Chapitre 4


Victoria se réveilla doucement et cligna des yeux plusieurs fois avant de se retourner en sentant un corps chaud près du sien. Son mari dormait encore, sa respiration était calme et sa bouche, entrouverte. Il avait l'air apaisé et elle admira ce beau visage qu'elle aimait tant, détaillant ses traits fins, presque féminins malgré la virilité indiscutable qui se dégageait de toute sa personne. Elle avança la main et effleura ses longs cils, retenant un rire quand il fronça les sourcils, dérangé dans son sommeil.

Même après tout ce temps, elle le trouvait toujours aussi beau, elle se trouvait chanceuse qu'il soit encore avec elle depuis tout ce temps. Ils étaient si jeunes quand ils s'étaient rencontrés, ils avaient l'âge qu'avait leur fils aujourd'hui. Ils avaient à peine dix-sept ans et ne savaient pas bien ce que c'était que l'amour, le véritable amour. Leurs sentiments avaient grandis avec les années et avec beaucoup de travail, de concessions, de soutien mutuel et ils avaient réussi à construire leur bonheur malgré les disputes et le temps qui passe.

Victoria s'assombrit soudain, sentant de nouveau la culpabilité lui serrer les entrailles quand elle repensa au passé. Elle se souvenait encore clairement de sa rencontre avec Tom. A l'époque, elle sortait avec un garçon, ce n'était pas son premier petit ami et elle était avec lui depuis trois mois quand elle avait fait la connaissance Tom lors d'une boum chez une de ses camarades de classe. Tom lui avait immédiatement plut et ça avait été réciproque. Son petit ami, plus vieux qu'elle de trois ans, avait bu plus que de raison et s'était éclipsé dans le jardin en compagnie d'autres garçons et elle s'était disputée avec lui à cause de ça. En rentrant, elle s'était réfugiée dans la cuisine en pleurant et Tom était entré quelques minutes après pour venir récupérer d'autres boissons. Il l'avait vue pleurer et avait tenté de la consoler en essayant de la faire rire. De fil en aiguille, ils avaient discuté, beaucoup discuté, ils avaient ri, ils avaient flirté. Il l'avait invitée à danser un slow et elle l'avait laissé les diriger sur la piste, dans le salon où l'on avait éteint toutes les lumières. Et là, parmi d'autres corps enlacés, il l'avait serrée contre lui et elle n'avait jamais oublié leur premier baiser, échangé sur le rythme d'une chanson d'amour qui lui mettait encore la larme à l'½il quand elle l'entendait.

Des personnes les avaient vus et le lendemain, son petit ami était venu lui faire tout un tas de reproches mérités et Victoria dut s'excuser maintes et maintes fois, promettant de ne plus jamais revoir Tom. Mais ce dernier avait tenté de la revoir et pendant quelques temps, elle mena ses deux liaisons de front, taisant à Paul, son petit ami officiel, le fait qu'elle voyait Tom régulièrement.

Victoria se remémora un passage précis de son passé et ferma les yeux sous la douleur qui faisait marteler son c½ur dans sa poitrine. Tom avait fini par lui demander de quitter Paul et elle avait promis de le faire. Mais par manque de courage, elle ne l'avait pas fait et bien sûr, Paul pensait être le seul dans sa vie. Et pendant quelques temps, elle eut des relations sexuelles avec les deux jeunes hommes, leur taisant évidemment l'existence de l'autre jusqu'à ce que Paul finisse par quitter la ville, presque du jour au lendemain. Son grand-père paternel venait de mourir et son père avait hérité du domaine familial et étant fils unique, il se voyait dans l'obligation de continuer à faire fonctionner la ferme familiale qui nourrissait un petit village en produits laitiers et en volailles. Cela l'avait soulagée, elle n'avait pas eu besoin de rompre avec Paul, cela s'imposant d'office. Et Tom n'aurait jamais à découvrir sa double liaison, elle pourrait maintenant s'afficher devant tous, ce qu'elle s'évertuait à éviter de faire, ayant de plus en plus de mal à trouver les meilleures raisons pour éviter de sortir au grand jour avec lui.

Mais au même moment, un énorme problème survint : elle découvrit avec dépit et effarement qu'elle était enceinte, elle venait à peine de fêter ses dix-huit ans. Elle se souvint clairement des nuits qu'elle avait passées à compter et recompter les jours de son cycle, repassant en mémoire les derniers rapports qu'elle avait eus et surtout avec qui. Elle n'avait pas la possibilité de déterminer la vraie réponse, car sur la fin, elle avait couché avec les deux très régulièrement sans aucune protection et ce, souvent dans la même journée. Autant l'un que l'autre pouvait être le père. Donc, elle avait arrêté de chercher à savoir, elle était terrifiée à l'idée de perdre Tom qu'elle aimait déjà beaucoup. Elle s'attachait de plus en plus à lui alors elle se tut. Bien-sûr, ses parents furent furieux à l'annonce de sa grossesse et elle se souvint aussi clairement qu'elle y avait été, du scandale que cela avait fait. Et les parents de Tom aussi avaient été plus que furieux, leur fils était si jeune ! Mais contre toute attente, Tom eut un comportement exemplaire et fut catégorique quant au fait qu'il voulait rester avec elle et prendre soin de sa future famille. Il lui avait redit qu'il l'aimait, que c'était normal pour lui de prendre ses responsabilités et qu'il serait là pour elle et pour leur enfant. Il n'avait jamais failli à cette promesse et s'était depuis démené comme un diable pour leur construire un avenir et les mettre à l'abri du besoin.

Elle rouvrit les yeux et observa encore l'homme endormi à ses côtés. Elle avait toujours gardé ce secret au plus profond d'elle-même. Elle n'avait jamais parlé de ses doutes, à personne. Sa meilleure amie était la seule au courant que pendant un moment elle s'était partagée entre Tom et Paul mais elle avait, elle aussi, déménagé et elles n'avaient jamais gardé contact. Victoria frémit un instant en imaginant ce qui se serait passé si Tom avait su. Victoria tenait à sa famille, à son mari, ils étaient si heureux, Tom était un mari et un père exemplaire, dévoué et aimant, elle n'avait jamais eu à souffrir d'histoires d'infidélités, Tom étant loyal et sincère, visiblement amoureux malgré le fait qu'ils aient dû se mettre ensemble plus tôt que prévu ! Elle avait eu énormément de chance jusque là, rien n'était venu entacher leur bonheur qui durait depuis presque dix-huit ans, âge qu'aurait Andi très bientôt.

Elle s'était longtemps demandé qui de Paul ou de Tom était réellement le père biologique d'Andi, se persuadant que c'était Tom mais ayant la crainte constante que ce ne soit pas le cas. Mais elle n'avait jamais fait les tests nécessaires pour être rassurée. Comment aurait-elle pu le faire sans expliquer à Tom le pourquoi de la démarche ? A l'époque, on ne parlait pas encore de ce type de recherches, cela venait à peine d'être découvert et c'était extrêmement coûteux, très peu de personnes pouvaient se permettre de faire de tels tests. Alors elle se contentait de prier très fort pour que ce soit Tom le véritable père d'Andi, il ne pouvait pas en être autrement. Ça la tuerait si ça n'était pas le cas. Tom lui en voudrait, à juste raison, lui qui avait dû abandonner ses études pour travailler et économiser, nourrir le bébé, prendre soin d'eux, tout simplement. Elle gardait en elle la culpabilité d'avoir gâché la vie de Tom sans avoir une juste raison de le faire et depuis, elle se dévouait corps et âme pour lui, pour leur fils, pour leur foyer. De toutes façons, c'était Tom qui avait élevé Andréas, rien ne changerait cela, rien ne pourrait détruire l'amour que le père et le fils se portait, ils étaient tout l'un pour l'autre, Andi avait grandi avec les valeurs du seul père qu'il connaissait : Tom. Et Tom avait tout laissé en plan pour ce fils qu'il avait pensé être naturellement le sien, il ne s'en était jamais plaint, pour lui cela avait été normal.

Tom bougea un peu dans son sommeil et marmonna, la faisant fondre de tendresse. Tom était l'amour de sa vie, un homme bien. Elle perdrait la raison si jamais il la quittait. Parce que c'est ce qu'il ferait si jamais il apprenait la vérité. Elle se promit encore de continuer de taire ses doutes et enfouit une fois encore ses peurs au plus profond d'elle-même. Tom ne devrait jamais savoir, jamais. Rien n'avait prouvé jusqu'ici que c'était Paul le vrai père d'Andi, mais rien n'avait jamais prouvé le contraire, ils étaient tous deux blonds et assez ressemblants. De plus, Andi avait ses traits à elle, il lui ressemblait énormément, il était assez difficile de retrouver Tom en lui, ou même Paul. Mais certains trouvaient qu'il était le portrait de son père et elle en était fière. Elle ne s'imaginait pas vivre sans Tom, elle l'aimait trop, elle était dépendante de lui sur tous les plans. Non, Tom ne devrait jamais savoir, jamais...

A côté d'elle, Tom bougea un peu plus et finit par se réveiller complètement. Il ouvrit les yeux et la vit le regarder fixement. Il cligna des yeux, baîlla et dit, la voix encore lourde de sommeil :

-Salut, femme de ma vie...T'es déjà réveillée ?

Victoria hocha la tête et se rapprocha de lui, se glissant dans ses bras en essayant d'oublier la culpabilité qui la rongeait encore :

-Oui, je suis réveillée depuis quelques minutes. Je suis désolée, je t'ai dérangé ?

Tom lui caressa le dos et la rassura :

-Non, t'inquiète.

Elle releva la tête et plongea son regard dans le sien, disant sérieusement :

-Tom, tu me quitteras jamais, hein ?

Il fronça les sourcils, surpris par cette question soudaine qui n'avait aucune raison d'être ce matin. Il demanda :

-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? T'as fait un cauchemar ?

-Réponds-moi ! Tu m'aimeras toujours, hein ? Tu me laisseras jamais ?

Tom attira sa tête dans le creux de son épaule et répondit :

-Non, je te quitterai jamais, pourquoi veux-tu que je le fasse ? Je ne t'ai jamais laissée, c'est vrai qu'avec mon précédent boulot j'étais pas souvent à la maison mais maintenant je suis là.

Il l'entendit demander encore :

-Tu m'aimeras toujours, Tom ?

