Chapitre 5


Tom traversait le salon quand il fut arrêté par la voix de sa femme qui s'écriait, horrifiée :

-Tom ! Tu es fou ? Tu reviens du sauna tout transpirant et tu te couvres pas plus que ça ? Tu veux attraper la mort ou quoi ? Va donc vite mettre quelque chose sur toi !

Il la regarda vite fait et grogna une réponse qu'elle ne comprit pas. Il allait refermer la porte de sa chambre quand il l'entendit dire la même chose à Bill, rajoutant :

-Mais vous êtes totalement inconscients, ma parole ! Tu seras bien avancé quand tu seras malade, Bill !

Ce dernier ne répondit rien et fila dans la salle de bains, rouge de confusion. Il referma la porte et s'y adossa, le c½ur battant. Il ne savait pas où il avait trouvé la force de remonter, il avait les jambes qui tremblaient. Son postérieur était encore sensible, lui rappelant ce qui venait de se passer et il avait encore la peau toute humide de transpiration. Il commençait à avoir froid, alors il se dépêcha d'entrer sous l'eau chaude. Il lui fallut une bonne demie-heure pour se doucher et il se rhabilla afin de rejoindre Andi qui, apparemment, le cherchait.

Il était partagé entre l'appréhension et l'empressement de revoir Tom. Il était sûr de se mettre à rougir comme une collégienne, pourvu que personne ne le remarque ! Il termina de lisser ses cheveux et s'observa attentivement dans le miroir, est-ce que cela se voyait ? Lui, ne voyait que ça, ce qu'il venait de faire au sous-sol devait certainement être imprimé sur lui tout entier. Et si quelqu'un remarquait un changement quelconque ? Et si Andi s'en rendait compte ? Qu'allait-il répondre ? Non, c'était stupide, personne ne pouvait savoir, Victoria avait semblé agir normalement quand ils étaient remontés. Elle n'avait pas eu l'air de trouver étrange qu'ils aient été ensemble au sauna, pourquoi est-ce que ça aurait été étrange, d'ailleurs ?

Il inspira fortement pour s'encourager à sortir, ouvrit la porte de la salle de bains et...fut repoussé à l'intérieur par un corps qui se plaqua contre le sien. Il fut immédiatement déçu en remarquant que ce n'était que son petit ami qui avait attendu tout ce temps devant la porte. Il protesta un peu :


-Hey...Andi ! T'es pas bien, tu m'as fait-

-Chut ! Dis rien...

Le blond saisit Bill par la taille et le pressa contre lui, à la recherche de sa bouche qu'il attrapa et embrassa longuement. Il ne s'arrêta qu'un instant pour souffler :

-Putain t'as été long ! Tu sais depuis combien de temps je suis derrière la porte ?

Andi n'attendit pas de réponse et l'embrassa de nouveau. Bill se laissa faire et se força à mettre beaucoup d'ardeur dans le baiser qu'il recevait, ne pouvant s'empêcher de comparer le fils et le père, trouvant bien sûr le père beaucoup mieux. Mal à l'aise, il finit par repousser Andi qui le regarda avec un grand sourire :

-Viens, on rejoint les autres dehors ? J'ai un truc pour toi !

-Un truc pour moi ? C'est quoi ?

Andi eut un sourire mystérieux et dit simplement :

-Tu le sauras bien assez tôt !

Il recolla le brun contre lui et le câlina longuement. Bill sentit immédiatement la culpabilité dévaler ses veines mais la repoussa du mieux qu'il put. S'il se laissait trop envahir par ce sentiment, ça finirait par le rendre fou. Il entendit Andréas lui murmurer :

-Tu sens bon, Bill. Tu me rends complètement fou...Je t'aime tellement, si tu savais !

Bill voulut répondre mais ne le put. Il se contenta alors de souffler doucement :

-Je sais...

Andi ne sembla pas se formaliser de sa réponse si impersonnelle. Il continuait de parler :

-T'avoir contre moi, comme ça, ça me donne des envies...Tu sais, j'ai envie de toi...Y'aurait pas les parents que je t'aurais emmené dans la chambre pour te faire l'amour toute la nuit !

A ces mots, Bill se raidit. Voilà que le blond revenait encore sur ce sujet pourtant épineux. Et là, avec ce qui s'était passé, il était hors de question qu'Andréas le touche de cette façon. Pas après Tom, surtout que ce dernier avait été catégorique, il ne voulait pas que quelqu'un d'autre que lui soit intime avec le brun de cette façon, il voulait être le seul à posséder son corps et Bill n'avait envie de rien d'autre. Bill se dégagea un peu brusquement et dit, le ton plein de reproches :

-On a déjà parlé de ça, Andi. Pourquoi il faut toujours que tu gâches un bon moment qu'on est en train de passer ?

Andi le regarda, confus :

-Ok, désolé ! C'est juste que...Putain, tu me fais tellement envie, j'ai de plus en plus de mal à me retenir et pourtant, je te jure que j'essaie d'être patient !

Bill le regarda longuement, sentant la colère le gagner et le contourna pour s'éloigner, non sans avoir lancé :

-Eh bien essaie un peu plus fort !

Il sortit rejoindre le reste de la famille dans le jardin où Victoria était en train de dresser la table pour dîner dehors, Andi sur les talons. Tom était affairé à allumer le barbecue et n'avait pas vu les deux garçons arriver. Il grognait et jurait, voyant que le feu ne prenait pas, faisant rire sa femme. Il releva vivement la tête quand il entendit Andréas lancer :

-Papa ! Ça irait peut-être mieux si tu prenais pas du bois mouillé !

