Chapitre 2

Chapitre 2


Bill terminait sa cigarette quand il sentit deux bras l'encercler par derrière. Il couina sous la surprise et lâcha son mégot. Sachant qui c'était, il décida de jouer un peu :

-C'est qui ? C'est toi Éric ?

Andi vint se planter devant lui, les sourcils froncés :

-T'es même pas drôle, Bill ! C'est qui Éric ?

Bill éclata de rire :

-C'est celui que je vois, quand t'es pas avec moi. Espèce de crétin ! Qui tu veux que ça soit ? Je savais que c'était toi.

-Ouais, bin ça me fait pas rire, moi ! Tu m'files une clope, j'étais un peu en retard ce matin et papa a pas voulu qu'on s'arrête en chemin pour en acheter.

Bill tressaillit légèrement quand Andréas mentionna son père. Il évita son regard et lui tendit une cigarette, demandant d'un ton qu'il voulut neutre :

-Ton...ton père sait que tu fumes ?

-Bin ouais, il sait pour toi et il dit rien, alors la cigarette, à côté...Au fait, comment tu le trouves ?

Bill évita encore plus son regard et répondit, un peu gêné :

-Euh...Il a l'air d'être...cool.

-Ouais, il l'est ! T'as vu un peu le style qu'il a ? Personne n'est comme lui ! Maman avait râlé quand il a voulu se faire ses dreads mais finalement elle aime, maintenant. Tu trouves que ça lui va ?

Bill soupira intérieurement. Si seulement Andi pouvait éviter de lui demander son avis sur son géniteur, ça serait pas mal. Il n'avait pas besoin de se rappeler combien le père de son petit ami était beau et comment il s'était senti pendant tout le dîner. Mais Andi, toujours enthousiaste et complètement en admiration devant son père lui redemanda son avis. Il finit par répondre doucement :

-Oui, ça lui va Andi. Écoute, je sais pas, je suis pas...spécialisé dans la coiffure et-

Il fut interrompu par un grand éclat de rire :

-Toi ? Tu veux rire, tu fais toujours des trucs bizarres avec tes cheveux ! Vous devriez bien vous entendre d'ailleurs, vous deux ! En tout cas, en me déposant ce matin, il m'a dit qu'il te trouvait bien.

Bill tourna la tête vers son petit ami et demanda vivement :

-Quoi ?

-Ouais, il te trouve bien. Il a même dit que tu étais « mignon », enfin, pour un mec. Et il te trouve cool, aussi. C'est super, qu'il pense ça ! Je savais que t'allais faire un malheur ! J'espère vraiment que vous allez vous entendre, j'adore mon père !

Il avança un peu plus contre Bill et souffla contre sa bouche :

-Et je t'adore, toi aussi...

Andi pencha un peu la tête de côté et Bill laissa le blond lui donner un baiser mouillé. Il fermait les yeux et essayait de chasser les pensées qui s'imposaient à lui. Est-ce que la bouche de Tom était comme son fils ? Est-ce qu'il embrassait aussi bien ? Non...Ça devait être sûrement mieux...Tout devait être sûrement mieux...

Effaré par ses pensées, il ouvrit les yeux dans le baiser, comme pour s'assurer que c'était bien Andi qui l'embrassait encore. La sonnerie retentit et le blond finit par reculer :

-Merde, c'est l'heure. Tu viens, on y va !

Bill hocha simplement la tête et attrapa son sac pour suivre Andi près de leur salle de classe. Ils marchèrent un moment avant qu'Andi ne lui dise :

-Ah au fait, faut que tu reviennes à la maison, ce soir. Oublie pas que l'exposé, c'est pour demain, faut qu'on finisse ça.

L'idée plut tout de suite au brun qui ne put s'empêcher de sourire grandement :

-Ouais. On ira chez toi, finir ça.

Mais Andi s'arrêta soudain et le regarda malicieusement :

-A moins que tu préfères qu'on aille chez toi ? Après tout, y a jamais personne chez toi, c'est pas mieux qu'on aille là-bas ?

Bill répondit fermement :

-Non ! Si on va chez moi, on va rien foutre justement ! Non, non ! On va chez toi, c'est mieux !

-Ouais mais j'ai envie d'être seul avec toi ! Et chez moi, ça va pas être évident de te-

Bill le coupa :

-Andi ! Tu penses qu'à ça ou quoi ? On peut pas juste bosser simplement ? Faut absolument que tu me tripotes ?

Andi sourit largement et se pencha sur lui pour murmurer à son oreille :

-Oui, faut absolument que je te tripote. Et plus, si affinités. Et plains-toi encore une fois et je t'attire dans les chiottes, je m'en fous si on est retard, je t'ai pas touché depuis un moment !

Bill éclata de rire et le tira derrière lui par la main :

-Espèce de petit salaud ! Ok, on ira chez toi et je verrai ce que je peux faire pour que tu sois moins frustré, ça te rend mauvais ! Viens, c'est l'heure !

La matinée passa rapidement, Andi et Bill ne s'étaient pas séparés une seule seconde. Andréas avait tenté de recommencer ses petits jeux sournois en cours de mathématiques mais se vit fermement repoussé par un Bill plutôt mécontent. Il avait sèchement repoussé la main d'Andi, qui essayait une fois de plus de se faufiler dans son pantalon :

-Arrête ! Ça t'amuse que je salisse mes sous-vêtements à chaque fois qu'on est en maths ?

Andi le regarda, surpris et finalement se rassit convenablement pour écouter le cours. Bill remarqua qu'il l'avait blessé mais ne s'excusa pas. Toutes ses pensées étaient dirigées vers un autre blond. Un blond avec des dreads...Il allait le revoir et se sentait impatient. Il avait remarqué les regards intenses que Tom lui avait lancé la veille. Il en avait frissonné jusque la pointe des orteils tout en se sentant coupable de ressentir une telle fébrilité en ayant Andi assis à côté de lui. Ce dernier ne cessait de caressait sa cuisse sous la table, de lui lancer des regards énamourés, d'être tendre et gentil. Ça avait presque fini par le soûler. Et il s'en était sentit honteux.

