Chapitre 5

Arrivé au boulot Tom faisait une tête de dix pieds de longs. Il avait ressassé tout ce qu'il venait de se passer avec Bill durant le trajet le menant à son travail.

Bill voulait qu'ils se séparent.

Il avait beau eu faire de l'humour à la fin de leur altercation, il riait jaune à présent. Sérieusement, ça ne pouvait pas finir comme ça. Il était rongé par les remords. Pourquoi avait-il cédé à Anna. S'il ne l'avait pas fait, Bill et lui aurait passé l'une des plus belles soirées de ces six derniers mois hier soir. Il avait été vraiment con et il le savait. Mais maintenant que le mal était fait il ne pouvait qu'arranger les choses. Il allait tout tenter pour que Bill lui pardonne même si ça devait engendrer des disputes concernant leur appartement. Il ne le quitterait pas et il savait que Bill non plus. Donc s'il restait, Bill le ferait aussi. Et il finirait pas retomber dans ses bras. CQFD. Du moins il l'espérait.

En entrant dans le bâtiment, Tom n'avait qu'une idée en tête. Trouver Anna et lui expliquer la situation. Il ne pouvait pas se permettre de la laisser jouer avec lui. Une fois avait largement suffit pour foutre sa vie sentimentale en l'air et il espérait sincèrement que sa vie professionnelle n'allait pas non plus en pâtir.

Il déposa sa sacoche sur son bureau et sa veste sur le porte manteau attenant à la porte puis se dirigea vers le bureau où travaillait Anna.
Il y entra sans frapper et referma activement la porte derrière lui.

-Ah Tom, alors comment ça va ce matin ?

Elle paraissait vraiment se foutre de ce qu'il s'était passé hier. En voyant le regard de Tom elle comprit bien vite qu'il avait du faire une connerie.

-Tom ne me dit pas que tu lui as dit pour nous ?

-Non je ne lui ai rien dit Anna. Il l'a deviné en lisant ton message.

-Quoi ? Mais je ne t'avais pas dit de l'effacer ? T'es vraiment con quand tu t'y mets Tom !

-Non mais je rêve ! Pourquoi il a fallu que tu m'envoies ce stupide sms aussi. Tu m'cherches tout le temps. Tu m'as eu hier et j'te préviens que tu ne m'aura plus.

-Oulah ! Calme toi mon bichon ! Fallait juste appuyer sur une touche pour l'effacer. C'était pas bien difficile pourtant.

Elle soupira voyant bien que Tom était au plus bas elle tenta de le rassurer.

-De toute façon, il t'aime ton Bill. Il te pardonnera ne t'en fait pas plus que ça.

-Ne t'en fais pas plus que ça ! Répéta-t-il en essayant de reproduire sa voix aigüe. Non mais tu ne te rends même pas compte dans la merde dans laquelle je suis à cause de toute cette stupide histoire.

-Ben écoute, franchement je ne trouve pas ça si stupide que ça moi. J'ai été même plutôt ravie du moment qu'on a passé moi.

Elle haussa les sourcils pour appuyer ses paroles.

-Anna t'es vraiment pas nette comme femme.

-Oh ça va bien maintenant ! J't'avais dit d'effacer le message ! T'as oublié ! Ben t'as qu'à t'en prendre à toi-même ! J'vais pas me lamenter sur ton sors crois-moi. !

Tom restait stoïque face à sa collègue de travail. Elle était définitivement sans c½ur songea-t-il. D'un autre côté c'était Anna. La femme qui trompait son mari dès que l'envie lui en prenait et il le savait mieux que personne.

-Bon tu comptes rester dans mon bureau longtemps où commencer les visites de ce matin ? T'en as pas mal il me semble en plus, donc tu devrais plutôt t'activer au lieu de me faire ces yeux de merlan frit.

-Putain j'sais vraiment pas comme tu peux rester si calme face à la situation.

Elle se leva de sa chaise pour se positionner devant lui.

-Ecoute Tom, je sais que la première fois c'est pas simple. On se sent coupable et tout un tas de trucs nous tournent dans la tête mais soit réaliste. Si tu l'as trompé c'est bien que quelque chose ne fonctionnait plus si bien que ça dans votre couple ? Non ?

Le blond ne répondit pas se contentant de serrer la mâchoire devant son assurance si dérangeante concernant tout ça.

-Bien on est donc d'accord sur ce point. J'te promets de ne plus t'envoyer de message. Finit-elle en lui prenant la main pour calmer son anxiété matinale.

Elle se replaça derrière son bureau et alors qu'il sortait de la pièce elle lui lança :

-J't'appellerais si jamais il m'arrivait d'avoir des envies dorénavant.

Il la regarda énervé alors qu'elle pouffait déjà de sa blague désobligeante. Il sorti rapidement puis se dirigea à nouveau dans son bureau pour prendre en main les rendez-vous de la matinée, qui s'annonçait longue.

De son côté Bill avait laissé bien en évidence le pot de fleurs qu'il avait adroitement balancé contre la porte d'entrée lorsque Tom était parti. Il s'était dit que Tom le ramasserait en rentrant le soir même puisque c'est lui qui rentrait le plus souvent en premier du boulot. De toute façon, Bill savait très bien qu'il allait se lancer à corps perdu dans le travail maintenant que Tom et lui allait se séparer. Bill s'arrêta un instant alors qu'il se préparait dans la salle de bain. Il se regarda dans le miroir et pu y voir toute sa ranc½ur et sa haine envers son amour. Son amour... Le Tom qu'il avait connu ne ressemblait en rien au Tom du présent. Il fallait qu'il s'y fasse. Il devait lui en faire baver comme le blond lui en faisait baver avec son infidélité. Il ne devait plus penser à ce que Tom et lui avaient été mais bel et bien à sa vie futur sans lui. Ça lui serait plus facile de ne pas lui céder s'il occultait complètement leurs années de bonheur. Il ne devait plus rien lui laisser passer. De toute façon il allait le faire déménager ailleurs. Ça serait un bon début.

-Oui ça sera mieux comme ça de toute façon. Murmura-t-il à son reflet.

Il continua de se maquiller masquant ainsi sa nuit de triste ivresse puis il s'habilla rapidement. Il était déjà en retard à son travail. Il sortit en faisant bien attention de ne pas marcher sur les débris de ce qui avait été pendant bien longtemps « la plante de la table du salon ».

18h00.

Tom se gara sur sa place de parking habituelle. Il remarqua que la voiture de Bill n'était pas là. Encore au boulot pensa-t-il fatigué. Durant toute la journée il avait évité au maximum les contacts avec Anna. Plus il en était loin mieux il s'en porterait c'était un fait. Lorsqu'il poussa la porte de l'appartement il mit les pieds sur les vestiges de leur dispute matinale. Bill n'avait semble-t-il pas juger bon de nettoyer les effets de sa colère. Soit, il le ferait en rentrant. Il était hors de question que ça soit à lui de le faire. Il voulait se faire pardonner d'accord mais pas non plus devenir un bon petit soldat à la botte de son commandant. Bill le ferait en rentrant.

