Chapitre 9


Donc, sous les conseils de Nirvana-angel (désolée, ma belle, si je bâcle un peu ton pseudo...), je vous poste ce soir, en exclusivité (puisque cette partie n'est pas encore postée sur aucun des forums où je suis inscrite) la Partie 1 du Chapitre 9 !!!!!!!! La première partie de ce chapitre n'est, de mon avis, pas très riche en rebondissement, on y apprend pas grand-chose de nouveau. J'espère juste réussir à en faire un chapitre qui vous donnera l'envie de revenir continuer de me suivre à travers cette histoire, et que ça vous aidera à patienter un peu plus agréablement.

...Parce qu'il fait beaucoup de pages word, parce que vous avez assez attendu, parce que ça me motivera encore plus à finir ce chapitre, parce que je veux vous remercier d'être encore là...



Partie 1



Bill se rendit compte que plus il avançait pour entrer dans le lycée, plus il ralentissait sa marche ; il appréhendait d'y trouver Andréas qui l'attendait certainement. Celui-ci l'avait appelé trois fois pour lui demander où est-ce qu'il était passé, son dernier appel étant plutôt crié dans les aigus qu'autre chose. Bill avait failli rétorquer un méchant « fous-moi la paix, j'arrive, je te dis ! Arrête de m'appeler ! » et avait soupiré en disant simplement, d'un ton las « Je suis pas loin, dans deux trois minutes je serai là ».

Le quatrième appel avait été de Tom, qui voulait juste lui souhaiter de passer une bonne journée et par la même occasion, alors qu'il se sentait fondre de tendresse, l'adulte avait continué la conversation en le taquinant :

-T'aurais dû emmener une bouée, pour t'assoir dedans, dans le creux ! J'aimerai pas être à ta place !

Il avait rougi et sifflé :

-Ça me fait pas rire ! Vraiment pas ! Tu sais qu'à cause de ça, je vais être obligé de t'empêcher de me toucher pendant un bon moment, histoire que je récupère ?

Tom éclata de rire :

-Je te mets au défi ! Tu seras le premier à me supplier de recommencer, encore, et encore, et encore, et encore, et en-

Bill l'interrompit, feignant l'exaspération :

-Putain, tais-toi, Tom !

Tom allait continuer de le taquiner quand il entendit soudain :

-Un jour, je te ferai la même chose, on va voir si tu ris autant !

L'adulte resta sans voix quelques secondes quand il comprit ce que Bill sous-entendait. Il ne put s'empêcher de s'écrier :

-Là, même pas en rêve, Bill !

À l'autre bout du fil, Bill éclata de rire. Il entendit Tom bougonner :

-Plaisante pas avec ça !

Bill se calma soudain et dit :

-Pourquoi ? L'idée est si horrible que ça ?

Tom répondit, hésitant :

-Pas que ce soit...horrible, non, mais...on...je...

Bill, sentant son malaise, l'interrompit et dit doucement :

-C'est pas grave. Je te demande rien, Tom, je plaisantais. Bon, je vais te laisser, j'arrive au lycée et Andi doit déjà être devant à m'attendre, il m'a déjà appelé trois fois ce matin !

Tom s'écria :

-Ah ouais ? Je le savais pas aussi coriace ! J'arrive aussi au boulot, de toutes façons, alors je vais te laisser aussi.

-Dis, au fait ? Ça c'est passé comment avec...avec ta femme, ce matin ?

-C'était pas fameux. T'inquiète pas pour ça, ça va aller. Ce soir il va falloir que je parle aux enfants, je ne veux pas les inquiéter plus que nécessaire.

-Ok. Tu m'appelles, dès que tu as un moment ?

-Oui. Je t'appellerai, oui. Et tu peux m'appeler aussi, me dis pas que t'es trop timide pour ça.

Ils finirent leur conversation sans savoir qu'ils étaient tous les deux amusés de constater qu'il était difficile pour eux de finir cette conversation téléphonique. Bill finit par dire, juste au moment où Tom allait raccrocher :

-Dis, Tom ? Tu sais, un jour tu...

Il s'arrêta et Tom, intrigué, demanda :

-Oui ? Je quoi ?

-Un jour, tu m'aimeras suffisamment pour te laisser faire.

Tom ne put rien répliquer, Bill avait déjà raccroché. Il resta interloqué quelques secondes et finit par sourire. Mais il secoua la tête en pensant « là, mon gars, j'ai bien peur que tu sois déçu ! ».

Alors qu'il descendait de sa voiture, il vit Simone arriver aussi et se dépêcha d'entrer dans le bâtiment pour éviter d'avoir à lui parler. Il n'avait vraiment pas envie d'échanger quelques mots même anodins avec la mère de celui avec qui il venait de passer la nuit, ceci sans qu'elle le sache.

De son côté, Bill retrouvait Andi qui l'enlaça immédiatement avec ferveur :

-Putain, mais qu'est-ce que t'es long à arriver, toi ! Je t'attends depuis des heures !

Bill répondit ironiquement :

-Ah ouais ? T'es là depuis quelle heure, alors ? Quatre heures du mat' ?

-Fais pas l'imbécile et embrasse-moi plutôt !

Bill lui embrassa rapidement la joue et Andi ronchonna :

-C'est pas ça, que j'ai demandé !

Il saisit le visage du brun entre ses mains et posa un peu brutalement ses lèvres sur celles de Bill, forçant le passage avec la langue. Bill se débattit légèrement mais finit par se laisser faire. Il compta quand même six secondes dans sa tête et repoussa Andi qui protesta :

-Hey ! Attends !

-Andi, y'a tout le monde qui nous regarde, tu sais bien que j'aime pas trop qu'on s'affiche, comme ça, c'est...

-Oh, d'habitude ça te fait rien !

Bill rétorqua sèchement :

-Ouais mais d'habitude, on est pas en plein milieu du lycée !

-On est pas en plein milieu, Bill ! J'avais pas fini de t'embrasser, je commençais à peine que tu me repousses déjà ? Pourquoi ? Qu'est-ce que t'as aujourd'hui ?

Andi s'énervait rapidement, il avait de plus en plus de mal à se retenir et supportait difficilement que Bill le repousse. Alors, pour éviter d'avoir à gérer une crise et détourner rapidement l'attention d'Andréas, Bill demanda soudain :

-Alors ? Ton père est rentré à quelle heure ?

Andréas fut un instant décontenancé mais répondit :

-Bin...euh...je crois qu'il est pas rentré du tout. En tout cas, ce matin, il était pas à table avec nous. Soit il est parti ce matin très tôt, avant qu'on se lève, soit il est pas rentré. J'ai pas osé demander à ma mère, elle faisait la gueule alors je dirais qu'il est pas rentré du tout vu la tête qu'elle faisait.

-Oh. Désolé. Bon, tu viens, on avance jusqu'à devant la salle de cours ?

Andi hocha la tête et ils se dirigèrent vers la salle où ils devaient commencer leur premier cours. D'autres amis à eux étaient déjà arrivés et Bill s'arrangea pour se mêler à eux afin d'éviter de rester seul avec Andi ; ce dernier commençait à avoir la main un peu trop baladeuse et Bill ne voulait pas le repousser encore sans pour autant subir ses assauts.

Le premier cours étant un cours de philosophie, matière qu'Andi détestait, ce dernier soupira :

-Putain, la philo ! Si je dors, tu me réveilles, hein ?

Bill gloussa :

-Oh que non ! Quand tu dors, tu baves et parfois tu ronfles un peu, moi j'aime bien, ça me distrait !

Andi le regarda avec de grands yeux :

-Arrêtes de déconner, je...je ronfle ? Je bave ?

-Ouep !

-Tu me l'as jamais dit !

Bill sourit un peu plus :

-Tu me l'as jamais demandé !

Andi posa sa main sur sa cuisse et se pencha vers lui :

-Bin si tu veux éviter le spectacle, je sais ce qui pourrait me tenir éveillé...

A ces mots, Bill se souvint immédiatement de la même réplique qu'il avait servie à Tom, la veille, et de ce qui avait débuté juste avant qu'ils ne soient interrompus par le téléphone. Andi se méprit totalement sur l'air rêveur qu'avait pris son petit ami et souffla :

-Ouais, voilà, c'est bien de ça dont je te parle...

