Chapitre 6

Alors, je passe en coup de vent pour quelque chose qui me semble très important : merci à vous toutes pour tous les comms super sympas que vous me laissez, je voulais prendre le temps de vous répondre personnellement mais justement, ces temps-ci je manque de temps, mais je lis tous vos comms que j'apprécie énormément et j'ai noté les pubs qu'on m'a laissé, j'irai faire un tour sur vos fics et les lire aussi. Je laisserai un commentaire quand ce sera fait, mais promis, je le ferai ! Merci d'avoir pensé à moi pour me laisser vos liens et pour tout ce que vous laissez dans vos comms, ça me motive beaucoup ! Vous êtes géniales !
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Tom resta figé quelques secondes, exactement dans la même position que sa fille. Il pouvait voir l'éclat interrogateur qu'avaient ses yeux et espérait de toutes ses forces avoir une expression faciale neutre. A l'intérieur, il était terrifié, terrifié à l'idée qu'elle ait pu l'entendre chuchoter à l'oreille de Bill qu'il avait « besoin de le voir », terrifié qu'elle ait compris ce qui se passait entre eux rien qu'à travers l'étreinte qu'elle les avait vu échanger. Bon sang, il tenait Bill contre lui comme si sa vie en dépendait et il avait bien failli l'embrasser encore !

Il cligna des yeux, encore sonné, l'esprit tournant à plein régime pour trouver quoi dire ou quoi faire et remarqua avec étonnement que sa fille s'était déjà éloignée et, à en juger par les bruits qu'elle faisait, elle devait être dans les toilettes. Il hésita un instant, ne sachant pas s'il devait l'attendre et lui parler maintenant ou regagner enfin sa chambre. Il fit un pas vers l'avant et prit la seule décision qui s'imposait à lui sur l'instant, il combla la dernière distance qui restait pour rejoindre Victoria au lit.

Il lui fallut un très long moment pour trouver enfin le sommeil, lui qui avait été apaisé au contact de Bill. Maintenant, il était de nouveau bien réveillé et ressentait une angoisse extrême en sachant qu'il allait peut-être tout perdre en se réveillant le lendemain. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir dire à Mary ? Il tournait et retournait cette question dans sa tête, ne trouvant aucune bonne réponse satisfaisante. Elle était là, elle les avait vu...

Et c'est là qu'il réalisa qu'elle les avait vu s'enlacer, uniquement s'enlacer...Comment pouvait-il tirer un avantage à cette situation ? Comment allait-il pouvoir expliquer cela ? Mary était jeune, naïve, crédule, c'était sa fille et il saurait comment lui faire croire tout ce qu'il voulait. Et puis, il chuchotait à l'oreille de Bill, il était impossible qu'elle ait entendu.

Il réfléchit rapidement et ferma les yeux, découragé. Il voyait déjà le scandale que cela allait faire. Il se réveillerait et rejoindrait sa famille dans la cuisine, dès qu'il passerait la porte tous les regards se tourneraient vers lui, dégoûtés et accusateurs. Victoria pleurerait, Andi le détesterait. Ses deux enfants le mépriseraient à vie et ils lui ordonneraient tous de prendre ses affaires et de dégager de leur vie.

Et Bill...Bill souffrirait de voir toute cette pagaille. Tom le voyait déjà pleurer d'humiliation, de souffrance indescriptible, insulté par sa famille. Et Tom ne sut quand, ni comment ses pensées dérivèrent d'un seul coup...Le scandale serait affreux, sa famille serait détruite, Bill et lui seraient complètement rejetés et montrés du doigt mais...ils seraient enfin ensemble, au grand jour. Il sursauta à cette pensée et ouvrit de grands yeux dans le noir quand il réalisa qu'il souhaitait tout au fond de lui que les choses prennent cette tournure. C'était moche et dégueulasse, c'était contre-nature et sûrement immoral, mais ils s'en remettraient tous, même si ça devait prendre des années. Il put même s'imaginer égoïstement s'en remettre rapidement s'il avait Bill pour lui tout seul. Ils pourraient être ensemble, quelque part loin, juste tous les deux. Passé un certain temps de bannissement total, il pourrait même s'expliquer un jour à son fils et peut-être même espérer son pardon, infime serait-il. Andi serait plus âgé et comprendrait sûrement. Il renouerait avec ses enfants et Victoria serait même peut-être heureuse avec un autre.

Il était horrifié de voir l'homme sans scrupules qu'il était en train de devenir. Il était presque en train de souhaiter que toute l'affaire éclate au grand-jour, même si cela devait engendrer énormément de souffrance, parce que malgré tout ça, ce qui le tiendrait debout, c'était ce gamin qui lui appartiendrait totalement, tout comme lui appartiendrait totalement à ce gamin. Il n'imaginait même pas une seule seconde que Bill puisse le rejeter si jamais ils venaient à se faire découvrir, c'était impossible. Il savait, il sentait que Bill était autant possédé par lui que lui l'était par Bill, c'était tellement évident.

Il prit sa décision, il n'allait rien dire à sa fille. Il allait laisser les choses se faire, attendre jusqu'au lendemain matin et voir comment Mary allait réagir. Après tout, l'étreinte qu'elle avait vue était innocente, il suffisait d'attendre et de regarder comment les choses allaient se dérouler. Il s'endormit, moyennement rassuré, anxieux, déjà prêt à affronter tous les commérages et les scandales possible, se voyant déjà les oublier avec le corps incandescent de Bill, dans ses bras, sur sa bouche, au creux de lui.

Quand il se réveilla, Victoria avait déjà quitté la chambre et il était seul dans le lit. Le soleil était déjà bien haut mais ce qui le frappa surtout, c'était le silence qui régnait. Pas un seul bruit ne filtrait à travers la cloison de la porte et Tom se dit immédiatement qu'ils devaient tous en train d'attendre son réveil pour des explications. Il se leva, la gorge nouée, et prit quelques affaires pour se préparer vite-fait dans la salle de bains. Il ne croisa personne en sortant de sa chambre mais entendit quelques voix venant de la cuisine. Quand il fut dans la salle de bains, il ferma la porte à clé et s'avança pour se regarder dans le miroir. Il se trouvait une mine affreuse, ses yeux étaient cernés, l'angoisse se reflétant intensément, il se trouvait même pâle. Il remarqua alors une trace rougeâtre dans son cou, là où Bill l'avait marqué. Il frissonna en se rappelant la bouche du jeune homme sur lui, la veille, il se rappela comment il avait aimé ça et comment il avait dû se faire violence pour le laisser regagner la chambre qu'il partageait avec son fils. Rien que le souvenir de la bouche du brun sur lui le faisait bander et lui donnait envie de se précipiter hors de cette salle de bains pour se jeter sur lui et le baiser à lui faire perdre la raison, tout comme lui la perdait avec de simples images pensées.

Mais ça le foutait tout de même dans une merde colossale, ce suçon. La veille, il avait pris sa femme d'une façon qui ne permettait aucun suçon, même après il ne l'avait pas serré contre lui. Victoria ne comprendrait pas pourquoi il avait une marque dans le cou, il n'aurait explication valable pour expliquer cela. Il n'était pas salaud au point d'imposer cela à sa femme et à son fils, des preuves concrètes étaient toujours trop horrible, il voulait tenter de les épargner du mieux qu'il pouvait. Et puis, ça éveillerait les soupçons. Alors il gratta la marque qu'il avait dans le cou, il gratta longuement presque au point de s'écorcher en essayant de trouver une allergie quelconque qui serait responsable de ses démangeaisons. Il ne portait pas de chaîne, qu'allait-il pouvoir utiliser comme prétexte ? C'était ridicule, il se sentait comme un gamin qui cachait à ses parents un suçon vulgaire, révélateur d'une relation certainement interdite. Alors il gratta tout le tour de son cou, rougissant plus ou moins fort certains endroit, la cause serait un parfum qu'il aurait vaporisé sur sa peau et l'aurait rendu allergique. Satisfait, il prit enfin sa douche rapidement et termina de se préparer avant d'inspirer un bon coup et rejoindre le reste de la famille dans la cuisine, prêt pour la guerre qui allait certainement être déclenchée.