Il déposa ses affaires sur le canapé et se dirigea vers la cuisine pour aller boire un verre de jus bien frais. Il remarqua que Bill n'avait pas non plus nettoyé ce qui devait être le diner de la veille. Il consentit alors à faire un brin de ménage dans la cuisine. Il s'avoua que c'était de sa faute si le repas avait lamentablement était gâché.
Une fois fait, il parti sous la douche se délasser. Cette journée avait été des plus éreintantes. Il avait en tout et pour tout fait trois visites d'appartements le matin et le double l'après midi. Il n'en pouvait juste plus. Il sorti de la cabine de douche et s'essuya alors qu'il entendait la porte d'entrée s'ouvrir et les bougonnements de Bill.

-Putain c'est pas vrai. Il a rien ramassé. J'y crois pas.

Bill savait que Tom était rentré. Il avait vu sa voiture sur le parking. Il enleva son manteau et le pendit au crochet. Il avança pour voir les affaires de Tom sur le canapé.

-Tom combien de fois je devrais te dire que ton manteau se pend à l'entrée et ne se balance pas sur le canapé !

En entendant ça Tom sourit, convaincu que Bill avait reprit leurs bonnes habitudes. Peut-être qu'il allait lui pardonner finalement. La journée l'avait fait réfléchir et il souhaitait surmonter ensemble cette crise de couple comme il lui avait suggéré le matin même. Pourtant lorsque Bill ouvrit précipitamment la porte de la salle de bain c'est un regard colérique qu'il reçut.

-Tu m'feras le plaisir, après avoir mis ton manteau dans l'entrée, de nettoyer aussi la plante et la terre qui lui permettait de vivre. Y'en a partout.

Et il s'en alla laissant un Tom totalement abasourdi pas les ordres qu'il venait de recevoir. Il se reprit bien vite entourant sa taille d'une serviette.

-Eh ! Attends une minute Bill ! C'est pas à moi de nettoyer TES conneries. C'est toi qui l'a balancée je te signale.

-Et la faute à qui Tom ?

Tom ne releva pas et prit son manteau pour le pendre au crochet de l'entrée, signe de sa bonne volonté.
Lorsqu'il repassa devant Bill ce dernier le rappela à l'ordre à nouveau.

-Et la plante ? lança-t-il sèchement.

Tom se planta devant lui le fixant dans les yeux d'un air autoritaire.

-Je ne suis pas à tes ordres Bill. Ok j'ai fait une connerie mais je ne ferais pas ce genre de chose pour te prouver que je veux arranger les choses.

Tom se rapprocha de lui mais Bill se recula. Il ne voulait plus qu'il le touche surtout dans cette tenue. Il avait toujours adoré lorsque Tom sortait de la douche et venait lui faire un câlin. Il pouvait sentir la chaleur de son corps contre sa peau et ça le rendait vraiment dingue.

Tom voyant son malaise, sourit pour lui-même et s'approcha un peu plus. Il fit comme s'il n'avait rien remarqué et dit d'un ton neutre :

-Pardon, je voudrai passer s'il te plait

Bill respirait difficilement, il humidifiait ses lèvres nerveusement et il avait les yeux scotchés au torse de son compagnon, Tom voyait bien où son regard était posé et s'approcha encore un peu plus. Il savait qu'il faisait de l'effet au brun, ce dernier suivait une dernière goutte qui dévalait sa poitrine et luttait pour ne pas poser les mains sur Tom. Il se voyait déjà en train de poser sa bouche sur Tom, caresser sa peau qui lui faisait envie, la goûter de la langue et de la bouche...Tom pouvait parfaitement deviner ce à quoi il pensait, il le connaissait tellement bien. Mais Bill releva brusquement la tête et croisa son regard amusé. Ses yeux noircirent de colère et il recula de plusieurs pas en lançant sèchement :

-C'est pas obligé que tu te frottes à moi comme ça pour passer, Tom. Essaye pas, ça marchera pas !

Tom eut un rire ironique et répliqua :

-Vraiment ? T'aurais dû voir ta tête alors !

-J'm'en fous Tom. J'me fous de ce que tu penses ou ressens. J'en ai plus rien à faire. De toute façon tu vas partir et je pourrais enfin t'oublier.

Il avait déjà tourné le dos et était sorti de la pièce. Une sourde fureur monta et il cria :

-Je ne partirais pas Bill !

De l'autre pièce, Bill répondit en chantonnant :

-Si tu le feras. Ça n'est pas à moi de le faire et tu le sais très bien.

Tom secoua la tête et rejoint Bill près du canapé :

-On peut arranger les choses Bill. On s'aime. Je sais que tu m'aimes. J'ai déconné mais ...

-Putain Tom t'as pas déconné, t'as tout détruit ! Jamais je ne te pardonnerais.

Après ça Bill parti dans la cuisine. Il savait que Tom irait dans la chambre pour se mettre en caleçon, la soirée allait être difficile, il sentait que Tom allait lui en faire de toutes les couleurs, titillant ses points faibles, jouant avec ses envies. Lorsqu'il y entra, il vit immédiatement que Tom avait tout rangé. Il ne voulait pas céder à ses petites attentions. Non il ne devait pas !

Après avoir parlé à Bill, Tom savait que ça n'allait pas être facile de le récupérer mais il y arriverait. Il avait bien vu que le brun n'était pas resté insensible en le voyant torse-nu, une serviette autour de sa taille. Cela semblait pourtant incongru parce que Bill ne lui montrait plus depuis bien longtemps déjà qu'il avait du désir pour lui. Peut-être le fait de l'avoir trompé avait ravivé sa jalousie et par conséquent son désir. Il ne devait pas songer à ça. Ce n'était vraiment pas le moment de se faire des plans sur la comète. Surtout qu'il avait quand même trompé Bill et que ça le mettait vraiment en mauvaise position dans leur couple.

Bill profita que Tom s'habille pour aller nettoyer l'entrée. Il pesta intérieurement sachant pertinemment au fond de lui que Tom n'avait pas tort sur ce point. C'était bien à lui d'enlever la terre et la plante maintenant morte. Lorsqu'il jeta la dernière pelletée de terre dans la poubelle Bill eut un pincement au c½ur. Cette plante ils l'avaient achetée lors de leur emménagement. Elle avait vécu le même temps qu'eux ici. Et comme pour confirmé leur désunion, elle aussi n'existait plus dorénavant. Ça lui fit mal au c½ur de repenser à ce détail.

-Tu vois que tu l'as nettoyée. Tu vas bien finir par céder au final !

Tom se trouvait accoudé dans l'embrasure de la porte. Il le fixait depuis peu certainement mais assez pour voir que Bill avait une balayette et une pelle à la main. Bill se sentait encore plus inférieur à ce moment là.

-Ça t'amuse ? Non parce que si c'est le cas, moi pas du tout ! Et si c'est comme ça que tu comptes arranger les choses je ne vois pas comment tu vas parvenir à tes fins alors.

-J'ai pas dit ça pour me moquer, j'ai dit ça pour te faire remarquer que si l'un et l'autre on y met du nôtre, ça peut marcher !

