[OS] In die nacht

Eh oui ! Moi aussi ! Je me suis dit "Pourquoi j'aurais pas moi aussi un truc qui s'appelle comme ça ? Tout le monde en a fait, d'OS ou de fic, qui s'appelle comme ça, moi aussi je veux le mien !" Donc voilà, je me suis fait plaisir et je me suis fait un :

IN DIE NACHT


« Vous êtes sur Classic FM, il est 23h58 ! Vous venez d'écouter le 'Vol du Bourdon' de Rimsky Korsakov et maintenant nous allons passer la 'Petite Musique de Nuit' de Mozart... »

Tom changea vivement la station radio en grognant :

-Putain, non ! Pas ça ! Je vais finir par m'endormir à force !

Pendant un instant, on entendit, dans le silence environnant de la voiture, le grésillement de la radio pendant qu'il cherchait une station potable qui passerait de quoi le tenir éveillé. Il était tard, Tom était fatigué, une migraine envahissait toute sa tête et il devait forcer sur ses yeux pour observer la route devant lui.

Tom Kaulitz était commercial, il vendait des encyclopédies. C'était un métier qui l'ennuyait fermement mais ça payait les factures et ça le nourrissait. Au début, il avait eu du mal à croire qu'un tel article puisse se vendre correctement, mais c'était un travailleur acharné et il fallait dire qu'il avait la « tchatche », il aurait même réussi à vendre une collection d'encyclopédie à un octogénaire aveugle !

Aujourd'hui il avait dû se rendre dans la campagne, il avait râlé, arguant que personne à la campagne allait acheter des foutues encyclopédies mais son patron ne lui avait pas laissé le choix. Tom avait dû donc passer la journée à aller de maisons en maisons, faire son sourire le plus charmant et son air le plus intéressé et concerné par la vie des habitants du petit village qu'il démarchait.

Ça avait été une journée horrible. Il grimaça. Oui, il avait dû sourire quand un petit garçon s'était essuyé les doigts sur son pantalon, pendant qu'il expliquait à sa mère que c'était important de savoir qui avait inventé l'éplucheur à légumes. Il avait dû sourire quand, dans une autre famille, le bébé qu'il portait, pour amadouer les braves gens, avait malencontreusement rendu son biberon sur tout le devant de sa chemise. Il avait dû sourire quand ce vieux, très vieux couple (même lui n'avait jamais vu des gens aussi vieux et pourtant, il en voyait du monde !) voulut absolument lui faire goûter une liqueur de leur fabrication, ce qui s'était révélé être un tord-boyau qui lui avait brûlé l'estomac et mit la bouche en feu. Il avait dû sourire quand ce même vieux couple insista pour lui faire visiter leur ferme et qu'il trébucha sur un porcelet qui s'était mis à courir dans sa direction et lui avait tourné autour pour finir par se glisser entre ses jambes, alors que le vieux fermier éclatait d'un rire bête et tonitruant et que lui-même couinait comme une fille, effrayé par ce petit cochon qui salissait son pantalon. Il avait dû sourire toute la journée et maintenant, il avait mal aux mâchoires. Et il faisait ouvertement la gueule, maintenant, il n'avait vendu aucune édition.

-Putain de journée !

Il bailla grandement et jeta un ½il dans son rétroviseur. Personne, la route était déserte. Il roulait depuis un moment et il n'avait croisé personne. A croire que la population allemande ne connaissait pas cet endroit, tellement ça paraissait le trou du cul du monde !

Il avait remis « Classic FM », les autres stations étant introuvables, pas étonnant, se dit-il, c'est tellement perdu qu'on capte rien ici ! Il baissa un peu la radio et s'affala dans son siège, il devait être vigilant, même si la route était libre devant lui, il était tellement fatigué qu'il avait peur de s'endormir à tout moment. Il cligna des yeux plusieurs fois et bailla de nouveau. Il claqua sa langue contre son palais, contrarié de constater qu'il était en plus affamé. Le vieux, très vieux couple (maintenant qu'il y repensait, ce vieux couple devait être plus que centenaire, c'était pas possible autrement !) avait insisté pour qu'il déjeune chez eux, il avait rassemblé toute son énergie, l'énergie du désespoir, celle qui vous fait vous débattre dans un dernier sursaut, et rassemblé tout son talent de commercial (et c'était le plus redoutable commercial de sa boîte !) pour refuser. Dépité, il se retrouva, quelques instants plus tard, assis à leur table, à essayer d'avaler une espèce de mixture que la vieille avait préparé avec amour, semblait-il, bien qu'il ne sache toujours pas ce que c'était. Il n'avait pas osé demander, trop peur de ne pas pouvoir avaler alors que les deux le regardaient avec l'air de dire « alors ? C'est délicieux, hein ! ». Il s'était contenté de rouler des yeux d'un air appréciateur, lâchant des « humm » à tout va, poussant l'héroïsme jusqu'à soupirer de plaisir et...faillit vomir quand la vieille dit, entre deux bouchées qui laissaient voir ses gencives édentées par place :

-C'est de la tripaille de veau !

Il n'avait pas su si la vieille plaisantait, il préférait croire que oui, mais le reste du déjeuner en fut entièrement compromis.