De son côté, Tom avait pu reprendre un peu le contrôle de lui-même. Il était rentré et avait rejoint son épouse. Il s'était allongé près d'elle et ils avaient fait l'amour. Deux fois. Victoria s'était endormie, épuisée mais comblée et Tom l'avait regardé s'endormir en souriant. Il s'était ensuite allongé sur le dos et avait chassé toutes les pensées qui le dérangeaient. De toute façon, Bill ne ressemblait à rien à David. Ça ne voulait rien dire. Rien...

Le lendemain se passa normalement, il ne devait pas prendre son nouveau boulot cette semaine. Il s'affaira à réparer toutes les petites choses de la maison, marquant ainsi définitivement son retour. Victoria était ravie, elle chantonnait en cuisinant et venait parfois regarder ce qu'il faisait ou lui apporter une bière. Et avant de sortir, elle se jetait sur lui pour l'embrasser fougueusement. Oui, elle était vraiment ravie, Tom était revenu, il allait rester puisqu'il venait de changer de travail pour être plus présent pour sa famille, elle avait une fille mignonne et adorable, son fils était heureux avec quelqu'un qui l'aimait et qu'il aimait, la vie était belle...

Elle étendait du linge, souriant encore en pensant à tout son bonheur, quand Tom arriva derrière elle et l'enlaça :

-Dis, à quelle heure il rentre, Andi ?

-Pas avant 17h ce soir, pourquoi ?

Tom l'embrassa dans le cou en la berçant contre lui :

-Et Mary ne va pas rentrer avant cet après-midi non plus...Donc, ça nous laisse du temps pour...

Victoria éclata d'un rire clair et joyeux et sursauta quand son téléphone sonna dans la poche de son tablier. Elle répondit et après quelques mots, Tom comprit que leur fils avait apparemment fini les cours et demandait qu'on vienne le chercher mais qu'il serait accompagné de Bill, avec qui il devait travailler à finir leur exposé. Après un coup d'½il lancé à son mari, qui accepta en hochant la tête, sans un mot, elle confirma à Andi que son père allait très vite arriver. Elle remit son portable dans sa poche et enlaça son mari, disant d'un ton déçu :

-Bon, tant pis ! Ce sera pour la prochaine fois ! Allez, vas-y, va les chercher, je continue d'étendre mon linge.

Elle leva la tête et l'embrassa tendrement sur les lèvres. Tom se laissa faire, l'esprit déjà préoccupé, voilà que Bill revenait...

Quelques instants plus tard, il se garait devant le lycée, assez nerveux. Il avait fait le trajet sans même voir la route tellement ses pensées étaient confuses. Il se sentait minable, depuis quand agissait-il comme un gamin qui va retrouver son premier flirt ? Bill n'était même pas son flirt, c'était le petit ami de son fils, de son fils bordel ! Il n'avait pas à se sentir aussi nerveux !

Tout à ses pensées, il ne vit pas les deux jeunes hommes se rapprocher de sa voiture, il fixait un point imaginaire devant lui, par le pare-brise et sursauta quand Andi ouvrit la portière et s'installa à l'avant :

-Salut papa ! Merci de venir nous chercher, on n'avait plus cours ! Bill, viens !

Bill s'installa sans un mot à l'arrière et murmura un petit « Bonjour » sans regarder le père de son petit ami. Tom prit sa voix la plus enjouée pour saluer son fils et Bill et ils démarrèrent de suite pour retourner chez Andi. Ce dernier parlait gaiement, racontait leur matinée, se plaignait de certains profs sans remarquer une seule seconde que ses deux interlocuteurs ne pipaient mot. Bill était occupé à regarder par la vitre et Tom tambourinait nerveusement sur le volant, néanmoins ravi que son fils fasse la conversation pour eux trois. Il jeta un ½il dans son rétroviseur par automatisme et rencontra soudain des yeux noisette. Il tressaillit imperceptiblement et détourna le regard.

Bill avait, sans vraiment le vouloir, reporté son regard dans le rétroviseur et lui aussi fut troublé. Il se sentit rougir et regarda de nouveau par la vitre. Mais bien vite, il recommença, il ne pouvait s'en empêcher. Il tourna légèrement la tête et regarda de nouveau dans le rétroviseur. Il ne pouvait voir que le haut du visage de Tom qui regardait la route, les yeux un peu écarquillés. Bill s'autorisa à regarder plus longuement et Tom finit par sentir ce regard insistant, il leva un peu les yeux et plongea directement dans ceux de Bill. Ils se figèrent instantanément et pendant un instant ne se lâchèrent pas du regard jusqu'à ce que Tom se rappelle de regarder la route. Mais ses coups d'½il devant lui étaient plus brefs que ceux qu'il lançait dans le rétroviseur. Bientôt, sans qu'ils sachent comment, ils étaient carrément en train de soutenir le regard de l'autre.

Ils se regardaient intensément pendant qu'Andréas parlait toujours. Tom était encore plus troublé par ces yeux maquillés qui captivaient toute son attention. Il n'entendait même plus son fils qui était toujours inconscient de ce qui se passait. Au bout d'un moment, ils arrivèrent à destination et quand Tom fut garé, Andi sortit vivement de la voiture, se précipitant déjà à la recherche de sa mère qui était bien-sûr dans la cuisine. Tom et Bill pensait exactement à la même chose, sans le savoir « sortir de la voiture, sortir très vite de là » mais ils restaient bloqués, incapables de commander à leurs jambes de les sortir de cette voiture.

Bill osa un sourire et vit avec plaisir le regard de Tom noircir un peu. Il sourit un peu plus, bien qu'il fut vraiment nerveux intérieurement. Tom dit enfin :

-Euh...Bon, on...on sort ?