Il entra dans la cuisine et fut surpris de n'y trouver que Bill et son fils, attablés devant leurs tasses de café. Ils se parlaient et riaient ensemble. Il salua les deux garçons, notant avec déplaisir qu'Andréas ne le regardait même pas, trop absorbé par Bill. Encore cette foutue jalousie, se dit-il, une jalousie alors que ce n'était qu'une histoire de sexe et d'attirance... Ca n'était pas censé être plus que ça, n'est-ce pas ? Il ne savait pas où il en était, il ne s'était jamais posé la question, il ne connaissait pas vraiment le brun, finalement, il savait simplement qu'il était foutrement attiré, il aimait le toucher, le sentir, être en lui, le posséder vraiment de toutes les manières possible, alors qu'est-ce que la jalousie venait faire là-dedans ? Il avait déjà tout ce qu'il pouvait recevoir de Bill ! Et il lui donnait tout ce qu'il pouvait lui donner selon les circonstances, alors pourquoi ne voyait-il qu'un rival en son fils ?

Il arrêta de se poser la question quand il remarqua enfin que les deux garçons s'étaient arrêté de parler pour le fixer, étonnés de le voir froncer les sourcils et d'avoir le visage si fermé. Victoria entra dans la cuisine, suivit de Mary et Tom se raidit instinctivement. Mary fut étrangement silencieuse pendant tout le petit déjeuner, elle répondait à peine aux taquineries de son frère et avait rembarré méchamment Bill deux fois, ce dernier ne comprenant pas pourquoi elle avait autant d'animosité à son égard. Il ne l'avait pas vue derrière Tom, la veille, et ne se doutait de rien. À la deuxième réplique cinglante qu'elle lui servit, il se tût, étonné, et Andi la tança vertement pour avoir osé répondre aussi insolemment à son Bill. Victoria dut mettre un terme à la dispute qui commençait et personne ne remarqua combien Tom était mal à l'aise de toute cette situation. Le blond se dit alors qu'il fallait qu'il parle à Mary, avant qu'elle ne révèle devant tout le monde le pourquoi de sa mauvaise humeur. Ça devenait vraiment urgent. Il surprit plusieurs fois le regard songeur de sa fille sur lui et s'empêcha de prendre un air paniqué, il devait absolument faire comme si de rien n'était ou alors c'était fichu, elle comprendrait que son père avait des choses à se reprocher. Tom ne cessait de se répéter qu'elle n'avait vu qu'une étreinte, une innocente étreinte, il savait déjà ce qu'il lui expliquerait dès qu'il en aurait l'occasion.

Sa femme remarqua les traces dans son cou et se moqua gentiment de lui quand il expliqua qu'il avait essayé un des parfums de son frère, dans la salle de bains. Personne ne fit d'autres commentaires, Tom s'appliquait à éviter de regarder Bill, sa fille guettait ses moindres faits et gestes. A la mention des marques autour du cou de Tom, Bill avait simplement baissé la tête pour cacher un sourire amusé, laissant ses cheveux entourer son visage comme un fin rideau qui empêcherait qui que ce soit de comprendre qu'il en savait plus qu'il ne le disait.

***
 
Ils étaient de nouveau de retour chez eux, la matinée avait passée très vite. Le voyage avait été fait dans un silence quasi-étouffant, Tom avait vu Mary s'endormir dans la voiture, avec soulagement, cela avait mis fin aux remarques sèches qu'elle échangeait avec Andréas, Bill n'osait même plus lui parler, il avait fini par comprendre qu'il était la raison de sa colère et se demandait encore pourquoi. Il était intérieurement apeuré à l'idée de s'être fait griller mais ne savait comment. Il avait voulu interroger Tom mais n'avait trouvé l'occasion de le faire, ce dernier l'évitait comme la peste et ne le regardait même pas. Il se souvint du frisson de peur qu'il avait eu quand Mary l'avait surpris en train de dévisager Tom qui mettait les sacs dans le coffre de la voiture. Il hésitait à aller le rejoindre pour lui parler et se contentait de l'admirer de loin, il trouvait Tom vraiment très beau et n'arrivait pas à détacher son regard de lui, mais Mary s'était avancée vers lui et avait lancé agressivement :

-Pourquoi tu le regardes comme ça ?

Il avait tourné la tête vivement vers elle et n'avait rien pu répliquer, elle s'éloignait déjà en direction de son père. Bill était alors rentré pour retrouver Andi et ne sut pas que Mary s'était postée contre la voiture pour regarder son père terminer de ranger les sacs dans le coffre. Quand Tom releva enfin la tête, il fut lui aussi surpris d'être la cible de l'animosité de sa fille. Cette dernière croisait les bras et le regardait d'un air accusateur, sans parler. Il hésita un instant et demanda enfin :

-Qu'est-ce que tu veux, Mary ?

Et il faillit trébucher quand il l'entendit dire :

-Pourquoi Bill il te regarde comme ça ?

Il sentit de la sueur froide couler dans son dos et lutta pour garder un ton neutre :

-Comme ça comment ?

-Bin...Me dis pas que tu le voies pas ! Il était là, dehors, il te regardait tout le long comme si...

Il la coupa brutalement :

-C'est quoi ces conneries, Mary ? Non mais ça va pas bien, la tête ?

-Je vous ai vu, hier soir...

Le moment était venu de parler à sa fille et Tom sentit qu'il fallait le faire d'urgence. Elle devenait trop dangereuse. Alors il s'appuya contre la voiture, à côté d'elle et croisa les bras, prenant un air outré :

-Je sais bien que tu nous as vu ! Et alors ?

Elle le regarda, interloquée :

-Et alors ? Et alors ? Papa ! Il...Qu'est-ce que vous fabriquiez ? Il était pendu à ton cou, il te caressait le dos ! Il est amoureux de toi ou quoi ?

Tom sentit son sang se glacer dans ses veines mais réussit à se reprendre. Il éclata d'un rire faux mais sa fille ne s'en aperçut pas. Elle le regarda un instant, étonnée de sa réaction et écouta son père lui expliquer :

-Ah, tu me parles de ça ! Pfff...N'importe quoi ! J'aurais jamais pensé que tu puisses imaginer un truc pareil, t'as l'esprit bien tordu ma pauvre fille ! Je me suis levé pour boire et j'ai trouvé Bill dans la cuisine qui pleurait. Apparemment, il s'était un peu accroché avec Andi et ça n'allait pas trop. Alors j'ai essayé de lui remonter un peu le moral, c'est tout. Après ça allait mieux pour lui, je crois. On a été se coucher, et on s'est souhaité bonne nuit ! Qu'est-ce que tu vas imaginer là ?

Mary plissa les yeux, encore suspicieuse et demanda :

-Et tu lui fais un câlin pour lui dire bonne nuit, toi ?

Tom haussa nonchalamment les épaules :

-Pas spécialement, mais tu sais, au lieu de juger rapidement, pense que Bill n'a pas de père, il est toujours fourré chez nous avec pour seul exemple, notre famille unie. Je pense que je lui rappelle le père qu'il n'a pas connu et qu'il aimerait peut-être avoir, je sais pas...c'est certainement ça. Il s'est un peu confié à moi, il était vraiment triste ! Et puis, c'est un gamin, Mary, il a simplement voulu me montrer sa reconnaissance comme ça ! Je vois pas ce qu'il y a de mal à ça !

Mary sembla retourner les explications de son père dans sa tête et au grand soulagement de Tom, parut satisfaite. En réalité, elle y croyait moyennement. Elle avait bien vu le regard de Bill sur son père, ce n'était pas le regard admiratif d'un presque-fils pour un presque-père, c'était le regard admiratif d'un homme qui en voulait un autre. Mais elle décida pour l'instant de ne rien dire de plus, après tout son père ne voyait peut-être pas le petit manège de Bill ? En fait, Mary pensait que Bill devait avoir une sorte de béguin pour son père et que ce dernier ne l'avait pas remarqué. Alors elle attendrait de voir ce qui allait se passer par la suite, voir si d'autres signes confirmaient ce qu'elle pensait. Après, elle préviendra son frère, si celui-ci l'écoute, ce dont elle doutait tellement il était mordu de ce Bill.