-En te foutant de ma gueule quand tu me vois nettoyer le salon ?

-Bill ça va ! Je voulais juste détendre l'atmosphère !

-Désolé de te dire ça mais je crois bien que ça risque d'être difficile étant donné qu'on est en pleine séparation !

Bill avait toujours su insister là où ça faisait mal. Et là en l'occurrence il avait touché pile où il fallait à voir la tête en décomposition du blond qui quitta sans plus attendre la cuisine.

Le reste de la soirée fut bien électrique. Ils ne discutèrent pas plus de la situation. Bill restant obstinément de son côté alors que Tom tentait quelques approches. Lorsque Bill entra dans la chambre pour se coucher il senti Tom le suivre. Il ne pensait tout de même pas dormir avec lui.

-On peut savoir ce que tu fais ? Demanda-t-il à Tom alors que celui-ci enlevait son T-Shirt.

-Je vais me coucher !

-Pas dans mon lit en tout cas ! Lui rétorqua-t-il.

Tom se sentait vraiment rejeté pour le coup mais n'en laissa rien paraitre.

-C'est aussi mon lit Bill !

-Plus depuis que tu as couché avec cette poule.

Tom n'en fit rien et se glissa sous les draps dans lesquels Bill se trouvait déjà.

-Non mais j'y crois pas ! T'as pas entendu ce que je viens de te dire.

-Hein quoi ? T'as dis un truc Bill ? Feinta Tom.

-T'es vraiment un boulet Tom.

Bill se leva et sortit du lit. Il commença à ouvrir les placards pour prendre des draps et des couvertures. Il alla dans le salon pour les déposer sur le canapé et retourna dans la chambre pour y chercher son oreiller. Lorsqu'il tendit le bras pour le prendre Tom lui attrapa le poignet pour cesser ses mouvements.

-Ne me touche pas !

Conscient que Bill n'était vraiment pas d'humeur, Tom le lâcha de suite. Bill repartit donc en direction du salon pour commencer à défaire les draps sur le canapé. Tom, qui l'avait suivi, compris de suite où il voulait en venir.

-Qu'est-ce que tu fais Bill ?

-Ça ne se voit pas peut-être ? Puisque tu ne respectes pas mon choix de ne plus dormir dans le même lit que toi, je vais dormir ailleurs !

Bill n'avait pas envie de s'user en parole contre Tom. Il savait le blond très pénible par moment et ce soir il était exténué. Alors cette solution lui sembla être la meilleure.

- Ecoute, on n'est pas obligé d'en arriver là pour...

-C'est toi qui nous a fait arriver à ce stade de notre relation. Relation qui n'est plus, je précise au cas où tu ne l'aurais pas encore percuté ! Termina-t-il en plaçant le drap housse sur le canapé. Putain quand je pense que t'as pas voulu prendre le canapé qui faisait office de lit. Ça nous aurait vraiment bien servi finalement. Poursuivit Bill.

Tom sentait Bill fébrile à ce moment là. Il savait qu'il devait faire un effort s'il voulait avoir encore une quelconque chance de retour au calme. Il prenait vraiment conscience que Bill ne rigolait vraiment pas avec leur 'pseudo' séparation.

-Bill attends, attends ! Arrête ! Fit-il en le stoppant dans ses gestes devenus désordonnés à force d'énervement.

Il put voir le regard vitreux du brun et ça lui serra le c½ur. Qu'avait-il fait ? Il lâcha doucement son emprise de Bill, en profitant presque pour le caresser.

-Ok. Ok j'vais dormir sur le canapé.

Tom alla chercher son oreiller dans la chambre. Lorsqu'il revint il vit Bill s'essuyer rapidement les yeux.

-Ne pleure pas j't'en prie. Je suis tellement désolé Bill. Laisse-moi une chance de tout arranger.

Bill ne dit pas un mot et se contenta de récupérer son oreiller qui gisait sur le canapé.

-Bill...souffla Tom lorsque celui-ci passa devant lui le coussin moelleux contre lui. J't'en prie ne m'ignore pas.

-Toi tu l'as bien fait pendant que tu la baisais. Tu m'as oublié pendant que t'étais dans ses bras. Pourquoi je ne pourrais pas le faire maintenant ?

Tom ne répondit pas. Qu'aurait-il pu ajouter ? Rien. Mais avant que Bill ne referme la porte du salon il pu entendre cette phrase qui lui fit si mal.

-Tu vois toi aussi tu cèdes Tom. Murmura l'androgyne à son encontre.

Puis Bill referma la porte sur un dreadé totalement retourné. Non Tom ne céderait pas. Il ne fallait pas qu'il cède. Il allait se battre pour le retrouver. Coûte que coûte.

Lorsque Tom se réveilla le lendemain matin, Bill n'était plus dans l'appartement. Apparemment il n'avait fait aucun bruit pour ne pas le réveiller ou plutôt ne pas lui parler. Il s'étira de tout son long. Ce canapé n'était vraiment pas confortable. Il alla dans la cuisine pour prendre son café et c'est là qu'il le vit. Le mot. Encore un pensa-t-il. Il savait déjà qu'il ne serait en aucun cas gentil.

Quand je rentrerais ce soir j'espère ne plus te voir dans l'appart'.
Prends tes affaires et casse-toi de chez moi c'est tout ce que je demande. Je suis même prêt à racheter ta part, ton prix sera le mien, penses-y !
Bill.


Tom n'en revenait. Il osait lui écrire ce genre de chose par petit mot. Ça allait être pire que ce qu'il croyait au départ. Il ne partirait pas de l'appart quoique ça lui en coûte. Il allait garder le canapé mais resterait dans leur foyer du moins dans ce qu'il en restait.

Il répondit à ce message extrêmement peinant pour lui puis parti se préparer en vitesse.

Lorsque Bill rentra du boulot ce soir là la voiture de Tom n'était pas à sa place. Il s'était dit qu'il l'avait écouté et qu'il était parti. La séparation devenait alors réelle. Pourtant lorsqu'il entra dans l'appartement la première chose qu'il vérifia ce fût les placards. Toutes ses affaires y étaient encore. Il n'était donc même pas revenu de son travail. Il alla dans la cuisine se prendre un jus bien frais et il remarqua le mot qu'il avait laissé le matin même sauf que quelque chose y était ajouté.

Alors là, il manquerait plus que ça, là tu demandes la lune, chéri ! Ton mot est bien dégueulasse, mais je t'aime quand même ! Ou alors, vends- moi ta part, toi ?
Tom


Tom le prenait comme ça ? Soit, il devait prendre les devants. Il se précipita d'un pas vif dans sa chambre. Il commença à balancer toutes les affaires du blond dans des valises. A peine eut-il terminé que Tom était entré. Bill referma alors le premier gros sac de vêtement et l'amena au salon.

-Salut. Fit Tom.

-Voilà tes affaires. Je sais c'est pas à moi de faire tes valises mais prends le comme un cadeau d'adieu. Le dernier truc que je t'aide à faire en quelque sorte.