Il voulut se gifler, qu'est-ce que c'était que cette question ? Bien-sûr qu' « on sortait » ! « On » allait quand même pas rester là, à se regarder aussi intensément à travers un rétroviseur ! Bill sentit la nervosité de Tom et en fut encore plus troublé. Il s'humidifia les lèvres et Tom, qui s'apprêtait à renouveler son invitation se vit interrompu et sa phrase mourut dans sa gorge. Ses yeux quittèrent ceux du brun et descendirent lentement vers sa bouche. Il se sentait irrémédiablement attiré par cette bouche qui semblait appeler la sienne. Bill avait les lèvres pulpeuses, bien dessinées, humides et étaient terriblement tentantes. Mais lorsque le brun sourit un peu plus, Tom sembla se réveiller et sortit rapidement de la voiture, s'éloigna tout aussi rapidement et entra dans sa maison. Bill soupira et sortit à son tour pour les rejoindre, rempli d'appréhension et d'excitation aussi. Cette situation était bizarre mais il ne voulait pas cesser ce petit jeu, d'ailleurs, à y bien réfléchir, est-ce que c'était un jeu ? Bill soupira de nouveau et après avoir salué la mère d'Andi, il fut entraîné par celui-ci dans sa chambre pour terminer leur exposé. Et quand ils montèrent les escaliers, Bill ne manqua pas le regard de Tom posé sur lui, depuis le fauteuil du salon...

Les images défilaient sur le grand écran mais le dreadé ne les voyait même pas. Sa femme était toujours affairée, sa fille était rentrée et était maintenant suspendue au téléphone avec sa meilleure qu'elle venait pourtant d'à peine quitter et lui, il réfléchissait. Il n'avait jamais autant réfléchi, pour rien, même pas pour son travail. Et là, il se maudissait d'être autant préoccupé par ce gamin qu'il connaissait à peine. Il avait bien remarqué aussi combien il troublait Bill tout autant et c'est ce qui lui faisait peur. Il en était même terrifié. Et si jamais son fils et sa femme finissaient par remarquer leur malaise, qu'allaient-ils penser ? Qu'allaient-ils faire, surtout ? Ce serait un gros scandale, un scandale énorme, honteux, dégueulasse...Un homme marié ayant une liaison avec le petit ami de son fils.

Il ferma les yeux sous le choc que lui apporta cette pensée, il venait de penser à une liaison possible entre ce gamin et lui ! Le petit ami de son fils ! Ses pensées dérapaient tellement, avec si peu ! Il se dégoûtait de plus en plus, se sentait horrible d'avoir ces pensées malsaines, il s'en voulait mais ne pouvait, ni savait comment faire autrement. Il pensait à peine au brun que déjà, il s'imaginait vivre un scandale à cause d'une relation qu'ils auraient, rien que ça ! Lui, un hétéro pure souche...Enfin, si on oubliait l'aventure qu'il avait eu avec David, il y avait de ça des années. Et doucement, ses pensées dérivèrent, il pensa à son fils qui était en haut dans sa chambre avec Bill, justement. Ils devaient travailler, discuter, rire ensemble et certainement ils devaient s'embrasser, c'était certainement comme ça que ça se passait, il avait eu l'âge de son fils, il se souvenait bien de ce que ça faisait de recevoir la personne qu'on aimait sous son toit. Il pouvait même parier qu'ils devaient plus s'embrasser que travailler. Et l'idée lui déplut. Il mit cela sur le compte que les études étaient importantes, donc Bill et Andréas n'avaient pas à faire autre chose, ce serait...déraisonnable.

Il se leva d'un coup et décida de monter voir son fils. Il n'avait même pas d'excuse à fournir, après tout il était chez lui, il avait bien le droit d'aller voir si tout se passait bien pour les deux jeunes hommes, non ? Et il leur rappellerait qu'ils ne sont pas là pour faire autre chose que travailler, si besoin est de le leur rappeler. Donc il se leva et monta rapidement les escaliers, se trouvant fou, torturé pour si peu, ignoble, enfouissant à l'intérieur de lui bien profondément que seul le venin de la jalousie qui s'infiltrait doucement dans ses veines lui faisait avoir ce comportement là.

Une fois à l'étage, devant la porte de son fils, il se prépara à frapper à la porte mais fut arrêté par un gémissement :

-Mmmmhhhh...

C'était un gémissement de plaisir, nul doute là-dessus. A qui appartenait ce gémissement, il ne voulait même pas savoir. Tom fut furieux d'un coup et frappa vivement à la porte, s'écriant :

-Andi ? Je peux entrer ?

Et il fut encore plus furieux d'entendre l'empressement de son fils :

-Euh...Attends, attends je...Euh...ouais, tu peux !

Tom ouvrit la porte à la volée et nota de suite la gêne des deux garçons. Bill était assis sur le lit, le visage tout rouge mais il était visiblement habillé. Andi s'était relevé et était maintenant debout au milieu de la pièce, aussi rouge que Bill, aussi gêné, aussi mal à l'aise. Mais Tom remarqua immédiatement que Bill était complètement ébouriffé et son tee-shirt froissé. Tom s'avança dans la pièce et feint de ne pas remarquer leur gêne :

-Alors, ce boulot ? Ça avance ?

Andi répondit, fuyant son regard :

-Ouais ouais, ça va. On a presque fini, hier soir on avait bien avancé, il nous reste plus grand-chose à faire. Tu voulais quelque chose ?

-Non, rien. Juste savoir si ça allait, si vous aviez pas besoin d'un coup de main.

Il se tut un instant et osa enfin regarder Bill qui se mordait nerveusement la lèvre inférieure. Tom avait compris qu'il avait interrompu une séance de bisoutage, si ce n'est plus, parce qu'il remarqua une chose qui l'énerva malgré lui. Il tourna vivement les talons et se dirigea vers la porte, reprenant la parole :

-Bon, je redescends, je vais aider ta mère. Bill, tu restes dîner avec nous ?

