Chapitre 8


Avant de poster le chapitre 8, merci encore à vous toutes pour vos commentaires ! Ca me fait vraiment plaisir de voir les fidèles lectrices toujours au rendez-vous ! C'est grâce à vous toutes que le nombre de visites de ce blog ne cesse d'augmenter, c'est incroyable, merci ! Et aussi, j'avais un peu oublié la suite de Boomerang, j'ai eu quelques comms qui demandent la suite, pas d'inquiétude je m'en occupe et je fais en sorte de poster la deuxième partie et fin de cet OS très bientôt, mais pour ce soir, place au chapitre 8 de cette fic un peu spéciale qu'est Adultère...
 
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Tom était affalé dans le grand et moelleux canapé suffisamment large pour que Bill s'installe en même temps entre ses jambes. Ils regardaient la télévision dans le plus grand silence et Bill laissait Tom glisser ses doigts sous son tee-shirt pour caresser son ventre. La grosse couette les recouvrait mais c'était plus les bras de l'adulte qui réchauffaient Bill.

Il réalisait encore à peine que Tom était vraiment revenu pour rester toute la nuit. Il s'était assuré que sa mère n'ait pas changé d'avis et l'avait appelée, prétextant vouloir prendre de ses nouvelles, et avait eu la confirmation qu'elle était bien arrivée chez son amie, un bébé qui s'égosillait en fond sonore en apportait d'ailleurs la preuve. Il avait ri en taquinant sa mère :

-Bin avec ce que j'entends en bruit de fond, ça va être sport, la nuit ! Amuse-toi bien ! Et passe le bonjour à Brigitte.

Simone avait ri elle aussi, rassurée de voir que son fils ne lui en voulait pas d'être de nouveau absente et Bill s'était empressé de raccrocher pour se jeter dans les bras de Tom. Il ne s'était jamais senti aussi heureux, il avait avec lui la seule personne qu'il voulait vraiment à ses côtés.

Tom avait été prendre une douche et ils avaient décidé d'un commun accord de grignoter quelques chips en regardant la télévision. Bill se sentait comme en couple, même s'il savait que lendemain Tom serait obligé de reprendre sa vie là où il l'avait laissée. Ils n'avaient pas parlé de Victoria, ou de comment Tom avait fait pour pouvoir s'éclipser. Ils profitaient juste du fait d'être ensemble et c'était tout ce qu'il leur fallait. Le portable de Tom avait bien sonné quelques fois, mais il avait refusé de répondre, il n'avait même pas regardé qui appelait et avait fini par l'éteindre, agacé. Bill mourrait d'envie de lui demander ce qui s'était passé, mais attendait que Tom en parle le premier.

Tom avait repoussé les cheveux du brun sur le côté et venait de temps en temps l'embrasser dans le cou ou respirer à plein nez son odeur. Et Bill fondait complètement, il ne s'était jamais senti autant aimé. Il avait envie de le dire à Tom, dire tout ce qu'il ressentait, mais il avait peur de gâcher le moment, alors il se taisait et il profitait. Il avait encore du mal à se lâcher totalement avec Tom, il n'osait pas le toucher franchement, pas quand ce n'était pas pendant l'amour, alors il se contentait de lui caresser les bras et de se blottir un peu plus contre lui.

Tom avait l'attention retenue par le film qui était diffusé et Bill commença à s'endormir. Il ferma les yeux, se laissa absorber par la douce chaleur qui l'enveloppait, et sentit l'apaisement le gagner un peu plus. Il fut réveillé par Tom qui éclata de rire à cause d'une scène du film et râla un peu :

-Qu'est-ce qui se passe ? Tu m'as fait peur !

Tom pencha la tête pour le regarder et dit, amusé :

-Tu dormais ? Bin c'est sympa ! Je suis avec toi, et tout ce que tu trouves à faire, c'est de t'endormir ? Bin merde alors, moi qui croyais être plus intéressant que ça !

Bill bâilla et répondit doucement :

-Tu veux pas qu'on monte dans la chambre ?

-T'as vraiment sommeil, alors ? Tu sais qu'à force, je vais finir par me vexer !

Bill lui jeta un coup d'oeil et fut rassuré en voyant qu'il était toujours en train de sourire. Il avança la tête pour déposer un baiser sur sa joue et chuchota :

-Je sais ce qui pourrait me tenir réveillé...

Tom reprit subitement un air sérieux et dit :

-Alors là, autant te dire tout de suite que c'est non !

Bill ouvrit de grands yeux étonnés et répéta, abasourdi :

-Non ?

Tom expliqua fermement :

-Non ! Je te ferai rien du tout. Tu as dit tout à l'heure que j'étais avec toi que pour la baise, alors je vais te prouver que c'est pas le cas. Je suis capable de rester toute une nuit avec toi, sans rien faire.

Bill protesta immédiatement :

-Tom, c'est ridicule ! Tu es revenu, tu vas passer toute la nuit ici et on va rien faire ?

-Non, on va rien faire, ou sinon, tu vas encore dire que je ne suis là que pour coucher avec toi. Allez, regarde la télé avec moi, le film est bien, en plus.

Tom détourna le regard pour continuer de suivre le film, ignorant le visage de Bill qui s'était refermé. Après quelques secondes de silence, il sentit le jeune se détendre contre lui et tourner la tête pour l'embrasser dans le cou. Bill remonta une main dans ses dreads et lui suçota le lobe de l'oreille. Il lui demanda :

-Bill, qu'est-ce que tu fais ?

Bill ne répondit rien et continua de lui embrasser et lécher la gorge. Il lui caressait les cheveux et le visage et Tom devait lutter pour ne pas se laisser aller. Puis, doucement, Bill commença à bouger contre lui. Il respirait un peu plus fort et accentuait ses mouvements de bassin pour que ses fesses puissent frotter contre le sexe de Tom, qu'il sentait durcir peu à peu. Il lança, triomphant :

-Tu bandes !

Tom grogna :

-Putain, en plus t'es un sournois ! Ça fait rien, ça va baisser tout seul, arrête de bouger comme ça, je t'ai dit qu'on ferait rien.

Bill soupira fortement, agacé, mais reprit les gestes qu'il avait interrompus. Il ondula lentement contre Tom et celui-ci se retrouva bientôt à l'attraper par les hanches pour accentuer ses mouvements. Bill bascula la tête contre son épaule et haleta près de son oreille :

-Ouais, voilà...Comme ça...Allez, Tom...T'en as envie aussi, je peux le sentir...Allez...J'ai trop envie de toi...Me laisse pas comme ça, je suis trop excité pour regarder la télé...

Tom répondit d'une voix hachée :

-Non...Calme-toi...Ça va passer...

Bill remuait toujours contre lui et haletait encore plus contre son oreille, le bruit rendant Tom fou de désir. L'adolescent essayait de lui faire perdre ses moyens, et y arrivait parfaitement :

-Allez...Touche-moi...Je te laisserai me faire tout ce que tu veux...Je mettrai ma bouche sur toi, partout où tu veux...Allez...Je te sucerai, si tu veux, comme je l'ai fait au sauna...Ce sera mieux que ça, même...Imagine-le, t'as pas envie que je le fasse ?

Tom avait remis une main sous son tee-shirt, il caressait son ventre et crispait les doigts dans sa peau. Bill engouffra sa main aussi sous son propre tee-shirt et attrapa celle de Tom pour la passer dans son boxer, ouvrant indécemment les cuisses et respirant un peu plus fort, de façon saccadée, en descendant la main sous ses testicules qui se contractèrent. Il haleta, audacieux :

-Doigte-moi, Tom...Je veux sentir tes doigts en moi, j'aime ça...Tu le fais tellement bien...Me baise pas si tu le veux pas, mais fais moi jouir, juste avec tes doigts...J'en ai besoin...Allez, tu es tellement doué pour ça...

Il lécha l'oreille de Tom, sentant celui-ci encore plus dur, même s'il essayait de retirer sa main retenue fermement par celle de Bill. Le jeune homme répéta d'une voix sensuelle :

-Doigte-moi...

Tom jura fortement un « putain », retira sa main et lança presque le jeune garçon un peu plus loin dans le canapé pour qu'il atterrisse sur le dos, et il vint s'installer entre ses cuisses, le regard noir de désir. Bill lui lança un sourire triomphant, sourire qui s'agrandit quand Tom continua de gronder, à voix basse :

-Je t'avais dit qu'on ferait rien, mais tu arrêtes pas de m'allumer, sans aucune honte. Ça te plaît de me tenir par les couilles ? Tu vas me le payer...

Bill caressa son flanc et murmura suavement à son oreille :

-Vas-y, dis ton prix, je peux payer, j'ai ce qu'il faut pour ça...

-Espèce d'allumeur inconscient, je vais te faire regretter tes paroles.

Tom se pencha sur Bill pour se saisir de sa bouche mais se stoppa instinctivement en entendant le téléphone de la maison sonner. Ils tournèrent la tête vivement en direction de l'appareil et Tom se redressa en soupirant :

-Putain, je suis sûr que t'as fait exprès. Va répondre, c'est peut-être ta mère.

Bill hocha la tête et se releva rapidement. Il sourit en disant à Tom :

-C'est pas de ma faute, si ça sonne ! On va rire, si elle appelle pour dire qu'elle revient, finalement.

Tom geignit comme un gamin, faisant rire Bill :

-Parle pas de malheur ! T'as deux minutes pour virer la personne qui t'appelle, je vais boire un truc.

Il se leva du fauteuil à son tour pour aller se servir un verre d'eau dans la cuisine et jeta un dernier regard sur l'adolescent qui lui tournait le dos pour répondre. Quand il revint dans le salon, le verre en main, Bill était toujours au téléphone, l'air ennuyé :

-Ah vraiment ? Il est parti ? Et vous savez pas où il est ?

Tom eut l'intuition qu'il s'agissait de son fils qui appelait le brun et qu'on commençait à parler de lui. Il fronça les sourcils et se rapprocha, chercha immédiatement le bouton pour activer le haut-parleur et se pencha un peu pour écouter le reste de la conversation. La voix de son fils s'éleva dans la pièce, le mettant rapidement mal à l'aise :

-Non, on sait pas. Putain, on n'a rien compris de ce qu'il lui a pris. Il est arrivé du boulot, il était dans la cuisine avec maman et d'un coup on l'a vu en sortir, il disait pas grand-chose. Après, ma mère lui a demandé où il allait et là il s'est mis à gueuler d'un coup, on a rien compris ! T'aurais dû voir ça !

Bill n'osa pas regarder Tom. Ce dernier évitait tout autant son regard. Bill dit faiblement :

-Mais...Pourquoi il était en colère ? C'est à cause de ce qui s'était passé plus tôt, quand il nous a surpris ?

-Non, même pas ! Il a rien dit à propos de ça !

Andi s'arrêta un instant et Bill l'entendit rire faussement :

-Il est pas resté assez longtemps pour en parler, de toutes façons ! Non, il s'est mis à gueuler comme quoi, on le gonflait tous, qu'il en a marre de nous, qu'il est crevé quand il rentre et que nous, on est là à l'emmerder avec des tas de trucs chiants. Il a crié que ma mère arrête pas de se plaindre, et que Mary et moi, on est des connards.

Bill ouvrit de grands yeux :

-Il a dit ça ?! Andi, exagère pas !

