[Fiction] La croisière - Chapitre 10 (2/2)

Mes doigts lubrifiés trouvent le chemin de son anus et après l'avoir caressé tendrement je pousse un premier doigt à l'intérieur de lui et le bouge doucement. Quand j'ajoute un deuxième doigt, il gémis un peu plus fort et j'accélère les mouvements de ma bouche sur son membre qui perle déjà dans ma bouche, me laissant son goût, le goût de son plaisir, le goût de l'envie qu'il a de moi, son goût particulier et affolant dont je me délecte encore plus ce soir puisque c'est la dernière fois.

En tournant un peu les doigts, je trouve le petit renflement qui va le faire hurler de plaisir et masse délicatement la petite bosse que je sens. Il se cambre violemment et j'entends l'air qu'il bloque dans sa gorge et ses hanches qui partent en avant, pendant qu'il arrive enfin à crier, enfoncent son sexe loin dans ma gorge. Il attrape ma tête de ses deux mains et me fait aller et venir sur son sexe en respirant plus fort, de manière désordonnée et accélère de plus en plus le rythme en tenant toujours ma tête et en donnant quelques coups de bassins pour accompagner ma bouche.

J'ajoute alors le troisième doigt et termine de l'étirer pour qu'il puisse enfin me recevoir. Complètement grisé à cette pensée et son liquide séminal se faisant plus dense dans ma bouche, j'arrête de le sucer et retire mes doigts. Il me remonte pour m'embrasser profondément, gémissant dans ma bouche, sa langue fouillant tout l'intérieur, caressant mon palais, léchant chaque recoin pendant que ses mains malaxent mes fesses tellement fort que des marques doivent déjà apparaître.

Il reprend le lubrifiant, rapidement s'en verse dans la main de nouveau et m'en enduis tout le sexe par des délicieuses caresses qui me feraient presque jouir. Entre deux baisers, je me glisse de nouveau entre ses cuisses qu'il a largement ouvertes et commence à me frotter à lui. Mon sexe glisse en-dessous de ses testicules et vient se loger entre ses fesses, buttant légèrement contre son orifice sans pourtant s'y enfoncer.

Alors que je vais pour le pénétrer, il attrape mon visage de nouveau et me force à relever la tête que j'avais plongée dans son cou pour mieux savourer. Il m'ordonne, d'une voix rauque :

-Non, ouvre les yeux, Bill, regarde-moi...Je veux voir ton visage, je veux voir tes yeux, je veux voir l'expression que tu as quand tu vas entrer en moi...Je veux tout voir, pour jamais oublier à quoi tu ressemblais à ce moment-là...

Ces mots me font perdre la tête et gémissant, je m'enfonce en lui dans un seul très lent mouvement, mes yeux connectés aux siens. J'essaie de me retenir de le pilonner directement, il me serre de ses muscles fessiers et sa chaleur intérieure m'enivre totalement, il est tellement étroit que ça me fait perdre complètement la tête, je pourrai jamais oublier ça, ce moment où je suis enfin en lui. Il donne un tout petit coup de bassin comme pour m'accorder le droit de continuer et dans un soupir j'entame les premiers coups de bassin pour l'emmener avec moi vers l'extase.

Pendant un long moment, les yeux toujours connectés, on ondule ensembles, les jambes entremêlées, notre sueur et notre souffle se mélangeant. J'oublie de me retenir et vais d'un coup plus vite, plus fort, il rejette alors la tête en arrière en fermant les yeux, lance ces bras en arrière et attrape les barreaux du lit en criant :

-Haaaaan...Bill !

J'ai dû toucher sa prostate alors je tente de refaire de même encore et encore pour lui donner plus de plaisir. Je détache ses mains et les ramène pour les poser sur mes épaules en essayant d'articuler :

-Non, accroche-toi à moi, plutôt. Accroche-toi à moi et me lache pas...me lache pas Tom...