Son visage s'assombrit davantage quand il repensa à tout ça. Et dire qu'il devrait revenir le lendemain...Il eut un petit sourire en pensant qu'il pourrait peut-être éviter la corvée en se mettant dès demain matin en arrêt maladie, il appréhendait tellement ! Mais il savait qu'il reviendrait, il aimait les défis et là, c'en était un grand ! Et puis somme toute, ces gens étaient adorables, accueillants. Il avait été impressionné de voir leur façon de vivre, simple et humble.

Une douce chaleur régnait dans la voiture et la musique l'apaisait doucement. Sa tête dodelina un peu et il ouvrit les yeux avec brusquerie, il ne se souvenait pas les avoir fermé. Il faisait noir partout autour de lui et hormis sa musique, il n'y avait aucun bruit. Il cligna des yeux plusieurs fois, bailla encore et sursauta violemment. Dans la lumière de ses phares, une silhouette venait de faire son apparition, deux yeux effrayés le fixèrent à travers son pare-brise. Tom la vit au dernier moment et braqua de toutes ses forces, déportant sa voiture sur la droite et roulant dans l'herbe, s'arrêtant au dernier moment près d'un gros arbre, pour éviter la personne qui était à vélo et qui s'était arrêtée en plein milieu la route, trop surprise pour réagir.

Tom poussa un gros juron et freina brutalement, ouvrit sa portière à la volée et se précipita vers le coupable en lançant des jurons pour laisser sortir toute la peur et la surprise qu'il avait eu.

-Putain ! Bordel de merde ! Non mais...Putain ! Ça va pas de vous foutre en plein milieu comme ça ?

La personne était toujours sur son vélo et le regardait toujours effrayé. Tom s'avança, inspira un bon coup pour terminer de se remettre et demanda :

-Bon. Ça va ?

Il distinguait à peine son vis à vis, il faisait trop noir. Il pouvait juste voir que la personne portait un pantalon, avait l'air mince mais c'était tout. Une voix hésitante s'éleva, lui faisant comprendre que c'était un homme :

-Oui, moi ça va. Et vous ?

-Bin ouais, ça va aussi, mais bon sang, vous devriez faire attention ! Un peu plus et je vous roulais dessus !

-Désolé.

La voix se fit petite, honteuse. Après quelques secondes de silence, la personne dit :

-J'ai une roue percée, j'ai pas eu le temps de me mettre sur le côté et je vous ai pas entendu arriver, votre voiture fait pas de bruit et j'ai pas fait attention aux phares.

-Je sais pas comment vous avez fait pour pas faire attention à mes phares, il fait noir partout mais on voit que ça !

Tom essayait de distinguer à quoi l'homme en face de lui pouvait bien ressembler, mais il ne voyait pas grand chose. Il demanda :

-Alors comme ça, vous avez une roue foutue ?

-Oui.

Pas très éloquent cet homme, pensa t-il. Il prit rapidement sa décision :

-Bon, écoutez, j'ai bien failli vous tuer ce soir, je suis ravi que ce soit pas le cas. Vous habitez loin ?

-Non, pourquoi ?

-Venez, je vais vous ramener. On essaiera de trouver un moyen pour amener votre vélo. Mais au moins, je serai sûr que vous rentrez chez vous sain et sauf.

-D'accord.

L'homme parlait peu mais sa voix était douce. Tom lui fit signe de le suivre jusque sa voiture et voulut empoigner le vélo mais l'homme secoua la tête vivement, Tom retira sa main brusquement :

-NON ! Non, laissez. Je...On va laisser le vélo ici, je reviendrais le chercher demain matin.

-Mais...Mais c'est ridicule ! Je peux le prendre dans ma voiture, ça me gêne pas, je vous dis ! On va pas le laisser là, quelqu'un pourrait le voler !

-Non. Personne ne le volera. Je le laisse là.

Tom le regarda, encore plus étonné mais fit comme l'homme lui dit. Il alla donc vers sa voiture en invitant son passager à faire de même. Il voulut enfin découvrir le visage de cet étrange personne mais à peine fut-il installé au volant et que les portières furent refermées, la petite lumière du plafond s'éteint et il ne put qu'à peine voir son passager. Il soupira et dit :

-Bon. Vous m'indiquez comment me rendre chez vous ?

-C'est pas loin. C'est à quelques mètres.

Tom démarra et ils roulèrent silencieusement jusqu'à ce que l'homme dise :

-Arrêtez-vous. On y est.

Devant lui, dans le noir, se dressait une maison dont toutes les lumières étaient éteintes. Son passager sortit et il fit de même, le suivant jusqu'à la porte d'entrée que l'homme ouvrit. Et enfin il put voir le visage de cette autre personne dont la voix était si claire et douce à ses oreilles. C'était un jeune homme, un androgyne aux cheveux longs, d'un noir ébène. Sa beauté était lumineuse, irréelle même. Tom vit avec surprise du maquillage noir autour de ses yeux et du gloss transparent qui rendait ses lèvres brillantes. Il était vraiment magnifique et dégageait un charisme indéniable. Le jeune homme prit alors la parole en lui souriant un peu, devinant sa question muette :

-Je m'appelle Bill.

Tom hocha la tête et répondit :

-Moi c'est Tom.

