Chapitre 3


Chapitre 3

*Ellipse de deux semaines*

Tom finissait de nouer sa cravate, debout face au miroir de la salle de bains. C'était ce matin qu'il allait commencer à travailler dans boîte de publicité réputée. Ça allait le changer du tout au tout, mais il avait fait des études dans la pub et connaissait ce domaine, bien avant qu'il ne travaille dans le bâtiment. Il avait été forcé de travailler dans son ancienne société qui construisait des ponts pour nourrir sa famille mais il savait que tôt ou tard, il reviendrait à ses premières capacités. De plus, il était marié et père de famille, il ne pouvait décemment rester loin d'eux éternellement, sa femme s'en plaignait régulièrement et il avait fait des pieds et des mains pour trouver du travail près de chez lui, ce qui lui avait finalement été possible par le piston de connaissances bien placées. Donc maintenant, il avait un nouveau travail qui allait lui permettre de rester définitivement chez lui.

Il soupira en se disant que maintenant, il donnerait n'importe quoi pour repartir sur la route de nouveau et s'éloigner de chez lui. S'éloigner de Bill, surtout. Bill, qui le rendait un peu plus dingue à chaque fois qu'ils se voyaient. Le brun était toujours fourré chez eux, avec son fils. Mais ils s'évitaient le plus possible, du moins, Tom l'évitait comme la peste. Bill avait bien dû le remarquer mais ne disait rien et de toutes façons, qu'aurait-il pu dire ?

La mère de Bill avait dû se rendre à un séminaire important et Andi avait tenu à ce qu'il passe le week-end chez eux. Bien-sûr, Victoria avait accepté et Bill avait donc dormi chez les Trümper. Mais Tom s'évertuait à l'éviter et, sans pour autant être glacial, il gardait ses distances. Bill avait fini par comprendre que c'était la meilleure chose à faire mais ne pouvait s'empêcher d'être déçu. Il y eut, après ce week-end, d'autres fois où Bill vint chez eux après l'école mais là encore Tom gardait ses distances. Le père de famille se disait qu'enfin, il avait pu surmonter cette attirance et qu'il était maître de ses émotions, maintenant. Alors, il se détendait un peu plus et osait même discuter et rire avec les deux jeunes hommes quand ils étaient à la maison, se prouvant qu'il allait mieux, que Bill ne lui faisait plus aucun effet ou alors, qu'il était suffisamment fort pour approcher le brun sans craindre de lui sauter dessus.

Il avait bien remarqué les petits regards de Bill sur lui et lui-même devait parfois se retenir de le fixer bêtement, surtout quand ils étaient à table. Tom était à bout, plus il se disait que tout allait bien, plus il avait l'impression de devenir dingue en la présence du brun. Ils ne faisaient pourtant pas grand chose mais dès que Bill l'effleurait sans faire exprès, il reculait vivement comme s'il s'était électrocuté. Mais Tom se disait qu'avec le temps, ça irait, il s'habituerait à la présence de Bill et surtout, seul le bonheur de son fils et sa femme comptait. Mais il ne pouvait s'empêcher de revivre mentalement la scène de leur baiser, taisant la vérité à l'intérieur de lui : il voulait recommencer...

Lorsqu'il l'avait déposé, il avait refait la route jusque chez lui, la tête complètement à l'envers. Il avait embrassé Bill, il l'avait eu contre lui, il avait touché sa peau et goûté ses lèvres et depuis, il ne pensait qu'à ça. Dès qu'il fermait les yeux, il entendait Bill souffler son prénom, comme il l'avait fait dans la voiture. Il l'avait attrapé par le devant du tee-shirt et Bill l'avait regardé intensément, murmurant juste un « Tom... » d'une voix qui lui avait fait perdre la raison. Il n'avait pas pu se retenir et avait pratiquement dévoré la bouche du gamin qui s'était laissé faire avec plaisir.

Tom ouvrit les yeux, étonné, il ne se souvenait même pas les avoir fermés. Il déglutit péniblement et s'appuya contre le lavabo. C'était complètement fou, il était complètement fou...Fou et ignoble. Il se rappela ce qui s'était passé quand il était rentré chez lui. Il pensait que tout le monde s'était mis au lit mais avait été surpris de tomber sur son fils.

Flashback

Après être resté encore dix bonnes minutes dans la voiture qu'il avait garé devant chez eux, Tom se décida enfin à sortir. Il lui fallait une douche d'urgence, ça l'apaiserait sûrement. Toutes les fenêtres étaient éteintes, tout le monde devait dormir et c'était tant mieux. Il ne se sentait pas d'affronter qui que ce soit.

Il referma la porte d'entrée sans bruits et voulut passer par la cuisine avaler un grand verre d'eau glacée. Voilà ce qu'il lui fallait, autant se refroidir de l'intérieur et de l'extérieur, ça lui remettrait les idées en place. Il venait de déconner. Et putain ce que la culpabilité pouvait avoir un goût dégueulasse, encore pire que la bile des lendemains de fête, encore pire que le fiel d'un foie malade.

Il faillit crier en tombant sur son fils qui lui rentra dedans alors qu'il sortait de la cuisine :

-AH ! Putain, Andi ! T'es encore debout, toi ? Tu m'as foutu une de ces trouilles !

Andréas rigola et haussa les épaules :

-J'étais redescendu boire un truc, maintenant je vais dormir. Ça y est ? T'as déposé Bill ?

« Et merde... » se dit Tom. Parler de Bill était bien la dernière chose qu'il voulait faire. Mais Andi, comme tout merdeux inconscient ne l'entendait pas de cette oreille et répéta sa question, ce qui fit répondre Tom d'un ton légèrement agacé :

-Bin ouais je l'ai déposé, Andi ! Tu voulais que j'en fasse quoi ? Que je le planque dans le coffre ?

Il s'en voulut de s'emporter mais son fils ne semblait pas remarquer son humeur qui commençait à virer. Andi trouvait son père très drôle et rigolait :

-Alors, dis-moi, de quoi vous avez parlé ?