Tom resta ahuri devant sa déclaration. Le brun retourna dans la chambre pour ressortir avec la deuxième valise.

-Voilà c'est fini. Ah non ! J'ai pas fait ta trousse de toilette. Je te laisse le soin de t'en occuper.

-Bill mais qu'est-ce que tu fous. T'as pété un câble ?

-Mais pas du tout. Je t'aide c'est tout. Répondit-il avec un sourire ironique collé à son visage.

-Si tu crois pouvoir te débarrasser de moi comme ça tu te trompes totalement.

-T'as pas lu mon mot Tom ? Fit Bill.

-Si mais toi t'as pas du lire le mien apparemment.

Oh que si Bill l'avait lu. Dans tout son énervement il avait même occulté le fait qu'il lui dise « Je t'aime ». Il ne devait plus lui dire ce genre de chose. Il l'amadouait en faisant ça mais ça ne prenait plus. Non, Bill resterait impassible. Il était déterminé.

-Bill je ne partirai pas !

-Oh que si tu le feras je te le garantis.

Ce soir là Bill et Tom restèrent chacun de leur côté n'échangeant aucune parole. Tom dormi à nouveau sur ce putain de canapé et lorsqu'il vit Bill fermer la porte de la chambre il se jura qu'il y redormirait un jour lui aussi.

Le lendemain Tom avait tellement mal dormi qu'il se réveilla de lui-même très tôt. Il se prépara un café et prit une douche bien fraiche pour lui remettre les idées en place. Bill l'avait viré de la chambre ok. Mais pas de l'appart. Il ne pouvait pas changer les serrures et il le savait donc il avait encore le salon pour lui. Il lui vint alors une idée. Ça n'allait certainement pas plaire à Bill mais il n'avait pas le choix pour restait dans l'appart, il devait lui aussi lui imposer ses règles.

Après sa douche il sorti une serviette autour de la taille dans le salon. Bill était dans la cuisine en train de se pressé une orange, il entendait le pressoir. Il enleva la serviette se retrouvant nu le temps de chercher un boxer dans ses valises soigneusement faites par Bill. Au même moment le brun sorti de la cuisine. Lorsqu'il le vit nu son sang ne fit qu'un tour. Il se retourna automatiquement. Il sentait son corps le chauffer. Il ne comprenait même pas lui-même pourquoi il ressentait tout ça alors que Tom l'avait trompé. C'était trop étrange comme situation. Il se dirigea à la salle de bain pour lui aussi se préparer. Tom n'en vit rien bien trop occupé à mettre ses vêtements.

Lorsqu'il eut fini il attendit que Bill sorte de la salle. Il allait mettre son plan à exécution.

-Bill on peut parler deux minutes.

Le brun fit semblant de ne pas l'entendre allant de la chambre à la salle de bain comme si de rien n'était.

-Bill fais pas ton gamin. Bill !

En ayant marre, Tom lui attrapa le poignet pour l'arrêter dans ses va et viens.

-Me touche pas ! Cria-t-il.

-De toute manière ça ne changerait pas beaucoup de ses derniers mois ! Lança Tom malgré lui.

Bill se sentait vraiment blessé. Tom ne voyait vraiment que ça comme explication ? Il l'avait vraiment trompé par manque de sexe? C'était pathétique. Bill retira vivement son poignet de la prise du blond.

-Ecoute comme tu ne daignes pas m'accorder une quelconque explication à toute cette histoire et que l'on reste chacun de notre côté, j'estime que j'ai aussi droit à mon espace personnel. Etant donné que tu as pris la chambre je vais prendre le salon.

-C'est quoi cette nouvelle idée tout droit sortie de ton esprit si brillant ?

-Tu veux que je parte mais moi non, donc j'ai trouvé une solution. Inutile de te préciser que les pièces communes restent les toilettes, la salle de bain et la cuisine.

Bill était vraiment très énervé il n'en revenait pas que Tom ose lui parler ainsi alors que tout était de sa faute. Il répliqua :

-Tu veux pas tout simplement quitter l'appartement ?

-Non. Mais si t'en as envie, tu peux, toi.

Il soupira et regarda de nouveau son compagnon, parlant plus bas :

-Je sais que j'ai tout gâché mais j'essaye d'arranger les choses.

-Et tu crois que tu t'y prends bien ? T'es vraiment trop con.

Sur ce Bill sorti en quatrième vitesse de l'appartement. La guerre était déclarée et ça n'allait pas être une partie de plaisir.

***


Les jours passaient sans qu'aucun des deux ne cèdent. Néanmoins la tension ne baissait pas dans l'appartement.

Ce samedi soir, Bill voulait regarder la télé. Il y avait sa série préférée qu'il suivait avec assiduité. Il n'en manquait aucun épisode. Tom ne la regardait généralement que pour faire plaisir à Bill.

Lorsque Bill alluma la télé et se plaça sur le canapé, Tom qui était allé aux toilettes ne le laissa pas faire.

-Hop hop hop, petit monsieur ! On peut savoir ce que tu fais ?

-Je regarde la télé ça ne se voit pas ?

-Non tu regardes la télé sur MON canapé, nuance. Je vais sur TON lit, moi ?

Bill ouvrit la bouche et tourna sa tête sur le côté en une petite moue d'étonnement.

-Attend tu ne vas pas m'interdire de regarder la télé maintenant ?

-Ben on dirait bien que si. Fit Tom en se vautrant sur le canapé écrasant un peu Bill qui le repoussa, énervé. Ce soir y a un match donc si tu permets j'vais le regarder. Sourit Tom.

-Putain mis t'es vraiment...t'es ...Bill se leva ne sachant quoi répliquer.

Tom changea de chaine et commença à regarder son match de foot souriant comme un bienheureux.
Bill croisa les bras et le regarda pendant quelques minutes. Il allait réellement lui pourrir la vie ?
Ça lui mettait vraiment les nerfs. Il allait craquer et il ne voulait pas le faire devant Tom. Il se dirigea alors vers la chambre et se jeta sur son lit enfouissant sa tête dans son coussin. Il en avait déjà marre de tout ça. Mais il ne devait rien lâcher. Ce n'était pas à lui de partir !

Tom sentait bien qu'il avait énervé Bill. Il souffla pour tenter de décompresser. Il avait une boule dans le ventre en permanence et ça lui faisait vraiment mal. Pour ce soir il avait gagné. Mais gagner de cette façon ne lui plaisait guère, il détestait devoir s'affronter avec Bill comme ça. Il détestait toute cette tension, toute cette rancune qu'il sentait entre eux. Il détestait être loin de Bill et détestait encore plus l'idée que Bill ne veuille vraiment plus de lui.

En milieu de semaine Tom voulu faire une machine. D'habitude c'était Bill qui lui faisait. Mais là ça commençait à devenir urgent, cela faisait un moment que le brun ne s'occupait plus que de ses propres vêtements, laissant Tom se débrouiller tout seul. Et c'était pathétique, Tom était planté devant la machine comme une poule ayant découvert un couteau à couper le beurre, une seule question tournait dans sa tête « putain comment on fait ? ». Il essayait de comprendre les boutons indiqués sur la machine et commença à mettre ses affaires à l'intérieur. Il avait remarqué qu'il y avait quelques tee-shirts du brun et une chemise blanche que Bill affectionnait tout particulièrement. Bof, aucun soucis, ça tournera avec son linge, peut-être que Bill sera content de trouver tout ça, tout propre ?