-Bon, il a pas dit « connards », il a dit qu'on...euh...se comportait comme des petits cons, c'est pratiquement pareil ! Quand il est arrivé, Mary et moi on se disputait, putain celle-là, elle est pas possible ! Il a pété un câble et s'est barré. Depuis, maman a bien essayé de le joindre mais apparemment il répond pas.

Bill leva la tête pour capter le regard de Tom mais celui-ci s'évertuait à l'éviter. Il s'était assis dans le fauteuil qui était près du téléphone et se laissait ronger par la culpabilité d'avoir blessé sa famille. Il n'écoutait plus la conversation, il se sentait juste mal. Il évitait de regarder Bill, spécialement ses yeux, par peur d'y lire tout un tas de reproches qu'il savait mériter.

Bill cherchait un moyen d'écourter la conversation mais Andi semblait vouloir continuer de parler de son père :

-Je sais pas ce qu'il lui prend, depuis quelques temps il est...bizarre. Je te dis pas dans quel état elle est, ma mère ! On sait même pas où il est, on sait même pas à quelle heure il va revenir, enfin...s'il revient !

Bill ferma les yeux un instant et dit doucement :

-Je suis désolé...Vraiment désolé, Andi.

-Bof, faut pas, t'y es pour rien.

Bill avait envie de lui crier que si, justement, il y était pour quelque chose. C'était à cause de lui que la famille de Tom était aussi bouleversée ce soir, il avait tenu à ce que Tom passe la nuit chez lui, et l'adulte avait tout envoyé balader pour revenir et rester avec lui. Tout le bonheur et le bien-être qu'il ressentait depuis le retour du dreadé s'envolèrent pour laisser la place à une honte et une culpabilité sans nom, il se détesta avec une force incommensurable. Il rouvrit les yeux et comprit que Tom ressentait les mêmes choses que lui, cela se voyait à son visage. Il avait la tête baissé, l'air malheureux. Andi continuait de parler et ce qu'ils entendaient encore ne fit qu'aggraver leur état :

-J'espère qu'il va rentrer, je sais même pas ce qu'on deviendrait si jamais il rentrait plus !

Bill l'interrompit d'une voix agacée :

-Mais bien sûr qu'il va rentrer, Andi ! Arrête de penser le contraire !

Tom le regarda et remarqua enfin que Bill ne le lâchait pas des yeux. Il entendit Bill répéter, avec plus de force :

-Il va rentrer. Peut-être qu'il...je sais pas, moi...peut-être qu'il est parti se soûler quelque part, le temps de décolérer.

-Tu parles, je suis pas con, Bill ! Tu veux que je te dise, je me demande s'il a pas quelqu'un.

À ces mots, Tom sursauta et fixa le téléphone, apeuré, comme si son fils pouvait le voir. Bill hésita et demanda d'une voix blanche :

-Pourquoi tu dis ça ?

-Bin parce que. Tu connais des tas de mecs qui se barrent toute la nuit de chez eux pour dormir ailleurs, sans qu'ils aient de maîtresse, toi ?

-Fais pas des suppositions, t'en sais rien, Andi.

-Je sais que papa est plus pareil depuis quelques temps. D'ailleurs, je suis pas le seul à me poser la question. Je parlais avec maman, tout à l'heure, je lui ai carrément demandé si elle croyait que papa avait quelqu'un d'autre, elle m'a affirmé que non, que papa était juste fatigué et sous pression en ce moment, mais j'ai bien vu à son regard qu'elle pensait la même chose que moi ! La pauvre, je l'ai entendue pleurer dans sa chambre, mais bien sûr, elle fait comme si elle est pas inquiète ! Je suis sûr qu'elle se dit la même chose, on part pas toute la nuit sans avoir d'endroit où aller ! Il doit être chez une bonne femme qu'il a rencontrée y'a pas longtemps, c'est pas possible autrement ! Maman est effondrée mais tu la connais, elle essaie de faire bonne figure devant nous, elle veut pas nous inquiéter. Mais moi je suis pas con. Et pourtant, j'ai encore envie de croire qu'il est pas ce genre-là, il peut pas faire ça à ma mère, ni à nous, on est sa famille, il oserait pas ! En même temps, vu comment il nous a parlé, il en serait bien capable, il nous déteste !

Bill siffla :

-Dis pas ça, c'est n'importe quoi, Andi ! C'est ton père, comment il peut te détester !

-Tu l'as pas vu, toi ! Tu l'as pas entendu ! Ses mots, son regard ! J'avais vraiment l'impression qu'il nous détestait d'être là, d'exister, tout simplement !

-Ne pense pas une chose pareille, il ne pourrait jamais vous détester, il devait être très fatigué, sa journée a du être pourrie et il a pété un câble, c'est tout ! Il va se calmer !

Andi gémit, d'un ton plaintif :

-J'espère, putain ! Je pourrai pas supporter une autre scène comme celle-là, je pourrai pas supporter qu'il nous laisse pour une pute ! Il peut pas nous faire ça, c'est tellement pas son genre ! Je comprends pas ce qu'il lui arrive, tout allait super bien mais depuis qu'il est revenu pour rester définitivement, ça vire au cauchemar !

Tom leva les yeux au ciel et soupira, agacé, ça commençait franchement à l'énerver d'entendre le mal-être de sa famille, il fit signe à Bill de raccrocher et le brun interrompit son petit ami en pleine lamentation :

-Andi ! Andi, écoute-moi deux secondes, je dois raccrocher, faut que j'appelle ma mère, elle passe la nuit chez une amie.

-Ah ouais ? Elle est pas là et tu me l'as pas dit ? T'aurais dû, on aurait pu passer la nuit ensemble !

Bill et Tom soupirèrent d'agacement en même temps et se lancèrent un regard amusé quand ils s'en rendirent compte. Andi continuait :

-Putain, t'es vache, fallait me le dire, je serai venu dormir chez toi ! Voilà qui m'aurait consolé !

-T'es encore puni, Andi, t'aurais pas pu venir. Et c'est pas avec ce qui s'est passé cet après-midi, quand ton père nous a surpris, que la punition va être levée !

À ce moment-là, Tom grogna :

-Bin putain ! Ça, ça risque pas ! Tu peux lui dire qu'au contraire, la punition est reconduite !

Bill pouffa et claqua l'épaule de Tom pour qu'il se taise, malheureusement Andi l'entendit rire et demanda sèchement :

-Qu'est-ce qui te fait rire ? Tu te fous de moi ? Ou t'es pas tout seul, Bill ! Qui est avec toi ?

Tom ouvrit de grands yeux paniqués et Bill répliqua rapidement :

-Personne ! C'était...une connerie à la télé !

Andi prit quelques secondes et demanda, méfiant :

-La télé ? J'entends pas ta télé !

-Putain, Andi, tu me fais quoi, là ? J'ai baissé avant de répondre, mais y'a une scène rigolote et voilà, j'ai ri ! Je me fous pas de toi !

Andi se détendit automatiquement et dit soudainement :

-J'ai envie de te voir, c'est vraiment dommage que tu m'aies pas dit que ta mère serait pas là, tu serais venu dormir à la maison !

-C'est pas grave, je viendrai la prochaine fois, Andi, c'est pas perdu !

-Ouais, mais tu me manques ! Ça aurait été bien que tu viennes dormir, on aurait été ensemble, je t'aurais fait tout un tas de trucs.

Tom soupira plus fort, exaspéré, et gesticula pour faire comprendre au brun qu'il était plus que temps qu'il raccroche. Bill le remarqua et décida d'un coup d'attiser encore plus sa jalousie, il aimait beaucoup que l'adulte montre sa possessivité envers lui, et Tom ne semblait pas capable de la réfreiner. Alors, il tourna un peu le dos à Tom et demanda :

-Des tas de trucs, hein ? Des tas de trucs comme quoi ?

Tom sursauta dans le fauteuil et fronça les sourcils, Bill n'allait quand même pas faire dire à son fils des choses salaces que ce dernier aimerait lui faire, pas devant lui ? Apparemment, Andi n'attendait que ça, puisqu'il énuméra de suite :

-Je t'embrasserai, partout où tu veux. Et je te toucherai aussi. Je te déshabillerai lentement et je te caresserai, t'aurais pas besoin de me dire ce qu'il faut te faire, je te connais tellement bien que je sais ce que tu aimes.

Il fit une pause de quelques secondes et reprit, la voix un peu plus hachée :

-Putain, rien qu'à l'idée, je suis déjà excité. Tu me fais bander tellement vite, même quand t'es pas là, alors si tu avais été avec moi, ce serait encore pire. Tu sais ce que je te ferais encore ? Après avoir enlevé tous tes vêtements, je te lècherai le torse, et je descendrai jusqu'à ton ventre. Et toi, tu me supplierais de te sucer.

Ce fut au tour de Bill d'ouvrir de grands yeux, il avait provoqué son petit ami mais maintenant, celui-ci allait un peu trop loin, ce qui était amusant au début devenait franchement embarrassant. Tom avait l'air choqué, ce qui semblait incongru vu la situation, et Bill n'arrivait même plus à ouvrir la bouche pour demander à son petit ami officiel de fermer la sienne. Andréas continuait de parler et au son de sa voix, Bill et Tom comprirent rapidement qu'il était encore plus excité :

-T'aimes tellement ça, que je te suce...Tu dis toujours que je suis super doué...Et tu sais quoi d'autre ?

Il n'attendit même pas que Bill réponde quelque chose, il continua :

-Ce serait tellement bon pour toi, que tu me supplierais de te prendre...Putain ! Et c'est ce que je ferais, Bill, je te coucherais sur le dos et je te prendrais, doucement pour commencer, mais très très fort après...Et toi, tu gémirais même plus, mais tu crierais carrément...Tu me dirais plein de trucs cochons qui me feraient bander encore plus...Tu me crierais que tu aimes ça, tu crierais que tu veux que je te fasse jouir, parce que tu en pourrais plus, tellement c'est bon...

Bill réussit à articuler un petit « Andi, arrête » mais le blond ne l'entendait pas. Le pire, c'était que Bill pouvait imaginer tout ce qu'Andi lui disait et se sentait malgré lui excité par les images que son petit ami lui imposait. Il n'avait vraiment pas envie de coucher avec Andi, mais il savait ce que ça faisait d'être pénétré et les détails racontés par Andréas, mêlés à l'expérience qu'il connaissait avec Tom commençaient à le chauffer sans qu'il ne l'ait prévu. Andi avait la respiration saccadée et termina enfin sa torture :

-Et après t'avoir fait jouir comme un malade, comme jamais tu aurais joui avant, ce serait moi qui jouirait fort tout au fond de toi, et putain, t'aimerais tellement ça que tu me demanderais rapidement de recommencer. Et pour finir, tu me dirais que tu m'aimes et que tu m'aimeras toujours, tu me dirais que tu me laisseras jamais et que y'a que moi qui te mets dans un état comme ça.

Le silence, à l'autre bout du fil, était effrayant. Bill ne bougeait pas d'un poil et Tom était figé dans son fauteuil, furieux et mal à l'aise. Plusieurs secondes passèrent sans que personne ne prenne la parole et Andi annonça soudain :

-Faut que je raccroche, je vais aller...prendre une douche, ouais. T'étais même pas là et pourtant, tu viens de me faire jouir, je vais aller me nettoyer.

-Tu...Andi ! Tu t'es touché pendant que tu me parlais ?

