[Fiction] Reviens-moi!!! - Chapitre 2

Chapitre Deux

Il lu le titre du livre. Les conflits dans les relations de couples. Tout un programme, songea-t-il en lui enlevant des mains. Il profita de ce moment de calme pour l'admirer. Il portait un de ses vieux T-shirt XXL qu'il ne mettait plus. Il avait les jambes longues et fines. Rien que de le voir comme ça, innocent et offert lui donnait des envies bien trop longtemps refoulées à présent. Il secoua la tête chassant ces idées qui lui prenaient vraiment de plus en plus la tête.

Il s'agenouilla devant lui. Il semblait tellement paisible à cet instant alors qu'au fond il sentait que Bill ne l'était plus du tout lorsqu'il rentrait dans leur appartement. Il y flottait cette tension constante. Il lui caressa la joue du revers de la main et replaça une mèche ébène qui lui barrait la route. Ça faisait plus de deux mois maintenant qu'ils n'avaient pas fait l'amour. Ils s'embrassaient et se câlinaient mais ça n'allait pas plus loin. Bill le repoussait gentiment en lui faisant comprendre qu'il n'en avait pas envie. Tom se sentait rejeté et ça lui faisait mal.

-Qu'est-ce qu'il nous arrive mon amour ? Pourquoi j'ai l'impression que plus ça va moins l'on se comprend.

Il rapprocha alors son visage et déposa délicatement ses lèvres contre celles de Bill. Celui-ci commença alors à ouvrir ses paupières, lentement. Il loucha sur les yeux de Tom qui les avait fermés. Il y vit une larme couler discrètement sur sa joue. Il l'essuya alors du bout des doigts et sentit Tom se reculer.

Ni l'un ni l'autre ne parla. Bill sentait bien que Tom avait besoin de lui à ce moment précis. Alors même si ça n'était pas forcément une bonne chose de se mentir à soi-même, il le fit quand même pour le bien de Tom. Il se leva et tendit la main au blond toujours agenouillé devant le canapé. Sans plus attendre le dreadé lui prit la main et Bill les entraîna tout les deux dans leur chambre.

Il s'arrêta devant le lit et se mit face à Tom. Il commença à lui enlever sa veste trois fois trop grande pour lui, tout en l'embrassant dans le cou. Il sentit son souffle s'accélérer sous l'attention. Il savait que ça irait assez vite. Ils ne l'avaient pas fait depuis plus de deux mois après tout. Bill s'agenouilla devant lui tout en déposant des baisers sur son torse contre le tissu du T-shirt. Arrivé devant la ceinture il l'a défit lentement en le regardant dans les yeux. Il savait que Tom adorait le voir faire ça. Il déboutonna le jean et le fit tomber sur ses chevilles.

Tom était déjà très excité mais qu'en était-il de lui ?

Il lui retira complètement le jean ainsi que ses chaussures et chaussettes puis remonta en lui léchant sensuellement son sexe, se détestant de devoir se persuader qu'il aimait encore ça, puis son aine. Il lui hotta son T-shirt et le regarda intensément dans les yeux. Il sentait le souffle accéléré et chaud de Tom contre sa bouche. Il en avait envie mais pas autant qu'avant. C'était comme si quelque chose le bloquait. Mais ce n'était pas juste de faire subir ses états d'âmes à Tom. Il avait déjà assez attendu comme ça. Alors ce soir, Bill lui donnerait du plaisir pour ne pas le voir s'éloigner. Il avait tellement peur que Tom le laisse. Le blond lui prit le visage de ses mains et lui souffla le plus tendrement possible :

-Je t'aime.

Tom le rapprocha de lui et l'embrassa à en perdre haleine. C'était tellement bon de retrouver enfin cette proximité.

Bill s'allongea sur le lit et sans plus attendre enleva son boxer. Il savait que Tom aimait bien le savoir nu sous son grand T-shirt. D'ailleurs l'intéressé n'en souri que plus. Il se positionna sur lui faisant entrechoquer leur virilités ensemble. C'était tellement bon pour Tom qu'il gémissait déjà et commençait même à trembler un peu. Bill n'était pourtant pas plus excité que ça mais poussa des petits gémissements de contentement. Tom le touchait partout où il le pouvait, ne semblant pas remarquer que le brun se dérobait à chaque fois que son membre allait être touché. Bill ne voulait pas que le blond remarque qu'il bandait à peine. Mais Tom ne semblait jamais rassasié de sa peau. Ça lui avait tellement manqué. Bill quant à lui, l'embrassait toujours plus pour l'attiser d'avantage et détourner son attention parce que plus il le touchait, moins Tom le touchait et s'abandonnait totalement, profitant des caresses expertes que Bill savait toujours lui dispenser. Il passa ses mains sur ses fesses et retira enfin le dernier rempart de Tom. Ce dernier ne cessait de l'embrassait goulument. Bill savait d'ores et déjà qu'il ne tiendrait pas longtemps. Il lui avait retiré son T-shirt et ils se retrouvaient enfin peau contre peau.

-Bill...Han Bill, si tu savais comme j'en avais besoin, tellement, tellement putain ! Gémit Tom, en se frottant contre lui.

C'est alors qu'il remarqua enfin que Bill n'était pas totalement avec lui. D'ailleurs il n'était qu'à moitié excité. Il s'arrêta un instant en songeant à ce qu'il était en train de faire. Le brun ne comprit qu'en le voyant baisser sa main vers son sexe pour l'exciter d'avantage. Bill se dépêcha de se retourner sur le ventre après quelques caresses de Tom sur son sexe qui finit par se tendre à peu près convenablement. Malgré toute sa confusion, il n'était pas à ce point insensible et l'envie commença à monter en lui suffisamment raisonnablement pour apprécier un minimum les frottements de leurs corps.