Il aurait voulu l'emmerder, qu'il n'aurait pas mieux trouvé, parce que bien plus tard, il était affalé devant la télé, Bill était rentré depuis un moment et ne lui adressait pas un mot, s'affairant de son côté. Lui-même regardait d'un ½il morne la télévision, se demandant où était la dernière dose de courage profondément enfouie en lui, qui l'aiderait à aller chercher le paquet de chips dans la cuisine quand il entendit un cri furieux. Il se redressa quand il entendit, parmi une flopée de jurons son prénom craché avec hargne. Bill déboula devant lui, un tissu rose dans la main, l'air extrêmement furieux et il regarda le brun s'agiter devant lui, tellement en colère qu'il bafouillait en s'agitant dans tous les sens :

-Putain ! Putain, t'as...tu...t'as fait exprès ! Ma...Ma...Tom bordel ! Espèce de...Pourquoi tu...Ma...T'as fait...Maintenant c'est...Je...Tu...Ma...Salaud ! Espèce de...

Tom essayait vainement de comprendre : qu'est-ce qui mettait Bill dans cet état, c'était quand même pas ce truc rose qui pendait au bout de son bras, si ? D'ailleurs, c'était quoi ce truc ? Il regarda plus attentivement, ignorant Bill qui essayait vainement de manifester son indignation mais lança distraitement :

-Respire, Bill, me fais pas une embolie ! S'qu'il y a ? C'est quoi ? C'est ce truc rose qui te met dans un état pareil ?

Pour toute réponse, il reçut le « truc rose » en plein dans la figure, il poussa un petit cri ridiculement aigu, quelque chose venait d'entrer dans son ½il, Bill l'avait lancé violemment, il n'avait rien vu venir. Alors que le brun tournait le dos, Tom leva la « chose » à hauteur de ses yeux et soudain il comprit...la chemise, la chemise fétiche de Bill, qui était d'un blanc pur avant, un blanc parfait, immaculé, était désormais...rose fillette ! Sa première réaction fut de glousser, pendant qu'il frottait son ½il douloureux d'où quelques larmes s'échappaient encore, il s'était pris un des boutons en plein dans l'½il. Malheureusement, Bill l'entendit et revint l'engueuler encore plus :

-Ca te fait rire ? Putain, tu bousilles ma chemise et CA TE FAIS RIRE ? Quand t'es con tu fais pas semblant, Tom ! Une chemise qui m'a coûté la peau des burnes ! Ma chemise préférée, en plus ! Arrête de rire ! De quoi je vais avoir l'air là-dedans, maintenant ? Je peux plus la mettre ! C'est foutu ! Arrête de rire, je te dis ! Putain, c'est pas drôle ! ARRETE DE RIRE !!!

Mais plus il regardait Bill fâché, plus son hilarité se déclenchait, augmentant la fureur du brun. Tom l'imaginait dans la chemise rose et la pensée était trop comique pour l'aider à garder son sérieux. Tom bascula en arrière dans le canapé, essayant de se calmer pour dire :

-Non ! Attends, je ris pas là...Attends...Désolé ! Je...

Il prit une grande inspiration et réussit à se calmer. Son rire faillit repartir quand son regard se porta de nouveau sur la fameuse chemise et il décida à la place de regarder Bill. Après quelques secondes de torture morale pour se contenir, il expliqua :

-Désolé, j'ai pas fait exprès ! Je voulais simplement faire tourner mon linge, j'ai pensé que je pouvais faire tourner tes trucs aussi, c'est tout. Je m'y connais pas, bon, bin ça a merdé, voilà, c'est pas très grave, non plus !

-Pas grave ? Ma chemise était blanche avant, Tom ! Blanche ! Je pourrai plus la mettre !

-Achète t-en une autre !

Bill secoua la tête :

-J'y crois pas ! Va vraiment falloir que tu déménages, Tom ! Vraiment ! Ca peut plus continuer comme ça ! Tu vois pas qu'on va finir par s'entretuer ?

Tom haussa les épaules :

-Ca c'est parce que tu le veux bien ! Si t'es si pressé que ça de plus voir ma gueule, vends-moi ta part et déménage, toi !

-T'es ignoble, Tom !

Tom se leva, furieux à son tour, il était las de tout ça :

-Ignoble, moi ? Tu devrais te voir, tiens ! J'ai merdé, j'essaye de faire en sorte que ça s'arrange, tu veux rien savoir ! Je bougerai pas d'ici, je te dis, t'as autant de tords que moi dans cette histoire, et c'est mon appart aussi, je veux le garder ! Je vais pas non plus m'aplatir comme une crêpe devant monsieur sous prétexte que j'ai fait une connerie, ça suffit maintenant ! J'en ai marre de devoir supporter que tu te drapes dans ta dignité comme si tu viens de vivre l'offense la plus indigne !

Bill ouvrit de grands yeux, interloqué par ce qu'il estimait de la mauvaise foi :

-Pardon ? Parce que tu crois que...Oh, pardon alors ! C'est vrai qu'être cocu, c'est juste une mince affaire, je devrais pouvoir m'en accommoder ! C'est juste super que son compagnon va coucher ailleurs, pendant que derrière on essaye de tout arranger !

-Bin arrête d'arranger alors, si c'est pour t'y prendre comme ça !

-T'as rien compris, mon vieux !

Tom gronda :

-Putain, tu m'appelles encore une fois comme ça, je te fais bouffer ta chemisette rose !

Bill cracha à son tour :

-Essaye un peu pour voir !

Mais il tourna le dos, un Tom furieux était assez impressionnant, et il venait d'avoir la vision de lui, allongé au sol, la chemise rose enfoncée dans son gosier, non, ça n'était définitivement pas une expérience qu'il voulait tenter. Il alla donc, comme si de rien n'était, dans sa chambre, claquant la porte le plus fort possible mais s'autorisa à crier de loin :

-Tu vas me payer ça !

Mais Tom répliqua sur le champ :

-Ton prix sera le mien, chéri !

Tom était véritablement furieux, ça suffisait, vraiment. Autant au début il voulait de toutes ses forces que tout s'arrange, autant il en avait assez que Bill le traite comme de la merde, comme si tout ce qu'ils avaient vécu n'avait plus aucune importance, ça le blessait de voir que le brun pouvait se passer de lui, qu'il repoussait chaque tentative de rapprochement, qu'il restait campé sur ses positions. Bill l'avait poussé à bout, pourtant il était autant responsable que lui de la tournure qu'avait prise leur couple, bon sang ! Et là, il avait simplement voulu rendre service et se voyait encore une fois engueulé comme un gamin ! Non, ça suffisait ! Bill voulait la guerre, ok, il allait l'avoir...Ca n'était pas à lui de quitter l'appartement, si Bill voulait tant cette séparation, qu'il parte, lui !