Pourtant, elle aimait bien Bill, elle le voyait régulièrement en compagnie de son frère et elle ne doutaient pas qu'ils étaient bien ensemble. Mais elle sentait depuis quelques temps une espèce d'atmosphère un peu lourde, bizarre quand il était dans les parages et n'avait jamais réussi à trouver pourquoi. Se pouvait-il qu'elle trouve enfin ce qui clochait ? Elle se promit de le savoir bien assez tôt.

Ce qu'elle ne s'avouait pas, c'est qu'elle enviait aussi la liberté de son frère, il pouvait recevoir son petit ami à la maison, sortir à peu près quand il voulait, ses parents avaient même accepté son homosexualité avec facilité, et elle, elle était coincée à la maison parce que ses parents estimaient qu'elle n'était pas encore en âge de sortir. Presque toutes ses copines le faisaient, sauf elle ! Et il y avait aussi autre chose qui la mettait en colère, mais elle occulta complètement cette raison.

Grégory, le gentil et mignon Grégory pour qui elle avait un immense béguin et qui était en dernière année dans son collège, celui avec qui elle avait réussi à échanger quelques mots le matin avant de rentrer en classe, ce même Grégory avait pratiquement bouffé Bill des yeux quand son père l'avait déposée un matin. Andréas et Bill étaient toujours avec Tom, elle était toujours la première qu'on déposait. Il avait suffit de quelques minutes, à peine deux ou trois, le temps qu'elle descende et que Bill sorte de la voiture pour récupérer quelque chose dans le coffre pour que Grégory soit bouche bée pour le reste de la journée. Et maintenant, il l'attendait souvent devant le collège, elle savait qu'elle n'était qu'un prétexte, Grégory voulait simplement voir si Bill les accompagnait. Le premier matin où il le vit, il lui posa tout un tas de questions, elle répondit hargneusement et le garçon, rouge de honte, avait bien vite arrêté.

Alors Mary en voulait à Bill, même si ce dernier n'avait rien fait. Il n'avait qu'à ne pas être là, elle aimait vraiment beaucoup Gregory, Bill n'avait pas le droit de le « rendre » gay. Mais à aucun moment Mary ne se dit que c'était simplement la rancune qui la poussait à agir. Blesser Bill, c'était tout ce qui lui importait désormais. Il ne lui restait plus qu'à attendre et à observer attentivement et discrètement le comportement de Bill en présence de son père. Après elle aviserait.

De son côté, Tom tournait comme un lion en cage. Il fallait qu'il trouve une solution pour sortir. Ils avaient déposé Bill chez lui avant de rentrer chez eux et il lui fallait une excuse valable pour déserter. Mais on était dimanche soir et que pouvait-il dire pour partir ? Et puis, il fallait absolument qu'il parle à Bill, surtout de Mary. Il essayait désespérément de trouver une solution pendant que sa femme était affairée dans la cuisine. Andi était dans sa chambre et Mary dans la sienne.

Tom avait réussi à prendre le portable de son fils, et avait pris rapidement le numéro de Bill. Maintenant, il ne savait qu'en faire. Bill devait être chez lui avec sa mère, il ne pourrait certainement pas sortir, comment allaient-ils se voir ? Il lui fallait une raison, une bonne raison, une très très bonne raison, même...Et aller dans le jardin pour appeler le garçon n'était pas franchement une solution.

A court d'idées, Tom se laissa tomber dans le canapé en soupirant. Au même moment, son portable sonna et c'est machinalement qu'il décrocha. A l'autre bout, Hans, son collaborateur poussa un soupir de soulagement :

-Tom ! Enfin ! Si tu savais depuis combien de temps j'essaie de t'appeler !

-Bin voilà, je suis là. Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Tu sais qu'on a la présentation pour la campagne de la Maison des Liqueurs Brickmann dès demain matin ?

-Oui, je le sais, et alors ?

-Et alors ?! Euh...Comment te dire ça sans t'affoler...J'ai...Euh...J'ai pas fini !

Tom se redressa dans son siège et s'écria :

-Quoi ! T'as pas fini ! Putain, tu veux qu'ils...Mais c'est pour demain ! T'avais juste à finir les illustrations, merde Hans ! J'ai déjà fini tout le reste !

Et soudain il eut une idée :

-Bon, tu veux qu'on se voit maintenant pour voir ce qu'on peut faire pour régler ça ?

Ledit Hans poussa un soupir de soulagement :

-Écoute, si tu peux me rejoindre au bureau, ça m'arrangerait ! J'osais pas te le demander, vu qu'on est dimanche et que tu dois sûrement-

Il fut coupé par Tom qui essaya de freiner l'empressement dans sa voix :

-Non, ça va aller. Je pars de suite et je te retrouve là-bas.

Il raccrocha et quand il se retourna il vit sa femme debout, l'air réprobateur, les bras croisés. Elle reprocha immédiatement :

-Ne me dis pas que tu vas partir !?

Il dût se retenir de se jeter sur ses clés et répondit :

-On a une présentation demain, super importante...Gros client...Hans a merdé...Je le retrouve au bureau pour rattraper ses conneries...Te vois plus tard...Mangez sans moi, m'attendez pas.

Victoria s'avança vers lui et le rattrapa de justesse alors qu'il ouvrait la porte d'entrée à la volée :

-Fais au moins un bisou, mari indigne !

Il se retourna à peine et se pencha pour l'embrasser rapidement sur la bouche, qu'il manqua et embrassa son menton à la place, marmonnant un dernier :

-Te vois plus tard...M'attends pas pour dormir non plus, je crois qu'on en aura pour un bon bout de temps.

Il fut dehors et derrière son volant en un rien de temps. Victoria avait eu juste le temps de sentir un courant d'air derrière le passage de son mari et de sentir son parfum, avant de constater que la porte d'entrée n'était même pas correctement refermée, uniquement tirée. Elle la referma en souriant, pensant que Tom devait être vraiment affolé de rater sa présentation pour courir, voir galoper au bureau pour le reste de la soirée !

Elle n'avait jamais été aussi loin de la vérité. En effet, Tom avait bien l'intention de rejoindre son collaborateur au bureau, il essaierait de régler le problème rapidement, après tout c'était Hans le plus doué pour les illustrations, il le laisserait terminer et lui, il irait rejoindre Bill. Il ne pensait qu'à ça.

Chez Bill, l'atmosphère n'était pas plus joyeuse. Le brun était rentré, l'esprit encore occupé par tout ce qui s'était passé pendant le week-end mais il se réjouissait à l'avance de se détendre, ne penser à rien en passant une soirée avec sa mère qu'il aimait énormément mais qu'il voyait très peu. A aucun moment, il ne remarqua que Simone était plutôt silencieuse et gênée. Il était monté déposer son sac dans sa chambre et Simone essayait de trouver la meilleure façon de lui annoncer la nouvelle. Une nouvelle qui, elle le savait, allait faire enrager son fils...

Bill redescendit en sautillant et vint s'assoir dans le canapé à côté d'elle. Il la regarda en souriant :

-T'as passé un bon week-end, toi ?

Elle hocha la tête en souriant :

-Oui, ça a été ! Tu sais, je me suis plus reposée qu'autre chose, j'ai travaillé sur quelques dossiers importants aussi, c'est tout. Je vois à ton air radieux que tu t'es bien amusé !

Bill essaya de ne pas rougir et répondit simplement :

-Ouais, c'était vraiment super. Andi a une famille vraiment géniale !

Et pour éviter de continuer de parler de la famille de son petit ami, il détourna la conversation :

-Bon, alors ce soir on fait quoi ? Ca te dirait qu'on regarde un film ensemble ? Ca fait longtemps qu'on s'est pas fait une soirée DVD, et puis je ferai du pop-corn ou on commanderait une pizza, parce que, ma chère maman, l'intoxication alimentaire n'étant pas prévu dans le programme de ce soir, je préfèrerai que tu ne cuisines pas !