Bill le regarda sans comprendre et Andi reprit :

-T'es en train d'imaginer tout ce qu'on pourrait se faire au lieu d'écouter ce cours assez chiant, hein ? T'es en train d'imaginer quoi ? Raconte un peu, c'est cochon ?

Bill pinça les lèvres et secoua la tête :

-Andi, jamais tu t'arrêtes ?

Le blond se vexa et prit son stylo, bougonnant :

-Ouais, bin toi, je sais vraiment pas ce que t'as, mais si moi j'arrête jamais, toi ce serait bien que tu commences !

Bill soupira et feignit de ne pas remarquer la mauvaise humeur de son petit ami. Il sentit son portable vibrer dans sa poche, le sortit et vit qu'il avait reçu un texto de Tom. Il n'avait pas mis le prénom de Tom dans son répertoire, il arrivait qu'Andi l'ait en main, donc il ne reconnut pas immédiatement le numéro qui s'affichait. Il ouvrit discrètement son portable pour lire le message et vit :

« On mange ensemble ce midi ? Je viendrai te chercher. Dis-moi quand et où. »

Et il entendit Andi demander rageusement :

-C'est qui ? C'est qui qui veut bouffer avec toi ? Bill !

Bill paniqua et répondit au hasard :

-Ma mère. Dis donc, tu lis mes messages ?

-Bin quoi ? Tu l'ouvres devant moi, j'allais pas fermer les yeux ! Pourquoi, fallait pas ? T'as des trucs à cacher ?

-Commence pas à m'énerver, Andi ! Ouais, y'a des trucs à cacher, ouais, comme le fait que je vais aller manger avec ma mère ce midi, idiot !

-Bon bin si c'est que ta mère, je vois pas où est le problème que je lise ton texto ! Bin dis donc, c'est une grande première, ça ! Elle te demande jamais de déjeuner avec elle ! Tu vas y aller ?

-Bin justement, elle a tellement pas l'habitude de le faire que je vais y aller, ouais. Ça doit être parce qu'elle culpabilise un peu de pas avoir été beaucoup là ces derniers temps.

Bill était étonné de voir avec quelle facilité il pouvait mentir à son petit ami, toutes les réponses lui étaient venues toutes seules. Andréas le crut puisqu'il se concentra enfin sur le cours, laissant tout de même sa main vagabonder sur la cuisse de Bill, qui se retenait de le repousser de nouveau et s'empêchait de soupirer d'exaspération. Andi tourna la tête vers lui et demanda :

-Bin tu lui réponds pas ?

Pour le coup, Bill était bien embêté, il ne voulait pas répondre à Tom alors qu'Andi allait lire le lieu et l'heure de leur rendez-vous. Il haussa les épaules et dit :

-Pas tout de suite, le prof peut me voir. Je le ferai pendant la pause.

Andi sembla se contenter de la réponse et suivit le cours, non sans avoir pris soin de tripoter la cuisse de son petit ami sous la table. Leur professeur était en pleine explication quand les élèves entendirent quelques coups brefs. Ils reconnurent immédiatement leur conseiller d'éducation accompagné d'une nouvelle élève. Il fut rapidement expliqué que c'était une jeune fille de leur âge bien sûr, qui avait emménagé dans leur ville et qui allait désormais suivre toute sa scolarité avec eux. Le professeur la fit se présenter brièvement à toute la classe et le cours reprit.

Bill ne pensait qu'à une seule chose : répondre au texto de Tom et même en échanger d'autres. Mais c'était difficile, surtout avec le fils de ce dernier assis à côté de lui et qui ne raterait sûrement aucune miette de l'échange. Et puis, ce qui agaçait fortement le brun, c'était que le blond ne cessait de lui faire quelques petits attouchements sous la table, alors il finit par repousser sèchement sa main :

-Andi, va vraiment falloir que tu apprennes à te maîtriser, ça devient lassant !

Andréas protesta vivement, à voix basse :

-T'es mon petit ami, comment tu peux oser demander que j'arrête de te toucher !

-Le fait que je sois ton petit ami ne veut pas dire que tu dois forcément me peloter à tout bout de champ, tu crois pas ?

-Ça t'emmerde autant que ça ?

-Bin à force, un peu, oui !

Andi retira sa main et ne répondit plus rien. Au bout de quelques secondes, Bill, très gêné de l'avoir blessé en le jetant aussi sèchement, lui murmura :

-Andi, sois pas fâché, je suis désolé je voulais pas être méchant.

L'adolescent regardait obstinément toujours droit devant lui en murmurant :

-Ça va, j'ai compris, Bill, je te toucherai plus.

-Oh écoute, tu vas pas bloquer là-dessus ! C'est pas ce que...Je veux juste qu'on puisse être en cours sans forcément se toucher sans arrêt, tu sais bien que j'ai jamais trop aimé ça.

-Ouais, je sais, t'aimes pas quand je te touche, j'ai compris je te dis.

Bill soupira :

-Là, t'es carrément de mauvaise foi ! Tu fais exprès !

-Tais-toi, j'écoute !

-Andi, tu vas pas me faire la gueule, si ?

Ils furent interrompus par leur professeur qui leur reprocha leur bavardage et qui les menaça de les séparer si jamais il devait encore intervenir pour les rappeler à l'ordre. Ils se tinrent tranquilles pendant quelques instants et Andréas eut la mauvaise idée de remettre sa main sur la cuisse de Bill :

-Si tu veux pas que je te fasse la gueule, laisse-moi juste mettre ma main là, alors !

Évidement, Bill se sentit de nouveau exaspéré et siffla :

-Y'a vraiment des jours où t'es emmerdant, Andi ! Vas-y, mets ta main, si y'a que ça pour te faire plaisir, du moment que tu ouvres pas mon pantalon !

Andi laissa sa main sur la cuisse du brun, sans rien faire d'autre, mais se retrouva rapidement à la caresser de plus en plus audacieusement. Alors Bill décida qu'il allait faire en sorte de se faire repérer par le professeur pour que celui-ci le change de place. Il lança une nouvelle dispute à voix basse en se penchant un peu sur son petit ami pour chuchoter :

-Tu vois que t'arrives pas à rester tranquille ! Bientôt tu vas vouloir ouvrir mon froc, je suppose, hein ?

-Tais-toi, le prof va nous entendre !

Mais Bill continuait :

-On te donne un doigt faut que tu prennes le bras, toi !

-Tais-toi un peu, merde !

-En plus faut que je ferme ma gueule ! Je devrais peut-être carrément enlever mon pantalon, ça te faciliterait la tâche ? Non, parce que comme ça, ça irait plus vite ! Et toi, tu veux quoi ? Que je glisse sous la table pour te sucer ?

-Bill, putain, c'est vraiment un problème ma foutue main sur ta putain de jambe ?

-Ouais ! Jamais tu me laisses tranquille !

-Oh pardon ! Je savais pas que te faire toucher par moi pouvait être aussi désagréable !

-Bin quand c'est sans arrêt, quand je te demande un peu de répit, c'est assez chiant !

-T'es mon petit ami, je te touche quand je veux ! T'es à moi !

Bill ouvrit de grands yeux et siffla, encore plus énervé :

-A toi ? A toi ?! J'appartiens à personne, Andi, tu débloques grave ! Allez, enlève ta main, tu m'énerves !

Et Andi retira sa main et se tourna vers lui :

-Je sais pas ce que tu as, je sais pas ce qu'il t'arrive, mais je crois qu'il y a un truc qui va vraiment plus depuis quelques temps ! Qu'est-ce qui se passe ? T'as rencontré quelqu'un ? Je te fais plus d'effet pour que ça t'emmerde autant que je te touche ? Allez, dis-moi !

-C'est pas le moment ! Commence pas à faire le jaloux, tu sais bien que je déteste ça !

-Je m'en fous ! On fait toujours comme tu veux ! Je peux pas te toucher sans que tu cries presque au viol, j'ai pas le droit de te baiser parce que monsieur se sent pas prêt, je peux rien te dire sans que tu te vexes, j'ai le droit de rien faire ! La prochaine fois ce sera quoi ? Va falloir que j'aboie quand tu vas me l'ordonner ?