-Comme si c'était la première fois que ça nous arrive ! C'est pourtant pas nouveau qu'on-

Bill l'interrompit vivement :

-Ok, ok Andi ! Va te...va te nettoyer, ouais. On se rappelle demain, ok ? Et...j'espère que vous aurez bientôt des nouvelles de ton père.

-Ouais, j'espère aussi, on verra bien. Dis, Bill ?

-Hmm ?

-T'as rien dit quand j'ai parlé de te prendre ! Ça veut dire que tu seras bientôt prêt, on dirait que l'idée te gêne plus tant que ça, finalement !

Bill soupira et dit :

-Andi, on parlera de ça une prochaine fois, va prendre une douche, espèce d'obsédé !

Andréas éclata de rire et raccrocha après avoir salué Bill une dernière fois. Bill raccrocha lentement à son tour et hésita à se retourner pour regarder Tom. Il avait conscience d'avoir été un peu trop loin et avait honte de son comportement, il aurait dû prévoir que la conversation déraperait dangereusement en provoquant Andi. Sans rien dire, Tom avança une main et surprit Bill en la posant franchement sur son entrejambe. Quand il sentit une érection sous ses doigts, il dit aigrement, avant de se lever pour aller dans la cuisine :

-Je vois que tout ça t'a fait de l'effet ! Super !

Bill le regarda disparaître dans la cuisine et eut subitement peur que Tom ne décide de partir. Il se précipita à sa suite et parla rapidement :

-Tom ! Tom, je suis désolé ! J'aurais jamais dû le laisser parler de...

Tom lui lança un regard froid et dit :

-Non, t'aurais jamais dû. C'est malsain, ce que tu fais, Bill, tu le sais, ça ?

Bill s'avança lentement à sa hauteur et dit, implorant :

-Je sais, je suis désolé. Je pensais pas qu'il dirait tout ça.

-Tu le savais très bien, apparemment c'est pas la première fois que vous...que vous vous chauffez par téléphone, tu savais qu'il dirait tout ça et moi je suis là, à tout entendre ! Putain, Bill, t'as pas oublié que c'est mon fils et que...Mets-toi à ma place deux secondes, tu crois vraiment que j'avais besoin d'entendre ça ?

Il se tut un instant et fit une grimace de dégoût :

-Bordel, il s'est branlé en te parlant ! Tu aurais pu l'arrêter ! Mais non, à croire que ça t'amuse ! Tu te fais le fils et le père, c'est génial, comme situation, ça a l'air de t'exciter grandement ! Il parle de te prendre et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est de bander ! Ça t'excite tellement ? Il a raison, il te connait bien, apparemment, l'idée te gêne plus autant que ça !

Bill ne disait rien, trop honteux, et laissait Tom lui faire tous ces reproches mérités. Il ne put que répéter doucement :

-Je suis désolé...

Tom frappa la table d'un grand coup de poing, le faisant sursauter, et s'écria :

-Tu peux ! C'est déjà assez compliqué comme ça, Bill ! Alors n'en rajoute pas en jouant avec l'un de nous deux, ou même tous les deux, je pourrai pas supporter ça ! Je te laisserai pas jouer non plus avec Andi !

Bill s'écria :

-Je joue pas avec lui, Tom ! Je...Ok, tu as raison de m'en vouloir, j'ai déconné ! Mais je te jure que j'ai pas voulu aller aussi loin ! Si j'avais su qu'il dirait tout ça, j'aurais arrêté la conversation dès le début. Je voulais juste...

Il s'arrêta et se mordit la lèvre, Tom était toujours furieux et demanda, les dents serrées :

-Tu voulais quoi ? Voir si tu arrivais à lui faire toujours autant d'effet ? Manifestement oui, Bill ! Il a joui ! Il s'est branlé pendant qu'il te disait tout ce qu'il aurait pu te faire si t'avais été avec lui, et toi, au lieu de le faire taire, et de raccrocher comme je te le demandais depuis un moment, tu l'écoutais comme si...et putain, ça t'a fait bander toi aussi ! Un peu plus et tu jouissais toi aussi dans tes sous-vêtements !

-Ne dis pas n'importe quoi !

Tom passa sa main sur son visage et secoua la tête :

-Putain, je suis trop con ! J'oublie parfois que tu es un gamin, avec des réactions de gamin !

Bill se vexa et répliqua :

-Arrête de me dire que je suis un gamin ! Le gamin te gêne plus tant que ça, quand il s'agit de le sauter !

-Et voilà ! Je l'attendais, celle-là ! Bientôt ce sera de ma faute ! Putain, j'arrive pas à croire que je me dispute pour une telle connerie avec toi !

-C'est toi qui cries, depuis tout à l'heure, je te ferais remarquer !

-Ah parce qu'en plus, tu comprends pas pourquoi ?

Bill le regarda un instant et se calma. Il s'approcha un peu plus de Tom, de façon à se trouver face à lui et leva le regard pour le plonger dans le sien :

-Si, je comprends. J'ai été nul, excuse-moi. Je te promets que ça se reproduira plus.

Il sentit le soulagement l'envahir quand, après quelques secondes où Tom ne bougea pas ni ne dit rien, ce dernier l'attira à lui pour le serrer fort :

-Y'a intérêt à ce que ça reproduise plus. C'était malsain, Bill ! Malsain, et moche pour Andi. Et encore plus moche pour moi ! J'ai pas besoin de savoir ce que vous foutez quand vous êtes ensemble, je le sais déjà, je vous ai vus ! Et putain, si tu savais ce que j'aime pas ça !

Bill enroula les bras autour de sa nuque :

-Je suis désolé. Vraiment. Je voulais juste...je sais pas, je suppose que je voulais te rendre un peu jaloux, voir que tu tenais à moi un peu.

-T'as pas besoin de faire ça. Tu sais que je tiens à toi, je suis revenu. J'ai tout plaqué ce soir pour passer la nuit avec toi, si c'est pas une preuve, je sais pas ce que c'est ! Ne me fais plus ça, Bill !

-Non, plus jamais, c'est promis.

Il ajouta craintivement :

-Tu vas pas partir, hein ?

-Tu mériterais !

Bill se colla contre lui et implora doucement :

-Non, ne pars pas ! J'ai été très con, et nul, et idiot, et méchant ! Mais je veux que tu restes, Tom. Me laisse pas !

Tom secoua la tête et soupira, faussement résigné :

-Ouais, tu me tiens vraiment par les couilles, toi !

-C'est que ça ?

Tom baissa la tête et fit enfin un petit sourire :

-Ça serait plus facile. Mais non, toi, il faut que tu fasses dans le compliqué, alors tu me tiens par les couilles, et tu me tiens aussi par les sentiments.

Bill ouvrit de grands yeux et demanda, interloqué mais ravi :

-T'es en train de me dire que tu m'aimes, là ?

Tom ne répondit pas et Bill affirma, un peu plus amusé :

-T'es en train de me dire que tu m'aimes !

Tom marmonna :

-Tais-toi, gamin ! Tu sais même pas de quoi tu parles !

-Allez, c'est pourtant pas si difficile que ça ! Dis-le !

-Je dirai rien du tout, tu mérites pas ! T'es puni, toi aussi !

-Oh Tom ! Allez, dis-le ! T'as commencé à le dire ! Dis-le moi vraiment !

-Tais-toi, gamin !

Il s'empara de la bouche de Bill et l'embrassa fiévreusement, espérant détourner son attention, il se sentait encore très gêné de tout ce qu'il ressentait pour l'adolescent, même si ça devenait de plus en plus évident pour lui. Et effectivement, Bill se laissa entièrement dominer dans ce baiser qui lui tourna la tête immédiatement. Tom avançait sa langue dans sa bouche et caressait tout son intérieur, frottant tendrement son dos et il lui répondait avec la même passion. Après tout, pas besoin de quelques mots insignifiants quand Tom lui démontrait tout ce qu'il ressentait à travers ses gestes. Ils se détachèrent et Bill posa son front contre celui de Tom :

-N'empêche, je m'en veux. À cause de moi tu vas avoir des problèmes quand tu vas rentrer chez toi. Tu as entendu Andi, avec ta...avec sa mère, ils croient que tu as quelqu'un d'autre.

Tom relâcha Bill complètement et sentit de nouveau la culpabilité l'envahir :

-Je verrai. C'est à moi de gérer ça, je verrai quand je rentrerai, j'ai pas envie d'y penser pour l'instant.

Bill s'appuya contre la table et croisa les bras, baissant aussi la tête :

-Tu as raison, c'est...malsain, JE suis complètement malsain, JE chamboule toute ta vie, JE fais de toi quelqu'un de...un menteur, quelqu'un qui trahit les siens, quelqu'un qui leur fait du mal. Tu devrais être avec ta famille, et tu es revenu parce que je te l'ai demandé, je suis...ouais, je suis mauvais.

-Bill, je suis revenu parce que je le voulais bien. Je suis aussi mauvais que toi, alors !

Bill releva subitement la tête et dit :

-Il est pas trop tard, Tom. Tu as encore le temps de rattraper le coup, tu pourrais rentrer chez toi ! Dis que...dis que t'as été faire un tour, pour te changer les idées, et ta femme te pardonnera sûrement plus facilement si tu rentres maintenant, que si tu rentres pas du tout de la nuit.

-C'est pas à toi de décider pour moi. Bill, tu voulais avoir la preuve que je suis pas avec toi que pour la baise, tu l'as, je suis venu avec l'intention de rester.

-Oui mais Andi a dit que-

-J'ai entendu ce qu'il a dit, oui.

Il secoua la tête et se laissa tomber sur une chaise. Il reprit la parole, ému :

-T'es pas le seul à te dire que tu dois être mauvais, Bill ! J'y pense aussi constamment. Putain, tout ce à quoi j'ai pu penser quand j'entendais mon fils parler c'est « merde, même de loin ils arrivent encore à me pourrir l'existence ! »

Bill ouvrit de grands yeux et Tom ricana :

-Ouais, si c'est pas salaud de penser ça ! J'entends mon fils raconter toute la peine que je leur fais, et tout ce que je suis capable de penser c'est de vouloir un peu plus qu'ils me foutent la paix, qu'ils se plaignent pas, pour pas ça pèse lourd sur ma conscience ! Tu te trouves mauvais ? Qu'est-ce que tu penses de moi, maintenant ?

Bill vint se mettre debout dans son dos et se pencha pour enlacer ses épaules. Il posa sa tête contre celle de Tom et parla doucement :

-Je pense rien, Tom. Tu es comme tu es, et moi j'aime ce que tu es. Je t'aime toi, tout entier, Tom. Je te trouve pas mauvais, c'est de ma faute, c'est moi qui ai voulu que tu restes. Tu dois m'en vouloir, au fond. Si tu m'en veux pas encore, tu m'en voudras demain, quand tu seras rentré chez toi et que ta femme te fera une scène. J'aurais pas dû te demander ça, j'aurais pas dû t'obliger à rester toute la nuit, ça blesse trop de monde autour de nous. Si tu m'en veux pas, moi je m'en veux assez pour nous deux. J'aurais pas dû te demander ça, je devrais pas être si exigeant et capricieux. Je t'ai fait du chantage et tu as cédé, juste pour me faire plaisir. J'apprécie, Tom, mais je m'en veux, maintenant.

-Arrête ça, Bill ! Arrête de pleurnicher ! Arrête le mélo, tout de suite !

