[TS] Je ne me laisserai plus faire... Partie 1

Bon, je sais, j'avais prévu que ça soit un OS, j'y suis pas arrivé, c'est donc un TS (à mon grand désespoir, faut vraiment que j'apprenne à écrire court moi un de ces quatre !) et voici donc la première partie de ce qui s'appelle :


JE NE ME LAISSERAI PLUS FAIRE...


Un rayon de soleil qui passe par la fenêtre et qui commence à réchauffer un visage endormi. Des yeux qui frémissent, agacés d'être dérangés et un ½il qui s'ouvre doucement, avec paresse. Une tête qui se tourne sur le côté pour observer l'autre visage d'une personne encore profondément endormie et un sourire qui se forme devant cette bouille adorable prise par un dernier rêve. Des draps défaits qui recouvrent à peine deux corps nus, deux corps masculins nus. Ces deux corps sont tout simplement Bill et Tom. Deux étudiants, deux connaissances, deux camarades de cours mais pas deux amis. Parce que les amis ne sont pas censés avoir une histoire comme la leur. Eux, couchent ensemble depuis plusieurs mois sans pour autant sortir ensemble. Eux, sont simplement deux personnes qui aiment se donner du plaisir tout en ayant une vie à côté. Eux, ne sont pas amoureux l'un de l'autre. Enfin, Tom ne l'est pas de Bill parce que Bill lui l'est depuis plusieurs mois, depuis le début, depuis que son regard a croisé le sien. A son grand désespoir, il est amoureux de Tom et ne peut s'en empêcher. Ça n'aurait jamais dû se produire et pourtant c'est arrivé. Mais Tom n'est pas le genre de personne qui s'embarrasse des sentiments, il a prévenu Bill depuis le début :

-On couche ensemble, mais on sort pas ensemble alors tombe pas amoureux ou sinon on arrête tout, ok ?

Et Bill l'a regardé et a simplement répondu, le plus sincèrement possible :

-Tom, je suis de toute façon pas amoureux de toi, alors c'est ok...

Et Tom a souri et lui a pris la main pour le guider dans sa chambre. Et ils ont couché. C'était tellement bien pour tous deux qu'ils ont remis ça deux fois ce jour là. Et depuis, ils se sont revus régulièrement pour réveiller leurs sens ensemble, tellement bien que d'autres sens se sont réveillés chez Bill et qu'il est tombé amoureux. C'était inévitable, Tom est un garçon adorable. C'est comme ça que Bill le voit, parce qu'au fond ce n'est pas vraiment ce qu'il est, comment peut-on penser ça d'un mec comme lui ? Adorable ? Lui qui prend les gens, couche avec, les largue dès que c'est fini sans se préoccuper de savoir ce qu'il brise à l'intérieur d'eux ? Lui qui n'a jamais fait attention de savoir s'il blessait ses partenaires avec cette froideur et ce détachement qu'il sait si bien manier ? Lui qui n'a jamais remarqué que Bill était rapidement devenu accro à chacun de ses gestes, à chacune de ses paroles ? Adorable ? Non. Tout simplement jeune et quelque peu salaud. Mais Bill ne lui a jamais rien dit, il avait été prévenu et si jamais il lui viendrait à l'esprit de tout dire à Tom, ce serait fini, le peu auquel il a droit, Tom le lui enlèverait, sans pitié et Bill serait fini...Alors il se tait et se laisse faire, parce qu'il l'aime et parce qu'il aime ce que Tom lui fait. Il a tout découvert avec lui, le désir, le plaisir, les orgasmes brûlants et dévastateurs et pire encore, la passion qu'on doit absolument dissimuler. Et pour bien ficeler tout ça, la jalousie. La jalousie de le voir avec d'autres, la jalousie de savoir qu'il pose les mains sur d'autres, la jalousie de devoir partager. Et la peine, la douleur qui va avec, parce que depuis, Bill se sent faible, il a perdu tout amour-propre, toute fierté, il se déteste de l'aimer autant et de se contenter de n'être qu'un jouet sexuel.

Mais il est déterminé, il prend ce que Tom donne parce que le jour où Tom décidera qu'il reprend tout, Bill mourra. Il s'est déjà fait remettre à sa place les fois où il a montré sa jalousie, plusieurs fois Tom a menacé de tout arrêter entre eux, chaque fois Bill s'est excusé. Tom a eu plusieurs fois des mots durs envers lui, lui rappelant sans cesse qu'ils ne sont pas ensemble, que Bill ne représentait rien de plus que de bonnes parties de baise, Bill en avait été blessé, vexé, en colère même et partait en se jurant qu'il mettait un terme à tout ça. Chaque fois, Tom l'appelait et disait « j'arrive, je veux te voir, j'ai envie de toi, ton corps me manque » et chaque fois, Bill répondait « viens ». C'était comme ça, entre eux. Tom blessait, Bill partait, Tom appelait, Bill acceptait. Mais Tom ne s'excusait jamais, et Bill acceptait encore, par amour, par faiblesse, par peur de perdre le peu que le blond lui accordait.

Ils sont à l'université, dans la même section, ils sont tous deux en lettres classiques et se sont rencontrés comme ça. Tom était arrivé en retard et s'était assis près de Bill qui n'avait pas levé les yeux sur lui, trop occupé à prendre des notes. Tom lui avait donné un coup de coude après avoir gigoté pendant qu'il cherchait désespérément sans succès un stylo et s'était penché pour souffler :

-J'ai oublié ma trousse, t'aurais pas un stylo pour moi s'il te plait ?

Bill lui en avait tendu un machinalement, toujours sans le regarder, et ce n'est seulement qu'à la fin du cours qu'il le regarda enfin, agacé de recevoir un autre coup de coude quand l'autre lui dit :

-Tiens, je te le rends, merci.

Et quand les yeux de Bill s'étaient enfin posés sur l'autre jeune homme, il reçut en même temps une grosse décharge dans tout le corps. Décharge qu'il reconnut être le coup de foudre. Tom était blond, de longues et lourdes dreads étaient attachées sur le sommet de sa tête, il avait des yeux noisette rieurs et expressifs, une bouche bien dessinée et un piercing au labret qu'il mordillait souvent mais ça, Bill ne l'avait remarqué qu'après. Un style vestimentaire que lui seul semblait porter à merveille alors que sur quelqu'un d'autre ça aurait été tout simplement ridicule, baggy et tee-shirts immensément larges, casquette posée négligemment et sourire en coin ravageur. Le personnage était attirant, on ne pouvait le nier. Il est beau et il le sait, donc il en joue sans aucun scrupules, de toute façon il prévient toujours ses partenaires, il ne s'attache pas, il n'aime pas, il ne se contente pas d'une seule personne, il aime la vie, il aime coucher.