Il ne s'aperçut pas qu'il ne répondait pas de suite. Mais il répondit quand même :

-Oui, je t'aimerai toujours, Vicky.

Il l'entendit soupirer de soulagement dans son cou et ne put s'empêcher de s'en vouloir. Il l'aimait énormément, c'était vrai, depuis longtemps. Mais il savait aussi que l'amour qu'il lui portait était surtout une grande tendresse, une grande affection, un attachement plus que la grande passion qu'il avait rêvé vivre depuis tout petit. Il fut surpris de l'entendre dire :

-Dis ? Tu crois que si j'avais pas été enceinte on aurait encore été ensemble aujourd'hui ?

Il réfléchit un instant et répondit avec franchise :

-Euh...Écoute, je sais pas. On était jeunes, sûrement qu'on serait juste sortis ensemble et puis c'est tout, on serait passé à autre choses. Mais tu portais mon enfant, c'était normal pour moi de m'occuper de vous. Mais tu sais, je t'aimais déjà beaucoup, Vicky, je t'aimais énormément, ça n'a pas été un gros sacrifice. J'étais bien avec toi, je le suis toujours ! Et jusque là, on a eu une vie plutôt heureuse, tu trouves pas ? Si t'avais pas été enceinte, peut-être qu'on ne serait plus ensemble, peut-être que oui, je sais pas. Tout ce que je sais, c'est que je regrette en rien la façon dont se sont déroulées les choses.

-Tu t'es jamais dit que j'avais gâché ta vie ?

-Non, pour la bonne raison qu'à ce moment-là, j'ai gâché aussi la tienne. Ni toi, ni moi n'étions suffisamment sérieux pour penser à une contraception ou à une protection, pourquoi toi plus que moi ? Non, tu n'as rien gâché du tout, les choses se sont faites comme ça et regarde, on s'en sort plutôt bien, tu trouves pas ? Ma vie me convient comme elle est, tu me conviens, j'ai besoin de rien d'autre.

Victoria releva la tête et lui sourit, sentant son c½ur se gonfler d'amour en l'entendant parler de la sorte :

-J'ai le meilleur mari du monde. Le meilleur et le plus beau. Maintenant, embrasse-moi...

Tom avança la tête et la laissa l'embrasser fougueusement. Victoria était chaude contre lui, elle se laissait complètement aller dans ce baiser mais il ne put s'empêcher de penser aux lèvres de Bill, aux sensations qu'il avait ressenties la veille en embrassant le jeune homme dans la cuisine. Il essaya de retrouver ces mêmes émotions qui l'avaient rapidement soulevé mais sentait bien qu'il manquait quelque chose. Alors il pensa très fort à Bill et se remémora ce moment, se persuadant qu'il l'embrassait encore, et il se sentit immédiatement partir. Il oublia totalement que c'était sa femme qu'il embrassait et fut encore plus fervent, plus fougueux. Victoria enfouit les doigts dans ses dreads et caressa son dos. Les yeux toujours clos, Tom s'imaginait embrasser Bill, l'imaginant lui griffer légèrement le dos, se frottant, dur contre son ventre. Il bascula sa femme sur le dos et vint s'installer entre ses jambes qu'elle remonta contre ses hanches. Il caressa son mollet, faisant glisser sa main jusqu'à sa cuisse en l'embrassant toujours plus passionnément. Il s'imaginait se coucher sur le brun, glisser les doigts dans les cheveux noirs, caresser ce corps sous lui qui réagissait au moindre de ses effleurements. Il s'imaginait bouger contre le corps de Bill qui lui murmurait son plaisir à l'oreille d'un « Tom... » à peine articulé.

Il atterrit brutalement quand sa femme le repoussa doucement :

-Arrête...Arrête-toi, on n'a pas le temps, il faut se lever.

Il la regarda bêtement, presque étonné de la voir là, sous lui, alors que dans sa tête il était déjà bien loin et surtout avec un autre. Il souffla un bon coup et se recoucha sur le dos, la laissant se lever. Victoria enfila un peignoir par-dessus sa nuisette :

-Je vais aller réveiller les enfants. Rejoins-moi dans la cuisine, ok ?

Tom hocha la tête, cachant son trouble de façon experte, il se sentait tellement déçu et détestait cette sensation, ça augmentait sa culpabilité. Elle sortit de la chambre, le laissant se préparer à son tour et monta réveiller sa fille en premier. Mais Tom ne se leva pas de suite, son esprit était encore embrumé et son corps encore excité, il était dur comme jamais. Il était furieux après lui d'être si facilement vulnérable, il avait pensé à Bill tout le temps qu'il embrassait sa femme, persuadé d'être couché entre les cuisses du brun. Il ferma les yeux de nouveau et les images s'imposèrent d'elles mêmes. Il était dans la cuisine et embrassait Bill, encore...Il l'embrassait partout où il le pouvait et Bill gémissait et se cambrait contre lui...

-Putain de gamin...

Sa main trouva toute seule le chemin de son caleçon et se faufila à l'intérieur. Il empoigna son sexe et frissonna en imaginant la main de Bill sur lui. La veille, Bill avait fait le même geste avant qu'il ne l'arrête. Alors il se mit à imaginer ce qui aurait pu se passer s'il s'était laissé faire. Il commença des vas et viens, la respiration haletante et l'esprit déconnecté. Dans sa tête, Bill le caressait, les yeux plongés dans les siens et lui, il accompagnait les mouvements du gamin en poussant les hanches dans sa main. Il se voyait poser ses mains sur les épaules de Bill pour le faire s'agenouiller devant lui, il se voyait être pris par la bouche du brun et accélérait les mouvements de sa main sur son propre sexe, ressentant comme si c'était réel la bouche humide le sucer, l'aspirer à lui en faire perdre la raison. L'image d'un Bill à genoux pour lui, complètement soumis, le rendait fou. La bouche allait et venait sur son sexe, la main se resserrait à la base et Bill plaquait son piercing sous son sexe...Et dans son ventre, ses entrailles prenaient feu, ses muscles se contractaient à l'extrême, sa jouissance arrivait...Il penchait la tête et regardait Bill le sucer profondément, en gémissant...Il pouvait même imaginer que c'était tellement excitant que Bill se caressait aussi de son autre main en gémissant encore plus, son membre toujours en bouche. Il accéléra encore plus, n'en pouvant plus, ayant absolument de jouir. Son pouce frottait son gland d'où s'échappait de plus en plus de liquide séminal et les images devinrent de plus en plus osées. Et tout le feu concentré dans son ventre se propagea partout dans son corps, dévalant ses veines, et le plaisir éclata brutalement. Dans sa tête, il faisait jouir le brun en le prenant brutalement, il l'entendait et le voyait crier son plaisir pendant qu'il jouissait fort en lui...

Il rouvrit des yeux hagards, tremblant encore un peu, presque surpris de constater encore une fois que c'était uniquement son imagination qui l'avait fait grimpé et qu'il était seul, sa semence plein les doigts mais le corps enfin apaisé. L'espace d'un instant, il se jura de connaître un jour la sensation d'être enfin en Bill, l'avoir nu contre lui, sentir les mains du brun lui prodiguer des caresses enivrantes, apprivoiser ce corps encore vierge, lui apprendre l'amour et le plaisir. Et bien sûr, il fut horrifier par ses pensées, il ne devait pas penser à de telles choses, penser signifier le faire, s'il ne mettait pas un frein à son imagination, il finirait par se laisser tenter. Il soupira et se leva, décidé à reprendre le contrôle, se trouvant hypocrite de toujours se dire la même chose après s'être laissé aller, et alla se préparer, l'urgence étant de nettoyer sa main souillé du fruit de son plaisir venu d'images interdites.

A l'étage, Andi était levé depuis un moment et il était venu se coller dans le dos de Bill en caressant doucement sa hanche. Il l'avait embrassé juste sous l'oreille, il savait que Bill était extrêmement sensible à cet endroit et avait sourit en voyant des frissons naître sur sa peau. Il avait continué de le caresser jusqu'à ce qu'il se réveille et le brun s'était alors retourné, l'avait longtemps regardé, l'expression indéchiffrable, sans sourire, et s'était penché sans un mot pour l'embrasser. Puis Bill s'était levé, lançant juste :

-Je vais dans la salle de bains.

Et il était sorti rapidement sans plus le regarder. Lui, il avait trouvé ça bizarre, Bill était plus démonstratif d'habitude, il fallait presque le pousser hors du lit. Et il était toujours de bonne humeur, là il avait l'air d'être...morose. Peut-être qu'il avait mal dormi ou qu'il était encore fatigué ? Andi eut peur un instant que ce soit leur discussion de la veille qui ait agacé son petit ami.

Il avait tenté d'expliquer à Bill une chose qui le tourmentait depuis quelques temps. Lors de leurs relations sexuelles, c'était toujours Bill qui prenait les commandes et lui, il avait envie que ça change. Il avait envie de faire l'amour au brun et le lui avait encore dit, s'attirant un refus catégorique de sa part. Bill avait été très clair, il n'avait jamais fait l'amour de cette façon, c'était toujours lui le dominant, il ne s'était jamais senti prêt et ne l'était apparemment pas encore.

Andi se sentait un peu blessé, il aurait voulu que Bill se sente plus en confiance, qu'il ait tellement envie de lui qu'il se serait laissé faire avec plaisir. Or, Bill repoussait et repoussait toujours le moment de se donner à lui.

Le visage d'Andi se ferma un peu plus quand il pensa à une autre chose. Bill ne lui avait jamais dit « je t'aime » alors que lui, il le lui disait dès que possible, à tout bout de champ, pour être sûr que jamais Bill ne doutait. Et Bill répondait invariablement « Pareil », c'était exaspérant. Ça avait même tourné en dispute une fois. Il se souvint de ce jour-là...

Andi était furieux. Pour la énième fois, il venait de murmurer un « je t'aime » passionné à l'oreille de Bill et celui-ci avait répondu ce qu'il répondait d'habitude « pareil... ». Ils étaient couchés sur le lit du blond, ce dernier allongé sur son petit ami, ils s'embrassaient, se caressaient un peu, Bill se cambrait contre Andi et celui-ci lui suçotait la peau du cou, le lobe de l'oreille, frissonnant en sentant les doigts de Bill se crisper dans la peau de son dos.

