[OS] Boomerang

Je sais, je sais, pourquoi commencer un nouvel OS quand d'autres ne sont pas finis ? Tout simplement pour vous remercier de visiter mon blog, pour vous faire patienter pour les suites qui arrivent très bientôt, pour avoir aussi vos avis. Celui-là ne sera pas long mais posté en deux partie. Et oui, désolée pour ça...Mais j'ai promis que ça serait pas long, ce qui fait que certainement demain, vous allez avoir tout un tas de suite qui va arriver...



BOOMERANG


Un péché c'est un boomerang que tu lances, qui te revient infailliblement sur la figure et qui te la défonce.

Léo-Paul Desrosiers


Il est déjà tard dans la nuit quand la porte d'une chambre universitaire s'ouvre doucement et qu'un corps se glisse furtivement dans la pièce. Le jeune homme qui vient d'entrer s'arrête un instant et laisse ses yeux s'habituer à la pénombre avant d'enlever sa veste en faisant le moins de bruits possible. Puis il s'avance un peu et sans quitter le lit des yeux, il se déshabille entièrement. Il sourit un peu quand il constate qu'il n'a pas réveillé la personne qui est allongée, blottie sous la couette. Il soulève un pan et s'allonge, rapprochant immédiatement son corps pour le coller contre celui qui dort encore. Ce dernier finit par sentir le mouvement derrière lui et émerge lentement. Il sourit lui aussi quand le nouveau venu glisse une main sur sa hanche et la caresse, tout en lui embrassant la nuque. Il se retourne et noue ses bras autour de celui qui lui fait face maintenant :

-T'as vu l'heure qu'il est ? Tu sais depuis combien de temps je t'attends ? T'es tout froid...

-Ouais, je sais, ça caille dehors. Désolé, j'avais pas mal de boulot au labo, je te raconterai une prochaine fois. Oh merde !

-Quoi ?

-T'es à poil !

-Hm...Ouais...

-Tu me cherches ?

-Possible...

-Tu devrais pas.

Le jeune homme se tait et se penche sur l'autre personne pour l'embrasser le plus fougueusement possible. Celui qui dormait et qui est maintenant totalement réveillé, l'attire au-dessus de lui en enroulant ses bras autour de son cou et fait glisser une des ses mains dans le dos de l'autre en soupirant d'aise :

-Andi...

Ledit Andi ne répond pas et revient l'embrasser, occultant complètement la fatigue qui l'étreint depuis qu'il a quitté un autre lit. Pendant qu'il s'adonne à des préliminaires délicieux avec son petit ami, il classe dans un coin de sa tête un autre jeune homme qu'il vient de quitter. Parce que son véritable petit ami c'est celui qui s'abandonne sous lui, Bill, il ne doit jamais savoir la relation qu'il entretient avec un autre depuis quelques semaines. Alors même s'il est fatigué et qu'au fond, il n'en a pas très envie, il se tait et lui fait l'amour.


***

-Bill ! Bill, c'est l'heure, réveille-toi, tu vas être en retard !

-Non...Hmm...laisse-moi dormir...

Andi secoua Bill un peu plus :

-Pas question ! Debout, feignasse !

Bill ouvrit un oeil mécontent et répliqua :

-Je vais pas en cours.

Andi éclata de rire. C'était toujours difficile de réveiller Bill le matin. Chaque fois qu'on le réveillait, peu importe ce qu'on lui disait il répondait toujours, invariablement « non ». Mais une fois qu'il reprenait possession de la totalité de son cerveau, il se levait en trombe et se dépêchait de se préparer. Sauf que là, il avait une excuse, il n'avait pas cours ce jour-là, mais Andi ne le savait pas. Bill se vit donc secoué, sans ménagement :

-Bill, c'est un véritable parcours du combattant pour te réveiller, toi ! Putain, ça me stresse pour la journée ! Debout !

Bill tourna son visage vers lui et fit un petit sourire :

-Non, mais vraiment, j'ai pas cours ! Je me lève donc pas ! Vas-y, toi !

Andi fronça les sourcils :

-Comment ça t'as pas cours ?

-Bin ouais, le prof passe son agrégation aujourd'hui. Et vu qu'on avait que lui ce matin, bin il nous a libéré. Au fait, je t'ai attendu longtemps hier soir !