Ce jour-là, quand Tom a rendu le stylo à son propriétaire, il se dit immédiatement qu'il fallait qu'il le mette dans son lit, celui-là aussi. Bill était trop attirant, brun, cheveux noirs longs, un corps fin et longiligne, un visage parfaitement dessiné, une bouche pulpeuse, un piercing à l'arcade et des yeux fascinants. Parce que Bill se maquillait les yeux, il mettait même du vernis noir sur ses ongles et son style androgyne plut directement au blond qui se voyait déjà jouer un peu avec cette personne affolante. Mais lui n'avait pas eu le coups de foudre, non. Il avait trouvé Bill attirant, magnifique même, et s'était imaginé apprivoiser ce corps si tentant. Il mit peu de temps à convaincre le brun de coucher avec lui et avait rapidement découvert que le brun lui donnait grand plaisir au lit, la façon qu'il avait de s'abandonner dans ses bras le rendaient totalement dingue, c'était le meilleur partenaire qu'il avait jamais eu alors Tom ne se priva pas et recommença, toujours sans amour.

Mais il avait aussi d'autres partenaires et ne s'en cachait pas, il était populaire à la fac et très demandé. Il profitait de tout cela, du moment que tout le monde était averti et profitait, où était le problème ? Bill, lui, n'arrivait plus à sortir avec personne. Alors il attendait et prenait ce que Tom donnait, c'était comme ça. Où Tom voulait, quand il le voulait, de la façon dont il voulait, la quantité qu'il voulait.

Et aujourd'hui est encore un de ces matins où Tom a dormi chez Bill après l'avoir baisé une bonne partie de la nuit. Le brun était en pleine révision, comme d'habitude son portable avait sonné, comme d'habitude Tom avait simplement dit :

-Tu fais quoi ?

Comme d'habitude Bill avait répondu :

-Rien, enfin...je révisais.

Comme d'habitude Tom avait demandé :

-Je viens ?

Et comme d'habitude Bill avait dit :

-Ok.

Le reste, on connait. Bill est maintenant réveillé et regarde un instant le visage de celui qu'il aime tant mais qui ne le prend jamais en considération, ça ne fait pas partie des règles du jeu que Tom a fixé, règles que Bill a accepté depuis le début même s'il s'en mord les doigts aujourd'hui. Il soupire en pensant à tout ça et décide de se lever pour prendre une douche, ça chassera les pensées moroses qui l'envahissent encore ce matin. Il sait que le bruit va finir par réveiller le blond qui le rejoindra sous la douche, il sait que le blond va le prendre encore avant de le laisser pour aller au resto universitaire prendre le petit déjeuner avec ses potes, il sait qu'il aura le c½ur meurtri un peu plus. Et pour la millième fois, il se dit :

-Il faut que ça cesse, ça peut plus continuer comme ça...Je ne me laisserai plus faire...

Mais Tom le rejoint bientôt et pendant qu'il se sent poussé contre le carrelage froid de la douche, il oublie toute idée de rébellion. Tom l'embrasse dans le cou et le pénètre doucement, à quoi peut-il penser d'autre ? A rien, il est déjà en train de haleter et le blond gémit son prénom en accrochant ses mains à sa taille, alors il ne pense à rien d'autre, rien d'autre que le plaisir qui monte par vague.

***

Les cours ont largement commencé et Tom n'est pas venu s'assoir à côté de Bill. Il est assis juste devant lui, à côté d'un mec qui semble être sa nouvelle proie. Le type est arrivé il y tout juste trois semaines. Il s'appelle Georg, châtain, cheveux mi-longs lisses, regard pétillant et sourire malicieux. Tom a décidé qu'il était tout à fait son genre, il aime les types arrogants comme Georg, parce que ça lui donne l'occasion de relever un défi. Il n'est satisfait que lorsque qu'il réussit à les mettre à genoux, ce qui veut dire dans son lit et si possible dans cette même position. Ça l'amuse de voir comment l'arrogance peut fondre comme neige au soleil. Tom domine, a toujours dominé et en regardant Georg lui lancer un regard lubrique, il sait que ça va être encore le cas avec celui-là, ça va être facile. Et vu la façon dont se déroulent les choses, la proie est largement d'accord d'être « la proie ». Ils se caressent les cuisses sous la table et le brun peut même entendre quelques mots crus qu'ils se lancent pour se provoquer un peu plus. Tom se penche un peu et chuchote à l'autre :

-Dis, ce soir ça te dirait de venir prendre un pot avec mes potes, au bar « Le Sunlight » ?

Et l'autre qui répond sans hésiter :

-Ouais, pourquoi pas ?

-Après, on irait chez moi...

-Ouais, pourquoi pas ?

Affaire conclue, c'était trop facile. Bill a tout entendu, il connait la suite, il l'a vécu pareillement. Et là, il sait qu'il fera comme d'habitude, il ne dira rien, il taira la jalousie et la douleur à l'intérieur de lui, il épongera le mieux possible le sang qui coule dans tout son corps, il retiendra ses larmes, encore...Et il se dit encore une fois :

-Dans quel état je me mets pour rien ! Faut que j'arrête ça...Je me laisserai plus faire...

Et il essaie de se convaincre que ça n'a pas d'importance, que Tom n'est pas important. Il arrive même à sourire un peu, finalement, en se disant qu'il a sa soirée libre pour réviser tranquillement. Oui, il a des tas de cours à revoir, un exposé à terminer, un bouquin à finir, sa manucure à refaire, du linge à laver, bref il va être bien occupé, donc ça tombe super bien qu'il soit seul ce soir, il a des tas de choses à rattraper. Il pousse même le vice jusqu'à soupirer de soulagement devant la soirée libre qui s'annonce.

La sonnerie retentit, annonçant la fin des cours et par là la fin de la matinée, c'est l'heure d'aller déjeuner. Le brun se lève après avoir ramassé ses affaires et se dirige vers la sortie pour rejoindre son ami de toujours, Gustav, un petit blond bouclé, son seul véritable ami, son confident, son soutien, son roc pendant toutes les tempêtes de sa vie.

Arrivé à l'extérieur, Bill sentit son portable vibrer dans sa poche et sourit quand il lut le message :

« Grouille, j'ai faim, je suis déjà au resto U. »

Il répondit :

« Je pisse et j'arrive »

Bill se dirigea rapidement vers les toilettes les plus proches et poussa vivement la porte battante, espérant se soulager le plus vite possible, lui aussi avait faim. Mais à peine entré, il remarqua deux personnes en train de se peloter, l'une acculant l'autre contre le mur, la main plongée dans le pantalon et la bouche collée dans le cou de l'autre. Et Bill reconnut immédiatement Tom qui avait plaqué son corps contre celui de Georg, ce dernier n'avait même pas entendu quelqu'un entrer. Le brun allait ressortir quand pris d'une nouvelle fureur impulsive il décida d'entrer quand même et lança :

-Désolé, je savais pas qu'il y avait du monde.