Maintenant il était debout, rouge de fureur. Il ne comptait plus les fois où il avait demandé à Bill pourquoi celui-ci ne lui disait jamais « je t'aime » et Bill n'avait jamais répondu. Et là, tout en l'embrassant fougueusement, il lui avait demandé :

-Bill, tu m'aimes ?

Bill avait hoché la tête, les yeux toujours fermés et faisait glisser ses doigts sur tout le dos d'Andi, sous son tee-shirt. Alors, le blond avait presque supplié :

-Dis-le moi...

Complètement alangui sous lui, Bill avait agrippé sa nuque et avait plutôt répondu avec passion en lui dévorant entièrement la bouche. Andréas se laissa aller immédiatement mais remarquant que c'était une ruse de plus pour ne pas parler, il cassa le baiser et ordonna :

-Allez, Bill, dis-le moi...Je te le dis bien, moi ! Je t'aime, Bill, je t'aime...

Bill se cambra contre lui et recommença à lui caresser le dos, soufflant :

-Pareil, Andi...Embrasse-moi...

Mais Andréas se redressa et s'assit à côté du brun qui le regarda bêtement, étonné de le voir s'arrêter alors qu'ils étaient si bien lancés :

-Quoi ?

Andi avait le regard noir de colère, il siffla :

-Pourquoi ? Pourquoi tu me dis jamais que tu m'aimes ?

-J'en sais rien, Andi ! Je...Tu le sais, non ? Ca devrait suffire, je serais pas avec toi, sinon !

-Ouais, mais tu me le dis jamais !

Pendant quelques secondes, il continua d'engueuler le brun en lui ordonnant de lui dire ces foutus mots ou cela voudrait dire que Bill ne l'aimait pas. Celui-ci s'était redressé et ne répondait rien, incapable d'accéder à la demande du blond qui s'énervait un peu plus en face de lui, sans qu'il ne sache comment le calmer en évitant d'avoir à dire le fameux « je t'aime ». Il se contentait de le fixer de ses grands yeux noisette, l'air perdu. Andi avait détourné le regard pour ne pas se laisser avoir et avait tempêté, criant qu'il en avait marre, il avait besoin d'entendre Bill lui dire ces mots. Et le ton avait continué de monter, ils s'étaient emportés tous les deux jusqu'à ce que Bill sorte de la chambre, furieux d'être bousculé de la sorte. Andi avait voulu le retenir mais il s'était fait sèchement repousser. Et quand il avait entendu la porte d'entrée claquer, il s'était jeté sur son lit pour pleurer, le visage dans l'oreiller. Ce fut seulement quand le matelas s'affaissa doucement et qu'une main caressa ses cheveux qu'il comprit que Bill n'était pas parti, il était remonté s'excuser, pleurant lui aussi. Ils s'étaient embrassés et Bill ne cessait de répéter contre sa bouche « pardon, désolé » et bien sûr, il lui avait pardonné, il l'aimait tellement qu'il lui aurait pardonné n'importe quoi. Ils s'étaient réconciliés mais là encore, Bill n'avait pas dit ces mots qu'il attendait tant. Alors il attendait encore, il se sentait prêt à attendre tout le temps dont Bill aurait besoin. De toutes façons, ils avaient une relation unique, particulière, ils s'aimaient énormément, nul doute là-dessus, alors il pouvait bien se passer de quelques mots insignifiants. Un jour viendra où Bill le laissera lui faire l'amour, alors il le lui fera avec passion en écoutant le brun lui chuchoter une multitude de « je t'aime... » à l'oreille.

Dans la salle de bains, Bill avait aussi les pensées tourbillonnantes. Il était debout, dans la douche, il laissait l'eau glisser sur son corps, le regard baissé vers le sol, l'eau frappant l'arrière de sa tête et sa nuque. Il dégageait parfois son visage des longues mèches brunes qui collaient sur son front et ses joues et relevait la tête, ouvrant la bouche pour attraper un peu d'eau qu'il recrachait ensuite.

Il se décida à se savonner, il n'allait quand même pas utiliser toute l'eau chaude ! Il termina de se laver rapidement et sortit le cabine de douche pour se sécher. Il noua la serviette autour de sa taille et s'observa longuement dans le miroir posé au-dessus du lavabo. Il remarqua une marque dans son cou, près de sa pomme d'Adam et sourit un peu, fier de voir la signature de Tom sur lui.

Il fronça les sourcils en réalisant qu'Andi allait certainement la voir aussi, la marque n'avait rien de discret. Ils avaient couché ensemble la veille, mais il savait que c'était Tom qui lui avait fait ce suçon. Il avait été tellement passionné, tellement fougueux, il avait senti Tom incroyablement excité et lui-même l'avait été tout autant. Et malheureusement, cela n'avait rien à voir avec Andi. Jusqu'à maintenant, il aimait coucher avec le blond, tout se passait bien, il ressentait toujours beaucoup de désir pour Andi, il aimait qu'Andi le touche. Mais depuis la veille, ou même peut-être depuis un peu plus longtemps que ça, il lui semblait que le toucher d'Andi était fade. Le blond ne soulevait pas les mêmes émotions que celles que Tom soulevait chez lui.

Tom l'effleurait à peine et il frissonnait déjà comme un malade. Il voulait sentir les doigts de Tom encore sur sa peau, partout sur lui, partout en lui. Il en devenait dingue, Tom avait pourtant dit que ça ne se reproduirait plus, mais il ne pouvait s'y résoudre. Il ne pourrait se contenter d'Andi maintenant qu'il avait goûté à mieux. Avec Tom, tout était intense, troublant, rapide mais évident, c'était violent et rassurant, c'était sensuel et brûlant. Tout était multiplié par mille, voir plus, quand il s'agissait de ce que Tom pouvait lui faire ressentir.

Peu à peu, Bill ne vit plus son propre reflet, trop perdu dans ses pensées, déterminé à trouver ce qui pourrait l'aider à faire craquer Tom. Il avait quand même ce sentiment dérangeant qui lui indiquait que ce qu'il faisait était mal, mais rien à faire, il ne pouvait pas faire autrement. Il eut une pensée pour Andi et secoua la tête. Oui, il était ignoble, Andi était adorable avec lui, ils étaient bien ensemble, ils s'aimaient. Ok, il avait toujours eu l'impression de ne pas mériter Andi, celui-ci l'aimait bien trop fort, il savait que d'eux deux, c'était le blond le plus amoureux. Mais cela le rassurait d'être avec quelqu'un d'aussi intensément amoureux. Et là, il en était au point de souhaiter très fort ne jamais avoir rencontré le blond. S'il n'avait jamais connu Andi, il n'aurait jamais connu Tom, il n'aurait jamais été troublé à ce point. Ou mieux encore, tout aurait pu être possible s'il avait rencontré Tom dans d'autres circonstances, même si ce dernier était marié.

Choqué par sa pensée, Bill rouvrit les yeux en réalisant qu'il était prêt à accepter n'importe quoi venant de Tom, marié ou pas, avec ou sans Andi. Il secoua la tête et murmura :

-Putain...là, ça devient grave...

Il s'obligea à reprendre ses esprits et termina de se préparer. Quand il eut terminé, il descendit rejoindre toute la famille, qui devait certainement être eau complet dans la cuisine, à prendre le petit déjeuner. Il entendait la voix joyeuse d'Andi depuis les escaliers qu'il descendait lentement, peu pressé de retrouver tout le monde. Tom devait être encore là, quelle tête ils allaient faire tous deux en se revoyant ce matin, après ce qu'il s'était passé la veille ?

Il était presque arrivé en bas des marches quand la porte de la chambre des parents, qui se trouvait presque en face des escaliers, s'ouvrit et Tom en sortit sans remarquer Bill. Ce dernier s'arrêta net et Tom leva alors un peu le regard, s'arrêtant net aussi, ayant un coup au c½ur en le voyant aussi beau. Bill était vêtu d'un col roulé noir et d'un jean de la même couleur, ses vêtements moulaient son corps et il avait lissé ses cheveux, qui tombaient en cascade tout autour de son visage et semblaient caresser ses épaules. Il était magnifique avec tous ses accessoires autour du cou, des bras et sur les doigts. L'air lui manqua immédiatement et il se sentit complètement perdu.

Bill le matait aussi sans indiscrétion, sans chercher à dissimuler l'envie qui débordait de ses yeux. Tom était foutrement attirant dans son costume de travail qui contrastait étrangement bien avec ses dreads remontées sur sa tête. Il descendit la dernière marche et fit un pas hésitant vers Tom, murmurant un petit « Bonjour ». Tom hocha simplement la tête, lança un regard rapide vers la cuisine pour s'assurer que personne n'en sortait et prit la parole, bien décidé à paraître calme et assuré :

-Bonjour Bill, bien dormi ?

Bill secoua la tête et dit tout bas, s'approchant encore un peu, affolant Tom un peu plus :

-Non. Non, j'ai pas trop bien dormi.

Tom regarda de nouveau vers la cuisine et dit :

-Ecoute, faut qu'on...Faut qu'on parle.

-De quoi ?

-De...De toi et moi...

Il sursauta, réalisant ce qu'il venait de dire et se reprit :

-Je...Je veux dire, non, pas de toi et moi...Je veux dire, de ce qu'il s'est passé hier soir...

-Et ?

Bill avait pris un ton méfiant. Il se doutait bien de ce que Tom allait dire mais n'avait nullement envie de l'entendre. Mais Tom continua :

-C'était...

Et il s'arrêta, incapable de trouver les mots justes. Bill prit la parole à son tour :

-C'était bien, j'ai aimé. Et tu as aimé aussi.

Tom haussa un peu la voix :

-J'ai pas...j'ai pas aimé, Bill-

Il s'interrompit en voyant Bill hausser un sourcil. Il se reprit :

-Ok, là n'est pas le problème, Bill. C'est pas...Il ne faut plus que ça se reproduise !

-Tu l'as déjà dit !

-Oui, mais là, c'est pour de bon ! Je ne veux pas que ça reproduise, on ne doit pas !

Le visage de Bill se décomposa un instant mais redevint neutre en reprenant la parole :

-Tu as déjà dit ça aussi ! C'est toi qui m'as-

Tom leva la main pour le couper et dit alors :

-Oui, je sais, Bill ! Mais ça ne se reproduira plus. Je sais, j'ai déjà dit ça aussi, mais cette fois, c'est sérieux. On ne peut pas faire ça, ce n'est pas bien ! Victoria a failli nous tomber dessus, hier soir, imagine un peu la situation dans laquelle on aurait été si jamais elle nous avait vus ! Je ne peux pas lui faire ça !