Andi détourna le regard et se leva, s'habilla rapidement pour éviter d'avoir à regarder Bill dans les yeux pendant qu'il lui mentirait :

-Oh...Bin...Comme je t'ai dit, j'ai bossé au labo jusqu'à tard, à un moment j'avais plus de produit et j'ai dû aller en chercher. Ca m'a pris du temps, je suis revenu pour terminer de développer les autres photos qu'il me restait et j'ai fini tard.

-Mais le stagiaire qui est avec toi, il fout rien ou quoi ? Comment il s'appelle déjà ?

Andi fut encore plus gêné, mais réussit à le masquer totalement en répondant :

-Euh...Tom. Il s'appelle Tom.

-Ouais, lui.

-Bof, tu sais, il est pas resté aussi tard que moi hier soir. J'étais tout seul.

Andréas ne se sentait même plus mal à l'aise de mentir aussi bien. Cela faisait quelques semaines qu'il mentait à Bill et à Tom. Il entretenait une liaison avec son stagiaire, le fameux Tom, sans lui dire qu'il avait déjà quelqu'un. Et à Bill, il avait bien-sûr tût le fait qu'il couchait avec Tom dès que possible. Il était très attaché à Bill malgré tout et ne se voyait pas le quitter pour personne. Quand Tom avait commencé son stage, ils avaient beaucoup parlé et il avait vite compris que le dreadé, parce que Tom portait de longues dreads blondes, était gay, tout comme lui. Il était attirant au possible et Andréas n'avait pas résisté.

Mais bien que le corps de Tom l'affolait chaque fois un peu plus, il était hors de question qu'il quitte Bill auquel il était tout de même très attaché et en quelque sorte amoureux. Après tout, ils étaient ensemble depuis un an et demi, ils projettaient de se mettre en ménage à la fin de l'année et Andi ne voulait pas tout compromettre à cause d'une aventure sans lendemain. Il avait réussi à esquiver les questions de Tom qui ne comprenait pas pourquoi ils ne se voyaient pas plus souvent et toujours au laboratoire, ou chez lui, mais jamais chez Andi. Ce dernier avait inventé qu'il avait des parents rétrogrades qui connaissaient son homosexualité, mais l'acceptait difficilement. Il ne voulait pas les mettre encore plus mal à l'aise en ramenant chez lui son petit ami. Parce que Tom croyait fermement qu'il était le petit ami d'Andi.

Et Bill n'avait jamais remarqué comment Andi se démenait pour l'empêcher de le rejoindre au labo, de toute façon Bill était toujours très pris par ses cours, ils se voyaient donc le plus souvent dans sa petite chambre universitaire ou ailleurs, mais souvent c'était Andi qui décidait de l'endroit où ils allaient se voir.

Bien-sûr, son retard de la veille n'était pas du tout ce qu'il venait d'expliquer. Oh, il était bien au labo, oui, mais pas en train de développer des photos, non. Il s'était adonné aux plaisirs de la chaire avec son stagiaire, dans des positions qui auraient fait rougir le créateur du Kamasutra. Tom était un fameux coup ! Pourtant, Bill satisfaisait pleinement son petit ami, mais Andi était de ceux qui pensaient que « plus on en a, mieux c'est » alors tant que Bill ignorait ce qui se tramait dans son dos, pourquoi pas ? Il serait bien temps d'arrêter tout ça quand le stage de Tom prendrait fin, et ce, dans deux semaines.

Il avait encore en tête les images de la veille quand il entendit Bill lui demander, un peu énervé :

-Andi ! Ca va faire trois fois que je t'appelle, tu m'as l'air bien loin, dis moi !

Andréas lui fit un grand sourire et se pencha sur lui pour l'embrasser :

-J'étais en train de penser à tout ce que je pourrais encore te faire, t'es toujours à poil là-dessous ?

Bill gloussa :

-Ouais. Mais tu dois y aller, alors ne t'échauffe pas trop ou tu vas être en retard !

Andi déposa un dernier baiser sur la bouche que lui tendait Bill et se releva, rajusta ses vêtements et dit :

-Ouais, faut que j'y aille. Dis, j'ai une idée, tu bouges pas de là, je ramène de quoi déjeuner ce midi, ok ?

Bill fit la moue :

-Oh ! Moi qui croyais que tu allais m'inviter à passer la matinée au labo avec toi !

Andréas eut des sueurs froides et se retint de crier. A la place il prit le ton le plus posé possible :

-Euh...Ouais mais...J'ai pas mal de boulot aujourd'hui ! Et t'avoir là, ça va pas m'aider à me concentrer . Mais je te rejoins ce midi, non ?