Les deux corps se séparèrent et Bill fut satisfait de voir Georg rougir jusqu'à la racine des cheveux. Il reboutonna vite fait son pantalon et grimaça sous la douleur que son sexe encore tendu lui infligeait. Tom se tourna vers Bill, nullement gêné et répliqua vertement :

-Putain, Bill, tu peux pas aller pisser ailleurs ? Tu vois pas qu'on est occupé, là ?

Bill fut vexé et haussa les épaules :

-Les toilettes sont à tout le monde ou je me trompe ? Vous, vous avez qu'à aller ailleurs !

Et sans plus accorder un regard aux deux jeunes hommes, il défit sa ceinture pour se soulager. Il entendit Georg bredouiller :

-Bon, Tom, euh...je...je vais y aller. On se voit ce soir, alors, on fera comme on a dit, je te retrouve au Sunlight à 20h.

Tom hocha la tête en soupirant et le regarda partir avant de se tourner vers Bill, manifestement furieux :

-Merci !

Bill, qui avait fini de se rhabiller, se tourna vers lui, étonné :

-Merci pour quoi ?

-Pour nous avoir interrompu !

-Je te l'ai dit, je savais pas que vous étiez là, c'est des toilettes publiques je te rappelle, ça aurait pu être n'importe qui d'autre !

-Ouais mais putain, quand t'as vu que c'était moi, tu pouvais pas partir ? Tu viens de me casser mon coup, là !

-Moi ? Casser ton coup ? Apparemment pas, vu qu'il te rejoint ce soir !

Il se mordit les lèvres en réalisant ce qu'il avait dit, son ton avait été cassant et Tom le remarqua. Il répliqua, cinglant :

-Et alors ? Qu'est-ce que t'en as à foutre qu'il me rejoigne ? Ça t'emmerde ?

-Moi ? Arrête, tu délires là !

Tom le regarda suspicieusement et haussa un sourcil :

-Bien-sûr que si, ça t'emmerde, t'as vu comme t'as répondu ? Je suis pas à toi, Bill ! C'est pas parce que je te baise que je suis ta propriété, tu me casses pas mes coups comme ça !

Bill, déjà vexé, blessé par ces paroles, fut encore plus énervé de se voir touché là où ça fait mal, il s'écria :

-Je te casse rien du tout, arrête de croire que le monde tourne autour de toi, j'en ai rien à foutre de ce que tu peux faire, Tom. Je vais pas m'excuser pendant cent ans d'avoir eu envie de pisser et d'avoir voulu utiliser les toilettes de la fac, ok ? Alors va te faire foutre !

Tom s'avança vers lui et lui prit le poignet :

-Me parle pas comme ça ! Je vois bien que ça t'emmerde, j'ai remarqué que t'aime pas quand je vois d'autres personnes mais je t'avais prévenu, je suis comme ça et c'est tout, nous deux c'est rien, ça veut rien dire, et si ça commence à vouloir dire quelque chose d'autre pour toi, j'y mettrai fin, t'entends ?

Bill retira son poignet et fixa Tom. C'en était trop, ça suffisait, ce n'était pas la première fois que Tom lui parlait comme ça et il avait toujours accepté, il faisait même ses plus plates excuses, mais là ça suffisait, vraiment. Alors il recula et dit enfin, le regardant droit dans les yeux pour donner plus de poids à ses paroles :

-Écoute moi bien, Tom, parce que je me répèterai pas. T'as pas besoin de me dire tout ça, je le sais déjà et je t'ai jamais rien demandé, c'est toujours toi qui viens à moi je te rappelle, ok ? Mais je supporte plus que tu me traites comme ça, alors je vais t'éviter d'avoir à le faire, ce qu'il y a entre nous ou ce qu'il y a pas, peu importe, j'y mets fin moi-même, aujourd'hui, maintenant, tout de suite.

Tom ricana et cela augmenta la fureur du brun :

-Ouais, comme si je vais te croire. Je t'appelle et tu rampes, Bill. Tu peux pas t'en empêcher. Et je t'appellerai encore et tu ramperas encore...

Pour la première fois, Bill le vit tel qu'il était, comme un véritable salaud. Il secoua la tête et se retourna pour sortir, mais avant de sortir, il s'arrêta et se retourna pour le regarder une dernière fois pour lui dire :

-Ne m'appelle plus, ok ? Ne m'appelle plus, ne viens plus chez moi, ignore-moi, fais ce que tu veux mais laisse-moi tranquille maintenant. C'est fini ce petit jeu à la con entre nous, Tom. C'est fini, je ne me laisserai plus faire !

Tom allait répliquer mais s'interrompit en voyant la lueur de détermination dans les yeux du brun. Il savait qu'il avait blessé le brun, mais ce qui l'étonna c'est que Bill venait de lui dire tout ça posément, sans crier, la voix sûre même s'il avait senti une note de tristesse. Il vit Bill le regarder encore un peu, secouant toujours la tête comme médusé devant une personne qui ne comprenait rien et finalement sorti des toilettes. Quand la porte se referma et que Tom se retrouva seul, il eut pour la première fois l'impression que le brun ne reviendrai pas, il n'était pas seulement sorti des toilettes, il était sorti aussi de sa vie.

Une fois à l'extérieur, Bill autorisa les larmes à lui monter aux yeux. Non, il ne fallait pas qu'il se mette à pleurer, Tom n'en valait pas la peine. Il n'eut plus envie de manger et tapa rapidement un texto à son ami :

« désolé, me sens pas bien, vais rentrer. Je t'appelle plus tard. »

Mais Gustav l'appela et attaqua directement :

-Qu'est-ce que Tom a fait, encore ?

Bill soupira, Gus le connaissait tellement bien que c'en était parfois énervant :

-Rien, Gus, rien ! Enfin, rien d'autre que d'habitude. J'ai plus faim, je vais rentrer, ok ? On se verra une autre fois.

Il se dirigeait déjà vers la sortie de l'université et Gus parlait encore :

-Mais t'as encore cours cette après-midi ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Ou tu me dis, ou je viens chez toi !

-Non ! Écoute...je veux pas te paraître grossier, mais j'ai franchement pas envie de rester, je rattraperai les cours demain. J'ai envie de rentrer là. Et concernant Tom, c'est fini.

Gus rit un peu et cela relança sa fureur :

-Oui, tu dis toujours ça, mais il te rappellera et ça repartira de plus belle vous deux.

