[Fiction] La croisière - Epilogue (1/2)

Ca doit être le centième soupir que je pousse. Le paysage défile et jamais il ne m'a paru aussi lugubre. Personne ne parle dans la voiture, j'ai pris place à l'arrière et je fais la gueule, ouvertement. Andi me jette bien quelques coups d'oeil, dès fois, et Georg, bin lui il a bien essayé de faire la conversation, mais a vite laissé tomber quand il a vu que j'allais pas répondre pendant un bout de temps.

On arrive en bas de chez moi et finalement, Georg nous dit qu'il peut pas rester plus longtemps. Il explique en me regardant d'un air accusateur que :

-T'as pris tellement de temps à parler avec l'autre, là, que maintenant je dois y aller. J'ai plus le temps de te parler, mais je reviendrai ce soir, si tu veux.

Si je veux ? Putain, j'éclate de rire tout de suite ou alors je le laisse démarrer avant ? Je l'ai attendu quoi, des années et il pense que d'un coup, parce qu'il est décidé, je suis dispo ? Ouais, viens donc me parler ce soir, toi, qu'on rigole un peu...Tu vas être bien reçu !

Ok, inutile de passer ma mauvaise humeur sur tout ce qui bouge. Tout ça parce que...parce que Tom. Alors j'essaie de récupérer un minimum de politesse qui devait me rester dans le fond de la gorge et lui dis :

-Est-ce qu'on peut se voir demain, plutôt ? Parce que je suis fatigué, je vais récupérer un peu, et j'ai peur de dormir encore quand tu vas passer.

Andi ouvre grand la bouche sous l'étonnement, normal, avant de partir Georg m'aurait dit ça, j'aurai...je serai déjà en train de le tirer par le fond du pantalon dans les escaliers. Là, je veux juste qu'il s'en aille. N'empêche, il a l'air supris lui aussi. Mais il dit rien de plus et après avoir enlevé mes valises de son coffre, il nous salue et repart. On prend chacun une valise, avec mon pote et nous voilà bientôt devant mon appartement.

Ca sent le renfermé, c'est sombre, ça veut rien dire. Tout est moche et lugubre sans Tom, ça va être super, je sens. Je m'affale dans le fauteuil et après m'avoir regardé bizarrement, Andi va ouvrir un peu partout et revient s'assoir en face de moi :

-Alors, raconte !

Je m'affale encore plus, ferme les yeux et grogne un :

-Y a rien à raconter. C'était cool.

-Dis, m'oblige pas à te tirer les vers du nez. Raconte-moi. C'était qui le gars avec toi ?

-Tom.

-Ouais, ça j'avais compris. Tom et ?

-Bin Tom et puis c'est tout, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? J'étais sur le bateau, on a fait connaissance, on est revenu, il m'a aidé pour mes valises, voilà, fin.

-Fais pas chier, tu fais la gueule depuis que t'es monté dans la voiture, tu crois que j'ai pas vu comment tu le regardes, t'es sorti avec lui pendant la croisière ?

Ah, voilà, sortir...On appelle ça comment, ce qu'on vient de vivre ? Parce que je me vois mal lui dire « oh sortir, non, couché oui, tout le temps, souvent, tous les jours... » putain...
Alors je réponds simplement :

-Ouais, on est sorti un peu ensemble et là c'est fini. Bon, je vais me changer, après je vais dormir.

-Me fous pas dehors maintenant, de toute façon je partirai pas. Allez, raconte-moi, je vois bien que tu vas pas bien, Bill. T'es tombé amoureux de lui ?

Pendant un instant je dis plus rien. J'ai pas envie de parler de ça. J'aimerais garder tout ça pour moi, partager ça avec personne, que ça reste mon histoire à moi, mon secret à moi, ma blessure à moi, en parler, c'est comme s'assurer que la blessure est là. Mais Andi reprend la parole :

-Ok, t'es tombé amoureux de lui...Bin ça alors ! C'est pour ça que Georg t'intéresse plus ? Parce que j'ai bien vu que t'étais pas emballé plus que ça quand je t'ai dis qu'il était venu avec moi.

-Désolé.

-Pfff...Tu veux pas essayer de dire plus d'un ou deux mots, pour voir ? Je comprends aussi les grandes phrases !