Il détourna le regard quand il remarqua la déception qui se peignait sur le visage de son petit ami qui mit quelques secondes pour répondre :

-Bon. D'accord.

Andréas chercha son portable et Bill remarqua d'un ton songeur :

-Ca fait un moment que je suis pas passé au labo d'ailleurs ! On fait plus grand chose ! A part rester là, dans ma chambre, on sort plus vraiment ! Chaque fois que je te propose de passer, t'y mets toujours un frein, qu'est-ce qu'il y a ? Tu caches une maîtresse dans les placards du labo ou quoi ?

Bill avait dit cela en rigolant un peu. C'était juste une simple remarque à laquelle il ne croyait pas lui-même, il voulait juste plaisanter et il ne remarqua pas qu'Andi avait tressaillit mais ce dernier arriva à se reprendre rapidement et se pencha de nouveau sur lui pour l'embrasser, plaisantant à son tour :

-Ouais, je cache une jolie blonde et faudrait pas que tu tombes dessus ! Tu m'en voudrais, hein ?

Bill enroula ses bras autour de son cou et ferma les yeux, frissonnant quand Andi lui suçota la gorge, il chuchota , se cambrant contre le blond :

-Putain, oui ! Oui je t'en voudrais...Mais si tu descends la bouche encore un peu, peut-être que je pourrais...

Le blond le fit taire avec un dernier baiser et se releva :

-Non, vraiment, faut que j'y aille ! Reste pas à poil comme ça, toi ! Si jamais y a quelqu'un qui vient te voir, t'imagine un peu ?

-Pfff...Comme si j'allais ouvrir tout nu !

-Ouais mais je veux pas qu'on te voit comme ça et dès fois t'as des potes qui entrent sans frapper, habille-toi !

Bill sourit, il aimait la possessivité dont le blond faisait preuve à son égard. Ce qui était totalement absurde quand on savait qu'Andi couchait avec Tom. Mais le blond n'aurait jamais supporté que Bill lui fasse un coup pareil, il était très jaloux et bien qu'il tolérait les amis de Bill, qui étaient les siens aussi dans la foulée, il gardait toujours un oeil jaloux sur son brun, qui était tout de même très convoité à son grand désespoir. Il virait le premier qui s'en approchait d'un peu trop près. Il ne supportait pas l'idée d'un autre que lui touchant Bill. Ironie...

Andi fouilla la pièce du regard, les sourcils froncés et repéra un tee-shirt et un caleçon qu'il attrapa et lança à Bill, ordonnant :

-Tiens, mets ça ! Mets le putain, au lieu de rire ! Me fais pas te le dire deux fois ou je t'habille moi-même, dépêche-toi, je pars pas tant que t'es pas habillé !

-Rhoooo ça va ! Ok, ok ! Voilà, je m'habille, t'es content ?

Andréas se détendit instantanément quand il vit que Bill avait enfilé ses vêtements. Il sourit et après l'avoir embrassé une dernière fois, il ébouriffa ses cheveux et lança en sortant :

-Voilà, t'es mignon comme ça mais j'y vais quand même ! A midi !

Bill eut juste le temps de lui crier en retour un « à midi », Andi était déjà sorti et avait claqué la porte. Bill soupira de bien-être, il avait la matinée pour glander et était déjà pressé de revoir son petit ami pour déjeuner. Avec un peu de chance, il arriverait peut-être à se faire quelques indécences avant que le blond ne reparte travailler ?

A bien y réfléchir, ça faisait aussi un moment qu'ils n'avaient pas eu de « sexe spontané », depuis quelques temps, ils couchaient moins ensemble. Et c'était toujours tard le soir, dans la chambre de Bill, dans le noir. Bill murmura, pensif :

-Comme un vieux couple...