Bill était estomaqué, il n'avait pas apprécié entendre « j'ai pas le droit de te baiser », alors il cracha :

-Pardon ? Tu viens de dire quoi, là ? Que tu avais pas le droit de quoi ? De me « baiser » ? C'est comme ça que tu vois la chose, alors ?

Les deux jeunes hommes lançaient de fréquents regards sur leur professeur qui ne remarquait toujours pas leur échange houleux. Andi se radoucit, comprenant sa gaffe idiote et tenta de s'excuser immédiatement :

-Non, je voulais pas dire ça, Bill. Tu sais bien que je...on baise pas, je veux dire, c'est pas ce que je veux faire avec toi, je-

Bill l'interrompit froidement :

-Laisse, va, j'ai bien compris ce que tu penses.

Ils se turent encore pendant de longues secondes et très mal à l'aise, remarquant que Bill ne le calculait même plus, Andréas remit sa main sur sa cuisse, s'aplatit un maximum derrière le camarade de classe qui était devant lui, pour se cacher au mieux et demanda au brun :

-Bill, t'es fâché ?

Comme le brun ne répondait pas, il insista :

-Allez, sois pas fâché, désolé d'avoir dit ça ! Regarde-moi, Bill, tu sais bien que j'aime pas quand tu me fais la gueule, ça me rend dingue !

Bill le regarda enfin et dit :

-C'est bon, Andi, je te fais pas la gueule. On écoute le cours, maintenant.

-Si tu me fais pas la gueule, penche-toi et fais-moi un bisou.

-Oh putain, ça va jamais finir cette histoire !

-Allez, juste un bisou !

-Non !

-Si tu m'embrasses pas, ça veut dire que tu me fais la gueule !

-Je t'ai dit que je te fais plus la gueule, c'est bon maintenant. Je te laisse même mettre ta main sur ma cuisse, d'ailleurs ta main est bien plus haut que ma cuisse et je dis rien, alors arrête, fiche-moi la paix !

Bill fit en sorte de gigoter suffisamment fort pour attirer l'attention de son professeur sur lui mais Andi se fit suppliant :

-Juste un bisou ! Un seul, sur la bouche, et je te promets d'oublier que tu as été méchant avec moi !

-Non ! Tu m'emmerdes, Andi, mais alors là, vraiment ! Comme jamais tu m'avais emmerdé jusque là !

-Un bisou c'est rien du tout comparé à tout ce que tu m'as dit de blessant !

Et le blond, aucunement conscient d'être lourd et agaçant, commençait à tirer un peu sur le bras de Bill pour le faire se pencher à son niveau dans l'espoir de pouvoir se saisir de sa bouche. Et c'est alors qu'au grand soulagement de Bill, le professeur intervint d'une voix rageuse :

-Trümper ! Kaulitz ! Bon, maintenant ça suffit ! Je vous avais prévenus ! Trümper, tu déménages et tu vas te mettre au fond !

Andréas se releva vivement et tenta de protester :

-Mais...

-Mais rien du tout ! Tu déménages ! Et ouvre la bouche encore et c'est chez le proviseur que je t'envoie finir le cours, il va être ravi et moi encore plus en te filant quelques heures de colle !

Andi ne répliqua plus rien et prit toutes ses affaires avant d'aller s'installer à la place que le professeur lui avait indiquée, tout au fond. En installant ses affaires à sa nouvelle place, il eut un regard pour Bill et eut le temps d'apercevoir le soulagement qui pouvait se lire sur son visage, il en fut profondément choqué. Est-ce que Bill avait fait exprès de se faire remarquer pour qu'on les sépare ? Il commençait à se poser la question. De son côté, effectivement Bill était soulagé que son petit ami ait changé de place, il ne le supportait vraiment plus aujourd'hui. Il sentit de nouveau son portable vibrer dans sa poche et lut avec avidité le message qui, bien sûr, était de Tom :

« Tu me manques, j'ai envie d'être avec toi. J'arrive pas à bosser, je fais que penser à toi. Tu m'as pas répondu, on peut se voir ce midi ? »

Il tapa rapidement, souriant, sans savoir qu'Andréas ne ratait aucune miette du spectacle qu'il offrait, terriblement jaloux et énervé :

« Bien sûr qu'on se voit ! Tu me manques aussi et j'arrive pas à être sans toi. Je peux t'appeler dans quelques minutes ? »

La réponse arriva aussitôt :

« J'attends que ça, dépêche-toi »

Bill répondit :

« Ok je trouve une raison pour sortir de la classe et je t'appelle »

Tom lui envoya alors un :

« Si t'es en cours, je peux attendre. Tu m'appelleras quand tu pourras. »

« Je m'en fous. Si tu peux attendre, moi pas. Envie de te parler. »

Tom envoya un message qui le fit rougir immédiatement :

« Et moi, envie de ta bouche. Et de toi. Encore. Tu me bousilles vraiment mais j'adore ça. »

Andi voyait que l'échange durait et s'énervait de secondes en secondes. Encore plus quand il vit Bill se lever, après avoir enfoui son portable dans sa poche, et demander la permission de sortir pour se rendre aux toilettes, permission qui lui fut accordée. Il pensa un instant demander à sortir lui aussi pour pouvoir suivre son petit ami, mais savait que le professeur ne laisserait jamais deux élèves sortir en même temps, d'autant plus qu'il s'agissait de lui et de Bill et que tout le lycée savait qu'ils étaient ensemble. Alors il rongea son frein, se promettant d'interroger le brun dès que le cours serait fini. Il se forçait à croire que l'échange de textos se passait entre Bill et sa mère mais l'air qu'avait pris son brun et surtout la durée, sachant que jamais auparavant Simone n'avait eu ce genre de comportement, lui laissait penser que Bill s'adressait plutôt à quelqu'un d'autre et Andréas crevait de jalousie, de colère et d'impatience. Il avait envie plus que tout de le suivre, persuadé que le jeune homme avait demandé à sortir pour appeler la personne qui lui avait envoyée tous ces messages.

Bill s'était rendu dans les toilettes les plus éloignées de sa salle de cours et après s'être assuré d'être seul, il composa le numéro de Tom, qui décrocha aussitôt :

-Impatient, hein ?

-Ouais. Et j'espère que toi aussi ! Bon, je fais vite, je suis dans les toilettes et j'ai pas envie qu'on m'entende. Je finis à midi mais tu pourras pas venir me chercher parce qu'Andi a lu le premier message, tu sais il est assis à côté de moi dans tous les cours.

-Merde ! J'avais pas pensé à ça ! Il a dit quoi ? Il a vu les autres messages ?

-Non, il les a pas vu, heureusement ! Mais il est pas content, je te raconterai. Mais j'ai dit que j'allais manger avec ma mère, alors ça va. Bon, comment on fait pour que tu puisses me récupérer ?

Tom réfléchit quelques secondes et s'écria soudain :

-Attends, j'ai une idée ! Je vais envoyer un taxi te récupérer à la sortie du lycée, comme ça, ça sera plus simple pour tout le monde ! Il te déposera au resto où je t'attendrai, d'accord ?

-Oui, c'est une super idée ! Oh, je suis pressé de te voir, et d'être avec toi, tu peux pas savoir !

-Si, je peux très bien. Bon, ne tarde pas à regagner ta classe ou tu vas avoir des problèmes. Le taxi t'attendra comme prévu.

Ils finirent leur conversation et Bill repartit en cours, complètement euphorique. En rentrant dans sa classe, il ne jeta même pas un regard sur Andréas qui lui, le regardait intensément, remarquant immédiatement son air exalté, ses yeux brillants et le sourire béat que Bill n'essayait même plus de cacher. Quand le cours se termina enfin, il ramassa rapidement ses affaires et se précipita vers Bill, furieux :

-Alors ? On peut savoir avec qui t'avais l'air de dialoguer si passionnément ? Et t'es sorti pour appeler cette personne, je suppose, vu la tête toute contente que tu faisais en rentrant ! Tu vas me dire ce qui se passe ?

Bill avait fini de ramasser ses affaires et se dirigeait à grands pas hors de la classe :

-C'était toujours ma mère. Elle voulait savoir à quelle heure je finissais pour me récupérer à la sortie, c'est tout ! Et oui, je l'ai appelée pour lui dire à quelle heure il fallait qu'elle vienne.

