bon. Je finis par demander :

-Comment ça se fait que je sois dans ta chambre ?

-Je t'ai récupéré hier soir ivre mort, en compagnie d'un certain...Warren, dans le couloir, pas trop loin de ta chambre.

Oh merde ! Il me faut quelques secondes pour comprendre de quoi il parle et quelques souvenirs refont surface. Tom, Lara, ma discussion avec Gus, mon chagrin, Warren, une multitude de verre, après je sais pas, je me rappelle pas...Je demande alors, gêné :

-Warren ? Euh...comment ça « pas trop loin de ma chambre » ?

Son regard durcit et sa voix devient froide :

-J'en sais rien. Il voulait te raccompagner, tu étais tellement bourré qu'il...il te ramenait à ta chambre quand je vous ai trouvé.

-Je me souviens de rien.

-Tu te souviens pas ? Quand je vous ai rattrapé dans le couloir, il te plaquait contre le mur et t'embrassait à pleine bouche. Et toi, tu gloussais comme si c'était la meilleure chose qui t'était jamais arrivée !

Et voilà, je savais bien que j'aurais pas dû autant boire ! Putain, qu'est-ce que j'ai failli faire encore ? J'essaie de pas montrer ma honte et dit :

-Je sais même pas de quoi tu me parles, je me souviens pas je te dis ! Mais pourquoi ta chambre ?

-Parce qu'il insistait tellement, je l'ai entendu te dire qu'il allait me laisser te faire entrer dans ta chambre et qu'il repasserait dès que je serais parti. Donc je t'ai emmené dans la mienne. Tu sais quand même qu'il est marié, ce type ?

J'ouvre de grands yeux :

-Il est marié ?

Tom a un sourire ironique :

-Ouais, désolé de te décevoir, mais il l'est, ouais ! Mais bon, peut-être que tu t'en fous, après tout ? Tu avais l'air plus qu'intéressé, j'espère que je t'ai pas cassé ton coup ?

-Pfff, je suis pas intéressé, je te dis que je me souviens même pas de ça ! Je savais même pas qu'il était marié, et je m'en contrefous, je sais même plus de quoi on a parlé, alors...

Pendant quelques secondes on dit plus rien. Tom a l'air un peu en colère, est-ce qu'il serait...jaloux ? Est-ce que je dois lui parler de Lara ? Je pense pas, non. Il avance la main et caresse ma joue, je lutte pour ne pas fermer les yeux, chacun de ses touchers me fait frémir, il doit sûrement le remarquer, j'ai des frissons plein la peau. Pendant que ses doigts effleurent mon visage il demande :

-Il te plait, ce Warren ?

Je souffle :

-Non.

-De toute façon c'est avec moi que tu dors, et c'est avec moi que tu réveilles, tu l'as peut-être pas remarqué, mais c'est comme ça depuis un bon moment, Bill, et je vois pas pourquoi hier soir ça aurait été différent !

Me dis pas des trucs comme ça, Tom, ça me tue et en même temps ça me remplit de joie. Parce que l'espace d'un instant je me dis que mon amour est partagé, il est attentionné, jaloux, toujours à vouloir être avec moi et vouloir être le seul pour moi. Et il avait apparemment des trucs à me dire, il « voulait plus attendre », c'était quoi ? C'était tout ça, ou c'était un « Bill, j'ai remarqué que tu t'es attaché, et franchement tu devrais pas, je suis qu'un gars de passage, ça veut rien dire de plus tout ce qu'on vit, là, c'est juste pour s'amuser, comme on avait dit au début, alors te mets pas autre chose dans la tête, parce que moi j'ai une vie, et dans cette vie y a pas de place pour toi » ? Putain, je suis écartelé entre tout ça, ayant brutalement une pensée pour Georg et me dis alors que j'aurais vraiment dû me contenter de rester amoureux de lui, c'était tellement facile avant Tom ! Il a vraiment tout foutu en l'air avec sa belle gueule et son corps qui m'a rendu totalement dépendant, soumis comme jamais, vaincu pour toujours, à genoux...Putain, il m'a mis à genoux, dans tous les sens du terme et depuis, j'arrive plus à me relever...

Et brusquement, la conversation prend une toute autre tournure :

-Tu te souviens de ce que tu m'as dit hier soir ?

-Hier soir ? Quand ?

-Quand je t'ai ramené dans ma chambre.

J'essaie de me souvenir mais rien ne me vient :

-Non, j'ai dit quoi ?

Il fait un sourire :

-Des tas de trucs. C'est pas grave, tant pis si tu t'en souviens pas. En tout cas, c'était très intéressant...