Il était surpris de s'entendre poser lui-même cette question mais ça avait été complètement impulsif. Il entendit Andi s'écrier joyeusement :

-Oh oui, allez, Bill, reste ! Hein que tu vas rester ?

Bill répondit doucement :

-D'accord, si ça ne gêne personne, je veux bien rester. Maman va encore travailler tard, donc ça va pas la gêner. Je l'appellerai pour qu'elle vienne me chercher tout à l'heure. Merci, M. Trümper.

Tom le regarda et dit simplement :

-Tu peux m'appeler Tom. Ok, je vais prévenir Vicky. Remettez-vous au boulot, les gars !

Andi remercia son père et le regarda, sourire aux lèvres, quitter la chambre. Mais au moment de refermer complètement la porte, Tom ne put s'empêcher de lancer, essayant de plaisanter :

-Euh...Va falloir après m'expliquer comment vous faites l'exposé si aucune de vos affaires ne sont sorties. Et Bill, remonte ta braguette, tu vas prendre froid.

Il referma la porte sans bruit et redescendit pendant que les deux jeunes garçons se regardaient, médusés. Bill baissa la tête et remarqua qu'effectivement, dans l'affolement il avait oublié de remonter sa braguette, Andi était en train de le caresser, bien évidemment. Et c'était vrai, le bureau d'Andréas était dépourvu de tout matériel d'école. Ils venaient de se faire prendre comme les jeunes écoliers qu'ils étaient. Après un instant de stupéfaction, Andi partit d'un fou rire mais Bill se releva pour remonter sa braguette, bougonnant :

-Pfff...C'est pas drôle, Andi, vraiment pas !

Et d'un coup, il réalisa ce que cela signifiait : Tom avait eu les yeux posés ...

Ils se mirent réellement au travail finalement, pendant que Tom était descendu dire à sa femme que Bill allait rester dîner, ce qui ne posait aucun problème, comme d'habitude. Bill faisait partie intégrante de leur famille et ce, bien avant que Tom ne revienne, pourquoi cela aurait changé ?

Tom se sentait une fois de plus durement éprouvé et décida de sortir fumer à l'extérieur, comme à chaque fois qu'il était tourmenté et qu'il avait besoin de calme et solitude. Mary était encore au téléphone, il lui ordonna en passant de cesser un peu tout ce bla bla inutile avec quelqu'un qu'elle reverrait demain. Mary protesta un peu mais finit par raccrocher et monta elle-même faire ses devoirs.

Une fois dehors, Tom marcha un peu et se dirigea derrière sa maison. Il regardait les moindres détails pour éviter d'avoir à penser à ce qu'il venait de faire. Il avait eu une impulsion qui l'avait poussé à monter dans la chambre de son fils. Il avait entendu un gémissement et était quand même intervenu. Il savait, il avait deviné ce qu'il se passait mais ça ne l'avait pas empêché de les interrompre quand même. Et tout ça pourquoi ? Parce que ces deux-là étaient censés travailler et qu'apparemment faisaient plutôt autre chose, ce n'était pas sérieux ! Mais il faisait taire la petite voix dans sa tête qui lui soufflait que c'était plutôt autre chose, il était intervenu pas seulement pour faire son rôle de père, mais plutôt parce que l'idée de ce qu'ils faisaient dans la chambre de son fils le rendait...un peu jaloux. C'était tellement brusque et inattendu qu'il en eut comme un vertige et il se dirigea distraitement vers le fond de son jardin où il s'appuya contre le cerisier pour finir par s'assoir complètement dans l'herbe et fumer tranquillement.

De là où il était, il avait vue sur le petit balcon de la chambre de son fils. Il n'était pas vraiment assis en face, en fait, il se trouvait plutôt presque sur le côté de la maison, mais il pouvait voir que Bill était sorti et fumait lui aussi, seulement ce dernier ne l'avait pas remarqué. En effet, une fois correctement rhabillé, Bill avait voulu fumer et était sorti pendant qu'Andi commençait à sortir ses affaires pour faire l'exposé. Bill aussi avait les pensées qui défilaient à toute vitesse. Et bien-sûr, cela concernait un certain dreadé.

Il sursauta quand il sentit deux bras l'enlacer et une bouche se poser dans son cou :

-Attends, bouge pas. On a été coupés mais moi j'aime finir ce que j'ai commencé...

-Non, Andi...Arrête...

Mais le blond l'embrassait déjà amoureusement dans le cou et remontait une main pour lui caresser le torse, sous le tee-shirt. Puis, alors qu'Andi le léchait avec envie, Bill sentit ses mains s'affairer de nouveau sur sa braguette pour la baisser. Il tenta de protester mais ne put le faire, Andi avait déjà la main dans son sous-vêtement. Bill aimait beaucoup Andréas et était facilement excité, il banda rapidement, la main de son petit ami lui prodiguant déjà des caresses étourdissantes. Andi lui caressait le sexe d'une main et le torse de l'autre pendant qu'il lui léchait et embrassait toujours la gorge. Bill écrasa sa cigarette au hasard dans le petit cendrier qu'il avait pris avec lui et bascula doucement sa tête sur l'épaule de son petit ami, fermant les yeux et haletant.

De là où il était, Tom voyait parfaitement la scène et ne savait s'il fallait s'énerver de leur manque de sérieux ou rire de l'incongruité de la situation. Il suffisait que l'un des deux ouvre les yeux et tourne un peu la tête pour qu'on le remarque, assis contre le cerisier. Il eut brièvement la pensée de se lever et partir mais était englué à sa place, à regarder son fils donner du plaisir à ce brun incendiaire. Bill fermait les yeux, complètement en extase et se laissait toucher, se laisser aller contre le torse de son fils et celui-ci ne l'en caressait que plus. Bill remonta une main pour la passer derrière sa tête et enfouit les doigts dans la chevelure blonde. Tom put même voir Bill se cambrer un peu en se mordant la lèvre.