-Pendant tout ce temps c'était ta mère ? T'envoies tous ces messages à ta mère ? Tu penses vraiment que je vais te croire ?

Il agrippa le bras de Bill pour le stopper et le brun se tourna vers lui, le regard froid :

-Tu fais comme tu veux. Bon, on va en cours ou alors on reste là pour que tu continues de me faire une scène ?

Andréas ne réfléchit pas davantage, il attrapa les bras de Bill et serra fortement pour l'attirer violemment à lui et, le regard noir de fureur mal contenue, il lui feula au visage avant de l'embrasser brutalement sur la bouche :

-T'es à moi, Bill ! Et tu ferais mieux de te souvenir toujours de ça !

Le baiser sauvage surprit le brun qui se laissa faire pendant quelques secondes avant de le repousser durement :

-Arrête ta crise de possessivité, Andi ! Bordel, mais qu'est-ce qui te prend ? Tu m'as fait mal aux bras en serrant ! Non mais ça va pas ?

-Je te préviens : je casse la gueule de celui qui pose un seul doigt sur toi ! T'as pas intérêt à me tromper avec un connard quelconque !

Bill le regarda, interloqué. Il commença à avoir un peu peur de ce nouveau Andréas, complètement jaloux et surtout possessif à l'extrême. Voulant le calmer à tous prix, il murmura :

-Calme-toi, Andi. Je...je te trompe pas, je vais juste aller manger avec ma mère.

Andi sembla se calmer et le relâcha :

-Ok. Bon, dépêche, on va être en retard au prochain cours.

Bill hocha la tête et le suivit sans un mot, retourné par tout ce qui venait de se passer et culpabilisant de nouveau, se détestant de mettre son petit ami dans tous ses états en lui ayant menti effrontément. Le reste de la matinée passa lentement, du point de vue de Bill. Andi s'était calmé et avait laissé le brun tranquille pendant les heures de cours qu'il restait. La nouvelle élève, qui s'appelait Marina, était une jeune fille exubérante, pleine de vie et assez délurée malgré son air sage. Elle avait rapidement fait la connaissance de la majorité des élèves de sa classe, fascinée par son personnage. La jeune fille avait rapidement remarqué le couple que Bill et Andréas formaient et elle trouvait le blond très à son goût. Elle tentait de le draguer discrètement mais le blond n'avait pas l'air de le remarquer, ni Bill non plus d'ailleurs, celui-ci ayant l'esprit et les pensées continuellement tournés vers Tom. Ce n'était pas le premier couple de gays qu'elle connaissait mais Andi lui plaisait décidément beaucoup et elle avait déjà remarqué que Bill n'avait pas l'air si accroché à lui que ça. Midi arriva et quand la sonnerie retentit, Bill se précipitait déjà vers la sortie, rattrapé rapidement par son petit ami qui essayait de le retenir :

-Bill ! Attends ! Y'a le feu ou quoi ?

Bill se stoppa et se tourna vers le blond, un peu confus :

-Non mais faut que j'y aille, là. Je te vois tout à l'heure ?

Il se détournait pour reprendre la route mais Andi le retint et l'attira à lui :

-Comment tu peux oser partir sans m'embrasser ?

-Dépêche, j'ai pas toute la pause déjeuner et en plus, je reviens !

Bill se pencha sur Andi et saisit rapidement ses lèvres avant de se retourner pour partir encore plus rapidement sous le regard étonné de son petit ami. Il repéra le taxi qui l'attendait dans le parking et sauta dedans joyeusement :

-Je suppose que c'est moi que vous attendez ?

Le chauffeur lui lança un regard indifférent dans le rétroviseur et démarra aussitôt, expliquant :

-Oui, votre père a demandé que vous soyez conduit rapidement au restaurant où il vous attend.

Bill retint un grand sourire amusé, Tom s'était fait passer pour son père. Il se contenta de dire :

-Bien, allons voir papa, alors, j'ai faim !

Il n'échangea plus aucun mot avec le chauffeur qui le déposa bientôt devant le restaurant où l'attendait Tom. Bill était impressionné, l'établissement était magnifique et avait l'air hors de prix. Avant de descendre, il se tourna vers le chauffeur :

-Vous...Vous êtes sûr que c'est là ?

Le chauffeur, toujours aussi indifférent, haussa les épaules :

-Oui. C'est l'adresse qu'on m'a donnée, en tout cas. Ne vous inquiétez pas pour la course, j'ai déjà été payé.

Bill sortit de la voiture et s'avança jusqu'à l'entrée du restaurant. À l'intérieur, tout était encore plus magnifique, de très bon goût. On pouvait distinguer de multiples alcôves presque fermées par de gros pots de plantes vertes pour les personnes qui voulaient déjeuner en toute intimité, sans qu'on les voit et Bill comprit pourquoi Tom avait choisi un cadre comme celui-là. Il donna son nom au premier serveur qu'il croisa et se vit emmener vers l'une des tables les plus retirées de la salle, la plus discrète. Tom était assis et jouait avec ses couverts. Son regard s'illumina en voyant Bill s'avancer vers lui. Le jeune homme dit simplement un « salut » et s'assit en face de Tom qui souriait grandement. Le serveur prit de suite la commande de leur apéritif et il avait à peine tourné le dos que Tom se penchait sur Bill, serrant son poignet entre ses doigts, et le souleva un peu de la banquette confortable où il était assis pour l'attirer à lui et poser immédiatement sa bouche sur celle du brun qui ferma automatiquement les yeux au contact. Il relâcha le poignet de Bill doucement et celui-ci remonta sa main pour enrouler les doigts derrière sa nuque et approfondir le baiser. Quand ils se séparèrent, ils avaient tous deux les yeux qui brillaient et le souffle court et Bill rit un peu :

-Je crois pas qu'on devrait faire ça.

Tom haussa un sourcil et demanda :

-Ah ? Et pourquoi ça ?

-Bin parce que le serveur peut revenir d'un moment à l'autre et il va trouver bizarre qu'un père embrasse son fils de cette façon. Quand je suis arrivé, il m'a dit « je vais vous conduire à la table de votre père » et c'est ce que le chauffeur de taxi m'a dit aussi. C'est la seule excuse que t'as trouvée ?

Tom rit aussi et dit :

-Ouais. Tu voulais quoi ? Que je dise la vérité ? Tu voulais que je dise « Les gars, je vais déjeuner avec mon petit ami ! » ? J'aurais eu l'air fin, tiens !

Bill s'arrêta de rire et demanda sérieusement :

-Dis-moi, si c'était pas toute cette situation, tu aurais honte de dire que tu as un « petit ami » ?

Tom le regarda un instant et répondit en regardant nonchalamment son menu de nouveau :

-Bill, si t'as dans l'idée de trouver une raison pour qu'on se dispute, attends qu'on ait fini de manger. Là j'ai faim, ça va me couper l'appétit !

-Non, mais j'aimerais bien que tu me répondes ! Allez, réponds ! Ça te gêne qu'on sache que tu es gay ?

Tom soupira et dit :

-Mais non, j'aurais pas honte. Mais là, c'est juste pas possible de le dire, c'est tout ! Allez, choisis quelque chose à manger.

Bill saisit son menu et dit alors doucement :

-Tu sais, moi je serai très fier de faire savoir à tout le monde que tu es mon homme.

Il sentit Tom attraper son poignet pour baisser le menu derrière lequel il se cachait et lui répondre :

-Ca m'étonne pas, c'est normal, je suis tellement beau, tellement irrésistible ! Que tu veuilles que tout le monde le sache, je peux comprendre ça ! Tout le monde t'envierait, mon pote !

Bill secoua la tête en gloussant :

-Bin toi, c'est pas la modestie qui t'étouffe, on dirait ! Bon, on mange quoi ? Qu'est-ce que je peux prendre ?

-Choisis tout ce que tu veux. Non, Bill, je fais pas partie du menu, tu peux arrêter de me regarder comme ça !

Bill protesta :

-J'ai rien dit ! Bon sang, Tom, qu'est-ce que tu peux être arrogant !

-Et toi, un petit menteur ! Tu trompes personne, Bill, je te connais bien maintenant !

Bill leva les yeux en secouant la tête :

-Bon, tu me diras des cochonneries plus tard, là dis-moi plutôt ce que je devrais choisir, je sais pas quoi prendre.