Putain, là je flippe, je suis sûr d'avoir dit des conneries, encore ! Je sens que j'ai dit à Tom tout ce que je pensais, il manquerait plus que ça...J'essaie de savoir :

-J'ai parlé de quoi ? Dis le moi ! Putain, j'étais bourré, alors comment tu veux que je me rappelle, je suis sûr que c'est un truc con !

Son sourire s'efface et son regard s'intensifie :

-C'était pas con, non. Comme je t'ai dit, c'était super intéressant. Mais je t'en dirais pas plus, t'avais qu'à pas boire autant, t'es marrant quand t'es bourré !

-Bon, ok, dis-moi, je veux savoir maintenant ! J'ai dis quoi ?

-Cherche pas ! Sache juste que...

-Que quoi ?

-Que...moi aussi.

Mon coeur s'emballe d'un coup. Lui aussi. Lui aussi quoi ? Putain, pourvu que j'ai pas été lui dire que je l'aime, parce que là, ce qu'il me répond, c'est juste affolant pour moi. Je m'entends bégayer :

-Toi aussi, quoi ?

Après de longues secondes où il me fixe avec un regard que j'arrive pas à déchiffrer, il répond d'une voix tranquille :

-Moi aussi, je trouve que cette croisière est géniale.

Je reçois comme un coup dans l'estomac, c'est de ça dont il parle ?

-C'est ça ? Je t'ai dis que la croisière est géniale ?

Il hoche la tête :

-Ouais.

Je sais pas ce qui est plus fort, la déception ou le soulagement. Si j'ai dis que ce genre de chose tant mieux, mais je peux pas m'empêcher de vouloir avoir dit autre chose. Et il rajoute d'un coup :

-T'as dit ça, entre autre...

Putain, il a pas fini de jouer avec moi ? Je sens que j'ai été idiot hier soir, moi...Je lui tourne le dos et réponds, vexé :

-Bon, je vais même pas chercher à savoir, si tu veux me raconter, tu le fais, sinon tant pis !

Le matelas s'affaisse un peu et je sens son corps se rapprocher du mien, dans mon dos. Il dégage ma nuque de mes cheveux et pose sa bouche dans mon cou. Je tremble légèrement pendant que sa main me caresse la taille, ce salaud sait exactement comment me faire fondre.

-Fais pas la gueule...Hummm, tu sens bon, Bill, t'as la peau douce...j'adore ça...

Ses lèvres s'ouvrent et se referment doucement sur la peau de mon cou et ma respiration se fait haletante. J'ai fermé les yeux, je suis incapable de ne pas me laisser aller contre lui, surtout que sa main se fait plus insistante et glisse de ma hanche à ma cuisse, qu'il caresse doucement. Contre moi, je peux sentir son érection et ma tête qui tourne, malgré mes yeux fermés, me laisse penser que c'est pas seulement un reste d'alcool, mais le désir qui monte.

Il mordille doucement mon cou, derrière mon oreille et je gémis doucement. D'un mouvement vif, j'attrape sa main posée sur ma cuisse et lie mes doigts aux siens. Il les serre et me mord un peu plus fort. Les frissons se font plus violents, sa respiration est chaude sur ma peau, son corps dégage une chaleur qui se mélange à la mienne et je suis troublé de sentir son coeur cogner dans mon dos à un rythme sourd et effréné. Il détache sa main et la remonte lentement jusqu'à la passer sur mon ventre et me caresse doucement le torse, me faisant me cambrer un peu plus contre lui. Il continue de mordiller mon cou et lèche l'endroit meurtri tout en passant et repassant sa main sur mon bras, ma cuisse de nouveau, revient sur mon ventre et refait plusieurs fois le même chemin. J'ai envie qu'il me touche plus, mais je dis rien. Son coeur bat encore plus vite, je peux le sentir et moi-même j'halète un peu plus. Je me mords la lèvre pour ne pas lui crier que je l'aime et que je l'aimerai toujours.

Sa main arrive une fois de plus sur le côté de mon boxer et il joue avec l'elastique pendant que je le supplie silencieusement de le descendre. Il l'abaisse doucement et je soulève le bassin pour l'aider à le retirer complètement. Il fait quelques mouvements qui me montrent qu'il enlève le sien à son tour et revient se coller dans mon dos après avoir passé son autre bras sous ma tête. Il continue de me pétrir la peau, effleure mon flanc, frôle mes fesses, va même jusqu'à passer sensuellement sa main sur mon omoplate et masse brièvement mon épaule. Il vient coller sa bouche dans mon cou et aspire la peau, l'attrapant entre ses dents et aspire comme pour me faire un suçon. La pensée qu'il me marque et me fait sien me grise totalement et même si j'ai toujours détesté ça je le laisse faire. Je t'appartiens, Tom, je suis complètement à toi, tu peux faire de moi ce que tu veux, marque-moi, signe ton nom sur tout mon corps, je suis ta propriété, toi seul à le droit d'apposer ta signature pour montrer au monde entier que tu peux être la seule personne à me posséder, je t'abandonne mon corps et mon âme toute entière, mon coeur t'es déjà acquis...