Il secoue frénétiquement la tête de droite à gauche et ses doigts se crispent dans ma peau chaque fois que sa prostate est malmenée avec amour. Je perds le souffle à haleter et gémir, lui-même est complètement abandonné et rendu loin sous moi. Je glisse avec plus de facilité en lui et il passe ses mains sur tout mon dos, descend sur mes fesses et appuie pour me forcer à le prendre plus loin. Mes hanches bougent presque toutes seules, j'arrive plus à contrôler quoi que ce soit, je l'écrase contre le matelas à chacune de mes poussées et branle son sexe avec mon ventre et mes allées et venues en lui. Il crie carrément d'un voix grave, serre mon sexe à l'intérieur de lui et le rythme que j'ai pris maintenant n'a plus rien de tendre.

J'ouvre les yeux et relève un peu la tête pour le voir prendre du plaisir avec moi et admire son visage luisant de sueur, sa bouche entrouverte, sa gorge offerte à ma bouche, et mon coeur se serre douloureusement. Je réalise alors que je lui fais l'amour, comme jamais je l'avais fait à personne, je lui fais l'amour de toute mon âme, de tout mon coeur, avec toute la passion que je ressens pour lui et ai l'idée folle qu'il ressent la même chose pour moi.

Un feu démoniaque gronde à l'intérieur de moi, me promettant un orgasme dévastateur et inoubliable. Je continue de faire d'amples mouvements en lui et le sens se tendre sous moi et raidir les jambes. Il répète mon prénom sans fin et je sens son sexe pulser contre moi. L'humidité sur ma peau me font comprendre qu'il a joui et la pensée d'avoir réussi à l'emmener là où je voulais l'emmener me fait jouir à mon tour en tremblant violemment, au plus profond de lui, et sans pouvoir me retenir, sans même comprendre pourquoi j'éclate en sanglots, ma bouche collée à la sienne, mes doigts ancrés dans la peau de ses hanches que je tiens fermement.

Mon orgasme a été tellement puissant que les pleurs ont du mal à s'arrêter, j'ai du mal à arrêter de trembler et je le sens me cajoler les cheveux et l'entends me murmurer des paroles incompréhensibles mais sûrement apaisantes. Peu à peu, nos corps se relâchent et quand j'essaie de me retirer de lui il me sert contre lui un peu plus fort et demande d'une voix un peu aigue et hachée :

-Non, pas tout de suite...attends encore un peu...reste, s'il te plait, reste encore...

J'hoche la tête en signe d'accord et pose ma tête dans son cou, collant ma joue à la sienne et nous écoute reprendre une respiration normale, ce qu'on a beaucoup de mal à faire. J'ai quelques sanglots encore bloqués dans la gorge et hoquète de temps en temps, alors il resserre un peu plus sa prise sur moi. Mais mon sexe finit bien par se glisser hors de lui et je roule sur le côté en l'entraînant avec moi. Toujours blottis l'un contre l'autre, on s'endort après s'être couvert le visage de baisers, laissant nos bouches se trouver aimantées l'une par l'autre. Ma dernière pensée est la même que ce matin « voilà, c'est fini, dernière journée ensemble, dernière soirée ensemble... ».

La sonnerie insistante du réveil me tire d'un sommeil lourd et c'est à taton que je l'éteinds. L'angoisse me serre de suite le coeur quand je réalise pourquoi j'ai dû mettre le réveil pour une heure aussi matinale. J'arrive bientôt chez moi, aujourd'hui. Aujourd'hui je quitte Tom, aujourd'hui tout prend fin. Et c'est là aussi que je remarque qu'il est réveillé. Il se penche sur moi et m'embrasse :

-Salut.

-Salut.

Putain, quelle éloquence ! Il me regarde longtemps et dit :

-Bon...va falloir se lever. On va prendre une douche ?

Incapable de répondre, j'hoche simplement la tête et sans ajouter rien de plus on se lève et je le suis dans la salle de bains. J'aurai bien voulu profiter du jacuzzi une dernière fois en sa compagnie mais je sais qu'on va très bientôt arriver et franchement, j'ai pas le coeur à trop de tendresse, j'ai peur de fondre en larmes tellement je me suis levé les nerfs à fleur de peau. Je peux pas m'empêcher d'apprécier quand même toute la tendresse dont il fait part à mon égard, il me savonne, il me lave les cheveux, il me masse les épaules, le regard triste malgré les sourires qu'il me fait quand ses yeux rencontrent les miens. Moi aussi je lui fais la même chose et toujours dans le plus grand silence, on se sèche mutuellement, s'arrêtant parfois pour s'embrasser et se serrer dans les bras l'un de l'autre. Il attrape ses affaires de la veille et me dit :

-Bon, termine de te préparer, j'enfile ça et je vais dans ma chambre mettre d'autres vêtements. Tu veux que j'appelle quelqu'un pour prendre tes valises ?