***



Chaque jour c'était le même scénario. Tom rentrait en premier du boulot. Il se lavait puis Bill arrivait ensuite. Ils menaient leur vie chacun de leur côté et Tom avait changé d'état d'esprit, il était froid au possible et Bill avait bien noté son refroidissement. Il essaya de se persuader que cela ne lui faisait rien, qu'il avait enfin ce qu'il voulait, que Tom avait enfin compris et qu'il allait arrêter de lui courir bêtement et inutilement derrière. Mais il essayait surtout d'occulter le mal que ça lui faisait.

Bill, après le coup de la machine n'avait plus rien laissé passer. Il devait essayer de le sortir de sa tête. Il venait de lire dans un magasine qu'il n'y avait rien de mieux que de s'occuper de soi pour recentrer son esprit sur sa personne et ne plus s'encombrer des parasites extérieurs.

Dans la matinée il était donc sorti et avait fait quelques achats. Le soir il avait prévu de sortir avec des amis étant donné que Tom lui interdirait certainement encore l'accès à la télé, il s'était décidé à se changer les idées. Tom n'était pas là. Il travaillait le samedi une fois sur deux contrairement à Bill. Ce dernier avait donc pour aujourd'hui tout l'appartement pour lui tout seul. Il réchauffa la cire à épiler puis s'installa comme il pu pour commencer son activité. Ça n'allait pas être une mince affaire. A la première bande retiré il cru qu'il allait tout simplement mourir sur place mais il persévéra. Il voulait le faire. C'était comme allait se faire une nouvelle coiffure pour oublier son ex. Finalement il lui resta bien vite plus rien sur sa cible et il en fut plus que ravi.

Trop occupé à la tâche Bill n'entendit pas Tom revenir à l'appartement. Il avait réussi à avoir son après midi de libre. Il avait tellement travaillé durant la semaine qu'il avait placé tout ses rendez-vous à l'avance. Lorsqu'il entra dans la cuisine il cru avoir une vision. Bill...Bill était nu et il...il n'avait plus aucun poil sur son sexe. Il lui paraissait trois fois plus gros en plus de ça. Il allait faire une attaque.

Le voyant enfin Bill se retourna rougissant.

-Tom ! Mais qu'est-ce que tu fous là ?

-Je euh...je suis rentré plus tôt parce que j'ai fini les rendez-vous en avance et...

-Ouais ok. Super content de l'apprendre. Si tu voulais bien sortir de la cuisine là ça m'arrangerait.

Il remit son boxer rapidement. Putain mais il ne serait jamais tranquille, songea-t-il. Tom sorti de la cuisine totalement retourné par la vision qu'il venait d'avoir. Bill. Son Bill s'était épilé le sexe. Il en avait toujours rêvé mais il le lui avait toujours refusé. Et là maintenant qu'ils étaient en grand froid il le faisait tranquillement en plein milieu de leur cuisine. C'était vraiment trop injuste.

Bill ramassa tout son fouillis et sortit rapidement de la cuisine pour aller à la salle de bain ; il allait se prendre une bonne douche bien chaude pour se délasser mais fut interrompu dans son cheminement une nouvelle fois pas son parasite d'ex fiancé.

-Bill...tu...Pourquoi tu...enfin j'veux dire...fin...

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il t'arrive encore ? C'est bon tu m'a vu à poil on ne va pas en faire tout un plat non plus !

-Mais tu m'avais toujours dit que jamais tu ne te ferais épiler le ... fin le...

-Et bien comme tu vois tout le monde change. J'avais envie de tester quelque chose de nouveau. Donc j'ai changé ça.

Bill rit intérieurement en voyant la tête de Tom. Il allait lui faire une syncope sur place.

-Mais t'as toujours refusé de la faire lorsque je te le demandais !

-Oui mais là je l'ai fait pour moi et pas pour ton plaisir ! Pervers !

En moins de temps qu'il n'en faut il se retrouva dans la salle de bain.

-A...attend ! Bill....Bill !

Tom se demandait si cela cacher une quelconque liaison. Bill n'était tout de même pas prêt pour autre chose. Non il se faisait des idées. Du moins il l'espérait. Il alla se préparer à manger en essayant de chasser ces vilaines pensées qui lui tournaient dans la tête. Malgré sa fureur constante des derniers jours, il savait qu'il l'aimait toujours, son Bill. Et l'idée d'un Bill épilé qui allait s'envoyer en l'air avec le premier connard venu ne l'enchantait guère, ah non ! Tout à ses pensées, il ne remarqua pas qu'il avait amené la cuillère de sauce à sa bouche pour la goûter, il sortit la langue pour la plonger dans la cuillère et sursauta aussitôt, il s'était brûlé ! Les larmes de douleur aux yeux, il jeta la cuillère dans l'évier et remua la langue dans sa bouche pour vérifier qu'elle était encore un peu en état. La vision du fameux Bill épilé lui repassa par la tête et il gémit à voix basse :

-Putain, je vais même pas en profiter...

Non, c'était clair qu'il n'allait pas en profiter...

Un instant après, Bill repassa devant lui, tout prêt, très beau, tout parfumé, Tom dût serrer les mâchoires pour ne pas sortir une remarque mesquine. Bill fit semblant de chercher quelque chose en farfouillant partout dans le salon, histoire de bien se montrer, c'était comme si toute son allure criait à Tom « regarde ce que tu rates, regarde mais ne touche pas ! » et le pire, Tom pouvait entendre ce que Bill laissait comme signaux, il entendait même dans sa tête des « et ouais, je suis épilé, ça va donner dans le grave ce soir ! » et à force il ne put s'empêcher de cracher :

-Bin dis donc, tu perds pas de temps, toi !

Bill se retourna, continuant de chercher du regard et dit, distraitement :

-Hummm ? Perdre mon temps pourquoi ?

-Je vois qu'on est déjà passé à autre chose ! Monsieur s'épile, monsieur se fait beau ! Monsieur sort !

Bill prit le même ton et continua :

-Monsieur est célibataire, Monsieur peut donc sortir, ouais !

La fureur de Tom augmenta mais il changea de tactique, il décida de cacher sa colère. Il haussa les épaules et se rassit :

-Bon, ok. T'as raison. T'es...célibataire, comme tu dis. Amuse-toi bien !

Bill fut un instant étonné, Tom avait abandonné facilement. Au fond de lui, il avait eu envie que Tom le supplie de rester, ou qu'il insiste pour savoir où il allait sortir, et avec qui, mais Tom s'était simplement assis et ne le regardait déjà plus. Il fixa un instant son profil, s'attardant sur tout le visage du blond et son c½ur se serra, ça avait tellement dégénéré, à un point inimaginable ! Puis il se reprit, ce n'était pas le moment de faire dans le sentiment ! Il prit ses clés et son portable et lança en sortant :

-Bon, j'y vais. Bonne soirée !

Après un long silence il entendit une voix glacée :

-Pareil !