-Elle n'est pas obligée de le savoir...

Tom le regarda, interloqué. Bill avait l'air tellement sûr de lui, déterminé à le faire craquer, tellement inconscient des conséquences que cela aurait si ça se savait. Il siffla, furieux d'avoir eu un instant la pensée de se laisser tenter :

-C'est ma femme, Bill ! Et Andi ? Tu oublies Andi ? C'est mon fils, je les aime, je ne peux pas leur faire ça ! Bon sang, comment tu peux...On ne peut tout simplement pas ! C'est...c'est immoral, Bill, tu es mineur, tu es...tu es encore un gamin et moi, je ne peux pas !

Bill combla la dernière distance qu'il y avait entre eux et se planta devant lui, le regard implorant :

-Je sais tout ça, Tom ! Je le sais ! C'est ignoble, je me sens...je suis salaud, je sais ! Mais j'arrive pas à faire autrement !

Il glissa ses bras sous la veste de Tom pour l'enlacer et murmura, les yeux toujours dans ceux du dreadé :

-Je te veux, Tom...Je te veux...Je veux être à toi...

Il approcha la tête, soufflant plus près contre les lèvres de Tom :

-Me laisse pas...Me dis pas que tu le veux pas à cause d'eux...Ils le sauront pas...On leur dira rien, on fera attention, on blessera personne si personne ne le sait...

Il effleura la bouche de Tom qui avait déjà fermé les yeux. Mais dans un dernier sursaut de volonté, ce dernier agrippa ses épaules et le repoussa violemment, le faisant tituber et gronda tout bas :

-Putain, non ! Non, Bill, arrête ! C'est...On parle de ma famille, là !

Il regarda durement le brun qui avait blêmi et lança sèchement, pour donner plus de poids à ces mots :

-Me fais pas regretter d'avoir convaincu ma femme de laisser Andréas être avec toi ! Tu n'es pas supposé lui faire du mal ! On arrête tout ça, ça nous mènera nulle part, je ne veux pas blesser des personnes qui comptent autant pour moi !

Bill était rouge de honte, blessé, furieux, il siffla :

-Et moi ? Je compte pas, moi ?

-Pas comme ça ! C'est ma famille, Bill ! On arrête là, on...Contente-toi d'être le petit ami de mon fils et rends le heureux !

Il contourna Bill sans plus le regarder et se rendit dans la cuisine, essayant de reprendre un visage serein. Il était temps de finir cette discussion, il était déjà chanceux que personne n'ait entendu leur petite dispute à voix basse, il s'en était assuré en regardant fréquemment la porte de la cuisine et personne n'en était sorti. Derrière lui, Bill était désemparé de s'être fait jeté de la sorte. Tom avait été clair, il ne se passerait plus rien entre eux. Il eut soudain honte de s'être humilié ainsi en disant à Tom qu'ils pouvaient avoir une relation discrète, à quoi pensait-il donc ? Il avait manqué de jugement et avait montré un côté horrible de lui, le côté qui était prêt à exclure Andi, à le trahir sans pitié. Tom ne voulait plus rien ? Soit, il ne ferait plus rien. Il essaya de s'en convaincre, se disant même que si ça devenait trop difficile, il quitterait Andi, il ne pourrait pas continuer de venir et avoir Tom sous le nez constamment. Lui aussi rejoignit les autres dans la cuisine, et à peine entré, il salua tout le monde d'une fausse voix enjouée, s'assit à côté de son petit ami en évitant de regarder Tom qui d'ailleurs, évitait son regard aussi. Victoria se leva pour récupérer la cafetière qu'elle avait laissée sur son socle et Bill en profita, il saisit Andi par la nuque et l'attira à lui, murmurant contre sa bouche :

-Salut, toi...

Il engagea un baiser brûlant mais rapide sous les yeux de Tom et relâcha un Andi rouge d'embarras et de plaisir :

-Eh bin ! Qu'est-ce que tu as ce matin ?

Bill jeta un coup d'oeil rapide et fut satisfait de remarquer que les yeux de Tom qui avaient foncé sous la colère. Il haussa les épaules et répondit, nonchalamment :

-Rien, j'en avais envie. Tu me manquais, on s'est pas vus depuis que tu t'es levé, je rattrape le temps perdu, c'est tout.

Victoria revint s'assoir et tendit la cafetière à Bill en souriant, elle allait prendre la parole quand elle fut interrompue par Tom qui grogna, pour les deux garçons :

-Bon, déjeunez vite, les gars, on va y aller dans pas longtemps, j'ai du boulot ce matin et je veux pas être en retard. Dépêchez-vous !

Andi s'écria, ravi :

-C'est toi qui nous déposes ? Je croyais que c'était maman !

-Non, c'est moi. Alors magnez-vous, c'est bientôt l'heure, là ! En plus faut que je m'arrête en chemin pour faire de l'essence...Mary, toi aussi dépêche-toi !

La jeune fille protesta :

-Non ! Je viens pas avec vous, moi ! J'ai Caro qui vient me chercher dans un instant, on part à pied !

Tom se tourna vers elle :

-Bin...Tu veux pas que je te dépose ? Ca ferait plus vite !

Mary ricana :

-J'ai passé l'âge d'arriver au collège avec mon père ! Et pas question qu'on me voit avec ce blaireau d'Andi !

Andréas fut outré et râla :

-Ouais, dis plutôt que tu veux pas que papa voit ton petit copain !

Mary lui lança un regard furieux et Tom regarda tour à tour sa femme et sa fille, sourcils froncés :

-Quel petit copain ? C'est quoi cette histoire de petit copain ?

La jeune fille rougit et lança un coup de pied dans le tibia d'Andi sous la table. Elle s'empressa d'expliquer :

-J'ai pas de petit copain ! Andi t'es un vrai con ! C'est pas vrai, papa, ne l'écoute pas il raconte n'importe quoi ! Il m'a vu l'autre fois avec un gars de ma classe et depuis, il arrête pas de me charrier !

-Ouais, un gars de ta classe ? Et tu bécotes les gars de ta classe, toi ?

Mary s'écria, indignée, rougissant encore plus :

-N'importe quoi ! Papa, c'est pas vrai !

Tom prit la parole :

-Quoi ? Tu...Tu embrasses des garçons à ton âge, Mary ? Vicky, tu le savais ? C'est qui, ce petit merdeux ? Comment il s'appelle ?

Bill les regardait, amusé, Andi se moquait de sa soeur qui essayait de le frapper pendant que Tom ne cessait de demander « C'est quoi cette histoire de petit copain ? Vicky, t'as entendu parler de ça, toi ? Quelqu'un m'explique ? », Victoria essayait de calmer tout le monde, riant elle aussi. Ils se chamaillaient, tout le monde parlait en même temps, mais l'atmosphère était chaleureuse, familiale, c'était tout ce qui avait manqué à Bill depuis sa plus tendre enfance et il le regrettait amèrement, surtout quand il assistait à ce genre de scène. Ils finirent par sortir de table et chacun récupéra ses affaires pour aller à la voiture. Après un dernier baiser à sa femme, que Bill ne manqua pas, Tom cria à sa fille :

-On en reparlera ce soir, Mary ! Et méfie-toi, je peux passer à n'importe quel moment devant le collège ! Que je te chope, toi et ton « petit copain » et vous allez m'entendre ! T'as pas l'âge, occupe-toi plutôt de réussir ton année !

Mary roula des yeux et se lamenta :

-Oh papa ! Je suis une des meilleures élèves de ma classe !

Tom clôtura la discussion avec un impérieux :

-C'est pas suffisant ! Sois pas l'une des meilleures, mais la meilleure ! Après on reparlera de cette question de copain ! Bon, les garçons, on y va ! Vicky, à ce soir !

Il embrassa sa femme et sa fille et regagna sa voiture, encore un peu contrarié de constater que sa fille grandissait mais amusé quand même de l'avoir taquinée. Andi s'était installé à l'avant et Tom évita les regards que Bill lui lançait à travers le rétroviseur. Il s'arrêta à la station service pour faire de l'essence et alla régler le montant à l'intérieur, profitant pour acheter des cigarettes. Quand il revint, Andi était assis derrière et embrassait Bill à pleine bouche. Son visage se ferma, il semblait bien que Bill avait décidé de le rendre dingue de jalousie mais il se convainquit immédiatement que ce n'était pas le cas, voir son fils embrasser le brun ne lui faisait rien, rien du tout, n'est-ce pas ?

Il s'installa derrière son volant et fut néanmoins satisfait de voir les deux jeunes hommes se séparer vivement en rougissant. Il gronda :

-Dis, Andi ! Remets-toi à l'avant, vous êtes pas des ministres et je suis pas votre chauffeur !

Andi eut un ton implorant :

-Oh, papa ! Laisse-moi rester derrière avec Bill !

Tom fut catégorique :

-Non ! Passe devant, ou vous allez à pied !

Andi soupira fortement mais n'osa contredire son père. Il se remit à l'avant et le temps qu'il prit pour sortir, Tom eut le temps d'apercevoir le regard victorieux que le brun lui lança dans le rétroviseur et il en fut furieux, sa mâchoire se serra. Ils firent le trajet en silence et Tom déposa enfin les garçons devant le lycée. Il partit rapidement, non sans avoir lancé un « bonne journée, bossez bien » du bout des lèvres pour faire bonne mesure. Il était furieux contre lui, plus que contre son fils. Furieux parce que malgré tout ce qu'il pouvait se dire pour se persuader du contraire, il savait qu'il était jaloux, jaloux à chaque fois que son fils approchait Bill. Il avait du mal à le supporter, c'était plus fort que lui.

***


*Ellipse d'une semaine*


Quelques jours avaient passé, mais Tom n'allait pas mieux. Bill était toujours souvent chez les Trümper mais il se tenait correctement. Il évitait même Tom, le regardait à peine, lui parlait très peu. Leur relation était plutôt froide et tendue et Victoria et Andi commençaient à s'en rendre compte. Quand sa femme l'avait questionné, Tom avait simplement répondu :

-Non, c'est pas que je l'aime pas, mais ce gamin n'est pas de mon âge, qu'est-ce que tu veux que je lui raconte ? J'ai rien à lui dire, il est sympa mais bon, voilà, c'est pas un proche à moi, c'est le petit ami d'Andi.