-Et bin pas cette fois, là y en a marre ! On vient de se prendre la tête et j'en ai plein le cul de tout ça, j'en peux plus, je veux plus rien qui vienne de lui et je viens de lui dire que j'y mettais un terme. Et j'ai bien l'intention de m'y tenir, je peux pas le laisser continuer de me traiter comme un simple...comme un...sex-toy grandeur nature, je veux plus de tout ça, c'est tout !

-Ok, ok, t'énerve pas ! Tu veux que je vienne discuter un peu avec toi ?

-Non, t'inquiète ça ira. C'est rien de plus qu'un salaud, Gus, je l'ai compris maintenant et j'en ai assez. Je vais rentrer, ranger un peu, dormir un peu, bref t'inquiète, ça va aller. Je t'appelle ce soir, ou demain, bye.

-Ok, tu me dis si tu veux que je passe. Et...Bill ?

-Mmh ?

-T'as raison d'arrêter tout ça, il t'a assez fait de mal, ce con te mérite pas. Il sait pas à côté de quoi il passe.

Bill sourit un peu et dit encore :

-Ouais, c'est qu'un con.

-Mais dis-moi, qu'est-ce qui t'as fait réagir comme ça ?

Le brun hésita un instant et raconta :

-Tu connais Georg ? Georg Listing, il est dans le même cours que Tom et moi, il est arrivé y a pas longtemps, tu sais, le type aux cheveux châtains mi-longs-

-Ouais, je vois qui c'est.

-Bin Tom a jeté son dévolu dessus. Je les ai...interrompu aux toilettes et je me suis fait engueulé méchamment par ce connard !

-Par Georg ?

-Non ! Par Tom, tiens ! A croire qu'on peut plus aller pisser tranquille, ils avaient qu'à aller ailleurs, aussi ! Du coup, on s'est engueulé et je lui ai dit que c'était fini, nous deux, enfin pour ce qu'il y a de nous deux, quoi. J'ai décidé que je me laisserai plus faire. Putain, ouais ! Il est temps que je récupère un peu de dignité dans cette histoire !

-Je suis de tout c½ur avec toi, Billy, je t'ai dit, ce con te mérite pas ! J'espère que tu vas tenir, tu mérites quelqu'un de mieux. Tu devrais sortir, voir d'autres personnes, rencontrer quelqu'un d'autre, quelqu'un de mieux et ça, ça va pas être difficile à trouver, il est tellement con que n'importe qui d'autre serait mieux !

D'habitude, Bill ne supportait pas qu'on descende Tom devant lui, il prenait toujours sa défense avec ferveur. Mais là, Gus fut étonné de ne rien entendre de sa part, il s'était attendu à ce que Bill l'engueule de parler comme ça du blond, au contraire il ajouta même :

-Ouais, n'importe qui d'autre serait mieux que ce connard !

Médusé, Gus dit :

-Bin merde alors ! C'est vraiment fini ? T'avais jamais parlé comme ça, je veux dire...aussi...convaincu et convaincant !

-Je te l'ai dit, Gus, je me laisserai plus faire ! Je veux plus être son toutou de service qui accourt quand il siffle, ça suffit, je jette l'éponge ! Pendant trop longtemps j'ai été con, j'ai cru qu'il s'attacherait, qu'il voudrait rester un peu plus, quelle grosse blague ! Je suis trop con, tiens, d'imaginer qu'on pourrait sortir ensemble et qu'il pourrait simplement se contenter de moi !

Ils parlèrent encore un petit moment avant de raccrocher. Bill était arrivé chez lui, c'était un petit appartement que ses parents lui payaient, pas loin de l'université. Petit mais confortable, avec le minimum pour vire correctement, Bill adorait son petit appartement. La cité était calme et les voisins, discrets. Il récupéra son courrier dans la boîte aux lettres et se dirigea vers l'ascenseur. Il habitait au huitième étage. Il était déprimé au plus haut point et espérait vivement lui aussi, tout comme Gus, qu'il allait pouvoir se tenir à sa résolution. Ça allait être dur, très très dur. Mais il allait tenir, il fallait qu'il tienne, parce que Tom en avait assez fait et lui, il avait trop tout accepté. Il était temps de reprendre sa vie en main...

***

Deux semaines étaient passées. Tom avait appelé Bill trois fois et pour la première fois, se vit jeté sans ménagement à chaque fois. Le soir même de leur dispute dans les toilettes, il avait été rejoint par Georg et après avoir pris un verre, il allèrent chez lui et Tom ne pensa plus à rien d'autre quand il allongea Georg sur son lit. Mais il déchanta très vite, le châtain était un mauvais coup. Brutal, nerveux et pire que tout, rapide. Tom était déçu et le renvoya dès que l'affaire fut conclue. Il se sentait frustré, ils avaient baisé oui, mais ça avait été nul, il ne se sentait pas satisfait. Georg une fois parti, il regarda l'heure, 23h45. Il soupira et se dit :

-Putain, il est resté même pas une heure ! Quelle soirée de merde ! Bon, je vais appeler Bill, il sera dispo, lui et au moins, je suis sûr de bien prendre mon pied avec lui.

Il était sûr que le brun allait lui dire de passer. Il fit donc son numéro en commençant à s'habiller pour rejoindre le brun qui allait certainement lui dire de venir, comme à chaque fois. Bill répondit la voix ensommeillée, apparemment il dormait. Ça n'était pas la première fois que Tom l'appelait aussi tard, dès fois il pouvait être plus tard mais le blond ne s'en souciait guère, il appelait et Bill lui disait « viens » c'était tout ce qu'il voulait, l'heure n'avait pas d'importance. Quand le brun décrocha il dit d'emblée :

-Bill ? C'est moi, je te réveille ? Bon, c'est juste pour te dire que j'arrive.

Et là, il entendit un silence avant d'entendre une voix froide :

-Dis-moi, Tom, t'es devenu sourd ?

-Bin pourquoi ça ?

-Il me semble t'avoir dit que c'était fini !

-Oh, ça va, je sais que t'étais en colère.

-J'étais pas...bon, écoute, ça fait rien. Je t'ai demandé de plus m'appeler, je te le dis encore une fois. Ne m'appelle plus, ne viens pas, j'ouvrirai pas si tu viens. Et puis comment ça fait que tu veuilles passer, Georg est pas venu, finalement ?

-Bin si, mais putain, c'était nul à chier, j'y crois pas ! Il était...comment dire...bref, j'ai détesté !

Bill eut un rire sans joie et un ricanement ironique :

-Oh ! Et après l'avoir viré tu t'es rappelé de ce cher bon vieux Bill ? Sympa, merci ! Mais là tu vois, j'ai plus envie de tout ça.

Tom était très étonné et il demanda :

-Tu...tu veux pas que je vienne ?