-Viens, dit-il chaudement à Tom.

Et Tom était tellement excité et prit dans son plaisir qu'il ne vit pas que Bill simulait et ça depuis le début. Lorsqu'il le pénétra, Bill ne se sentait pas comme d'habitude. Il lui semblait avoir perdu son amour propre. Quel genre de personne était-il pour faire ce genre de chose à la personne qu'il aimait. Pourquoi n'arrivait-il plus à éprouver du plaisir avec Tom alors qu'il l'aimait encore ?

Il sentait le souffle saccadé de Tom contre son oreille. Ses à-coups se faisaient de plus en plus rapides en lui. Même s'il avait touché sa prostate, il ne ressentait pas les mêmes émotions que d'habitude. Il ne pouvait nier que c'était agréable, mais ça n'avait rien à voir avec ce qu'il avait déjà ressenti avec Tom avant. Bill se sentait vraiment mal de ne pas pouvoir jouir alors que Tom venait à l'instant de le faire au plus profond de lui. Alors comme pour boucler la boucle il cria et se raidit simulant son orgasme. Tom n'était pas dupe. Il savait que Bill n'avait pas jouit. Même s'il avait ressenti de temps à autre un peu de plaisir, il sentait que Bill venait de se donner à lui pour le satisfaire et ça lui fit mal à nouveau. Alors il fit lui aussi semblant que tout allait bien. Il se retira de son corps à regret et s'allongea sur le matelas. Bill s'empressa alors d'aller dans la salle de bain pour ne pas montrer son désir insatisfait et nettoyer le fruit du plaisir de Tom. Et pendant qu'il était dans la salle de bains, Tom avança la main et toucha la partie du drap qui était sensée être recouverte du sperme de Bill et ses craintes furent certifiées, son amour n'avait pas joui, les draps étaient secs.

Lorsque Bill revint Tom le regarda en souriant tristement. Savait-il ce qu'il venait de faire ? Tout ne serait que non-dits.

-Tu viens contre moi ? demanda Tom en lui ouvrant les draps.

Il avait juste envie de sentir son corps contre le sien encore un peu. Bill lui sourit et s'installa prêt de lui. Tous les deux nus. Bill se laissa câliner un long moment mais il sentait que son compagnon avait envie de lui parler. Pour éviter toute discussion, il fit semblant de s'endormir rapidement, écoutant la respiration du blond qui se faisait régulière, indiquant qu'il se laissait emporter par un sommeil lourd. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que Tom n'était pas aussi dupe qu'il voulait bien laisser croire et il commençait à se poser de plus en plus de questions. Mais le brun n'arrivait pas à dormir, le bras de Tom passé au-dessus de lui pour se reposer sur son ventre l'agaçait un peu et il voulait simplement s'éloigner. Il finit par se lever le plus discrètement possible et se rendit sur le balcon pour fumer tranquillement en reprenant ses réflexions.

Les mêmes pensées depuis des mois revinrent s'imposer à son esprit. Il voulait se persuader qu'il aimait encore Tom mais quelque chose à l'intérieur de lui faisait croire le contraire de temps en temps. Il se rappelait de leurs débuts, quand tout allait bien encore, quand il était encore persuadé qu'il aimerait Tom à l'infini, éternellement, quand il pensait qu'ils arriveraient à tout surmonter. Jusque là, ils y étaient plutôt bien parvenus, comme dit l'adage ni les factures, ni les fleurs fanées, ni le temps maussade n'étaient parvenus à les décourager et les éloigner. Les paroles blessantes si. Il ne se rappelait plus qui avait commencé, ni quelle dispute plus violente verbalement que les autres avait réveillé chez eux la personne mesquine qui faisait saigner avec les mots. Les simples reproches qu'ils se lançaient au début avaient depuis longtemps laissé place aux mots meurtriers, moqueurs, et même s'ils s'excusaient le venin s'infiltrait chaque fois un peu plus, les laissant un peu plus aigris, amers, profondément vexés. Il avait naïvement cru qu'eux arriveraient à éviter la routine, l'ennui qui va avec, la passion qui s'effiloche et qui laisse place à la tendresse qui ne suffit pas.

Et là, il était mal à l'aise. Il venait de coucher avec Tom et ça lui avait moyennement plût. Il fut horrifié à cette pensée. Il venait de se dire qu'il avait « couché » ! Depuis quand il utilisait ce terme là ? Il n'avait jamais regardé la chose de cette façon, il ne « couchait » pas seulement avec Tom, il « faisait l'amour », ils se faisaient l'amour ! Alors qu'est-ce qui avait changé pour qu'il pense comme ça ? Ca avait pourtant été agréable, bien qu'insatisfaisant. Il eut soudain peur que ça ne s'arrange jamais. Il eut soudain peur de finir par être...dégoûté !

Bill rejeta la tête en arrière alors qu'il pensait à tout ça, laissant la fumée qu'il avait profondément inspirée s'échapper dans un long soupir. L'appartement était plongé dans le noir et il ne vit pas Tom qui s'était levé et qui était debout dans le salon, le regardant intensément pour essayer de déchiffrer l'expression de son visage. Le dreadé pouvait parfaitement le voir, les lampadaires du dehors éclairaient correctement le balcon et son c½ur se serra quand il vit Bill fermer les yeux en secouant la tête, la douleur morale émanant de toute sa personne, il sut que le brun devait penser à eux. Il eut envie de le rejoindre mais il savait que ça n'était pas une bonne idée, depuis quelques temps toutes ses tentatives avaient le même résultat, ils discutaient tranquillement et finissaient par se disputer. Il le regarda encore un moment et le vit essuyer furtivement une larme solitaire qui roula sur sa joue. Alors qu'il s'apprêtait à partir rapidement dans la chambre, il vit Bill se lever et s'approcher du linge étendu sur la corde, là où se trouvait un des ses larges tee-shirt. Bill saisit le bas du linge qui flottait et l'approcha de son visage, inspirant fortement en fermant les yeux avec un petit sourire, Tom se dit alors que tout n'était pas perdu, peut-être.