Il faillit répondre méchamment, mais sa réponse resta bloquée dans le fond de la gorge, Bill le regardait et Tom le trouva indécemment attirant. Il le regarda s'assoir sur une chaise, rougissant en voyant Bill grimacer discrètement et aussitôt, à son grand déplaisir, Andi vint se placer dans son dos et lui masser les épaules tendrement, se pencher quelques fois pour déposer des petits baisers dans ses cheveux. Victoria était rentrée pour aller chercher Mary qui était encore enfermée dans sa chambre et Tom, ne pouvant supporter plus longtemps les cajoleries que son fils faisait à son petit ami, se tourna soudain vers celui-ci et lança un peu sèchement :

-Andi, tu veux bien aller à la cuisine et prendre les trucs à boire ?

Et, voyant qu'il allait bien sûr inviter Bill à le suivre il ajouta rapidement :

-Et toi, Bill, tu veux bien venir me donner un coup de main ?

Tom se sentit cependant honteux de lire la déception sur le visage de son fils, mais détourna le regard pour éviter de culpabiliser encore plus. Andréas alla donc faire ce que son père lui demandait et ils se retrouvèrent bientôt seuls. Bill ne bougea pas d'un pouce, trop intimidé, son attitude contrastait énormément avec le garçon fougueux et plein d'assurance qu'il avait pu entrevoir avant. Tom, un peu amusé, lui lança :

-Sois pas si timide, Bill ! Viens m'aider !

Bill se leva et s'approcha :

-A faire quoi ? Je suis nul pour faire ça et tu as l'air de très bien te débrouiller tout seul.

Tom sourit et dit :

-Je sais, mais je voulais juste faire ça...

Il s'assura que personne n'arrivait et se pencha sur Bill pour lui voler un rapide baiser qui fit rougir le jeune homme jusqu'à la racine des cheveux. Tom le regarda intensément et dit :

-Tu es...vraiment bien comme ça, vraiment.

Bill rougit un peu plus et fut incapable de répondre. Andi et sa mère revinrent, amenant avec eux divers apéritifs, et Tom se retourna pour continuer d'allumer le feu qui doucement, prit enfin. Avant que son fils et sa femme n'arrivent à leur hauteur, il regarda Bill de nouveau et souffla tout bas, rapidement :

-J'ai encore envie de toi...Putain, tu m'bousilles, gamin, tu m'bousilles lentement et je peux rien contre ça...

Interloqué, Bill le regarda lui tourner le dos pour trouver de quoi s'occuper. Il se demanda s'il n'avait pas rêvé, tellement Tom avait parlé bas et vite, mais un dernier regard du dreadé sur lui, l'envie plein les yeux, lui confirma que Tom s'était bien adressé à lui en ces termes. Il frémit, réalisant que lui aussi était bousillé, complètement. Ils ne faisaient rien et pourtant se sentaient attirés, incapables de résister. Jamais avant Tom n'aurait envisagé mettre sa relation conjugale en péril de cette façon, jamais avant Bill n'aurait agit dans le dos d'Andi, ils regrettaient tous deux de trahir les personnes qu'ils aimaient, mais il était clair qu'ils ne pourraient plus faire autrement.

Victoria servit les boissons et son fils profita du fait que Bill discutait avec Mary et sa mère pour se rapprocher de son père et lui souffler, nerveux :

-Papa, j'ai...j'ai un truc à te dire.

Tom haussa un sourcil et sourit un peu :

-Tant que tu me demandes pas des sous, tu peux y aller ! Qu'est-ce qu'il y a ?

-Bin...Je veux...J'ai prévu...

Il soupira fortement et Tom le pressa de répondre, intrigué. Il se doutait que ça avait un rapport avec Bill et ça lui déplaisait déjà fortement. Andi se lança :

-En fait, j'ai accompagné maman tout à l'heure pour acheter un truc à Bill et je veux le lui donner ce soir.

-Et c'est quoi ? En tout cas, ça m'a l'air important !

Il vit son fils rougir et son coeur se mit à battre la chamade. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que ça n'allait pas lui faire plaisir. Andi hésita quelques secondes et dit doucement :

-Je lui ai acheté une bague.

Tom ouvrit de grands yeux et ouvrit la bouche, la referma de suite, la réouvrit de nouveau pour finir par dire :

-Une...Une bague ?! Mais...Andi, putain, c'est pas une fille !

Le visage de son fils se ferma un peu et il bougonna :

-Je suis bien placé pour savoir que c'est pas une fille, papa, mais j'avais envie de lui offrir un truc qui fasse...euh...sérieux. Un truc qui lui montre que je suis vraiment attaché à lui, tu vois ?

Tom hocha la tête. Il tourna la tête vers le brun et le regarda rire à une réplique de Mary. Andi avait suivi son regard et dit doucement :

-Je l'aime tellement, papa ! C'est...C'est un peu une bague de...C'est plutôt une promesse que je veux lui faire en lui donnant la bague, la promesse que je le quitterai jamais, et qu'on vivra ensemble bientôt, comme on l'a prévu.

Tom se retourna, les traits durcis, toute bonne humeur envolée. Il ne pouvait rien dire, Bill était le petit ami de son fils, qui était-il pour se mettre en eux ? Andi était fou amoureux, il ne se doutait pas un seul instant de tout ce qui se passait dans son dos, il ne se doutait pas que son propre père était sévèrement attiré par son petit ami et qu'ils avaient couché ensemble, non, jamais il n'aurait pu imaginer que le petit ami qu'il aimait tant avait donné sa première fois à son propre père. Mais plus fort que tout, Tom sentait, savait que rien, pas même les liens du sang et l'amour filial ne l'empêcherait d'être avec Bill. Et ce que son fils s'apprêtait à faire ce soir, en offrant à Bill cette bague, c'était officialiser un peu plus une relation qu'il essayait désespérément oublier. Tout en retournant les steacks sur le grill, il maugréa :

-Vous êtes encore jeunes, Andi ! Vous avez le temps pour ça ! Et une bague !