« Putain, Andi, tu veux pas plutôt aller te coucher ? » gémit Tom intérieurement. Ça allait être infernal, il le sentait. De quoi ils avaient parlé ? Il se voyait mal dire à son fils « On a pas trop parlé, Bill est timide apparemment, il décrochait à peine un mot. Par contre en arrivant, sa timidité s'est envolée et moi, j'ai embrassé ton petit copain et putain c'était sensationnel. Maintenant je me sens un peu con...con et horrible, parce que depuis, je pense qu'à ça. Et tout ce que je veux, c'est recommencer. » Il manquerait plus que ça ! Il hésita un instant et répondit, prenant un verre pour se servir à boire, son fils toujours derrière lui :

-On a pas trop parlé, il est pas très causant ton copain.

-Oh tu verras, quand il sera habitué à toi, ça changera, parce que crois-moi, pour faire taire Bill il faut s'y mettre à plusieurs, c'est une vraie pipelette ! Il est sympa, hein ?

-Ouais.

-J'espère que tu lui as pas raconté une histoire débile sur moi de quand j'étais petit, rien que pour me foutre la honte !

-Non.

-Il t'a parlé de moi ?

-Non plus.

Tout ce qu'il voulait, c'était que son fils lui fiche la paix ou au moins qu'il parle d'autre chose. Mais impitoyable, sans savoir qu'il mettait son père plus que mal à l'aise et sans remarquer que Tom répondait à peine, ce dernier continuait :

-Ah bon ? Il a rien dit ? Tu lui as rien demandé, toi ? Oh, j'aurais dû venir ! Maman a pas voulu, je suis sûr que Bill était mal à l'aise, il est toujours comme ça quand il connait pas la personne, mais après ça va aller, tu vas voir ! Ouais, c'est vraiment nul, je voulais venir !

Agacé, Tom se tourna vers lui et s'écria :

-Ouais bin t'avais qu'à la faire, cette putain de vaisselle !

Andi sursauta et remarqua enfin la mine défaite de son père. Ce dernier se mordit la lèvre, confus de s'être emporté de la sorte, rien n'était la faute d'Andi mais Tom n'avait pu s'empêcher de constater amèrement que si son fils les avait accompagnés, tout ceci aurait pu être évité. Andi, inquiet, demanda :

-Hey...T'es fâché ? Y a eu un soucis en chemin ? Bill a été désagréable ?

Tom soupira et secoua la tête, posant la main sur l'épaule de son fils :

-Non, y a rien eu. Désolé, je...je suis un peu fatigué, la journée a été longue.

-Ouf, j'ai eu peur qu'il se soit passé un truc avec Bill ! Parce que franchement, ce serait pas son genre, il est plutôt super, ça m'aurait étonné qu'il t'ait emmerdé !

-Non, ça a été. Andi, on va arrêter là avec les questions, il est tard et demain t'as classe. Monte te coucher, j'y vais aussi.

Mais Andi ne semblait pas décidé à monter de suite. Il s'assit sur la table et regarda son père se servir encore à boire et choisir un fruit. Tom évitait de le regarder et tressaillit quand il entendit la voix de son fils :

-Ça fait presque un an qu'on est ensemble, Bill et moi.

Andi avait parlé d'une voix pensive. Il adorait son père et aimait discuter avec lui. C'était grâce à Tom que sa mère avait fini par accepter le fait qu'il sorte avec un autre garçon. Mais il ne savait pas que Tom ne l'avait fait uniquement parce que lui-même avait eu ce genre d'expérience plus jeune. Et ce soir, Andi voulait profiter qu'ils soient tous les deux pour discuter un peu. Son père, c'était son modèle, l'homme qu'il admirait le plus, celui en qui il avait le plus confiance et son avis était important pour lui. Mais quand il eut dit ceci, Tom se raidit instinctivement. Il regarda un instant son fils, son innocent garçon assis sur la table de la cuisine, comme quand il était petit et qu'il regardait Tom évoluer avec de l'admiration plein les yeux ou comme quand il voulait s'épancher auprès de son père. Tom comprit qu'Andi avait besoin de parler et s'assit à côté de lui, à même la table :

-Oui, je sais que ça fait presque un an. Pourquoi tu me dis ça ?

-Bof, je sais pas, comme ça, pour rien. J'aurais jamais pensé rester aussi longtemps avec quelqu'un mais Bill, c'est différent. Je suis...

Il hésita, adorablement timide et continua un peu plus bas :

-Je suis amoureux de lui, papa, vraiment...

-Je sais. Mais...T'es pas un peu jeune pour savoir si...

Andi tourna vivement la tête vers lui et l'interrompit :

-Si quoi ? Si je l'aime vraiment ? Non ! Je le sais, je le sens, c'est tout. Je sais que je l'aime et qu'il m'aime pareil. Y'a rien qui me rend plus heureux que d'être avec lui ! Et on aura bientôt 18 ans tous les deux, on sait ce qu'on fait. Et moi, je sais ce que je veux et je le veux lui. Y'aura plus personne après lui, je le sais, je le sens. Et tu sais, on a même prévu d'emménager ensemble dans quelques années. C'est lui qui a eu l'idée, j'avais rien demandé alors tu vois, on est peut-être jeunes, mais on sait ce qu'on fait et moi je sais qu'on a raison. En plus, t'as rencontré maman quand t'avais mon âge et regarde, vous êtes encore ensemble, heureux et tout, moi aussi je sais que j'ai trouvé ma bonne personne. Bill, c'est l'amour de ma vie, y'a rien qui pourra changer ça. C'est comme pour toi, quand t'as su que maman était la femme de ta vie. Bill, c'est l'homme de ma vie, je suis le sien et...et c'est tout.

Tom se sentait encore plus minable. Il n'avait vraiment pas besoin d'entendre tout ça. C'était quoi cette conversation inattendue sur son fils et son amoureux ? Après ce qu'il venait de se passer, c'était mal venu. Mais le ton sincère de son fils acheva de le culpabiliser et il se promit d'arrêter là tous ses délires avec ce gamin. Ok, il avait dérapé, mais il avait encore la possibilité de faire mieux la prochaine fois. Il regardait Andi lui parler de Bill, les yeux brillants, c'était tellement visible qu'il était amoureux ! Et à l'écouter, Bill l'était tout autant, Andi le décrivait de longs en larges, détaillant les qualités du brun à son père qui l'écoutait en souriant malgré l'épine qui s'enfonçait lentement dans son c½ur. Oui, Bill avait l'air d'être quelqu'un de formidable, malgré son jeune âge et il était extrêmement beau. L'espace d'un instant, Tom se dit que si ça n'avait pas été le petit ami de son fils, il se serait laissé tenter, même en étant marié. Mais il arriverait à se retenir, pour Andi, qui lui faisait tellement confiance. Le baiser de ce soir, ce n'était rien, ça ne voulait rien dire, il s'était laissé emporter mais il était temps de reprendre les rênes de ses émotions. Au nom de son fils, par amour pour lui. Il n'y aurait que ce baiser et même s'il crevait déjà d'envie de plus, il saurait se contenter de ça.