Il regagna la chambre et se glissa dans les draps, Bill arriva presque aussitôt et s'allongea à ses côtés mais lui tourna le dos, presque au bord du lit. Il en eut marre subitement et se rapprocha du brun, l'encercla du bras et posa son menton dans le creux de son cou. Le brun se raidit instinctivement et il sentit son hésitation avant de l'entendre murmurer :

-Tom je...j'ai pas beaucoup de place, là. Tu veux pas reculer un peu ?

Il soupira et recula un peu, essayant d'entraîner le brun avec lui pour le recoller contre son torse mais abandonna rapidement quand il sentit sa résistance. Il finit par souffler, agacé :

-Quoi ? Tu veux pas que je te touche ou quoi ?

-Non, c'est pas ça, mais là tu vois, j'aimerai dormir, je suis crevé.

-Bin dors, je t'empêche pas, moi ! Je veux juste t'avoir contre moi, c'est tout !

Ni l'un ni l'autre ne s'était rendu compte qu'il élevait la voix. Des deux, Tom était celui qui s'emportait le moins rapidement mais cette soirée l'avait éprouvé et il continua sur sa lancée :

-C'est quoi le problème ? Faut plus que je te touche, non plus ?

-Oh c'est pas ça je te dis, je veux juste...pfff...dors, Tom.

-Parce qu'en plus tu penses que je vais pouvoir dormir maintenant que tu m'as énervé ?

Bill se tourna vers lui, étonné :

-Moi ? J'ai rien fais ! Tu t'énerves tout seul, mon grand !

Tom avait horreur que Bill l'appelle comme ça. « Mon grand, mon pauvre, mon vieux, mon petit » étaient des termes qu'il ne supportait pas et Bill prenait un malin plaisir à l'appeler comme ça quand il voulait l'énerver encore plus. Tom s'écria :

-Putain, je t'ai déjà dit mille fois d'arrêter d'utiliser tes surnoms péjoratifs, là ! J'y crois pas, là tu fais fort, on s'engueule juste parce que je veux que tu dormes contre moi, merde à la fin, y a quoi ? Je te dégoûte ?

Exaspéré Bill finit par crier un peu plus fort à son tour :

-Arrête de m'emmerder Tom, on est pas obligé de se coller pour dormir, je veux être tranquille. De toute façon, t'as déjà eu ton compte tout à l'heure il me semble ! Tu vas donc bien pouvoir te passer de me tripoter pour dormir, non ?

Si Bill avait pu voir, il aurait vu le teint livide de Tom à ses paroles. « Tu as déjà eu ton compte... », voilà comment Bill venait de qualifier le moment intime qu'ils venaient de partager, exprimant clairement avec ça que seul Tom avait pris son pied, et cela ne l'en blessa que davantage. Il ne put rien répliquer, Bill le remarqua et s'en voulut immédiatement des phrases qu'il avait lancé bêtement. Il se mordit la lèvre et voulut toucher la joue de Tom pour s'excuser mais le blond recula et finalement lui dit, la voix peinée même s'il essayait de le cacher :

-Non. Non, Bill, j'ai pas eu mon compte. Ca fait longtemps que j'ai plus mon compte, parce que toi tu trouves plus le tien. Et avant que tu le dises toi-même, je vais t'éviter d'avoir à le faire et te le dire moi, ouais, certainement je suis devenu mauvais.

Bill répondit hargneusement :

-J'allais pas dire ça, Tom, arrête !

-Oh, ça aurait pas tarder à venir !

-Bon, t'as fini de parler pour moi ? Je suis désolé, vraiment, d'avoir dit ça, je voulais pas. J'aimerais bien que tu me laisses simplement dormir.

-Oui c'est bon, j'ai compris maintenant.

-Bin c'est pas trop tôt ! Bonne nuit !

Tom ne répondit rien, il lui tourna simplement le dos et tous deux mirent un bon moment avant de trouver enfin le sommeil. Quand Tom se réveilla le lendemain matin, Bill était déjà parti travailler. Après s'être préparé, Tom passa dans la cuisine pour faire le café et fut agréablement surpris de voir depuis la porte qu'il avait déjà été préparé. Il pouvait aussi voir un post-it coloré collé sur la cafetière et son c½ur s'emballa. Bill faisait toujours ça au début, il lui laissait plein de petits mots d'amour collés un peu partout, ou il s'excusait ainsi parfois. Mais le sourire de Tom s'effaça quand il lut le message qui disait :

« Tu peux passer récupérer mon costume chez le teinturier ? Je rentrerai tard, j'ai une réunion au boulot, désolé. Le ticket est punaisé sur le tableau dans le salon, l'oublie pas. Bise »

Tom froissa rageusement le petit mot et grogna, plus peiné qu'en colère :

-Bise ! Il met même pas un s à ça, comme s'il m'en fait qu'une, de bise et c'est tout ce à quoi j'ai droit ! Voilà ce que j'en fais, de ton mot merdique !

Il le balança dans la poubelle et sortit sans boire le café finalement. C'était puéril de sa part, mais Bill l'avait vexé une fois de plus, il lui rendait la pareille en refusant de boire le café qu'il avait fait pour lui, surtout que Bill ne faisait plus le café depuis un moment. Tom se disait qu'il avait certainement voulu l'amadouer pour récupérer son costume, surtout après la nuit dernière. Alors il ne le boirait pas, c'est tout. Et il alla travailler, son humeur déjà mauvaise était carrément maussade maintenant.