Bill le relâcha, surpris et froissé. Tom se leva et se retourna et Bill fut un instant effrayé par l'éclat dur qu'avait l'adulte dans les yeux. Bill demanda, outré :

-Tu...Tu crois que je fais dans le mélo exprès, là ? Mais j'ai raison ! Tu sais bien que c'est vrai, tout ce que je dis ! Je pleurniche pas !

Tom ricana ironiquement et dit :

-Non, t'as pas raison ! Ça va rien arranger de se dire « c'est de ma faute, j'aurais pas dû », assume ce que tu as voulu, Bill ! Tu as voulu que je reste et j'ai pris cette décision tout seul, comme un grand ! J'aurais pu rester chez moi, mais j'ai préféré revenir. Alors j'assume. Et c'est ce que tu dois faire aussi, assume avec moi. Tu pensais quoi ? Que ça ferait de mal à personne ? Ça t'aurait soulagé de ne pas entendre tout ce qu'Andi a dit ? Ignorer ne veut pas dire que cela ne se passe pas, Bill ! Ne pas entendre parler du mal qu'on fait autour de nous ne veut pas dire qu'effectivement, on ne fait pas de mal, on en fait ! Alors fais comme moi, assume la conséquence de tes actes. Tu as voulu que je reste, et moi, même si j'ai dit non au début, je suis revenu, je savais ce que je faisais.

Le visage de Bill se décomposa un instant, il savait que Tom avait raison mais c'était difficile à accepter et surtout, à entendre crûment. Il prit la parole à son tour :

-Je sais ! Je sais bien qu'on fait certainement du mal autour de nous ! Je suis désolé, Tom, j'ai pas réfléchi quand je t'ai demandé de rester toute la nuit avec moi, j'aurais pas dû ! J'ai jamais réfléchi au mal qu'on pourrait faire, enfin, pas à ce point-là ! Mais tu veux savoir ? Si c'était à refaire, je referai exactement la même chose, parce que rien d'autre que toi n'a d'importance pour moi ! Tu as raison, finalement, je suis qu'un gamin, avec des réactions de gamins, je fais que des conneries et je suis sûr que j'en ferai encore plein d'autres ! Mais je te promets d'essayer de faire mieux, de réfléchir avant d'agir, je recommencerai plus. Je suis vraiment désolé, Tom, vraiment ! J'ai pas voulu tout ça, j'ai pas demandé à être amoureux de toi, ça s'est fait, et c'est tout !

Durant sa tirade, Bill s'était effondré en larmes et les sanglots l'empêchaient de parler, les mots sortaient difficilement et il reniflait lamentablement. Tom avait le coeur serré de le voir ainsi, mais il ne pouvait pas le laisser s'apitoyer, il fallait qu'il aide Bill à prendre pleinement conscience de ce dans quoi ils s'étaient embarqués.

Tom saisit le devant de son tee-shirt et l'attira à lui :

-Je ne l'ai pas demandé non plus, mais on n'a rien fait pour l'arrêter quand il était encore temps. On a continué, on s'est laissé portés par le courant. Pleurer et se lamenter ne va pas changer les choses. Ça n'excusera rien non plus, ça fera pas de nous des personnes plus respectables ou plus pardonnables parce qu'on a quelquefois conscience de faire du mal à des gens qu'on aime et qu'on regrette. Regarde ce qu'on fait, Bill, regarde-le bien, et si tu veux pas mettre des mots sur des actes, je vais te dire moi, ce qu'on fait : on est ensemble, on couche ensemble, alors que je suis marié et que toi tu es le petit ami de mon fils. Ça s'appelle de l'adultère, de la trahison Bill ! Y'a pas d'autres mots pour ça !

Bill, extrêmement perturbé par les mots durs de Tom, se débattit un peu et chuchota, horrifié :

-Arrête, tais-toi ! Je le sais déjà, pas besoin de le dire comme ça !

Tom continuait, implacable :

-Non, j'arrêterai pas. On couche ensemble, et pire que ça, on développe des sentiments l'un pour l'autre, alors qu'on devrait même pas avoir osé lever les yeux sur l'un et l'autre. Tu veux encore pire ? Je t'ai dépucelé dans un putain de sauna, et bordel, j'ai aimé ça ! Je t'ai pris ta première fois alors que mon fils était parti t'acheter un cadeau, je t'ai pris ce qu'Andi attend depuis des mois, et ce que je t'empêche de lui donner. Je trompe ma femme avec toi, je commets l'adultère et c'est le petit copain de mon fils qui est mon amant, voilà comment ça s'appelle. J'ai menti à ma fille qui est passée bien près de la vérité concernant nous deux. Tu m'as dit que tu m'aimais, alors que là encore, Andi attend et croit qu'il va être le premier à qui tu vas le dire. Putain, tu n'as que dix-sept ans, Bill, et moi, quand j'y pense sérieusement, je suis bien obligé de reconnaître que je ne suis qu'un gros pervers ! Si ça se savait, on me traiterait sûrement de pédophile, rends-toi compte de ça !

-Ne dis pas des choses comme ça, tu n'es pas pervers, Tom, je suis totalement consentant, je le veux tout autant que toi ! J'ai...je trouve pas que ce soit...C'est beau, ce que je vis avec toi, Tom, alors maintenant c'est à mon tour de te dire de ne pas salir tout ça, tais-toi...

-Non, je me tairai pas. Assume, Bill. Tu as voulu que je reste, et moi j'ai voulu revenir. Il y a Victoria et Andréas entre nous, réalise-le. Chaque fois qu'on sera ensemble, chaque fois qu'on couchera ensemble, ils seront entre nous. Ne pas parler d'eux ne signifie pas qu'ils n'existent pas, au contraire, ils sont encore plus présents quand on est ensemble, toi et moi. Chaque fois que je devrais te laisser, ce sera pour rentrer chez moi, auprès d'eux et toi, demain tu seras encore avec Andi. Parce que tu sais très bien que tant qu'on trouve pas une solution c'est comme ça que ça va se passer. Alors maintenant regarde-nous, regarde tout ce qu'on est en train de faire et prends conscience de l'horreur de la situation. C'est peut-être beau à vivre, Bill, pour nous deux, mais c'est pas beau à voir, dans le fond. C'est dégueulasse, hein, dis comme ça ?

Bill avait les larmes aux yeux, les paroles de Tom le touchaient en plein c½ur. Il hocha la tête, voulut parler mais n'y arriva pas. Il écoutait Tom décrire clairement leur situation :

-C'est même pas la peine qu'on essaie de se trouver des excuses, en se disant que ma femme, ou que ton petit ami sont chiants, c'est même pas la peine qu'on leur trouve des défauts pour nous excuser, regarde la vérité en face, on est ensemble parce qu'on l'a voulu, parce qu'on aime ça, mais pas parce qu'ils nous y ont poussé. Je veux bien être le pire salaud que la terre ait jamais porté, mais je serai pas lâche au point de mettre ma faiblesse sur leur dos, et je veux que tu en fasses autant. Notre seule lâcheté, c'est de pas arrêter avec eux, c'est la seule chose que je veux bien accepter. Ils nous ont rien fait, et nous, on est ignobles.

Tom termina :

-Maintenant, chaque fois qu'on se verra, qu'on fera l'amour, qu'on sera ensemble, tu sauras comme moi ce qu'on laisse derrière nous. Et maintenant, si tu le veux toujours, si tu sens suffisamment fort, ou suffisamment prêt, alors assume sans pleurnicher. Y'a que comme ça, qu'on pourra continuer. Se flageller ne changera rien, ou alors, si tu veux un semblant de réparation aux dégâts qu'on cause, on arrête tout dès maintenant !

Tom avait toujours les doigts crispés dans son tee-shirt et l'attira violemment à lui. Il souffla le reste de ses paroles au visage de Bill :

-Parce que moi, j'ai déjà assumé. Je sais ce que je fais, et je suis prêt à le faire encore. Si t'as bien compris tout ce que je viens de te dire, et que tu le veux toujours, on continue. Sinon, ça s'arrête dès maintenant, dès ce soir...Et je rentrerai chez moi.

Bill plongea son regard dans celui de Tom, essayant de comprendre ce que l'adulte lui disait. Il comprit que Tom n'attendait pas de lui qu'il se lamente de leur situation défendue, mais qu'il réalise pleinement ce qu'ils faisaient tous deux. Bill détailla longuement le visage de Tom et comprit encore une fois que les battements sourds de son c½ur recelaient de forts, puissants sentiments profonds, et qu'il ne serait plus capable de se passer de Tom. Alors, il agrippa une épaule de Tom et dit fermement :

-J'ai compris. J'assume, Tom.

Tom haussa un sourcil et demanda :

-Tu as compris ? Bien compris ?

-Oui. Même si être avec toi veut dire que ça blesse des gens, et qu'on est des salauds finis, je veux être avec toi. On fera juste attention à être...discrets. Si tu assumes, j'assume aussi.

Tom hocha la tête :

-J'ai assumé depuis que j'ai posé les mains sur toi. J'ai assumé depuis que j'ai compris que c'est toi qui est devenu bien plus important qu'eux. Que ce soit bien clair, je ne veux pas les blesser, mais ça va les blesser, d'une façon ou d'une autre ce qu'on fait va les blesser ou les blesse déjà. Mais j'assume ça, parce que je ne me sens pas capable d'arrêter.

Il posa doucement sa bouche contre celle de Bill et souffla encore :

-Je ne le veux pas. Si être avec toi veut dire être malsain et dégueulasse, alors je m'en fous, je serai malsain et dégueulasse, je serai un pourri, je serai immonde, je serai la pire personne qui soit, s'il le faut.

Il se tut un instant pour embrasser le jeune homme pendant de longues secondes. Bill avait enroulé ses bras tout autour de Tom et se perdit rapidement dans le baiser que ce dernier lui offrit. Contre toute attente, Tom cassa le baiser pour lui murmurer :

-Qu'on me traite de tous les noms de faire ce que je fais, je m'en fous. Il est hors de question que j'arrête, tu sais pourquoi ?

Bill secoua rapidement la tête, les yeux toujours fermés et put pratiquement sentir son c½ur s'arrêter quand il entendit Tom murmurer doucement :

-Parce que je t'aime, Bill. Je t'aime, je suis fou de toi, alors à moins que tu ne le veuilles, je n'arrêterai pas.

Bill mit quelques secondes à réaliser que Tom venait enfin de lui dire clairement tout ce qu'il ressentait. Après quelques instants d'hébétude, il ouvrit les yeux pour regarder Tom et murmura lui aussi :

-Je t'aime aussi. Et je n'arrêterai pas non plus. C'est trop tard, maintenant je pourrai plus, alors ouais, j'assume avec toi...

Tom hocha la tête une dernière fois et agrippa ses hanches pour le soulever et l'assoir sur la table. Il vint se placer entre ses cuisses, le serra contre lui, et la dernière pensée qu'il eut, c'était qu'ils étaient bien chanceux que les meubles ne parlent pas, particulièrement la table, témoin direct de tout ce qu'il fit longuement au jeune homme allongé sous lui, parce qu'ils auraient été dans un sacré pétrin en entendant les objets raconter les choses délicieusement obscènes que Tom fit à Bill pendant un très long moment, laissant le brun pantelant, abruti et essoufflé dans ses bras, lui-même dans un état similaire.