Je souris un peu, ce con arrive toujours à me faire rire, tant mieux. Mais j'aimerais éviter de parler de ça maintenant. Alors je lui dis juste :

-Ecoute, c'est vrai, je...suis sorti avec Tom, et c'était génial, et c'est vrai aussi que Georg, ça me dit plus rien, plus rien du tout. Et autre vérité, ouais, c'est à cause de Tom, parce que putain, je l'aime ce mec, à en crever, mais j'ai pas trop envie d'en parler maintenant, je suis fatigué, j'ai pas la tête à ça, alors si tu veux bien, on en parle un autre jour. De toute façon, avec Tom c'est fini maintenant, point barre. Chacun chez soi, et les vaches seront bien gardées. Voilà, pour les grandes lignes. Les détails, ce sera dans un prochain épisode.

Heureusement Andi comprend, il change de conversation et me donne des nouvelles de nos amis, me raconte dans les grandes lignes deux trois trucs qui se sont passés pendant mon absence. Je l'arrête quand il va pour commencer à me parler de Georg et de son soudain revirement de situation. Il finit par me laisser et on s'étreint en se promettant de se revoir le lendemain. La porte à peine fermée, je suis déjà en train de penser à Tom.

Je réalise soudain que j'ai même pas pris son adresse, un numéro quelconque, même pas une adresse mail, rien ! Il a rien de tout ça de moi non plus, c'est con ! On aurait pu se donner des nouvelles, se parler un peu par le biais d'internet, et là non, on fera rien de tout ça, putain de parenthèse bien refermée !

Rageusement, je rejette l'idée de défaire mes valises et vais m'allonger directement. J'ai rien prévu pour aujourd'hui. Avant de partir, j'avais prévu de passer cette journée avec Andi en arrivant, lui raconter combien cette croisière était merdique, en rire avec lui et chercher un nouveau plan d'attaque pour attirer Georg un peu plus. Là, je me retrouve roulé en boule sous ma couverture, encore habillé, à essayer de me persuader que l'odeur de Tom est encore sur moi. Je me remémore quelques moments où j'étais encore avec lui et de force finis par m'endormir.

Et j'ai dormi toute la journée. J'ai lu une fois que la tristesse et la dépression, ça fait dormir tout le temps, je dois être bien atteint. Quand je me réveille, ma première pensée c'est « aller retrouver Tom » et alors, je me rappelle que Tom, c'est fini, je suis chez moi. L'angoisse m'étreint et j'ai l'impression que je vais pas pouvoir le supporter.

Je roule sur le dos et fixe le plafond, tout ce à quoi je peux penser tourne autour de Tom, et si j'avais fait une connerie ? J'aurais dû le lui dire, que je l'aime, j'aurais dû écouter ce qu'il avait à me dire, peut-être qu'on aurait pu trouver une solution, ensemble ? Je ferme les yeux sous la déception et déglutis plusieurs fois pour avaler la grosse boule qui m'empêche de respirer correctement. Mon esprit divague tout seul, l'image de Tom me revient, son sourire, la façon qu'il a de mordiller son piercing quand il est nerveux ou inquiet ou même énervé. Ses yeux...ses yeux surtout, qu'il posait sur moi, me caressant doucement avec...j'adorais ça, il me déshabillait d'abord du regard, avant de le faire avec les mains, rien qu'avec son regard, je frissonnais...

Rien à voir avec les yeux globuleux de Georg. Ok, il a pas les yeux globuleux, c'est encore de la mauvaise foi, mais il m'a jamais fait le même effet que Tom. Avec Tom c'est...c'était tellement évident ! Et il m'aimait aussi, sûrement. Je l'ai pas rêvé, je me suis pas imaginé tout ça, les expressions de son visage quand il me faisait l'amour. Tout ce qu'il me murmurait pendant qu'il me prenait, tout ce qu'il m'a dit encore quand à mon tour je lui ai fait l'amour.

Mon coeur se serre un peu plus quand je repense à ce moment unique, le moment où il s'est donné à moi. Et ça me fait penser vaguement à une conversation qu'on a eu, au lit. On parlait de notre sexualité, il m'avait confié avoir toujours été le « dominant » et comme un coup de poignard, une de ses paroles me revient en mémoire, en pleine gueule, même :

-Non, moi j'ai jamais été dominé. Le jour où je laisserai ce contrôle à quelqu'un, c'est que pour moi, ce sera LA personne, la bonne, la seule. Celle que j'aime plus que tout, celle pour qui je pourrais crever. Celle que je quitterai jamais...