Il secoua la tête et Andi, vexé, s'empressa d'expliquer :

-C'est pas une bague de fille, hein ! C'est une bague en argent, d'ailleurs il l'avait déjà vu, il y a un moment, et il la voulait à une époque, seulement j'ai jamais pu la lui offrir ! Je sais que ça lui fera plaisir !

Tom le regarda sérieusement et dit :

-Ouais mais il s'attend peut-être pas à ce que tu le demandes en mariage devant toute ta famille !

-Mais c'est pas une demande en mariage, papa ! C'est juste un cadeau que je lui fais !

-Tu vas lui offrir une bague, devant nous, solennellement, avec une déclaration d'amour et tout, et tu veux qu'il pense quoi ? A ton avis, réfléchis deux secondes Andi ! Tu veux lui faire peur ou quoi ?

Tom se sentait encore plus salaud, il décourageait son fils, il n'y avait pas d'autres mots à ce qu'il était en train de faire. Il aurait pu trouver une meilleure façon pour dire les choses, mais l'idée qu'avait eu son fils le répugnait et le rendait furieux. Andi regardait son père, étonné de le voir si virulent. Personne ne faisait attention à toute la tension qui se dégageait entre eux. Tom avait les yeux noirs de colère, sa mâchoire était serrée, pendant qu'il parlait, ce n'était plus son fils qu'il voyait, mais simplement un rival. Andi demanda, d'une voix hésitante :

-Tu...Tu crois vraiment que je devrais pas ?

Et d'un coup, la pression retomba, Tom observa son fils, son petit garçon qu'il aimait tellement, son petit garçon qui était en train de devenir un homme, avec un seul but, avoir Bill avec lui pour le reste du temps et le rendre heureux. Il s'insulta une énième fois et secoua doucement la tête, la baissant pour regarder ailleurs que dans la direction de son fils, ou de celle de Bill :

-Je sais pas, Andi, je sais pas. C'est...C'est pas un truc banal, ce que t'as acheté, là. Et...Enfin...C'est la manière dont tu veux t'y prendre qui est pas...Je veux dire, devant nous et tout, ça rend la chose plus...moins...Bref, tu comprends ?

Andi regarda Bill encore et ce dernier releva la tête et croisa son regard. Tom les vit se dévisager un instant, et entendit son fils lui répondre doucement :

-Je comprends. T'as raison, la bague c'est peut-être un peu trop...sérieux et tout. Je vais attendre encore un peu pour la lui donner.

Malgré lui, Tom sentit le soulagement l'envahir. Il s'en voulait d'être aussi manipulateur, il savait que tout ce qu'il avait dit allait faire changer son fils d'avis, et tout s'était passé comme il l'avait voulu. Pas une seconde il ne s'interrogea sur ce que lui ressentait pour le brun, il se pensait juste obnubilé par lui, indéniablement attiré, envers et contre tout. Il s'était même dit que ça allait passer, pour eux deux, à ce moment-là ils pourraient reprendre leurs vies telles qu'ils l'avaient laissée. Mais Tom ne pouvait nier l'évidence, chaque fois qu'il posait les yeux sur Bill, il ressentait un gros choc dans la poitrine, chaque fois qu'il le voyait en compagnie de son fils, la nausée lui tordait violemment l'estomac, chaque fois qu'il avait la preuve de leur intimité, la colère et la jalousie tordait violemment ses tripes. Et chaque fois, il se traitait de tous les noms, se trouvait encore plus dégoûtant, ignoble, horrible, immoral, fou à lier.

Il réussit enfin à sortir de ses pensées en réalisant que sa femme l'avait rejoint, lui et son fils, et qu'elle l'appelait au moins pour la troisième fois. Il lui répondit rapidement et croisa de nouveau le regard interrogateur de Bill sur lui. Elle s'éloigna un instant et il en profita pour se tourner vers son fils :

-Andi, je sais que tu l'aimes vraiment, que tu veux rester avec lui le plus longtemps possible-

Son fils le coupa :

-Pas le plus longtemps possible, papa ! Je resterai toute ma vie avec lui !

Tom soupira, son fils était tellement naïf...Pas simplement parce qu'il ignorait ce qui se tramait dans son dos, mais parce qu'il pensait réellement qu'à son âge, il allait rester avec son petit ami du moment et ce, éternellement. Il reprit la parole :

-Bon, on n'y est pas pour l'instant ! Moi, ce que j'en pense, c'est qu'une bague ça fait un peu trop pour l'instant, même si vous êtes ensemble depuis presque un an et que tu te vois déjà habiter avec lui. Mais bon, je le connais pas tant que ça, peut-être qu'il sera pas si mal à l'aise que ça, à toi de voir !

Andréas secoua la tête :

-Non, t'as raison. Sur le coup, ça m'a parut une bonne idée. Je vais attendre un peu, après tout, le mois prochain ça fera un an exactement qu'on est ensemble, je pourrai la lui offrir à ce moment-là ! Ouais, ça me plait plus, finalement !

Immédiatement, Tom sentit l'exaspération le gagner. Un an...Le mois prochain, cela ferait un an...Andi continuait de babiller :

-En plus, je sais qu'il la voulais vraiment cette bague alors il va être super content ! Oh, et en plus, je suis sûr qu'il va tellement aimer mon cadeau qu'il va enfin...euh...

Il se tut, n'osant continuer devant son père, rougissant à la pensée qu'il venait d'avoir. Tom comprit immédiatement ce à quoi son fils pensait, mais il ne dit rien. Il savait que ça avait un rapport avec leur intimité, Andi venait de faire allusion au fait que le brun serait tellement content pour la bague qu'il accepterait enfin de se laisser prendre. Et en plus, ça serait leur anniversaire, quel joli cadeau ! Mais Tom n'était pas supposé connaître ce détail là, c'était une conversation qu'il avait entendu alors que les deux jeunes hommes ne savaient pas qu'il écoutait derrière la porte. Andi ne termina pas sa phrase, gêné, et Tom continua de se taire pour faciliter les choses à son fils. Il se promit seulement de faire tout ce qui lui serait possible pour éviter que cela n'arrive.