Mais Tom avait la gorge serrée sans savoir pourquoi. Il sentit une forte douleur dans sa poitrine et ses jambes vacillèrent un peu. Il trébucha un peu et Bill se précipita sur lui pour l'empêcher de tomber. Il demanda d'un air inquiet :

-Ça va ? Tu devrais t'assoir, est-ce que tu as mangé ?

-Pas beaucoup.

Tom fut conduit jusqu'au salon et après l'avoir aidé à s'assoir, Bill alla lui chercher de quoi arrêter le malaise hypoglycémique qu'il faisait en expliquant d'une voix désolée :

-J'ai pas grand chose, mais du jus frais ferait certainement l'affaire. Attends-moi, je reviens de suite.

Tom observa le salon pendant que son hôte s'affairait dans la cuisine. La pièce était simple mais poussiéreuse, comme si personne ne se préoccupait pas d'y faire le ménage. Le mobilier était vétuste et restreint, une vieille télévision trônait dans un coin et c'était vraiment un très vieux poste. Bill revint avec un verre de jus et le lui tendit, disant simplement :

-Tiens, bois. C'est du jus d'orange, j'ai rien d'autre.

Tom le prit et l'avala d'un coup. Bill prit place en face de lui et l'observa attentivement, le gênant profondément sans qu'il ne sache pourquoi. Tom reposa le verre sur la table basse en verre et dit :

-Merci, ça fait du bien. Tu habites tout seul ici ?

Ils étaient passé naturellement au tutoiement, certainement ils avaient le même âge, ça s'était fait comme ça. Bill hocha simplement la tête et Tom fut un peu agacé de le voir si peu éloquent. Bill parlait peu, très peu, il se contentait de regarder Tom et son regard était troublant. Il porta une main et dégagea son front de la frange qui barrait ses yeux et coinça une mèche derrière son oreille. Tom nota aussi qu'il avait du vernis noir sur les ongles et des mains aux doigts longs et fins. Et quand Bill lui sourit doucement de nouveau, Tom comprit qu'il était en train de tomber sous son charme.

Tom était gay, tout son entourage le savait parce qu'il ne s'en cachait pas. Il sortait d'une relation difficile et s'était juré de ne plus tomber amoureux. Qu'est-ce qu'il lui prenait ce soir ? Il ne connaissait même pas ce jeune homme, il ne savait rien de lui, ils parlaient à peine ! Qu'est-ce que c'était que cette attirance qui le secouait violemment quand le brun ancrait son regard dans le sien ? Il ne se rendait pas compte qu'il détaillait depuis un long moment alors que ce dernier soutenait son regard avec insistance, sans détourner les yeux, se contentant de sourire un peu plus. Tom sursauta un peu quand Bill prit la parole :

-Tu vas mieux ?

-Oui, merci. J'ai du mal à croire qu'un jeune comme toi habite ce village, tout seul !

Bill avait froncé un peu les sourcils :

-Comment ça « comme moi » ?

-Bin...Ton style et tout, quoi ! Tu ressembles pas aux gens de ce village, t'as l'air plutôt de la ville.

-Toi non plus tu n'as pas un style très...conventionnel...

En effet, Tom portait de longues dreads blondes retenues sur le sommet de sa tête négligemment en queue de cheval. Cela contrastait bizarrement avec son costume de VRP mais ça lui allait très bien. Il avait chaud dans sa veste grise et triturait ses mains nerveusement. Bill expliqua, toujours en peu de mots :

-J'habitais la ville, c'est vrai. J'étais juste venu en vacances chez mes grands-parents.

-Et finalement tu es resté ? Ça t'a plut autant que ça ?

Bill hocha la tête. Tom demanda alors, regardant partout :

-Mais...Tes grands-parents ne sont pas là ?

-Non. Ils sont chez ma tante qui habite dans le village d'à côté. Ils y habitent depuis...depuis un moment.

C'était frustrant cette manière qu'avait le brun de répondre à demi-mots, les yeux toujours dans ceux de Tom. Ce dernier frotta un peu son menton et dit, hésitant :

-Bon je...faut que j'y aille, j'ai encore de la route à faire. Faut que j'y aille, ouais.

Bill se contenta une fois de plus d'hocher la tête mais dit :

-Tu es sûr ? Il est tard, tu es fatigué, tu as failli t'endormir au volant j'en suis sûr. Tu devrais vraiment rester, au moins pour la nuit et tu partirais demain matin, ce serait...plus prudent !

C'était la première fois qu'il prononçait une longue phrase. Sa voix envoûtait totalement le dreadé et il s'était levé en parlant pour se rapprocher de lui et Tom paniqua en sentant les battements de son c½ur s'accélérer. Il secoua la tête et dit :

-Non je...ça va aller. Je suis bien réveillé, maintenant ! Et tu m'as fait tellement peur que je risque pas de m'endormir de si tôt, pas question que j'aille écraser quelqu'un !

Bill se mit à rire doucement et ce fut comme une douce musique à ses oreilles. Tom se leva et lui tendit la main :

-Merci, Bill. Et encore désolé de t'avoir...d'avoir failli te...Bref, content qu'il se soit rien passé de plus fâcheux. Et merci pour le jus, ça m'a fait du bien, mais faut que je parte, maintenant.