Quand il arriva au bureau, les deux secrétaires étaient déjà affairées. Tom était le co-gérant d'une agence immobilière qui marchait vraiment très bien. Son associée était une redoutable femme d'affaires, Anna. Elle était plus âgée que lui, mariée à un homme d'affaire aussi et elle ne manquait jamais une occasion de lui faire savoir qu'elle aurait aimé coucher avec lui de temps en temps. Tom la repoussait toujours poliment mais elle ne semblait jamais s'en offusquer. Elle attendait simplement le bon moment, sachant que Tom avait déjà eu des relations avec des femmes avant Bill. Bill qu'elle connaissait d'ailleurs et qui la détestait cordialement depuis qu'il savait qu'elle en avait après son dreadé. Mais Bill avait toujours fait confiance à Tom, il savait que le blond n'était pas intéressé par Anna, il ne risquait rien. Mais ça l'agaçait grandement de voir qu'elle se fichait de savoir que Tom était en couple et qu'elle tentait quand même sa chance. Au début, avec amusement, Tom lui racontait souvent quand elle le draguait mais au fil du temps, il avait arrêté parce que Bill était trop en colère après. La dernière fois qu'il lui avait raconté s'être pris une main aux fesses par Anna, Bill avait appelé la femme et l'avait insulté copieusement, menaçant de tout révéler à son mari. Elle avait ri, Bill avait cru mourir de rage à ce manque de respect certain et avait promis que si jamais elle recommençait, il allait venir « lui botter son gros cul plein de graisse » et la « foutre à poil, dehors en pleine rue, devant les locaux pour qu'elle soit moins en chaleur, en lui arrachant tous ses vêtements que de toute façon étaient franchement moches vu qu'elle avait aucune classe » ponctuant sa phrase d'un cinglant « normal, avec un cochon on fait pas un cheval de course » et il lui avait raccroché au nez après avoir encore menacé de mettre les médias au courant de ce harcèlement sexuel si elle continuait. Ensuite il s'en était pris à Tom qui se mit à regretter amèrement de lui avoir raconté tout ça, écoutant les reproches de Bill en se disant « Putain, j'aurai dû fermer ma gueule, qu'est-ce que j'ai été lui dire ça, moi ? Dernière fois qu'il entend parler d'Anna ! » Parce que dans le fond, il s'entendait très bien avec Anna, il prenait tout cela comme un jeu et ne voulait surtout pas avoir à changer de collaboratrice. Anna était le genre de personne qu'il valait mieux avoir dans son camps que contre soi et le succès de l'agence venait en grande partie du travail qu'elle fournissait, c'était un Requin en affaire et ses décisions avaient fait qu'aujourd'hui ils soient respectés, craints, admirés dans le milieu.

Tom bougonna à peine un « bonjour » aux secrétaires et s'enferma dans son bureau pour prendre connaissance de son planning pour la journée. Il avait rendez-vous avec un jeune couple en milieu de matinée pour leur faire visiter un appartement meublé. Il s'occupa donc à diverses tâches et quand l'heure arriva il quitta le bureau pour se rendre dans le quartier chic, là où il avait rendez-vous. Il ne s'inquiétait pas, l'affaire devait être rapidement conclue, le couple avait vu quelques photos de l'appartement à l'agence et le visiter avait plus l'air d'une formalité qu'autre chose. Ils signeraient, c'est sûr et il remporterait une jolie commission. Ils avaient convenu de se retrouver directement à l'appartement, le couple ayant l'adresse et une fois arrivé, Tom monta directement mais dix minutes après l'heure convenue, le couple n'arrivait toujours pas. Il commençait à être contrarié mais entendit soudain sonner à la porte. Il alla ouvrir et fut très étonné de voir Anna, tout sourire :

-Bin ! Qu'est-ce que tu fais là ?

-Je faisais une visite dans le coin, moi aussi, dans le quartier des Eoliennes. Je passe juste te dire que c'est pas la peine d'attendre, les Werner ne viendront pas. La femme s'est tordue la cheville et son mari l'emmène aux urgences.

-Merde ! Mais comment ça se fait qu'ils m'ont pas appelé moi ?

-Il a appelé l'agence qui a rebasculé son appel sur mon portable, pensant que c'était un de mes clients, sûrement. J'ai bien voulu leur donner ton numéro, mais il était plutôt affolé à cause de l'accident de sa femme et m'a demandé de te prévenir. Par contre ils veulent vraiment le voir cet appartement j'ai pris donc les devants et leur ai proposé qu'ils te revoient en fin de journée, ça te va ?

-Ouais, ça va mais merde, il aurait pu m'appeler moi ! Bon, inutile de rester là plus longtemps, j'ai encore du boulot. On y va ?

Mais Anna se dirigeait vers le fond de l'appartement, où se trouvait certainement la chambre, poussant des exclamations ravies :

-N'empêche cet appartement il est bien ! La déco est super je trouve, beaucoup de goût, ouah...viens voir !

Tom la retrouva effectivement dans la chambre en train d'admirer le lit king size. Il sourit, amusé, parfois Anna pouvait être assez touchante quand elle avait ses airs de gamine comme ça :

-Et bin quoi ? C'est un lit !

-Oui mais t'as vu un peu la taille qu'il a ? Bon sang, il est immense !

Elle leva soudain vers Tom un regard lubrique et sourit en coin :

-Tu veux pas qu'on l'essaie ?