-Non, c'est bon, je peux les prendre.

-Je repasse t'aider alors. Tu m'attends ?

-Ok.

Je le regarde s'habiller, il évite mon regard, le détournant rapidement quand il apercoit que je le détaille et quand il prêt il me dit :

-Voilà. Je...j'y vais alors.

Une fois de plus j'hoche la tête. Je suis sûr de me mettre à pleurer s'il reste plus longtemps. Je suis pas encore au moment des adieux et pourtant j'ai un noeud dans la gorge, un poids sur l'estomac, le coeur serré, j'ai envie de hurler, hurler ma peine, ma rage et ma frustration. Hurler que je l'aime et que je veux rester toujours avec lui. Hurler que j'ai pas envie de le quitter, que ça va plus être pareil sans lui, que ça veut rien dire sans lui, que seul lui peut m'apporter tout ce que je recherche chez quelqu'un. Mais je me contente d'hocher la tête et de tenter un petit sourire qui doit certainement ressembler à une grimaçe.

Ses yeux d'habitude noisette, comme les miens, sont étrangement sombres et sa mâchoire est serrée. Il respire un peu plus vite que d'habitude et semble nerveux. Il mordille son piercing au labret et bouge les doigts nerveusement de temps en temps. De quelques pas rapides il revient vers moi et m'attrape par la taille pour me serrer contre lui :

-Hier soir c'était...super. J'ai adoré, vraiment.

Je peux seulement lui murmurer :

-Moi aussi.

Il m'embrasse un peu et me lache bientôt :

-Bon, je me change et je reviens, ok ?

-Ok.

Ce matin ça va être vachement recherché, le vocabulaire. Il semblerait que ni lui ni moi ayons envie de parler. Moi je sais pourquoi, mais lui ? Même si je m'en doute un peu, c'est impossible qu'il m'aime autant que je l'aime, il a l'habitude de ce genre de relation de vacances, il m'oubliera vite. Plus vite et plus facilement que moi, ça c'est sûr. Parce que je sais déjà que moi, je l'oublierais jamais.

***


Plusieurs personnes sont là pour récupérer leurs familles qui arrivent en même temps que moi. Je suis sur le quai et scrute un peu partout à la recherche d'un visage connu et râle un peu :

-Putain, ça ressemble bien à Andy, ça, d'être en retard. Je lui avais pourtant donné l'heure et la date de mon arrivée et il avait promis d'être là, me dis pas qu'il a oublié, il en serait capable ce salopard !

Un rire doux se fait entendre, emballant mon coeur comme toujours :

-Bof, t'en fais pas, il va arriver, et puis ça nous permet de nous voir encore un peu.

Tom m'a accompagné sur le quai. Quand il m'a dit qu'il voulait m'aider à porter mes valises jusqu'à terre, j'étais partagé entre l'envie d'accepter et celle de refuser. Accepter parce que ça me permettait d'être encore un peu avec lui, et refuser parce que justement c'est trop douloureux. Jusqu'au bout j'aurai pas su quoi faire avec lui !

Mon regard se pose un instant sur mes valises et je souris quand je pense qu'elles sont allégées d'un poids qui me pesait. En effet, avant de les boucler définitivement, très tôt ce matin, j'ai pris tous les cadres photos de Georg et les ai enfournés dans un sachet avec le gros cendrier qui trônait sur la table basse dans le salon. Et avant de rejoindre Tom, je suis monté sur le pont, à l'endroit même où je l'ai rencontré, endroit symbolique pour moi, c'est ici que j'ai rencontré Tom, il m'a ouvert les yeux sur pleins de choses, il m'a ouvert les yeux sur les sentiments que j'avais pas réellement pour Georg, c'est ici que se terminera mon délire absurde sur Georg. J'ai pas hésité une seule seconde, j'ai inspiré un bon coup et tout balançé à la flotte. Le petit paquet a à peine flotté et s'est enfoncé dans la profondeur de l'océan, dans l'oubli, comme moi je l'ai déjà oublié. Je veux pas les ramener avec moi, je veux commencer autre chose, et ce sera sans toutes les pensées que j'avais tournées vers lui jusque là. Et c'est ici et maintenant que je trouve la force, la lucidité et la nécessité de m'en défaire. Ca y est, je me suis enfin débarassé de ce qui n'a plus la moindre importance pour moi. Le cendrier, c'est pour faire rester les photos tout au fond de l'eau, exit Georg...Et depuis, je me sens beaucoup mieux...