Et il ajouta mentalement pour lui-même « Avant d'être incapable de le faire, surtout si tu continues à me regarder comme ça... ». Il fallait qu'il parte, rapidement, Bill le mettait dans un état qu'il n'arrivait pas à contrôler, il ne se comprenait pas. Jamais avant il ne s'était enflammé pour quelqu'un à ce point. Il n'avait pas envie de partir et c'était ce qui le paniquait. Tom se retourna et sentit Bill se rapprocher dans son dos, poser une main dans le creux de ses reins et dire :

-Je te raccompagne, si tu es sûr de vouloir partir maintenant...

La main dans le bas de son dos le brûlait et il se sentait frissonner. Il se laissa guider à la porte d'entrée mais avait de moins en moins envie de partir. Arrivés à la porte, Tom se retourna et dit, sous l'impulsion :

-Je...avant de...avant de partir, je peux utiliser tes toilettes ?

Bill hocha la tête :

-En haut, deuxième porte à gauche.

Il se mit de côté pour laisser Tom passer et le blond sentit son regard dans son dos pendant qu'il montait rapidement les escaliers. Il trouva les toilettes et se soulagea rapidement. Une fois terminé, il voulut se rendre à la salle de bains pour se laver les mains et trouva la pièce juste à côté. Il fut étonné de voir que la salle d'eau ne comportait...rien ! Ni serviettes, ni savon, ni vêtements, rien ! Il se lava les mains très vite et les essuya sur son pantalon, tant pis ! De toute façon, avec cette journée désastreuse, son costume était fichu, tout sale, alors un peu plus ou peu moins...

Il sortit dans le couloir et voulut redescendre mais en passant devant une porte entrebâillée, sa curiosité fut plus forte que tout. Il hésita quelques secondes, à quoi pensait-il donc ? Il n'allait quand même être rustre au point de fouiller, si ? Il n'allait pas oser ? Mais la curiosité fut plus forte que tout et il poussa la porte. Il s'avança timidement dans la pièce et comprit, au décor, qu'il était tombé sur la chambre de Bill. De grands posters étaient épinglés sur le mur, des posters d'un groupe de rock très connu. Mais son étonnement fut à son comble quand il remarqua le lit d'une place qui était nu de toute parure ! Il y avait juste une grande armoire et un bureau. Et rien sur les étagères ! Est-ce que Bill lui avait menti quand il disait habiter là ? A moins que ça n'était plus sa chambre ? Tout un tas de questions tournaient dans sa tête mais il n'eut plus le loisir de penser quoi que ce soit quand il sentit une présence derrière lui et une voix claquer :

-Qu'est-ce que tu fais là ?

Tom sursauta et se retourna vivement, rougissant comme un adolescent qui venait de se faire prendre en flagrant délit de « fouille impolie ». Il s'excusa en bégayant :

-Désolé...je...je voulais pas...j'ai...je...

Mais Bill s'avança lentement vers lui et dit simplement :

-C'est pas grave. Je t'attendais, Tom.

Les yeux de Tom s'ouvrirent grands comme des soucoupes. Bill n'était même pas furieux de l'avoir surpris dans sa chambre. C'était comme s'il s'y était attendu. Plus il avançait vers Tom, plus celui-ci reculait vers le lit sans même s'en rendre compte. Quand le brun fut suffisamment proche pour que son odeur l'étourdisse pleinement, il reprit un peu de lucidité et demanda :

-Tu...m'attendais ?

-Oui. Je t'attends depuis si longtemps, Tom. Depuis des mois. Je savais que tu viendrais...Et enfin tu es là...

Bill leva une main et la posa sur sa joue pour la caresser doucement. Son toucher le fit frémir, la caresse était évanescente, surréaliste. Sa main était douce comme du coton, Bill l'effleurait à peine et il devait lutter pour garder les yeux ouverts. Il se sentit poussé vers l'arrière et tomber sur le lit, à même le matelas et souffla :

-Mais...On se connait même pas ! Je te connais pas...Comment tu...

Il sursauta une nouvelle fois en sentant le brun s'assoir sur ses genoux. Il était léger comme une plume et Tom avait l'impression de rêver. Bill encadra de ses mains son visage et se pencha sur lui :

-Je le sais, c'est tout. Je savais que tu viendrais...

Son haleine chaude frappait son visage et éveillait tous ses sens, mettant ses nerfs à fleur de peau. Tom se dit un instant qu'il s'était endormi et qu'à tout moment, il allait se réveiller pour découvrir que tout cela n'était qu'un rêve. Jamais avant il n'avait connu une situation comme celle-ci. Il avait déjà eu des aventures sans lendemain, rencontrant des personnes dans un bar et couchant avec celle-ci très rapidement avant de repartir pour ne plus jamais la croiser, mais jamais il n'avait connu quelqu'un comme Bill, si fluide, si doux, si...étrange !

Mais il avait eu comme un coup de foudre et même s'il ne comprenait rien à ce qui se passait, il savait qu'il avait envie. Envie de le toucher, de se laisser toucher, envie de croire Bill quand il disait qu'il l'attendait et que c'était prévu. Envie de tout ce qui allait se produire par la suite.

Ils venaient de se rencontrer, ils avaient très peu parlé, tout était trop bizarre pour être réel mais il se laissa faire quand Bill se pencha un peu plus et vint caresser sa bouche de la sienne tout doucement. Il sentait à peine le poids du jeune homme sur lui mais sentait clairement son excitation. Bill lui parlait doucement, bougeant sensullement son bassin sur Tom et ça le rendait dingue. Il murmurait tout en lui léchant les lèvres :

-Ça fait si longtemps que je t'attends, je croyais que tu viendrais plus...Enlève ta veste...