Tom prit l'habituelle allure blasée qu'il prenait quand elle recommençait à jouer avec lui comme ça :

-Oh putain, ça y est, ça commence ! Non, Anna, merci mais on devrait plutôt y aller.

Elle éclata de rire et s'approcha de lui, féline :

-Oh attends, on n'est pas pressé, c'est nous les patrons. Tu veux vraiment pas qu'on essaie ce lit ? Ca te tente pas ?

Il allait secouer la tête mais fut stoppé en plein élan par une main qu'elle avança pour la poser doucement sur son torse et commencer à le frotter de haut en bas. Il attrapa son poignet pour la repousse mais elle fut plus rapide que lui, elle s'écrasa contre lui et l'embrassa violemment. Tom crispa ses doigts dans la peau de son poignet et de l'autre main saisit son épaule pour la repousser encore mais quand elle faufila sa langue dans sa bouche il oublia de le faire. Peu à peu, ses doigts se décrispèrent et au lieu de la repousser, il l'attira un peu plus à lui, étonné de sentir excité en sentant les seins de la femme s'écraser contre lui. Anna était très surprise qu'il se laisse faire à ce point. A vrai dire, hormis les joutes verbales et quelques effleurements pas bien méchants, elle n'avait jamais essayé de l'embrasser réellement. Elle avait simplement voulu essayer et apparemment c'était le bon moment, Tom se laissait faire.

Elle cassa le baiser et leva un regard fiévreux, rempli de désir et tout ce que Tom lut dans son regard le troubla profondément. Elle avait envie de lui et son envie à elle attisait le sien. Ca faisait longtemps que Bill ne le regardait plus avec ces yeux là, ça faisait longtemps que Tom ne savait plus ce que ça faisait de ressentir le désir de quelqu'un pour lui aussi fort, à ce point. Bill était tellement...froid, distant, automatique. Et là Anna était chaude, sensuelle, et surtout excitée, elle gémissait son prénom et ça le rendait fou. Ils s'embrassaient et reculaient jusque le lit sur lequel ils se laissèrent tomber. Anna essayait de faire vite, elle avait peur que Tom ne recouvre ses esprits et arrête tout d'un coup. Mais Tom n'avait nulle envie d'arrêter, il avait besoin de sexe avec quelqu'un qui ne ferait pas semblant, il avait besoin de se rassurer et de savoir qu'il savait toujours comment faire jouir une personne. Le problème c'était Bill, pas lui, se dit-il en abaissant son corps sur celui d'Anna sans même défaire les draps. La preuve ? Elle gigotait dans tous les sens, nul doute qu'elle prenait son pied. Elle simule pas, se dit-il encore. Puis il arrêta de réfléchir et enchaîna les coups de reins, lisant le plaisir qui se peignait sur le visage de sa partenaire sous lui. Il la sentit jouir et en fut fier. Tout s'était passé très vite, il ne se rendit réellement compte de ce qu'il venait de faire quand il roula sur le côté et qu'Anna se redressa pour lui ôter le préservatif. Il n'avait même pas remarqué à quel moment elle le lui avait enfilé. Tout n'avait été qu'un enchaînement de gestes, aucun mot n'avait été prononcé, ils avaient juste parlé avec leur corps. Anna rigola doucement et soupira :

-Putain ça fait du bien, t'es un bon coup Tom ! Il faudra qu'on remette ça !

Il se releva assis lui aussi et tenta de remettre de l'ordre dans ses vêtements. Il fronçait les sourcils et dit :

-Hors de question ! On aurait déjà pas dû faire ça, Anna, c'est...c'était une erreur !

-Ouais mais une agréable erreur, pour ma part.

-Je te dis de suite que j'ai pas l'intention de devenir ton amant, t'es mariée je te rappelle et moi j'ai-

Il fut interrompu par une voix agacée :

-Oui, tu as Bill, je sais ! Je te demande pas de le quitter, je vais pas divorcer non plus je te signale !

Tom soupira longuement. Il n'avait pas envie de parler de Bill, surtout pas après ça, il ne voulait même pas y penser. Il se leva, termina de redresser ses habits pendant qu'Anna faisait de même. Il la regardait en coin, surpris de la voir si sereine par rapport à ce qu'ils venaient de faire. Elle ne semblait pas plus touchée que ça. Ca n'était pas sa première aventure extra conjugale, elle y était donc habituée et la culpabilité avait disparu depuis bien longtemps.

Ils discutèrent peu en ressortant de l'appartement et il se dirigea vers sa voiture sans remarquer que la femme le suivait. Il sursauta un peu quand il l'entendit dans son dos :

-Bon, je file, j'ai encore plein de trucs à faire. On se voit plus tard ?

Elle vit qu'il allait prendre la parole et le devança, amusée :

-Je veux dire, au bureau, Tom, pas dans un autre appartement ou autre ! Quoi que ça me dirait bien !

-Anna arrête c'est pas drôle ! Je me sens suffisamment mal comme ça, n'en rajoute pas !

-Oh ça va, le prends pas comme ça, c'est pas la fin du monde non plus ! Bill n'en saura rien, si c'est ce qui te tracasse ! Je vais surtout pas aller le lui dire, c'est bon tu peux reprendre une tête normale !

Elle ajouta, encore plus amusée :

-Parce que si tu comptes faire cette tête, ça va se voir, Tom ! Allez, déstresse !

-Putain je sais pas comment tu...désolé, j'ai pas l'habitude moi !

Il se mit au volant, baissa la vitre et regarda droit devant lui pendant qu'elle se penchait à sa hauteur. Il avait la voix misérable quand il dit :

-J'ai jamais trompé Bill. Je l'avais jamais fait, putain !