Après avoir regardé encore un instant le menu, Tom choisit pour eux deux et le serveur repartit. Ils se regardèrent en souriant et soudain, Tom fronça les sourcils et pointa le bras de Bill :

-T'as des bleus ! C'est quoi ? Tu fais du catch ?

Bill baissa la tête pour regarder et eut l'air gêné :

-Oh ça...c'est rien.

-Sur les deux bras, en plus ! Qui t'as fait ça ? Ce serait pas ta mère, quand même ?

Bill détourna le regard et s'agita sur son siège, de plus en plus gêné :

-Non, ça va, je te dis. Bon, tu crois que dans un restaurant comme celui-ci je peux demander un coca ? J'ai envie d'un coca, ça ferait pas rustre de demander un coca ?

-Hey ! Arrête de jacasser, prends ton coca si tu veux mais dis-moi qui t'a fait ces marques sur les bras !

-Bon, bin je vais rappeler le serveur alors...Il est où ?

Tom s'écria, exaspéré :

-Putain, réponds ! Je t'achète l'usine de coca après, s'il le faut, mais d'abord tu réponds ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Commence pas à crier, s'il te plaît ! C'est rien, c'est...juste...je sais même plus !

-Bill, je te jure que je vais crier beaucoup plus fort si tu me dis pas ce que c'est !

-Oh bon sang, t'es trop sanguin, Tom ! C'est Andi ! Voilà, t'es content ?

Tom ouvrit grand les yeux et resta sans voix quelques secondes avant de demander, interloqué :

-Andi ? C'est Andi qui t'a fait ça ? Pourquoi ?

-Est-ce que c'est important ? Il l'a pas fait exprès, donc pas la peine de jouer les protecteurs, ça va, je te dis.

-Non, ça va pas. Tu dis que mon fils te fait des marques pareilles sur les bras et ça devrait aller ? Mais regarde un peu à quoi ça ressemble ! Il a dû serrer fort pour que ça te marque à ce point et je veux savoir pourquoi ! C'est tout bleu !

-Ca va passer. Il...On s'est un peu fâchés en cours.

Tom haussa un sourcil et exigea :

-Je vais pas passer tout le déjeuner à te tirer les vers du nez, alors raconte-moi tout !

Bill soupira longuement, très réticent à raconter sa dispute avec Andi. Il savait que Tom allait être furieux de savoir que son fils était aussi collant, mais qu'il devenait limite violent allait lui déplaire encore plus. Il voulait absolument éviter de monter le père contre le fils mais Tom insistait tellement et ne lui laissa pas le choix : il dût bien finir par tout raconter à Tom. Ce dernier était effectivement furieux, il râla immédiatement :

-Il va falloir que j'ai une discussion avec lui, c'est pas possible ! Depuis quand il est aussi possessif, celui-là ?

Bill sourit ironiquement :

-Ouais, fais ça, aie une discussion avec lui, j'aimerais bien voir ça, tiens ! Tu vas lui dire quoi ? Que tu veux pas qu'il me touche ? On va rire ! Sérieusement, tu peux rien lui dire, Tom, mais à quoi tu penses !

-Je m'en fous, faut que je lui parle et puis c'est tout ! Il a pas à...il peut pas être aussi possessif, que ce soit toi ou un autre, c'est pas sain pour lui ! Et c'est quoi ces conneries « T'es à moi » qu'il te sort, là ? T'es à personne ! Personne appartient à personne dans une histoire, faut qu'il apprenne ça !

Bill, ennuyé, saisit la main de Tom et voulut faire diversion. Il sourit un peu et prit une voix cajoleuse pour dire :

-Oh, je suis à personne ? Même pas à toi ? Ça m'aurait bien plu pourtant !

Et Tom, toujours énervé, se laissa complètement avoir :

-Si, si, justement ! C'est évident, ça ! J'ai pas besoin de te le dire, que t'es à moi, c'est comme ça et puis c'est tout, d'où qu'il...

Il réalisa ce qu'il disait et fit une tête dépitée :

-Oh putain, tu m'as eu, petit salaud !

Bill éclata de rire et lança :

-Allez, fais pas cette tête-là, c'est pas grave ! Détends-toi, t'es en train de me stresser avec ta crise de nerfs, là.

-J'y crois pas comme je suis en train de me transformer en gamin par ta faute !

-C'est pas grave, t'es mignon quand même, je t'aime bien comme ça.

Le serveur revint une nouvelle fois pour apporter les plats qu'ils avaient commandés et la bonne humeur se réinstalla entre eux. Ils discutèrent de tout et de rien, appréciant un moment comme celui-ci où ils pouvaient se retrouver. Ils eurent bientôt fini et voyant qu'il leur restait du temps, ils décidèrent de se rendre dans un coin tranquille et prirent la voiture de Tom. À peine installés, Tom attira Bill contre lui, l'enlaçant tendrement et caressa ses cheveux :

-Je suis désolé, Bill, vraiment désolé.

-Pourquoi ça ?

-Parce que tu voulais arrêter d'être avec Andi et je t'oblige à rester avec lui. Maintenant, ça commence à être infernal pour toi, pour lui aussi, il a certainement remarqué qu'il y avait quelque chose qui a changé chez toi vis-à-vis de lui et ça le rend dingue. Il a compris qu'il est en train de te perdre et il est malheureux, le résultat c'est que ça merde pour tout le monde.

Bill murmura contre son cou :

-Ne t'excuse pas, je t'en veux pas. Tu essaies de faire de ton mieux pour blesser personne. C'est pas toi qui dérailles, c'est Andi qui est trop possessif.

-Sois pas injuste. Il l'est parce que tu lui échappes et ça le fait paniquer.

-Même avant toi, il l'était, il l'a toujours été sauf qu'il ne m'a jamais rien fait physiquement.

Tom repoussa Bill et haussa un peu la voix :

-Même avant il l'était ? Putain, il faut vraiment que je lui parle à celui-là ! Mais pourquoi tu me l'as jamais dit avant ?

Bill soupira et répondit :

-Écoute comment tu gueules dès que ça concerne Andi et moi ! T'es à la limite de la crise cardiaque ! Tu voulais que je te dise quoi ? C'est pas la peine, je gère très bien !

Il se rassit correctement et ajouta malicieusement pendant que Tom démarrait :

-Non, j'ai préféré rien dire, je prends soin de toi, à ton âge on supporte pas trop de pression !

Tom le regarda, faussement en colère et gronda :

-Ne dis rien sur mon âge, petit merdeux ! Tu me dois le respect ! Je suis peut-être à la limite de la crise cardiaque, mais ça te ferait bien chier de plus le voir, « le vieux » !

Bill se pencha pour embrasser l'épaule de Tom et souffla :

-C'est vrai, ça me ferait chier, je deviendrai dingue. Bon, tu m'emmènes où ? On va faire des cochonneries quelque part ?

-Je croyais que t'en avais eu assez, hier soir ? Je croyais que tu avais mal au cul ? Apparemment pas assez, je t'avais bien dit que tu allais être le premier à m'en redemander encore, et encore ! Non, sérieusement, il nous reste un peu de temps, on va aller faire un tour et si t'es sage, je t'achèterai des bonbons.

-Tu m'énerves, quand tu parles comme ça, putain on dirait que tu parles à ton gamin ! Des bonbons ! J'en veux pas de tes bonbons, moi !

-Si si, je t'achèterai des bonbons, t'es trop hargneux, ça va t'adoucir un peu.

Tom prit la direction du centre ville et finalement, demanda :

-Tu veux qu'on aille prendre un café quelque part ?

Bill hocha la tête et l'adulte se gara dans un parking sous-terrain. Le jeune homme demanda, un peu inquiet :

-Dis, t'es sûr que c'est une bonne idée qu'on aille prendre un café ?

Tom le regarda étonné :

-Bin je sais pas, je t'ai demandé et t'as dit oui ! Pourquoi ce serait pas une bonne idée ?

-Parce qu'on va être à la vue de tout le monde, quelqu'un qu'on connait pourrait nous voir ensemble et-

Tom l'interrompit :

-Et je m'en fous. Je peux quand même t'avoir rencontré par hasard et avoir voulu prendre un café avec...