Simone le regardait sourire, tellement heureux de passer la soirée avec elle et son coeur se serra d'autant plus. Bill s'agitait un peu plus en parlant, un immense sourire aux lèvres :

-Bon, on prend quoi comme pizza ?

Elle ferma les yeux, le temps d'inspirer et décida de se lancer :

-Bill...

Mais ce dernier continuait de babiller :

-Ah ouais, t'aime pas les pizzas ! Bin c'est pas grave on peut...Oh je sais !

Il se leva, tout content d'avoir trouvé une bonne idée, et s'écria :

-Tu veux que je te fasse une salade ? On a de quoi en faire, je crois, non ? Et t'as toujours aimé mes salades, alors je t'en prépare une et toi, tu me commandes une pizza !

Simone s'en voulait terriblement, elle allait une nouvelle fois décevoir son garçon, mais elle n'avait pas le choix. Presque pas le choix...Ne supportant plus regarder Bill être si heureux, elle étendit la main devant elle pour stopper le flot de paroles qu'il débitait et força la voix :

-Bill ! Bill, assieds-toi, il...il faut que je te parle.

Bill s'interrompit en pleine phrase et la regarda, étonné. A la tête que faisait sa mère, il comprit qu'il y avait quelque chose d'important dont elle voulait lui parler. Il fronça les sourcils et remit une mèche derrière son oreille :

-Tu veux me parler ? De quoi ?

-Assieds-toi...

Machinalement, Bill s'assit en face d'elle. Elle regarda son fils en prenant son air le plus désolé et dit enfin :

-Bill, il faut que...Je dois...Tu sais, je travaille sur un projet très important en ce moment et...

Les traits de Bill se durcirent, par ces simples mots il avait déjà compris. Sa mère s'interrompit, regarda la déception, la douleur, le désespoir et la colère se succéder dans le regard de son fils et puis plus rien, Bill reprit en un rien de temps un visage neutre. Il se leva et continua pour elle :

-C'est bon, j'ai compris ! Je suppose que tu dois partir ? T'as du boulot important pour demain alors il faut...il faut que tu partes, c'est ça ?

Simone se leva et tendit la main pour attraper son bras, mais il s'écarta sans plus la regarder alors qu'elle essayait de se défendre :

-Bill, j'ai pas le choix, tu sais bien !

Il haussa les épaules en pinçant les lèvres et lui demanda :

-A quelle heure tu rentres ?

-Justement, c'est de ça dont je voulais te parler aussi. Ça...Je prends le train ce soir, tu sais, ce projet, je le monte pas seule, le client veut que je le rencontre et il habite loin, je dois le voir demain matin, à la première heure, et c'est pour ça que je...

Elle s'arrêta un instant et reprit dans un souffle :

-Je prends le train ce soir. J'ai déjà fait mon sac, j'appelle le taxi dans un moment.

Bill hocha la tête, extrêmement déçu, mais il voulait à tous prix le cacher à sa mère, il ne voulait pas lui montrer sa déception, pas pour la préserver mais plutôt pour la laisser croire que ça ne le touchait pas plus que ça. Il passa devant elle pour monter dans chambre et s'arrêta quand il l'entendit s'écrier :

-Mais tu sais, j'ai encore un peu de temps ! Si tu veux, on prend un verre ensemble et tu me racontes ton week-end !

Bill ne se retourna même pas. Il répondit, toujours dos à sa mère :

-Non, t'inquiète pas pour moi. Tu dois y aller et je veux pas te retarder. Bon voyage.

Simone tenta de le retenir mais Bill se dégagea un peu vivement et grimpa rapidement les escaliers pour se réfugier dans sa chambre. Il s'appliqua à ne pas claquer sa porte, et après avoir verrouillé derrière lui il se jeta sur son lit, le visage dans le matelas et se retint de pleurer. Il ne fallait pas qu'il pleure, il avait l'habitude d'être seul, il pouvait l'être encore un soir de plus !

Simone ravala sa culpabilité, appela pour qu'un taxi vienne la chercher et alla enfiler les vêtements qu'elle comptait porter pour voyager. Son sac était prêt, il ne lui restait plus qu'à dire au-revoir à son fils. Elle s'approcha doucement de sa porte et cogna. La voix étouffée de Bill lui parvint :

-Oui ?

-Bill, ouvre ! Je...Je dois y aller et je...

Elle n'osait pas terminer sa phrase. Comment pouvait-elle continuer ? Dire au-revoir et partir ? Mais elle n'avait pas le choix, c'était son travail, elle n'avait pas pu faire autrement que de prendre le train la veille de son rendez-vous important. Elle avait accepté que Bill aille en week-end pour que la pilule soit plus facile à passer pour lui, quand il allait apprendre qu'elle devait partir. Elle aurait dû lui dire qu'elle devrait s'absenter dès qu'il rentrerait, mais elle n'avait pas trouvé le courage de le faire. Bill s'était faite une telle joie à l'idée d'avoir une soirée avec sa maman, elle n'avait pas pu lui dire que la soirée tant attendue n'aurait pas lieu. Et elle s'empêcha de culpabiliser encore plus en pensant à l'autre raison qui faisait qu'elle partait ce soir au lieu du lendemain matin. Elle partait pour le travail. C'était ce qu'elle se répétait sans cesse.

Après quelques secondes, elle entendit Bill déverrouiller sa porte. Elle remarqua immédiatement ses yeux rougis et son regard brillant et nota comment il se forçait à sourire. Elle tendit la main pour lui caresser la joue et lui dit :

-Bon, je vais y aller, mon taxi ne devrait pas tarder. Écoute, quand je reviens, on se fait une soirée, rien que nous deux, c'est promis !

Bill lui fit un sourire triste et dit doucement :

-Fais pas des promesses que tu peux pas tenir. Mais ça va aller, t'inquiète pas pour moi. Je...Je vais regarder un peu la télé et aller me coucher, demain y'a cours.

Elle sembla se rappeler de quelque chose et s'écria :

-Oh attends !

Simone fouilla rapidement dans son sac et en sortit quelques billets qu'elle tendit à son fils. Ce dernier lui lança un regard incrédule, sa mère pensait vraiment le « consoler » de cette façon ? Elle pensait vraiment qu'il avait besoin d'un « dédommagement » ? Voyant que Bill ne réagissait pas plus, Simone secoua les billets et dit :

-Tu te rappelles, ce jean que tu as vu, celui pour lequel tu m'as bassinée pendant des jours ? Je me suis dit que...tu aimerais sûrement te l'offrir !

Bill haussa un sourcil, ne sachant s'il devait rire ou pleurer. Simone secoua encore les billets devant son visage, le regard implorant et finalement, il les prit, disant simplement :

-Ok. Merci.

Il se retourna et s'arrêta soudain avant d'entrer complètement dans sa chambre :

-Le fric achète pas tout, maman. Je pensais que tu savais ça. Bon voyage, on se voit à ton retour.

Simone préféra s'énerver plutôt que de culpabiliser encore plus. Elle s'écria, furieuse :

-Tu pourrais être un peu plus reconnaissant, Bill ! Je me tue au travail pour que tu puisses t'acheter les choses que tu veux et ça, peu importe le prix ! Quand il s'agit de ne pas regarder à la dépense, mon travail te gêne moins, n'est-ce-pas ? Et puis, je ne pars pas longtemps, je serai de retour demain dans la soirée !

Elle le vit raidir les épaules sous son attaque verbale, il se retourna et la fixa, outré, les yeux grands ouverts. Elle allait prendre la parole mais se ravisa soudain, Bill la regarda encore un peu en secouant la tête et dit simplement, avant de refermer sa porte :

-Tu comprends rien. Allez, vas-y tu vas être en retard. Salut.