Sans plus écouter son fils qui continuait de babiller sur ses amours, Tom ferma de nouveau les yeux, sans même prévoir le geste et revécut ce moment intense. Bill lui avait fait un effet monstrueux, il s'était assis sur lui et s'était presque fondu dans sa personne en l'embrassant. Et lui, il avait bandé comme un malade, jamais il n'avait été aussi excité, aussi rapidement et aussi fortement excité. Bill avait murmuré son prénom...et tout ce qu'il voulait, c'était encore entendre son prénom murmuré ou même gémi de cette façon...

Fin Flashback


Il sursauta quand il entendit une voix derrière lui :

-Tom ? Ça va ?

Victoria se tenait debout, à l'entrée de la salle de bains. Elle le regardait avec une tendresse inquiète. Il rouvrit les yeux et elle se rapprocha, posant une main dans son dos pour le caresser doucement, elle reprit :

-Ça va ? T'es tout rouge ?

Tom inspira et expira fortement et répondit :

-Ça va, t'inquiète pas. C'est juste...l'appréhension du premier jour. Un peu le trac.

Il mentait si facilement...

Elle le retourna et se glissa dans ses bras, posant sa tête contre son torse :

-Ne t'inquiète pas, ça va aller ! Ils vont t'adorer, tu vas voir ! T'es le meilleur dans tout ce que tu fais !

Tom se sentait gêné devant tant d'admiration et tant d'amour. Il ne méritait pas une femme comme elle, il avait des pensées adultérines, il la trahissait constamment depuis quelques temps avec son imagination, il l'avait réellement trahie en embrassant Bill et en aimant ça, il la trahissait encore en étant obsédé par cela, ne souhaitant qu'une chose, recommencer. Il avait trahi son fils ; il était un père et un mari médiocre.

Il enroula ses bras autour d'elle, rempli de culpabilité, et la berça doucement. Il déposa un léger baiser dans ses cheveux et elle releva la tête pour l'embrasser franchement. Il essaya de répondre en mettant le plus de ferveur possible dans ce baiser mais ne put s'empêcher de comparer les lèvres qui l'embrassaient avec d'autres qu'il avait goûtées il y avait peu de temps, ces lèvres qui le hantaient encore...

Il finit par la repousser, déçu d'être aussi insensible et fuit le regard plein d'étoiles qu'elle leva sur lui. Elle se détacha et le laissa la contourner pour sortir de la salle de bains, le suivant jusqu'au salon. Tom prit ses clés et sa mallette et dit, la regardant enfin :

-Bon, j'y vais. Je sais pas si je vais pouvoir rentrer ce midi pour manger avec toi, mais je t'appelle dès que je peux.

Il ouvrit la porte, s'apprêtant déjà à sortir mais sa femme s'écria, étonnée :

-Tom ! Tu pars sans m'embrasser ?

Il se retourna et la reçut dans les bras, elle s'était jetée sur lui pour un énième câlin et Tom eut une brève pensée « Putain, mais qu'elle me lâche un peu ! » et se gifla mentalement quand il réalisa la pensée mauvaise qu'il venait d'avoir. Il s'appliqua à embrasser sa femme avec toute la tendresse possible, encore une fois ; il lui semblait qu'il ne faisait que ça ces derniers temps, se forcer...donner de la tendresse parce qu'il s'était surpris à penser à Bill et qu'il se sentait coupable. Et sa femme n'arrangeait rien en étant dévouée, amoureuse et adorable, ni à être aussi câline et à la recherche de contacts physiques. D'ailleurs, depuis ce putain de soir où il avait embrassé Bill, il avait à peine couché avec sa femme, incapable de trouver l'excitation nécessaire pour.

-Putain de gamin...Putain d'obsédant gamin...

C'était tout ce qu'il murmurait en conduisant jusqu'à son nouveau boulot. Oui, Bill le bousillait lentement et pourtant, ils s'étaient seulement embrassés, c'est pas comme s'il était amoureux ! Bien sûr que non, il n'était pas amoureux, c'était juste intensément physique tout ça et ça le rendait dingue. Un gamin, un mec en plus, un petit jeune, qui plus est le petit ami de son fils. Mais bon sang, il devait bien reconnaître que si Bill était déjà aussi doué en baisers, ça devait être un véritable feu d'artifice tout le reste, son fils était verni. Il eut un petit sourire à cette pensée, il fallait vraiment être dingue pour avoir l'esprit préoccupé par de telles foutaises, au lieu de s'inquiéter pour son nouveau boulot.

Il arriva à son nouveau travail et se présenta directement au Directeur des Ressources Humaines qui le reçut aimablement et après les formalités d'usage, il prévint Tom que la directrice avait tenu à le rencontrer dans la matinée. Pour l'instant, elle terminait de voir avec sa secrétaire quelques affaires importantes mais elle viendrait le voir dans son bureau. Tom était très étonné d'avoir déjà un bureau personnel à sa disposition, mais il était nommé chef de projet et c'était apparemment l'usage.

Une heure après, il avait fait la connaissance de l'équipe avec laquelle il allait travailler, une équipe d'une dizaine de personnes qui furent toutes aussi aimables avec lui et il commença à s'installer dans son bureau. Deux coups frappés à la porte et sa porte ouverte en coup de vent le firent sursauter, et il vit avec surprise une grande femme brune, mince et élancée, entrer avec un grand sourire :

-Tom, vous permettez que je vous appelle Tom, n'est-ce pas, soyez le bienvenu chez nous. J'espère que vous allez vous plaire avec nous. J'ai hâte de travailler avec vous ! Je vois que vous êtes en train de vous installer, on m'a dit que vous avez déjà pris connaissance de vos fonctions et fait la connaissance du personnel de votre service, c'est bien !