-Non. Laisse-moi tranquille, il est tard et je dormais quand tu m'as appelé. Va te trouver quelqu'un d'autre qui baisera mieux que Georg-

Il fut interrompu par Tom :

-J'ai trouvé mais tu veux pas que je passe !

Bill soupira longuement et dit enfin :

-Non, je veux plus que tu passes. Laisse-moi tranquille, maintenant et n'appelle plus. Bonne nuit, Tom et désolé pour...ta soirée fichue.

Au long silence qui se fit de suite après, Tom comprit que Bill avait raccroché. Il était médusé, c'était la première fois que Bill lui parlait comme ça et surtout, c'était la première fois que Bill refusait qu'il passe. Il avait compris depuis longtemps que Bill était amoureux de lui, ça flattait son orgueil, après tout le brun n'était pas le premier qui tombait amoureux de lui et il ne serait pas le dernier. Mais il avait été très clair et Bill n'avait jamais rien demandé de plus que ce qu'il y avait entre eux. Et là, il venait de se faire jeter par le brun, il n'en revenait pas.

Furieux de devoir passer la nuit seul, après une partie de baise aussi minable, il se redéshabilla et se glissa dans ses draps, persuadé que seule la colère avait fait parlé le brun comme ça, mais que lorsqu'il serait calmé, il se laisserait de nouveau approcher. Ils s'accordaient si bien sexuellement qu'il était impossible qu'il en soit autrement. Tom s'endormit en se disant que demain, ou après-demain, ou bientôt, il lui repasserait un coup de fil, Bill sera mieux disposé. Pas question de ne plus profiter du corps du brun.

Il le revit le lendemain en cours et Bill ne lui accorda aucun regard. Il ne lui parla pas non plus, il attendait que le brun décolère. Il savait au fond de lui qu'il avait été odieux, que son comportement était plus que nul envers Bill, qu'il le traitait mal, alors que Bill avait toujours été si gentil avec lui. Il était drôle, super sympa, attentionné bien qu'il essayait toujours de faire attention à ne pas trop montrer qu'il était solidement attaché au blond. Tom essaya deux autres fois de l'appeler mais se vit encore jeté. Il ne comprenait plus rien, Bill était donc sérieux quand il avait dit que c'était fini, qu'il ne voulait plus de Tom dans sa vie ? Et quand il essaya de l'appeler une nouvelle fois, Bill avait changé de numéro. Il essaya de lui parler en cours mais le brun lui lança un regard glacial, faisant mourir sa voix dans sa gorge et alors, il se tût.

Tom était désappointé, Bill l'avait donc rayé définitivement de son existence, il l'avait jeté trois fois au téléphone pour finir par changer de numéro. En plus, il semblait aller bien, il traînait toujours avec son pote Gus, mais Tom avait capté plusieurs fois le regard du brun sur lui, dans la cour de la fac ou au resto U. Il patientait en se disant que tôt ou tard, Bill allait lui revenir. Et si au début, Tom prenait plutôt la chose avec nonchalance, voir avec amusement, il commençait largement à déchanter, le corps de Bill lui manquait. Ça l'agaçait de voir que Bill pouvait aller bien sans lui et plus le temps passait, plus il se rendait compte que c'était le brun tout entier qui lui manquait. Il le regardait de loin rire et vivre sans lui et ce qui le faisait sourire au début l'énervait maintenant. Bill semblait l'avoir zappé pour de bon et Tom flippait de savoir qu'il était tenu à l'écart de sa vie.

Il attendait ses amis qui étaient comme d'habitude en retard, dans un bar qui se trouvait pas trop loin de chez Bill, justement. Mais le brun s'y rendait rarement. Tom vit un nouveau serveur qui essuyait des verres et son radar à gays lui indiqua que celui-ci devait certainement être du même bord que lui. Tiens, se dit-il, ça pourrait être un coup fameux, le serveur était beau gosse. Il s'approcha du comptoir et salua le serveur, passa sa commande et engagea la conversation. Il apprit bientôt que le jeune homme s'appelait Luc, il était nouveau dans le quartier et justement, il habitait dans le même immeuble que Bill. Mais au moment où Tom allait demander s'il connaissait le brun, ses amis arrivèrent et il dût laisser le barman pour les rejoindre.

Ils étaient assis depuis un bon moment, à discuter, rire, se charrier quand Georg, qui se joignait parfois à eux maintenant, lança :

-Dis donc, le serveur là, le nouveau, c'est pas celui qui sort avec Bill, tu sais Tom celui qui-

Tom l'interrompit :

-Ouais, je sais qui c'est, Bill, il est en cours avec nous. Comment ça il sort avec Bill ?

-Bin ouais, je l'ai entendu raconter à la serveuse une fois qu'il avait rencontré un type pendant qu'il emménageait dans son immeuble. Le gars l'a aidé, ils ont fait connaissance et depuis, ils sortiraient ensemble. Ah bin tiens, quand on parle du loup !

Tom se retourna et vit Bill se frayer un passage entre les tables pour aller jusqu'au comptoir, un sourire aux lèvres. Luc le regardait s'avancer, les yeux brillants et Tom fronça les sourcils quand il vit les deux jeunes hommes se pencher par-dessus le comptoir, Luc saisir la nuque de Bill et poser ses lèvres sur les siennes pour un baiser rapide mais fougueux. Ils se séparèrent et Bill s'installa sur un des hauts tabourets, enleva sa veste en cuir et commencer à discuter gaiement avec Luc. Il ne semblait pas avoir vu Tom et sa bande.

Et Tom eut l'immense surprise de sentir comme une petite pointe s'enfoncer dans son c½ur. Alors Bill était passé à autre chose ? Il avait quelqu'un ? Il sortait vraiment avec ce Luc ? C'était pour ça qu'il n'avait plus voulu lui parler au téléphone et qu'il avait changé de numéro ? Il n'y avait pas si longtemps ils couchaient encore ensemble et là, deux semaines après qu'il ait dit à Tom que c'était fini, il sortait avec quelqu'un ?

Sans remarquer qu'il avait cessé de prendre part à la conversation entre ses amis, Tom tournait et retournait toutes ces questions dans sa tête. Sans remarquer une seule seconde que la jalousie le mordait doucement. Il mit cela sur le compte de la vexation, personne ne lui résistait, personne ne lui avait jamais fait le coup que Bill lui avait fait. Bill ne lui avait jamais résisté, il ne sortait jamais avec personne, il savait que le brun lui était totalement disponible ! Surtout qu'il savait que Bill était amoureux de lui ! Il regarda encore dans la direction du brun qui riait avec le barman, le fameux Luc, et le vit prendre la main de Bill pour la serrer doucement avant de caresser tout son bras. Il se pencha et murmura quelque chose à l'oreille du brun qui éclata de rire. Tom en fut largement agacé.