Je me retourne et cherche du regard encore un peu puis devant l'évidence je soupire :

-Il va m'entendre, je te jure qu'il va m'entendre !

Il attrape mon bras et m'attire contre lui. De suite, mon corps se ramollit contre le sien et une fois de plus j'inspire à fond pour sentir son parfum encore plus. Il chuchote près de mon oreille :

-Bill, je vais pas tarder à y aller.

Ma gorge se serre et mon coeur s'affole, il va me laisser. Je resserre ma prise sur lui et lui demande tout bas aussi :

-Oh non ! Attends encore un peu !

-J'ai jamais été doué pour les adieux, et là c'est...ça me fait chier, Bill, ça me fait vraiment chier...

Une voix joyeuse retentit derrière moi :

-Ah Bill, tu es là ! Désolé, je suis un peu en retard !

J'embrasse Tom furtivement sur les lèvres et me retourne. Andy vient à notre rencontre, essouflé, et à ma tristesse se mêle la joie de revoir mon meilleur ami. Il m'avait manqué, finalement ce con ! Il me saute au cou et m'étreint. Quand il me relache, son regard se pose immédiatement sur Tom qu'il regarde, étonné et curieux :

-Euh...salut !

Tom s'avance et lui serre la main :

-Salut. Tom. Un...une connaissance de Bill.

-Oh, ok ! Moi c'est Andréas, son meilleur pote depuis...depuis quand, au fait ?

Ca y est, il commence, je soupire et réponds :

-Depuis trop de temps, Andi, beaucoup trop ! Tu sais depuis combien de temps je t'attends ? Je t'avais donné l'heure de mon arrivée, jamais tu fais attention à ce que je te dis ? T'avais que ça à faire, Andi, que ça !

-Ca va, râle pas. Quand tu vas savoir le pourquoi de mon retard, tu vas être super content !

Il se penche vers moi et me dit d'un ton conspirateur :

-J'ai des tas de trucs à te dire, si tu savais ! Ah ça oui, tu vas être content !

Il excite un peu ma curiosité, là. Il sait que je vais pas pouvoir attendre et demande de suite :

-Content pourquoi ? Dis-moi tout de suite !

-C'est que les choses ont bien avancé par ici pendant ton absence !

-Les choses ? Quelles choses ?

Andi prend son temps pour répondre, certainement pour ménager l'effet du suspens, je déteste quand il fait ça. Même Tom a l'air curieux et se rapproche subrepticement de nous pour mieux entendre et après un moment de silence théâtral, Andi annonce :

-Si je te dis « Georg », ça te dis quelque chose ?

Je tressaille en entendant ce prénom et vois clairement Tom faire de même. J'hésite un peu en demandant :

-Euh...ouais, pourquoi ?

Putain, j'ai un mauvais pressentiment, il va dire quelque chose qui va pas me plaire, j'en suis sûr :

-Et bin mon vieux, ton plus grand rêve est sur le point de se réaliser ! D'ailleurs, voilà pourquoi on est en retard, il a tenu à venir avec moi pour venir te chercher et vu qu'on est retard, il m'a laissé devant l'entrée du port et essaie de trouver une place pour se garer, il nous rejoint dans quelques instants. Alors ? Tu m'embrasses pas ? J'ai pas fais du bon boulot pendant que t'étais pas là ?

OH. MER.DE !!!!!!!!! Il manquait plus que ça ! Je jette un coup d'oeil rapide et remarque le visage encore plus fermé de Tom. Il me regarde aussi mais son expression est indéchiffrable. Andi me regarde toujours en souriant, sans remarquer qu'il vient de lancer une véritable bombe dans mon décor. Je déglutis et réponds un petit :

-Ah. Cool.