Tom la regardait, un peu effaré, cette femme avait un débit étonnant et il n'avait aucune idée de qui ça pouvait être. Elle sembla remarquer sa gêne et s'écria :

-Oh, c'est vrai, jusque là nous n'avons pas encore été présentés. Je suis Simone Kaulitz, la Directrice de l'agence, ravie de vous avoir avec nous, Tom !

Elle lui serra la main et Tom se dit que le nom lui était familier, mais d'où ? Elle ajouta avec un grand sourire :

-Vous savez, nous serons amenés à nous voir régulièrement et ce, pas seulement pour le travail, vous n'avez peut-être pas fait le rapprochement, mais je suis la mère de Bill. Le même Bill qui...fréquente votre fils, Andréas.

Tom resta interloqué, il n'avait jamais fait attention au nom de ses supérieurs hiérarchiques, il ne se rappelait pas avoir entendu prononcer le nom de cette femme, ni que l'agence dans laquelle il allait travailler était la même que celle de la mère de Bill. Il se contenta de répondre :

-Oh...Oui, je...

Mais Simone, inconsciente du malaise qu'elle avait provoqué, continuait de babiller :

-Oui, en fait, j'ai été nommée directrice il y a peu de temps alors c'est normal que vous n'ayez pas beaucoup entendu parler de moi. Je suis un peu comme vous, je suis toujours en train de faire mes preuves. J'ai une masse de travail à faire, je ne vais donc pas pouvoir rester plus longtemps et je vous laisse terminer de vous installer. Hans, votre collaborateur direct, viendra vous mettre au courant des projets en cours, moi je dois vraiment filer.

Elle se retournait déjà, prête à sortir puis se tourna en souriant vers lui, la main sur la poignée :

-Oh, et je ne serais pas là tout l'après-midi, j'ai plusieurs rendez-vous à l'extérieur de la ville, ce qui va m'amener à rentrer tard. Je suppose que c'est chez vous que je devrais récupérer mon fils ?

-Je suppose, oui.

-Bien. De toutes façons je l'appellerai. Bon, j'y vais. Nous nous verrons certainement plus tard. Tiens, j'aperçois Hans qui arrive, c'est bien, n'hésitez pas à lui poser toutes les questions qui vous viendraient à l'esprit ! A plus tard, Tom !

-A plus tard, Mme Kaulitz.

Elle ne l'écoutait déjà plus et sortit aussi vite qu'elle était entrée, laissant Tom dans un état de confusion intense. Il était maudit, maintenant il en était sûr. Comment avait-il pu zapper le fait qu'il allait travailler pour la mère de Bill ? Que ce soit par sa vie personnelle ou professionnelle, Bill allait faire partie de son cercle social plus souvent qu'il ne le souhaitait, comment allait-il faire ? Mais il se dit que finalement, ce n'était pas une mauvaise chose, ça lui donnait une raison de plus de faire attention et de se reprendre. Hans, son fameux collaborateur, entra dans son bureau après avoir frappé et il fut mis au courant de tout ce qu'il allait devoir faire dans cette société.

***
 
Il était plus de 21h quand il poussa la porte d'entrée de chez lui, exténué. La journée avait été très longue, il avait la migraine et une tonne de travail l'attendait encore le lendemain à la première heure. Mais dans l'ensemble, c'était très intéressant. Des tas d'idées lui étaient venues et il avait déjà conquis un client en trouvant au pied levé une idée de publicité à faire publier dans un magazine réputé et sérieux, une double page pour vanter les mérites sensationnels d'une marque de couche culotte. Le client était parti, ravi, son image traditionnelle respectée et même améliorée, et Tom avait reçu les félicitations de son équipe pour ce succès rapide et inattendu.

Il ne souhaitait qu'une chose maintenant, prendre une douche, manger un bout et aller dormir de suite. Et il souhaita très fort que sa femme ne veuille rien de lui, il s'en sentait incapable, il était trop crevé. Il avait eu à peine eu le temps de déjeuner et avait appelé Victoria qui avait été déçue de ne pas pouvoir déjeuner avec lui. Il l'avait prévenue qu'il rentrerait tard mais ne s'était pas attendu à avoir des horaires de ce genre, seulement c'était son premier jour, c'était normal qu'il fasse des horaires incongrus, il aurait des journées moins longues quand il sera habitué au travail, pour l'instant, il avait tant à faire qu'il ne pouvait se permettre de compter ses heures.

Il trouva sa femme assise dans le canapé, devant un film à l'eau de rose, comme tous ceux qu'elle affectionnait particulièrement et leurs enfants semblaient déjà dans leurs chambres ; à part la télé aucun bruit ne semblait tenir la maison en éveil. Il referma la porte, déposa ses affaires et retira sa veste et sa cravate, les balançant négligemment dans le fauteuil en soupirant :

-Putain, je suis crevé ! Salut...

Il se pencha sur sa femme qui noua immédiatement ses bras autour de son cou et l'embrassa tendrement, murmurant suavement contre sa bouche :

-Salut, M. Trümper ! Enfin tu arrives !

-Désolé pour le retard, j'ai eu trop de choses à faire ! Les enfants sont couchés ?

Victoria hocha la tête en souriant et se leva pour le prendre par la main et l'attirer derrière elle :

-Oui, ils sont dans leurs chambres. Viens, tu dois sûrement avoir faim, je t'ai gardé ton plat au chaud.

Ils allèrent dans la cuisine et elle posa les mains sur ses épaules pour le faire assoir sur une chaise :

-Assieds-toi, je vais te servir.

Tom protesta un peu :

-Vicky, chérie, c'est pas la peine, je peux le faire !

-Non, non ! T'es crevé, ça me dérange pas. J'ai fait une quiche et de la salade. Bouge pas, je vais te donner ça de suite.

-Oui mais je préfèrerais prendre une douche avant. J'en aurais pas pour longtemps.

-Oui, c'est vrai. Bon, écoute, vas-y, je réchauffe la quiche, rejoins-moi dans la cuisine.