Peu de temps après, il vit un autre homme arriver et comprit qu'il s'agissait de la relève de Luc. Ce dernier avait pris son blouson pendant que l'autre prenait sa place et sortit sans plus attendre, attirant Bill derrière lui en le prenant par la main. Sans réfléchir, Tom se leva, aucun de ses amis ne semblait avoir remarqué son comportement bizarre. Le dreadé se précipita à la porte et sortit à grandes enjambées pour se diriger dans le parking. Il n'arrivait même plus à réfléchir correctement. Et c'est là qu'il vit deux corps enlacés contre la portière d'une voiture. Luc plaquait Bill contre le métal froid et l'embrassait à pleine bouche, les mains sur ses hanches, caressant la peau découverte à cause du pantalon trop bas ou du tee-shirt trop court de Bill. Il lui caressait la peau de ses pouces et Tom vit Bill qui avait les yeux fermés, passer ses bras autour du cou de l'autre homme, pencher la tête un peu plus pour approfondir le baiser, descendre les bras pour les passer dans le dos et remonter une main pour maintenant caresser la nuque de Luc.

Il remarqua que sa voiture était garée à côté de celle de Luc, alors il fit la seule chose qui lui vint à l'esprit. Il se dirigea vers sa voiture, faisant semblant de ne pas avoir vu les deux hommes, et déclencha le déverrouillage automatique. Il eut un sourire mauvais en s'approchant et en remarquant qu'il les avait fait sursauter et séparer brusquement. Il prit un ton innocent, voir carrément hypocrite :

-Oh désolé je voulais pas vous interrompre. Tiens, salut Bill, je t'avais pas vu !

Bill bénit mentalement la pénombre du parking qui cachait la rougeur de ses joues. Il se voulait froid et détaché devant Tom. Luc, après avoir reconnu le dreadé avec qui il avait échangé quelques mots plus tôt, lui lança, étonné :

-Vous vous connaissez ?

Bill haussa simplement les épaules et répondit :

-Un peu, ouais, on est dans le même cours.

Tom avait envie de hurler « ouais, on a baisé pas mal de fois, c'est avec moi qu'il est, Bill » mais ça aurait été ridicule de sa part. Il se contenta d'acquiescer et dire :

-Ouais, voilà, on est dans la même classe. Vous êtes ensemble ?

Il n'avait pu s'empêcher de poser la question, il voulait simplement faire semblant de prendre quelque chose dans sa voiture mais la question était sortie toute seule, il ne comprenait même pas pourquoi, depuis quand le fait de voir Bill avec quelqu'un l'énervait à ce point ? Luc se rapprocha de Bill, ne regardant même pas Tom, qui fut encore plus énervé de le voir sourire au serveur avec...tendresse et répondre :

-Ouais, on est ensemble.

Et Tom s'entendit demander :

-Depuis quand ?

Ce fut Luc qui répondit, cette fois, toujours sans le regarder, les yeux dans ceux du brun qui souriait plus grandement encore :

-C'est récent. Bon, on y va, Bill ? Tu veux venir dormir à la maison ce soir ?

Bill hocha la tête et laissa Luc s'installer au volant. Il se retourna pour passer devant Tom et faire le tour de la voiture. Il lança au blond :

-Bon, on part. Reste pas devant la voiture s'il te plait.

Il prit place au côté de Luc et une fois assis, daigna enfin lui accorder un regard. Tom était debout, médusé, cloué sur place, le regardant à travers la vitre et Bill fut bouleversé de voir comment le blond pouvait encore avoir de l'emprise sur lui. Il avait évité de le regarder, il avait eu trop peur que tous les sentiments qu'il avait tant de mal à étouffer, remontent à la surface. Et là, Tom le regardait, comme s'il venait de recevoir un gros choc. Lui-même en fut troublé, depuis quand Tom s'intéressait un tant soit peu à lui ?

La voiture s'éloigna et Tom les regarda partir. Il n'avait qu'une pensée en tête et la rage au ventre. Luc allait coucher avec Bill, c'était évident. C'était le serveur qui allait profiter des talents de Bill au lit, c'était un autre qui allait profiter de ce corps qui avait su lui procurer énormément de plaisir, pendant de longs mois. Il serra les poings et grinça des dents quand il remarqua que cette idée lui faisait plus de mal que prévu. Depuis quand il se sentait comme ça quand il s'agissait de Bill couchant avec quelqu'un d'autre ? Et une voix à l'intérieur de lui sembla lui répondre :

-Bof, c'est ta fierté qui en prend un coup parce que jamais avant tu l'avais vu avec quelqu'un d'autre, c'est tout, c'est pas plus. Il était toujours à ta botte et là, ça t'emmerde de voir qu'il l'est plus, c'est tout. Il était super au lit et là t'en profite plus, c'est tout.

Mais une autre voix, plus basse, plus douce lui murmurait, alors qu'il essayait de la faire taire :

-Un autre a pris ta place, c'est tout. Il a trouvé mieux que toi, c'est tout. Quelqu'un qui le mérite, c'est tout. Tu l'as perdu, c'est tout....

***

Trois semaines était passées et Tom était encore plus désemparé. Il avait essayé plusieurs fois de parler à Bill, gentiment, pendant un de leurs cours, il s'était attendu à ce que le brun l'envoie balader. Or, c'était le contraire qui se produisait, Bill lui répondait gentiment aussi et c'était ça qui énervait le blond. Tom ne supportait pas l'indifférence de Bill. Si le brun l'engueulait ou lui faisait la gueule ça montrait qu'il était encore touché par leur histoire, qu'il y avait encore un lien entre eux. Mais là, Bill réagissait comme si tout ça ne lui faisait plus rien, il était poli et sympa avec Tom, sans pour autant tomber dans la franche camaraderie. Tom comprenait encore moins que rien, il détestait cela. Il se disait toujours que le contraire de l'amour n'était pas la haine, mais l'indifférence. Et c'est détestable de se rendre compte qu'on est indifférent à une personne. Il aurait préféré que Bill le déteste, ça voudrait dire que le brun n'était pas totalement passé à autre chose.

Et par-dessus tout, il ne se comprenait plus du tout, surtout depuis qu'il avait compris que le fait d'avoir perdu Bill l'affectait plus qu'il ne l'aurait pensé. Au début il s'était dit que c'était parce que Bill était un partenaire hors pair au lit, mais il se rendit compte que c'était plus que ça. Il s'était attaché au brun, bien malgré lui, seulement il ne l'avait pas compris, pas à temps. Il avait trop l'habitude de ses coups d'un soir, d'être libre et sans attache, et Bill était toujours tellement disponible qu'il se disait qu'il pouvait profiter du beurre, de l'argent du beurre et de surtout pouvoir profiter du cul d'autres fermiers et tout ça, en toute impunité.