Putain, c'est une véritable lutte mentale que de me retenir de pas lui dire tout ça. Je me contente d'onduler doucement contre lui et caresse son sexe, qui durcit encore plus, avec mes fesses. Ses doigts se crispent dans ma peau et sa voix m'arrive directement à l'oreille :

-Tu me rends fou, Bill, complètement fou...Putain, jamais j'avais eu autant envie de quelqu'un à ce point...

Et moi donc ! Je tourne la tête et passe mon bras derrière moi pour attraper sa nuque et nos bouches se rencontrent dans un mouvement lent et sensuel pour un baiser si long qu'il nous laisse encore plus pantelants et essouflés. Il enlève sa main de ma cuisse après avoir arrêté de m'embrasser, je peux voir qu'il porte sa main à sa bouche et il suce trois de ses doigts rapidement, je frissonne encore plus à l'idée de ce qu'il va me faire et quelques secondes après je sens des doigts mouillés trouver le chemin de mes fesses, les caresser doucement et il introduit un premier doigt. Le deuxième est rajouté rapidement et il me touche de façon experte, joue de ses doigts à l'intérieur de moi pendant que les miens resserrent un peu plus leur prise sur sa nuque. Son front est posé dans mon cou et sa respiration est rapide. Son autre main qui appuie sur mon torse me plaque plus fort contre lui. J'ai un violent sursaut quand il trouve ma prostate et l'excitation me fait bouger encore plus contre lui. Il termine d'étirer ma chair en introduisant son troisième doigt, m'étirant encore plus et le feu qui fait s'embraser tout mon corps contre le sien me fait perdre pratiquement la tête. A bout je lui souffle :

-Tom...viens en moi maintenant...besoin de te sentir en moi...

Il hoquète et retire ses doigts. J'essaie de reprendre un peu mes esprits mais j'y arrive pas vraiment. D'une main, il ouvre mes fesses et je replie un peu plus mes jambes contre mon ventre, je me mets en position foetale et lui vient se coller encore plus, si c'est possible, dans mon dos, s'emboitant parfaitement derrière moi dans une position érotique et excitante. Son gland vient cogner mon entrée et il pousse doucement, frottant contre mes parois. Le passage est plus difficile que d'habitude, on a zappé le lubrifiant, mais même si je grimace de douleur il est pas question que je l'arrête. D'ailleurs il est si doux, si précautionneux et mon excitation si forte que la douleur devient supportable pour moi. Il entre en moi et se retire jusqu'à pouvoir se glisser avec plus de facilité entièrement. Une fois tout à l'intérieur de moi, il me laisse quelques secondes et me caresse tout le corps, dépose pleins de baisers sur ma peau pour continuer de me détendre. Je recommence à bouger contre lui et dans un premier soupir il entame de petits coups de bassin en caressant ma cuisse.

Je détend un peu mes jambes pour m'aligner contre lui, tourne de nouveau la tête et cherche sa bouche au hasard, ses lèvres viennent se saisir des miennes, il les mordille un peu et les embrasse avec passion en accélérant peu à peu la cadence de ses coups de reins. Le plaisir monte par vagues et ça en devient presque insupportable. On bouge ensemble, il frotte sa jambe contre ma cuisse, la passe par dessus ma hanche et je l'entends me gémir à l'oreille :

-Oh putain, Bill...t'es si bon...si étroit...j'aime tellement te...

Je comprends à peine le reste de sa phrase, trop perdu moi-même dans mon plaisir. La pensée que c'est l'homme que j'aime qui me fait l'amour me prend aux tripes violemment et le bien qu'il me procure me serre la gorge. Ses mouvements se font plus amples, et dans un coup plus fort et plus profond que les autres il augmente mon plaisir quand il frappe ma prostate. Sa bouche, sa main sur moi, son sexe en moi tout ça me fait perdre complètement le contrôle et pendant qu'il accélère derrière moi, j'attrape de nouveau sa nuque et l'attire un peu plus dans mon cou et sans pouvoir me contrôler je lui demande :

-Mords-moi...

Il referme durement les dents dans mon cou et lèche l'endroit qu'il a mordu pendant qu'un tremblement prend possession de tout mon corps. Je m'empale sur lui pour accompagner ses allées et venues en moi et lui souffle encore de me mordre. Il accélère dans mon dos et gémis plus fort plaintivement, moi je me sens juste à peine capable de crier chaque fois qu'il frotte contre mon point de plaisir. Pendant un long moment je me concentre sur les bruits que font nos peaux humides qui glissent l'une contre l'autre, son bassin qui claque contre mes fesses, nos gémissements qui se ressemblent, nos prénoms criés avec extase et adoration et les encouragements que je lui lance, devenant malgré moi de plus en plus vulgaire.