Avant de rejoindre Bill, Andréas dit encore :

-Bin là, je me retrouve comme un con, parce qu'il sait que j'avais quelque chose pour lui, et là j'ai plus rien !

Tom sourit et tapota son épaule :

-Alors là mon petit, je peux plus rien pour toi ! T'a qu'à lui dire tout simplement que tu préfères attendre d'être arrivé à la maison pour le lui donner !

-Pfff...Il va être déçu !

-Ou c'est ça, ou tu fabriques un truc dans les trente secondes qui viennent, à toi de voir !

Ils se sourirent, amusés, et pendant qu'Andréas tournait déjà le dos pour s'éloigner, Tom lui lança tout de même :

-Et pitié, va pas lui cueillir un bouquet de fleurs, Andi, je te sens bien capable de le faire ! Parce que là, vaut mieux encore l'autre chose !

Andi éclata de rire et Tom le regarda rejoindre Bill, attendri. Il arrivait encore à être ému par son fils, il était terrifié à l'idée de perdre le respect et l'amour de sa famille, il était encore plus terrifié à l'idée de perdre toute affection pour elle, se sentant tellement attiré vers le bas à cause de tout ce qu'il ressentait pour Bill. C'était effrayant pour lui de voir à quel point il se laissait gagner par la folie quand ça concernait le brun, rien à part lui n'avait d'importance, rien à part Bill ne valait la peine. Il n'avait jamais vécu cela avant et ne savait quel mot mettre sur tout ça.

***
 
Le dîner était fini depuis un moment, Bill et Andréas s'étaient éclipsés dans la cuisine pour faire la vaisselle après une dispute mémorable entre le frère et la s½ur, Mary refusant absolument de la faire. Victoria y avait mis un terme en désignant son fils « volontaire » et ce dernier fut consolé en entendant Bill proposer son aide. Dans la cuisine, Andi expliqua sincèrement à Bill qu'il préférait lui donner son cadeau le mois d'après, pendant qu'ils fêteraient leur premier anniversaire. Bill n'avait même pas cherché à savoir, lui d'ordinaire si curieux, il avait simplement hoché la tête et serré le blond contre lui dans un élan de tendresse. C'était tellement compliqué pour lui ces derniers temps, sans Tom, tout était plus facile, après tout il était bien avec Andréas jusqu'à ce qu'il connaisse Tom. C'était vraiment le petit ami idéal, si on occultait son côté lourd quand il insistait pour que Bill prenne enfin la place du « dominé ». Il avait Andi dans les bras et son esprit dérivait du côté de Tom. Il reporta toute son attention sur celui qu'il enlaçait, se trouvant ignoble, et pendant qu'il étreignait le jeune homme, Bill implorait silencieusement tous les Cieux, Saints, Dieux réunis, ainsi qu'Andréas lui-même, même s'il ne l'entendait pas, de lui pardonner.

Tom avait éteint le barbecue et était maintenant assis dehors pour fumer. Il essayait de repousser tous les mauvais sentiments qui s'installaient en lui en sachant le brun en compagnie de son fils. Il se répétait plusieurs fois « c'est normal, c'est son petit ami... » mais devait reconnaître que ça ne l'aidait pas plus. Une main se faufila sous ses dreads et massa sa nuque :

-Tu m'as l'air bien tendu ! Dis-moi donc ce qui te préoccupe à ce point !

Tom se raidit instinctivement, il était bien sûr hors de question de dire le vrai pourquoi de sa perturbation. Alors il répondit simplement :

-Y'a rien de spécial, demain on rentre et je vais reprendre le boulot. J'en ai pas trop envie, c'est tout.

Victoria vint se placer en face de lui et s'assit sur ses genoux, passant ses bras autour de son cou. Elle se pencha pour embrasser tendrement son mari et ni l'un ni l'autre ne vit Bill et Andréas revenir. Bill s'arrêta net en voyant le couple s'embrasser passionnément, la seule chose qu'il ressentit à ce moment-là fut une grande jalousie. Andi se méprit totalement, il crut que son petit ami était gêné de voir ses parents s'embrasser devant eux. Il lui fit un sourire et lui chuchota :

-Ouais, même à leur âge ils arrêtent pas !

Et il s'avança en s'adressant à ses parents :

-Berk ! Pas devant nous, s'il vous plaît ! Y'a des chambres pour ça !

Victoria se releva et gronda faussement :

-Fiche-nous un peu la paix ! Tu devrais plutôt aller dans ta chambre avec Bill, au lieu de nous espionner ! Tu crois qu'on t'a fait comment ? Qu'on t'a commandé et fait venir par avion ?

Andi éclata de rire et ne s'aperçut pas que Bill se renfrognait. Tom si. Il avait bien noté le regard du jeune homme posé sur lui, il s'était senti comme pris en faute, ce qui était complètement fou étant donné qu'il était avec sa femme légitime. Il se leva de sa chaise et épousseta son pantalon, uniquement pour fuir les yeux de Bill, qui ne le lâchaient pas. Andi débloqua la situation avec un « Bon, nous on va écouter de la musique, dans la chambre » et attira Bill à sa suite. Mais avant de rentrer, le jeune homme eut le temps d'échanger un dernier regard avec Tom, un regard qui reflétait toute l'envie et tout le manque de Tom qui le bouffait.