Il était en cours, assis à côté de Bill comme les autres fois, il sentait l'odeur du brun lui arriver aux narines et son esprit se mit à divaguer. Il se revit avec Bill dans des positions très explicites, il s'imagina être pris par la bouche du brun et s'imagina même poser sa bouche sur celle de Bill pour un baiser torride. Ah oui, parce qu'une des particularités de Tom c'était qu'il n'embrassait pas. Pas sur la bouche, du moins. Il trouvait un baiser trop intime, il laissait cela pour les sentiments, le corps oui, pas le c½ur. Et la bouche voulait dire le c½ur, le jour où il embrasserait une personne, ce serait la personne dont il serait amoureux. Il sursauta quand il réalisa ce à quoi il pensait. Il venait de s'imaginer embrasser Bill sur la bouche ! Incroyable ! Fou ! Complètement dément ! Il n'était même pas amoureux de Bill, en plus ! Enfin, pas à ce qu'il sache, si ? Pas vraiment, ou alors peut-être un peu, juste un peu, il l'aimait bien, quoi. Encore perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas qu'il gribouillait sur sa feuille le prénom du brun. Bill éternua et ça le tira de sa torpeur. Il baissa le regard sur sa feuille et remarqua enfin ce qu'il était en train d'écrire machinalement. Il rougit et retourna la feuille avant que Bill ne voit ce qu'il avait écrit, comment expliquerait-il le fait qu'il écrive son prénom sur une feuille de papier, au lieu de prendre des notes ? Il se pencha un peu et demanda à Bill :

-Bill, t'as pas une feuille pour moi, s'il te plait ?

Le brun hocha la tête et lui tendit une feuille vierge sans un mot, sans même un regard. Il fut surpris d'entendre Tom dire doucement, en prenant la feuille :

-Merci.

Tiens donc ! Tom lui disait merci ? Depuis quand il avait un excès de politesse celui-là, après l'avoir ignoré pendant des mois, se souvenant de sa présence uniquement pour coucher avec lui ? Bill avait bien remarqué que Tom avait un peu changé à son égard, mais il s'en méfiait comme de la peste. Il se disait que Tom devait être étonné qu'on lui résiste, alors il allait vouloir le faire tomber pour mieux l'humilier après. Il fallait qu'il reste sur ses gardes, il se répétait son nouveau leitmotiv « je ne me laisserai plus faire » pour pouvoir tenir, parce que c'était dur, surtout quand Tom était près de lui comme ça, il pouvait même sentir le regard du blond sur lui, quelques fois, et ne comprenait pas ce que ça voulait dire. Tom se pencha de nouveau vers et lui demanda :

-Euh...j'ai pas bien suivi, il me manque quelques notes, tu pourras me les filer ? Euh...s'il te plait ?

-Il te manque quoi du cours ? A partir d'où t'as arrêté d'écouter ?

Tom détourna le regard, gêné et se gratta la nuque avant de répondre :

-Bin...depuis le début en fait.

Bill rit doucement et dit :

-Ah depuis là ! Tu sais qu'on est interrogé demain dessus ? Je peux pas te les passer ce soir, j'en ai besoin pour réviser, tu vas être dans une sacrée merde mon gars !

Tom réfléchit à toute vitesse, une idée venait de poindre à l'horizon :

-Bin écoute, tu me laisserai passer chez toi, que je puisse réviser avec toi pour demain ?

Bill cessa de sourire immédiatement et fronça les sourcils, il ouvrit la bouche pour parler mais Tom le devança :

-T'inquiète, je vais pas rester longtemps, c'est juste pour réviser.

-Tu préfèrerais pas photocopier mes cours ?

-Je vais pas te bouffer, Bill. Je sais, tu as quelqu'un maintenant et tu veux plus...euh...avec moi, quoi. Non, c'est juste pour réviser, je serai sage et correct, promis !

Il leva une main pour appuyer ses dires et fit son regard le plus innocent, le plus sérieux, l'autre main posée sur le c½ur et Bill ne put s'empêcher de rire encore :

-Ok, ok ! Tu sais qu'on pourrait facilement te croire, toi ?
Tom lui fit un grand sourire :

-Ouais, je sais !

Mais Bill répliqua immédiatement, essayant de rendre son ton neutre :

-Mais heureusement que je te connais bien. Je sais de quoi tu es capable, donc tu peux arrêter de faire cette tête-là.

Le sourire de Tom s'évanouit aussi. Bill se méfiait encore tellement de lui ! Il regarda le profil du brun, il avait rebaissé les yeux sur sa feuille et ne le regardait déjà plus. Une légère rougeur sur ses joues indiquait une émotion que Tom n'arrivait pas à déchiffrer et Bill semblait même nerveux, il se mordait la lèvre. Il vit le brun repousser une mèche de cheveux et la coincer derrière son oreille pour écrire de nouveau. Inexplicablement, Tom sentit son c½ur se serrer, Bill était tellement beau, il avait l'air tellement fragile aussi, comment avait-il pu être aussi ignoble avec lui ? Il avait tout perdu, tout. Il ne put s'empêcher de se pencher et demander doucement :

-Dis, Bill, tu te rappelles, y a pas si longtemps on était ensemble. T'y penses dès fois ?

La main de Bill qui tenait le stylo se crispa tout autour et Bill hésita avant de dire doucement :

-On n'était pas ensemble, Tom, on l'a jamais été. Tu es jamais avec personne, toi. Tu prends, tu utilises, tu laisses, tu écartes ceux qui sont encombrants de ton chemin, tu fais attention à personne d'autre que toi. Alors si j'y pense ? C'est pour me rappeler tout ce que tu étais et que tu es encore, de toute façon j'y pense pas tant que ça, je suis avec Luc maintenant.

Tom grimaça :

-Ah ouais, ce type ! Qu'est-ce que tu lui trouves ?

-Il est sympa, il est très mignon, il me regarde comme un être humain avec du sang qui coule dans les veines et pas comme un objet sexuel.

Tom se sentit piqué à ces dernières phrases. Il crut bon de protester :

-J'ai jamais pensé que tu étais un jouet sexuel, Bill !

Ce dernier ne répondit pas mais lui lança un regard qui en disait long. Tom reprit :

-Bon, ok, j'ai compris. Mais tu sais, j'ai jamais pensé que je te faisais du mal. Je suis désolé.