Elle soupira et se baissa pour reprendre son sac de voyage. Un klaxon retentit, annonçant l'arrivée du taxi qu'elle attendait. Elle sortit et prit place à l'arrière après que le chauffeur eût galamment mis son sac dans le coffre. Elle s'en voulait, elle s'en voulait énormément de devoir laisser son fils si seul, et si souvent. Elle n'arrivait pas à oublier le regard déçu qu'il avait eu et ce qui était pire encore, c'était la résignation dont Bill faisait preuve. Elle savait qu'il était en colère, mais elle savait qu'il comprenait aussi que son travail était très important pour elle. Et puis, il était grand, il était plutôt du genre solitaire, il savait s'occuper, de quoi se plaignait-il, elle qui bossait comme une dingue pour eux ? Il pourrait toujours inviter son petit ami, de toute façon il ferait bientôt nuit et la nuit, on dort ! Alors elle essaya de taire les reproches qui tournaient à plein régime dans sa tête, se persuadant qu'elle en faisait suffisamment et qu'elle avait aussi le droit d'avoir une vie de femme, et à peine la voiture se fut-elle éloignée, elle sortit son portable et composa un numéro. Après trois sonneries, quelqu'un décrocha, lui ramenant le sourire. :

-Jörg ? Je suis en route pour la gare...Hmm hmm...J'arriverai dans trois heures...Oh, tout le dossier est bouclé, je suis complètement libre, et ce, toute la nuit ! Non, le rendez-vous est pour demain matin, mais je tenais absolument à te voir avant...C'est vrai ? Tu as déjà réservé la chambre d'hôtel ? D'accord, je te vois à la gare, à tout à l'heure...

Elle raccrocha, souriant un peu plus, sans savoir qu'elle laissait derrière elle un garçon complètement anéanti qui sanglotait bruyamment, tout seul dans sa chambre.

En effet, après que le taxi se soit éloigné, Bill n'avait pas pu résister plus longtemps, toute la colère, la déception, la tristesse qu'il avait accumulées éclatèrent et les larmes commencèrent doucement à rouler sur son visage. Et il se mit à penser à Andi, qui lui, devait être entouré de toute sa famille pour terminer le week-end. Et bien sûr il pensa à Tom et se sentit encore plus seul. Il essuyait rageusement les larmes qui se faisaient plus abondantes, s'insultant, se traitant de faible, se persuadant du mieux possible que c'était une juste punition pour être aussi mauvais et dépravé. Il trompait Andi, il poussait Tom à tromper sa femme, ce n'était que justice de ne pas être totalement heureux. Alors qu'il se faisait tout un tas de reproches qu'il pensait mériter, ses sanglots devinrent plus bruyants et il ne put s'empêcher de se demander « pourquoi moi ? » Il n'avait pas prévu d'être aussi attiré par Tom, il n'avait rien planifié, ça lui était tombé dessus sans prévenir, pourquoi fallait-il payer aussi cher la conséquence de ses actes ?

Il sursauta en entendant son portable sonner et vibrer contre sa jambe, dans la poche de son pantalon. Il l'ignora, la sonnerie s'arrêta un instant et reprit de plus belle. Il continua d'ignorer l'appel, persuadé que c'était sa mère qui essayait de le joindre pour s'excuser de nouveau, il ne voulait pas l'entendre. Mais la sonnerie ne cessait de retentir et il finit par extirper le portable de sa poche, étonné de voir que l'appel était masqué. Sa curiosité le poussa finalement à décrocher et il entendit une voix grave connue, apparemment soulagée qu'il décroche :

-Putain, Bill !

Il fronça les sourcils et se redressa un peu, essayant de prendre une voix normale pour cacher ses pleurs :

-Tom ?

A l'autre bout, Tom criait plus qu'il ne parlait, il avait bien cru ne pas pouvoir joindre le brun et était déjà malade à l'idée de rentrer chez lui sans l'avoir vu :

-Bin oui c'est moi ! Putain, décroche un peu quand on t'appelle !

-J'ai décroché, là ! Comment tu as eu mon numéro ?

-Je...Je l'ai pris dans le portable d'Andi. Bon, écoute-moi bien, tu peux sortir pour qu'on se voit un peu ?

Bill se redressa et se sentit sourire :

-Je peux faire mieux que ça ! Ma mère est partie, elle prend le train à l'instant même où je te parle, pour le boulot. Elle sera de retour demain soir, donc là, je suis tout seul. Tu veux venir à la maison ?

Tom n'hésita pas une seule seconde :

-J'arrive.

Il raccrocha sur ces simples mots et Bill se leva rapidement, lissa ses cheveux avec ses doigts et fila dans la salle de bains pour regarder de quoi il avait l'air. Il grimaça quand il vit ses yeux rouges en enflés et surtout tout le maquillage étalé sur ses joues. Il se rinça rapidement le visage, s'essuya, se recoiffa un peu mieux et décida d'attendre Tom dans le salon.

Il n'eut pas à attendre très longtemps, peu de temps après, Tom arriva et sonna. Il se leva, le coeur battant et se dépêcha d'aller ouvrir, il n'avait pas entendu la voiture de Tom il ne fallait surtout pas qu'on le voit chez lui !

Quand il ouvrit, Tom regardait derrière lui un peu nerveusement, mais Bill le vit avec plaisir se détendre. Il se faufila à l'intérieur et Bill referma à clé soigneusement. Il allait se retourner pour faire face à Tom, quand il se sentit brutalement enlacé et attiré contre un torse musclé et ferme. Tom l'avait plaqué contre lui et enfouissait son visage dans son cou, son nez dans ses cheveux, le serrant toujours plus fort à chaque fois.

Bill se débattit un peu en riant :

-Hey ! Attends un peu ! Viens t'assoir !

Tom ne lui répondait, il n'en était même pas capable, il avait le nez dans le cou de Bill, il respirait à fond son odeur particulière, il était hors de question qu'il arrête pour faire quoi que ce soit d'autre, même pas pour laisser Bill respirer. De toutes façons, le jeune garçon n'en avait nul besoin, il partageait le même air que Tom, ça lui suffisait. Tom se calma et encadra le visage du brun de ses deux mains, il releva la tête pour poser sa bouche sur la sienne et l'embrasser doucement. Bill s'agrippait fermement à sa taille, les jambes déjà tremblantes. Le plus vieux glissa une main dans son dos et retira le bas de sa chemise de son pantalon pour pouvoir effleurer sa peau. Bill se cambra gracieusement contre lui et il lui caressa alors plus franchement tout le dos.

Tom détacha sa bouche un instant et lui souffla, les yeux toujours fermés :

-Tu me fais visiter ?

Bill acquiesça rapidement et reprit Tom par le cou pour dévorer sa bouche de nouveau, soufflant entre chaque baiser et pointant le salon du doigt :

-Ok, ça c'est le salon.

Il montra l'escalier, derrière lui, et s'arrêta juste pour dire rapidement :

-Là-haut, c'est ma chambre. On commence par là ?

Il agrippa le blond par le devant de sa chemise et l'attira dans les escaliers. Ils arrivèrent rapidement dans la chambre du brun et Tom le poussa doucement en direction du lit. Ils n'arrivaient pas à faire se décoller leurs bouches, déjà étourdis et excités. Ils furent interrompus par le portable de Bill qui se mit à sonner. Bill sursauta et repoussa Tom en cherchant son portable du regard. Tom s'élança sur lui et grogna un :

-Réponds pas !

Mais Bill secoua la tête et saisit son mobile :

-Vaut mieux que je réponde, au cas où ma mère voudrait me dire qu'elle a raté son train et qu'elle est en train de revenir.

Il décrocha et effectivement, c'était sa mère au bout du fil. Tom soupira lourdement, agacé par cette interruption et regarda Bill lui tourner le dos pour répondre :

-Oui ? Oui, ça va, maman...Ah, ok ! Ah ? Je croyais que tu étais déjà partie ! Du retard ? Mmh...Là ? Bin là j'allais-

Sa voix s'étrangla dans sa gorge, Tom venait de plaquer son corps contre son dos et l'embrassait dans le cou. Il se força à se reprendre et essaya de ne pas faire quelque chose d'embarrassant, comme gémir ou haleter, alors qu'une langue caressait sa nuque et que des mains s'affairaient à défaire sa ceinture et son pantalon. Il déglutit péniblement et reprit, la voix un peu plus faible :

-Euh...Là, j'allais prendre...une douche.