Il commençait à en avoir de la sueur froide. Il occultait complètement son fils derrière le brun, il ne voyait que Bill et tout le plaisir visible sur ses traits. Le brun lâcha un gémissement, qu'il put entendre et saisit la rembarde de ses deux mains pour s'y accrocher pendant qu'Andréas accélérait les mouvements de sa main sur le sexe de son petit ami. Tom s'imagina deux secondes être celui qui mettait Bill dans un état pareil et l'idée l'excita. Bill laissa son corps aller un peu vers l'avant et pencha la tête pendant qu'Andi avait le visage plaqué entre ses omoplates. Et lorsqu'il releva la tête il vit enfin le père d'Andi qui les regardait, figé.

Il eut quelques secondes de panique mais Andréas passa son pouce sur son gland humide et il frémit. Tom les regardait toujours sans bouger et Bill ferma de nouveau les yeux, l'air encore plus provocant, souriant un peu en sachant qu'il était regardé. Il donna quelques petits coups de reins dans la main de son petit ami et celui-ci gémit dans son dos en lui murmurant des encouragements obscènes. Derrière ses paupières closes, Bill imagina un instant la main de Tom sur lui et cela l'excita plus, mieux même. C'était étrange pour tous les deux, malsains, mais Tom le regardait, s'imaginant être à la place de son fils et Bill l'imaginait dans son dos, le caressant et il ne pouvait s'empêcher de penser que c'était bien mieux. Il haletait de plus en plus, se cambrait contre Andréas encore plus, crispait les doigts dans ses cheveux et c'était foutrement bon. Il se sentait venir, son ventre se contractait, il tremblait sur ses jambes. Tom voyait tout ça, il voyait la main, il voyait les deux corps enlacés, la bouche de son fils dans le cou du brun. Il respirait un peu difficilement et essayait de se forcer à se relever sans pouvoir bouger d'un poil pour autant.

Alors qu'il sentit qu'il était au bord de la jouissance, Bill ouvrit les yeux et les planta directement dans ceux de Tom, il savait qu'il était resté là tout le long. Il fixa le dreadé d'un air un peu pervers avec un sourire en coin qui fit frissonner Tom et gémit longuement un « Oui » avant de se répandre dans la main de son petit ami en longs jets. Celui-ci le caressa encore un peu et le retourna pour échanger avec lui un long baiser brûlant et Tom sembla enfin se réveiller de sa torpeur. Il se leva rapidement et quitta les lieux, il s'en était fallu de peu pour que son fils le remarque. Qu'aurait-il expliqué alors ?

Il revit le visage de Bill, déformé par le plaisir, il le revit le regarder en se faisant caresser, il le revit jouir en le fixant, cette expression d'extase, il ne l'oublierait jamais, il en était certain. Ça allait le hanter et il était terrifié. Il venait de jouer les voyeurs et en avait honte, Bill l'avait vu les regarder et l'avait même regardé insolemment avant de faire son petit sourire en coin qui lui avait donné la chaire de poule. Il se reprocha encore une fois son comportement inqualifiable et se promit d'arrêter tout ça, il fallait qu'il arrête de penser, qu'il arrête de regarder, qu'il arrête d'imaginer.

***
 
Le dîner touchait à sa fin et Tom avait finalement réussi à se détendre. Bien-sûr, il ne pouvait oublier ce qu'il avait vu, ça lui était impossible. Bill le regardait discrètement et baissait le regard aussitôt qu'il croisait celui de Tom, en rougissant, cela lui donnait l'air encore plus adorable et Tom se giflait à cette pensée. Vicky s'était faite toute belle pour ce repas pourtant banal et Mary se trémoussait sur sa chaise, se plaignant qu'il fallait absolument qu'elle appelle sa meilleure amie avant que celle-ci n'aille se coucher. Andi ne cessait de la charrier et les parents durent s'interposer plusieurs fois pour faire cesser les petites querelles fraternelles et amicales qui démarraient rapidement. Bill lui-même était détendu et participait activement aux conversations, il arrivait même à s'adresser assez naturellement au père d'Andi, mais uniquement quand celui-ci lui posait une question. Bref, l'atmosphère était agréable et conviviale et Bill, qui était toujours seul chez lui la plupart du temps, se sentait bien, comme en famille chez Andi. Si ce n'est que le père de ce dernier le troublait un peu trop pour rendre tout ça complètement familial et amical...

Après le dîner, Victoria demanda par deux fois à Andi de faire la vaisselle mais tellement occupé à discuter avec son père et avec Bill, il ne s'exécuta pas de suite. Bill sortit son portable pour appeler sa mère et fut ennuyé quand il l'entendit lui dire qu'elle avait encore du travail important et qu'elle ne pourrait pas venir le chercher. Est-ce que quelqu'un voulait bien le ramener chez lui ? Victoria, qui avait compris, aux réponses du brun, ce qui se passait, répondit rapidement que ce n'était pas un problème, on déposerait Bill chez lui. Elle se tourna vers Tom :

-Tu veux bien le ramener, s'il te plait ?

Tom resta un instant déconfit mais accepta. Bill paniqua immédiatement à l'idée de devoir faire la route seul avec Tom et fut soulagé d'entendre Andréas s'écrier :

-Je viens ! Je prends une veste et je viens avec toi, papa !

Il se lançait déjà à la recherche de sa veste quand sa mère le coupa d'une voix sèche :

-Où tu vas jeune homme ? Tu te fiches de moi, dis ?

Andréas bégaya, surpris :

-Bin...Bin je vais avec papa déposer Bill ! Pourquoi ?

-Parce que ça fait trois fois que je t'ai demandé de faire la vaisselle et que tu ne l'as pas faite, voilà pourquoi ! Donc tu vas nulle part, tu restes et tu vas la faire tout de suite ! Laisse ton père raccompagner Bill, de toute façon vous vous verrez demain !

-Mais-

Elle l'interrompit :

-Mais rien ! Il fallait obéir de suite ! Tu as perdu du temps, c'est tant pis pour toi ! Va faire la vaisselle, maintenant, ça va t'apprendre !