Bill voulut répondre mais sa bouche resta grande ouverte quand il réalisa que Tom venait de lui présenter des excuses. Jamais avant il ne l'avait fait. Et là, il s'excusait d'avoir été un tel salopard, bin ça alors ! Tom sembla réaliser lui aussi qu'il avait parlé plus que prévu puisqu'il baissa soudain la tête et se mit à écrire comme si le cours était soudainement très intéressant. A côté de lui, Bill était chamboulé, Tom était comme une autre personne depuis quelques temps, mais à quoi jouait-il donc ? Parce qu'il devait forcément jouer ! Il voulait s'assurer que Bill pouvait lui revenir où et quand il voulait, pour mieux le jeter après, une fois satisfait. Non, il fallait qu'il fasse vraiment attention, il avait Luc, maintenant et Tom ne voulait plus rien dire à ses yeux, n'est-ce pas ?

La fin des cours sonna et Bill se leva pour sortir, non sans avoir lancé au blond sans le regarder :

-Bon, comme on a plus cours de la journée je vais y aller. Je te vois ce soir, chez moi, viens à 18h comme ça tu pourras récupérer quelques notes pour réviser chez toi.

Tom hocha la tête et le regarda partir. Bill lui manquait, son corps lui manquait, être en lui lui manquait. Et il réalisa soudain qu'il en était amoureux. Depuis quand, il ne le savait pas, il l'était et c'était tout. Il était jaloux de ce Luc qui couchait avec Bill, il ne supportait pas les savoir ensemble, Bill lui était important finalement. Et il avait tout gâché, tout. Mais il avait la ferme intention de se racheter et de le récupérer. Il commencerait ce soir même, subtilement du moins, il essaierait, parce que les sentiments c'était pas son fort, il ne savait pas comment s'y prendre mais il allait essayer et regagner le c½ur et la confiance de Bill.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

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Comments :

  • Milla-Nekorelo

    07/06/2012

    oh oh..je sens que je vais aimer la suite!!!!! :D

  • chaos87th

    24/07/2011

    Intéressant. Vraiment.
    C'est quand on perd quelque chose qu'on se rend compte de l'importance qu'elle a pour nous.
    Je pense que ça ne va pas être facile pour Tom de récupérer Bill, mais c'est possible et je me demande par quel moyen il va y arriver ?

  • auro-fanart

    06/09/2009

    J'aime beaucoup l'idée de ce TS, le Billou est vraiment fort quand même de pas craquer...
    Respect Bill !!XD

  • x-ensemble-c-est-tout

    08/05/2009

    Hiii *-*
    C'est quand qu'il y aura une suite ?

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    23/03/2009

    Han! *-*
    £illou en mode hallucination!

    Mais comment ça se fait que je ne savais pas que tu avais commencé à poster un nouvel OS???

    J'adore cette histoire!
    Pétard...déjà ça se passe à la fac...et ça c'est juste LE détail qui me fait adorer ton histoire d'emblé...je ne sais pas pourquoi mais j'aime lorsqu'ils sont étudiants! *-*

    Ensuite le Tom qui s'en fou de Bill et le Bill qui est secretement amoureux de Tom...*-*...c'est juste ce que je préfère aussi dans les multiples combinaisons possible de fanfic!!!

    Le revirement de situation c'est juste ce que j'attendais...j'adore le fait que Tom se rende compte de ce qu'il a perdu...il est trop ans la merte! xD

    Bien évidemment pour la suite j'espère qu'il va se passer plein d"évènement tordus pour que Tom souffre bien et que Bill 'ne se laisse plus faire"!!!

    Je vais d'ailleurs de ce pas continuer ma lecture!!!

    Mais je suis toujours en hallucination...je ne savais pas que t'avais posté un nouvel OS...cachotière va!!!

  • tom-th-tom

    22/03/2009

    j'aime *-*

  • Unsy

    10/03/2009

    Tout d'abord, et pour bien commencer...
    LE TORG NOUS TUERA XD
    D'ailleurs je vois qu'on est d'accord, puisque Georg s'avère être un mauvais coup MDR XD Bah ouais, c'est soit Bill et Tom, soit Tom et sa main droite, mais le reste fonctionne pas...

    Bon plus sérieusement. J'ai juste adoré cette première partie, Caro m'avait parlé de ce new TS, bah je regrette pas de l'avoir commencé (et j'me suis aussi rendue compte que t'avais ce blog depuis un moment alors que je l'avais JAMAIS vu quoi OO)
    Certains passages m'ont été difficiles dans le sens ou j'me suis (encore une fois) trop identifié à Bill... Je sais que j'ai été manipulé (moins explicitement que Bill m'enfin bon) par amour, quelqu'un à profité de mes sentiments, et c'est exactement ça, on veut y mettre un terme mais on peut juste pas, même si on en a pleinement conscience...

    Voilà, je retrouve ton talent là, cette qualité que je ne cesserai de vanter : tu rentres dans la tête des gens, et ce que tu écris c'est juste VRAI. Et c'est ça qui rend l'histoire géniale.

    Je savais que Tom allait être amoureux =p Le vieux cas de "Fuis moi, je te suis, suis moi, je te fuis". J'ai hââââte de lire la suite (qui est, heureusement pour moi, déjà postée, donc j'vais aller la lire de ce pas) Il était temps que Bill prenne sa revanche, et cette histoire avec Luc est excellent. Faut que Tom souffre un peu, y'a pas de raison n__n

  • Ton Angel 3

    08/03/2009

    Aaaaaaaah Chou putain *__*

    Comment peux tu oser me dire que tu veux arrêter d'écrire ?!

    Cette première partie de TS est tout simplement ... Sublime !

    J'adore l'idée... J'adore Tom... Niaark !

    Et je veux la suite !! Crois moi Chérie, tu vas te faire harceler !!!

    Ma Laloune, j'te jure que t'es une auteur merveilleuse...
    Me laisses pas tomber !

    A demain ! Que j'te botte le cul moi !!

    Je t'aime vieux chameau du désert <3

  • Demence-x

    06/03/2009

    Mon dieu quelle première partie ! Je bave déjà sur la prochaine !
    J'aime j'aime j'aime <3 Comme d'habitude c'est évident ! Tout tes écrits sont des merveilles!
    Déjà j'adore le thème, le Tom qui se rend compte qu'il est amoureux, ça, ça nous fait toutes fondre évidement x) Mais en même j'trouve que c'est bien fait pour lui, comportement de merde, conséquence de mer.. bref, j'aime beaucoup ça <3
    Bill, utilisé, j'me sens toujours mal pour lui dans ces cas là c'est affreux! & ce Luc ? Bon dieu ?

    Sinon.. Georg mauvais coup ? Tu as brisé mon fantasme Oo.

    A quand le lemon :DD ?

    Love.

  • PetitCanard269

    03/03/2009

    haaan mon dieuuu

    j'adore trop

    * comm non constructif *

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