Dès que Bill et Andi arrivaient chez le blond, ils allaient s'enfermer directement dans la chambre pour travailler, discuter ou plus, jusqu'à ce que ce soit l'heure de passer à table. Bill n'était pas resté dîner à chaque fois, sa mère était venue le chercher et Tom essayait d'ignorer la déception qui l'envahissait quand le brun partait. Il se sentait comme un gamin alors que c'était lui l'adulte. Bill l'ignorait froidement, comme il l'avait voulu, et il devait bien reconnaître que ça l'ennuyait.

A son travail, tout se passait relativement bien, il avait toujours autant de boulot et heureusement, cela lui permettait d'avoir l'esprit occupé. Et tous les soirs, il se forçait presque à rentrer chez lui après avoir eu des journées harassantes. Il poussait la porte d'entrée, préparé d'avance à être accueilli par une Victoria souriante et câline, comme à l'accoutumée. Il se renfrognat, même ça, ça l'ennuyait, sa femme était continuellement à la recherche de contacts physiques, qu'il soit épuisé ou pas. Cela finissait par être vraiment agaçant. Là encore, il relégua dans un recoin de sa tête que c'était plutôt parce qu'il était plutôt préoccupé par quelqu'un d'autre et que sa femme lui faisait de moins en moins d'effet.


Heureusement qu'on était le week-end, il allait pouvoir décompresser un peu. Ils étaient partis en famille dans le chalet du frère de Victoria, Yvan, un médecin, qui était en voyage. Ce n'était pas la première fois qu'il leur prêtait le chalet et Tom y avait de bons souvenirs, le paysage était magnifique et reposant, retiré de la ville, tout était calme la maison très jolie, très bien équipée. Il y avait même une salle de sport où trônaient tous les appareils nécessaires pour faire de la gym et de la musculation et il y avait même un sauna.

Quand Victoria lui avait appris qu'elle avait organisé ce week-end, il en avait été ravi avant de vite déchanter quand il apprit qu'il y aurait Bill. Andi tenait à l'y emmener et Victoria ne savait rien refuser à leur fils. Tom avait prétendu vouloir rester un peu en famille mais s'était vite laissé convaincre. En fait, il ne savait plus comment réagir face au brun. Ce dernier était constamment suspendu au cou de son fils et l'ignorait royalement. Il devait bien reconnaître que c'était lui qui l'avait voulu mais cela l'agaçait. Plus que ça, il regrettait que Bill l'ait pris au mot et ne l'approche plus, ne le regarde plus, ne fasse plus rien. Il se détestait de se sentir aussi confus, il aurait dû se sentir soulagé et se tourner complètement vers sa femme, mais il devait bien reconnaître que ce n'était finalement pas ce qu'il voulait vraiment, même si c'était mieux comme ça. Et là, maintenant, il avait peur de ce dont il se sentait capable de faire, tellement il avait les nerfs à fleur de peau, si Bill les accompagnait et qu'ils devaient se retrouver face à face, comme la dernière fois où ça avait dérapé. Il savait de son côté qu'il suffirait de peu.

Mais le premier jour, tout se déroula normalement. Bill et Andi partagèrent la même chambre et il les vit peu, contrarié de savoir ou plutôt de deviner ce qui devait se passer derrière la porte de leur chambre. Mary restait dans sa chambre aussi, à écouter de la musique, à lire, ou à discuter avec ses « contacts » sur internet, vu qu'il y avait aussi l'accès à Internet au chalet.

Dans l'après-midi du deuxième jour, Victoria annonça qu'elle allait, avec Mary, faire quelques courses pour le dîner du soir, et Andi voulut absolument les accompagner. Il s'approcha discrètement de son père et lui expliqua vite fait, tout bas :

-Papa, arrange-toi pour faire rester Bill. Je veux pas qu'il vienne avec nous, je vais lui faire une surprise et faut pas qu'il soit là. Qu'est-ce que je peux dire pour le faire rester ?

Pendant quelques secondes, Tom resta interloqué. Andi était vraiment en train de dire qu'ils allaient tous partir et le laisser là, seul avec Bill ? C'était une blague ou quoi ? Il bégaya :

-Tu...t'emmènes pas...Bill va pas avec vous ?

-Non, je te dis qu'il faut qu'il reste, sinon il va voir ce que je vais lui acheter et je veux pas !

Tom se dit un instant qu'Andi devait certainement le faire exprès. Mais devant l'insistance de son fils, il promit de faire rester le brun. Il alla frapper à la porte de la chambre et, s'assurant que personne ne l'avait suivi et surtout pas son fils, il entra :

-Bill ? Euh...

A son entrée, Bill avait levé la tête et le fixait sans un mot. Il avait pensé que c'était Andi et il était très étonné de voir Tom à la place. Il retira ses écouteurs et laissa Tom continuer :

-Bon, je vais pas y aller par quatre chemins, je...Je suis ici pour...Euh...faut que tu restes !

-Comment ça « faut que je reste ? » Je vais nulle part, là !

Tom se sentit idiot, bien sûr Bill ne savait pas encore qu'Andi allait partir en ville sans lui. Il venait de se cramer la cervelle à essayer de trouver une bonne raison pour retenir le brun mais n'avait encore rien trouvé. Finalement il dit :

-Ok, tu dis rien à Andi mais...Sa mère va faire quelques courses pour ce soir avec Mary et il veut y aller aussi pour...euh...pour te faire une surprise, lui dis rien, je suis supposé te faire rester mais j'ai pas trouvé de bonne raison pour le faire. Donc voilà, laisse-le y aller sans toi et surtout lui dis pas que je t'ai dit pour la surprise, il va m'en vouloir !

Tom se sentait vraiment minable, il n'avait rien trouvé d'autre à dire que la vérité, à court d'arguments. Bill rigola un peu et accepta d'entrer dans le jeu. Tom se retourna pour sortir et il l'arrêta soudain :

-Ca veut dire qu'on va rester tout seuls ?

Tom répondit doucement, sans se retourner :

-Ouais. Mais moi, je vais aller dans ma chambre, me reposer un peu.

Bill le regarda partir, un peu déçu de le voir si fuyant, décidé à faire comme d'habitude et à laisser de l'espace à Tom. Quelques instants après, il entendit la voiture s'éloigner, Mary et Andréas accompagnant leur mère et lui, il avait fait comme Tom le lui avait demandé. Il avait fait semblant d'être ennuyé de ne pas les accompagner mais Tom lui avait demandé de rester pour l'aider à « faire une surprise à Victoria ». Il avait trouvé ce prétexte à la dernière minute, s'assurant que la mère n'entendait pas. Il sourit pour lui-même en se disant qu'il mettait Tom dans un sacré pétrin, ce dernier allait devoir trouver une vraie surprise, maintenant !

Il resta un peu dans sa chambre et finalement, après s'être ennuyé fermement, il décida d'aller se détendre au sauna. Il se déshabilla, enfila un peignoir et se dirigea au sous-sol pour s'y rendre. Tom devait toujours être dans sa chambre, il pouvait entendre la télévision. Il réfréna son envie d'aller frapper à la porte et se dépêcha de passer son chemin. Il arriva dans la pièce dallée de pierres chaudes entre lesquelles coulait normalement de l'eau brûlante pour que la vapeur se diffuse partout. Il démarra le système et retira son peignoir, s'asseyant complètement nu sur le long banc de bois qui longeait toute la paroi du mur. Rapidement, la vapeur envahit la pièce et il commença à transpirer.

Dans sa chambre, Tom s'ennuyait fermement lui aussi. Son attention n'arrivait pas à être captivée par le film et il se demandait plutôt ce que faisait Bill. Il baissa le son et remarqua qu'aucun bruit ne filtrait, peut-être que le brun avait fini par s'endormir dans la chambre. Il se sentait comme un gamin, combien de temps encore il allait éviter Bill comme ça ?

Il essaya de dormir un peu et quelques minutes après il se tournait et se retournait encore dans le lit, mal à l'aise. Il se redressa soudain et décida de descendre au sauna. Transpirer un bon coup lui fera certainement du bien au lieu de rester là, cloîtré comme s'il avait peur de voir Bill entrer dans sa chambre ou plutôt encore plus apeuré à l'idée d'aller rejoindre le brun dans la sienne.

Il enleva tous ses vêtements et enroula une serviette autour de sa taille, se délectant à l'avance de la petite séance de sauna qu'il allait se faire. Il arriva devant la porte et l'ouvrit, peu préparé à tomber sur Bill. Il eut un gros choc dans la poitrine quand il entra et le vit allongé sur le ventre, nu comme un ver, le visage tourné vers lui, endormi. Il resta un instant désemparé et se dit qu'il fallait immédiatement qu'il sorte de là. Mais il était incapable de bouger, ses yeux détaillaient déjà le corps fin de l'androgyne.

Bill ne l'avait pas entendu, il ne dormait pas, il avait emmené son Ipod et la musique était à fond dans ses oreilles. Il avait un bras posé le long de son corps et l'autre pendait vers le sol, reposant sur le deuxième banc qui était un peu en dessous du premier. Tom le vit bouger un peu le bras pour le balancer et l'entendit soupirer. Dans sa tête, les pensées défilaient à plein régime, la principale lui ordonnant de sortir du sauna, de fuir Bill avant d'en être incapable. Mais c'était trop tard, il n'était déjà plus capable de rien, il se contentait de s'ordonner de sortir alors qu'il restait là, à admirer ce corps qui lui faisait de nouveau violemment envie. Le corps de Bill était sans défaut, d'une pâleur qui lui donnait l'éclat de la pureté, les fesses rondes et exposées appelant les caresses, surtout les siennes, la sueur plein la peau lui faisant encore plus envie.

Bill avait toujours les yeux fermés et la chanson en cours se termina, lui laissant entendre un hoquet bruyant, lui faisant ouvrir brusquement les yeux. Il remarqua alors Tom, debout près de la porte, qui le regardait un peu perdu, indécis et il se redressa rapidement, rougissant. Il attrapa vivement son peignoir pour se couvrir et dit alors :

-Désolé, je...J'avais pas entendu que...

-C'est pas grave. Je...Je vais te laisser.

L'un comme l'autre étaient gênés. Tom se retourna, prêt à partir mais Bill s'écria :

-Reste !