Tom intervint :

-C'est pas grave, il la fera en rentrant !

-Non, non ! Trois fois je lui ai demandé et comme d'habitude, il ne fait jamais ce que je lui demande tout de suite ! Il s'est puni tout seul, il va aller faire la vaisselle, de toute façon c'est pas comme s'il n'allait plus voir Bill !

Visiblement très déçu, Andi tenta encore de persuader sa mère de le laisser les accompagner mais elle refusa fermement. Elle rajouta qu'elle montait prendre une douche pour se coucher en attendant le retour de son mari et pointa du doigt la cuisine à son fils qui pinça les lèvres, furieux et vexé. Bill récupéra ses affaires, salua la mère d'Andi et sa petite s½ur et s'apprêta à suivre Tom qui avait déjà pris place dans la voiture. Victoria monta et Andi s'approcha de Bill :

-Putain, ça fait chier, je voulais venir.

-Ouais c'est dommage, en plus, je t'avais dit que j'allais t'aider à faire la vaisselle, on aurait dû y aller depuis tout à l'heure. Mais bon, on se voit demain ?

-Bien-sûr ! De toute façon, on est dans la même classe, forcément...

-Bon, j'y vais, ton père m'attend dans la voiture, il a déjà démarré.

Andi hocha la tête et attira le brun à lui. Bill jeta un ½il derrière lui, ils étaient sur le porche et Tom devait certainement les voir, il était gêné. Mais sans cérémonie, Andi resserra sa prise et l'embrassa, appuyant fortement ses lèvres sur celles de Bill. Ce dernier, surpris, se laissa faire, mais réalisant que Tom était près, il repoussa Andi et l'engueula :

-Putain, Andi ! Y a ton père pas loin !

Le blond rigola :

-Bof, c'est pas grave ! Il va rien nous dire, t'en fais pas !

-Ouais mais quand même, c'est pas une raison ! Ils ont beau avoir accepté que tu sois...euh...on n'est pas obligés de le faire devant eux, c'est gênant !

Andi rigola encore un peu et lui vola un dernier baiser qui fit râler encore plus le brun. Alors que Bill lui tournait le dos pour partir il lui donna une claque sur les fesses et le brun couina, protestant encore plus furieux :

-Bordel, Andi, t'es vraiment qu'un obsédé ! J'y vais, à demain !

Andi fit un signe de la main avant de rentrer, laissant son père et son petit ami s'éloigner de chez lui dans un nuage de poussière. Dans la voiture, un silence gênant s'était d'office installé. Ni Tom, ni Bill ne desserrait les mâchoires. Ils se retrouvaient seuls pour la première fois et étaient vraiment embarrassés. Tom avait souhaité que son fils vienne pour éviter justement de se retrouver dans une situation comme celle-là et Bill avait eu la même pensée.

Pour détendre l'atmosphère, Tom alluma la radio :

-T'as rien contre les vieilles chansons, j'espère ? Parce que c'est tout ce que j'écoute, moi !

-Euh...Non, ça va, mettez ce que vous voulez M. Trümper.

Tom le regarda vite fait en souriant :

-Je t'ai déjà dit que tu pouvais m'appeler Tom.

Bill hocha la tête simplement en se disant que ça allait être impossible pour lui d'appeler cet homme par son prénom. Ils roulèrent un instant sans parler et Tom se disait qu'il fallait mettre un terme à ce silence pesant, ça l'angoissait. Il tenta :

-Alors, cet exposé ?

Bill répondit sans quitter la route des yeux :

-Fini.

Un silence encore et Tom ne put s'empêcher de continuer :

-Ah oui ? Parce qu'il me semblait que vous aviez l'air plutôt intéressés par autre chose que votre expo ?

Bill fut reconnaissant d'être dans la pénombre parce qu'il se sentit rougir immédiatement. Il avait compris l'allusion de Tom et était encore moins à l'aise. Tom remarqua qu'il l'avait encore plus gêné et dit encore :

-Non, t'inquiète, je plaisante ! Enfin, tant qu'Andi ramène des bonnes notes, je plaisante ! En plus, si vous avez fini l'expo, y a rien à dire de plus, non ?

-Oui, on l'a fini.

Bill pouvait à peine parler et Tom se sentit en confiance, il reprenait le rôle de l'adulte sûr de lui devant un adolescent nerveux. Parce que c'était ce qu'il était, un adulte, il n'avait donc rien à craindre de Bill, il pouvait rester maître de lui. Ils arrivèrent rapidement et Tom se gara devant chez Bill :

-Bon, voilà. Je te laisse entrer pour être sûr que t'es...en sécurité chez toi. Allume pour me faire signe que ça va, ok ?

-Ok. Merci, M. Trümper.

Tom soupira et secoua la tête, amusé :

-Je t'ai déjà dit que tu pouvais m'appeler Tom ! T'as pas à être aussi timide avec moi !

Bill, qui s'était préparé à sortir de la voiture et avait la main sur la poignée, se retourna et le fixa :

-Oui mais...

-Mais quoi ?

Bill lâcha la poignée, se rassit correctement, baissa la tête et répondit d'une voix désarmante de sincérité, sans même qu'il ne put s'en empêcher :

-J'y arrive pas.

Tom haussa un sourcil :

-Tu y arrives pas ? A quoi ?

-A...A être à l'aise en votre présence...

Quelques secondes passèrent dans le silence, Tom était interloqué, il ne savait quoi répondre à cela. Il entendit Bill rajouter plus bas :

-Et c'est pas avec ce qui s'est passé tout à l'heure que ça m'aider.

-Tout à l'heure ?

-Oui, vous savez, quand j'étais...quand on...

Bill se tût un instant et termina encore plus bas, toujours sans le regarder :

-Sur le balcon.

Tom comprit immédiatement et ne sut quoi répondre à son tour. Il tenta tout de même :

-Oh...Euh...T'en fais pas pour ça c'est...Enfin...J'aurais dû...Je...