***
 
Au grand mécontentement de Bill, le matin arriva très rapidement. Il se réveilla et sourit en sentant Tom bouger dans son dos, lui aussi se réveillait. La nuit avait été mouvementée et Bill se souvint de toute la fougue de Tom la veille. Après avoir fait l'amour dans la cuisine, ils avaient été reprendre une douche et Tom avait téléphoné pour qu'on leur livre deux pizzas. Ils avaient à peine fini de manger qu'ils recommençaient déjà à se donner du plaisir l'un l'autre dans le canapé.

Puis, ils étaient montés dans la chambre de Bill et celui-ci avait vite compris qu'ils n'allaient pas dormir de si tôt, à peine couchés, Tom était venu se coller dans son dos et l'avait pris avec une extrême douceur, ce qui contrastait étonnamment avec la brutalité passionnée dont il avait l'habitude, quand il faisait l'amour au jeune homme. Ils avaient aussi beaucoup discuté et s'étaient enfin endormis, et Bill se demanda encore où est-ce que Tom trouvait l'énergie de se réveiller encore deux fois pour lui faire l'amour comme s'il n'avait jamais été fatigué. Mais ils avaient fini tout de même par s'écrouler, à bout de forces, juste avant le petit matin mais avant, Bill avait gémi un élégant :

-Putain, demain je vais boiter, moi, je sens ! J'ai mal au cul maintenant !

Tom avait éclaté de rire et l'avait serré contre lui :

-Bin remets-toi vite, j'ai pas fini.

Bill avait quand même été légèrement effrayé et son air craintif fit rire Tom encore plus fort :

-J'y crois pas ! T'as peur de moi, maintenant ?

-T'es franchement qu'un obsédé, Tom ! Putain, ton fils tient bien de toi, là-dessus !

Tom s'arrêta net de rire et Bill dit, précipitamment :

-Oh merde, merde ! Désolé, Tom ! Je...Je voulais pas dire ça !

Tom décida d'ignorer sa phrase malheureuse et préféra plaisanter pour détendre Bill. Celui-ci s'était complètement tendu et était plus que confus de sa gaffe idiote, il avait parlé sans réfléchir. Tom dit alors :

-Bon, maintenant va falloir que je te punisse, pour avoir dit ça. Tu sais ce que ça veut dire ?

Bill sourit en voyant que Tom ne se fâchait pas. Il demanda malicieusement :

-Tu vas me punir ? Tu vas me...chatouiller ?

Tom secoua la tête et prit un air affligé :

-Bill, Bill, Bill...T'es un petit joueur. Te chatouiller ! Pfff...Non, pas du tout, je vais pas faire ça ! Enfin, j'espère que tu ressens autre chose que des chatouilles, avec tout ce que je te fais !

Bill fit semblant de se plaindre :

-Oh merde ! Oh non ! On va pas recommencer, hein ? Pas tout de suite, je t'ai dit que j'avais mal, et putain, tu vas finir par me tuer !

Tom bascula Bill sur le dos et s'installa entre ses jambes. Il fit un sourire en coin et annonça solennellement, ce qui fit rire Bill :

-Je vais te terrasser à coups d'orgasmes, gamin. Après peut-être que je te laisserai dormir. Tu vas juste te souvenir éternellement de notre première nuit passée ensemble.

Et Bill sourit un peu plus en se remémorant combien les paroles de Tom s'étaient révélées exactes, il avait bel et bien été terrassé, et il était sûr de ne jamais oublier leur toute première nuit, espérant que ce ne serait que la première d'une longue série. Il tourna la tête pour voir si Tom était réveillé et vit avec surprise que le dreadé le regardait, apparemment depuis un moment. Tom prit la parole :

-Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça ?

-Bof, rien de spécial.

-Oh ! Bin merde alors, je croyais que c'était moi, décidément, je dois être bien prétentieux, chaque fois que je pense que t'es bien avec moi, apparemment tu penses pas pareil. Tant pis.

Bill éclata de rire :

-Tais-toi, tu sais bien que c'est faux. Je pensais à hier soir, ou plutôt à cette nuit et voilà, ça me faisait sourire.

Tom haussa un sourcil :

-Ça te faisait sourire ? Hier soir, tu souriais beaucoup moins, si je me rappelle bien.

-Ne commence pas. Bon, on se lève ? J'ai cours ce matin et toi, tu vas devoir aller...euh...comment dire ça délicatement, tu vas devoir aller te faire arracher la tête par ta femme.

Bill éclata de rire en voyant Tom écarquiller les yeux et grogner :

-Petit salaud. Ça te fait rire, ça, hein ? Tu riras moins quand je pourrais plus venir !

Bill s'arrêta de rire immédiatement et râla :

-T'es pas un gamin, Tom, tu peux quand même sortir quand tu veux !

Tom se leva et chercha des yeux ses vêtements :

-Oh, tu connais pas Victoria, putain, je t'assure, si elle veut m'enfermer dans la maison, elle peut très bien être capable de le faire, ou pire encore, maintenant qu'elle pense que j'ai une maîtresse, elle serait capable de me suivre la prochaine fois que je sors.

Bill se leva, plus lentement qu'il ne l'aurait voulu. La grimace qui déforma son visage fit rire bruyamment Tom, ce dernier devinant aisément les douleurs que devait certainement ressentir le brun, dûes à tout ce qu'il lui avait fait subir pendant toute la nuit. Bill rougit, un peu embarrassé et, se souvenant de leur conversation, il demanda, inquiet :

-Merde, tu crois qu'elle peut vraiment te suivre ?

-Si je te le dis. Mais je lui ai jamais donné l'occasion de le faire.

Il s'arrêta un instant et regarda Bill :

-Je l'avais jamais trompée, avant.

Il vit que Bill allait parler et l'arrêta net d'un geste de la main :

-Me dis pas que tu es désolé, ou une autre connerie dans le genre. On en a parlé hier soir, tu sais ce que j'en pense.

Bill resta sans voix quelques secondes, Tom avait effectivement deviné qu'il allait encore s'excuser. Il décida de rétorquer plutôt :

-J'allais pas dire que je suis désolé, je suis désolé de rien du tout. Tu l'avais pas trompée, maintenant tu l'as fait, c'est tout.

Il passa devant Tom et leva le nez, prenant un air hautain :

-Arrête de pleurnicher, Tom. Pleurnicher ne va pas changer la situation. Assume donc !

Tom, estomaqué par son culot, resta sans rien dire et lança son bras en avant pour claquer l'arrière des cuisses de Bill avec son tee-shirt dont il se servit comme d'un fouet.

-Petit con, reviens ici !

Le brun glapit et se sauva en éclatant de rire :

-T'as qu'à venir me chercher !

Tom le rattrapa dans la salle de bain et l'enlaça de dos. Bill se calma et se laissa embrasser dans le cou avant de hoqueter en sentant une érection contre ses fesses :

-Putain, là non ! Ça va pas être possible, Tom ! Lâche-moi !

Tom cacha un grand sourire et demanda innocemment :

-Qu'est-ce qui te prend ? Je peux pas juste te tenir un peu contre moi ?

-Me prends pas pour un idiot, tu commences à bander et je sens que dans quelques instants, ça va être ma fête et il en est hors de question ! Je te l'ai déjà dit, j'ai le derrière qui se souvient encore de tout ce que tu m'as fait, cette nuit, alors c'est non ! Ça me dit rien d'arriver au lycée en marchant de travers, comment j'expliquerai ça ? Déjà que pour m'assoir, va falloir trouver une solution, alors non, tu vas rien pouvoir me faire ce matin, ça va me déchirer en deux à force !

Tom rit encore un peu et relâcha Bill. Finalement, ils se retrouvèrent rapidement sous le jet brûlant de la douche, se lavant l'un l'autre, prenant soin l'un de l'autre et ils appréciaient plus que tout les derniers instants qu'ils passaient ensemble. Tom remarquait que Bill posait sur lui des regards plein d'adoration et lui-même se laissait emporter par le bien-être indescriptible qu'il ressentait avec le jeune homme. Ils avaient discuté, ri, même joué ensemble et Tom eut la pensée fugace que Bill lui rendait vraiment la jeunesse que Victoria lui avait volée. Son humeur s'assombrit un instant quand il réalisa la pensée méchante qu'il venait d'avoir ; il venait de penser que sa femme lui avait volé sa jeunesse en étant tombée enceinte alors qu'ils étaient encore si jeunes et si inconscients. Il avait dû abandonner tous les projets qu'il avait pour aller travailler, de façon à pouvoir subvenir aux besoins de sa famille qui se formait doucement. C'était ignoble de sa part de penser cela, après tout, comme il l'avait toujours pensé, il avait été autant responsable que Victoria, il avait couché avec elle sans préservatif, c'était à prévoir. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser que si Victoria n'avait pas attendu Andréas, bien des choses auraient pu être différentes.

Il observa attentivement Bill, détailla ses traits fins et laissa glisser ses yeux sur le corps qui le rendait complètement fou, et qui lui donnait tant de plaisir. Il regarda de nouveau son visage et sentit l'émotion lui serrer les entrailles en le trouvant beau, fragile et émouvant. Il fut définitivement persuadé que finalement non, le fait qu'Andréas soit là l'avait fait rencontrer Bill et que ça valait bien toutes les tortures qu'il s'imposait et la catastrophe amoureuse dans laquelle il s'était sournoisement glissé. Jamais il ne s'était senti aussi bien, aussi aimé, aussi amoureux lui-même. Jamais il ne s'était senti aussi lui-même, aussi utile, en un mot, aussi vivant, et leur différence d'âge ne le gênait même plus.

Bill terminait de se rincer les cheveux et Tom lui dit soudain :

-Tu sais quoi ? Tu avais raison sur un point, hier soir.

Le jeune homme rabaissa la tête et le regarda, demandant :

-Ah ? Sur quoi donc ?

-Sur le fait que jusqu'à maintenant, on se voit uniquement pour coucher. On ne se voit pour rien d'autre, mais il faut que ça change.

-Et comment tu veux changer ça ?

Tom se sentit étrangement timide, il se gifla en se traitant de gamin, encore une fois, mais répondit nonchalamment pour cacher sa gêne :

-Ce serait bien qu'on...qu'on sorte un peu, qu'on fasse des trucs, dans la mesure du possible.

Bill était tellement étonné qu'il faillit laisser tomber le pommeau de la douche. Il le rattrapa rapidement et demanda :

-Qu'on sorte ? Mais comment tu veux qu'on fasse ça ? T'es pas sérieux, là ?

-Si, je suis très sérieux.

Tom ferma les robinets et rangea le tuyau, attirant Bill contre lui :

-J'ai envie de passer plus de temps avec toi, vraiment. Tu sais quoi ? On a démarré un peu rapidement, faut qu'on fasse les choses correctement.

Il attrapa le menton du brun entre son pouce et son index et releva sa tête pour plonger son regard dans le sien pour demander très sérieusement :

-On recommence tout. Bill, est-ce que tu veux sortir avec moi ?

Bill resta interdit et sentit les larmes lui brouiller la vue. Il n'aurait jamais pensé que Tom lui parlerait comme ça, c'était vrai, ça avait commencé rapidement entre eux et surtout par de la baise, parce qu'ils avaient été très fortement attirés l'un par l'autre et n'avaient pas su se retenir. Tom était touché de le voir si ému, il se trouvait ridicule de poser une telle question, ça ne semblait tellement plus de son âge, mais il voulait offrir le meilleur et de merveilleux souvenirs au jeune qui lui, démarrait à peine sa vie amoureuse. Tom tenait à ce que tout soit exceptionnel et à en juger la vive émotion de Bill, il ne regretta pas de s'être plongé dans la guimauve. Bill répondit :

-Tu crois pas que c'est un peu...tard, pour demander ? On a déjà couché ensemble !