Le dreadé, qui allait ouvrir la porte, s'arrêta dans son geste et se tourna vers lui pour le regarder. Bill reprit plus bas :

-Reste. Je vais pas te manger. Allez, reste...Arrête de m'éviter comme ça, tu vois bien, je fais comme tu as voulu, je te laisse tranquille. Tu peux rester, je te laisserai tranquille aussi, là...

Tom était indécis, ce n'était pas de Bill dont il avait peur, mais plutôt de lui. Ils étaient nus, tous deux, malgré les peignoir et serviette, il avait peur de ne pas pouvoir se retenir, il savait qu'il n'en serait pas capable. Ce n'était pas raisonnable, il fallait qu'il remonte dans sa chambre, il avait réussi jusque là à reprendre le contrôle, à éviter les dérapages, il fallait qu'il continue. Bien décidé à repartir, il ouvrit la bouche pour confirmer qu'il allait partir, et s'entendit répondre :

-Ok, je vais rester.

Bill hocha la tête et s'assit convenablement, le peignoir négligemment posé sur ses jambes pour cacher l'essentiel. Tom s'assit à côté de lui, mais resta suffisamment éloigné pour ne pas se laisser tenter. Pendant un moment, ils ne dirent rien. La vapeur augmentait dans la pièce, Tom eut rapidement chaud, très chaud, ne sachant plus si c'était plus à cause de la proximité du brun ou de la chaleur ambiante. Bill ne disait rien et regardait Tom qui avait fermé les yeux et rejeté la tête en arrière, contre le mur. La sueur dégoulinait le long de sa gorge et sur tout le corps qui lui faisait envie, et Bill bougea un peu, mal à l'aise à l'idée d'avoir une réaction embarrassante dans ce lieu inapproprié. Il détaillait le profil de Tom, toutes les parties du corps qu'il pouvait apercevoir et ne pensait qu'à une chose, poser sa bouche sur la peau qui semblait l'appeler. Il sursauta quand Tom lui dit, sans ouvrir les yeux une seule seconde :

-Arrête de me regarder comme ça...

Bill demanda, étonné :

-Co...Comment tu sais que...

Tom ouvrit les yeux et le regarda enfin :

-Je le sais, c'est tout...

C'était une mauvaise idée que de regarder le brun, maintenant il n'allait plus pouvoir faire autre chose. Tom rajouta, plus bas :

-Je le sens...

Sans lâcher son regard, Bill lui dit doucement :

-Si je m'approche, tu vas encore me repousser et partir ?

Tom secoua la tête, sentant la panique le gagner :

-Reste où t'es, Bill. On en a déjà parlé.

-Oui et j'ai fait ce que tu voulais. Je me tiens tranquille.

Tom lui dit brusquement :

-Tu...Tu joues avec Andi...

Il répondit, indigné :

-Je joue pas avec lui ! C'est mon petit ami ! Comment tu peux dire ça ?!

-Tu croies que je vois pas à quoi tu joues ? T'es là à...à le...Vous vous...Vous faites toujours...Sous mon nez, principalement ! Tu cherches quoi en faisant ça ? Tu cherches à me...

Il se tût, incapable de trouver les mots. Il voulait dire à Bill qu'il avait remarqué que Bill était plus câlin que d'ordinaire, surtout en sa présence, mais Bill le regardait intensément et il se sentait dans la peau d'une proie traquée par son prédateur. Il se sentait faible et vulnérable devant le brun et se rappela pourquoi il aurait dû sortir de la pièce avant que Bill ne le voit. C'était pour éviter de ressentir tout ça, éviter d'avoir envie de plus.

Bill s'humidifia les lèvres et Tom se sentit caressé par les yeux noisette qui glissaient doucement de haut en bas, sur tout son corps. Il entendit Bill murmurer :

-T'es tellement beau, Tom...Comment tu peux me reprocher de vouloir t'approcher ?!

Voyant que Tom allait répondre, il le coupa :

-Ouais, je sais, on a déjà parlé de tout ça, ta femme, ton fils, t'es marié et moi je suis mineur, bref ça se fait pas etc...je sais, pas la peine de recommencer. Mais t'es là, à côté de moi, et je...j'arrive pas à me retenir, Tom...

Tom avait écarquillé les yeux, Bill semblait hypnotisé par son corps, il se sentait plus nu qu'il ne l'était et arrivait de moins en moins à contrôler ses émotions. Bill souffla :

-Tu me fais tellement d'effet, Tom...T'imagine même pas à quel point...

Son visage se décomposa un instant il plongea ses yeux dans ceux de l'aîné pour dire :

-Je suis désolé, je sais, je devrais pas mais...Si je te dis que tu me fais envie et que j'ai envie de te toucher, tu vas partir ? Si je te dis que j'ai envie que tu me touches aussi, tu vas encore me laisser ?

Et Tom arrêta de réfléchir, il n'en avait plus envie, il n'y arrivait plus, de toutes façons. Il secoua la tête, le regarda longuement et répondit alors :

-Je devrais pouvoir être capable de partir, ouais. Seulement, moi non plus je peux pas...

A cet aveu, Bill prit de l'assurance, il se leva, agrippant toujours son peignoir devant lui et vint s'assoir à côté de lui, laissant son épaule s'appuyer contre celle du dreadé. Il fut satisfait de voir que Tom ne le repoussait pas. Alors, tout doucement, il tourna la tête et la pencha pour embrasser l'épaule de Tom. Voyant qu'il n'était toujours pas repoussé, il s'enhardit et posa une main sur le ventre du blond pour le caresser lentement, faisant s'élever la chair de poule.

Tom était loin d'être insensible à ce que Bill lui faisait, il profitait simplement de la douceur que lui offrait le brun, c'était plus lent et plus tendre que les premières fois où ils s'étaient embrassés même si ça n'était pas moins désireux. Tom remonta une main pour la poser sur la joue de Bill, qu'il caressa de son pouce et, relevant un peu la tête du brun, il l'embrassa enfin profondément. Il posséda entièrement Bill en poussant sa langue dans sa bouche pour aller chercher le muscle percé et le caresser langoureusement. Bill frémissait, jamais il n'avait été embrassé comme ça, chaque baiser de Tom était unique et l'excitait au plus haut point. Il avait envie de plus et, toujours en l'embrassant, il défit la serviette encore accrochée à la taille de Tom pour mieux le caresser.

Tom haleta dans sa bouche quand Bill fit glisser la paume de sa main sur toute la longueur de son sexe et ouvrit inconsciemment un peu plus les cuisses. Bill s'installa mieux et passa son bras autour de son cou pendant que son autre main effleurait maintenant l'intérieur de ses cuisses, remontait caresser ses testicules, évitait son membre pour caresser son ventre qui se contractait et glissait sur la peau humide de son torse.
Leur baiser prit une allure de plus en plus sauvage, Tom n'en pouvait plus. Il saisit la main de Bill dans la sienne et la posa sur son sexe, liant ses doigts aux siens pour qu'ils le caressent ensemble. Ils gémirent dans la bouche de l'autre, Tom de plaisir et Bill d'excitation, tous deux trouvant la situation extrêmement érotique et stimulante. Le brun cassa le baiser et vint lécher la gorge de Tom. Ce dernier lâcha la main qui entourait encore son sexe et enfouit les doigts dans les cheveux du jeune homme pour caresser l'arrière de sa tête.

Bill léchait et mordillait sa gorge, son torse, et vint s'agenouiller devant lui, sur le deuxième banc. Il ancra son regard dans celui du blond et avança la tête pour poser les lèvres sur une cuisse de Tom qui frissonna immédiatement. Sous sa bouche, la peau de Tom était chaude et humide de sueur. Il sortit le bout de sa langue et lécha le long de sa cuisse, s'arrêtant pour l'embrasser parfois, et les jambes de Tom tremblaient sous les tortures délicieuses que Bill lui infligeait. A son tour, il essaya de toucher le brun, pratiquement incapable de faire quoi que ce soit tellement il commençait à être perdu dans son plaisir, il ne put qu'entortiller les doigts dans les longs cheveux noirs et caresser un peu ses épaules. Bill remonta la bouche sur tout son buste, mordillant son ventre au passage et, pendant qu'il faisait toujours des va-et vient sur le sexe qui pulsait entre ses doigts, il titilla et aspira le téton de Tom qui jura et tira un peu plus fort sur ses cheveux.

Le jeune homme avait complètement ouvert la serviette de Tom et avait délaissé son peignoir. Il se mit à quatre pattes aux côtés du blond et avant que celui-ci n'ait le temps de dire quoi que ce soit, il se pencha et prit directement son membre en bouche, faisant hoqueter et sursauter Tom qui agrippa plus fermement ses cheveux, presque au point de lui faire mal. Mais Bill, les doigts fermement ancrés dans la peau de ses cuisses, n'en avait que faire, cette brutalité lui plaisait, elle l'excitait encore plus. Il montait et descendait la tête, prenant Tom profondément dans la bouche, appuyant son piercing sur la peau devenue sensible, le faisant trembler de plaisir et l'écoutant gémir :

-Putain...Bill...

Il était incapable de penser à quoi que ce soit d'autre que la bouche qui le suçait si délicieusement. Bill était doué, vraiment très doué, il se sentait déjà venir. Il relâcha les cheveux qu'il tirait encore et fit glisser sa main sur le dos du brun. Ils étaient enveloppés par l'épaisse vapeur chaude et transpiraient encore plus à cause de ce qu'ils étaient en train de faire.

Tom se mit à pousser le bassin et s'enfonça un peu plus dans la bouche de Bill et celui-ci serra sa hanche fortement entre ses doigts. Il était dans un état absolument lamentable et son sexe était tellement dur que cela commençait à lui faire mal. Il s'appuya un peu plus sur Tom et amena sa main sur son propre sexe pour se caresser dans l'espoir de se soulager. Tom ouvrit les yeux et la vision qu'il eût le fit suffoquer. Bill était avachi sur lui, prenant visiblement beaucoup de plaisir à le sucer et se touchait en même temps, indécemment. Tom le trouvait magnifique et il griffa légèrement le dos du brun de ses ongles courts. Bill accéléra les mouvements de sa bouche et Tom amena sa main au niveau de ses fesses, qu'il caressa aussi un peu, et sans réfléchir, il enfourna son index dans l'orifice du brun qui resserra les lèvres tout autour de lui en gémissant fortement. Tom fit entrer et sortir son doigt, regardant Bill le prendre toujours dans sa bouche et il ajouta enfin son majeur, forçant un peu le passage. Mais l'excitation aidait à la dilatation et Bill, après avoir senti une légère douleur, sentit le plaisir dominer et envahir tout son corps. Il enroula les doigts à la base du sexe de Tom, serra un peu et renforça le plaisir de Tom en s'aidant de sa main. Tom gémissait plus fort et quand Bill remonta la tête pour titiller sa fente avec son piercing, il crispa les doigts à l'intérieur de lui et heurta directement sa prostate.