Il essayait de repousser Tom du coude mais ce dernier glissa malicieusement la main dans son boxer, ravi de sentir le brun perdre pied et trembler contre lui. Il approcha sa bouche près de l'oreille libre de Bill et chuchota :

-Raccroche...

Bill essayait vainement de se débattre mais n'était plus capable de rien, pas quand la main de Tom le touchait si bien. Il s'appliqua quand même à répondre le mieux possible à sa mère qui n'avait, apparemment, rien remarqué. Il écoutait à peine et avait fermé les yeux, la tête posée sur l'épaule de Tom qui continuait de lui parler doucement à l'oreille, qu'il léchait ou suçait entre chaque phrases :

-Raccroche...Je vais te baiser...Je vais te baiser fort...Très fort, même...

Il passa son pouce sur le gland humide et Bill ne tint plus, il poussa un fort gémissement, faisant s'arrêter sa mère en pleine phrase :

-Bill ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Bill se redressa et répondit, affolé :

-Rien, je...Je me suis cogné le pied dans le pied de la chaise !

Et il ajouta, pour faire bonne mesure :

-Merde, ça fait mal !

-Oh ! Fais attention, chéri.

Elle reprit sa conversation, au grand désespoir de son fils qui était en train de se dire qu'il allait lui raccrocher au nez et prétexter une panne de batterie. Il lança un regard furieux à Tom et ce dernier sourit grandement, la main toujours dans son boxer. Il attira de nouveau le brun contre lui et le caressa encore mieux, l'écoutant se forcer à prendre une voix normale pour répondre à sa mère. Il vint encore lui parler à l'oreille :

-Raccroche...Je veux te faire jouir...Ça va être encore mieux qu'au sauna...Tu te rappelles ?

A bout, Bill se redressa un peu et lança à sa mère :

-Maman, ça va couper, j'ai plus de batterie ! Fais un bon voyage, ok ? Bye !

Il raccrocha et laissa son portable tomber au sol en se retournant pour lancer ses bras autour du cou de Tom. Il lui sourit et dit :

-Putain, t'es grave, pour un adulte ! Je suis sûr qu'elle a dû entendre toutes tes cochonneries ! Tu vas te faire virer !

Tom remonta une main dans les cheveux de Bill et grogna :

-Je m'en fous, comme prime de départ, je demanderai à baiser son fils en compensation !

Bill gloussa et son rire mourut dans sa gorge quand Tom plongea la tête dans son cou pour mordiller un peu sa gorge. Il s'accrocha aux dreads du blond et soupira de plaisir, se sentant poussé et tombé contre le matelas. Le reste alla très vite et se passa dans un ballet de mains qui arrachaient tous les vêtements, les bouches qui jouaient entre elles, les souffles qui se mélangeaient et les regards qui se soutenaient.

Tom fut rapidement nu sur Bill et avait passé une main à l'arrière de sa tête pour la relever pour pouvoir mieux le regarder. Bill haletait et s'accrochait à Tom, effrayé de ressentir un plaisir aussi grand. Tom lui léchait les lèvres, le menton, l'oreille et la gorge. Il l'embrassait et le mordait, tirait sur ses cheveux, caressait sa peau. Bill était dans un état absolument lamentable, complètement enivré, il avait l'impression que tout tournait autour de lui. Pendant que Tom martyrisait toujours sa gorge, il étendit son bras et atterrit directement sur sa table de nuit. À tâtons, il ouvrit son tiroir et récupéra, par des gestes maladroits, un tube de lubrifiant. Tom remarqua enfin le tube qu'il tenait et secoua la tête :

-Pas tout de suite...

Il retira le tube de la main du jeune garçon et fit de nouveau glisser sa bouche sur son corps, le faisant se tortiller sous lui. Il frottait les tétons de sa bouche et de son pouce, Bill gémissait doucement, bouche fermée, mais Tom voulait l'entendre encore plus que ça. Il savait que le garçon était timide mais il avait pu constater que lorsqu'il était très excité, Bill pouvait être assez crû en mots et l'entendre exprimer son plaisir, c'était le meilleur pour Tom.

Il sentit Bill resserrer les doigts dans ses dreads quand il lui embrassa et lécha le ventre. Il respirait plus fort, plus difficilement et Tom se jura de lui faire complètement perdre la tête. Il continua de descendre le corps sur celui du brun et lui mordit l'intérieur des cuisses, le faisant hoqueter bruyamment. Bill gigotait encore plus et ouvrait les jambes, mettant sa réserve de côté pour profiter de ce que Tom lui faisait. Ce dernier, tout en continuant multiples caresses et léchouilles, descendit la tête au niveau de ses testicules qu'il aspira et lécha aussi un peu. Bill transpirait et ne savait plus s'il fallait crier ou gémir, les deux étant de toutes façons, les seules choses qu'il était capable de faire.

Son corps s'arqua à l'extrême quand il sentit la langue de Tom lui caresser la raie des fesses, il ouvrit de grands yeux, choqué, mais fondit complètement sous les caresses intimes et obscènes que Tom lui infligea. Le blond titillait son anus de la langue, en retraçait le contour, humidifiait le plus possible son endroit avant de pousser un peu, forçant la résistance et réussir à le pénétrer de la langue. Bill crut vraiment jouir à ce moment-là, la langue de Tom le brûlait, le chatouillait, l'étourdissait, il n'avait jamais connu un tel traitement et c'était vraiment la meilleure des choses pour lui.

Tom poussait sa langue à l'intérieur de Bill, un peu plus loin à chaque fois et l'état du gamin empira quand le blond saisit son sexe pour le pomper lentement, au même rythme que ses entrées en lui. Pendant un moment, Tom continua de le lécher et de le détendre un maximum de cette façon et, à la façon dont Bill gémissait, il s'y prenait forcément bien. Il sentait le brun proche, très proche, lui-même était à bout, il fallait qu'il prenne Bill ou il allait venir bêtement dans les draps, comme un jeune puceau.

Il se redressa et attrapa le tube de lubrifiant, étalant un peu de gel sur son sexe et, lâchant le tube à peine refermé, il se positionna entre les cuisses de Bill, ce dernier avait les yeux fermés et avait l'air complètement déconnecté, hors de la réalité. Tom avança les hanches, poussa les yeux, et frémit quand il pénétra enfin le brun. Il releva la tête de son cou et l'embrassa profondément, adorant le sentir haleter dans sa bouche et ses ongles lui griffer un peu le dos.

Il se força à attendre que Bill s'habitue à sa présence en lui et après quelques secondes où aucun d'entre eux ne bougèrent, il amorça un mouvement de retrait, d'à peine quelques centimètres, avant de revenir doucement et ce, en plusieurs fois. Bientôt, le passage fut plus facile, le lubrifiant leur facilitait les choses. Le plaisir grandissait, Bill bougeait doucement sous Tom et celui-ci le regardait fermer les yeux et respirer difficilement, fasciné. Il avança la main pour dégager son front et embrassa le coin de sa bouche, les doigts toujours enfouis dans la chevelure brune, pendant qu'il donnait d'enivrants coups de reins qui faisaient se cambrer le jeune homme contre lui.

Leurs peaux humides glissaient l'une contre l'autre, Bill serrait Tom contre lui, serrait son corps entre ses cuisses et gémissait doucement. Tom releva le buste et se tint sur la paume de ses mains, s'enfonça le plus profondément possible en lui et, les hanches complètement collées aux fesses du brun, il bougea le bassin en de petits cercles, juste pour que le bout de son sexe frotte sa prostate. La réaction de Bill ne se fit pas attendre, il ouvrit de grands yeux et s'étrangla avec sa salive, il s'accrocha un peu plus à Tom et gémit plus fort. Sans cesser ses mouvements, Tom se pencha, lui lécha les lèvres et lui souffla :

-Voilà...Laisse-toi aller, Bill...Fais du bruit, pour moi...