Après avoir fermé toutes les portes et les fenêtres, Tom rejoignit sa femme dans la chambre. Elle l'attendait, vêtue d'une chemise de nuit sexy à souhaits, dans les draps défaits. Il imaginait sans mal ce qu'elle attendait de lui, mais il s'en sentait juste incapable. Il eut la pensée coupable de se dire qu'il allait devoir se forcer un peu, que ce serait vite fini. Il s'arrêta juste devant le lit, la détailla longuement, essayant de trouver le minimum d'excitation nécessaire pour combler sa femme, et il s'énerva de ne pouvoir y arriver.

Victoria vint se placer en face de lui, à genoux sur le lit, et encercla sa taille de ses bras. Elle posa immédiatement sa bouche dans son cou et il réprima l'envie de la repousser. Il la laissa lui caresser lentement le torse, il la laissa lui retirer ses vêtements, il se força à trouver ça excitant, il s'obligea à la trouver belle et désirable.

Victoria avait pourtant toujours été une femme sensuelle, ses deux grossesses n'avaient pas alourdies sa silhouette, elle resplendissait, c'était une femme épanouie. Tom était fier d'être celui qui l'accompagnait quand ils sortaient parce que beaucoup d'hommes se retournaient sur son passage, ils dévisageaient tous sa femme, comme lors de cette soirée où ils avaient été conviés, où Victoria portait un fourreau, Tom était sûr que les hommes de l'assistance se demandaient si elle était nue dessous et il était le seul à savoir qu'effectivement, elle l'était, et ce rien que pour lui.

Et ce soir il s'en voulait. Il s'en voulait, parce qu'elle l'embrassait et il ne ressentait plus que de l'ennui. Elle le touchait et il ne ressentait que de l'agacement. Elle se frottait à lui et il ne ressentait que...du dégoût. Soudain, Victoria n'était plus aussi sensuelle, ni désirable, ni même belle à faire se damner un saint. Elle était simplement une femme dans son lit, presque une étrangère à ses yeux. Il comprit alors ce qui clochait, elle n'avait pas la grâce de Bill, elle n'avait pas la même chaleur, elle n'avait pas le même goût, elle ne lui procurait pas les mêmes sensations. Elle n'était pas Bill. Et quand il se rendit compte à quel point il était intoxiqué, il cassa le baiser et la regarda comme s'il la voyait pour la première fois et ne put que bégayer, complètement dérouté :

-Vicky...Vicky je...Je...

Elle leva vers lui des yeux embrumés de plaisir et glissa une main sur son ventre en lui murmurant à l'oreille :

-Enlève ma chemise de nuit, Tom...

Tom se sentit comme pris au piège, furieux contre lui de ne pouvoir ressentir tout ce qu'il ressentait avant dans les bras de sa femme, furieux contre Bill de le bousiller même sans rien faire, même de loin, furieux contre sa femme d'être simplement ce qu'elle était. Il la bouscula un peu sans ménagement pour la plaquer sur le dos, venant s'installer entre ses cuisses. Il commença à se frotter à elle et remarqua enfin qu'il ne bandait pas.

L'émotion qui serra son c½ur n'avait aucun mot, il se sentait impuissant, dans tous les sens du terme. Il découvrit avec horreur ce qu'on pouvait ressentir quand la femme à laquelle on est lié pour la vie, ne vous fait plus aucun effet. Il voulut à tout prix se convaincre que ce n'était que passager, que seule la fatigue l'empêchait d'être excité. Il embrassa sa femme plus profondément et remonta une main pour lui caresser les cheveux. Sournoisement, d'autres idées s'imposèrent à lui, la texture sous ses doigts lui faisait penser à d'autres cheveux, ils n'étaient plus aussi blonds maintenant, ils étaient plus foncés, ils étaient plus soyeux, ils étaient plus fins. Il enfouit ses doigts un peu plus et tira un peu dessus, écrasant son corps contre celui de Victoria, occultant sans mal la poitrine opulente qui se frottait contre son torse, imaginant son vis à vis plus plat, plus brûlant, lui amenant peu à peu l'érection qu'il recherchait.

Soulagé, il se détendit enfin mais se laissa gagner par la folie. Il ouvrit les yeux et ce ne fut plus sa femme qu'il vit, il pouvait réellement voir Bill le regarder intensément, fiévreux. Un quart de seconde fut suffisant pour qu'il reconnaisse enfin sa femme et la fureur le reprit de nouveau, il saisit ses bras et entendit sa propre voix, saccadée :

-Retourne-toi...

Victoria n'eut pas le temps de protester ou d'être étonnée, elle se vit retournée et tomba sur les paumes de ses mains. Tom releva sa chemise de nuit jusque dans son dos et il abaissa son sous-vêtement d'un geste sec. Il leur était déjà arrivé de pratiquer la sodomie, mais rarement, Victoria n'aimant pas cette façon de faire l'amour. Tom la prit donc en levrette, sèchement, presque brutalement, en fermant les yeux pour ne plus voir son corps féminin, pour mieux imaginer...

Il ne sut pas que pendant qu'il la prenait et qu'elle gémissait bruyamment son plaisir, la tête rejetée en arrière, Bill était derrière leur porte...

Ce dernier avait attendu qu'Andi s'endorme profondément et était descendu, sûr de retrouver Tom dans la cuisine, l'appelant mentalement, priant pour que le blond vienne le rejoindre. Son corps entier l'appelait. Et en passant devant la chambre, les bruits qu'il entendit lui brisèrent le c½ur et déchirèrent son âme, lui rappelant que l'adulte était lié à quelqu'un d'autre et qu'il faisait l'amour à ce quelqu'un d'autre, tout comme il le lui avait fait quelques heures auparavant. Il écoutait derrière la porte et essayait de ravaler la haine et les hauts le c½ur que tout cela provoquait en lui. Tom couchait avec sa femme, quoi de plus normal ?