Bill eut un éclair de plaisir qui l'électrifia et qui traversa tout son corps, il fit presque un bond vers l'avant et retira sa bouche pour crier. Il rejeta la tête en arrière et les yeux toujours fermés, il s'empala de lui-même sur les doigts de Tom. Celui-ci frôlait et appuyait vicieusement sur son point de plaisir et chaque fois qu'il appuyait dessus, Bill ne voyait plus rien. Sa respiration se bloquait dans sa gorge, ses entrailles prenaient un peu plus feu, sa jouissance montait encore plus. Il ne cessait de répéter le prénom de Tom, qui en devenait un peu plus fou à chaque fois qu'il l'entendait gémir de cette façon.

Alors que Tom enfonçait une nouvelle fois les doigts en lui et trouvait sa prostate encore une fois, l'orgasme le surprit presque par hasard. Il trembla, à peine capable de se soutenir avec ses bras, et se répandit en quelques jets sur le banc sous lui et un peu sur la jambe de Tom qui admira son visage crispé par tout le plaisir qu'il avait réussi à faire ressentir au brun.

Lui-même n'avait pas encore joui et grimaça sous la douleur qu'il ressentit en redressant un peu sur le banc. Il voulut ouvrir la bouche pour parler mais Bill l'interrompit par ces mots :

-Tom, prends-moi...

Il regardait Tom intensément, sûr de lui. Il grimpa sur ses genoux et noua ses bras autour de son cou, posant son front contre le sien, il commença à onduler sur lui, faisant frotter le sexe encore dur entre ses fesses. Il répéta doucement :

-Prends-moi, Tom...Maintenant...

Tom le saisit par les hanches pour le repousser mais se retrouva vite à le frotter un peu plus sur lui. Il tenta de protester :

-Non. Non, Bill...On en a déjà trop fait...

Bill s'écria :

-Justement ! Termine ce que tu as commencé, Tom ! Me laisse pas...Regarde, tu le veux aussi, tu bandes encore...Et moi, je te veux encore...Je te veux entièrement...T'arrête pas maintenant, tu le veux autant que moi...Allez, prends-moi...

-Je peux pas, Bill...C'est...Ce serait ta première fois et faut pas que ça se passe comme ça. Ca peut pas être moi, tu comprends, j'en ai déjà trop fait. On ne doit pas ! Tu...Ca doit pas être moi celui qui te...Pas là, pas ici, pas dans un foutu sauna...

Bill posa ses mains sur ses joues et le caressa doucement, suppliant :

-Si ! Je veux que ça soit toi ! Personne ne m'a jamais donné autant envie que toi, je pourrais pas laisser quelqu'un d'autre le faire ! Je veux pas que ce soit Andi, je me fous que ça soit pas dans un lit, je te veux ici et maintenant, Tom !

Tom saisit sa nuque et gronda :

-Putain, tu me rends dingue...

Aux mots de Bill, il rendit les armes et décida de se laisser aller. Il allait leur accorder ce que leur corps réclamaient. Il avait tiqué en entendant Bill parler de son fils, lui rappelant leur situation malsaine et défendue, mais son envie fut plus forte que tout, il était hors de question qu'il arrête maintenant et il savait qu'il ne laisserait jamais à son fils le privilège de posséder ce magnifique garçon pour la première fois. Pas quand Bill le lui demandait et pas quand lui en avait tant envie. Il l'embrassa furieusement, comme pour se venger de Bill de faire de lui un être aussi faible et ses doigts retrouvèrent rapidement le chemin des fesses du brun dans lesquelles il enfourna deux de ses doigts qu'il tourna à l'intérieur de Bill, le faisant gémir dans sa bouche. Le jeune garçon bougeait aussi et s'empalait sur les doigts, léchant, mordant et embrassant chaque parcelle de peau où pouvait se poser sa bouche. Tom rajouta bientôt un troisième doigt et termina de l'étirer, pressé de se retrouver dans ce corps si chaud, si serré, si parfait pour lui. Il n'y avait aucune lotion, aucun lubrifiant, Bill avait peur d'avoir mal mais ne dit rien, de peur que Tom n'arrête et s'en aille. Mais Tom n'avait aucune intention de partir, il s'assurerait simplement d'être le plus doux et le plus attentionné possible, se jurant d'arrêter si jamais Bill avait trop mal et si le passage était impossible. C'était la première fois du brun et il ne voulait pas lui laisser un mauvais souvenir. Chacun avait néanmoins la certitude que tout se passerait bien.

Après s'être assuré que Bill pourrait supporter autre chose que ses doigts, il les retira et agrippa ses hanches pour le relever un peu. Ils soutinrent le regard de l'autre et Bill se laissa doucement redescendre sur le sexe de Tom, intérieurement effrayé d'avoir mal mais réussissant à le cacher. Quand le gland butta contre son entrée, il se mordit la lèvre et Tom le guida jusqu'à ce qu'après plusieurs petits va-et-vient, il réussisse à l'accueillir entièrement en lui.

Bill posa son front contre l'épaule de Tom, surtout pour cacher la grimace de douleur qu'il faisait de peur que Tom n'arrête. Ce dernier demanda doucement :

-Ca va ?

Il hocha simplement la tête dans son cou, la douleur lui déchirant les entrailles. Mais le plaisir de savoir Tom enfin en lui était surtout mental et dépassait tout. Tom n'allait pas partir et le laisser, Tom allait rester et le possédait entièrement. Après quelques secondes où aucun des deux ne bougèrent, Bill commença à onduler doucement sur le blond. Ce dernier essayait de l'aider à se détendre en caressant ses hanches et son dos. Bill posa sa bouche sur la sienne et pendant un moment, ils ne s'embrassèrent pas mais respirèrent le même air, partagèrent le même souffle, et ne se quittèrent pas des yeux.

Ils laissaient enfin éclater l'envie qui les avait consumé jusque là, s'accordant enfin le plaisir qu'ils avaient été sûrs de ressentir depuis qu'ils s'étaient croisés. Et c'était meilleur que tout ce qu'ils avaient pu vivre et imaginer, là, dans cette pièce enfumée, la chaleur brûlant leurs corps un peu plus, la sensualité se dégageant de tous leurs gestes.

Tom se mit à donner lui aussi quelques coups de bassins et quand il heurta de nouveau par hasard la prostate de Bill, ce dernier resserra involontairement les muscles autour de lui et le blond cria en fermant fortement les yeux. Continuant de se mouvoir sur Tom, Bill se pencha un peu vers l'arrière et le blond lui lécha le torse, le retint fort contre lui et posait sa bouche pour l'embrasser et le lécher partout où il le pouvait. Ils s'accrochaient l'un à l'autre et s'encourageaient mutuellement à aller plus vite et plus fort, se disaient combien c'était bon pour eux deux, gémissaient le prénom de l'autre avec extase et difficulté, c'était tellement fort que Bill en sanglotait presque et Tom en était fier, son plaisir décuplé de voir celui de son jeune amant.

Tenant Bill toujours contre lui, il le retourna et le coucha sur le dos, s'installant entre ses cuisses, il s'enfonça un peu plus en Bill, celui-ci lui griffant le dos. La douleur avait laissé place au plaisir extrême, Bill adorait ce que Tom lui faisait. Il laissait le blond le dominer entièrement et se disait qu'il ne pourrait jamais plus se passer de cela. Après un à-coup particulièrement brutal, Bill resserra les cuisses contre les hanches de Tom, le point de plaisir délicieusement malmené, et plaqua sa main sur sa bouche pour s'empêcher de crier. Tom attrapa son poignet et enleva sa main, ordonnant doucement :

-Gémis, Bill...Dis mon nom...

Et Bill, qui n'était plus en mesure de réfléchir correctement, ne put que répondre :

-Tom...Oh Tom...Haaan...Encore...

Tom accéléra ses coups de bassins, il était déjà proche avant qu'il ne pénètre le brun, il savait qu'il allait bientôt jouir. Et l'entendre gémir de façon si obscène son prénom le rendait fou. Il s'appuya un peu plus sur le jeune homme pour que son ventre le branle et dit encore :

-Putain, Bill...T'es magnifique quand tu prends du plaisir, tu devrais te voir...T'imagine même pas à quel point c'est bon pour moi...Dis-moi que pour toi aussi...

Bill tremblait de plus en plus et souffla contre son oreille :

-Oui...Pour moi aussi c'est bon...Tellement bon, Tom...Prends-moi encore...

Tom n'arrivait plus à se contrôler, il pilonnait durement le brun, oubliant complètement que c'était sa première fois, oubliant d'être tendre tellement son excitation était à son comble. Bill gémissait contre son oreille, ne semblant ressentir plus aucune douleur mais énormément de plaisir, il léchait l'oreille de Tom qui frissonnait et tremblait de plus en plus entre ses cuisses. Tom se sentit venir et prévint Bill :

-Je vais jouir...

Il voulut se retirer mais Bill plaqua une main sur ses fesses et accrocha ses jambes autour de sa taille, ordonnant :

-Non ! Fais-le en moi, Tom...Jouis en moi...

Et ce fut fini, Tom se sentit complètement achevé, il donna un dernier gros coup de reins qui cogna la prostate de Bill et pendant que celui-ci se raidissait sous lui, laissant l'orgasme l'abrutir complètement, lui-même éjacula au plus profond du brun, les doigts fermement ancrés dans la peau de ses hanches. Ils jouirent simultanément et Tom donna encore quelques petits coups de reins, incapable de s'arrêter, prolongeant leur orgasme à tous deux. Et doucement, leurs corps se relâchèrent et il se laissa retomber sur Bill qui l'encercla de ses bras et le serra fort contre lui, ému aux larmes. Ca avait été plus que merveilleux pour l'un et pour l'autre.

Tom se retira doucement et déposa un baiser sur la bouche de Bill mais une voix les fit sursauter violemment :

-Tom ? Bill ? Vous êtes en bas ?