Il se retira légèrement pour s'enfoncer de nouveau et heurter le point de plaisir de Bill, faisant jurer et crier ce dernier :

-Oh putain ! Tom...Tu me...T'es tout au fond...Je...Oh, merde...Encore, Tom...Encore...

-Tout ce que tu veux, bébé...

Tom se retira de nouveau et envoya, avec une précision étudiée, un violent coup de rein qui lui coupa le souffle mais lui donna l'impression de recevoir une grosse décharge de plaisir dans tout le corps. C'était beaucoup trop pour lui, il secoua la tête et articula difficilement :

-Tom...Tom...J'en peux plus...J'y...arrive plus...Trop bon...Suis proche...Fais-moi jouir...Haann...

Tom l'écoutait gémir avec fascination, voir et entendre le plaisir de Bill, c'était la meilleure partie pour lui, encore plus que de se sentir étroitement enserré dans l'étau de chair du jeune garçon qui bougeait furieusement sous lui et qui plaquait ses cuisses tremblantes contre ses flancs. Il savait qu'un Bill très excité était totalement vulgaire et déchaîné, il l'écoutait gémir des paroles obscènes et lui-même lui soufflait à l'oreille :

-Viens, Bill...Donne-moi ton plaisir...Jouis pour moi...Montre-moi combien tu aimes ça...

Son ventre frottait et branlait le sexe du brun, il n'avait nul besoin de le toucher, Bill était perdu loin dans son plaisir. Il embrassait Tom partout où il le pouvait, il le léchait, le mordait, le griffait. Il suppliait le blond de le faire jouir et criait qu'il « aimait ça ». Ils bougèrent ensemble encore un moment et tous deux sentirent la chaleur qui s'était concentrée dans leur ventre, se propager partout dans leurs corps et tous leurs muscles se tendirent. Bill jouit le premier en gémissant plaintivement et ses muscles se resserrant violemment tout autour du membre de Tom amenèrent ce dernier lui aussi à la jouissance en grognant, tellement il était enserré, il n'avait pas pu le supporter plus longtemps. Il leur fallut de longues secondes pour reprendre leurs esprits et quand Tom se retira, Bill gémit et frissonna une dernière fois, les yeux toujours fermés.

Tom tourna la tête pour le regarder et détailla son profil, fin et parfait à ses yeux. Bill était un jeune homme vraiment très beau, c'était ce qui l'avait attiré dès le début. Il cherchait à comprendre ce qui lui serrait le c½ur quand il le regardait et ne savait quoi penser. Il avança la tête et souffla sur son visage, faisant sourire un peu le brun. Mais après quelques secondes de silence, Bill tourna la tête pour le regarder sérieusement et lui demanda :

-Tu vas partir, maintenant ?

Tom haussa un sourcil, étonné et amusé :

-T'es en train de me foutre dehors ?

Bill rit doucement :

-Non. C'est juste que...je suppose que tu dois partir ?

-Je suis pas pressé. Tu as dit que ta mère était absente toute la nuit, on a encore un peu de temps, non ?

Bill se tourna complètement sur son flanc, posa sa tête dans sa main et avança l'autre pour caresser la joue du blond :

-Moi, j'ai du temps. Toi, tu as une famille. Une famille que tu vas aller retrouver dans un instant.

-Je t'ai dit que j'étais pas pressé.

Le jeune homme sourit grandement et se tourna soudain pour chercher quelque chose au pied du lit. Tom lui demanda :

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Je cherche mes cigarettes. Envie de fumer.

Tom le ramena contre lui et gronda :

-Bill, là, maintenant, tout de suite, il faut savoir qu'après l'amour, t'as les poumons aussi ouverts que l'ont été tes cuisses y'a un instant ! Tu vas pas fumer, si ?

Bill le regarda, choqué par ses paroles, il arrondit la bouche et écarquilla les yeux mais ne put proférer un seul mot. Tom éclata de rire et dit :

-Bin quoi ? Ce sont les mots « cuisses ouvertes » qui te choquent ? Je t'assure que c'est pourtant bien la position dans laquelle tu-

Il fut coupé par Bill qui cacha son visage dans son cou et marmonna :

-T'es pas obligé de le dire comme ça ! Je sais très bien dans quelle position j'étais, j'étais là, je te rappelle !

Tom déposa un baiser dans ses cheveux et ils restèrent un instant sans parler, à profiter de la présence de l'autre et de la chaleur que l'autre dégageait. Puis, le jeune homme reprit :

-Comment ça se fait, que tu aies pu sortir, et que tu aies autant de temps devant toi ?

Tom eut un air un peu gêné mais répondit quand même :

-Je...Je suis supposé être au bureau, avec mon collaborateur. On a une présentation demain, il m'a appelé plus tôt, il avait merdé dans les illustrations. Je l'ai rejoint au bureau, on a réglé le problème rapidement, c'était pas bien difficile, finalement. Et j'ai laissé ma voiture là-bas, j'ai pris un taxi pour venir chez toi, c'est plus sûr.

Bill hocha simplement la tête et Tom continua :

-C'est bien, que ta mère soit partie ! Bien que je n'approuve pas complètement que tu sois régulièrement seul !

Bill le regarda un instant, soupira et dit :

-Tu n'approuves pas ?

Et Tom continua sur sa lancée :

-Non ! Je sais bien qu'elle a beaucoup de boulot, mais elle devrait pas te laisser seul aussi souvent ! C'est ta mère, Bill ! Et elle fait à peine partie de sa vie !

Bill eut un sourire moqueur :

-Ne la juge pas, Tom ! Je te rappelle que t'es ici, avec moi, alors que tu pourrais être en famille ! T'es peut-être pas le mieux placé pour critiquer.

Tom ouvrit de grands yeux et protesta :

-Je...Je critique pas, Bill ! Mais moi, c'est pas pareil !

Bill lui lança un regard significatif et se moqua :

-Non, c'est vrai, c'est pas pareil ! Tu viens...comment dire ça...tu viens baiser ton...amant, le petit ami de ton fils, alors que tu pourrais rentrer chez toi rejoindre les tiens, non, c'est vrai, c'est pas pareil !

-On est vraiment obligé de parler de ça, surtout comme ça ? On est vraiment obligé de parler de...d'Andi ?

-Non, on est pas obligés. Je veux juste pas parler de ma mère, c'est tout. Elle est jamais là, j'ai l'habitude, et là pour le coup, ça t'arrange bien.

Tom fronça les sourcils et prit le menton de Bill entre son pouce et son index pour tourner son visage vers lui :

-Pardon ? Ça m'arrange bien ? Tu veux dire quoi par là ? Que je profite de toi ?

Le brun dégagea son visage et répondit :

-Non, désolé, je voulais pas dire ça comme ça. Je veux pas qu'on parle de ma mère, pas pour la défendre, mais parce que ça en vaut pas la peine. Tu profites de rien du tout, ou alors je profite autant que toi.

Il fit un petit sourire et ajouta :

-Je suis content que tu sois là, vraiment content. J'allais passer la soirée tout seul et tu es venu.

Il avança la tête et déposa un léger baiser sur les lèvres de Tom, ajoutant plus bas :

-Tu...Tu veux vraiment être avec moi ?

Tom l'enlaça et l'attira contre lui, cala sa tête dans le creux de son cou et enfouissant sa main dans ses longs cheveux noirs :

-Putain, oui ! Je pense qu'à ça, quand t'es pas avec moi, ça m'obsède !

Bill l'embrassa doucement dans le cou et se serra contre lui, demandant timidement :

-Tu restes encore un peu, alors ?

Et Tom répondit tout bas :

-Tout ce que tu veux.

-Parle-moi, j'ai pas envie de m'endormir maintenant. Si je m'endors, tu vas partir.

-Je pars pas tout de suite, je t'ai dit ! Tu veux que je te parle de quoi ?

-Parle-moi de toi. Comment ça se fait que tu saches t'y prendre avec les mecs ? Tu as déjà essayé, avant ? C'était quand ? Et qui ? Tu es bi ?

Tom lui pinça la hanche en riant :

-Ok, ok, une question à la fois ! T'es bien curieux !