Il choisit ses mots avec soin et les dit avec une répugnance visible :

-Avec le petit ami de mon fils. Putain, je déteste dire ça ! Bon, tu veux plus y aller ?

Bill se rapprocha de lui et l'attrapa par la taille :

-Si. Je veux être partout où tu es. Embrasse-moi d'abord.

Tom pencha la tête et entama de suite un baiser qui fit fondre le jeune homme contre lui. Il lui dévorait la bouche et sentait Bill se ramollir dans ses bras. Il se détacha du brun et souffla :

-On arrête ou alors ça va me donner envie de te baiser dans ce foutu sous-sol, contre cette putain de bagnole. On arrête !

Bill se frotta à lui pour lui faire remarquer son début d'érection et répondit sur le même ton :

-Trop tard, t'as déjà envie, d'après ce que je sens. Embrasse-moi encore...

Tom voulut résister mais se retrouva très rapidement encore plus collé à Bill qui continuait de se frotter un peu à lui, la bouche collée à la sienne, leurs langues se caressant de nouveau le plus sensuellement possible. Sans même s'en rendre compte, Tom plaqua Bill contre la portière de sa voiture et appuya son corps contre celui du jeune homme, l'embrassant toujours plus. Le brun descendait les mains partout dans le dos de Tom et gémissait faiblement dans sa bouche. Tom sentit une des jambes de Bill remonter entre les siennes et un genou caresser un peu son entrejambe qui commençait à devenir douloureux. Bill enleva la jambe qu'il avait glissée entre les cuisses de Tom pour la poser contre sa hanche et attira l'adulte encore plus près si c'était possible, tellement ils étaient presque fondus l'un dans l'autre. Ils furent interrompus par le bruit caractéristique d'une voiture qui se garait à quelques mètres d'eux. Bill repoussa vivement Tom :

-Arrête ! On...on va finir par se faire prendre !

Tom haussa un sourcil et dit, amusé :

-Bill, mon cher, le seul qui est susceptible de se faire prendre ici, c'est bien toi !

Bill secoua la tête et répondit sur le même ton :

-Tom, mon cher, t'es vraiment qu'un gros vicieux !

Tom ne répondit rien, attendant que le conducteur de la voiture sorte et s'éloigne. Ils furent de nouveau seuls et il attira Bill contre lui, encore :

-Attends deux secondes...

Un peu étonné, Bill le laissa faire. Il observa Tom détailler son visage avec attention, effleurer sa joue de ses doigts, sans rien dire. L'adulte pencha un peu la tête et, sans fermer les yeux, frotta très lentement son nez contre celui du brun, lui tirant un petit sourire. Il demanda à Tom :

-Tu fais quoi ?

-Rien. Je te regarde. J'aime tellement ça, te regarder...

Tom se tût et le regarda encore longuement, faisant frissonner le jeune homme brun par un regard rempli d'adoration. Il ne se rendait même pas compte qu'il le détaillait aussi amoureusement mais Bill si. Ce dernier caressa sa joue et murmura :

-Je t'aime, Tom...

Et l'adulte se sentit soudainement idiot de ressentir une vive émotion lui tordre les tripes et le secouer violemment. Depuis qu'il était en âge de comprendre les sentiments, de dire et d'entendre des « je t'aime », il en avait dit et entendu des tas. En dix-huit ans de vie conjugale, sa femme lui en avait dit des milliers, chuchotés et déclarés avec la plus grande et sincère ferveur. Mais jamais aucun de ceux qu'il avait entendu ne l'avaient secoué à ce point. Il voulut répondre mais fut pris de court par l'adolescent qui continua, toujours doucement :

-T'es pas en train de jouer avec moi, hein ? Tu...tu peux pas me regarder comme ça et...et ne pas...tu peux pas...Tu joues pas, hein ?

Tom se détacha de lui et le saisit par les bras :

-De quoi tu parles, Bill ? Pourquoi tu me demandes ça ? Pourquoi tu doutes ?

Bill avait baissé la tête alors il la lui releva mais le brun ferma les yeux, honteux de ce qu'il venait de dire. Tom lui ordonna :

-Regarde-moi ! Pourquoi tu me demandes ça ?

Il le vit déglutir et hésiter à parler. Bill ouvrit les yeux et Tom put lire une grande crainte quand il prit la parole :

-Je suis désolé, je sais qu'on en a déjà parlé. Mais...parfois je pense que...moi je n'ai que dix-sept ans, et toi tu...ta femme est magnifique...tu as une famille et...et moi je suis...

Tom continua pour lui :

-Et tu crois encore que je suis avec toi pour une connerie du genre...le sexe, c'est ça ? Tu penses encore que tu es une distraction bien agréable, que je suis simplement attiré et que ça va me passer bientôt ? Que je m'amuse un peu en attendant de reprendre mes esprits et tu penses que quand ça va me passer, je vais te jeter ? Bill, regarde-moi bien, est-ce que tu ne le vois pas ? Est-ce que tu ne lis pas dans mes yeux toute la vérité de ce que je te dis ? Regarde-moi !

Il laissa Bill le fixer longuement dans les yeux et le jeune homme put lire tout l'amour que l'adulte lui portait, rien n'était feint, sur joué ou même forcé. Tom déposa un un baiser sur la bouche de Bill et souffla contre ses lèvres entrouvertes :

-Tu ne le sens pas ?

Tom l'embrassa fougueusement, relâchant peu à peu ses bras pour passer les siens derrière le dos du jeune homme et le serrer étroitement contre lui, l'appuyant de nouveau contre sa voiture. Bill laissa la langue de Tom caresser la sienne, lécher le moindre recoin de sa bouche et le baiser s'arrêta enfin, laissant le brun complètement pantelant. Le jeune garçon avait enroulé un bras derrière la nuque de Tom, ce dernier lui prit une main, la fit glisser lentement dans son cou pour la faire descendre doucement et l'amener pour la poser contre son c½ur, murmurant toujours :

-Dis-moi, maintenant, Bill...Est-ce que tu ne le sens pas ?

Sous ses doigts, le c½ur de Tom qui battait à une vitesse affolante, sourdement, prouvait l'intensité des sentiments que l'adulte lui portait. C'était maintenant au tour de Bill d'en être ému aux larmes, alors pour éviter de pleurer comme une fillette, il répondit simplement, mais immensément fier :

-Si...Je le sens...

Tom fit un petit sourire et soupira exagérément :

-Tant mieux. Parce que là, il me restait plus qu'à l'arracher de ma poitrine pour te l'offrir !

Bill éclata de rire, rapidement suivi par Tom mais celui-ci s'arrêta net pour redevenir sérieux :

-Non, sérieusement, j'ai pas besoin de l'arracher, tu l'as déjà fait déjà fait à ma place. Tout ce que j'ai, je te le donne. Tout ce qui est à moi est à toi. Je t'aime, n'en doute plus jamais et si tu te poses encore des questions, si jamais quelque chose te fait douter alors parles m'en, ok ?

-Ok.

-De toutes façons, tu n'auras plus à douter parce que si tu doutes, c'est que je fais mal mon boulot. Ce que je viens de voir dans ton regard, je ne veux plus le voir, tu n'auras plus jamais à le ressentir, je te le promets. Maintenant, j'arrête, parce que là, ça devient trop sentimental et j'entends même les violons pendant que je te parle !

Bill se détacha complètement de lui en riant et vit Tom baisser la tête pour regarder son propre torse, il s'arrêta de rire et demanda, intrigué :

-Quoi ? Y'a quelque chose qui va pas ?

-Si, si, ça va ! Je m'assurais juste que les fameux seins n'aient pas poussés entre-temps !

-Tom, inquiète toi plutôt de t'assurer que tu deviens pas idiot !

Tom lui fit un grand sourire et déclara, faussement désespéré :

-Bin pour ça, c'est trop tard ! Allez, viens, on va prendre ce café avant que ça dégénère encore plus !

Ils se dirigèrent vers la sortie et Bill poussa un peu Tom en cognant son épaule :

-C'est un peu décevant, n'empêche...

-Quoi donc ?

-Bin là, on été bien parti pour faire des cochonneries, c'est dommage !

Il secoua la tête :

-Pfff...Tu préfères le café...