Il s'arrêta, encore plus confus, voilà qu'il bégayait, à quoi ressemblait-il ? Il inspira et recommença, essayant de se reprendre :

-Je voulais pas me montrer si...J'aurais dû partir, désolé.

Bill leva enfin les yeux et le regarda franchement :

-Ne le soyez pas. Je le suis pas, moi. J'ai aimé que vous regardiez...

Tom sursauta, le Bill tout timide avait disparu pour laisser place à un nouveau Bill qu'il ne connaissait pas. Il sentit la panique le gagner immédiatement :

-Bill, tu...Écoute, je...

Bill le coupa :

-Je sais. Je dis juste ça, c'est tout, ça veut rien dire. Ça veut rien dire, hein ?

-De quoi ?

-Que j'ai aimé que vous regardiez. Vous avez aimé regarder, vous ?

-Bill, tu...Tu es avec mon fils, je suis marié, j'ai pas à aimer que...T'as pas à...

-Vous avez aimé.

La conversation dérapait, c'était trop étrange. Même Bill ne comprenait rien à ce qu'il racontait, depuis quand il était aussi audacieux, aussi entreprenant ? Mais là, il n'avait envie de rien d'autre que d'entendre Tom avouer qu'il lui faisait de l'effet, c'était certainement la seule fois où ils pouvaient se retrouver seuls, ils n'auraient certainement pas d'autres occasions. Et Bill se sentit encore plus audacieux, voyant que Tom était médusé, il se tourna un peu plus face à Tom et continua, la voix basse et sensuelle :

-Moi j'ai aimé, M. Trümper...

Tom répondit machinalement, hypnotisé par le regard de Bill :

-Je t'ai déjà dit de m'appeler Tom...

Bill ne répondit rien, il se contenta de le regarder, il ne lâchait pas son regard, il avait bien vu que Tom était encore plus troublé par sa proximité. Et ce dernier faisait aller ses yeux des yeux de Bill à sa bouche. Il avait le c½ur qui battait fortement, sourdement, il se sentait comme hors de la réalité, il se sentait glisser dans la démence, avec une seule idée en tête. Il ne voyait que les yeux et la bouche de Bill, il ne sentait que son odeur, il était en train de penser et de faire n'importe quoi. Ils se dévisagèrent pendant de longues secondes jusqu'à ce que Bill humidifie un peu ses lèvres et comme plus tôt, le regard de Tom noircit. Il saisit Bill par le devant du tee-shirt et l'attira doucement à lui, réduisant la distance entre eux comme une peau de chagrin. Bill ne souriait même pas, il appréhendait mais en avait tellement envie qu'il ne pensait plus à rien d'autre.
Il se laissa faire, les doigts de Tom étaient crispés dans son tee-shirt et Tom le fixait encore plus intensément, se penchant un peu vers lui à son tour. Bill souffla un :

-M. Trümper...

Et Tom gronda, d'une voix basse :

-Je t'ai déjà dit de m'appeler-

Avant d'être coupé par Bill qui murmura doucement :

-Tom...

Et Tom ferma les yeux, étourdi par la façon dont avait été prononcé son prénom. Il combla la dernière distance pour enfin atteindre ces lèvres qui le tentaient depuis qu'il avait rencontré Bill et posa un peu brutalement sa bouche sur celle de Bill qui ferma lui aussi les yeux en frémissant d'anticipation. Leur souffle se coupa immédiatement, ça avait été immédiatement brûlant, suffoquant, intense. Le brun répondit d'abord timidement au baiser qu'il recevait, parce que Tom fut d'emblée très dominateur et posséda entièrement la bouche du brun, la pénétrant de sa langue et lui caressant tout l'intérieur, léchant avec délectation le moindre recoin. Puis Bill avança la langue à son tour et la repoussa dans la bouche de Tom, frottant son piercing sous la langue de Tom qui gémit dans sa bouche. Il crispa un peu plus les doigts dans le tee-shirt de Bill et celui-ci, sans casser le baiser, agrippa sa nuque et l'embrassa plus profondément, se laissant totalement aller. Le baiser était divin, au-delà de ce qu'ils avaient pu imaginer, encore mieux, meilleur que tout. Tom ne cessait de bouger ses lèvres contre celles de Bill et ce dernier, éperdu, l'enjamba pour s'assoir à califourchon sur ses cuisses, dos au volant.

Tom avait définitivement perdu tout contrôle, il se sentait complètement enivré et enlaça Bill pour le pousser contre lui, passant une main sous le haut et effleurer la peau du brun qui se couvrit immédiatement de frisson. Bill poussa un petit gémissement et recula la tête pour attraper la langue de Tom et la sucer doucement avant de l'embraser de nouveau encore plus férocement. Ils devenaient de plus en plus audacieux et laissaient leur salive se mélanger avec délectation, oubliaient de respirer, se laissaient complètement étourdir par cet échange sensuel et torride. C'était peu et beaucoup à la fois, ils avaient oublié tout ce qui était autour d'eux, tout ce qui faisait que jamais ils n'auraient dû se retrouver dans cette situation. Ils s'embrassaient comme des assoiffés et c'était meilleur que tout ce qu'ils avaient vécu avec d'autres auparavant. La peau de Bill était douce et chaude sous les doigts de Tom. Ce dernier remonta une main et l'enfouit dans les cheveux soyeux du brun, lui caressant la tête avec tendresse mais l'embrassant toujours plus fiévreusement. Ils se dévoraient la bouche, faisaient s'entrechoquer leurs langues, se pinçaient et se mordillaient les lèvres, se suçotaient pour mieux s'embrasser encore, effleurant de leurs nez la peau du visage de l'autre, s'électrisant au moindre contact, chacun d'eux frissonnant et tremblant, perdus dans toute cette ardente sensualité. Bill se cambra contre lui, les mains agrippant ses dreads et donna un coup de bassin involontaire, complètement excité en sentant Tom bander sous lui, dur comme jamais.