Et d'un coup je me redresse sur mon lit, choqué ! Putain ! Comment j'ai fais pour passer à côté de ça ? Je réalise alors qu'il m'a donné sa première fois, comment j'ai pu oublier ce dont on avait parlé ? Je devais être tellement étonné, nerveux, excité aussi comme toujours quand je suis avec lui, qu'il me demande de le faire, que je me suis plus rappelé que ça allait être sa première fois, et au vu de ce qu'il a dit, son Unique personne...c'est moi ?! Je me lève rapidement et attrape mon portable pour appeler Andi, vite, avec un peu de chance on peut arriver à temps au port, il sera encore là. Le bateau devait repartir ce soir, mais j'ai pas fais attention à l'heure qu'il m'a donné, tellement je voulais pas entendre parler de ça. Peu importe le reste maintenant, putain, j'ai encore plus de raisons de croire qu'il m'aime et je veux vraiment pas passer à côté de tout ça. J'ai été con, très con, plus que con, comment j'ai pu le laisser partir ? Il m'aimait, putain, pour de bon ! Il a dû penser à ce seul moyen, vu que j'ai pas voulu le laisser dire !

Il est très tard et Andi met un peu de temps à répondre. J'insiste et il finit par décrocher la voix pâteuse et j'arrive juste à lui demander en essayant de ne pas lui éclater les tympans :

-Vite Andi, viens me chercher, emmène-moi...Le port...Tom...Vite, je t'expliquerai...Viens tout de suite !

J'ai dû lui faire peur parce que le temps pour moi de me recoiffer vite fait, lisser rapidement de ma main mes vêtements et me voilà en train de courir dans les escaliers pour rejoindre mon pote qui est déjà en bas, il habite pas loin heureusement, toujours en pyjama et l'air effaré. Il me regarde de haut en bas quand je saute à côté de lui et il demande anxieusement :

-Quoi, bordel, qu'est-ce qu'il y a ? J'ai cru que tu faisais un infarctus ou un truc du genre, putain ! Jamais me fais plus ça !

-Ok, démarre, démarre, emmène-moi au port, faut que je retrouve Tom le plus vite possible, magne !

-Mais qu'est-ce qui se passe ?

-Faut que je le voie, faut que je lui dise que...je peux pas le laisser partir ! Dépêche-toi, tu roules trop doucement ! Putain, donne je vais conduire ! Mais vas-y, me regarde pas, regarde la route et accélère moi ça !
-Hey, ça va, doucement ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

Je suis complètement hystérique :

-Faut que je le rattrape, Andi, il peut pas partir, je peux pas le laisser faire ça, il...on s'aime vraiment !

-Ah parce que jusque là, tu le savais pas ?

-Si, moi ça fait longtemps que je sais, pour moi. Mais...ce serait trop long à te raconter, Andi. Tu peux pas aller plus vite ?

-Je fais aussi vite que je peux, disons que j'aimerai pas qu'on finisse par se faire arrêter pour excés de vitesse, et je sais pas faire voler la voiture sinon, tu penses bien qu'on serait déjà arrivés ! Arrête de t'exciter comme ça, tu me stresses ! Le bateau devait repartir quand ?

Ma voix s'étrangle en répondant :

-Ce soir-même ! Je sais pas à quelle heure...Putain, pourvu qu'on arrive à temps, faut pas qu'il parte sans savoir...Oh, je suis trop con, trop con ! Pourquoi j'ai attendu, pourquoi j'ai pas voulu qu'il...Comment j'ai pu oublier que...

Je continue de me lamenter à demi-mots, Andi a arrêté de me demander de quoi je parle. On arrive à peine que je sors déjà de la voiture et heureusement pour moi, l'endroit où était ancré le Gigantic n'est pas surveillé. Je cours, Andi à ma suite, râlant d'être en tenue de nuit. On croise aucune personne, et j'arrive rapidement sur le quai. Là, je me fige, paralysé...plus de bateau. C'est pas possible, je dois rêver, j'ai dû me tromper ! Je tourne un peu sur moi-même mais aucun doute, le bateau est déjà parti. Et comme pour me narguer, je vois ses lumières, loin dans l'océan. Ca devait pas faire si longtemps qu'il était parti alors...