-Attention, jeune homme, je vais finir par croire que c'est toi qui est avec moi seulement pour le sexe !

-Ah bin ça, c'est pas de ma faute ! Faut dire que dans ce domaine, t'es un vrai chef !

-Bon, puisque c'est comme ça, on va plus rien faire pendant un bon moment ! Il va falloir que tu apprennes à apprécier ma présence juste pour ma conversation et ma compagnie très agréable !

Bill ricana :

-C'est comme tu veux ! On va voir, si tu tiens longtemps ! On verra bien qui de nous deux va supplier l'autre de-

Tom l'interrompit :

-Ok, ok, je retire ! Viens, petit dévergondé ! En plus de t'acheter des bonbons, je vais devoir t'acheter d'autres sucreries pour t'amadouer ! Putain, je crois que j'ai pas fini de morfler, tu me tiens vraiment par les sentiments, par les couilles, par tout ce que tu peux, toi !

Sans réfléchir, Bill répondit :

-Oh, dépense pas tout ton argent pour moi, une sucette suffira amplement !

Tom s'arrêta net de marcher et le regarda avec un grand sourire. Après quelques secondes de non-réaction, Bill comprit et prit un air blasé :

-Je parlais pas de ça, Tom !

-Désolé, mais là, c'est à croire que tu le fais exprès ! Une sucette ! C'est quand tu veux !

Ils étaient arrivés dans la rue et marchèrent sans parler jusqu'au premier bar qu'ils trouvèrent et s'attablèrent après s'être discrètement assurés que personne dans les environs n'était des connaissances à l'un ou à l'autre. Après avoir commandé leurs cafés, ils commencèrent à discuter de tout et de rien et furent interrompus par le portable de Bill. Ce dernier hésita à décrocher et la sonnerie cessa un instant pour reprendre de plus belle. Bien sûr, il s'agissait d'Andréas, ils l'avaient bien compris sans même regarder le numéro et au bout du troisième appel, Tom finit par dire :

-Décroche, ça vaut mieux.

Bill soupira fortement et décrocha. Il fut immédiatement agressé par une voix furieuse :

-Ah bin quand même ! Tu comptes arriver quand ?

Bill se sentit agacé mais répondit tout de même calmement :

-Dans un instant, Andi.

-J'espérais que tu ferais assez vite pour qu'on passe un peu de temps ensemble avant que les cours reprennent ! Tu comptes quand même revenir ?

-Bin oui !

-Tu fais quoi ?

-Toujours la même chose que tout à l'heure, je suis avec ma mère !

Andi bougonna :

-Putain, vous pouvez pas faire un peu plus vite ? Ta mère pouvait pas attendre ce soir pour se faire son « plan rapprochement » ? Elle choisit bien son moment, elle !

-Ne commence pas, s'il te plaît ! Ça devient pénible ! On est tout le temps ensemble, Andi, tu peux bien manger une fois sans moi, ça te tuera pas !

-Je m'ennuie sans toi ! Tu peux pas faire un peu plus vite ? T'as qu'à lui dire que vous continuerez de discuter ce soir, non ?

-Écoute, de toutes façons, on a bientôt fini alors je vais pas tarder.

-Ouais bin j'espère ! Parce que j'ai envie de profiter de toi un peu avant qu'on recommence les cours alors ne tarde pas ! Tu sais quoi ? J'avais prévu qu'on se trouve une salle de libre et qu'on-

Bill l'interrompit, énervé :

-Ouais, je sais à quoi tu penses mais je te dis NON tout de suite !

-Attends ! Tu sais même pas à quoi je pensais ! Je me disais un truc, pourquoi une première fois serait obligatoirement dans un lit ? Ça pourrait être sympa que ce soit...je sais pas, genre spontané, exceptionnel, si on en a envie tous les deux, si on se donne les moyens, une salle de cours ça peut être pas mal !

-Oh comme c'est fabuleux ! Pourquoi j'y ai pas pensé moi-même ?! C'est tellement romantique Andi, tu imagines ? Ma première fois dans une salle de cours, entre deux cours, à la va-vite comme des sauvages, j'attends que ça, tiens ! Je me demande pourquoi j'hésite encore, faut-il que je sois bien con ! Bouge pas, j'arrive, ça me fait tellement envie que je suis déjà en route, là !

Andi répliqua, vexé :

-C'est bon, t'es pas obligé d'être aussi sarcastique non plus ! Je disais ça comme ça, c'est tout ! Si tu veux pas, tu dis « non » et puis c'est tout ! En plus, ta mère est avec toi, elle doit entendre ce que tu me réponds !

-Non, elle a été aux toilettes quand j'ai décroché, c'est dommage elle rate un truc, là !

-Tu comprends pas que je veux passer du temps avec toi ?

-Bin pour le coup, j'ai bien compris, Andi !

Bill fut encore plus exaspéré d'entendre son petit ami geindre :

-Je veux seulement être avec toi ! Putain, c'est pas un crime !

Il prit énormément sur lui pour répondre le plus patiemment possible :

-Non, mais...Andi, on est tous les jours ensemble, je dors chez toi plus que chez moi ! Tu veux quand même pas qu'on baise à tour de bras à chaque fois qu'on est ensemble, tu fais que parler de ça et ça me laisse croire que y'a que ça qui est important pour toi ! Je déjeune sans toi ce midi pour UNE fois, et tu cries au scandale ! Pitié ! Et voilà que maintenant, j'ai la proposition du siècle, alors qu'on en a déjà parlé et que tu sais très bien que je veux pas !

-Ah ouais ? Et pourquoi ça ? Tu m'as pas touché depuis un moment et moi non plus je t'ai pas touché depuis-

-Depuis ce matin, t'as oublié ? On s'est même fait séparer, en cours, à cause de ça ! Bon, je vais raccrocher, je te vois tout à l'heure !

Andréas s'écria, encore plus fâché :

-Attends, j'ai pas fini !

Bill rétorqua sèchement :

-Moi si. Salut !

Il raccrocha, ignorant les dernières protestations d'Andréas, leva les yeux vers Tom qui restait sans rien dire, et siffla :

-Il est vraiment...J'en peux plus, Tom ! Je te préviens, ça peut plus continuer comme ça, il est lourd ton fils, vraiment lourd !

Tom soupira et demanda :

-Il t'a dit quoi ?

Bill le regarda comme s'il était fou, ce qu'il avait répondu à Andi indiquait clairement ce dont ils parlaient :

-Il a dit que...Me dis pas que t'as pas compris ce qu'il se passait ! Tu te doutes bien de ce qu'il attend de moi ! Je peux pas avoir une seule conversation avec lui qui tourne pas autour du sexe ! Sa jalousie me gonfle ! Et là, c'est...ça devient du grand n'importe quoi, il vient de me proposer une partie de jambes en l'air dans une salle de cours ! Putain, Tom, réalise un peu !

Voyant que Tom allait parler, il le coupa rapidement :

-Je sais ce que tu vas dire ! Tu vas encore m'expliquer qu'il faut que je reste avec lui ! Comment tu peux me demander ça ? Ça te fait vraiment rien de savoir que quand je suis avec lui, il cherche sans arrêt à me tripoter ? Ça te gêne vraiment pas ?

-Tu sais très bien que je supporte pas ça ! On était d'accord tous les deux pour laisser les choses comme elles sont jusqu'à ce que je trouve une solution !

-Tu m'as pas l'air très pressé d'en trouver une ! Ça t'arrange bien, t'as le beurre et l'argent du beurre ! Je me demande si tu te rends bien compte que c'est pour moi que c'est le plus difficile ! À croire que tu t'en fous ! Moi j'ai du mal à savoir que...Il faut déjà que je te partage avec ta...avec ta femme mais toi, on dirait que ça te fait pas plus que ça de me partager, même si tu me dis le contraire je te vois pas trop bouger ! J'ai beau te dire que je veux quitter Andi, tu veux rien savoir ! Je te demande pas de quitter ta femme, je te dis juste que je veux plus être avec ton fils, en quelle langue il faut que je le dise ?!

Tom tressaillit sous l'attaque et son regard noirci de colère. Il savait que Bill avait raison, c'était plus qu'infernal pour les deux garçons : son fils sentait qu'il perdait son petit ami et ça le faisait réagir exagérément, de façon agressive et incontrôlable et Bill supportait de moins en moins la compagnie d'Andi, il ne voulait plus lui mentir mais n'arrivait plus à faire semblant. Tom tenta de freiner son énervement et dit doucement :

-Ne sois pas injuste, je sais juste pas quoi faire.