Tom se releva et commença à sortir de la pièce quand la voix de sa femme l'arrêta :

-Oh, au fait, Tom ! Il y a Bill qui est resté dormir ici cette nuit. J'ai oublié de t'appeler pour te demander si ça te gêne pas. Il est tellement seul, ce gosse, sa mère n'est jamais là, alors souvent il reste dormir.

Tom se raidit et demanda, sans se retourner :

-Et...je suppose qu'il dort dans la chambre d'Andi ?

-Oui. Mais ne t'inquiète pas, ils savent se tenir quand ils sont à la maison.

Sans répondre, Tom sortit de la pièce et alla prendre une douche. Quand il eut fini, il s'habilla uniquement d'un bas de jogging et se dirigea vers la cuisine où sa femme l'attendait encore. Mais en passant devant les escaliers, il fut pris d'une impulsion. Il s'arrêta net et posa le pied sur la première marche pour s'arrêter aussi sec. Puis, sans réfléchir plus, il monta rapidement mais le plus silencieusement possible. Il alla directement jusqu'à la porte de son fils et s'arrêta net, réalisant ce qu'il faisait. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Et qu'allait-il faire, maintenant qu'il y était ? Frapper ? Entrer ? Écouter ? C'était n'importe quoi...Il n'y avait aucune raison pour qu'il soit là, si jamais sa femme sortait de la cuisine pour le chercher, il dirait quoi ?

Un soupir exaspéré interrompit ses pensées et il sursauta, prêt à redescendre mais il entendit son fils grommeler :

-Quand, Bill ? Quand est-ce que tu me feras suffisamment confiance pour te laisser faire ?

Il entendit la voix de Bill, sifflante :

-Putain, parle moins fort ! Tu veux qu'on nous entende ?

-Je t'ai posé une question !

-Et moi je t'ai dis « non » ! On en a déjà parlé, c'est tout !

Il y eut un moment de silence et Tom entendit Andi reprendre :

-C'est que tu dois pas m'aimer autant que je t'aime, alors...

Cette fois, la voix Bill raisonna plus fort, le brun étant exaspéré :

-Oh putain, Andi ! Tu me fais du chantage ? C'est ça ? C'est pas déjà super ce qui se passe ?

-Ouais, mais moi je veux-

-Tu veux, tu veux ! Il s'agit pas de toi, il s'agit de moi et de mon cul putain Andi !

Tom fronça les sourcils, se demandant de quoi ces deux-là pouvaient bien parler et quelle était la raison qui les faisait se disputer. Il jeta un ½il derrière lui pour s'assurer que ni sa femme ni sa fille n'étaient là et se rapprocha un peu plus pour mieux entendre. Il entendit Andi répliquer, d'une voix boudeuse :

-C'est toujours toi qui est dessus, jamais tu te laisses faire, depuis qu'on est ensemble. Et là, j'aimerais bien qu'on...échange un peu, si tu vois ce que je veux dire !

-Je vois très bien ce que tu veux dire et je te réponds que pour l'instant je peux juste pas ! On couche déjà ensemble, je vois pas ce qu'il te faut de plus ! Et je t'ai déjà dit que je l'ai jamais fait de cette façon, qu'est-ce que tu veux que j'y fasse si je sais pas faire autrement ? Bon, on arrête d'en parler, maintenant ? Ou peut-être que tu veux me forcer ?

-Sois pas con, Bill, jamais je te forcerai !

Tom avait posé une main sur sa bouche et réprimait un fou rire. La conversation de ces deux-là était vraiment marrante, et entendre Bill se débattre pour éviter de « passer à la casserole » lui donnait envie de hurler de rire. Mais il fronça soudainement les sourcils et se dit « Putain, Andi, t'es mon fils pourtant ! Comment ça se fait que tu sois pas plus dégourdi que ça ?! A ta place, ça fait longtemps que je l'aurais chaviré, ton Bill ! »

Un gémissement étouffé lui parvint, coupant net toutes ses pensées et il recula, décidant de redescendre. Il rejoignit sa femme dans la cuisine et sourit en voyant qu'elle avait déjà tout préparé pour lui. Et là encore, il eut une bouffée de culpabilité et, pris d'un élan de tendresse, il l'enlaça sans un mot, murmura un « merci » contre la bouche de sa femme et l'embrassa.

Deux heures après, Tom était toujours réveillé, allongé sur le dos aux côtés de Victoria. Elle dormait profondément mais lui ne semblait pas trouver le sommeil. Un trop plein de fatigue le tenait éveillé et toutes les pensées qu'il avait n'aidaient en rien. Il vivait et revivait la scène du baiser qu'il avait eu avec Bill, se maudissant pour ça, s'engueulant intérieurement de le faire alors que sa femme dormait paisiblement à côté de lui. A bout, il se leva doucement et vérifiant que Victoria dormait toujours il se dit qu'un verre de quelque chose de frais lui ferait du bien. Il sortit de la chambre à pas feutrés et se rendit dans la cuisine.

Son c½ur fit un bond dans sa poitrine et sa bouche s'assécha quand il vit Bill, dos à lui et face à l'évier. Il buvait et avait manifestement eu la même idée que lui. Tom hésita un instant et entra quand même. En entendant du bruit derrière lui, Bill se retourna vivement et se figea en voyant Tom. Ce dernier fit comme si de rien n'était et ouvrit le frigo, prenant un ton nonchalant pour demander :

-Alors ? Pas sommeil ?

Bill répondit doucement :

-Non. Et vous ?

-Non plus.

Tom se releva avec une bouteille de jus de fruits et referma le frigo, essayant de retarder le moment où il devrait se tourner vers le brun. Celui-ci n'avait pas bougé, il était appuyé contre l'évier et remarquait bien que Tom posait les yeux partout sauf sur lui. Tom fit quelques pas dans sa direction et s'arrêta soudain. Bill le regarda se gratter la nuque, gêné et comprit que Tom attendait de lui qu'il se pousse pour qu'il puisse prendre un verre dans le placard au-dessus de l'évier. Mais Bill avait envie de jouer un peu et fit comme s'il n'avait pas compris, il se contenta de croiser les bras et eut un léger sourire, regardant Tom le supplier avec le regard de bouger de là. Bill sourit un peu plus et finalement, Tom s'avança, reprenant contenance et s'arrêta en face du brun :

-Euh...Je...J'ai besoin de...