Elle lui serra l'avant-bras, essayant de paraître compatissante bien que ses paroles démontraient le contraire :

-Oh tu sais, y a une première fois à tout. Je te l'ai dis, il n'en saura rien, ton précieux petit Bill. Ce qu'on ignore ne peut faire mal. Allez, j'y vais !

Elle s'éloigna et il démarra, l'esprit torturé. Il fit le trajet sans vraiment le voir, préoccupé. Il s'en voulait, il en voulait à Anna, il en voulait surtout à Bill. Si tout allait bien avec Bill, il n'aurait pas eu besoin d'aller voir ailleurs pour se rassurer. Au début de leur relation, il n'avait envie que de Bill et Bill de lui. Ils se suffisaient l'un l'autre et avaient plus de plaisir qu'avec n'importe qui d'autre. Et là, Tom avait découvert que malgré tout l'amour qu'il portait à Bill, il semblerait que le plaisir soit totalement anonyme, apparemment peu importait le corps et les sentiments, le plaisir pouvait être là suffisamment pour faire du bien, avec n'importe qui d'autre. Ok, ça n'avait pas été aussi intense qu'avec son brun, mais ça avait été satisfaisant et surtout, Anna avait voulu, elle avait ressenti du désir pour lui, tellement fort qu'elle en avait tremblé. Bill ne tremblait plus depuis longtemps, remarqua t-il hargneusement, ah si, quand la fenêtre était ouverte en hiver ou quand il sortait de la douche et qu'il avait froid. Ou alors, se dit-il, quand il tremblait de colère, oui ça, ça arrivait fréquemment. Mais le corps qui se lâche à ce point, qui s'abandonne, qui frémit, ça : niet ! Rien ! Que dalle ! Finito depuis des lustres !

Tom essayait de taire sa culpabilité, rejetant sa faute sur Bill, lui en voulant encore plus. C'était plus facile à supporter comme ça. Il essayait surtout de dissimuler sa honte et sa peur de perdre Bill si celui-ci venait à découvrir ce qui s'était passé avec sa collaboratrice. Tom y pensa toute la journée, il déjeuna à peine, sa gorge étant trop serrée. Il voulut appeler Bill plusieurs fois, mais n'osa pas. Pour lui dire quoi ? Ca faisait longtemps aussi qu'ils avaient cessé de s'appeler plusieurs fois dans la journée, pour se dire tout et n'importe quoi, pour se chauffer au téléphone jusqu'à en rendre l'autre complètement dingue. Bon, il arrivait qu'ils s'envoient un sms de temps en temps, un petit mot gentil, mais c'était surtout pour demander de ramener quelques courses ou de prévenir d'un retard involontaire. Un couple normal, ils étaient devenus tout simplement un couple normal, avec des habitudes, des lassitudes, des déceptions même si à tout cela se mêlait encore un peu d'amour.

La journée passa donc lamentablement, en ce qui concernait Tom et prit fin avec une dernière visite qu'il fit. C'était enfin le couple qui venait voir l'appartement du matin. La jeune femme avait la cheville droite bandée et se tenait difficilement avec des béquilles. Son jeune mari était au petit soin pour elle et Tom était attendri devant l'air amoureux qu'ils affichaient béatement. Ils étaient visiblement très heureux et étaient pressés d'aménager dans l'appartement luxueux. Ils signèrent de suite et Tom sourit quand il vit le jeune homme soulever son épouse et la tourner en riant. Ca lui rappelait Bill et lui, quand ils avaient emménagé dans leur premier appartement, ensemble. Ils étaient pleins de rêves, pleins d'espoir, ils avaient envie de bien faire. A ce souvenir, Tom secoua la tête, soudain plus sombre, ils avaient été surtout bien naïfs...Et plus il regardait ce jeune couple, plus il avait envie de leur crier de ne pas faire ça. De ne pas habiter ensemble, ou d'arrêter de croire que ça ira toujours bien. Il voulait leur crier de se préparer parce que maintenant ils allaient attaquer la pente descendante de leur relation. Parce qu'à partir de maintenant, ça allait forcément se casser la gueule, ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils commencent à se disputer violemment, que la jeune femme casse un vase ou une assiette et que la mari n'attrape ses clés pour sortir rapidement rejoindre une énième maîtresse pour éviter une énième crise conjugale. Tom était encore plus amer qu'il pouvait déjà l'être. Il fit une grimace en pensant qu'il était devenu un « vieux aigri ».

Quand ils visitèrent la chambre, Tom fut encore plus mal à l'aise. Il ne pouvait poser son regard sur le lit, il regardait partout sauf là. Il se revoyait avec Anna un peu plus tôt. Pourtant le lit avait été refait, Anna s'était chargée de redresser les draps. Tom se raidit quand il vit la jeune femme s'assoir sur le lit et décréter comme Anna :

-Le lit m'a l'air vraiment confortable, il est immense !

Tom eut envie de hurler. Mais il se contenta de faire un demi –sourire et acquiesça, continuant de vanter les mérites de l'appartement. Il voulait seulement sortir de cette chambre au plus vite. Cela lui rappelait trop sa faute et comment il avait osé prendre du plaisir avec un autre corps que celui de Bill.

L'affaire maintenant conclue, il rentra chez lui, sachant d'avance que Bill n'y serait pas, à cause de sa réunion soit disant tardive. Il était plutôt content pour une fois que le brun soit en retard, ça lui laisserait de prendre une douche, toute la journée il avait eu l'impression d'avoir l'odeur d'Anna sur lui, ça l'avait mis mal à l'aise et là, il rêvait de s'en débarrasser. Mais quand il arriva dans son parking il remarqua immédiatement la voiture de Bill et se dit :

-Merde, il est déjà rentré !