Je remarque à peine qu'Andi arrive derrière moi, je sens vaguement qu'il pose une main sur mon épaule. Ma vue se trouble, même les lumières du bateau, qui ressemblent à de petites loupiottes, je les vois plus, complètement aveuglé par mes larmes qui coulent en abondance. Je me laisse glisser à genoux sur le sol dur et froid et gémis plaintivement des :

-Merde ! Trop tard ! Il est parti, putain, il est parti...Merde, alors c'est fini ? Il saura jamais...

Andi me relève doucement et me serre contre lui, je suis trop sonné pour faire quoi que ce soit. Il murmure des paroles de réconfort mais je me sens glacé à l'intérieur. J'entends qu'il me chuchote :

-Shhht...Allez, Bill, ça va aller...Calme-toi, je suis là, ok ? Ca va aller...On essaiera demain de faire en sorte de...on essaiera de trouver un moyen de le contacter, ok ?

-Trop tard, Andi, trop tard...C'est fini, vraiment fini...pour de bon...

Je m'en veux, je me hais, je hais ce putain paquet de céréales qui a tout bouleversé, je hais ce foutu destin qui m'a fait le rencontrer, être aussi heureux et amoureux pour mieux me briser après. Je hais mon égoïsme, ma lâcheté, ma connerie sans bornes, ma peur, mon entêtement à croire que ne pas lui parler aurait été mieux pour nous deux...Parce que pour la deuxième fois aujourd'hui, je perds Tom, aprés avoir réaliser qu'il m'aimait et que ça aurait pu, ça aurait dû être différent...

Je fixe encore la mer jusqu'à ce que les lumières disparaissent et on reprend le chemin pour rentrer à la maison. J'étais sûr d'arriver à temps, je serais monté sur le bateau, je l'aurais cherché, je me serais jeté à son cou...Putain, ça sert à rien d'imaginer tout ce que je lui aurais fait si j'avais été moins nul. Comment me pardonner après ça ?

Andi me dépose devant chez moi, et c'est complètement hagard, anesthésié, mort même à l'intérieur, que j'entre chez moi, sûr d'être maudit. Maintenant, qu'est-ce que je vais bien devenir ? Comment est-ce que je vais survivre ? J'en sais foutre rien...je sais juste qu'il va falloir continuer d'avancer, si je peux, avec ces souvenirs, ces regrets, un amour immense à l'intérieur de moi et le prénom de Tom à jamais gravé dans mon coeur...

(Exceptionnellement POV de Tom)

Trois mois. Trois longs mois ont passé et je me sens...fébrile, nerveux, anxieux, heureux aussi, enfin je crois. J'ai envie de vomir. J'ai les mains moites et la tête qui me fait mal. Est-ce que j'ai pris la bonne décision ? A cette question, une seule réponse, un seul visage, un seul sourire...Bill. Et je sais que j'ai eu raison.

J'avais plus envie de continuer comme ça, il fallait que je le revoie, à tous prix. Cette fois-ci, qu'il le veuille ou non, il écoutera ce que j'ai à lui dire, parce que je refuse de continuer le reste de ma vie à me demander ce que ça aurait donné lui et moi. Bon sang, ce qu'il me manque, depuis que je suis reparti, je vis plus, je survis.

Je me souviens encore de cette croisière qui a changé tellement de choses pour moi, ma rencontre avec un certain brun qui avait l'air malade sur le pont. Je l'avais vu de loin et avais été intrigué par son style. J'avais juste voulu faire la conversation et j'ai croisé son regard noisette. Il m'a plu, tout de suite. Et je savais pas dans quoi je me lançais, à vouloir faire mon joli coeur avec lui. J'ai joué et j'ai perdu. Jamais une aventure ne m'avait touché à ce point. Jamais personne avant lui ne m'avait fait envie à ce point, jamais j'avais aimé comme ça, tout simplement.

J'ai voulu le lui dire un bon million de fois, mais depuis que j'ai entendu sa conversation avec Gus, j'ai voulu respecter sa décision. Moi-même je savais pas trop quoi faire. J'avais une vie avant lui, des tas de projets que j'ai toujours, des tas d'envies...mais la plus forte c'est celle d'être avec lui. Ma vie est vide de sens depuis que je suis reparti et que je l'ai laissé en Allemagne.