Après son départ Tom réfléchit longuement. Il fallait qu'il riposte. Il fallait qu'il montre à Bill que ce dernier ne pouvait pas continuer à agir ainsi. Il ne voulait pas déménager, Bill ne voulait pas partir, soit ! Soudain, il sourit, il avait trouvé une idée qui allait faire que Bill allait bien être enragé. Il voulait jouer à celui qui allait être le plus jaloux, ok, pas de problème, lui aussi était fort à ça. Il prit son portable et chercha les numéros dont il avait besoin pour mettre son plan à exécution...

***


Quelques heures après, le salon entier était enfumé. Une musique assourdissante s'échappait des enceintes, la table basse était remplie de bouteilles diverses et variées d'alcool fort et de bières, des paquets de chips éventrés laissaient dégager une odeur forte d'épices et parmi tout ça, on pouvait entendre quelques gloussements féminins assortis de quelques rots bruyants.

-Carré de rois ! J't'ai eu mon salaud ! Alors, tu dis quoi, d'ça ?

Francky bougonna :

-J'en dis qu't'es un vrai connard !

Les hommes, assis dans les fauteuils autour de la table basse vers laquelle ils se penchaient pour balancer leur carte, s'esclaffèrent. Tom lança :

-Allez, mec ! Retire ! Oh putain, finalement vaut mieux pas, tu vas rester en caleçon, j'ai pas envie de voir ça !

Il grimaça à l'idée pendant que ses camarades rigolaient plus fort et que ledit Francky retirait son pantalon. Les quatre filles présentes, passablement éméchées elles aussi, se mirent à siffler avec leurs doigts et à hululer des « ouh » pendant que l'homme, maintenant en slip, essayait de cacher ses bourrelets en s'affalant un peu plus dans les coussins. Tom sourit grandement et se moqua :

-Essaye pas mec, on voit quand même ton ventre ! Mais c'est...mignon !

Il ricana quand il entendit Francky bougonner un « fais pas chier, toi » mais perdit le sourire rapidement quand une nouvelle distribution de cartes eut lieu. Il fallait se concentrer, il n'avait nulle envie de finir à poil dans son propre salon. Jusque là, il avait perdu sa chemise, sa casquette, ses chaussettes et baskets et il espérait bien que ce serait tout, il avait passé les instants précédents à narguer ses compères, ils allaient se foutre de lui sans pitié s'il devait tomber le baggy.

C'était la lumineuse idée qu'il avait trouvé après le départ de Bill. Il s'était souvenu de ses trois camarades de fac qu'il avait eu et que Bill exécrait, Francky, Jack et Georg. Le brun disait qu'ils étaient trop vulgaires, gras et arrogants. Et toujours pressés de tromper leur copine du moment. Bill avait tout simplement peur que les vieux démons de Tom se réveillent et qu'il finisse par succomber à la tentation s'il les fréquentait d'un peu trop près.

Tom les aimait beaucoup mais avait dû mettre un frein quant à les fréquenter. Ses camarades savaient qu'il était bisexuel et en ménage avec Bill. D'ailleurs, une fois, il les avait même invités et en partant l'un d'eux lui chuchota :

-Putain ! Il est hargneux, ce type ! Mais...

Il avait hésité un instant, Tom avait froncé les sourcils, il n'aimait pas qu'on dise du mal de Bill, même si celui-ci avait été...disons...un peu spécial ce soir là, face à ses amis. L'autre ajouta :

-Mais je comprends qu'tu sois bi, mon gars ! Un mec comme ça ferait virer de bord n'importe lequel d'entre nous !

Tom réprima un rire et poussa son ami, grondant faussement :

-Dehors !

Et quand ils furent partis, Bill s'était exclamé :

-C'est des gros balourds, tes potes ! J'ai cru qu'ils partiraient jamais ! Y en a même un qui m'a maté toute la soirée, j'étais mal à l'aise, putain ! On les invitera plus !

Et effectivement « on » ne les avait plus jamais invités ! Il arrivait parfois, mais c'était rare, que Tom aille boire un verre avec eux, il prévenait Bill, qui ne voyait alors aucun inconvénient à ce que Tom les voit hors de chez eux.

Mais là, Tom s'était dit que ça allait être génial d'organiser une petite soirée chez lui, enfin chez eux, mais puisque Bill n'était pas là et qu'ils étaient en froid, il pouvait recevoir ses potes. Il les appela, leur expliqua qu'il voulait les voir immédiatement pour une partie de strip-poker, les potes avaient été un peu réticents au début et avaient demandé d'un ton inquiet :

-Et ton mec ? Il va rien dire s'il nous voit ? Il va pas nous arracher les couilles ? Parce que, on y tient !

Tom avait rétorqué :

-Quel mec ? Je suis chez moi aussi ! Non, venez, au contraire, ça va être cool. Bon, je vous retrouve à la maison, je sors juste acheter deux trois trucs à bouffer, ramenez des bières !

-Ouais mon pote ! C'est reparti comme en quarante !

Ils étaient tous réjouis à l'idée de passer une soirée « démente » et pour ce faire avaient appelé quatre minettes en renfort. Tom avait un peu tiqué en les voyant mais s'était fait la réflexion que « ouais, bon, pourquoi pas ». Ils s'étaient installés au salon et avaient commencé à boire et manger bruyamment, Tom ne put s'empêcher de penser que si Bill les voyait, mâchonnant comme des b½ufs, fumant comme des pompiers, jurant comme des camionneurs, buvant comme des trous du désert, le même Bill si délicat et si fin serait horrifié ! L'idée lui plût et il ricana doucement.

Jack, le plus dégoûtant d'entre eux, se vit pressé de jeter sa carte sur la table. Mais avant, il fit un sourire en coin en regardant Tom et ce dernier demanda :

-Quoi ? Qu'est-ce t'as à me regarder comme ça ?

Jack fit un grand sourire, leva la cuisse gauche, se pencha un peu pour décoller ses fesses du coussin et émit un son horrible qui firent crier tous les autres :

-Putain ! Espèce de salopard ! Ouvrez la fenêtre ! Il a pété, ce goret !

Le « goret » était mort de rire en regardant ses camarades couvrir leur nez de leur tee-shirt. Tom se leva pour ouvrir la fenêtre et éventa la pièce de sa main :

-Merde, t'es dégueulasse, Jack ! Ca se fait pas, putain ! Y a des dames avec nous !

Les dames continuaient de glousser bêtement. Tom les trouvaient ridicules, on aurait dit Paris Hilton et ses copines dans son salon. Linda, une des barbie, s'approcha de lui et minauda, passant sa main sur son torse dénudé :

-Tomiiiiiiiii...Perds un peu, qu'on voit ce que tu caches là-dessous !

Tom, malgré son ivresse bien étalée, eut un mouvement de recul. Il n'avait pas eu de sexe depuis...Anna, il avait peur de succomber. Linda était attirante, elle sentait bon et se jetait sans scrupule et retenue sur Tom à tout bout de champ. Il était évident qu'elle attendait plus de Tom et ne manquait pas de le toucher pour un oui ou pour un non.