Ils avaient des habitudes bien ancrés depuis un an et demi, mais quand même ! Ils n'étaient pas ce genre de couple qui commence à se lasser à cause de la routine, si ? Il laissa son esprit vagabonder sans se douter une seule seconde de ce qui se passait réellement. Bill faisait entièrement confiance à Andréas, ils n'avaient jamais eu de problèmes d'infidélité, d'ailleurs Bill ne songeait même pas que la tournure qu'avait prise son couple en ce moment pouvait être à cause de quelque chose comme ça. Il se disait simplement que le blond avait de plus en plus de boulot et qu'au final c'était pas plus mal, il avait eu tant de mal à faire démarrer son affaire, Andi était photographe et il développait en plus ses clichés lui-même. Ca commençait à avoir son petit succès, Andi était de moins en moins là. Et il avait même pu se permettre d'accepter un stagiaire, pour la première fois, le fameux Tom. Bill ne l'avait jamais vu mais avait entendu parler de lui quelques fois ou l'avait eu au téléphone une fois quand il avait appelé au labo. Du moins c'est ce qu'il supposa, la voix était grave, chaude. Surpris de ne pas entendre Andi comme il s'y était attendu, il demanda juste « M. Andréas Keller » et son interlocuteur le lui passa rapidement. Il ne sut jamais qu'Andi avait tancé vertement Tom pour avoir répondu au téléphone à sa place. Il avait eu peur que Bill se soit présenté comme son petit ami, il fut donc rassuré de voir que là encore, il avait eu de la chance.



***

Andi fronça le nez en regardant le ciel, il allait certainement pleuvoir aujourd'hui. Il faisait froid,il remonta le col de sa veste en soupirant, il serait bien resté au chaud avec Bill, sous la couette, finalement, mais il sourit quand il songea à ce qui l'attendait au labo. Il enfonça ses mains dans ses poches et prit le chemin du laboratoire, il en avait pour un quart d'heure de marche, ça allait. Il avança, évitant les gens, toujours pris dans ses pensées. C'était super ce qu'il partageait avec Tom, mais il devait y mettre un terme bientôt, ça commençait à être dangereux tout ça, Bill posait de plus en plus de question, faisait de plus en plus de remarques, il avait constamment peur que celui-ci ne débarque au labo et le trouve en mauvaise position. Ou même, que dirait-il à Tom en lui présentant Bill ? La tête que ferait le dreadé suffirait à tout expliquer à Bill, il serait alors dans une merde colossale ! Non, il fallait vraiment que ces deux-là se tiennent le plus loin possible l'un de l'autre, et de toute façon Tom allait bientôt finir son stage, il ne le reverrait plus après ça.

Il n'avait pas encore dit à Tom qu'il ne comptait plus le revoir après, il sera bien temps de le faire, pour l'instant chacun profitait, Tom n'avait pas l'air amoureux, il se contentait de prendre son pied. Tout à ses pensées, il sursauta quand il sentit son portable vibrer dans sa poche. Il décrocha en souriant :

-Me dit pas que t'es déjà arrivé !

C'était Tom. Celui-ci expliqua qu'il était déjà au labo qu'il avait ouvert avec les clés que lui avait laissé Andi et qu'il l'attendait depuis dix bonnes minutes, il avait même emmené deux cafés. Qu'Andi se grouille, c'est tout ce qu'il voulait, il était en train de s'emmerder fermement !

-J'arrive, j'arrive !

Il raccrocha et sourit un peu plus, la matinée allait être mouvementée...Il se rappela soudain qu'il devait passer à la librairie, prendre un ouvrage sur la photographie en noir et blanc, il adorait ce genre de chef d'oeuvre. Il hésita un instant et décida de rappeler Tom pour lui dire qu'il n'arriverait pas maintenant. Devant lui, un couple marchait. Ils étaient en train de s'engueuler à voix mi-haute quand soudain la femme s'écria, détournant l'attention d'Andi :

-Tu l'as baisée, je le sais ! Elle s'en vante partout !

-Elle raconte n'importe quoi ! Chérie...

L'homme avait un ton suppliant et posa une main sur l'épaule de la jeune femme qui l'accompagnait. Cette dernière le repoussa en reniflant et reprit ses reproches à voix plus basse. Andi ne les quittait pas des yeux, la dispute l'amusait. Il prit machinalement son portable pour faire le numéro de Tom, sans remarquer une seule seconde qu'il tapait le numéro de Bill par habitude. Trop occupé à écouter le couple qui se disputait de plus en plus devant lui, il ne remarqua même pas que c'était la voix de Bill qu'il entendait sur le répondeur. Persuadé d'appeler Tom, il ne fit attention à son appel que lorsqu'il entendit le « bip » de la messagerie. Il secoua la tête, encore amusé et laissa son message :

-Euh...Ouais, Tom, c'est moi, c'est juste pour te dire que je passe à la librairie avant, j'ai un bouquin à récupérer. Mais garde le café au chaud, ça caille, alors ça va me faire du bien. Et dans la foulée, garde-toi au chaud aussi, c'est encore mieux. Je serai partant pour que tu me refasses ce que tu m'as fait hier soir, espèce de vicieux...Bon, je file, je prends mon bouquin et je te rejoins au labo, je m'occuperai personnellement de ton petit cul pour ne pas avoir répondu et m'avoir laissé débiter tout ça sur ton répondeur. Je te dis pas «j't'embrasse» ça fait con, par contre je veux bien te rouler une pelle, c'est mieux. A toute !