-Justement, ça aussi, ça va changer. Ça a déjà changé, mais faut faire les choses correctement, tu mérites qu'on les fasse correctement. C'est pour ça que je te demande officiellement si tu veux sortir avec moi.

Bill passa ses bras autour de la taille de Tom et répondit tout bas :

-Oui. Putain, oui, je veux sortir avec toi ! Et comment tu comptes t'y prendre ?

Tom haussa les épaules :

-Et bien, quand deux personnes sortent ensemble, elles font des tas de trucs. Je t'emmènerai au ciné, au resto, faire des ballades, je sais pas moi, on trouvera bien, je ferai en sorte que ça soit possible. Et on continuera de se parler, de se connaître, de rire ensemble et même de se disputer, avec ton caractère et le mien, ça loupera pas, ça.

Il remonta une main dans les cheveux mouillés de Bill et lui caressa l'arrière de la tête avec douceur :

-Et je te baiserai plus, je te ferai l'amour, Bill. Je t'apprendrai des tas de trucs et tu m'apprendras tout ce que tu aimes aussi.

Bill protesta dans son cou :

-Mais j'aime bien aussi, moi, quand tu me baises !

Tom rit doucement et dit :

-Alors je te baiserai aussi.

Il repoussa Bill un peu pour pouvoir le regarder dans les yeux et dit plus gravement :

-On fera tout ce que tu voudras. Je te donnerai tout ce que tu voudras. Je te l'ai déjà dit, mais je te le redis encore, tu auras tout ce que tu veux, Bill...Tout ce que tu veux...Hey, ne pleure pas...

Bill ne s'était même pas aperçu qu'il s'était mis à pleurer silencieusement. Tom lui essuyait les yeux de ses pouces et il tenta de sourire en répondant :

-Je pleure pas, c'est l'eau de la douche.

-L'eau de la douche est arrêtée depuis un moment, Bill.

Bill ne parla plus mais lança ses bras autour de son cou pour l'embrasser passionnément. Au bout d'un moment, il s'arrêta et dit, amusé :

-Putain, j'aurais jamais pensé, en te voyant la première fois, que ça tournerait comme ça !

-Tu crois que je m'y attendais aussi ? Je te l'ai dit, tu as foutu un joli bordel dans ma vie, mais je changerais ça pour rien au monde. Tu rends ma vie plus belle, aussi. Je me suis pas senti vivant depuis...depuis toujours.

-Arrête de me parler comme ça, je risque de m'y habituer, je vais t'en redemander, après. Et puis tu sais, tu fais très gay, comme ça !

Tom lui pinça la taille et gronda faussement :

-T'es vraiment un petit enfoiré ! Je te fais une jolie déclaration et toi, tu te fous de moi ?

Bill le regarda tendrement et caressa sa joue :

-Je me fous pas de toi, j'adore ce que tu me dis. Et c'est exactement pareil pour moi.

Il réfléchit un instant et sourit grandement en regardant Tom :

-Putain, on sort ensemble pour de bon ? Vraiment pour de bon ?

-Ouais, vraiment pour de bon. Et vu comment tu te fous de ma gueule, je sais pas si c'était une bonne idée, finalement !

Bill ricana et continua de le taquiner :

-T'es donc mon « petit ami » ?

Tom, embarrassé, rougit et bougonna :

-Et toi, t'es vraiment un emmerdeur, Bill ! Putain, tu me rends complètement débile, bientôt je suis sûr de me transformer en nana romantique, avec des seins qui vont pousser, si ça continue, alors épargne-moi ça ! Laisse-moi au moins garder un peu de dignité !

Bill éclata de rire et ils sortirent de la douche pour commencer à s'essuyer, Bill demanda alors :

-Et Andréas ? Et Victoria ?

Tom s'arrêta net et soupira :

-Je sais pas encore. Laisse-moi le temps de trouver quoi faire, je trouverai bien la meilleure solution pour nous tous. Le leur dire maintenant serait un peu trop brutal, en même temps, y'a pas de meilleur moment pour ça. Mais tu n'as encore que dix-sept ans et si ça se savait, on me foutrait en prison pour détournement de mineur, alors le mieux serait qu'on se fasse discrets jusqu'à ce que tu aies dix-huit ans.

Bill hocha la tête, essayant d'occulter la douleur qu'il ressentait en sachant qu'il allait devoir continuer de partager Tom avec sa femme et lui-même rester avec Andi, il dit juste :

-Je les ai dans deux mois.

À son tour, Tom hocha la tête et répéta :

-Deux mois. Ok, deux mois, on verra d'ici là.

Bill tenta quand même :

-Mais moi, je suis peut-être pas obligé de rester avec ton fils ?

-On en a déjà parlé, Bill. Si tu restes avec lui, il ne se posera aucune question, il se demandera pas pourquoi ou pour qui tu le quittes, et tu seras souvent à la maison. Me regarde pas comme ça, s'il te plaît. Je sais pas quoi faire d'autre ! Tu l'aimes bien, Andi, tu aimes bien être avec lui quand même ?

-Oui, mais bon, tu sais bien qu'il n'attend qu'une chose !

Tom grimaça :

-Ouais, bin ça, tu oublies. Putain, vous couchez déjà ensemble, ça devrait vous suffire ! Et tiens, puisqu'on en parle, si tu peux aussi freiner ça, ça serait super !

-Tom, je te demande pas d'arrêter de coucher avec ta femme !

Tom s'écria :

-C'est pas la peine de demander, mon gars, c'est en train de se faire tout seul !

Il baissa la voix quand il vit le jeune garçon sursauter et reprit :

-Laisse-moi du temps, laisse-moi trouver quoi faire. Pour le moment, on reste comme on est, je trouverai vite comment...je trouverai une solution, je te le promets ! Je veux juste pas qu'il y ait trop de dégâts.

-Je ne le veux pas non plus.

Ils terminèrent de s'habiller et Tom sortit de la salle de bain, laissant Bill se maquiller et se lisser les cheveux. Il essayait de taire toutes les insultes qu'il ne pouvait s'empêcher de se lancer, réalisant encore une fois que la veille il avait complètement raison en disant que le jeune homme avait foutu un gros bordel dans sa vie, tout comme il l'avait foutu dans la sienne, même si c'était un bien joli bordel, c'était néanmoins un joli bordel bien ignoble et bien dégueulasse.

Il était totalement ignorant de tout ce qui s'était passé durant son absence...

En effet, après qu'il soit parti, Victoria avait été effondrée. Elle avait dû faire face aux questions de ses deux enfants et s'était réfugiée dans sa chambre pour pleurer. Tout ce qu'elle redoutait depuis toujours était en train de se produire, elle perdait Tom, elle perdait son mari. Ou du moins, il s'éloignait de plus en plus sans qu'elle sache comment faire pour le retenir. Il semblait déjà tellement loin par la pensée, qu'elle était découragée d'avance.

Elle n'avait pas compris pourquoi Tom s'était énervé de la sorte, trop perdue elle-même dans ses pensées. Elle cachait certaines choses à Tom depuis quelques temps, et maintenant elle s'en voulait. Si elle lui avait parlé de ce qui la préoccupait tant, il aurait peut-être compris, il l'aurait soutenue. Il n'aurait jamais osé exploser comme il l'avait fait.

Maintenant, elle était complètement perdue et déboussolée. Leurs enfants avaient posé plein de questions, ils n'avaient pas compris pourquoi leurs parents s'étaient disputés et surtout pourquoi Tom était parti comme ça. Victoria avait été furieuse, elle en voulait à Tom, il n'avait pas le droit de leur faire vivre tout ça, c'était injuste pour elle et pour leurs enfants. Il était parti et elle avait compris, à l'heure qui s'avançait, qu'il ne rentrerait pas de la nuit. Elle lui en voulait de les avoir insultés, d'avoir pratiquement affirmé qu'ils étaient de trop. Même s'il ne l'avait pas dit comme ça, c'était exactement ce qu'elle ressentait, elle avait ce soir, pour la première fois, le sentiment de peser lourd pour Tom.

Elle avait voulu plus que tout qu'il arrête ses déplacements pour qu'il puisse rentrer définitivement chez eux, et maintenant que c'était fait, elle le regrettait. S'il travaillait encore loin, il aurait été encore heureux de rentrer. Elle avait juste peur que depuis que Tom travaillait dans cette boîte de publicité, il ait rencontré une femme et la trompe avec elle, il n'y avait aucune autre explication possible. Elle essaya de se remémorer un détail, même insignifiant, qui prouverait ce qu'elle pensait. Depuis quelques temps, Tom semblait ailleurs, morose, soucieux. Elle avait mis cela sur le compte de son travail, comme il l'avait dit plus tôt, avant de partir, il était toujours à l'essai et son boulot demandait énormément d'heures de travail, lui infligeant un stress sans pitié et il avait des quantités de dossiers incroyables pour un débutant. Mais il avait pris tout cela avec patience, il lui avait dit que c'était la preuve qu'on aimait son travail, qu'on lui faisait confiance et que pour l'instant, malgré la fatigue intense, tout se passait bien. Alors qu'est-ce qui avait changé ?

À part cela, Victoria estimait qu'ils avaient toujours plus ou moins la même entente, la même complicité, et en repensant à tout ce qui les liait encore, elle se persuada qu'ils s'aimaient encore comme au premier jour, sinon plus. Ils étaient plus vieux, plus affairés, plus matures, mais ils s'aimaient encore, elle l'aimait encore, de cela elle était sûre.

Un frisson d'horreur et de désarroi la parcourut quand elle comprit, que Tom dormirait ailleurs ce soir-là, et resterait donc injoignable. Elle avait d'abord pensé qu'il avait été faire un tour, et qu'il rentrerait calmé. Puis, elle se dit qu'il avait été dans un bar pour se soûler, histoire de noyer plus rapidement cette soirée catastrophique. Peut-être qu'il n'était plus en mesure de rentrer ? Alors, elle avait appelé sur son portable et avait été complètement perdue en s'apercevant qu'il avait l'éteint. Toutes les fois où elle appela, il ne répondit pas, pour finir par éteindre son portable, et Victoria prit cela comme l'ultime affront. Il avait éteint son portable, signifiant par là qu'il voulait couper court à toute discussion, qu'il ne voulait pas du tout avoir à faire à elle. Victoria comprit que Tom ne répondait pas, pas parce qu'il n'en était pas capable, mais consciemment, parce qu'il ne le voulait pas. Et son coeur se brisa. Ce n'était vraiment pas le moment.

Victoria était toujours assise dans son lit et réfléchissait. Elle imaginait son mari aux côtés d'une autre femme et cela lui donna la nausée. Elle ferma les yeux et inspira profondément pour faire passer son malaise et dut attendre quelques secondes avant de se sentir mieux. Tom lui manquait, sa présence sécurisante et rassurante lui manquait. Il l'avait toujours aimée et soutenue, depuis presque dix-huit ans, il ne pouvait pas arrêter maintenant. Pas quand elle avait le plus besoin de lui. Parce que depuis quelques jours, un doute s'était immiscé dans son esprit, la désarmant totalement, et elle avait repoussé le moment d'en parler à son mari.