Alors j'en ai eu marre, j'ai fais la seule chose qui me paraissait censée, j'ai fouillé dans les affaires de mon père, dans ses dossiers, sur le bateau et retrouvé l'adresse de Bill. Je vais aller le voir, et il va m'écouter, jusqu'au bout. Je peux pas croire qu'il ne m'ait pas aimé, il me l'a même dit, le soir où il était si bourré, ce fameux soir où il m'aurait vu avec Lara. Bien-sûr, je lui ai pas dit de tout ce dont on a parlé, il en aurait été trop choqué, trop mortifié, il avait tellement peur de ses sentiments, de les dire, d'entendre les miens. Tout ça, parce qu'on allait être séparés aprés...En même temps, je le comprends, quelle solution on aurait trouvé ? On se connait à peine, finalement, j'allais quoi, lui demander de tout plaquer ? Ou tout plaquer moi-même ? Combien de fois je me suis posé toutes ces questions ! Et j'avais peur, moi aussi, peur que malgré tout, son Georg, il en soit toujours amoureux et que cette croisière l'a juste distrait un peu en attendant qu'il le retrouve. Comment j'aurais fait ? Où est-ce que j'aurais habité ? J'y ai tellement pensé à tout ça et depuis j'y pense toujours, j'ai continuellement dans la bouche un goût amer, le goût de mon regret de ne pas lui avoir parlé malgré tout.

J'ai essayé de me persuader que c'était fini, et bien fini, et que j'allais reprendre ma vie là où je l'ai laissée. Et l'aprés-Bill ça a été terrible, horrible, je savais même pas que j'en étais amoureux à ce point ou alors j'ai voulu ignorer. J'ai aimé faire cette croisière avec lui, ce qui avait commencé par de fabuleuses parties de baise s'est transformé en dépendance totale. Je sais même pas quand ça a commencé, je sais juste que rapidement je me suis rendu compte que j'y étais attaché. Il m'a jamais vu le regarder dormir, je faisais que ça, comme un con, complètement émerveillé. Rapidement, je le baisais plus, je lui faisais l'amour, je m'abandonnais totalement, je le sentais dans le même état et ça me bouffait de pas pouvoir le lui dire.

Quand je ferme les yeux, c'est lui que je vois, souriant, riant, parlant de tout et de rien. Je le revois sous moi, complètement tremblant dans mes bras, mon état étant pas meilleur, gémissant et se mordant la lèvre parce qu'il aime ce que je lui fais...putain, depuis je suis devenu fou, complètement fou. Depuis que je suis rentré, j'ai même pas essayé d'avoir une relation avec quelqu'un, je m'en sens incapable. Moi pourtant si libre, si coureur, comment il a fait pour m'accrocher à ce point ?

Alors l'avenir, mon avenir ce sera lui, ou ce sera rien. Je vais le rejoindre pour lui dire tout ça et advienne que pourra. Je sais même pas s'il a déménagé, s'il veut de moi, s'il a quelqu'un dans sa vie maintenant. Je sais juste que je le veux, lui et seulement lui, et qu'il y a pas si longtemps, il avait l'air de vouloir la même chose alors à moins qu'il me dise le contraire lui-même, je refuse de croire que ça a changé.

Et surtout, il a été le premier que j'ai laissé me dominer, on en avait parlé une fois, mais il semble qu'il n'y ait pas prêté plus d'importance que ça. Mais moi, j'oublierai jamais. Son visage me hante constamment, je revis sans cesse le moment où il m'a fait l'amour, l'expression qu'il avait...Je l'aime tellement que j'aurai accordé ce droit à personne d'autre, et je regrette pas de m'être donné à lui, ça a été comme j'avais prévu, intense, troublant, tellement plus que bon...L'avoir en moi, le sentir me prendre avec force et douceur mélangées, me faire jouir puissamment par ses coups de reins enivrants, le sentir en transe sur moi et en moi, le sentir jouir tellement fort qu'il en a pleuré et tremblé sans pouvoir s'arrêter et me tenir contre lui, complètement enivré avec une seule envie, celle qu'il me possède de nouveau. Voilà où j'en suis, les pensées bousculées, le coeur battant, dans un taxi qui me mène à l'appartement qui va m'accueillir pour deux semaines. Parce que j'en ai eu marre, j'ai donc pu trouver son adresse et il y a un mois et demi de ça, j'ai décidé de venir, pendant mes vacances. Mais j'allais pas venir dans le vide alors par le biais d'internet j'ai trouvé une location saisonnière, un meublé, et je vais rester en Allemagne, dans la ville où Bill habite et ce, pendant deux semaines. Aprés on avisera. Quand je l'aurais revu j'en saurai plus.