Andi est étonné :

-C'est tout ? T'es pas plus content que ça ? Je m'attendais à ce que tu sautes de joie plus visiblement, moi ! Ah bin tiens, le voilà ! Georg ! On est là !

Je me raidis un peu et vois Tom le regarder s'avancer vers nous. Quand Georg arrive à notre hauteur, il s'avance directement, un grand sourire aux lèvres, malgré un air un peu gêné :

-Salut, Bill ! Content que tu sois revenu.

On se serre la main et je regarde un instant celui qui m'a fait fantasmer pendant toutes ces dernières années. Comment j'ai pu croire être amoureux de lui ? Comment j'ai pu penser une seule seconde qu'il était le seul à pouvoir me combler ? Comment j'ai pu penser ne serait-ce qu'un instant qu'il allait m'apporter tout ce que j'ai connu en trois semaines avec Tom ?

Un peu à l'ouest je fais les présentations et Tom sert la main de Georg presque avec répugnance. Ca se voit trop. Georg ne remarque rien, il est trop occupé à me détailler et parle à tord et à travers avec Andi et ils essaient de me faire participer à leur conversation, sans succès. Je suis bien trop occupé à regarder Tom dans les yeux, et j'essaie de lui faire passer tout ce que je peux à travers mon regard. Le sien est triste avec un fond de colère, on dirait. Il jette quelques coups d'oeil furtifs vers Georg et me regarde de nouveau. Je cherche quelque chose à dire qui pourrait les éloigner, j'ai besoin d'être seul avec Tom, rien qu'avec lui, une dernière fois...D'ailleurs, il prend la parole :

-Bon, je vais y aller.

Je m'écrie :

-Déjà ?

-Bin ouais, mon père m'attend certainement et tes...amis t'attendent aussi pour partir.

Non, pas déjà, il va donc partir et quoi, c'est fini ? Comme ça ? Froidement ? Je me tourne vers les deux autres et leur dis :

-Les gars, ça vous dérange pas de m'attendre à la voiture, un instant ? Faut que je parle à Tom d'un truc.

Georg demande à Tom :

-Toi aussi t'as fait la croisière ?

Tom hoche la tête sans même le regarder, les yeux toujours sur moi. Georg continue :

-Vous vous êtes connus sur le bateau, alors ?

Autre hochement de tête. Si seulement Andi pouvait dégager de là en emmenant ce con avec lui, ça m'arrangerait ! Je veux pas partir sans avoir embrassé Tom, et il me laissera jamais faire devant eux, devant Georg surtout, maintenant qu'il a compris que cet abruti s'était décidé à me prendre au sérieux. Sérieux que j'ai plus vis à vis de lui, en plus, mais ça il le sait pas encore ! Georg se tourne vers moi et demande :

-Bon, Bill, on y va ? Parce qu'après je dois aller faire des trucs, mais avant faut que je te parle.

C'est plus sèchement que j'avais prévu que je réponds :

-Faut que tu me parles de quoi, Georg ?

-Oh, de quelque chose de spécial.

Il fait même pas attention à Tom qui me regarde toujours et s'approche de moi :

-En tout cas je voulais te dire, c'est dommage que t'aies pas été là pour ma fête. J'avais prévu tout un tas de trucs, mais bon, maintenant t'es arrivé et je compte bien me rattraper.

Tom détourne enfin le regard et ses yeux se posent sur Georg. Ce dernier continue :

-On y va ?

J'avais jamais remarqué à quel point il pouvait être agaçant ce type ! Putain, il est aveugle ou quoi ? Il voit pas que je suis complètement focalisé sur Tom et que je suis à peine poli avec lui ? J'essaie de réfréner mon énervement et leur demande :

-Andi, Georg, attendez-moi à la voiture, j'arrive.

Andi semble avoir compris et est encore plus étonné. Mais sans rien dire, il empoigne une de mes valises et incite Georg à le suivre. Ils s'éloignent tous les deux mais avant, histoire d'être encore plus con, Georg prend bien soin de me lancer :

-Bon, rejoins nous rapidement, Bill, faut vraiment que je te parle. Fais vite !