Ça avait commencé par quelques petits vertiges, rien de spécial. Elle avait des périodes de fatigue extrêmes qui l'attrapaient au vol, dans la journée. Elle se sentait plus lourde que d'habitude. Elle mettait cela sur le compte de leur rythme de vie infernal et tout le stress que cela engendrait. Même si elle ne travaillait pas, elle avait beaucoup à faire, en plus de tout ce qu'elle accomplissait chaque jour pour sa famille, elle était bénévole pour deux associations humanitaires, rendait visite avec des amies aux enfants hospitalisés et cela, une fois par semaine. Et c'était sans compter toutes les courses qu'elle faisait pour sa mère. Son corps ne suivait peut-être plus la cadence ?

Rien ne l'avait alertée, jusqu'au jour où son fils sortit de sa chambre, parfumé de son eau de toilette habituelle, il était venu l'embrasser avant de partir au lycée et elle avait dû pratiquement courir aux toilettes, dégoûtée par une odeur qu'elle connaissait pourtant bien. Après avoir vomi, elle s'était dirigée dans la salle de bains pour se laver le visage et se rincer la bouche, et d'un coup, cela lui apparut, clair et net, comme une révélation : et si elle était enceinte ?

Peut-être que ça expliquerait tous les malaises qu'elle faisait ces derniers temps ? Peut-être que cela expliquerait pourquoi elle avait la bouche en carton quand elle se levait le matin, et l'estomac en pagaille ? Peut-être que cela expliquerait les nausées violentes qu'elle avait à cause de certaines odeurs ? Après tout, depuis que Tom était rentré, leur vie sexuelle avait été intense, sauf depuis deux ou trois semaines, mais avant cela, ils avaient fait l'amour pratiquement tous les soirs, Tom avait toujours été insatiable et ça ne l'avait jamais gênée. Sauf que maintenant, il ne la touchait presque plus, ou alors elle avait le sentiment qu'il se forçait. Ç'en était humiliant et surtout effrayant. Une raison de plus pour se dire qu'elle perdait Tom.

Elle avait hésité à en parler à son mari, ne sachant pas si la nouvelle lui ferait plaisir ou pas, Tom bossait déjà comme un dingue et son salaire n'était plus comme celui qu'il touchait quand il était en déplacement, même si celui qu'il gagnait actuellement était plus que correct, après tout, il avait le statut de cadre, ils se débrouillaient plutôt bien financièrement. Mais son instinct de femme et surtout d'épouse lui soufflait que Tom ne prendrait peut-être pas la nouvelle aussi bien que prévu. Ils avaient décidé du moment pour Mary. Pour Andi, cela s'était fait un peu par hasard, en tout cas sans qu'ils ne l'aient vraiment décidé. Et surtout, elle n'avait même pas été sûre que ce soit Tom, le père. Et Victoria avait l'impression que si elle était vraiment enceinte, elle reproduirait exactement le même schéma qu'à l'époque, pour Andréas, ce serait comme si elle mettait Tom au pied du mur une nouvelle fois. Sauf que maintenant, ils étaient mariés.

Elle fut un instant en colère en remarquant comment elle n'osait pas partager ses doutes avec Tom, ça ne devrait pas se passer comme ça. Ils étaient mariés, ils n'utilisaient aucune contraception, quoi de plus normal que d'être enceinte ? Y avait-il vraiment un bon moment pour ça ? Un bébé est toujours synonyme de bonheur dans une famille, pourquoi aurait-ce été différent pour eux ?

Mais elle voulut en avoir la preuve et sans rien dire, elle prit rendez-vous chez le gynécologue qui la suivait depuis Andréas. Elle aurait pu faire plus rapide, et acheter un test de grossesse, mais elle ne les aimait pas, elle avait toujours peur que le résultat soit faussé. Le vieux gynécologue la connaissait maintenant depuis longtemps, il la tutoyait. Il avait été ravi de la voir et avait de suite fait une échographie pelvienne qui n'avait rien révélé. Le médecin n'avait pas pu lui faire une échographie vaginale, bien plus efficace, la sonde étant en panne, il n'avait pu qu'utiliser le gel et la sonde sur son ventre. Rien, pas même un semblant de f½tus. Victoria n'avait pu s'empêcher de se sentir déçue. Depuis qu'elle avait eu des doutes, elle s'était faite à l'idée d'attendre un enfant et vu comment les choses se déroulaient avec Tom, elle avait immédiatement pensé qu'un enfant serait vraiment le bienvenu, Tom n'oserait pas les quitter et partir avec une autre femme alors qu'elle allait mettre leur enfant au monde, ce n'était pas son genre, il ne ferait jamais quelque chose comme ça. Le gynécologue avait quand même insisté pour qu'elle fasse une prise de sang, au cas où la grossesse serait vraiment à ses premiers débuts. Depuis, elle attendait qu'il l'appelle, impatiente, cela faisait maintenant trois jours qu'elle attendait et elle avait été tentée d'appeler elle-même le médecin, n'osant le faire une fois le téléphone en main.

Bien sûr, elle s'était traitée de stupide, un enfant ne sauvait jamais un couple, mais elle refusait de croire que ce qu'ils traversaient était grave. Ils avaient, comme tous les couples, un passage à vide. Tom n'était pas habitué à vivre continuellement en famille, il découvrait les inconvénients, le bruit, les disputes des enfants, les problèmes d'argent, tout ce à quoi elle faisait face seule d'habitude, même s'il la soutenait et tentait d'aider de loin. Elle se disait que c'était donc normal, son mari avait une nouvelle façon de vivre, il fallait juste qu'il s'y habitue et bientôt ça irait mieux. Il le fallait.

Prise dans ses réflexions, elle ne s'aperçut pas qu'elle s'endormait peu à peu, par la force des choses, dans un lit où la place de Tom restait désespérément vide. Quand elle se réveilla le matin, son premier geste fut de regarder près d'elle, mais Tom n'était pas rentré. Elle se traîna dans le salon, la tête lui tournant un peu, dû certainement à un manque de sommeil évident, ayant l'espoir de trouver son mari au moins endormi dans le canapé, mais rien non plus, ni dans aucune autre des pièces de la maison.

Alors, elle reproduisit exactement les gestes habituels qu'elle avait, tous les matins, qui consistaient à se préparer, faire le petit-déjeuner et s'assurer que ses enfants se levaient, parce qu'à ce moment-là, rien n'était plus rassurant que les habitudes, elle se dit, avec un semblant de satisfaction, qu'elle maîtrisait encore quelque chose de sa vie, alors que depuis quelques temps, tout échappait à son contrôle. La seule différence ce matin, c'était que Tom n'était pas à table avec eux et qu'eux-même déjeunaient dans le plus grand silence. Personne ne posait de question, ou discutait, ou même se disputait. Ils mangèrent dans un silence presque religieux et furent secrètement soulagés de finir rapidement pour sortir de table, l'atmosphère étant trop lourde et oppressante.

Andréas et Mary partirent bientôt pour l'école et Victoria se retrouva à s'agiter dans toute la maison, à la recherche d'occupations pour éviter de regarder l'horloge ou d'attendre de voir si Tom allait rentrer ce matin ou pas. Elle n'était que le mélange de haine, de peur, d'angoisse et de frustration. Elle se sentit presque défaillir de soulagement quand elle entendit une voiture se garer devant chez eux, reconnaissant immédiatement le bruit du moteur de leur voiture, la façon dont Tom claquait la porte et eut la pensée incongrue qu'elle le connaissait vraiment bien, elle connaissait les moindres détails le concernant, concernant leur vie, jusqu'au bruit de ses pas jusque devant leur porte d'entrée.

Puérilement, elle courut presque dans la cuisine, comme si elle voulait le fuir, ou retarder le moment des explications, alors qu'elle avait attendu ça toute la nuit. Elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer et son c½ur s'emballa quand elle entendit un bruit de pas se rapprocher. Elle était face à l'évier et entendit dans son dos un simple :

-Salut...

Alors elle ne tint plus et se retourna vivement, s'écriant :

-Salut ? C'est tout ce que tu trouves à dire ?

Tom haussa les épaules et ne répondit rien. Elle vit de suite qu'il avait l'air reposé, ses vêtements n'étaient ni froissés, ni en désordre, qu'il ait dormi dans sa voiture était donc à exclure. Ils se jaugeaient toujours et Victoria cracha, déjà hargneuse :

-Où étais-tu, cette nuit ?

-J'ai été dormir à l'hôtel.

Elle le regarda dans les yeux, il ne pouvait pas lui mentir en la regardant dans les yeux, elle le connaissait trop bien et avait noté qu'il avait répondu sans sourciller. Tom s'avança dans la pièce et demanda :

-Mary et Andi sont déjà partis ?

-Oui, ils ont attendu comme moi que tu rentres, hier soir.

Tom chercha une tasse propre du regard et s'en saisit pour se servir du café. Il lui tournait le dos pour répondre :

-Je t'ai dit que j'ai été à l'hôtel. J'avais besoin de calme et de repos.

Victoria se mit à crier franchement :

-Tu voulais du calme et du repos ?! Tom, tu es un père de famille et un mari, comment peux-tu oser vouloir du calme et du repos hors de ton foyer ? Comment as-tu osé nous dire tout ce que tu nous as dit, hier soir, avant de partir comme un voleur ?

Tom ne se retourna pas, Victoria ne le vit pas fermer les yeux, sous la culpabilité qu'il ne pouvait malgré tout s'empêcher de ressentir, et répondre doucement :

-Désolé.

-Oh, tu es désolé ? Tu es désolé ? Et moi donc ! Où étais-tu, Tom ?

-Je te l'ai dit, j'ai dormi à l'hôtel. Maintenant je vais changer de vêtements et aller bosser.

-Et c'est tout ? Tu vas te changer, aller bosser, et c'est tout ce que tu as à me dire ?

-J'ai rien d'autre à dire.

Victoria s'approcha de lui et le saisit par une épaule pour le retourner, demandant brusquement :

-Est-ce que tu as une maîtresse ?

Tom répondit automatiquement :

-Non, je n'ai pas de maîtresse, Victoria, arrête avec tes questions !

-Ne me demande pas de me taire, tu me dois des explications, tu découches et je ne dois pas te demander d'où tu viens ? Tu aurais trouvé cela normal si je t'avais fait le coup, moi ?

-Je me serais simplement dit que t'as besoin de souffler, et de te reposer ailleurs que dans un endroit qui ressemble à un chantier en pleine construction.

Victoria sentit les larmes lui picoter les yeux, elle resta un instant décontenancée par les paroles de Tom et souffla :

-Tu es injuste, Tom. Injuste et mesquin ! Je sais pas ce qui te prend, en ce moment, je ne te reconnais plus. Ce que tu appelles un « chantier en construction », c'est notre famille, Tom. Notre famille, notre foyer ! Je ne savais pas qu'on te dégoûtait à ce point !

Tom soupira, exaspéré :

-Vous ne me dégoûtez pas, Vicky, ne commence pas, arrête de dramatiser ! Je suis désolé, ok ? Je suis désolé, j'en avais assez de tout le boucan, toute la pression sur mon dos, tous les problèmes à porter !

-Je les porte autant que toi, et je ne fuis pas, moi ! Je ne pars pas toute la nuit en abandonnant mes enfants et mon mari !

Tom posa brutalement sa tasse de café et fit le geste de sortir de la cuisine :

-Ne dis pas que je vous abandonne, je ne vous ai jamais abandonnés ! Dix-huit ans, Victoria ! Dix-huit ans que je vous porte à bout de bras, que je bosse comme un dingue pour vous, quand est-ce que tu trouves que je vous ai abandonnés ?