Bill releva la tête pour le regarder dans les yeux :

-T'as dit « tout ce que je veux » et je veux savoir ! C'est clair que tu sais t'y prendre avec les mecs, me fait pas croire que je suis le premier, je te croirai pas !

Tom hésita un instant, il n'avait jamais parlé de son unique expérience homosexuelle à personne. Puis il inspira et attira de nouveau la tête de Bill dans son cou, se laissant réchauffer par le souffle qu'il rejetait contre sa gorge et tout doucement, sans plus hésiter, il lui parla de David, il lui raconta tout. Bill était extrêmement flatté d'être le seul à partager tout cela avec lui, même sa femme ignorait cette partie de son passé, il se sentait fier de la confiance que Tom lui accordait, fier de partager un tel secret avec lui.

Leur relation commençait à prendre une autre tournure, maintenant ils discutaient, ils apprenaient à se connaître, ils faisaient plus que baiser et Tom, bien qu'il appréciait, trouvait cela très dangereux. Il s'attachait encore plus. Ce gamin touchant le troublait encore plus, lui donnait envie de le protéger, de le câliner et de lui montrer qu'il pouvait compter sur lui, malgré la situation.

Il parlait et Bill l'écoutait attentivement, posait parfois quelques questions et embrassait parfois sa gorge ou son torse tout en caressant son bras et son dos. Puis, Tom aussi voulut en savoir plus sur le brun. Il avait noté le regard dur qu'avait eu Bill en parlant de sa mère. Ce n'était qu'un adolescent mais il était pourtant, à son grand étonnement, très mature et réfléchi. Il commença la conversation par des questions et remarques qu'il voulait innocentes et amena doucement Bill à parler de son quotidien.

Il l'écouta parler de sa mère et de ses absences, il l'écouta parler de ce père qu'il n'avait jamais connu et dont il ne savait rien. Il fit semblant de ne pas remarquer sa voix qui tremblait quand l'émotion était un peu trop forte ou que le passage raconté était un peu trop douloureux. Mais il resserra sa prise sur Bill pour lui offrir son soutien et son réconfort. Ils apprenaient à se connaître et aimaient vraiment ça.

Ils évitèrent les sujets difficiles qui incluaient Andréas et Victoria, Tom ne voulut même pas parler de Mary et de la conversation qu'il avait eu avec elle. Il se sentait bien avec Bill et profitait de chaque seconde, il aurait voulu pouvoir figer le temps et rester avec lui, dans les draps, le gamin bien serré contre lui. L'heure avançait mais il s'en foutait. Il savait qu'il devrait rentrer mais était tout simplement incapable de le faire. Bill ne semblait pas plus décidé à le laisser partir, il s'accrochait à lui comme une moule à son rocher et Tom ne voulait pas lui faire de la peine. De toutes façons, il avait prévenu sa femme qu'il rentrerait très tard, il avait donc encore du temps devant lui.

Ils ne se levèrent pas pour manger ou pour prendre une douche, ils restèrent l'un contre l'autre à se parler et se câliner. Doucement, Tom bascula Bill sur le dos et se releva sur un coude pour le surplomber un peu, collant son corps contre celui du jeune homme. Il plongea son regard dans le sien et enfouit ses doigts dans ses cheveux, caressa sa joue de son pouce et lui dit :

-Tu me bousilles, gamin...Tu me fous en l'air...

Il l'embrassa profondément, léchant tout l'intérieur de sa bouche, caressant toujours son visage et se sentant durcir. Il avait encore envie de Bill et c'était réciproque. Bill faisait glisser ses mains tout le long de son dos et laissait Tom l'embrasser avec toute la ferveur dont il était capable. Il profita que Tom recule légèrement la tête pour s'arrêter et reprendre son souffle, pour murmurer :

-Fais-moi l'amour, Tom...

Tom l'embrassa encore longuement et souffla contre sa bouche :

-Tout ce que tu veux...

Il reprit possession de la bouche de Bill et fit courir ses mains sur tout son corps, le faisant se cambrer contre lui. Il descendit ensuite une main entre leurs deux corps et attrapa leurs deux érections pour les masturber ensemble. La main chaude de Tom l'entourait, les entourait, soulageant le jeune homme mais le frustrant parce qu'il en voulait plus. Tom s'émerveillait de le voir réagir si rapidement à chacun de ses effleurements, à chacun de ses baisers, il tremblait et était incapable de se tenir tranquille. Il trouvait le gamin magnifique sous lui, il eut la pensée qu'il ne cesserait jamais d'avoir envie de lui et qu'il était bien meilleur que sa femme.

Bill haletait et gémissait son prénom, exactement comme il aimait. Les caresses étaient lentes, ferventes et appliquées et passionnées. Le tube de lubrifiant refit rapidement une brève apparition pour faciliter le passage des doigts de Tom dans l'antre de Bill et ce dernier sanglotait de plaisir dans ses bras. Tom allait lentement, très lentement, juste pour entendre Bill le supplier enfin de le prendre et finalement, il vint s'allonger entre ses cuisses tremblantes. Bill releva la tête pour chercher sa bouche et ils engagèrent un baiser qui s'éternisa en longueur. Pendant de longues, très longues minutes, dans la chambre, on n'entendit plus que des bruits de peaux qui s'entrechoquèrent, des bruits de bouches qui s'embrassèrent avec passion, des bruits de corps se procurant un plaisir intense, des prénoms soufflés, gémis, haletés et des orgasmes criés.

Tom tremblait violemment et avait du mal à récupérer son souffle. Il voulut se dégager mais Bill resserra les fesses pour le garder à l'intérieur de lui. Il était tout aussi essoufflé que le blond, mais il enroula les bras autour de son cou et caressa sa tempe avec ses lèvres. Tom lui embrassait le cou, la mâchoire, le visage, il se sentait extrêmement bien. Il ne s'attendait pas du tout à ce que Bill, qui était en train de lui embrasser doucement l'oreille, chuchota :

-Tom...Je...Je crois que je t'aime...

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Comments :

  • K

    14/11/2009

    Alala j'adore vraiment cette fiction ^^ !
    Et pis Mary qui veut ce venger =S Sa c'est pas bon hein !
    J'vais arreter un peu de lire je reviendrai sans doute aprés je verrais ^^
    En tout cas je quitte pas ce blog tant que j'aurais pas fini =) !

    Bisoux.

  • LoveLetterA

    27/09/2009

    Lalouuu, tu reviens bientôt ?
    Bisou <3

  • BillKaulitzBlogfic

    24/08/2009

    *danse de la joie* J'ai pas encore fini et c'est génial !

  • auro-fanart

    22/08/2009

    C'est trop mignon......^^ mais je sens que ça va créer des problèmes!!!!
    Mais j'adore encore plus ça!!!!!!!! XD

  • Thunderbolt-Real-Ya0i

    11/07/2009

    Tkt Billou, lui aussi il t'aime =D

  • nirvana-angelTH83

    01/07/2009

    oh mon dieu, une déclaration!!!
    faite petter le champogny ^^
    c'est trop beau j'aime j'aime j'aime
    a'm i back, again and more again XD

  • June

    08/06/2009

    Ouah *.*
    J"adore vraiment l'originalité de cette fiction :) en plus c'est vraiment superbement écrit...
    Vivement la suite :D trop impatiente de savoir comment ca va se passer ac Mary et tout..
    :)

  • Binoouh

    05/06/2009

    Alors la!
    Comment ta pu coupé le chapitre comme sa!
    J'était trop dans l'histoire!!!
    J'adore frachement!

    Tout ce qui ce trouve sur ce blog est juste
    PARFAIT,

  • Lou

    04/06/2009

    Oh mon dieu j'ai tellement hâte de lire la suite *0*

  • x-ensemble-c-est-tout

    03/06/2009

    J'ai tellement hâte de lire la suite *________*
    J'passe sur ton blog plusieurs fois dans la journée pour voir s'il y a un nouveau chapitre *-*
    Oui, je suis folle mais cette fic là j'laime trop <3 *0*

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