Tom se redressa un peu et aida Bill à lui retirer sa veste. Le regard du brun était incandescent. Il était noir de désir, il respirait fort. Tom avança la tête et posa sa bouche dans son cou, lui faisant rejeter brutalement la tête en arrière en soupirant. Bill lui caressait le visage et l'embrassa profondément, collant son torse au sien. Son corps était chaud contre celui de Tom et leurs langues tournoyaient ensemble dans une danse lente et affolante. Bill s'arrêta et murmura encore :

-Déshabille-moi...

Et Tom s'exécuta, sans chercher à comprendre davantage. Le brun ordonnait et lui, il lui obéissait. C'était la suite logique, la seule suite logique qu'il arrivait à saisir dans toute l'absurdité de cette situation. Il passa une main sous le tee-shirt moulant de Bill et caressa tout son dos, l'embrassant toujours plus et décolla sa bouche au dernier moment pour faire passer le haut par dessus la tête brune. Il resta quelques secondes hors service, interloqué, fasciné par la blancheur du torse de Bill, sa peau lui paraissait douce au toucher, plus douce qu'un nuage, plus douce qu'un rêve, plus douce que de la soie. Il avança les mains et caressa lentement tout le buste qui s'offrit à lui, satisfait de sentir la chair de poule sous ses doigts. Il ne put que souffler :

-Tu es...magnifique...Tu es si doux, Bill, tu me rends dingue...

Bill se frottait toujours langoureusement contre son érection qui devenait de plus en plus douloureuse. Il sentit bientôt les mains du brun ouvrir un à un tous les boutons de sa chemise et ses mains à lui dégrafèrent le jean de Bill en tremblant. Le brun se releva et Tom abaissa d'un coup sec le pantalon jusqu'à ses cuisses et remarqua enfin que son pantalon à lui était baissé jusqu'aux chevilles, quand est-ce que cela s'était produit ? Il était tellement excité qu'il n'avait même pas remarqué que Bill l'avait habilement un peu déshabillé, lui laissant sa chemise ouverte et le pantalon baissé. C'était encore plus érotique comme ça, d'être nu sans l'être totalement. Bill ne s'embarrassa pas à retirer son jean et le laissa simplement tomber à ses chevilles. Il était debout devant Tom et enfouit sa main dans son minuscule boxer en faisant un sourire en coin.

Tom défaillait complètement, Bill était complètement indécent. La main qui bougeait dans le sous-vêtement montrait qu'il se caressait tout en regardant Tom. Il couinait doucement et son regard noircit un peu plus quand il vit Tom passer une main dans son boxer pour se toucher à son tour, grinçant entre ses dents :

-Putain...Tu m'excites tellement ! Si tu viens pas tout de suite...je te jure que je vais...

Bill l'encouragea, se touchant aussi toujours :

-Oui...Caresse-toi encore, Tom...Caresse-toi pour moi...

Tom gémit et se caressa plus fort, les yeux ancrés dans ceux du brun. Il avait envie de plus, s'il continuait comme ça, il allait venir dans sa main et il préférait largement pouvoir le faire à l'intérieur du brun. Mais Bill arrêta bientôt et le regarda retirer sa main pour abaisser d'un coup sec son boxer et le faire glisser sur ses cuisses jusqu'à tomber sur ses chevilles pour rejoindre son pantalon. Tom avança un peu sur le bord du lit et attrapa ses hanches pour l'amener un peu plus à lui. Tom avait remarqué une étoile tatouée sur son aine et voulut absolument y poser la bouche. Il retraça le contour avec le bout de sa langue et embrassa la parcelle de peau tatouée, arrachant des soupirs de plaisir et des gémissements envieurs que Bill lui donnait, la tête rejetée en arrière. Il parlait toujours et Tom se demanda un instant s'il avait conscience d'être si délicieusement obscène :

-Haaan...Ta bouche, Tom...Si chaude...Mets encore ta bouche sur moi...

Tom caressait l'arrière de ses cuisses et remontait parfois agripper ses fesses. Il sentait l'érection du brun tout contre son cou et voulut d'un coup lui faire plus de bien encore pour l'entendre gémir encore plus. Mais pendant qu'il mordillait et léchait l'aine tatouée, il entendit un ordre lancé d'une voix envoûtante :

-Suce-moi Tom...Prends-moi dans ta bouche...

Le dreadé gémit longuement et crispa les doigts dans la peau de ses cuisses en le guidant vers sa bouche. Bill posa une main sur son épaule et l'autre sur sa tête, le regardant fermer les yeux en déposant plein de petits baisers sur sa verge. Tom caressa ses fesses et passa le bout de sa langue sur toute sa longueur avant de léchouiller le gland et de retracer le contour plusieurs fois pendant que Bill gémissait plus fort et suppliait :

-Dans ta bouche, Tom...Mets la dans ta bouche...Maintenant...