Bill récupéra le verre qu'il venait d'utiliser et le tendit à Tom, souriant malicieusement :

-C'est ça que vous voulez ?

Tom, furieux de se sentir aussi troublé, le lui arracha presque des mains. Il se servit et avala cul-sec le jus de fruits glacé, tellement glacé qu'il en eut mal à la gorge. Bill ne le lâchait pas des yeux et s'était arrêté de sourire en regardant les mouvements que faisait la gorge de Tom quand il buvait. Il laissa ses yeux glisser sur le torse dénudé et avait fortement envie d'y poser les mains.

Tom finit son verre et quand il rabaissa la tête il vit de suite Bill le dévorer des yeux et faillit s'étouffer avec sa dernière gorgée. Il sentit une vague de frissons envahir sa peau et posa un peu brutalement son verre sur la table, à côté de lui. Il fallait absolument qu'il sorte de la cuisine. Bill était debout devant lui, vêtu uniquement d'un très large tee-shirt qui lui arrivait à mi-cuisse, ce devait être un tee-shirt de son fils. S'il restait là, il se voyait bien refaire une connerie. Il bougonna :

-Bon, j'y vais. Tu devrais aller dormir, toi aussi, y'a école demain.

Bill hocha la tête, déçu de voir Tom si pressé de filer. Il avait cru un instant que le blond allait se jeter sur lui, tellement il avait pu sentir l'envie qu'il lui faisait. Mais Tom se retourna après lui avoir lancé un « bonne nuit » et se dirigea vers la porte. Bill soupira doucement de déception et ferma les yeux, se disant que c'était la meilleure chose que Tom puisse faire. Il devait se résigner et comprendre qu'ils devaient en rester là, avoir une relation normale, amicale. C'était le père de son petit ami, petit ami qu'il aimait, petit ami avec qui il venait de coucher d'ailleurs. Et Tom avait raison en disant qu'ils ne devraient pas aller plus loin que ce qu'ils avaient déjà fait.

Il rouvrit les yeux et tressaillit, surpris de voir Tom encore sur le pas de la porte, toujours dos à lui. Ce dernier se retourna lentement et le regarda. Le c½ur de Bill battit à tout rompre, il ne savait s'il fallait bouger ou pas, il oublia toutes ses précédentes pensées et pria mentalement pour que Tom s'avance vers lui.

De son côté, Tom essayait de lutter contre l'envie qui lui tordait les tripes, l'envie d'aller vers ce gamin, bon sang à quoi pensait-il ? Il aurait dû sortir de cette cuisine, il aurait dû rejoindre sa femme, avant qu'il fasse une connerie plus grosse que lui. Mais c'est quand il vit l'image de Bill se rapprocher de ses yeux qu'il comprit qu'il s'était avancé vers le brun, il ne se rappelait pas quand il avait pris la décision, mais il allait vers Bill qui le regardait faire sans bouger, sans rien dire non plus. Tom avait les yeux plongés dans ceux de Bill, sa respiration était saccadée, son c½ur battait à un rythme fou, mais l'envie qui le tiraillait était tellement féroce qu'il savait qu'il n'allait pas changer d'avis. Et tant pis s'il allait regretter immédiatement après, il n'arrivait pas à faire autrement.

Il se planta devant Bill qui se taisait toujours mais qui était intérieurement dans le même état que lui. Il ne bougeait pas, de peur que Tom ne réalise ce qui se passait et s'en aille à grands pas hors de la cuisine. Il avait envie de ce qui allait se produire mais attendait que Tom fasse le premier pas.

Ils se fixèrent pendant de longues secondes, leur respiration faisant office de bruit dans la pièce et Tom fit encore un pas un avant, il touchait presque Bill qui devait maintenant relever un peu la tête tellement Tom était près. Bill décroisa ses bras et les laissa retomber le long de son corps, les yeux toujours dans ceux de Tom qui respirait difficilement. Le brun remonta une main et la posa sur le pectoral gauche, là où le c½ur battait follement. Tom frissonna immédiatement et attrapa son poignet. Mais avant qu'il ne fasse un geste pour le repousser, Bill secoua doucement la tête et murmura :

-Non...Non, Tom...

Et comme la première fois, cela suffit pour que Tom perde tout contrôle. Le poignet toujours en main, il amena le bras de Bill derrière sa tête pour l'enrouler autour de sa nuque et il attira le brun à lui de son autre main murmurant :

-Ok...Mais juste pour cette fois...Juste une dernière fois...

Il n'attendit même pas la réponse de Bill, il baissa la tête et prit enfin possession de la bouche qui l'obsédait depuis des jours. Bill se laissa aller contre son torse en gémissant dans sa bouche et frissonna violemment quand il sentit la main de Tom lâcher doucement son poignet, caresser lentement son avant-bras, son bras, passer dans son dos et se poser dans le creux de ses reins pour le pousser un peu plus contre lui. Bill sentait la chaleur du corps de Tom contre lui, ça le traversait tout entier, il sentait son c½ur cogner sourdement et le sien battait au même rythme. C'était chaud, sensuel, la température montait et les étourdissait, ils avaient de nouveau oublié où ils étaient et n'étaient conscients que de leurs corps qui se pressaient l'un contre l'autre.

Bill accepta la langue de Tom dans sa bouche et la caressa ensuite de la sienne, reculant parfois la tête pour lécher les lèvres de Tom qui crispait les doigts dans ses cheveux qu'il avait agrippés. Il gémit quand Tom tira fortement sur ses mèches brunes pour décoller leurs bouches pour venir mordre son cou avant de lécher et d'embrasser l'endroit qu'il avait meurtri. Le brun vint lui mordre l'épaule à son tour et Tom saisit son visage pour l'amener à lui et il mordilla sa lèvre inférieure. Bill sortit le bout de sa langue et caressa la bouche de Tom qui perdit un peu plus la tête, si c'était possible vu son état actuel et le blond posa brutalement sa bouche sur celle de Bill pour l'embrasser à en lui écorcher les lèvres. La fièvre montait en lui, son désir était au plus haut, les mains de Bill dans son dos lui laissaient une impression de brûlure, mais il n'aurait arrêté pour rien au monde. Personne n'aurait pu l'arrêter. Il se sentait prendre feu de l'intérieur, et ça ne cessait d'augmenter. La bouche de Bill jouait toujours avec la sienne, le dévorant entièrement. Le brun lui griffa légèrement le dos et Tom, pris d'une frénésie incontrôlable, l'attrapa par les hanches pour le porter, le tenant toujours contre lui et, sans cesser de l'embrasser, il se retourna et plaqua Bill fortement contre le frigo. Ce dernier resserra les cuisses, emprisonnant Tom complètement et vint encore réclamer sa bouche, ses doigts griffant plus fort la peau de son dos.