Pendant qu'il sortait de sa voiture il reçut un texto. Il fronça les sourcils quand il vit que c'était Anna :

« Alors ce rendez-vous ? Ils ont signé ? »

Il allait pour répondre un simple oui quand un autre texto arriva :

« On aurait dû changer les draps. Je suis sûre qu'il y a encore notre odeur dedans... »

Ebahi et furieux, il lâcha son attaché-case et jura :

-Putain de merde ! Elle va pas s'y mettre !

Il rattrapa ses affaires et décida de l'appeler. Elle décrocha immédiatement en rigolant, ce qui augmenta sa fureur :

-Anna, fais pas ça ! Ca me fait pas rire, moi ! Je t'ai dis que-

-Oui ça va, je sais ! Rhoooo...le prends pas comme ça, je te taquinais c'est tout !

-Ouais bin moi ça me fait pas rire ! T'imagine si Bill tombe sur un message comme ça ?

-Tom c'est bon, arrête de crier, tu sais quand même effacer les messages, non ? Alors efface-le et on n'en parle plus. Ils ont signé ?

-Qui ça ?

-Bin le couple !

-Ouais, ils ont signé. Je vais raccrocher, je suis dans mon immeuble, là.

-Ca y est ? Tu vas affronter ta Reine des Glaces ? J'espère que t'as pas repris ton air coupable, Tom. Et oublie toute envie de confession, s'il te plait, moi mon mariage j'y tiens !

Tom ricana :

-Non sans déconner, tu y tiens ? Bin merde alors, ça se voit pas trop !

-Bon j'ai pas besoin de ton avis. Je dis juste que tu dois pas t'affoler, ni me faire une crise de moralité en te disant « merde je me sens pas bien, faut que je dise toute la vérité à Bill », je te connais Tom, dis toi que ça va passer, ça ira mieux demain.

-Putain, je sais pas comment tu fais pour le prendre aussi nonchalamment. Ca te fait rien à toi ?

Elle rit et répondit :

-Bof, tu sais, au début si, ça me...oui, j'étais mal, mais on s'y habitue. De toute façon tu connais mon mari, il fait pareil de son côté, l'essentiel c'est d'être discret et chacun trouve son compte. Tu feras comme tout le monde, tu t'y habitueras aussi, va !

-J'ai pas l'intention de recommencer. Ecoute, je vais te laisser, je suis arrivé à mon étage, là. A demain !

-A demain.

Il raccrocha et mit machinalement son portable dans sa poche, encore estomaqué de la réaction de sa collègue de travail. Elle semblait tellement...détachée par rapport à la situation, il en avait été ébahi. Il ne pouvait pour sa part, ignorer les battements de son c½ur qui s'étaient accélérer et ses paumes qui devenaient moites plus il approchait sa porte d'entrée. Bill allait certainement savoir, ça devait être marqué sur sa figure, il allait comprendre et il le voyait déjà soit le quitter, soit le mettre à la porte à grands coups de savate, Bill était tellement impulsif ! Son angoisse et ses pensées confuses lui firent oublier d'effacer les textos d'Anna.

Il mit la clé et tourna la poignée doucement, comme s'il craignait que Bill ne lui saute déjà à la figure et se sentit soudain ridicule. Après tout, comment Bill pouvait savoir ? Il entra plus franchement, referma derrière lui et balança son attaché-case et son portable dans le fauteuil. Un bruit derrière lui le fit se retourner et il eut juste le temps de faire un pas en arrière, apeuré en voyant Bill sortir en trombe de la cuisine pour venir...se jeter à son cou ! Tom avait déjà fermé les yeux pour anticiper la baffe qu'il avait été pratiquement sûr de recevoir. Bill l'enlaçait fermement et l'embrassait déjà fiévreusement. Il se laissa faire un peu à l'ouest au début mais reprit rapidement ses esprits quand le piercing du brun frotta son palais, l'électrisant comme toujours. Il glissa ses mains sur tout le dos de Bill et le poussa un peu plus contre lui tout en remontant une main dans les longs cheveux noirs et lui masser la tête. Bill gémit doucement et sépara leurs bouches, haletant :

-Salut beau gosse, c'est à cette heure-ci que tu rentres ?

Tom gloussa un peu et attrapa les fesses du brun qu'il malaxa :

-Je veux bien recommencer et rentrer même plus tard que ça la prochaine fois si tu me garantis un accueil de ce genre !

Bill rit à son tour et l'embrassa de nouveau, appuyant son bassin sur celui du blond qui fut agréablement surpris de sentir l'érection qui se pressait contre lui. Tout souvenir concernant Anna et cette foutue journée disparut, il n'eut conscience que de Bill et de la chaleur de son corps qui s'en dégageait, de la langue qui enroulait la sienne et de la bouche du brun qui bouffait indécemment la sienne. Tom s'arrêta un instant et souffla contre sa bouche :

-Dis-moi, tu m'as l'air bien excité. Tu m'en veux plus ?

Bill s'affairait à ouvrir le pantalon de Tom et il secoua la tête tout en déboutonnant la chemise :

-Non, je t'en veux plus. Plus maintenant. Et j'espère que tu m'en veux plus aussi, j'ai été...dégueulasse hier soir. Mais je compte bien me rattraper ce soir ok ?