Elle le prit par la main après qu'il eut refermé la fenêtre et le ramena vers le fauteuil et la partie reprit. Tom but plus que de raison, d'ailleurs tout le monde était plus qu'éméchés. Au bout d'un moment Tom perdit et se vit prié de retirer son pantalon. Linda se blottit contre son flanc et murmura suavement :

-Allez, beau blond, enlève-moi ça, que je vois c'qu'il y a sous ton baggy...Montre la bête !

Tom se mit à rire en défaisant son pantalon et elle l'aida à le faire glisser le long de ses jambes. Les autres se mirent à applaudir et à rire et une fois en boxer, Linda se lécha les lèvres et posa sa main sur son entrejambe :

-Ouah ! Et si je touche, ça mord ?

Tom frissonna, il n'avait pas été touché depuis des lustres, l'alcool lui embrouillait le cerveau, il se sentait comme un ado avec les hormones incontrôlables. Il sentait un début d'érection sous les doigts de la femme qui le caressait avec insistance. Elle avança la tête et pressa ses lèvres contre celles de Tom qui répondit :

-Ouais...Ca mord, putain...Ca mord fort ! Méfie-toi !

Les enceintes crachotaient maintenant de la musique langoureuse, la fumée était plus dense dans la pièce et chaque homme se voyait embrassé par une des femmes présentes qui, elles aussi, étaient en sous-vêtement. Tom ne put plus se contenir, pas quand Linda enfonçait sa langue dans sa bouche, pas quand elle le caressait comme ça. Il entendit Georg lui lancer :

-Mec ! Euh...J'veux pas casser l'ambiance mais...T'es pas avec Bill, toi ?

Entre deux baisers, Tom répondit :

-Bill qui ?

Et Jack expliqua brièvement à Georg ce que Tom lui avait dit plus tôt en quelques mots : Bill et lui n'étaient plus ensemble, ils étaient de « simples colocataires » en attendant que Bill trouve un appartement. Personne ne chercha plus loin et chacun retourna à ses occupations, c'est-à-dire, pelotage intensif et roulage de pelle indécent.

Au nom de Bill, Tom avait frémit. Bill...Celui qu'il aimait encore tellement mais qui ne voulait plus de lui, celui avec qui il aurait aimé coucher, mais celui qui le repoussait. Bill, celui qui voulait le jeter hors de chez eux, comme un vulgaire sac poubelle. Bill, celui qui le mettait en fureur depuis plusieurs semaines. Alors il se contenta de fermer les yeux et approfondit le baiser, imaginant que la texture de la chevelure sous ses doigts était celle de son brun, imaginant que le corps qui ondulait doucement contre le sien était celui de Bill...

Le baiser s'intensifiait mais son désir pas le moins du monde. Tout simplement parce que ce n'était pas Bill. Il lui était impossible d'oublier comment Bill l'embrassait, comment il gémissait dans sa bouche, comment il débordait de sensualité, encore plus que toutes ces femmes dans son salon réunies. Mais pris par ce qu'il faisait et avec la musique trop forte et son ébriété avancée, il n'entendit pas la porte d'entrée s'ouvrir.

En effet, Bill était revenu. Il avait dîné avec son meilleur ami, Gustav, à qui il s'était confié toute la soirée, ressassant sans cesse son chagrin d'amour, expliquant pourquoi il fallait que Tom déménage, dissimulant à quel point son blond lui manquait et surtout combien il avait envie de lui. La soirée finie, il décida donc de rentrer.

Il entendit la musique assourdissante depuis le couloir de son étage et fronça les sourcils. Qu'est-ce que Tom foutait ? Il introduit sa clé et poussa la porte, suffoquant immédiatement à cause de toute la fumée présente et fut horrifié de constater QUI était là. Les potes de Tom, ces gros lourdauds, ces porcs, ils étaient tous vautrés dans ses fauteuils, en train d'embrasser sauvagement des espèces de poufiasses. Et finalement il vit Tom. Il ne sut pas dire s'il était choqué, blessé, malheureux, heureux, indifférent...il ne savait pas définir ce qu'il ressentait à ce moment-là.

Tom était avachi, une blonde accrochée à lui qui l'embrassait dans le cou et qui lui léchait la gorge. Et il comprit, à la douleur cuisante qui lui étreignit le c½ur, qu'il l'aimait toujours et qu'il était terriblement jaloux. Mais la colère prit le dessus. Il vit Tom remonter une main dans les cheveux de la blonde et il le vit lui caresser la tête en murmurant :

-Oh Bill...

Son c½ur fit un bond dans sa poitrine. Tom était avec une autre, mais il était évident qu'il pensait à lui, il avait murmuré son prénom mais Bill l'avait entendu. Il s'approcha du fauteuil où se trouvait Tom, s'appuya des deux mains au dossier et se racla la gorge. Tom fut le seul à l'entendre et à ouvrir les yeux. Interloqué, trop sonné pour réagir, il ne pensa pas à repousser Linda qui continuait de lui embrasser le torse.

Pendant de longues, terribles minutes, ils se jaugèrent, se fixant dans les yeux, Tom par défi, Bill par tristesse. Puis, lentement Tom le vit regarder tour à tour, en plusieurs fois, Linda, puis lui de nouveau, en secouant la tête. Sans rien dire, Bill se retourna et sortit du salon pour aller s'enfermer dans sa chambre. Et pour la première fois, Tom réalisa qu'il avait fait la plus grossière erreur à ne pas faire. Comme un coup de poignard au c½ur, il sentit qu'il l'avait définitivement perdu. Il resta immobile, les yeux dans le vide, ne sentant même plus Linda lui embrasser le ventre, n'entendant même plus la musique, rien...Il avait joué, il avait gagné. Mais sa victoire était amère, à double tranchant, il avait perdu Bill et le savait.

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Comments :

  • chaos87th

    25/08/2011

    Ce qu'ils peuvent être vraiment con ces 2 là. Surtout Tom qui pense réussir à récupérer Bill avec sa soirée, mais qui au contraire le perd.
    J'espère tout de même que ça va s'arranger entre eux.

  • k

    13/11/2009

    Aw sa deviens compliquer la =S
    Moi je dis que Bill va partir d'un coup et là Tom va ce rendre compte de l'erreur qu'il a fait "même si il regrette déja tout ce qu'il a put faire et dire" sa va etre le coup de grace =( ....

    bon je reprend ma lecture ^^

  • Pucca97217

    19/09/2009

    Vous avez jouer à un petit jeu qui vous a couter cher

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    De vrai gamin !

  • tom-th-tom

    26/04/2009

    en tout cas bonne continuation j'ai adoré =)

  • tom-th-tom

    26/04/2009

    n'empèche que ça fait un peu peur, le quotidien, les liasons tout ça ! ça fou la trouille ! c'est là que tu te dis que t'a intérét à être à la hauteur dans un couple et faire en sorte de choisir la bonne personne, éviter de tomber dans la routine et être solide moralement =S

  • tom-th-tom

    26/04/2009

    bon j'avous j'ai pas mal pleuré --'

  • tom-th-tom

    26/04/2009

    Mon dieu ! j'ai lu tout d'un coup et waouw parfait !

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