Et il raccrocha, remit le portable dans sa poche, souriant encore plus quand il passa près du couple qui s'engueulait encore plus fort. Il entendait le mec se défendre minablement, il secoua la tête. C'est pas lui qui irait se faire prendre comme un bleu comme ça ! Pas un instant il se douta avoir laissé un message destiné à Tom sur le portable de Bill. Pas un instant il ne se douta qu'il venait de justement, se faire prendre comme un bleu...


***

Après s'être prélassé deux heures au lit, Bill finit par se lever. Le rangement de sa chambre lui prit à peine quinze minutes. Il avait de la chance, la résidence universitaire dans laquelle il avait eu une chambre était la seule où les étudiants avaient une petite salle de bain personnelle. Les autres immeubles avaient des douches et toilettes communes. Bill alla donc prendre une longue douche brûlante et se prépara avec soin. Il lissait ses cheveux, se maquillait les yeux de noir, s'habillait moulant. Il choisit ses vêtements et accessoires avec soin, il savait qu'Andi aimait quand il était en noir, il allait être complètement excité en le voyant.

Il revint s'assoir sur son lit, se demandant ce qu'il allait faire jusqu'à ce que son petit ami arrive, il lui restait à peu près deux heures. Il remarqua alors son portable sur la table de nuit. Il le prit et remarqua aussi qu'il était éteint, il ne se souvenait pas l'avoir éteint la veille. Il le ralluma et quelques secondes après, un bip indiqua qu'il avait reçu un message vocal. Il fit le numéro qui allait lui permettre de prendre connaissance de l'appel qu'on lui avait passé. Il reconnut de suite la voix d'Andi et sourit un peu. Andi s'était adressé à Tom, il était tellement étourdi, il s'était trompé peut-être ? Mais plus il écoutait, moins il sourit, jusqu'à blanchir complètement. Andréas avait bien dit ce qu'il avait entendu ? Vraiment ? Les mains tremblantes, Bill réécouta le message pour s'assurer qu'il avait bien compris, aucun doute, Andi avait bien une sorte de...liaison avec son stagiaire, le fameux Tom. Tom qu'il traitait de « vicieux » en plus, ce qui impliquait qu'ils devaient faire de sacrées choses tous les deux dans son dos !

Bill était complètement abattu, déboussolé et à tout cela se mêla la rage. Depuis quand cela durait ? Il avait l'impression que la terre venait de s'ouvrir sous lui, son coeur battait furieusement, il serrait les mâchoires à s'en faire mal. Il avait envie d'aller au laboratoire et faire un scandale. Andi avait encore le culot d'être jaloux en plus ! C'était n'importe quoi ! Il fallait qu'il fasse quelque chose, il n'allait pas pouvoir attendre que le blond le rejoigne pour déjeuner, il n'allait pas réussir à faire comme si de rien n'était.

Et il eut subitement envie de voir son rival, ce Tom en question. Le regarder dans les yeux et voir si la honte l'envahissait quand il verrait Bill. Parce qu'il devait forcément savoir qu'Andi était déjà en couple, non ? Voilà donc pourquoi Andréas mettait le plus de distance possible entre le labo et lui ! Tout simplement pour ne pas qu'il rencontre ce Tom ! Non, il fallait vraiment qu'il rencontre ce type, c'était absurde mais la curiosité était plus forte que tout, l'envie de blesser, d'insulter Tom, peut-être même lui envoyer un bon coup de poing...

Il prit rapidement sa décision et se leva, bien décidé à se rendre au laboratoire pour rencontrer ce Tom. Il savait que ce qu'il allait faire aller tout changer. De toute façon, quelque chose venait de mourir à l'intérieur de lui, inutile de se leurrer, lui qui croyait son couple solide et heureux, venait de découvrir que le noir se mêlait parfois au blanc et c'était plus que désagréable.