Le baiser était furieux, passionné, leurs bouches ne cessaient de jouer entre elles, elles se caressaient d'abord pour mieux batailler ensuite. Peu à peu, Tom lâcha Bill qui remonta immédiatement une jambe contre sa hanche, le faisant gémir doucement de nouveau :

-Putain...Tu me rends complètement dingue...

Tom se sentait excité plus que jamais, encore plus que la première fois qu'il avait embrassé ce gamin. Il avança les hanches et se frotta à lui, et Bill aussi ne pouvait s'empêcher de se frotter contre Tom, ondulant contre son ventre, essayant désespérément de soulager la douleur que lui infligeait son sexe tendu à l'extrême dans son boxer. Il rejeta la tête en arrière, buttant contre le frigo, et murmura :

-Oh Tom...

Tom frémit et se dit encore une fois que son prénom dans la bouche de ce garçon était la plus jolie chose qu'il eût jamais entendue. Il se détacha un peu de lui pour l'admirer ; il le vit la tête rejetée, le souffle saccadé, la bouche gonflée et rougie, les paupières closes et la gorge offerte. Il se pencha un peu pour venir retracer du bout de la langue une ligne imaginaire sur toute sa pomme d'Adam, sur son menton, pour finir par ressaisir sa bouche pour ne plus la lâcher. Bill posa à son tour la paume de sa main sur son torse et la fit doucement glisser entre leurs deux corps, sur le ventre de Tom qu'il sentit se contracter sous ses doigts. Ils frissonnaient tous deux et n'arrivaient pas à cesser de s'embrasser furieusement. Tom lui caressa les cheveux, le visage, le cou et toujours en l'embrassant plus fort, il accéléra ses mouvements de bassin contre le brun. Bill gémit dans sa bouche et donna aussi des coups de reins pour accentuer leur plaisir qui ne cessait de grandir. Bill faisait glisser ses mains sur les épaules, les bras, pour revenir les passer tout le long du dos de Tom, jusqu'à la limite de son jogging.

Il cassa le baiser et enfouit sa tête dans le cou de Tom, caressa sa peau de son nez, s'étourdissant de son odeur. Il attrapa le lobe de son oreille entre ses dents et le suçota pendant qu'il resserrait les doigts dans la peau des hanches de Tom avant d'appuyer pour le pousser un peu plus contre lui. L'aîné écrasa ses hanches contre celles de Bill et lui mordit un peu la joue avant de l'embrasser. Il avait repris une poignée de cheveux et colla sa bouche sur celle de Bill en gémissant doucement de nouveau. Ils n'en pouvaient plus, ils étaient complètement étourdis, frissonnants, ils tremblaient l'un contre l'autre, Tom beaucoup plus, son désir exacerbé, l'odeur de Bill était partout sur lui, l'envahissait totalement, l'étourdissait jusqu'à la folie. Bill tordit son poignet pour atteindre le sexe de Tom qui pulsa sous ses doigts, enroula ceux-ci autour de son sexe et cessa de l'embrasser pour venir lui souffler à l'oreille :

-Touche-moi...Touche-moi aussi, Tom...

A ces mots, Tom eut l'impression de recevoir un seau d'eau glacé. Il réalisa subitement leur position, lui acculant Bill contre le frigo, ce dernier ayant la main dans son pantalon plaqué contre le frigo, Tom accroché à lui ou lui accroché à Tom, il ne savait plus, tellement ils étaient serrés. Tom lâcha le brun et recula vivement, buttant contre la table, effaré, de nouveau submergé par la culpabilité. Bill ne remarqua pas son changement subit et s'avança vers lui, prêt à se jeter à son cou de nouveau quand le blond posa une main contre son torse et secoua farouchement la tête :

-Merde ! Merde, on...va trop loin...

Bill le regardait, interloqué, sans comprendre, les yeux encore noirs de plaisir, ébouriffé, les lèvres humides, la poitrine s'élevant et s'abaissant sous sa respiration rapide. Il voulut dire quelque chose mais n'en eut pas le temps ; ils entendirent une porte s'ouvrir et Tom comprit que sa femme s'était réveillée. Il se retourna et sortit vivement de la cuisine, rejoignant rapidement sa femme qui traversait déjà le salon. Elle le vit sortir à grands pas et demanda, étonnée :

-Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai entendu du bruit, ça m'a réveillée et-

Elle fut coupée par Tom qui se jeta sur elle, la saisissant par les épaules pour l'embrasser brutalement, sans aucune tendresse, rageusement. Elle tenta de se débattre un peu mais Tom, toujours en l'embrassant, la fit reculer jusqu'à leur chambre dont il referma la porte d'un coup de pied. Tom souleva sa chemise de nuit, fit glisser son sous-vêtement jusqu'à ses chevilles, la laissant le dégager d'un coup de pied. Il la souleva contre lui et la plaqua contre le mur. Victoria cassa le baiser et dit :

-Dis donc, tu m'as l'air bien excité...

Et ne put continuer sa phrase, Tom enfouit sa tête dans son cou et la pénétra sèchement. Il enchaîna de suite les coups de reins, écoutant ses gémissements, se persuadant que la voix qu'il entendait près de son oreille était celle d'un autre...