Cela sembla réveiller Tom qui remarqua enfin son état et celui du jeune homme. Il cassa brusquement le baiser, horrifié, tétanisé et rouvrit les yeux, tremblant un peu plus. Bill grogna et avança la tête pour l'embrasser de nouveau, il en voulait encore, ça avait été trop bon, il n'en avait pas eu assez, il lui semblait qu'il ne pourrait désormais plus se passer des lèvres de Tom. Mais Tom posa une main sur son torse et tourna la tête :

-Non ! Non, Bill ! Je...Arrête !

Bill s'arrêta immédiatement et se raidit soudain :

-Pourquoi ? On était bien lancé !

-Justement ! On...On va trop loin !

Tom se tût et expira fortement. Bill appuya son dos en arrière contre le volant et croisa les bras, mécontent :

-Vous le voulez, autant que moi je le veux ! Alors pourquoi ?

Tom le regarda, ébahi :

-Pourquoi ? Pourquoi ? Bill ! Tu...Je...Je suis marié ! Je suis marié et toi, toi tu es avec mon fils, avec mon fils, Bill, voilà pourquoi !

-Ça vous a pas empêché de m'embrasser le premier !

-Justement, j'aurais pas dû ! On aurait pas dû, on fait n'importe quoi, là ! C'est n'importe quoi !

Vexé d'être repoussé, Bill se rassit vivement sur le siège passager sans rien dire, Tom continua :

-Je suis désolé, ça n'aurait jamais dû se produire, ça ne se reproduira plus, il ne faut pas, tu comprends ?

-Non, je comprends pas !

-Bill, y a Andi, c'est mon fils. Et je suis marié, on ne peut pas, ok ?

Et il répéta, comme pour se convaincre lui-même :

-On ne peut pas.

Bill ferma les yeux un instant et soupira. Il comprenait et commençait à se sentir minable. Il aimait bien Andi, qu'est-ce qu'il venait de faire ? Il prit son sac et ouvrit la porte :

-Bon, je...je vais y aller.

Tom attrapa son coude et le força à se retourner pour qu'il le regarde :

-Je suis désolé, Bill. Je suis vraiment désolé. On aurait pas dû. Il ne faut pas qu'on-

Il fut coupé par Bill qui lança d'une voix déçue mais tranchante :

-Je sais. Vous êtes marié et je suis avec votre fils. C'était une erreur. Ça se reproduira plus. Merci de m'avoir raccompagné.

Tom voulut parler mais Bill sortit rapidement. Avant de fermer la porte il eut le temps de lancer :

-Bonne nuit, Bill.

Bill allait claquer la portière quand il fut arrêté dans son geste. Il se pencha pour le regarder et répondit doucement, encore chamboulé :

-Bonne nuit...Tom.

Et il claqua la portière, courant sans se retourner vers sa maison, laissant Tom dans un état de bouleversement et de culpabilité intense. Non, il ne fallait pas que cela se reproduise...

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Comments :

  • Billnamimoureuse

    22/04/2012

    Oh là là ! C'est chaaaaauuuud ! Je me permets de (re)mettre un commentaire parce que là, c'est presque théâtral comme fin de chapitre ! Je suis passé il y a quelques jours comme je passe régulièrement sur ton blog pour voir l'avancé des choses & j'ai vu que tu en avais repris possession ! Quel bonheur ! Je me suis donc replongé dans la lecture de cette histoire toujours en cours pour la redécouvrir. Ça n'a pas loupé, me voilà en train de commenter ce chapitre donc j'avais oublié quelques scènes (honte à moi).

    La scène du balcon, juste OMG ! Je m'en souvenais bien mais j'avais oublié qu'elle se situait aussi tôt dans l'histoire, c'était chaud bouillant ! Puis le diner... Je pense encore à la façon dont j'aurai été tellement mal à l'aise dans la position de Bill :-/ Je veux dire, on peut avoir un instant d'égarement et se la jouer "oser" comme il l'a fait, mais reprendre le contrôle pendant tout un repas et agir de façon nonchalante, c'est hard ! Et puis la voiture .... Allo quoi ! C'est limite les deux chauds lapins qui en peuvent plus de la vie ! lol Il me semble qu'à la fin du chapitre 9 (première partie) ils ont toujours pas conclu dans la voiture, je suggère (lol) qu'ils inaugurent le lieu avant la fin de l'histoire, tant qu'à faire xD

    Bon je retourne à la suite parce que je me suis mise en tête de tout relire avant d'aller me coucher et il est déjà 2h50 du mat'

    xxx

  • Meliina-4-x3

    12/02/2012

    je la lis je la relis je c pas combien de fois jai lu cette fiction jamais je men lasserais :o

  • Jadiliste

    11/02/2012

    mon dieu, ces tellement bien écrit ! vraiment j'adore se style !

  • K

    14/11/2009

    Encore moi =) !
    Hier j'me suis endormi =S...

    Ah enfin le premier baiser ♥.
    J'me demande quel age a Bill il est au lycée Ok mais il a 16,17,18ans?!
    Enfin bref c'est pas grave il est jeune c'est tout lOl ^^
    Bon je vais aller manger et je reviendrai aprés lire la suite =)) !

    Bsx.

  • Billkaulitzblofic

    23/08/2009

    Génial encore ! Bon je continue.

  • auro-fanart

    22/08/2009

    J'adore tellement ta fic !!!!
    le thème est pile-poil ce que j'aime!!!!!
    Merci !!!!!!!

  • Ah-t0miik-x3

    01/08/2009

    J'aime toujours xD Mais... OK c'est une bonne raison que Tom a de repousser Bill mais alors pourquoi l'avoir embrasser ? 8D xD

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Mais tu sais de quoi tu parle

  • nirvana-angelTH83

    01/07/2009

    wouahhhh!!! c'est une idée tout a fais immorale délicieusement immorale
    j'adore
    je cour lire la suite ^^

  • audrey

    26/05/2009

    jadore c'est super

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