Pour la première fois, Tom s'adresse à lui directement :

-Ok, on peut avoir deux minutes, là ? Il va pas s'envoler, il te dit qu'il arrive !

Georg ouvre grand les yeux et se détourne vivement pour partir, entraînant mon autre valise avec lui et suit Andi. On est enfin seuls...Et immédiatement, je lui dis :

-Désolé, je savais pas qu'il emmènerait...qu'il l'emmènerait.

-Sois pas désolé, tu savais pas. Bon. Je crois que c'est l'heure qu'on se dise au revoir ?

Ma gorge se serre de plus en plus et je sens déjà les larmes me monter aux yeux. Je voulais me retenir, faut que je tienne encore un peu. Après, je pleurerai après, mais pas là. Il fait un pas un avant et sa main se pose sur ma joue qu'il caresse tendrement :

-Fais pas cette tête-là, tu dois être content, ton Georg est venu te chercher. C'est pas ce que tu voulais depuis des années ?

-Arrête Tom, arrête de parler de ça, si tu savais comme...

-Comme quoi ?

-Putain, je sais même pas ce qu'il est venu faire !

-Ca paraît pourtant clair. Il a changé d'avis à ton sujet apparemment. Il a l'air décidé d'assumer son attirance pour toi. Depuis le temps que tu attends ça.

-Je veux pas parler de Georg. Pas maintenant. J'ai pas le temps pour ça.

-Ah ouais ? T'as le temps pour quoi, alors ?

-Pour ça...

Musique à écouter http://www.youtube.com/watch?v=v0NoHN1TU5I&feature=related

Je l'enlace, avance la tête et pose doucement ma bouche sur la sienne. J'ai l'impression que mon coeur va éclater. Je retrouve son goût délicieux, celui qui m'a fait fondre depuis le premier jour où sa bouche s'est posée sur la mienne. Je l'embrasse profondément, complètement désespéré pendant que ses bras se referment encore plus contre moi. Plus rien autour n'existe, la seule chose que j'entends, ce sont les battements de mon coeur qui cogne à un rythme assourdissant. Je sens le sien contre ma poitrine qui a l'air d'en faire autant. Ma langue rencontre presque timidement la sienne et la caresse amoureusement pendant que ses doigts remontent dans mes cheveux. Je penche alors la tête de l'autre côté et approfondis encore plus ce baiser qui a le goût de nos adieux. Une de mes mains passe sous ses dreads et vient caresser sa nuque du but des doigts et il lâche un léger gémissement dans ma bouche. Il remonte alors les mains, me caresse les bras et encadre mon visage. Jamais j'aurai cru ressentir tout ça pour une seule personne, j'ai l'impression de l'aimer pour toute une vie. A moi tout seul, je réunis l'amour de plusieurs personnes tellement c'est immense ce que je ressens pour lui.

J'oublie de respirer, il m'embrasse encore plus fort, ça devient presque rageur. Il redescend une main dans mon dos et la passe sous mon tee-shirt. Il râcle très légèrement mon dos et me fait frissonner violemment avant de me caresser entièrement, m'écrasant plus contre lui d'une pression dans le creux de mes reins. Son autre main continue de me caresser les cheveux, la nuque, la joue. Et il la redescend de nouveau pour la glisser sur tout mon bras jusqu'à lier nos doigts ensemble. Je commence à trembler contre lui. A bout de souffle, on casse le baiser en même temps et je refuse d'ouvrir les yeux. Je pose juste mon front contre le sien et respire contre ses lèvres.

Je m'écrase un peu plus contre lui et enfouis ma tête dans son cou. Je le caresse lentement de mon nez, m'étourdissant une dernière fois de son parfum, et sors le bout de la langue pour lécher sa gorge et l'entends me souffler :

-Marque-moi...laisse-moi un peu de toi, Bill...

Mes jambes flanchent et il le sent, puisque ses mains me rattrapent et me collent encore plus contre lui, on doit certainement ressembler à un seul corps, maintenant. Il redemande, plus bas :

-Marque-moi...