Putain, ce que je peux être nerveux...pour la centième fois ou plus je tripote sa gourmette qui est devenue la mienne, qui ne me quitte plus depuis. J'ai donné l'adresse au chauffeur et il me dit qu'on est bientôt arrivés. Je connais pas l'endroit, pas du tout, je sais juste que bientôt je serai en face de lui, pourvu qu'il m'aime, c'est tout ce que j'espère. Et si c'est pas le cas, j'aurais au moins essayé. Après je pourrai me laisser crever. Parce que sans lui, ça a pas de sens et je refuse d'y penser.

Trois mois que j'attends ce moment, trois mois que j'en crève de plus le voir, de plus sentir son odeur qui me rend fou, de plus le toucher, toucher sa peau qui m'a rendu dingue dès la première fois, trois mois invivables sans lui. Je me demande comment j'ai fais pour y arriver jusque là !

Le chauffeur s'arrête devant un immeuble et je comprends qu'on est devant chez Bill. J'ai préféré venir ici en premier, si tout se passe bien, on ira déposer ma valise au studio que j'ai loué, ne connaissant pas la ville j'aurais été emmerdé après pour trouver l'adresse de Bill. Je regarde partout autour de moi, c'est une jolie ville, j'avais pas remarqué tellement pris dans mes pensées.

Je repère immédiatement son nom sur la boîte aux lettres et prend l'ascenceur jusqu'au 5ème étage. C'est là qu'on va rire, il va ouvrir la porte et me voir derrière avec ma valise, putain, il va prendre peur ! Je décide alors de laisser ma valise dans le couloir, près de l'ascenceur y a une porte où se trouvent les escaliers de secours. J'y dépose ma valise et vais jusque devant la porte de Bill. Voilà, on y est.

J'ai le coeur qui bat encore plus vite, j'ai la trouille de ma vie. Avant de frapper, j'ai le réflexe stupide de baisser la tête et m'inspecter une dernière fois. J'ai voyagé toute la nuit, je suis crevé, je dois avoir l'air froissé comme mes vêtements mais plus que tout, j'ai envie de voir, le serrer contre moi, lui dire que je l'aime et l'écouter me dire la même chose. Ca va marcher, il faut que ça marche. Je sais pas ce que je vais faire si jamais il veut pas de moi. Mais j'ai d'un coup le flash de son visage si beau et le coup que ça me porte au coeur me fait comprendre une fois de plus que j'ai raison d'essayer.

Je sonne. Quelques secondes aprés, aucune réponse. Putain, il manquerait plus qu'il soit pas là, ou que quelqu'un d'autre ouvre la porte, son petit ami par exemple, ou un étranger qui aurait pris sa place parce qu'il aurait déménagé, ou même, je suis peut-être trompé d'adresse. Non, je déraille, c'était bien son nom sur la boîte aux lettres en bas. Je sonne encore et je reconnais sa voix de l'autre côté qui crie :

-Ouais, ça va, ça va, je viens !

Mon coeur s'accélère, putain, on y est pour de bon...

La porte s'ouvre et je reste paralysé par la peur pendant que ses yeux se posent sur moi, indifférent, et qu'il dit :

-Oui ?

Je sais pas quoi dire, il est juste...beau, magnifique, exactement comme dans mon souvenir avec peut-être l'air un peu plus fatigué. Je note rapidement qu'il est pied nus, habillé d'un tee-shirt et d'un bermuda uniquement. Ses cheveux sont mouillés, preuve qu'il sort à peine de la douche et son visage est dénudé de maquillage. Et lentement, je vois dans ses yeux qu'il commence à me reconnaître, à réaliser que je suis là. Ses yeux s'ouvrent grands, sa bouche aussi, il trébuche un peu et s'accroche à la porte d'entrée comme s'il allait tomber, je peux même voir sa main trembler sur la poignée. Je rirai, si j'étais pas aussi ému moi-même. Il cligne des yeux et souffe d'un ton hésitant :

-Tom ?