Il arriva rapidement au magasin d'Andi mais hésita à entrer. Et si son petit ami était là, enlacé avec ce fameux Tom, comment allait-il réagir ? Est-ce qu'il était vraiment prêt à voir ça ? Est-ce qu'il voulait vraiment se faire mal à ce point ? Est-ce qu'il pourrait pardonner ? Il soupira et poussa la porte. En avançant un peu dans la pièce, il remarqua Andréas qui était debout près d'un gros appareil photo qu'il tripotait, se penchant souvent pour regarder à travers le viseur. Il ressentit immédiatement la colère d'avoir été trahi et chercha comment aborder la conversation. Andi leva la tête et le remarqua enfin. Il en fut très surpris, Bill n'avait pas téléphoné avant de passer. Il essaya de calmer l'affolement qui le gagnait et demanda :

-Bill ? Mais...mais qu'est-ce que tu fais là ?

Bill prit un ton neutre et se dirigea vers lui :

-Bin quoi, je peux pas te faire une visite surprire ?

-Euh...Bin...Bin si mais...euh...

Bill savait très bien qu'Andi devait flipper de le voir là. Il était seul, où était donc le stagiaire ? Il remarqua qu'Andréas était nerveux, très nerveux. Il haussa un sourcil et se força à sourire un peu :

-Bin dis donc, cache ta joie ! Moi qui pensais te faire plaisir !

-Non, non, c'est pas ça, ça me fait plaisir, mais là tu vois, j'ai pas mal de boulot, c'est tout. Et comme d'habitude tu m'appelles avant de passer, je suis juste surpris que tu l'aies pas fait cette fois. Euh...Tu sais, j'ai pas beaucoup de temps, là.

-Je sais, tu viens de le dire. Alors, tu faisais quoi ?

Bill chercha un tabouret du regard et s'installa dessus. Pendant qu'Andi lui expliquait, d'un ton affolé et dans un débit rapide ce qu'il était en train de faire, Bill nota que le blond regardait souvent et furtivement la porte d'entrée. Il en déduit que Tom devait être sorti. Et là, il devait être franchement mal, ayant peur que son stagiaire revienne et que Bill ne tombe dessus. Le brun ne se doutait pas une seconde que la terreur d'Andi était à son comble. En effet, Andi craignait le retour de Tom parce qu'en plus ce dernier ne connaissait pas l'existence de Bill et là il se trouvait dans une situation très embarrassante.

Il parlait d'une voix rapide et hachée, Bill le regardait se débattre, faisant comme si de rien n'était et Tom ne revenait toujours pas. Andréas finit par trouver une idée. Tout en continuant de parler avec Bill qui ne le quittait pas des yeux, il saisit son portable, mine de rien et dit :

-Euh...attends deux secondes, faut que j'appelle un client. Merde, comment il s'appelle déjà ? Attends que je cherche son numéro...

En fait, il faisait semblant de chercher le numéro alors qu'il tapait rapidement un texto à Tom pour lui dire d'aller au supermarché pas trop loin du labo pour acheter quelques trucs à grignoter sous prétexte qu'il avait faim et qu'il ne pouvait pas attendre midi. Tom était en fait sorti acheter des cigarettes et Andi voulait simplement avoir le temps de faire partir Bill avant qu'il ne revienne.

Bill fut encore plus en colère, il comprit ce que le blond faisait, surtout que ce dernier soupira :

-Merde, j'ai pas son numéro dans mon portable. Tant pis, je l'appellerai plus tard.

Il hallucinait, Andi mentait avec une telle facilité, c'était déconcertant ! Et là, Bill comprit qu'il venait d'éloigner Tom et qu'il ne le verrait pas aujourd'hui. Cela fut confirmé quand il nota comment le blond se détendit après avoir rangé son portable dans sa poche.

-Euh...Bill, tu...écoute, j'ai du boulot, là, beaucoup de boulot. Je te vois chez toi, ce midi ?

-Tu me fous dehors ou je rêve ?

-Non, je te fous pas dehors, qu'est-ce que tu racontes ! Mais là, je peux pas trop rester à parler. Je ramène le déjeuner, y a quelque chose qui te ferait plaisir ? Vas-y, choisis n'importe quoi, c'est moi qui paie, je te l'offre !

Bill avait envie de hurler. Il était en train de se faire mettre à la porte pour ne pas rencontrer l'amant de son petit ami et ce dernier n'avait rien de mieux à lui proposer qu'un « lot de consolation » pour soulager sa conscience. Pendant un instant il eut envie de lui jeter à la figure tout ce qu'il savait. Mais il se retint, il était tellement furieux et bouleversé qu'il réagissait un peu en pilotage automatique. Il eut brusquement envie de partir, Andréas lui faisait horreur. Celui-ci, ne sachant ce qui se passait dans la tête du brun, s'approcha de lui et l'enlaça, ne remarquant pas comment Bill s'était raidi dans ses bras. Il l'embrassa dans le cou et dit :

-Hmmm...Tu me rends dingue à sentir bon comme ça...Allez, vas-y avant que je te coince dans la chambre noire ! Je te rejoins tout à l'heure.