Il avait repoussé Andi avec tact et diplomatie, se sentant incapable de supporter d'autres mains que celles de Tom sur lui, son petit ami s'était endormi, amer et vexé mais il n'avait même pas pu s'excuser. Et là, la vérité le rattrapait et le frappait de plein fouet, Tom était à quelqu'un d'autre.

Il entendit Victoria gémir :

-Oh Tom...

Il put presque sentir Tom accélérer, il se rappela immédiatement combien Tom avait aimé l'entendre gémir son prénom de cette façon, il le lui avait même ordonné. Fermant les yeux, il revit Tom enlever la main qu'il avait plaquée sur sa bouche et lui dire doucement mais fermement :

-Gémis, Bill...Dis mon nom...

Il l'avait fait, parce que ça avait été la seule chose qu'il avait été capable de faire, gémir le prénom de Tom d'une voix qui débordait de plaisir...Mais là, c'était une autre qui le lui disait, cette autre étant sa femme, il trouvait tout cela tellement injuste.

Il n'avait aucune idée de combien Tom se foutait de celle qu'il prenait, dans sa tête c'était avec Bill qu'il était, c'était Bill qui gémissait, c'était la seule pensée qu'il avait. Il prenait durement sa femme, crispé et tendu par la colère surtout dirigée contre lui d'être un homme aussi ignoble.

De l'autre côté de la porte, Bill était anéanti, dans quoi s'était-il embarqué ? Pourquoi s'était-il laissé faire ? Donner sa première fois à un homme marié, le père de son petit ami, foutue situation malsaine et déplorable ! Il en eut assez et décida de s'éloigner de cette porte avant de se mettre à vomir. Il se dirigea, sans vraiment le penser, dans la cuisine, automatiquement. Il se servit un grand verre d'eau glacée, buvant sans même sentir le froid lui engourdir le palais et la gorge, complètement insensible à toute douleur physique tellement la douleur morale lui broyait le c½ur. Tom couchait avec sa femme, quoi de plus normal ?

Il ne sut pas combien de temps il resta là, debout contre l'évier, à écouter son c½ur battant, sentant son sang marteler ses tempes et réalisant encore une fois toute l'horreur de cette situation. Il se laissa tomber sur la première chaise venue et posa ses coudes sur la table, enfouissant son visage dans ses mains. Il s'interdit de pleurer, il ne devait pas pleurer, il méritait d'avoir mal, il méritait de souffrir.

Pendant qu'il s'égratignait l'âme, Tom terminait ce qu'il avait commencé. Il avait donné le dernier coup de rein qui l'avait fait jouir, comblant par la même occasion sa femme qui se laissa tomber sur le ventre en soupirant d'aise. Elle se retourna et ouvrit les bras pour l'y accueillir en souriant et fut étonnée de le voir simplement tomber à côté d'elle, les yeux toujours fermés, la respiration haletante. Tom refusait de la regarder, il avait joui mais se sentait incomplet, insatisfait, frustré. Elle se rapprocha un peu plus de lui et fut encore plus étonnée de son manque de réaction, d'habitude il l'embrassait passionnément, là il restait simplement étendu, immobile et muet.

Tom savait ce qui allait se passer, après l'amour Victoria s'endormait toujours très rapidement, alors il attendrait. Il attendrait qu'elle s'endorme. Elle se releva sur un coude et vint voler un baiser avant de se recoucher. Elle ne dit rien de plus, elle pensait qu'il était tellement fatigué qu'il n'était plus capable de rien. Quand elle le sentit s'agiter un peu à côté d'elle, elle demanda :

-Qu'est-ce que tu fais ?

Tom fouillait dans son pantalon laissé au pied du lit, à tâtons :

-Je cherche mes cigarettes.

Elle protesta mollement, déjà en train de s'endormir :

-Ah non ! Fume pas dans la chambre ! Va fumer ailleurs, ou dehors, s'il te plait ! J'ai pas envie que ça sente la cigarette dans la chambre ! Moi je reste, je m'endors déjà, là !

Tom aurait pu presque sourire comme un enfant, elle lui fournissait l'occasion idéale pour qu'il sorte enfin de là. Il avait besoin de s'éloigner d'elle afin de mieux oublier ce qui venait de se passer. Ce fut plus la reconnaissance qui le poussa à se pencher pour embrasser tendrement sa femme et il se leva pour remettre son caleçon, prenant son paquet de cigarettes avec lui pour faire bonne mesure. Quand il sortit de la chambre et referma la porte doucement, Victoria s'endormait déjà profondément.

Ses pas le guidèrent vers la cuisine, il ne fut pas étonné de voir Bill assis, la tête entre les mains, les épaules voûtées, la douleur émanant de toute sa personne. Et Tom sut. Il sut automatiquement que Bill savait. Victoria avait été bruyante, Bill devait avoir tout entendu. Il se sentit immédiatement honteux, fautif, comme s'il avait trompé ce gamin. Il se figea et se prépara à recevoir tous les reproches qu'il pensait sincèrement avoir mérités. Il fit juste un pas pour s'avancer dans la pièce et se racla doucement la gorge, Bill sursauta et se releva, le regard farouche, les yeux et les joues humides, et son c½ur se serra. En si peu de temps, il faisait du mal, à tant de personnes, sans qu'il ne puisse savoir quoi faire pour éviter tout ça. Alors qu'il pensait que Bill allait être en colère, il l'entendit souffler :

-Oh...Tu...Tu m'as fait peur...

Et c'était tout. Bill portait un très large tee-shirt qui lui avait appartenu mais que son fils lui avait chipé il y avait des années. Ça ressemblait à une chemise de nuit sur lui, le tee-shirt lui arrivait aux cuisses, Tom aurait pu le trouver grotesque dedans mais il ne l'en trouvait que plus sexy et attirant.