Je tente un minuscule sourire et réponds simplement :

-Bin ouais, c'est moi.

Tout le reste doit prendre quoi, cinq secondes à peine, parce que j'ai à peine le temps de finir ma phrase qu'il est déjà dans mes bras, me bousculant jusqu'à presque me faire tomber par terre, sa bouche partout sur mon visage, mes mains partout dans son dos. On se serre fort, je crois même qu'il doit être en train d'étouffer dans mes bras, mais je le lâcherai pas, je le lâcherai plus...Je respire de nouveau, il est apparemment aussi content que moi, de me voir. Il arrête pas de répéter entre chaque baisers qu'il dépose sur tout mon visage :

-Oh putain, Tom...Bon sang, c'est bien toi ? J'arrive pas à y croire...

Et soudain il se détache de moi et recule un peu :

-Oh désolé, désolé, je...je voulais pas te sauter au cou de cette façon !

Il rit mais ça a l'air nerveux. Il s'écrie :

-Oh, mais entre, Tom, entre donc ! Avec tout ça, j'oublie de...entre !

-Euh...

Il avait déjà reculé pour me laisser passer, fronce les sourcils immédiatement quand il voit mon hésitation et demande :

-Quoi ? Tu veux pas entrer ?

-C'est pas ça mais...

Comment je peux lui dire que je suis là avec ma valise, que je peux décemment pas laisser dans les escaliers ?

-Bin...c'est que j'ai...ma valise et elle est...euh...

Il ouvre les yeux, étonné et me coupe en ordonnant :

-Va la prendre.

Alors j'hésite plus et me détourne de lui pour aller la chercher derrière la porte où se trouvent les escaliers. Quand je reviens, il m'attend encore à la porte et m'avait regardé aller la prendre. Il referme la porte derrière nous et m'invite à m'assoir. On se regarde en souriant et je me lance enfin :

-J'avais pas moyen de te prévenir que je venais. Enfin, si, mais je voulais te faire la surprise. J'ai...loué un studio, je me souviens pas du nom de la rue, mais j'ai l'adresse marquée sur un papier. Je vais rester trois semaines, en fait je suis en vacances et je voulais te revoir.

-C'est une super surprise. Tu as eu raison ! Mais tu aurais dû me prévenir, ça t'aurais évité de louer quelque chose, tu serais resté ici !

-Non, je voulais pas te déranger, je savais même pas si...j'avais peur que...

Il semble comprendre mon hésitation et me rassure immédiatement :

-Non, j'ai personne. Et j'ai de la place chez moi. Alors comme ça, tu es venu...

J'hoche la tête. Il va falloir tout lui dire maintenant et je réalise encore plus que j'en ai envie, rien ne pourra plus m'arrêter. Il est encore plus beau que dans mes souvenirs, son regard ne me lâche pas, son sourire est immense et sa joie est visible. Tout ça me rassure et m'encourage à me lancer. Je vais pour prendre la parole mais il se lève d'un coup et s'exclame :

-Tu veux boire quelque chose ? J'ai besoin d'un truc là, pour m'en remettre !

-Ouais, si tu veux. Je prendrai ce que tu as, la même chose que toi.

-Bon, je vais aller chercher ça.

Il sourit encore et se dirige vers sa cuisine. Je l'entends s'affairer et il me manque déjà. Je me lève à mon tour et le rejoins dans la cuisine. J'arrive doucement, il est dos à moi debout devant l'évier, il prépare un plateau où il dispose deux verres dessus. J'approche toujours doucement et il sursaute violemment quand ma main se pose sur son épaule. Je lui souffle doucement :

-Tu veux de l'aide ?

Il secoue la tête mais reste dos à moi. Je pose mon autre main sur l'autre épaule et le masse doucement avant de le retourner face à moi. Son visage et son cou sont rouges, il baisse les yeux et se mord la lèvre. J'entends à peine qu'il demande :

-Tom, dis moi...pourquoi tu es venu ?