Bill se laissa embrasser, répondant à peine au baiser qu'il reçut comme une trahison. Andréas le raccompagna à la porte et l'embrassa une dernière fois avant de laisser sortir. Une fois dehors, Bill, toujours un peu à l'ouest, se dirigea au hasard, marchant dans la rue, dévisageant les hommes qui passaient près de lui, espérant qu'un détail particulier lui ferait reconnaître Tom. Mais il n'avait aucun renseignements sur ce Tom, pas le moindre. Ca pouvait être n'importe laquelle de ces personnes qui le frôlaient en passant à côté de lui pour aller dans la direction du laboratoire.

A force de marcher, il se retrouva devant un bar et décida d'y entrer. Il commanda un chocolat chaud et s'installa au fond de la salle pour réfléchir et être tranquille. Il secoua la tête, pris dans ses pensées. Mais qu'est-ce qu'il croyait donc ? Qu'Andréas était meilleur que n'importe lequel de ces hommes ? Depuis quand était-il trahi ? Avec qui d'autre que Tom ? Eux qui devaient emménager ensemble d'ici quelques mois, c'était tellement...injuste !

Tout cela tournait et retournait dans sa tête et son coeur, déjà bien gros depuis qu'il avait écouté et compris le message d'Andi céda sous l'émotion. Il s'affala sur la table et éclata en sanglots entre ses bras, posant son front à même la table. Il ne pensait même pas à se retenir, il laissait tout son chagrin ressortir, sa rage aussi d'avoir été trahi.

Il se fichait d'être vu, à vrai dire il n'y pensait même pas, il s'était assis au fond et laissait couler toute sa peine, se sentant minable de ne pas pouvoir se retenir. Son corps tressautait, il hoquetait bruyamment et toutes ses pensées étaient mélangées. Un tas de sentiment se battaient pour avoir la priorité dans tout son être, il ne savait pas ce qui était le plus fort, la haine, la rage, la douleur, l'incompréhension, le dégoût...

Non loin de là, un jeune homme se lavait les mains. Une fois propres, il les passa distraitement sous l'appareil pour qu'un vent brûlant à peine supportable les sèche. Avant de sortir, il se regarda une dernière fois dans le miroir et réajusta sa casquette et sourit, satisfait, avant de se lancer un clin d'oeil :

-Tom mon vieux, t'es trop canon, je serai quelqu'un d'autre, je serai sorti avec toi !

Sa remarque le fit rire un instant avant qu'il ne taise d'un coup, horrifié à la pensée qu'on puisse le surprendre en train de parler à son propre reflet dans des termes aussi flatteurs. Il entendit soudain le bruit de gros sanglots et fronça les sourcils. Il se dépêcha de sortir et vit de suite un corps mince, affalé sur la table, les cheveux éparpillés tout autour de la tête, une personne secouée par un immense chagrin, semblait-il. Il n'hésita pas et s'approcha doucement. Il avança la main et secoua un peu l'épaule, demandant :

-Euh...Hey ! Ca va ?

L'interpellé sursauta et se dressa vivement, repoussant sa main et s'écriant :

-Qui...Fous-moi la paix !

Tom fut extrêmement surpris, la voix était manifestement celle d'un jeune homme, malgré le maquillage noir qui coulait et malgré les cheveux longs. Il ne put s'empêcher de s'écrier à son tour :

-Putain ! T'es un mec !

Bill saisit la serviette en papier posée sur la table à côté de lui pour essuyer ses yeux et cracha :

-Ouais et alors ?

-Non, mais c'est juste que...je pensais que c'était une fille qui pleurait, là !

-Bon, c'est pas le cas. Désolé si t'as pas pu jouer au chevalier servant. Tu peux partir, maintenant, ça va aller.

Tom hocha la tête et voulut se retourner pour partir. Mais quelque chose le retenait, malgré son visage rouge et ses yeux enflés, le jeune homme était très beau mais semblait très malheureux. Il hésita quelques secondes et voulut parler, mais le brun prit la parole :

-Quoi ? Tu pars pas ?