-T'as rien à faire justement ! C'est moi qui devrait lui parler et lui dire simplement qu'on devrait en rester là, lui et moi ! C'est pas parce que je suis plus avec lui que je pourrai plus te voir bon sang !

-Il va pas comprendre pourquoi tu veux plus de lui ! Il va chercher à savoir, il va...Putain, Bill, tu comprends pas qu'éveiller ses soupçons ça peut être dangereux ? Imagine deux secondes s'il commence à t'espionner, et qu'il en vient à découvrir que c'est moi que tu vois en cachette !

Bill ricana :

-Parti comme c'est, il va m'espionner et découvrir pour de bon qui je vois en cachette ! Ça va être comique quand il va le découvrir, tiens ! Il est tellement jaloux, tellement en colère que je suis sûr qu'il va vouloir connaître exactement ce qu'il se passe !

Il se tût un instant et ils se fixèrent longuement. Tom ne savait quoi dire. Il se savait égoïste et manipulateur. Au fond, pour lui, la situation était confortable, il menait sa double vie sans réellement s'engager auprès de Bill ni se séparer de sa femme. Lâche et infidèle, c'était la seule image qu'il avait de lui à l'instant. Il n'arrivait qu'à se persuader que sa relation avec Bill était toute récente, qu'il fallait seulement un peu de temps pour trouver le bon moment de faire la meilleure chose pour tous. Puis, le visage furieux de Bill se détendit un instant. Il avait l'air de réfléchir et semblait avoir trouvé une idée. Tom l'entendit murmurer pensivement :

-Ou alors...Y'aurait peut-être un moyen pour qu'il se calme un peu...

-Et je peux savoir à quoi tu penses ?

Bill planta durement ses yeux dans ceux de Tom et expliqua sérieusement :

-Je devrais peut-être le laisser coucher avec moi, je veux dire : je le laisse faire, il me...je le laisse me faire l'amour, une fois persuadé d'avoir été ma première fois comme ça, il me laissera tranquille !

Tom fixa Bill, interloqué. Puis la fureur s'empara de nouveau de lui :

-Tu plaisantes, là ? T'es pas sérieux quand tu dis ça ?

Le brun prit un air suffisant :

-Bin quoi ? On sait toi et moi que c'est pas le cas ! T'es passé le premier, ça va maintenant ! Il se rendra compte de rien, je le fais une fois et puis c'est bon, on va pas en faire tout un plat non plus ! Tu as été le premier, mon premier, le reste ça a pas vraiment de l'importance !

Tom secoua la tête :

-Putain, j'y crois pas ! T'es pas en train de...Dis-moi que j'ai mal entendu, t'es pas vraiment en train de me proposer toute la merde que j'ai entendue !

-Oh ça va ! Puisque tu trouves pas de solutions, j'essaie d'en trouver une, moi !

-Tu parles de ça comme si...Comment tu viens de dire ça ? Que je suis « passé le premier » ?! Tu te prends pour quoi ? Une autoroute ? Bientôt faudra faire quoi ? La queue ?

-C'est pas ça, c'est juste que j'en ai marre de devoir le repousser sans arrêt alors que ça fait presque un an que je suis avec lui ! Tu penses que c'est facile ? Tu crois que je suis content de lui mentir, de le trahir comme ça ? Tu l'as dit toi-même, il panique parce qu'il sent que j'ai changé !

Il baissa un peu la voix et continua :

-Tom, je te comprends pas, ça a vraiment de l'importance ? Ce serait juste une fois, puisque tu veux pas que je le quitte...Après il me foutrait la paix...

Tom serra la mâchoire et regarda durement le brun :

-Hors de question ! Tu couches pas avec lui ! Pas de cette façon ! Je le supporterai pas !

-Ouais bin moi, ce sont ses crises que je supporte plus ! Et ses attouchements sans arrêt ! Alors va falloir trouver une solution rapidement : soit je le laisse faire, soit je le quitte ou alors...

L'adulte vit ses épaules s'affaisser et son regard se faire plus triste. Il reçut un énorme choc en entendant Bill terminer doucement, presque craintivement :

-Ou alors...soit je te quitte toi...
 
A suivre

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Comments :

  • Eviie

    03/08/2013

    J'ai lu les 9 premiers chapitres d'une seule traite, c'est vraiment bien écris. De plus elle très original. Puis c'est passionnant, j'adore. J'ai hâte de découvrir la suite parce que finir sur un "ou alors... soit je te quitte toi..." c'est très frustrant mais en même temps, ça laisse du suspens.... insoutenable ^^

  • DarkAngel917

    05/03/2013

    NON! J'espère vraiment pouvoir lire la suite bientôt, c'est vraiment génial, comme les autres fictions mais je crois que j'ai un petit kick pour elle... :D

  • Evasiondecristal

    10/07/2012

    Purée comme l'autre chapitre, à chaque fois que je relis celui-là, c'est frustration totale de ne pas savoir comme tout va évoluer! J'espère revoir ton retour bientôt :D

  • NeverNightWithoutYou

    25/04/2012

    Nooon, j'aime troooopppp, j'ai hâte la suiiiite ! J'avais déjà lue Protection rapprochée, et je m'étais régalée, mais là.. j'adore j'adore j'adore. jen suis folle. Bref, je vais aller dormir moi, bonne continuation ! :)

  • th-in-disney-world

    26/03/2012

    Petite remarque..... Je ne m'attends pas à te faire changer tes habitudes, mais je me permets de donner mon avis...
    Sincérement les chapitres sont immenses.... lol. Je ne sais pas si tu as pour habitude de publier comme là par partie... Mais parfois c'est un peu démotivant de se dire qu'il faudra limite une heure pour lire 1 chapitre, surtout pour ceux qui, une fois lancé, ont dû mal à s'arrêter en plein milieu.
    Enfin voilà, c'est juste mon avis et ça ne m'empêchera pas (ça ne l'a pas fait jusque là) de continuer à te lire et d'attendre la suite avec impatience.

    Laura67

  • th-in-disney-world

    26/03/2012

    J'aime bien cette fic. C'est spécial et original.
    Victoria va annoncer sa grossesse à Tom ? Le fera-t-elle dans le but de le garder près d'elle ? Comment Tom réagira ? Se sentira-t-il obligé de laisser Bill ou voudra-t-il continuer à voir Bill en cachette sans quitter sa femme ?
    Il en parlera à Bill ? Comment va-t-il réagir ? Tentera-t-il de pousser Tom vers sa famille ?
    En attendant, que vont-ils décider vis à vis de Andréas ?
    Et comment réagira celui-ci au retour de Bill en cours ? Son comportement va empirer ?
    Et concernant sa mère, Bill saura qu'elle le délaisse au profit d'un homme ? Quelle sera sa réaction ?
    Mary découvrira-t-elle ce qui se passe entre Bill et Tom ?

    Vivement la suite.
    Laura67

  • parasiteeve06

    19/03/2012

    laloumine...que dire...ah!!! mais quel talent !!!! non le mot est bien trop faible ^^ vite la suite !!!!

  • BillTomfanfic91

    25/02/2012

    Andréas est un pervers jaloux et possessif, je peux juste paaaaaaas le pifer!!!

  • Nout88

    23/02/2012

    " La première partie de ce chapitre n'est, de mon avis, pas très riche en rebondissement, on y apprend pas grand-chose de nouveau. J'espère juste réussir à en faire un chapitre qui vous donnera l'envie de revenir continuer de me suivre à travers cette histoire, et que ça vous aidera à patienter un peu plus agréablement. "

    baah dis toi que cela laisse un certain suspens pour la deuxième partie , moi j'aime bien comme c'est =))

    mais bon je me pose pas mal de question sur le couple de Tom et Gloria et de Bill , Tom %=0 j'en ai la tournie

  • Ava-Fiction

    12/02/2012

    Putain j'espère que Tom va pas quitter Bill a cause de la grossesse de sa femme EURK
    C'est un happy end oblige :D
    Et l'autre la Andy qu'il aille se pendre.

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