Je penche la tête pour essayer de capter son visage mais ses yeux fixent obstinément le sol, derrière moi. Je relève son menton de mon index et plonge mes yeux dans les siens :

-T'as toujours pas compris ?

Je pose alors mes mains sur son visage pour l'encadrer, je veux qu'il me regarde quand je vais le lui dire, je veux qu'il voit à quel point je suis sincère, qu'il voit dans mes yeux en même temps que ma bouche va le lui dire. Il pose ses mains sur les miennes, je les sens trembler et je me lance :

-Je pouvais pas rester plus longtemps sans toi. Ces trois derniers mois, j'ai fais que ça, penser à toi. J'arrive pas à t'oublier, je veux même pas essayer Bill, ça...ça m'est impossible de continuer sans toi. Je sais ce que tu penses de nous deux, mais j'ai pris quand même le risque de venir te le dire.

Sa voix est hésitante, douce et sa respiration saccadée quand il demande :

-Me...me dire quoi ?

Je prends mon temps pour le regarder encore. Regarder tout, son visage si magnifique, si parfait, ses traits si fins, sa bouche pulpeuse qu'il n'arrête pas de mordiller et qui tremble un peu, ses yeux qui m'interrogent :

-Je suis venu te dire que...que je t'aime Bill. Je t'aime. Sans toi, ça a aucun sens, c'est invivable. Je t'aime et je te veux, je veux être avec toi. Il m'a semblé que tu ressentais un peu les mêmes choses que moi, alors à moins que tu me dises le contraire, je crois vraiment qu'on devrait essayer.

Il a un vertige puisque je le vois dériver légèrement mais il se reprend, ferme les yeux et souffle :

-Re...redis le...

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Comments :

  • Vie-amours-emmerdes-du14

    28/12/2011

    j'adore l'épilogue =)

  • chaos87th

    13/08/2011

    J'ai bien cru qu'il n'allait rien se passer.
    Ce qu'il a été long Bill essayer de revoir Tom.
    Heureusement que celui-ci a chercher à le revoir sinon ils en seraient encore à se morfondre de ne plus être ensemble.

  • Pucca97217

    15/09/2009

    Ah oui sa sent la mauvaise foi mon Bill.
    "Non,moi j'ai jamais été dominé.Le jour où je laisserai ce contrôle à quelqu'un,c'est que pour moi,ce sera LA personne,la bonne,la seule.Celle que j'aime plus que tout,celle pour qui je pourrais crever.Celle que je quitterai jamais" Et c'est maintenat que tu réalise sa mais merde!!
    Merde merde et remerde la c'est sur je fonds en larme pourquoi il aurat fallu quelque minute et il seraient arriver à temps.
    Oh Tom il a entendu leur conversation.
    Waouw j'ai le sourire comme le chat dans alice au pays des merveilles quand Tom dit a Bill qu'il l'aime.

  • auro-fanart

    28/08/2009

    C'est vraiment trop mignon comme fin!!
    Elle est si belle cette histoire, j'ai adoré, tu écris divinement bien!!!
    Et j'aime bien, eu lieu de répondre "je t'aime", il lui répond "redis-le", c'est tellement adorable!!!
    J'adooooooooooooooooooore!!

  • BillKaulitzBlogfic

    23/08/2009

    Tom toujours plus courageux que Bill. XD J'aime beaucoup ! [et je passe à la dernière suite. :'(]

  • blidin

    18/08/2009

    C'est trooooooooooop mignon *.*
    J'étais persuadée que la fic allait se finir par le naufrage du paquebot ^^ Ouf, la fin est beaucoup plus heureuse !!!

  • Ah-t0miik-x3

    31/07/2009

    Ohoh *-*
    Trop beau la déclaration de tom *-*

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    J'te jure ça m'as fendu le coeur quand Bill retourne sur le quaie mais que le bâteau est déjà loin ! J'avais une boule dans la gorge

  • TH-Twins-Story-TH

    10/05/2009

    Tu vas faire des chapitres bonus pour cette mini fic?? Pour voir comment ca se passe apres que Tom soit venu quoi

  • TH-Twins-Story-TH

    10/05/2009

    C'est bien aussi d'avoir mis le PDV de Tom a la fin. Et c'est super cool qu'ils se soient retrouvé.
    J'ai eu peur qu'enfaite chacun reprenne sa vie de son coté

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