Et plus tard, alors que sa femme s'endormait de nouveau contre lui, alors qu'ils avaient finalement rejoint leur lit, il repensa à ce qui venait de se passer. Ça devenait dangereux, trop dangereux. Ça avait été meilleur que la première fois, Bill avait un pouvoir sur lui qu'il n'aurait jamais cru possible, il perdait tous ses moyens, il le sentait. Il crevait d'envie de plus alors qu'il s'était promis d'arrêter tout ça, alors qu'il pensait avoir repris le contrôle de lui-même. Il avait suffi qu'il baisse un peu sa garde pour que de nouveau, il se laisse tenter. Il essaya de trouver du réconfort en se disant que c'était la dernière fois ; c'était ce qu'il avait dit à Bill de toutes façons. Le sommeil finit par s'imposer et il se laissa glisser dans la torpeur avec reconnaissance, se renouvelant sa promesse mentale de ne plus recommencer, sachant d'avance que ça allait être un combat difficile à gagner.

A l'étage au-dessus, Bill aussi était tourmenté. Après le départ précipité de Tom, il avait regagné la chambre d'Andi et en passant dans le salon, un gémissement lui avait fait comprendre ce qui se passait dans la chambre des parents de ce dernier. Son c½ur se serra et il eut un sourire mauvais en se disant que Tom avait été excité par quelqu'un d'autre que la personne à qui il faisait l'amour. Il se soulageait avec un substitut, même si c'était sa femme. Il tourna la tête et regarda Andi dormir, sentant néanmoins la culpabilité grandir en lui. Ça avait encore dérapé, ils avaient été bien près de faire plus, ils avaient failli se faire attraper. La prochaine fois, il faudrait faire attention.

Bill rouvrit brusquement les yeux quand il réalisa sa pensée, il venait de penser à une prochaine fois possible ! Alors que Tom lui avait dit que ce serait la dernière fois ! Mais plus il y pensait, plus il se disait qu'il était hors de question que cela ne se reproduise plus, il voulait Tom, comme jamais il n'avait voulu personne. Il avait senti la dominance de Tom et loin de l'effrayer, ça lui avait plût. Il l'avait touché intimement, il avait eu son sexe dans la main, mais ça avait suffisamment terrorisé le blond pour qu'il se fasse planter comme ça, dans la cuisine.

Et maintenant, il ne pensait qu'à une chose, recommencer. Recommencer et aller plus loin. Parce que même en étant avec Andi depuis presque un an, il ne se sentait pas prêt à se laisser dominer. Et là, il avait suffi de deux malheureux baisers pour qu'il ait envie de sentir Tom au plus profond de lui.

Il tourna le dos à son petit ami pour réussir à trouver le sommeil, pour ne plus le voir, pour oublier qu'il était le fils de celui qui le faisait chavirer, le fils de celui qu'il voulait. Et surtout le fils de celui qu'il aurait...Parce qu'il était désormais impossible que cela se passe autrement. Il avait envie de Tom et savait que Tom en avait envie tout autant. Il y avait Victoria et Andréas entre eux, mais ça ne changeait rien pour lui. Cette attirance, ce désir inextinguible, immense et insurmontable ne pouvait avoir d'autre issue que la fusion de leurs deux corps. Il voulait Tom, alors il l'aurait...
 
Voilà, j'attends maintenant vos avis. Pour l'instant cette fic est écrite jusqu'au chapitre 6, le 7 étant en cours, donc la suite ne devrait pas mettre beaucoup de temps à être postée sur le blog. Est-ce que ça vous plaît pour le moment ?

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Comments :

  • DarkAngel917

    04/03/2013

    OMG!! J'adore vraiment comment tu écrit! Cette fiction est fantastique!

  • Jadiliste

    11/02/2012

    J'adore *-* tu me procure des frissons la vache !

  • K

    14/11/2009

    Wow so hot le moment dans la cuisine =DD

    Finalement j'ai su quel age avait Bill et Andreas =) !
    Maintenant Tom lOl ^^

  • auro-fanart

    22/08/2009

    J'adore tellement, tellement, tellement cette histoire!!!!
    Tu est vraiment géniale!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Mais dis-moi, je sais que Bill a 17 ans mais Tom alors , il a quel âge en gros? La trentaine?
    Merci de ces supers moments à lire "Adultère" !!
    J'espère que tu la finiras mais j'espère vraiment beaucoup!!!!!!^^ ^^ ^^ ^^ ^^ ^^ ^^ ^^ ^^ ^^

  • blidin

    19/08/2009

    Cette fic' est vraiment improbable et le scénario est assez énorme, j'adhère et j'adore !

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Sèrieux, j'aime trop cette mini fic

  • nirvana-angelTH83

    01/07/2009

    si ça me plais???
    le mot est faible, ta fic c'est de la bombe atomique encore une fois
    c'est envoutant, sensuel est captivant comme ton Bill
    je file lire la suite impossible de m'en détaché
    , je vais surement lire tout ce qui ai en ligne ^^
    Kissous

  • audrey

    26/05/2009

    jespere avoir la suite bientot jadore

  • cacahuete-th

    24/05/2009

    salut! tout d'abord je viens te dire que j'ai découvert ton blog récament et que jai lu toutes tes fictions^^ oui je dis bien toutes mais pour l'instant jai pas trop lue passion destructrice jai un peu de mal avce celle la donc bon . bref tout sa pour te dire que je suis maintenant cette fiction et que j'ai hate de lire la suite voila
    bisous a toi et bonne continuation

  • just-you-and-me483

    23/05/2009

    Haaaa je m'en fous j'arrive en touriste...
    Et je te préviens je vais laisser un com bidon et nul à mort xD
    Mais fallait que je me manifeste...
    ça fait juste geeeenre des mois que ta fic est dans mes favs...
    Que je viens tous les jours voir si y a du neuf...
    Parce que avouons le sans honte je suis accro -__-"
    Et donc voilà fallait que je te laisse un com...
    Pour te dire que j'adore ce que tu fais...
    ce que tu écris est absolument divin *-*
    Et que j'essayerai de laisser des coms plus souvent parce que sérieux ce que je fais c'est pitoyable...
    Mais je suis une grosse fénéante, je suis nulle pour les coms....et je sais jamais quoi dire...
    Et y a même pas besoin d'être constructif vu comment c'est écrit...
    Et je doute que les gagatisations d'une grosse débile comme moi t'intéresse xD
    Sur ce je m'en vais je m'emballes...
    Promis je reviendrai...enfin là n'est pas le problème...xD
    Faut juste que je me mette à laisser des traces de ma présence --"

    Bref MERCI pour tout...
    Tu ne sais pas à quel point c'est plaisant pour moi de te lire *-*

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