Je sais plus quoi toucher de lui, je griffe sa cuisse et remonte ma main pour tirer sur ses dreads, ça le fait haleter et gémir plus fort encore, c'est plus des baisers que je lui donne, mais presque de véritables morsures pendant qu'il s'enfonce dans mon corps en liant ses doigts aux miens. Il va le plus vite et le plus loin possible en moi et le trop plein de plaisir finit par me faire presque pleurer silencieusement. Il chuchote des paroles que je comprends toujours pas et j'abandonne toute idée de comprendre quoi que ce soit quand il empoigne mon sexe et pompe rapidement, me faisant crier plus fort et me tendre contre lui. Je sens l'orgasme monter de mes orteils à mon ventre qui se crispe douloureusement, je suffoque et supplie :

-Tom t'arrête pas...fais-moi jouir...s'il te plait...

Il termine de me caresser et m'achève complètement en titillant mon oreille de sa langue pour murmurer de suite après :

-Viens, bébé...jouis...jouis pour moi...

A peine conscient de ce qu'il vient de dire, je sens que la grosse boule de plaisir qui était concentrée dans mon bas-ventre explose et se propage partout dans mon corps et je me répands dans sa main, le corps secoué par de multiples soubresauts. Quelques secondes après, l'infime chaleur à l'intérieur de moi ainsi qu'une dernière morsure dans mon cou me fait comprendre qu'il jouit au creux de mes reins en gémissant mon prénom sans pouvoir s'arrêter.

Je suis complètement étourdi par ce qui vient de m'arriver, complètement abruti, pas en mesure de pouvoir dire quelque chose. Ma respiration peine à se faire normale et j'arrive pas à réfréner les tremblements qui me secouent doucement contre lui. Lui même a la tête enfouie dans mon cou et dépose des baisers légers sur ma peau humide de sueur. On reste comme ça un long moment avant qu'il se retire mais il reste toujours dans mon dos, à me caresser. Je suis complètement détendu, son odeur et sa chaleur me rassurent. C'est dans ses bras, ce cocon de bonheur, que mes paupières se font de plus en plus lourdes et c'est sans vraiment le réaliser que je m'endors, la dernière chose dont j'ai conscience c'est son coeur qui reprend un rythme normal dans mon dos. Alors qu'un sommeil lourd me prend, je me blottis un peu plus contre lui, comme si j'allais me fondre en lui. Et je me mets à imaginer qu'il me murmure :

-Bill, mon Bill, si tu savais comme moi aussi je suis fou de toi...

Est-ce qu'il l'a dit vraiment ? Bordel, je perds la tête, il dort déjà et moi, le sommeil lourd me gagne, je me sens tellement apaisé, tellement comblé que cette toute petite phrase, je me plais à penser qu'il me la souffle. Mais quand je m'endors, je peux pas m'empêcher de me demander s'il l'a dit, ou si je l'ai rêvée...

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Comments :

  • chaos87th

    11/08/2011

    Je suis sûre que Bill n'a pas rêvé ce que Tom lui a dit.
    Par contre, heureusement que Tom est intervenu, sinon je ne sais pas ce que Bill aurait fait avec l'autre gars 'dont je ne me souviens plus le nom ^^)
    Mais Bill aurait du rester quand Lara était avec Tom. Je suis sûre (et j'espère) que Tom l'a repoussé.

  • Pucca97217

    15/09/2009

    Je crois que c'est un de mes chapitre préférée quand Bill est bourré il est super drôle.
    Aaaahhh la gueule de bois ouille aïe.
    Tu écris toujours aussi bien c'est remarquable

  • BillKaulitzBlogfic

    23/08/2009

    Bill, Tom t'aime arrête de te compliquer la vie ! --' J'adore toujours autant. [tu écris toujours aussi bien]

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Biiiiiiiiill è_é

  • Machine-x

    01/03/2009

    On aura la suite bientôt, dit?
    Ca m'énerve qu'ils arrivent pas à se dire clairement l'un en face de l'autre qu'ils s'aiment x)

    J'aime beaucoup cette fic, La croisière, elle est intéressante. On y vois l'évolution de leur relation, l'importance de chaque personnage... Un peu beaucoup de scène de Q, mais bon, je suppose qu'à la baise une fic YAOI c'est fait pour ça lol. J'espère qu'il ne reste plus trop de chapitre parce que je tiendrais jamais sinon; faut absolument qu'un des deux fasse une déclaration de malade là - ça devient urgent! Faut qu'ils s'avouent enfin la vérité en face et trouver une solution! *la fille trop à fond dans l'histoire - mdr* Allez, un happy end et tout le monde il est content :D

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