Tom s'amusait à le faire languir et continuait de suçotait uniquement le gland qui perlait un peu, descendre la langue sur la verge tendue, la passer sur les bourses et les aspirer dans sa bouche. Mais Bill, à bout, liquéfié et impatient, attrapa la tête de Tom d'une main et saisit son sexe dans l'autre pour l'amener à la bouche de Tom pour pousser à l'intérieur. Le blond l'accueillit facilement et pendant quelques secondes laissa Bill tenir sa tête des deux mains, avancer ses hanches par saccades pour s'enfoncer de lui-même dans sa bouche chaude et humide. Lui-même maintenait le rythme en faisant aller et venir ses hanches un peu plus loin dans sa bouche. Il cognait parfois le fond de sa gorge qui se contractait et Bill poussait maintenant des petits cris qui l'excitaient un peu plus.

Mais ce traitement était trop pour le brun qui se sentait presque venir. Il repoussa la tête de Tom et s'agenouilla entre ses jambes pour lui infliger les mêmes tortures. Il l'engloutit sans prévenir et Tom ne put que crier quand il sentit Bill le sucer profondément, l'aspirer, creuser les joues en remontant la tête pendant qu'il pinçait ses tétons et frottait parfois la paume de sa main dessus. Tom se tordait dans tous les sens et gémissait sans relâche, Bill était vraiment trop doué. Il plaquait son piercing à la langue sous le sexe de Tom et appuyait sur la veine gorgée de sang, faisant secouer le corps du blond de soubresauts tellement les sensations étaient intenses. Bill alternait entre vitesse et lenteur et caressait ses flancs du revers de ses doigts.

Puis, il s'arrêta soudain et Tom put enfin rejeter l'air qui s'était bloqué dans sa gorge, il était proche, très proche. Le brun l'enjamba de façon à s'assoir sur lui mais avant, Tom hoqueta en le voyant tenir son sexe dans sa main, sortir le bout de la langue pour la faire tournoyer sur son gland plusieurs fois et laisser sa salive couler en abondance sur son pénis. Il l'attrapa une nouvelle fois par les hanches et l'aida à s'empaler sur lui, frissonnant violemment en sentant le corps du brun s'ouvrir pour lui. Le brun s'abaissa totalement et se mordit la lèvre inférieure, les mains posées sur le torse de Tom.

Ils enchaînèrent des mouvements amples, Bill montant et descendant sur lui pendant que lui même donnait de grands coups de bassin vers le haut, cognant durement dans la prostate du brun qui criait d'une voix enrouée son plaisir et gémissant difficilement son prénom. Tom devenait de plus en plus fou, le corps de Bill était étroit et chaud tout autour de lui, il l'enserrait fortement. C'était le meilleur coup qu'il n'avait jamais eu, la meilleure partie de baise comme jamais aucun partenaire ne lui avait donné. Pas un instant Tom ne s'inquiéta de l'absence de lubrifiant ou de préservatif, tout lui paraissait encore une fois normal, naturel, évident.

Bill se pencha et vint réclamer sa bouche, enfonça sa langue au même rythme que le sexe qui entrait en lui et sa main venait tirer les dreads de Tom, lui faisant perdre la tête un peu plus. C'est alors que le brun s'immobilisa sur lui et adoucit le baiser, bouleversant Tom par tant de douceur à travers toute cette bestialité. Le blond profita de l'instant pour caresser amoureusement son dos et sa nuque pendant que Bill entamait des petits coups de bassins circulaires, obligeant Tom à frotter contre sa prostate et le faisant gémir dans sa bouche.

Et Bill se retira, faisant grogner son partenaire de frustration et se mit à quatre pattes sur le lit en chuchotant :

-Je te veux comme ça, maintenant...Viens...Baise-moi comme ça...

Tom s'approcha de lui, attrapa ses mains pour les poser contre le mur et l'embrassa dans le cou en frottant son sexe entre ses fesses. Il écarta les fesses de Bill et poussa pour entrer en lui une nouvelle fois, faisant basculer la tête brune dans son cou. Il voulait y aller doucement mais était trop excité pour cela, la chaleur du brun l'appelait et il n'arrivait pas à se retenir, il alla de suite fort, râlant et gémissant pendant que le corps du brun partait vers l'avant à chacune de ses pénétrations. Tom posa une main dans le pli de sa cuisse, près de son aine et tenait Bill fermement contre lui. Ils haletaient tous deux, gémissaient, criaient. Leurs corps transpiraient et des bruits de peaux tous obscènes remplissaient la chambre.

Bill avait les mains posées à plat sur le mur et suffoquait littéralement. Il se pencha un peu, cambra le dos de façon à ce que Tom heurte plus vivement sa prostate. C'était très fort pour tous les deux, ils auraient voulu que jamais cela ne s'arrête et tentaient de retenir l'orgasme qu'ils sentaient venir du plus profond de leurs entrailles, inévitablement. Ils se criaient des obscénités et tout un tas de jurons qui les chauffaient encore plus et Tom avait maintenant agrippé les épaules de Bill pour le pousser plus durement sur son sexe. Il allait vite, fort et regardait le dos de l'androgyne se couvrir d'un fin voile de sueur. La chaleur l'étourdissait, ses oreilles bourdonnaient, il n'était conscient que du corps fin qui glissait autour de son sexe, qui se contractait méchamment et qui bougeait indécemment sous ses accoups désordonnés.