Et pose sa main à l'arrière de ma tête pour la masser pendant que mes lèvres se referment sur sa peau. Je me délecte une dernière fois de son goût qui va m'obséder le reste de ma vie. Mes dents pincent un peu sa peau pendant que j'aspire d'abord doucement pour le marquer, comme il le veut. Mon coeur s'emballe et la tête me tourne derrière mes paupières closes je sens tout mon monde s'écrouler à la pensée qu'il va me quitter. J'aspire plus fort en caressant de ma langue le bout de peau dans ma bouche. Il appuie sa tête sur la mienne et soupire fort et gémis doucement. Il souffle un :

-Putain, Bill...Pars pas...Me laisse pas...

Je referme un peu plus fort mes dents dans son cou et il pousse un autre de ses gémissements. Je le sens un peu dur contre mon ventre, moi aussi je le suis et sans chercher à savoir si des gens peuvent nous voir j'avance les hanches et frotte mon entrejambe contre la sienne, ce qui nous fait bander plus. La marque que je lui fais n'aura rien de discret, ce sera certainement très visible ce que je lui laisse, je m'applique à sucer sa peau, la lécher, l'aspirer de nouveau, la mordre encore...J'arrive pas à m'arrêter, je suis en train de perdre la tête, la raison et le peu de force qu'il me reste s'envole et je sens alors de l'humidité sur mes joues.

Je me détache de lui enfin et ouvre des yeux complètement aveuglés par les larmes, il garde les yeux fermés et me tend ses lèvres pour un énième baiser. J'oublie totalement que les autres m'attendent et me jette sur sa bouche que je dévore avec passion. De nouveau ses mains sont sur mon visage, mais cette fois, c'est pour essuyer mes larmes de ses pouces. Toujours en l'embrassant, j'attrape ses poignets et sens alors sa gourmette, une grosse gourmette en argent qu'il a toujours au poignet droit, s'ouvrir et elle tombe sur ma chaussure. Il s'arrête pas pour autant et laisse sa bouche jouer avec la mienne pendant encore un long moment. C'est si bon de l'embrasser, il est la meilleure chose qui aurait pu m'arriver, la plus douloureuse aussi, puisque notre histoire s'arrête là. Tom, comment je vais faire après toi, comment je vais faire pour t'oublier, comment je vais faire pour simplement vivre sans toi avec moi ?

Au bout d'un moment on finit bien par s'arrêter et il me regarde longuement. Moi je vois juste la trace que je lui ai faite dans le cou, grosse et violette, presque noire tellement j'ai sucé fort. Il m'appartient un peu plus comme ça, tout comme je lui appartiens, même si c'est déjà fini. Comme il l'a voulu, je lui ai laissé ma marque, j'aimerai qu'elle ne disparaisse jamais pour qu'il se souvienne toujours de moi, parce qu'il est indélibilement encré en moi. Son goût, son odeur, tout me sera à jamais inoubliable. Je suis devenu complètement dépendant de lui, de son corps, de ses baisers, de ses caresses, et le retour à la réalité va être dur. Je me sens mourir un peu plus...

Je sais pas quoi dire, j'ai la gorge tellement serrée qu'elle me fait mal, tout mon corps tremble et la tristesse m'oppresse la poitrine. Il se baisse un peu pour récupérer sa gourmette et pris d'une impulsion je la lui prends des mains :

-Tu...tu me la laisses ?

C'est son bracelet fétiche, il va sûrement refuser mais à mon grand étonnement il hoche la tête :

-Ok, mais donne-moi la tienne.

Sans attendre ma réponse il détache celle que je porte, qui est plus fine que la sienne mais où mon prénom est gravé dessus, et l'attache directement à son poignet. Ca nous avait fait rire d'ailleurs, sur la sienne il y a aussi son prénom...Il relève la tête et tente un sourire :

-De toute façon, on se reverra, le bateau repassera dans le coin, alors on pourrait se revoir, non? Comme ça, si jamais l'envie te prend de la récupérer...

Si seulement c'était vrai...Je lui souris aussi et dépose un baiser léger sur ses lèvres :

-Tu sais très bien qu'on se reverra jamais, Tom. Mais tu peux la garder, je garderai aussi la tienne.

Je l'embrasse de nouveau, j'arrive pas à m'arrêter d'effleurer sa bouche, de la goûter encore et encore, comme si je la découvrais pour la première fois, mais surtout, parce que c'est la dernière fois...