-Bin...T'es sûr que ça va aller ?

Il vit le jeune homme soupirer longuement d'un air ennuyé et dire :

-Je suis en train de chialer comme une gonzesse et tu demandes si ça va ? T'as de ces questions, toi ! Mais t'inquiète pas, ça va aller, ouais. Je suis en train de me calmer. Tu peux partir, je t'ai dis !

Tom n'en fit rien et prit place en face de lui finalement. Le brun était surpris à son tour. Qu'est-ce que ce gars lui voulait, il venait de lui dire que ça irait ! Son visage se ferma et il grogna :

-Je t'ai pas invité à t'assoir. C'est pas la peine de rester, je vais pas me suicider si c'est ça que tu crains, donc tu peux partir ! Je pleurerai moins fort !

Tom réprima un rire et dit, amusé :

-Oh, bin je vais rester parce que si tu dis ça, c'est que c'est pas encore fini alors ! Non, sérieusement, qu'est-ce qu'il y a ?

Bill ouvrit de grands yeux et dit :

-Mais...de quoi je me mêle ? Tu crois que je vais te raconter ma vie ?

-Bin t'as pas l'air d'aller bien et je veux pas te laisser tout seul, maintenant je suis concerné, donc avant de partir, je veux m'assurer que ça va. Et puis ça fait du bien, dès fois, de parler.

-Je t'ai rien demandé, j'ai pas besoin de parler, je vais bien. Et d'ailleurs, j'ai rien à dire, on se connait même pas ! T'es bien curieux, dis-moi !

-C'est vrai, je suis curieux de savoir ce qui peut bien te mettre dans un état pareil ! Et puis, c'est vrai, on se connait pas, mais ça peut s'arranger tout de suite.

Tom avança la main avec un grand sourire et dit :

-Salut, je m'appelle Tom, j'ai 22 ans et je bosse dans la photo. Voilà. Maintenant tu me dis qui tu es et comme ça, on sera plus vraiment des étrangers et on pourra parler. Alors, toi c'est comment ?

Mais Bill semblait incapable de répondre. Il regardait le jeune homme en face de lui, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, l'esprit chamboulé, une seule pensée en tête « non...c'est pas possible... » Ce jeune venait bien de dire qu'il s'appelait Tom et qu'il bossait dans la photo ? Se pouvait-il, que par le plus malheureux des hasards, ce soit...lui ?

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Comments :

  • xxLanaxxFictionxx

    19/07/2013

    Hum... je vote que , en vengeance mutuelle , Tom & Bill fasse exprès qu'Andréas les surprennent :D

  • Amy

    21/11/2011

    Woouah j'attend suite avec impatiente.

  • Marie

    25/09/2011

    je suis bien déçue qu'il n'y ait pas de suite, c'est pourtant bien parti....... c'est sur? il n'y a pas moyen d'avoir la suite?

  • chaos87th

    14/07/2011

    Quoi c'est fini ? Il n'y a pas de suite.
    Mince, j'étais impatiente de voir une suite moi.
    Dommage alors.
    En tout cas bien fait pour Andi.

  • xx-gothiqua-arwena-xx

    08/04/2011

    C'est pas bien Andréas de tromper Bill....bonne idée sinon...et j'attend la suite.

  • th-in-disney-world

    15/09/2010

    ... Rassure-moi.... Y a une suite.... Non ?
    C'est pas possible qu'il n'y ait pas de suite !
    Au moins une suite de prévu !
    Quel connard Andréas. Pauvre Bill. Et pauvre Tom qui en fait n'est qu'un jouet pour Andréas.
    J'espère qu'on saura ce que va faire Bill vis à vis de Andréas et de Tom, comment Tom va réagir en apprenant la vérité et comment Andréas va tout se prendre dans la gueule.

    Vivement la suite !!
    Laura67

  • nirvana-angelTH83

    12/06/2010

    Lalou je t'en supplie à genoux
    écris-nous la suite de cette merveille
    j'ai tant envi de voir Andreas ce faire déchiqueter la face *-*

  • naughtymily

    11/02/2010

    Encore un OS très prometteur, j'attends la suite avec impatience en espérant que tes problèmes de santé vont mieux. Bises

  • tounzig

    08/02/2010

    Mais elle est où la suite de Boomerang?

  • Wo-sind-deine-Hande

    27/12/2009

    Oh putain!! Et oui c'est lui!!
    Mais qu'il est con Andy.

    Bzeuh, TK.

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