Tom l'attrapa par les cheveux pour l'amener à lui et ils échangèrent un baiser vulgaire et passionné pendant que le blond lui caressait le sexe rapidement. Les langues s'enroulaient dans la bouche l'un de l'autre et dérapaient parfois tellement ils étaient brutaux. Bill passa une main dans son dos et caressa la nuque de Tom, descendit pour griffer sa cuisse en recevant un coup particulièrement brutal et tint une fesse du blond en gémissant sans cesse des « encore...baise-moi plus fort... » et Tom obéissait encore, perdant toute notion et répondait par des « Bill...Putain... ».

Bill creusa un peu plus le dos et baissa la tête entre ses bras et pendant que sa prostate se faisait délicieusement malmenée, il laissa sa semence gicler entre les doigts de Tom en criant :

-Je vais...Je jouis, Tom...

Il relâcha de suite tous ses muscles, complètement affaibli et se laissa tomber souplement sur le torse, plié en deux pendant que Tom poussait encore quelques dernières fois vers le haut, buttant directement contre son point de plaisir, prolongeant son orgasme pendant qu'il fermait très fort les yeux sous l'intensité et la puissance de sa jouissance. Il sentit quelques battements distincts à l'intérieur de lui, lui indiquant que Tom jouissait violemment à son tour les doigts crispés dans ses hanches et le souffle court. Tom le tint contre lui pendant quelques secondes sans bouger et se retira doucement avant de se laisser tomber sur le côté. Il attira le brun contre lui et ce dernier, toujours dos à lui, tourna la tête pour échanger un baiser lent et tendre, contrastant avec la bestialité de la partie de baise qu'ils venaient d'avoir. Ils s'embrassèrent pendant un long moment mais Bill finit par se détacher en disant :

-Euh...Je suis tout mouillé de ton sperme, là...Attends-moi là.

Il se leva et sautilla un peu, sans remonter son boxer et son jean, jusqu'à la porte pour aller chercher de quoi se nettoyer. Tom le regarda partir en rigolant un peu en voyant sa démarche si comique. Il soupira et se releva pour remonter ses propres vêtements et s'éventa avec sa main, il était tout mouillé, tout collant, il avait eu si chaud...

Il s'avança distraitement près du bureau et, remarquant qu'il n'entendait plus Bill, appela :

-Bill ? T'as fini ? Tu fais quoi ?

Il ouvrait machinalement un des tiroirs du bureau et fronça les sourcils quand il remarqua une pochette transparentes avec, semblait-il, des articles de journal dedans. Sa curiosité fut relancée et il saisit la pochette. Une photo en noir et blanc illustrait un article. Bill y figurait, souriant grandement, toujours aussi magnifique mais l'article lui glaça le sang :

« Bill Trümper, écrivain prometteur de 24 ans, est décédé ce week-end lors de ses vacances dans le village de S...où résident ses grands-parents qui ont déménagés depuis par cause de trop de chagrin. Il aurait été victime d'un chauffard pendant qu'il rentrait à son domicile à vélo, il a été tué sur le coup. Le chauffard est activement recherché suite à son délit de fuite, toute aide et renseignements seraient grandement appréciés. »

Tom ne put lire la suite, il sentit sa bouche s'assécher, ses jambes trembler au point de défaillir et se raccrocha au bureau en trébuchant. Non...Ce n'était pas possible...Bill, ce Bill avec qui il venait de coucher était...mort ? Il sursauta en entendant :

-Oh, tu l'as trouvée...

Il se retourna et recula farouchement, effrayé :

-NON ! T'approche pas ! C'est quoi ? C'est une blague, c'est ça ? C'est une putain de blague ?

Bill s'approcha doucement et dit, le plus doucement possible :

-N'aies pas peur, Tom...C'est vrai, tout ce que dit l'article est vrai.

Tom s'écria, confus et désespéré :

-Mais...Mais je te vois ! Je...Je t'ai touché ! Je t'ai...On a...Putain c'est quoi ? On vient de...Je t'ai touché et t'es réel ! Réel !

Bill lui sourit gentiment et Tom fut encore plus effrayé. Qu'est-ce que c'était que cette plaisanterie ? Il baissa les yeux sur l'article, reconnut encore Bill sur la photo, relut rapidement les mots « décédé...victime...tué sur le coup » et paniqua encore plus. Ça ne pouvait pas être vrai, il avait touché, embrassé, caressé un corps réel et là, il avait la preuve de quoi ? Que ça n'était qu'un...fantôme ? Il était horrifié. Bill le regardait toujours en souriant et Tom comprit soudain pourquoi la maison avait l'air vide et abandonnée. Le brun expliqua brièvement :

-J'ai été tué sur la route où tu m'as trouvé, Tom. Ça fait un an, aujourd'hui, jour pour jour. On n'a jamais retrouvé le chauffard qui m'a renversé.

Tom n'arrivait à dire quoi que ce soit, ni un mot, ni un son, il pouvait à peine déglutir. Soudain, il se souvint d'une phrase qu'avait lancé Bill plus tôt, il put reprendre un peu de courage pour demander :

-Tout à l'heure, tu as dit que tu m'attendais ! Pourquoi ? On se connait même pas !

Bill lui dit simplement :

-Viens avec moi.