Fuyant son regard qui le brûlait, Bill détourna les yeux et dit :

-Je...J'avais soif, je suis venu boire. Je vais aller dormir maintenant...

Mais pour sortir de la pièce, il fallait qu'il passe à côté de Tom, et il ne trouvait pas le courage nécessaire. Il avait peur de la proximité du blond, et il ne pouvait s'empêcher de le détailler à son tour, espérant que Tom ne remarquerait pas où se posaient ses yeux. Tom s'avança vers lui et Bill paniqua intérieurement. Il bégaya :

-B...Bon je...Je vais y aller...Je...B...Bonne nuit...

Il passa à côté de Tom, frissonnant en l'effleurant, le dépassa un peu et se stoppa carrément en entendant Tom lui murmurer :

-Je suis désolé...

Bill ferma les yeux un instant et soupira, immensément triste. Il secoua doucement la tête et murmura lui aussi :

-Ne le sois pas.

Tom reprit sur le même ton et un dialogue s'instaura, Bill évitant le regard de Tom, Tom essayant de capter celui de Bill :

-Tu...as entendu.

-C'est pas grave. C'est ta femme. C'est...normal, ouais.

Il se tût un instant et répéta, encore plus bas :

-C'est normal.

Tom se rapprocha de lui et colla doucement son torse dans le dos du jeune homme, sa voix lui arrivant directement dans l'oreille :

-Je veux pas te faire de mal, mais je t'en fais malgré moi.

Bill tourna un peu la tête :

-C'est pas grave.

Tom se serra un peu plus contre lui et son c½ur se mit à battre un peu plus fort, un peu plus vite, désordonnant ses pensées, faisant fondre toute amertume. Il ne voyait pas Tom fermer les yeux et respirer l'odeur de ses cheveux, rapidement étourdi. Le blond fit glisser ses mains le long de ses bras, les remonter dans une fragile caresse jusqu'à ses épaules en chuchotant à son oreille :

-M'en veux pas, Bill, je peux pas faire autrement.

Bill était toujours dos à Tom, il répondit :

-Je t'en veux pas.

-Si, tu m'en veux. Je le sens. Et tu aurais raison de m'en vouloir, je m'en veux aussi...

Il y eut encore un silence lourd, tendu, presque palpable. Bill aurait voulu pouvoir trouver la force nécessaire pour partir mais était simplement bloqué sur place. Il sentait le c½ur de Tom cogner sourdement dans son dos et ce dernier reprit tout bas :

-Mais c'était toi, c'était toi qui était avec moi, Bill...Tout ce temps, j'ai pensé à toi...J'imaginais que c'était toi...J'ai fermé les yeux, comme maintenant, et c'était toi qui était avec moi...C'est à toi que je faisais l'amour, Bill...

Dans la pénombre de la cuisine, Bill écarquilla les yeux. Tom avait couché avec sa femme mais avait pensé à lui ? Subitement, ce ne fut plus aussi douloureux, c'était supportable, ça commençait même à être excitant...Ça lui donnait une supériorité sur Victoria et cela le grisa totalement. Il se retourna lentement et fit face à Tom. Il pouvait voir le regard de son aîné, noir de désir, intense sur lui. Il posa une main sur le torse de Tom et ce dernier posa une main dans le creux de ses reins pour le coller un peu plus à lui, répétant les mots qu'il lui avait dit plus tôt :

-Tu m'bousilles, gamin...Tu me bousilles vraiment...Et je peux plus rien contre ça...

Leurs bouches s'écrasèrent dans un seul mouvement et ce fut comme si la vie regagnait leurs corps. Ils respiraient mieux enfin, ils se sentaient enfin à leur place. Bill agrippa la nuque de Tom et enfonça la langue dans sa bouche, sentant les mains du plus vieux longer son dos. La fièvre les gagna rapidement, le baiser n'avait rien d'innocent, il était passionné, fervent, brûlant de désir, déchirant, désespéré. Il avait le goût de leur péché, le goût de l'interdit, de l'impensable, le goût de l'amertume aussi. Ils se poussaient l'un contre l'autre, tremblants, transportés par une fougue démesurée.

Les gestes se firent plus appuyés, Bill caressa le torse de Tom et le griffa légèrement, faisant s'élever une multitude de frissons sur la peau chaude sous ses mains. Tom passa les siennes sous son large tee-shirt et le remonta en effleurant du bout des doigts tout son dos. Le jeune homme se cambra contre lui et le griffa plus fort. Tom gémit dans sa bouche et Bill s'arrêta pour rejeter la tête en arrière en gémissant volontairement :

-Tom...

Et bien sûr, Tom fut enivré, bien sûr il perdit tout le peu de contrôle qui pouvait encore lui rester, bien sûr la folie le gagna et il serra plus fort le brun contre lui, les doigts crispés dans sa peau, il lui dévora la bouche, le viola de la langue, lui brûlant le visage avec la respiration qu'il rejetait difficilement par le nez. Ils s'arrêtaient à peine pour respirer correctement, et se jetaient sur les lèvres de l'autre pour s'embrasser encore mieux. La tension était à son comble, ils se fichaient de se faire prendre, ils n'entendaient plus rien, n'importe qui aurait pu se lever et les trouver là, à s'embrasser comme des assoiffés dans cette cuisine, mais il était hors de question qu'ils arrêtent.