-Je t'oublierai jamais, Tom, jamais...

-Moi non plus...

Puis il recule la tête et me lance d'une voix un peu exaspérée :

-Putain, pourquoi tu me laisses pas te dire que...pourquoi tu...

Mais il se tait. Je sais je pense, je crois que j'ai compris. Mais je veux pas qu'il le dise, pas quand il est en train de me dire au revoir, ou plutôt adieu. Je m'en remettrai pas. Je secoue la tête et attrape sa main pour la poser contre mon coeur, pour lui faire sentir à quelle vitesse il bat, comment il cogne fort, tout ça juste pour lui. Il comprend, surtout grâce à ce que je dis simplement :

-Moi aussi...

Il hoche la tête et me dit :

-Bon, il faut que tu y ailles, on t'attend.

A mon tour d'hocher la tête. Je vais pas pouvoir partir, pas sans lui, j'y arrive pas, je me sens mourir, j'ai mal physiquement, moralement surtout, je m'en relèverai jamais. En trois semaines, il m'a apporté tout le bonheur et tout le plaisir que le monde entier recherche en toute une vie. Tom, ma rencontre hasardeuse et qui pourtant a tout bouleversé...à jamais...

-Ok, je...je vais y aller. Bon bin...aurevoir, Tom.

Il me fait un sourire, un semblant de sourire et pourtant il est toujours aussi beau, j'arrêterai jamais de le trouver beau, tout est beau chez lui, son corps, son coeur, son âme, tout...Il me sourit et me fait un signe de la main :

-Salut, Bill...

Dernier regard et parfaite synchronisation pour nos deux corps qui se recollent de nouveau l'un contre l'autre, comme aimantés, pour un baiser encore plus violent, désespéré, je suis déchiré...

Et quand le baiser s'arrête il me tourne directement le dos sans plus me regarder et enfonce ses mains dans ses poches en baissant la tête. J'entends qu'il me lance :

-Euh...Bon...Ok, j'y vais...Bonne continuation pour tout, Bill, c'était...

Sa voix se casse un peu et je bouge toujours pas :

-C'était cool de te connaître. Salut...

Avant que j'ai le temps de répondre quoi que ce soit, en quelques grandes enjambées il disparaît de mon horizon, de la même façon qu'il y est entré, brutalement...Mes doigts effleurent mes lèvres qui ont encore son goût et je réponds tout bas, même si je sais qu'il ne m'entend plus :

-Adieu, Tom...Adieu, mon amour...

Tom est définitivement parti...

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Comments :

  • DarkAngel917

    07/03/2013

    Voila comment faire pleurer n'importe quelle fille, c'est trop beau mais tellement triste!!! :|

  • chaos87th

    12/08/2011

    Pourquoi il faut qu'ils se séparent si brutalement.
    Je verrais bien Tom redescendre du bateau, courir après Bill et lui promettre de rester avec lui. Et tout ça devant Georg pour qu'il comprenne que Bill n'en a plus rien a faire de lui.

  • Pucca97217

    15/09/2009

    Sniiiifff leur dernière fois etait tellement belle pleine de l'amour qu'il ne veulent pas s'avouer.
    Faut pas vous quitter comme sa je c'est pas moi crier vous que vous vous aimer.
    Noooooooooooooooonnnnnnnnn c'est trop triste pourquoi pourquoi pourquoi il se quittent comme sa!!!!!!!

  • auro-fanart

    28/08/2009

    Mon cœur est brisé là!!! sniff...

  • BillKaulitzBlogfic

    23/08/2009

    C'est inhumain de faire pleuré ainsi. XD

  • Ah-t0miik-x3

    31/07/2009

    Putain j'vais pleurer tellement c'est trisme ton histoire làà é_è ><

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    é_è

  • Zerstorerische-Ferien

    06/06/2009

    Putain j'ai la gorge nouée et le ventre dans tout les sens tellement c'est triste >;<

  • Binoouh

    04/06/2009

    C'est limite si j'éclate pas en larme!
    Avec les chansons et les adieux et .... tout!
    Mon dieu! Jmen remettrais pas!

  • tom-th-tom

    22/03/2009

    je me nois dans mes larmes là T_T

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