Tom hésita quelques secondes mais ne put s'empêcher de le suivre jusqu'au dehors de la maison. Après tout, ils venaient de coucher ensemble, Bill aurait eu tout le temps de lui faire du mal s'il en avait l'intention or il ne l'avait pas fait, il lui avait même procuré un bien-être indescriptible. Il n'arrivait de toute façon pas à commander son corps qui suivait le brun sur toute la petite route. Il faisait nuit noire mais Tom y voyait correctement. Il remarqua alors ce auquel il n'avait pas prêté attention plus tôt, les lampadaires étaient allumés et éclairaient la route d'une lumière orangée.

La gorge du blond était serrée, il se sentait comme devant un thriller horrible mais cette fois, c'était lui l'acteur principal. Il espérait encore que Bill allait éclater de rire en lui disant que c'était une blague et qu'il avait été piégé par des caméras cachées. Il espérait encore qu'il allait se réveiller mais constatait qu'il suivait le brun sur la route déserte et aperçut bientôt sa voiture au loin. Bill s'arrêta soudain, se tourna vers lui et dit :

-Tom je...je suis désolé, j'aurais voulu que tu l'apprennes autrement...Je ne veux pas que tu aies peur de moi, je ne te ferais aucun mal, fais moi confiance.

-Confiance ! Mais putain, on se connait même pas ! On...tu...T'es en train de me dire que...Je viens d'apprendre qu'en fait je viens de baiser avec un mort et tu...On fout quoi ici, d'abord ?

-Viens.

Bill lui fit de nouveau signe de le suivre et rajouta plus bas :

-Je suis désolé, Tom...Vraiment désolé...

Ils s'approchèrent enfin de la voiture et Tom sentit ses genoux fléchir. Il ne sut quelle force le retint debout mais regarda avec horreur sa voiture. Elle était encastrée dans un arbre, gros et immense, tout l'avant était entièrement enfoncé, le pare-brise éclaté, la voiture complètement réformée. Tom se sentit trembler, il s'approcha un peu plus, lentement, refusant la vérité qui s'imposait à lui. Il peina à regarder par la vitre du côté conducteur et entendit dans son brouillard de confusion la voix douce de Bill :

-Je suis désolé que tu l'apprennes comme ça, Tom. Mais je savais que tu allais venir. Je le savais et en fait...je suis venu te chercher...

Dans la voiture, un corps était penché sur le volant, le visage tourné vers la vitre, face à celui qui le regardait. Le corps à l'intérieur était inanimé, sans vie même, du sang plein le front et le visage et les yeux grands ouverts. Et il se reconnut, c'était son propre corps à l'intérieur. Il était mort...


Fin

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Comments :

  • The-Happiness

    11/12/2012

    J'ai franchement adoré !!! :)

  • Geisterfahrer-twincest

    29/02/2012

    oh nom de Dieu pourquoi je lis cette histoire à cette heure-ci ? je vais faire des cauchemards j'ai les larmes aux yeux o.0 sinon bah ... super bien écrit quoi :D

  • chaos87th

    14/07/2011

    C'est assez gore... mais j'adore ^^
    C'est clair que pour être original c'est original celui-là.
    J'ai énormément adoré.

  • xx-gothiqua-arwena-xx

    08/04/2011

    Mais t'as vraiment une immagination débordante!!!C'est incroyable!!!! Franchement cela là c'est mon histoire préférée,comme j'ai bien les trucs qui foutent les pétoches sa m'éclate de la relire encore et encore le soir.^^ Surtout continu.

  • Drei-Sterne

    09/02/2011

    Ohmondieu.

    Alors, euh, bon. Je sais pas comment, quoi dire. J'ai eu des énormes frissons quand Bill a dit pour la première fois qu'il attendait Tom. J'me suis dit "ok, ok, ça va merder tout ça". Mais.. C'est hyper bien écrit, c'est pfoua, et le lemon, enfin tout quoi. Mais, wow cette idée est énorme, très bien trouvée, folle et totalement époustouflante! Je m'attendais pas à ça, du tout, j'étais à 400 km de la vérité. Merci pour ça, milles bravo!

  • th-in-disney-world

    15/09/2010

    Oh la... Je me suis demandée s'il était possible que Tom soit le chauffard ou quelque chose, mais ça...
    Il est mort.... Avant de se "réveiller" et d'éviter de renverser Bill non ? Il est mort parce qu'il s'est endormi au volant....

    C'est sûr que ça fait un choc. Pour lui et pour les lecteurs !

    Laura67

  • vomit-is-glamourous

    29/06/2010

    Un seul truc. Oh. Mon. Dieu. Sérieux j'en ai presque pas dormi. J'ai lu ça en plein milieu de la nuit , Grave erreur! Très bon boulot. Bisous.

  • c0-ra-ly

    13/06/2010

    Bouuh ça fou la chair de poule se truc x)
    Super cet os :)

  • naughtymily

    11/02/2010

    Houlà, c'est chaud bouillant cette histoire ! Et je ne m'attendais absolument pas à la fin ! Très bien trouvé et très bien ammené ! Chapeau, on en redemande ! Bises

  • provocation-ya-oi

    30/12/2009

    c'est vrai que ce magnifique lemon je l'ai un peu lu en diagonale: on sentait bien que quelque chose n'allait pas...

    une petite remarque par rapport au préambule, comme quoi tout le monde avait une fic ou un os du nom de in die nacht: tout le monde en a, mais personne n'a jamais écrit un truc comme ca, aussi merveilleux =)

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