Tom se releva rapidement et attrapa sa serviette qui avait glissé à terre et lança à Bill son peignoir, affolé :

-Merde ! Merde, ils sont revenus ! Habille-toi !

Bill, malgré les tremblements qui ne semblaient pas vouloir cesser, enfila le peignoir et s'assit correctement au cas où quelqu'un ouvrirait la porte. Tom ouvrit et cria :

-On est en bas !

Victoria était en haut des marches et ne descendit pas plus, à son grand soulagement. Elle continua de crier d'en haut :

-Vous remontez ? J'ai la viande, pour les grillades, tu viens allumer le feu ? Et fais remonter Bill aussi, dis-lui qu'Andi le cherche !

-Ok, on arrive !

Il referma la porte, soulagé et se retourna pour regarder Bill qui s'était levé et avançait vers lui. Il se gratta la nuque et dit, un peu gêné :

-Bill, il...Euh...Il faut qu'on remonte.

Bill hocha la tête. Il s'arrêta face à Tom et le regarda. Il se sentit un peu mal à l'aise de devoir aller retrouver Andi qui ne se doutait pas de ce qui venait de se passer au sous sol, mais il ne regrettait rien. Ca avait été merveilleux et intense, juste comme il l'avait imaginé, juste comme il voulait encore que cela se passe. Il ne pouvait croire que cela ne se reproduirait plus jamais. Alors il osa demander :

-Tom ?

-Quoi ?

Il hésita un instant et continua :

-Tu vas partir et me laisser ? Je veux dire...Tu...Tu m'as eu, alors...

Il s'arrêta, soudain timide et Tom fut touché de voir toute la crainte qu'il dégageait. Il retrouvait le Bill gamin, et lui, redevenait l'adulte. Un adulte qui avait un bien mauvais rôle, mais il trouva Bill encore plus craquant. Ce dernier pensait réellement que maintenant que leur désir avait été assouvis, Tom allait pouvoir reprendre sa vie tranquillement mais lui, il se sentait déjà incapable de pouvoir se passer de Tom.

Tom regarda derrière lui et après s'être assuré que personne ne descendait, il attrapa le poignet du brun et l'attira contre lui, soufflant dans ses cheveux :

-Qu'est-ce que tu veux dire ? Que maintenant que je t'ai eu, c'est bon ? Je vais pouvoir passer à autre chose et être débarrassé de mon désir pour toi ? Non, Bill, tu as tout faux ! C'est plus que ça, tu représentes plus que ça pour moi. Je sais pas encore ce que c'est, mais je te veux pour plus que ça...

Bill sourit dans son cou et demanda timidement :

-On...On est ensemble ?

Tom releva la tête brune et le regarda longuement. Ce gamin qui l'avait obsédé pendant des semaines, qui lui avait fait envie comme personne ne lui avait jamais fait envie avant, il venait de le posséder. Normalement, ça aurait dû lui suffire, mais il avait envie de bien plus. Il se sentait encore plus fou, encore plus horrible, il venait de faire l'amour à ce gamin et avait adoré cela. Le petit ami de son fils, en plus ! Mais il savait qu'il ne pourrait désormais plus arrêter, alors il hocha la tête et répondit :

-Ouais, on est ensemble...

Oubliés Andi, Victoria, Mary...Il était un père et un mari ignoble, comment pouvait-il, lui qui n'avait jamais trompé sa femme, comment pouvait-il faire autant de mal aux gens qu'il était supposé aimer le plus et protéger ? Il fut interrompu dans ses pensées par la voix de Bill, il releva les yeux vers lui, il remarqua immédiatement que sa réponse avait rempli de joie le jeune homme, il avait les yeux qui brillaient :

-Ok. On est ensemble. Je vais arrêter, avec Andi. Ca sert plus à rien que je-

Tom le coupa, s'écriant :

-Non !

Il reprit plus bas :

-Non, ne...N'arrête pas, reste avec lui !

Bill le regarda ébahi :

-Quoi ? Mais...Comment tu peux...Je vais pas rester avec lui, quand même ! J'ai pas envie de rester avec lui, je pourrai pas ! Et puis, c'est ton fils, comment tu peux me demander ça, ça te fait rien de me savoir avec lui ?

Tom se sentait bien sûr ignoble, en dessous de tout, horrible, dégueulasse, mais ne pouvait faire autrement. L'idée de Bill sous Andréas, de la même façon qu'il avait été sous lui le répugnait, il ne supportait pas. Il avait déjà ce gamin dans la peau, il le voulait encore, alors il expliqua :

-C'est dégueulasse, je sais, mais...Faut que tu restes avec Andi...Il ne comprendra pas pourquoi tu le quittes brutalement, il va être malheureux. Et comment on va faire pour se voir, si t'es plus avec lui ? Tu comprends, si tu restes avec lui, ça nous laisse le moyen de nous voir souvent. Dis rien, me regarde pas comme ça, je sais ce que tu penses, je pense pareil. Mais putain, tu m'as bousillé, Bill, je sais plus faire autrement, il faut que je t'aie...Y'a pas de mot pour dire à quel point je suis dégueulasse, mais je vois pas comment faire d'autre, laisse-moi du temps pour trouver une solution. Quand à Andi, tu t'es bien débrouillé pour éviter qu'il te...qu'il te fasse l'amour, continue de le faire, je veux rester le seul à te faire ressentir tout ça.

Bill hocha la tête, encore stupéfait. Mais il comprenait ce que Tom voulait dire et était d'accord. Alors, pour le rassurer, il sourit un peu et dit, posant une main sur sa joue :

-Je comprends, Tom. Je veux être avec toi, c'est tout. Et je te promets qu'ils le sauront pas, ni lui, ni ta femme, on leur dira rien, on sera discret, ils peuvent pas souffrir s'ils savent rien, n'est-ce pas ? Comme ça, tout le monde trouve son compte. Je m'en fous, du moment que tu me gardes avec toi, je m'en fous du reste, je ferai ce que tu veux ! Et dépêche-toi de trouver un truc pour que je puisse arrêter avec Andi, il mérite quand même pas tout ça, je me sens suffisamment ignoble, je veux pas avoir à le faire trop longtemps.

Tom acquiesça et se pencha sur lui pour un dernier baiser et ils entendirent encore Victoria les appeler. Tom soupira et dit tout bas :

-J'y vais, avant qu'elle ne descende. On se voit en haut.

Il tourna le dos et partit rapidement, le coeur battant, laissant Bill dans le même état. Ils savaient que ce qu'ils faisaient était dangereux et déloyal, pire que ça, même, mais ils étaient incapables de pouvoir résister l'un à l'autre. Bill décida d'attendre un peu avant de remonter, il était sûr d'être encore rouge et il devait encore sentir l'odeur de Tom. Certainement ce qu'il venait de faire devait se voir sur sa figure, il espérait qu'Andi ne le questionnerait pas. Andi...Il n'avait déjà plus envie d'être avec lui, avec Tom cela avait été tellement évident, tellement intense. Il venait d'avoir sa première fois et comptait bien renouveler l'expérience.

Il se redit, pour se convaincre qu'ils ne faisaient de mal à personne, vu que personne n'était au courant. Il sourit rêveusement, se repassant tout ce Tom venait de lui faire, se remémorant tout ce qu'il avait ressenti, se réjouissant à l'avance de cette relation interdite et adultère. Il évita de penser à Andréas et à Victoria, pour éviter de voir la gravité de sa situation et combien c'était mal, déplorable et inacceptable. Pour lui, ce n'était pas qu'une simple histoire de cul, il savait déjà que c'était plus que ça mais refusait pour le moment de mettre un mot sur ses sentiments. Non, ils n'allaient blesser personne puisque personne n'allait découvrir leur secret, ils allaient faire très attention. Et tout irait bien quand il en aura fini avec le fils de Tom.

Bill caressa ses lèvres et sourit un peu plus, ce qu'il n'aurait jamais pensé se produire venait de se réaliser, on lui avait fait l'amour avec passion et cela venait de la personne qu'il pensait être la mieux placée pour ça, tellement elle hantait ses pensées et tellement il se sentait attiré par elle, comme un aimant puissant. Et maintenant, il était avec cette personne, et cette personne, c'était Tom...

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Comments :

  • Jadiliste

    11/02/2012

    J'aime tellement ta fiction c'est vraiment beau. l'interdit c'est vraiment excitant et la, sa reflaite totalement le genre d'histoire que j'aime lire. ta mis en oeuvre quelque chose de vraiment beau. :)

  • K

    14/11/2009

    Eh bien quel Lemon =DD ♥.

    Et pis l'histoire de Victoria sa met encore plus de piment je trouve déja que c'est bien pimenté cette histoire =) !

  • BillKaulitzBlogfic

    24/08/2009

    Je suis totalement fan de cet écrit ! Merci beaucoup, merci beaucoup ,merci beaucoup , merci beaucoup, merci beaucoup, merci beaucoup, merci beaucoup ... [j'aurais été capable d'écrire toute une page de merci beaucoup ! Hum, HUm ! Merci !]

  • auro-fanart

    22/08/2009

    J'adoooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooore!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Super ce lemon!!!
    Moi aussi, j'espère de tout cœur qu'ils ne se feront pas chopés...
    J'espère aussi que cette histoire finira bien mais je pense que oui, tu n'es pas sadique, hein???????? XD lol

  • Ah-t0miik-x3

    01/08/2009

    Le lemon *_______________________________*
    En espérant qu'il ne se feront pas chopés.

    J'continue j'vais lire de suite la suite. x)

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Ce lemon est waouh ! J'te jure il est ... ben waouh ><

  • nirvana-angelTH83

    01/07/2009

    je trouve pas de mots poli pour te décrire ce que j'ai pensé en lisant ça, alors je vais juste te dire que je voudrais avoir ne serais ce qu'un dixième de ton talent pour écrire les lemons

  • audrey

    26/05/2009

    le lemon magnifique jadore listoire est vraiment bien ecrite est tres belle

  • x-ensemble-c-est-tout

    25/05/2009

    Ils sont ensemble ils sont ensemble *__________________*
    * saute partout *
    & le lemon *0*

  • Le-o7e-Neffen-YaOi

    24/05/2009

    Aah c'était ... scandaleusement bien !

    Tu jettes un tel trouble sur la suite de l'histoire ...
    C'est dingue !

    Hâte de pouvoir lire la suite =)

    Küss

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