Tom déglutit à l'idée. Bill semblait décidé à se faire pardonner et il pouvait de nouveau sentir que Bill avait envie de lui, envie très fort. Il avait cette façon de se mordre les lèvres et ses mains, que le brun avait posé sur son torse, tremblaient un peu. Ses yeux d'ordinaire noisette viraient au foncé et il se souvint à quel point Bill était magnifique quand il était excité. Tom le regarda encore un peu et l'attira à lui pour saisir sa bouche de nouveau et l'embrasser voracement. Il aimait quand leurs gestes étaient un peu brutaux, désordonnés, précipités. Ils se dévorèrent passionnément la bouche pendant un long moment, jusqu'à ce que Tom consente enfin à laisser son compagnon respirer. Il relâcha un Bill aux joues rouges, essoufflé, les cheveux en bataille et l'air complètement ahuri. Bill lui sourit et vint déposer un dernier baiser sur sa bouche avant de lui dire :

-Bon, tu sais quoi ? Tu devrais aller prendre une douche, on mange et après on va au lit.

Tom haussa un sourcil :

-Au lit ?

-Ouais, au lit putain ! Pas de télé, pas de livre, rien d'autre que toi et moi, au lit, avec comme seul vêtement un peu ou même beaucoup de notre sueur mélangée, putain oh oui ! Va te doucher, je retourne à la cuisine, ça va brûler sinon. Rejoins-moi quand t'as fini, j'ai préparé les apéros.

Il se tournait déjà vers la cuisine quand il se retourna et fit un petit sourire timide et un regard désolé vers Tom :

-Je suis désolé, vraiment pour hier soir. Pour me faire pardonner, j'ai repréparé les cocktails d'hier. Ils seront pas aussi réussis que les tiens mais j'espère que tu aimeras.

Tom, ému, hocha simplement la tête et après avoir embrassé Bill une dernière fois, il se rendit dans la salle de bain. Pendant ce temps, le brun avait fini de mettre la table et il s'affala dans le canapé en soupirant fortement. Il voulait que cette soirée soit réussie. Il avait eu le temps d'y réfléchir toute la journée et il s'était trouvé salaud avec Tom. Il s'était senti mal à l'idée de l'avoir autant blessé et décida d'écourter sa réunion pour se rendre chez eux plus tôt que prévu. Il fallait qu'il se fasse pardonner et il savait comment faire. Il ne voulait pas perdre Tom, malgré tout, il voulait que tout s'arrange et même si tout était encore un peu confus, il s'était dit que tant qu'ils avaient l'envie de bien faire, alors ça irait. Et Bill voulait encore essayer. Rien n'aurait pu entacher sa bonne humeur, pas même le ticket du teinturier qu'il remarqua encore punaisé, Tom avait oublié...Pas même la cafetière qui était restée branchée toute la journée, Tom avait aussi oublié...

Il prit l'attaché-case de son compagnon et le posa par terre afin de s'installer un peu mieux. Il s'allongea en attendant Tom, hésitant à le rejoindre sous la douche quand il sentit un objet s'enfoncer dans sa cuisse. Il se releva un peu en passant sa main sous lui et trouva le portable de Tom. Il sourit. Pas même le bordel de Tom ne viendrait gâcher sa bonne humeur non plus. Il se remit sur le dos et machinalement tripota les touches. Tom avait choisi un modèle complexe et hors de prix, il était très gadget, il voulait toujours avoir les derniers joujoux technologiques à la mode. Ce modèle-là était récent. Bill sourit quand il se rappela comment il s'était moqué gentiment de Tom quand il l'avait acheté, le modèle était si complexe que même Tom avait eu du mal à trouver comment taper un simple texto.

Ca ne semblait pas si difficile pourtant. Bill essaya alors de trouver la messagerie texte mais eut quelques difficultés. A force de tripotage, il finit par entrer dans la boîte de réception au lieu de la boîte d'envoi. Il allait annuler quand il remarqua deux textos d'Anna. Il pinça les lèvres et siffla :

-Qu'est-ce qu'elle lui veut cette vache, encore ?

Il lut le premier message qui concernait l'appartement et haussa les épaules. Bon sang ce qu'il détestait cette femme ! Elle était toujours condescendante avec lui, se moquant royalement du fait qu'il était le petit ami de Tom, elle était du genre « ok c'est ton mec, mais je veux me le faire, habitue-toi à l'idée chéri, un jour je l'aurai » il la haïssait au plus haut point !

Il ouvrit le deuxième message et sa mâchoire se décrocha. Il se redressa soudain et relut, pour être bien sûr d'avoir compris mais aucun doute, le message était clair. Au même moment, Tom sortit de la salle de bain, en caleçon, un grand sourire aux lèvres. Sourire qui se fana quand il remarqua le visage livide de son compagnon et surtout son portable dans la main de Bill. Il se figea et se dit, intérieurement paniqué :

-Oh merde ! Putain j'ai oublié d'effacer les messages...

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Comments :

  • chaos87th

    22/08/2011

    Je sens que ça va chauffer pour le matricule de Tom. Il va vraiment regretter ce qu'il a fait.
    C'est comme ça qu'il risque de perdre Bill et ce sera lui qui sera entièrement en tord.

  • k

    13/11/2009

    Wow le coup du texto non effacer je les vue venir mdr punaisse le con --' ^^

  • Pucca97217

    19/09/2009

    Putain Tom ta fait le con sur se coup la ta fait le con.
    Et comme par hasard Bill qui fait tout pour passer une soirée romantique.
    Et merde t'a oublier les messages c'est sûr la tout foirée.

  • xlRainbow

    06/09/2009

    Je ne peux pas continuer cette ficiton
    J'ai pas lus le lemon entierement, d'ialeur je le lirais pas
    Cette fiction me prend trop au tripe, je me sens mal c'ets limite du viole
    C'ets horrible comme etet sensation peut être dgéeulasse
    J'usis limite en larme. Je peux vraiment pas la lire

  • Ah-t0miik-x3

    31/07/2009

    Là j'avoue j'ai peur pour Tom u_u"

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Bravo Tom
    Le pire truc il oublie BOULET

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