Elle ouvrit grand les yeux à cette réplique et courut à sa suite, Tom était déjà dans la chambre pour changer de vêtements :

-Pardon ? Tu...Tu nous portes à bout de bras ? Tu nous considères comme un poids ?

-Ne dis pas n'importe quoi. J'ai pas le temps de me disputer, Victoria, faut que j'aille bosser. Désolé pour hier soir, j'ai agi sur le coup d'une...impulsion. Ça ne se reproduira plus.

Victoria le regardait, saisie :

-Et c'est tout ? Tu comptes t'en tirer comme ça ? Avec des excuses minables, et c'est tout ?

Tom se tourna vers elle, fronçant les sourcils :

-Mes excuses minables, Victoria, tu prends ou tu laisses ! Tu voulais quoi ? Des fleurs en plus ? Désolé, je trouve que ça fait trop le mec qui revient justement de chez sa maîtresse. J'ai rien d'autre à dire que j'étais à l'hôtel, et que c'est vrai que c'est con d'être parti toute la nuit, et irresponsable pour un père de famille, tout ce que tu veux, mais c'est fait, on peut plus rien faire. Je n'ai pas de maîtresse, à part toi y'a pas d'autre femme dans ma vie. Ça aussi, ou tu prends, ou tu laisses ! Maintenant je vais terminer de me préparer, je vais être en retard.

-Je n'ai pas fini de te parler !

-Moi si !

-Les enfants t'ont cherché ! Tu aurais dû les voir, hier soir ! C'est pas toi qui a dû répondre à leurs-

Tom l'interrompit froidement :

-N'essaye même pas de les utiliser pour me faire culpabiliser un peu plus ! Je leur parlerai ce soir, et à toi aussi si tu veux continuer cette conversation, pour l'instant, j'ai d'autres chats à fouetter !

Victoria secoua la tête et le regarda, interloquée par son comportement, passer à côté d'elle pour sortir de la chambre alors qu'il avait fini de s'habiller. Après quelques secondes et quelques bruits d'agitation dans le salon, elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer de nouveau, et le bruit du moteur lui confirma que Tom était bel et bien parti travailler.

Elle avait la tête qui tournait et son estomac se soulevait par à-coups. Décidément, toute cette tension, tout ce stress allaient la tuer. Elle se dirigea rapidement dans la salle de bains pour mouiller une nouvelle fois son visage et fondit en larmes en se regardant, pâle dans la glace. Elle ne comprenait rien à ce qui venait de se passer, Tom était rentré mais au lieu d'être repentant, avec un air désolé sur le visage, il avait été froid, furieux, carrément méchant en paroles. Qui était ce nouveau Tom qui l'avait affrontée ? Elle ne connaissait pas celui-là, elle le découvrait et en plus de le détester, elle en avait peur, peur parce qu'elle n'avait aucune prise sur lui, peur parce que ce nouveau Tom avait l'air insaisissable, intouchable.

Elle s'assit sur le rebord de la baignoire pour laisser toute sa peine et sa rage sortir sous forme de larmes et son regard se posa sur les vêtements que Tom portait la veille, il les avait laissés dans le panier de linge sale. Elle se leva et saisit vivement son pantalon, pour fouiller les poches, et ne trouva rien, à part quelques pièces que Tom avait certainement oubliées de retirer. Elle récupéra la chemise et la porta à son nez. Elle renifla plusieurs fois et fut malheureusement obligée de reconnaître que la chemise portait bien encore un peu l'odeur de Tom. Mais plus elle reniflait, plus elle détectait une odeur singulière, qu'elle était sûre de connaître, mais qu'elle ne trouvait pas d'où. La chemise avait l'odeur de Tom, mais tout le devant avait une odeur un peu plus...sucrée, ou plus douce, elle n'arrivait pas vraiment à déterminer. Elle grimaça en se disant que la chemise de Tom sentait la femme, elle connaissait le parfum de Tom et l'odeur qu'elle sentait n'était pas son parfum. Elle regarda aussi le col, comme si elle aurait pu trouver des traces de rouge à lèvres, comme dans les films les plus sordides, mais ne trouva rien d'autre, seule cette odeur connue qu'elle n'arrivait pas à retrouver, lui arrivait au nez. Est-ce qu'il avait menti ? Il l'avait regardée dans les yeux en affirmant ne pas avoir de maîtresse, il n'aurait pas osé lui mentir, si ?

De nouveau effondrée, elle éclata en sanglots et alla s'affaler dans le fauteuil du salon. Elle tenait toujours à la main la chemise de son mari, essayant de se rappeler où elle avait senti ce parfum, se traitant de folle pour se dire qu'il y avait plus que l'odeur de Tom dans le bout de tissu, ayant envie de vomir à l'idée qu'il lui avait menti et avait une maîtresse. Elle sursauta quand le téléphone sonna et s'essuya les yeux avec la chemise de Tom. Quand elle décrocha, une voix bourrue et joyeuse parla, sans s'arrêter :

-Victoria, ma belle ! Je suis désolé, j'aurais dû demander à mon secrétariat de te rappeler depuis un moment, mais nous avons été cambriolés et j'ai dû faire tout un tas de démarches ! J'ai les résultats de tes analyses !

Victoria reconnut immédiatement le sympathique gynécologue qui la connaissait depuis qu'elle était jeune fille. Elle essaya de répondre sans que sa voix ne trahisse ses larmes, le c½ur battant :

-Oh, Dr. Meyer, oui c'est vrai, je devais vous appeler, je me disais bien que les résultats mettaient un peu plus longtemps que prévu à arriver ! Je suis désolée de ce qui vous arrive, on ne vous a pas trop saccagé le cabinet au moins ?

Le médecin bougonna :

-Ces salopards ont tout foutu sens dessus dessous, les secrétaires ont un mal fou à remettre de l'ordre dans tous les papiers et ils nous ont volé le matériel informatique, c'est une vraie galère ! Heureusement que les dossiers informatiques de mes patients sont récupérables ! Mais bon, je ne t'appelle pas pour ça, je t'appelle plutôt pour te donner les résultats de tes analyses. J'aurais pu demander à ma secrétaire de t'appeler, mais je te connais depuis trop longtemps, depuis que tu étais jeune fille. Comment va Tom, au fait ?

Victoria, impatiente, s'écria :

-Docteur ! Peut-on parler de Tom après ?

Le médecin rit et dit :

-Oh, d'accord, d'accord, on parlera de Tom une prochaine fois. Il me donnera de ses nouvelles lui-même quand il t'accompagnera au cabinet pour tes visites de contrôle, parce que ma chère Victoria, il semblerait qu'avec ton cher mari, vous ayez remis le couvert !

Victoria resta sans voix quelques secondes, le médecin s'en aperçut et rit un peu plus fort :

-Voilà qui t'a coupé le sifflet, hein ? Bon, ne dis rien si tu n'es pas en mesure de le faire, par contre, je veux que tu voies avec ton mari le meilleur créneau pour vous deux, afin que vous puissiez venir. Rappelle mon secrétariat pour avoir une date pour un rendez-vous, d'accord ?

Victoria, bouleversée, arriva à peine à souffler :

-D'accord. Merci docteur.

-Merci, merci, j'ai rien fait, moi ! Va plutôt dire merci à Tom ! Bon, et bien, je te laisse, des patients m'attendent. Bonne journée !

Elle entendit le déclic d'une communication qu'on coupait et resta le téléphone en main, figée. Tout ce qui tournait dans sa tête se résumait en quelques mots : elle était enceinte...

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Comments :

  • Evasiondecristal

    10/07/2012

    La vache...j'ai beau relire cette fiction, encore une fois, ce chapitre me chamboule à chaque fois...Le merdier que c'est c'est assez hallucinant!

  • Judiliste

    11/02/2012

    ...dead

  • K

    14/11/2009

    WOOOOOOW

    oO Elle es enceinte,j'y crois pas...Mdrr !!
    C'est Tom qui va être content tiens --' !
    J'adore vraiment cette histoire de fou =D ♥.

  • TokioHotelaQc

    21/10/2009

    Ah non criss, fallait pas qu'elle soit enceinte è_é

    En passant c'est vraiment bon et j'ai bien hate de lire la suite!

  • deranged-isanity

    27/09/2009

    J'ai l'honneur ou pas de t'annoncer que parmis toutes tes fidèles lectrices tu as un fidèle lecteur ... (Tu dois en avoir surement d'autres d'ailleurs ;)
    En tous cas j'adore vraiment vraiment vraiment beaucoup ce que tu fais =)
    Tu as un style bien à toi et tu écris merveilleusement bien . *-*
    Pour en revenir à la fic, celle ci est surement mon coup de coeur !
    En tous cas j'attends la suite avec impatience.
    Je te souhaite un bon rétablissement et reviens nous bien en forme.

  • Sipurr

    13/09/2009

    La suiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite ! XD

  • xlRainbow

    06/09/2009

    Tu as une fois de plus frapper. J'ai l'impression d'être TOUJOURS excité. Vois tu avec tes fiction, TS ... cela m'aide pas vus que ce sont elles les déclencheurs de frissons ;) Me côté Parents-Ado Adultères, J'adore. J'étais vraiment surprise comment la tournure de l'histoire m'a encore une fois plus. Comment leur relation change au fil des actions et comment ils arrivent à gérer cette double vie car c'est ce qu'ils ont une sacré double vie. Au tout début, je voyais pas ou Tom pouvait bien se cachait et qui il pouvait bien être, Pis j'ai vus que Tom était le père de famille, je savais qu'ils allaient finir ensemble mais de cette façon non et franhcement sa m'a vraiment plus. Pis quand j'ai sus qu'il y avait Mary je la trouvais discrète mais je savais qu'elle verrait un passage pas très "normal". Ce bébé qui arrive à la fin et d'un sens mal et d'un autre sens bien, tombé. Mal car c'est sur on veut que Bille t Tom finisse heureux en couple ect... mais bien car sa r'ajoute du piment, on se dit sa va se finir comme ça, y'aura une suite. Comment va réagir Tom ? Si il va "Obligé" Victoria a avortée si au contraire, il va faire "semblant" et redevenir "normal" si quand Bill aura 18 ans, comment cela va se passer vus qu'il aura plus cette contrainte de "Pédophilie" sur la concience ...J'espère que tu vas bien te remettre, d'un côté pour la suite mais de 'lautre pour ta santé. Bisous

    Ps : Avec moi, tu as de sacré romans x)

  • xx-halt-die-klappe-xx

    28/08/2009

    Oh-mon-dieu. O.o

    LA SUITE !!! j'avais regardé si la fin était postée avant de lire, voyant que non je m'étais dis que j'arriverai certainement à patienter un peu avant que tu postes... en fait je suis incapable d'attendre, il me faut cette suite vite, cela fait a peine quelques secondes que mes yeux ont arreté de suivre tes lignes et je ressents dejà le manque....
    j'adore ta fiction , au debut le principe de tom "papa" et de bill "ado" me genait un peu mais je me suis tres vite habituée et maintenant j'adore...

    postes vite la suite je t'en prie il en va de ma survie la XD

  • Sipurr

    26/08/2009

    La suite, la suite, la suite ! :D

  • Sipurr

    25/08/2009

    J'aimerais énormément la suiiiiiiiite s'il te plait. [vraiment génial !]

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