Tom n'était même plus surpris de se sentir dur comme jamais, plus rapidement qu'avec sa femme. C'était Bill, alors c'était normal. Il voulait le coucher là, sur la table de la cuisine, il voulait le prendre avec toute la passion qu'il soulevait chez lui. Il voulait le faire gémir encore, le faire même crier, il voulait le faire jouir. Il le voulait à un tel point que c'était douloureux, physiquement et moralement, à un point insupportable. Bill put sentir tout l'effet qu'il faisait au blond et lui, d'ordinaire si timide et réservé, surtout en présence de Tom, se sentit d'un coup plus confiant. Il colla sa bouche dans le cou de Tom et suça sa peau, se fichant de lui faire une marque, d'ailleurs Tom ne le repoussait même pas, il laissait Bill lui faire tout ce qu'il voulait et profitait, se délectait du moindre geste, du moindre effleurement, du moindre baiser, du moindre souffle. Le jeune homme traça du bout de la langue des sillons imaginaires et remonta jusque sous son oreille pour souffler :

-Est-ce qu'elle est meilleure, Tom ? Est-ce qu'elle est meilleure que moi ? Est-ce qu'elle te fait plus envie que moi ?

Tom avait toujours les yeux fermés quand il secoua la tête et répondit :

-Non...Non, Bill...Personne ne le pourrait, ni elle, ni personne d'autre que toi me fait envie à ce point...

Bill lui embrassa la joue et dit encore :

-Est-ce qu'elle t'a donné plus de plaisir que moi ?

-Putain, non...

Ils s'embrassèrent de nouveau, longuement, touchant la peau de l'un et de l'autre avec dévotion, ayant envie de bien plus et peinant à se retenir. Tom essayait de trouver une solution pour attirer Bill hors de la cuisine, dans un endroit plus discret, à l'abri de toute oreille ou ½il indiscrets, il fallait qu'il prenne ce gamin, il fallait qu'il le fasse sien de nouveau.

Mais ce fut Bill qui s'arrêta peu à peu et qui finit par se détacher doucement :

-Il faut qu'on arrête, c'est pas prudent, quelqu'un pourrait venir.

Tom le regarda, Bill était complètement ébouriffé, le tee-shirt en désordre, les lèvres gonflées et certainement rougies même s'il ne pouvait le voir malgré la pénombre. Il hocha la tête et se força à sourire :

-Oui, t'as raison, il vaut mieux qu'on s'arrête, avant d'aller trop loin.

Il soupira fortement posa une main dans le dos du brun pour le guider vers la sortie. Ils devaient traverser le salon pour regagner leurs chambres, et Tom raccompagna Bill jusque devant sa porte. Tout était calme et silencieux autour d'eux, on n'entendait que le bruit de leur respiration et eux eurent même l'impression d'entendre leurs c½urs battre follement après le moment intense qu'ils venaient une fois de plus de partager.

Bill lui lança un dernier regard et un dernier sourire et posa une main sur la poignée de la porte pour la pousser. Tom l'attira à lui une dernière fois, et l'enlaça tendrement, appréciant la chaleur et l'odeur que le corps de Bill dégageait. Ils ne s'embrassèrent pas, c'était trop risqué, ce qu'ils faisaient étaient déjà beaucoup trop et un baiser les détruirait un peu plus. Bill se contentait de frotter doucement le dos de Tom, de haut en bas. Tom le serra un peu plus fort et soupira dans ses cheveux, l'étreinte liquéfiant Bill dans les bras de Tom. Il se sentait tellement vulnérable, si rapidement vulnérable...Il entendit Tom lui murmurer :

-Demain on rentre. Mais je trouverai le moyen de venir te voir. Il faut que je te vois, il faut que...J'en ai besoin...

Bill hocha la tête et rouvrit les yeux. Il se défit doucement de l'étreinte de Tom, lui fit un dernier sourire que le blond lui rendit et poussa enfin la porte de la chambre pour disparaître à l'intérieur. Tom regarda la porte par laquelle Bill venait de passer, le sourire toujours aux lèvres, trouvant enfin l'apaisement nécessaire pour pouvoir dormir.

Il se retourna pour regagner sa chambre à son tour et son sourire se fana, son sang se glaça dans ses veines quand il vit sa fille, Mary, debout de l'autre côté du couloir, manifestement réveillée, qui le regardait, debout droite comme un i, les bras pendant le long du corps, les yeux écarquillés par la surprise, la bouche grande ouverte...

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Comments :

  • DarkAngel917

    04/03/2013

    Oh merde!

  • Judiliste

    11/02/2012

    mon dieu..

  • K

    14/11/2009

    Oh putain je l'est senti venir celle la....Poua il ce sont fait griller =S Mince alors...

    Et pis Bill a force de faire des traces dans le cou de Tom sa femme va le remarquer je pense !
    J'suis entrain de m'imaginer que : Si Tom veut voir Bill il ira surement chez Bill et pis sa mére est jamais ou rarement chez elle donc bon...mais sa ce trouve sa femme enfin Vicky va le suivre et la elle va penser que Tom couche avec la mére de Bill xD j'me fait de ces films bon aller j'arrete j'me fait ma fiction a moi tout seule la =) !

  • Sipurr

    13/09/2009

    Je trouve cela drôle que Tom pense que Bill est le petit ami de son fils mais jamais le siens alors qu'ils se sont dit ensemble. Tom veut vraiment tout compliquer ? [et oui je relis tout ! ]

  • BillKaulitzBlogfic

    24/08/2009

    Oups ! Mary a vu. Tom a perdu. C'est con ! XD [quel rime ! :D] Et moi, je continue. [et une de plus ! XD]

  • auro-fanart

    22/08/2009

    Oh putain bah fallait bien que ça arrive!!!!!
    Oh my God!!!!!!!

  • Ah-t0miik-ya0ii

    02/08/2009

    Oh merde !! ç__ç

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Roh sa fille --'

  • nirvana-angelTH83

    01/07/2009

    ho bon sang là c la cata
    j'aimerais pas être a leur place
    bon là j'dois y allé, mais ze reviendrais
    com disais swarzi a'm i back, again!!! XD

  • Zerstorerische-Ferien

    28/05/2009

    HO MERDE !!!
    ça me stress !!

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